C'est une langue indo-européenne bien différente de l'Arabe, même si on y retrouve pas mal de mots arabes.
Pas mal de mots en commun avec l'arabe, oui.
Maintenant, pas toujours facile de savoir si c'est le persan qui a été arabisé ou si c'est l'arabe qui a été iranisé.
Certains arabisants revendiquent 30% de mots arabes dans le persan. Pour les iraniens puristes (ceux qui emploient "cepass gozaram" pour dire merci), c'est 10% voire moins.
Pas facile d'avoir un point de vue neutre. A lire le site
http://projetbabel.org/forum/viewtopic.php?t=17271, j'ai l'impression que les arabisants sont :
- de bonne foi (ils retrouvent leur vocabulaire dans le persan),
- mais dans l'erreur (le mot arabe venait à l'origine du persan).
Nous autres francophones ne sommes pas les plus mal placés pour nous adapter au persan.
Non seulement l'origine indo-européenne se retrouve dans le vocabulaire fondamental (les chiffres, père, mère, frère, soeur...), mais le persan est truffé de mots d'origine française, héritage d'une époque où la France était le modèle de l'Iran (fin du XIXe siècle), tout particulièrement pour ce qui constituaient les emblèmes de la modernité. Pour cela, voir
http://fr.wiktionary.org/wiki/Annexe:Liste_des_mots_persans_d'origine_fran%C3%A7aise.
Impressionnant, n'est-il pas ? J'ai toujours beaucoup ri avec le persan "atazuni" correspondant aux Etats-Unis.
Il faut comprendre qu'à cette époque, l'Iran avait 2 grands ennemis, l'empire tsariste et l'empire britannique, et à moindre niveau le faible empire ottoman. Donc hors de question de s'angliciser. La France était alors une grande puissance dont on pouvait s'inspirer pour la modernisation du pays et pour la culture, en particulier dans le vocabulaire.
Une influence qui n'a plus cours, même si l'on se gargarise dans le Quartier Latin de "l'exception française".
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.