Ibrahim est encore absent aujourd'hui. C'est la coqueluche du cours. Quand il n'est pas là, la prof est plus rigide, plus exigeante, moins transportée, si tant est qu'on puisse s'enflammer en enseignant le luxembourgeois...
Ibrahim est sénégalais, employé comme agent de service dans une des plus grosses boîtes d'audit de la capitale. Depuis le jour où il s'est présenté en racontant qu'il vit seul ici au Grand Duché, mais qu'il a deux femmes, l'une étudiante au Maroc, et l'autre employée de banque à Dakar, il se fait chambrer à tour de bras. En proie à de violentes migraines depuis quelques jours, il vient d'appeler pour prévenir qu'il ne viendra pas. Deux de ses potes, Firmin le Camerounais et Wilson l'Ivoirien, ne manquent pas de rappeler que l'abus du péché de chair est nocif pour la condition physique et cérébrale… M'est avis que ce sont plutôt les détergents et autres saloperies phosphatées qu'il manipule du matin au soir qui lui asphyxient la cervelle.
Fidèle à mon habitude, je suis installée tout au fond de la classe, près du radiateur, à côté d'Aziz, qui a fui le premier rang et le voisinage de la Parisienne hystérique. Quand elle ne trouve pas tout pourri, non mais allo ! que ce soit le concept du cours, l'ascenseur en panne ou Tarek qui la rembarre sans complexe, elle s'empiffre (fruits secs, barres chocolatées, chips, galette des rois etc.) Y'a pourtant pas plus myope qu'Aziz, ce qui l'oblige à pomper sur mes notes, d'autant que les hiéroglyphes du tableau sont quasiment indéchiffrables sans lunettes 3D. En échange, il me refile les secrets de cuisine de sa mère. La recette de la soupe Harira est impeccable, de même que celle des croustillants bricks à l'oeuf et d'autres tueries aux aubergines, pois-chiche, cumin, etc.
Qu'avez-vous fait ce weekend ? Question récurrente en début de semaine. A vrai dire, la prof se tamponne pas mal le coquillard de savoir qui est allé à confesses ou pas. L'exercice consiste à employer les temps du passé fraîchement acquis ainsi que les prépositions de lieu, les accords datif en mode position et accusatif en mode déplacement.
Karim, le beau gosse de la classe s'est démonté l'épaule en jouant au rugby. Il arrive avec un peu de retard, le teint pâlichon et le bras en écharpe, s'excuse en prétextant que la côte d'Eich est saturée à l'heure de pointe. Sauf que l'heure de pointe au Grand-Duché, c'est du matin au soir. Il est venu en voiture malgré cette légère indisposition, ce qui exaspère la prof… Mais vous n'avez pas le droit de conduire !
C'est à Séna, la Bosniaque, de commencer : je me suis reposée, sinon j'ai fait le ménage chez moi et j'ai regardé la télé.
Lorsque c'est au tour de Karim, il ouvre son cahier de sa main valide et lit d'un air appliqué les phrases qu'il a préparées chez lui. Samedi, je suis allé dans le quartier de la gare voir une prostituée. Dimanche, je me suis fait masser…
La prof lève les yeux au ciel, d'un air de dire Que d'la gueule, alors que la moitié de la classe (ceux qui ont compris) se gondole.
Svetlana, l'Estonienne qui desserre rarement les dents, a préparé une seule et unique phrase, supposée résumer son weekend, et qui plonge tout le monde dans un océan de perplexité : J'ai regardé la vache devant le tas de foin.
Razvan, le Roumain qui recherche un poste de juriste à la cours européenne de justice a mis le paquet… Il nous sert des phrases interminables sur la politique européenne comme s'il avait passé son weekend à débattre de la législation communautaire, alors qu'en temps normal, il maîtrise à peine la conjugaison des verbes être et avoir. Même la prof baille à s'en décrocher le dentier. Il a sûrement pompé son texte sur le dernier discours de Juncker.
Puis le moment est venu de passer à autre chose. Il s'agit aujourd'hui de déchiffrer les dictons locaux et de les transposer dans nos langues et cultures respectives.
D'Guttheet ass e Stéck vun Der Dommheet, ce qui donne Trop bon, trop con en français.
Géint Dommheet ass kee Kraut gewuess équivaut à Il n'y a pas de remède à la bêtise.
Et enfin le plus grégaire des adages Mach wéi d'Leit, da geet et der wéi de Leit… Fais comme tout le monde et tu seras comme tous les autres.
On finit cette session par une séance de vocabulaire. Chacun doit s'appliquer à décrire ce que son voisin porte : des pompes rouges (roud Schong), des boucles d'oreilles (Ouerréng), un bonnet (eng Mutz)...
La prof en profite pour faire une de ces digressions dont elle a le secret en embrayant sur une des campagnes de prévention contre le sida dont un des slogans était Eng Mutz fir de Wutz qu'on peut traduire littéralement par Un bonnet pour le petit bout, ou encore... Couvrons-nous !
Les plus décontractés ne prennent pas de notes, il s'approchent du tableau, dégainent leurs téléphones et clic. Il est alors temps de s'enquérir des devoirs à faire pour le lendemain et de plier les affaires
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
La neige est tombée dru toute la journée. Les routes se sont transformées en patinoire, la capitale n'est qu'un indémêlable nœud d'embouteillages. J'ai la chance d'habiter à quelques encablures du lycée où sont dispensés les cours. La prof est en retard. Nous sommes une poignée à faire le pied de grue devant la salle de classe encore fermée. Les femmes de ménage s'activent dans les couloirs. Ça jacasse en continu, j'ignore dans quelle langue.
Aziz arrive essoufflé après les trois étages qu'il a montés à pied, le nez rougi par le froid, les cheveux en pétard, du moins ceux qu'une calvitie naissante a épargnés. Il a pris le bus ce soir parce que ses pneus d'hiver sont morts. Je suis adossée à un haut casier métallique. Les salutations d'usage faites (t'as pensé à mon safran? Ouais, et toi à ma pâte de chocolat noir ?), Aziz, intrigué par ces casiers modernes peints en vert printanier, aimerait savoir si j'ai connu ça de mon temps. Et si les écoles étaient chauffées en hiver.
- Pour les casiers, je serais pas formelle, je crois pas à vrai dire, pour le chauffage, oui. Figure-toi qu'on avait aussi l'eau courante, des chaises et des tables...
- Au Maroc, qu'est-ce qu'on a pu se les peler certains hivers. Et puis quand on a déménagé au Sahara où mon père avait pris la direction d'une école, c'était le contraire, on crevait de chaud et on avait en permanence les jambes bouffées par les puces. Y en avait partout. Pas qu'à l'école d'ailleurs...
Entretemps, la prof est arrivée. Les rangs sont plutôt clairsemés. C'est la fin de la semaine, la météo en a découragé plus d'un. Et puis il y a ceux qui ont lâché en cours de semestre. Il faut être motivé pour venir s'enfiler de la grammaire et du vocabulaire deux heures par soir après une longue journée travaillée.
L'emmerdeuse, elle, est bien là. Elle a un nouvel iPhone, mais peste sous prétexte qu'elle a perdu l'intégralité de ses contacts. On a droit à tout un pataquès, le cirque dure dix minutes jusqu'à ce que sa voisine, la femme de Razvan, se montre charitable et lui vienne en aide. Séna s'impatiente. Elle est employée à la cantine d'un lycée, près de la frontière française, se tape le train, puis le bus, pour venir jusque là, pendant que d'autres rentrent se vautrer sur leur canapé. Elle n'a donc aucune envie de se cogner les caprices de la miss, d'autant que la date de l'exam approche.
Ibrahim, lui, n'est toujours pas là. Il va falloir qu'il marne d'arrache pied s'il veut rattraper le retard avant l'exam. Sans ça, impossible d'accéder au niveau suivant. Comme beaucoup de participants, il est arrivé au Luxembourg depuis plusieurs années et se prépare au test de langue qui lui permettra de décrocher le graal, la nationalité luxembourgeoise. La prof s'inquiète pour lui et le sonne sur son portable, mais il ne décroche pas.
Ada est originaire de Sao Tomé. Elle est agent d'entretien dans un grand supermarché. Elégante comme à son habitude, elle porte cette fois un petit haut anthracite dont le jeu des transparences laisse deviner une rose discrète, tatouée juste au dessus de l'omoplate droite. C'est une excellente pâtissière. Pour la fête de Noël, elle avait apporté des petits beignets à la cannelle, une spécialité de son île. On s'était tous rués dessus. Curieuse, elle est la seule à avoir accepté de m'accompagner à l'excursion organisée fin février par l'association qui dispense les cours. Le départ en bus pour Bruxelles est prévu aux aurores. Visite du parlement européen, emmenée par un député luxembourgeois, déjeuner en sa compagnie, balade dans le centre ville et retour. L'emmerdeuse a bien demandé si elle pouvait profiter du voyage pour aller faire du shopping et s'est pris une fin de non-recevoir en retour…
Mais ce soir, Ada a le moral dans les stilettos. Sa propriétaire veut la vider de l'appart où elle loge avec sa famille. Ils sont six. Et la petite dernière souffre d'une maladie génétique qui la force à faire des allers-retours hebdomadaires à l'hôpital. Elle pleure souvent, les voisins se sont plaints. La prof la rassure et lui dit que si elle a payé son loyer régulièrement et qu'il n'y a pas eu d'autres embrouilles, la proprio ne peut rien contre elle. Ada cherche malgré tout un nouvel appart, la morue leur rend la vie impossible. Son regard s'embue...
Une fois les épanchements passés, la prof se fend de quelques bons conseils pour chacun. Le cours peut alors commencer. La première heure est quasiment déjà écoulée.
Les comparatifs sont à l'ordre du jour.
Gär, léiwer, am léifsten. Bien, mieux, de préférence.
Personne ne se sent l'âme d'un poète quand il s'agit de formuler des phrases, l'inspiration reste en berne. La météo revient comme un leitmotiv. Il fait plus beau au Portugal qu'au Luxembourg selon Carlos. Firmin nous apprend que son légume préféré, c'est la banane, mais attention la camerounaise, pas celle qu'on trouve au Luxembourg, hein.
- Non mais allo, la banane, c'est pas un légume, mais un fruit !
- Et la banane plantain, celle qui se cuisine, t'en fais quoi ?
Je crois que si un jour l'emmerdeuse est défenestrée, c'est que Firmin n'aura pas pu se maîtriser. A moins que Tarek ne l'ait devancé.
S'ensuit une de ces discussions récurrentes qui font patiner le cours. Pendant ce temps, la prof surfe frénétiquement sur Wikipédia.
- La banane est un fruit qui peut être utilisé comme un légume.
- Et la tomate ? renchérit Ada.
- Allez ça suffit, on a assez pris de retard comme ça !
Afin de clôturer la session dans une ambiance détendue, la prof nous propose de lire Le petit Chaperon rouge. Comme elle ne manque pas d'à-propos, elle suggère à l'emmerdeuse de lire le texte de Routkàppchen (le Petit Chaperon rouge) et à Firmin celui du loup.
Bonni, firwat hues du esou en trauregt Gesiicht ?
Well ech krank sinn ! (parce que je suis malade !)
Bonni, firwat hues du esou laang Oueren ?
Fir besser zu héieren !(pour mieux t'entendre ! )
Bonni, firwat hues du esou en déck Nues ?
Fir besser ze richen ! (pour mieux te sentir)
Bonni, firwat hues du esou e grousse Mond ?
Fir dech zu fressen ! (pour mieux de manger ! mais les Luxembourgeois disent bouffer)
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
La fin du semestre approche. Une visite culturelle est prévue mais le programme n'est pas encore arrêté. La sortie aurait dû se faire avant Noël. Il a fallu la repousser en raison du manque de participants. La prof relance le sujet, le temps que tout le monde soit installé.
Le mercure flirtant avec les -10°, les rangs sont plutôt épars. Aller visiter le musée d'histoire de la ville, comme l'a suggéré la prof, ne rend personne euphorique au point de danser sur les tables. Elle se dit prête à entendre nos propositions. Wilson aimerait bien aller voir les casemates. Malheureusement, elles sont fermées l'hiver. De même que le Palais grand-ducal. Je propose l'expo du photographe Edward Steichen The Family of Man qui me semble plus fédératrice et qu'il me plairait de revoir. Carlos et Ada approuvent. Or elle est excentrée. Trop pour ceux qui n'ont pas de voiture. Il nous faut trouver quelque chose en ville. Le semestre précédent, la prof nous avait emmenés au cinéma voir un film luxembourgeois (si si… heureusement sous-titré...) Eng nei Zäit, sorte de thriller politique dans l'immédiat après-guerre. Nous sommes priés de réfléchir jusqu'à demain.
Il semble cette fois qu'Ibrahim ne viendra plus. La prof s'en attriste. Elle le charriait d'un Ça va durer encore longtemps ? quand il débarquait, flegmatique, et qu'il serrait la main à la cantonade en ayant un mot sympa pour chacun Ça va mon frère ? Et toi, ma sœur ? Il nous manque. Chose assez rare pour être signalée, l'emmerdeuse est absente. Wilson pense qu'elle est trop occupée avec les réglages son nouvel iPhone. La prof lui demande de faire preuve d'un peu d'indulgence, elle a perdu sa mère pendant les fêtes dans des conditions a priori assez difficiles, ce qui semble la déboussoler encore plus que d'ordinaire.
A côté d'Ada, Fatou, normalement affublée d'un bonnet à pompon et qu'on reconnaît à peine aujourd'hui avec sa nouvelle coiffure afro, a encore une question à poser par rapport au test d'obtention de la nationalité luxembourgeoise. Elle aimerait savoir si le fait de ne pas connaître sa propre date de naissance risque de poser problème. La prof demande si ça lui en a posé un quand elle s'est inscrite à son arrivée au Grand Duché. Fatou répond qu'elle a dû se procurer au Sénégal une attestation prouvant qu'elle n'était pas en mesure de fournir cette information. La prof lui assure que cette attestation devrait également faire l'affaire pour le test. Elle précise pour conclure qu'au test en question, vient s'ajouter une participation obligatoire à six heures de cours d'instruction civique.
Wilson n'en rate jamais une pour fair partir le discussion en vrille. Est-ce qu'on peut postuler avec un casier judiciaire, Madame ? S'ensuit un débat des plus animés sur la délinquance. Fatou trouve que dans la région, Charleroi en Belgique est la ville la plus chelou qu'elle ait vue. Carlos acquiesce. Chauffeur routier, il se souvient qu'une fois, de passage là-bas, on lui a siphonné les 400 litres de carburant de son réservoir alors qu'il mangeait peinard après avoir fait le plein. Wilson remet de l'huile sur le feu. Le pote d'un de ses potes a fait de la prison à Schrassig. Il paraît qu'elle est aussi confortable qu'un hôtel. Le temps de purger sa peine, son pote aurait pris dix kilos. La prof a perdu aujourd'hui son alacrité habituelle. Elle lève les yeux au ciel, se dit fatiguée d'entendre des clichés pareils. Aziz, silencieux jusque là, ne conseille à personne de faire l'expérience des geôles marocaines. Carlos pense que, de toute façon, la vie n'est pas belle derrière les barreaux.
Cette dernière remarque fait l'unanimité. On peut enfin se mettre au travail avec, au programme, les pronoms possessifs. Chacun doit préparer cinq phrases puis les lire à voix haute. Après le weekend, l'accent est mis sur la famille.
Mon mari a joué dans la neige avec nos enfants, il est rentré dans un mur, je l'ai accompagné aux urgences tente Séna, non sans ambition, tout en s'emmêlant les neurones avec le datif.
Karim la joue provoc' comme à son habitude. Mon chien a pissé sur mon cahier de luxembourgeois. C'est pourquoi je n'ai pas pu faire mes devoirs.
Mes enfants portent le même nom que mon mari propose Ada d'une voix peu assurée. La prof en profite pour signaler, pour le cas où l'une de nous aurait l'intention de se marier au Luxembourg, que les femmes luxembourgeoises gardent leur nom de jeune fille, même mariées. Et que les enfants peuvent porter soit le nom de famille du père, soit celui de la mère. Mais attention, tous les enfants doivent porter le même nom. Fatou fait la moue. Elle trouve plus logique que les enfants portent le nom du chef de famille. La prof rétorque qu'elle ne voit aucune raison à ce que les femmes, plus que les hommes, renoncent à leur patronyme.
Le cours se poursuit. On se fait rembarrer à chaque fois que l'un de nous répond nee, à l'allemande, au lieu de neen (non).La prof se tue également à répéter aux non germanophones que le ch placé après les voyelles a, o et u se prononce comme un r raclé. China se prononce China mais Buch se prononce Bur.
A la fin du cours, il ne faut pas oublier de tout remettre à sa place. Aziz n'en finit pas de s'extasier devant le système judicieux des chaises qui s'emboitent parfaitement sur les tables sans avoir à être retournées. En plus, elles sont confortables, parce que je peux te dire qu'au Maroc, ça donnait pas envie de s'instruire…
Avant de nous séparer, Aziz et moi prenons encore le temps de taper la discute devant le lycée, mais nous voilà très vite réduits à l'état de glaçons... C'est tout juste s'il peut articuler quelques mots pour me dire qu'il est allé voir le dernier Tarantino dimanche au cinéma, qu'il a été déçu par rapport à Django, et qu'il faut abso-lu-ment qu'on se fasse une bouffe un de ces quatre.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
Il paraît qu'une épidémie de gastrite a passé la frontière française. La prof se dit mal en point. A voir son teint, on la croit sans difficulté. Aucune nouvelle proposition n'ayant été faite, la visite culturelle a été fixée pour le mercredi suivant. Rendez-vous est donné au Musée Dräi Eechelen, le Musée des Trois Glands en français, ce qui ne manque pas d'en faire glousser certains…
- C'est le Musée de la Forteresse, de l'Histoire et des Identités.
Silence sceptique dans les rangs...
- La visite dure environ deux heures, le temps de voir l'expo permanente et l'expo temporaire, sur les frontières de l'Indépendance du Luxembourg entre 1815 et 1839. La visite se fait bien sûr en luxembourgeois.
Personne ne connaît le musée. Fatou demande où il se trouve et avec quel bus y aller.
- Juste derrière le Musée d'Art Moderne.
- C'est où, ça ?
- Mais enfin à Kirchberg ! Ne me dites pas que vous ne le connaissez pas non plus ! C'est juste derrière la Philharmonie.
L'agacement de la prof est à son comble quand elle apprend que les trois-quart de la classe ne connaissent pas non plus la Philharmonie.
- Comment peut-on prétendre vouloir s'intégrer dans un pays si on ne s'intéresse pas à sa culture ?
Fatou rétorque que son emploi du temps et son budget ne lui permettent hélas pas de fréquenter les musées et les concerts de musique classique. Ada approuve d'un signe de tête. Les autres baissent le nez.
L'emmerdeuse est de retour et le fait savoir.
- Ah génial, en luxembourgeois, on va capter que dalle.
- Allez, allez, un peu de culture, ça peut pas faire de mal... conclut la prof afin de calmer les esprits.
Dans la foulée, elle annonce la date de l'examen, début février, qui correspond au dernier jour du cours. Après quoi, c'en sera fini de ce groupe, ses synergies, ses humeurs, ses frictions, ses rires, ses complicités, ses amitiés... Il est probable que la classe soit remodelée, ou qu'un autre enseignant lui soit attribué. Mais d'ici là, il reste un petit bout de chemin à parcourir ensemble...
La prof prend des nouvelles d'Ibrahim. Comme personne n'en a de récentes, elle décide de le sonner. Cette fois, il décroche. Le visage de la prof s'assombrit au fil de la conversation. Elle raccroche après l'avoir prié de la tenir informée et souhaité bon courage.
- Alors, comment va notre Monsieur Chocolat, demande Carlos.
- Pas fort. Outre des problèmes cardiaques, il paraît que les résultats de l'encéphalogramme ne sont pas bons. Il doit être hospitalisé dès qu'une place se libère.
Firmin tente une vanne.
- Vu l'animal, pas étonnant qu'il ait le coeur fatigué !
Mais sa boutade tombe un peu à plat. Lui qui connait Ibrahim ajoute qu'il ne vit pas dans des conditions assez saines, avec le boulot qu'il a, pour être en forme. Il connaît son logement, un réduit de 5m² près de la gare. Firmin ajoute que, quand il touche ses tunes en fin de mois, il achète cinq kilos de riz, s'en nourrit exclusivement et envoie ce qui reste en Afrique. Il lui rendra visite demain et le saluera de notre part.
Décidément, entre la cervelle d'Ibrahim, aussi poreuse qu'une éponge, et le coeur émietté de Wilson, qui a dû rentrer en urgence en Côte d'Ivoire suite au décès d'un de ses parents, l'ambiance prend un sérieux coup de plomb dans l'aile. Mais il en faudrait plus pour que la discussion ne rebondisse pas. On embraye sur les tarifs et les correspondances des vols pour l'Afrique depuis le Luxembourg. Firmin dit ne plus supporter les trajets interminables avec Turkish Airways, alors que Fatou, elle, aime bien profiter des longues escales à Istanbul pour faire des emplettes. Le visa ne lui coûte que dix euros.
Pas sûr qu'on parvienne à se mettre au boulot aujourd'hui. La prof nous rappelle à l'ordre et propose de réviser les prépositions de lieu et les pronoms possessifs en prévision du test.
Tricotons quelques phrases pour changer...
Aziz n'a pas la tête à bosser. Encore un dont le moral est en berne. A croire que la déprime est plus contagieuse qu'une gastro. Il estime qu'à la quarantaine bien tassée, son bilan est mitigé. Divorcé, sans enfant, sans profession définie… excepté quelques vagues projets dans l'immobilier, il dit ses regrets, ses doutes, les non-dits familiaux, sa mère qui misait tous ses espoirs sur lui...
- Quand je vois mes potes, qui sont restés à Rabat, et qui dés le départ bénéficiaient de conditions moins favorables... ils sont aujourd'hui tous mariés avec des boulots stables.
Pour ne rien arranger, il est fâché avec les genres des mots luxembourgeois, les apprendre par coeur lui fout le bourdon, et les déclinaisons, n'en parlons pas. C'est le plantage assuré à l'examen...
La prof nous interpelle.
- Hé, c'est bientôt fini les roucoulades là-bas au fond !
Karim est volontaire pour commencer. Je me suis fait voler mon portefeuille à la gare avec ma carte d'identité, mon permis de conduire, mon peigne, et mes préservatifs...
Séna demande à son fils de marcher à la baguette. Range ta chambre, ton armoire, ton bureau, fais tes devoirs !
Quand tout le monde a fini de déclamer sa prose, on passe au décryptage d'un texte. Il s'agit d'une annonce parue dans une revue musicale, Grousse Concours : Wien ass hien ? (Grand concours. Qui est-ce?) Le jeu proposé consiste à deviner le nom d'un chanteur mystère. Le gagnant pourra passer une journée à Euro Disney avec la star en question.
A nous de répondre aux quelques questions qui se référent au texte. La plus basique de toutes pose d'ores et déjà problème. Wat mécht een, wann een déi richteg Äntwert wees ? (Que doit faire le lecteur du journal s'il connaît la bonne réponse ?) Fatou et Firmin ont des avis divergents. Fatou est convaincue que le chanteur en question est Michael Jackson. Firmin réplique que cette réponse n'a aucun rapport avec la question posée. Fatou prétend que si. Firmin est formel, la solution est à envoyer sous coupon-réponse par la poste, peu importe la nature de son contenu. Schéckt Är Äntwert virum 15.Juli u Pop A Sang (Envoyez votre réponse avant le 15 juillet). La discute vire au vinaigre, la prof y met le holà :
- Voilà quinze ans que je travaille avec ce livre et je n'ai jamais eu de discussion pareille ! Je suis pour la démocratie, mais c'est quand même moi qui vais répondre cette fois-ci…
Ca faisait longtemps que l'emmerdeuse n'avait pas ramené son grain de sel. Après nous avoir soûlés avec les déboires sentimentaux de Michael Jackson, elle passe sans transition à son voisin de palier, un pauvre garçon complètement éclaté à la coke… Ada, à qui c'est le tour de lire, perd patience.
- On n'en a rien à braire de ta vie ! Je me lève tôt le matin et je rentre tard le soir chez moi…Contrairement à toi, je bosse dur toute la journée, et je suis là pour apprendre le luxembourgeois, pas pour t'écouter débiter des conneries !
Personne n'aurait jamais imaginé Ada aussi virulente. Séna s'apprête à en remettre une couche mais la prof intervient. Elle trouve ce cours infernal et conseille vivement à chacun de profiter du weekend pour prendre du recul et se calmer.
Firmin, Aziz et moi envisageons de fixer une date pour réviser quelques heures ensemble. Firmin doit filer. Il enchaîne avec un cours de Premier Secours, dispensé dans le centre-ville par la Croix-Rouge. Aziz, lui, rentre gamberger devant la télé.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
Moien, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ta chronique luxembourgeoise.
Toutefois, je trouve qu'on demande beaucoup trop aux futurs Grands-Ducaux. Le luxembourgeois est une langue très exigeante qui devrait s'apprendre progressivement, par étapes, et non pas en plongeant dans le grand bain sans savoir nager. C'est démotivant. 😮
A mon avis, on avancerait plus vite par cette méthode :
1ère étape, l'apprentissage de l'allemand. Trois mois bien employés devraient suffire pour comprendre le système des déclinaisons, les différents genres et les verbes irréguliers, ainsi que pour la prononciation et l'accent tonique .
2e étape, ça devient un peu plus compliqué, on s'attaque au néerlandais. Double avantage : on connaîtra deux langues, et en Belgique, on n'aura aucun problème si on veut travailler et élire domicile en région flamande. Un mois d'apprentissage intensif est largement suffisant, une fois que l'on possède l'allemand.
3e étape : Avec les acquis de deux langues germaniques, le luxembourgeois ne pose pratiquement plus de problèmes. Juste quelques petits ajustements aux automatismes, tels que passer de voyelles longues en allemand aux voyelles courtes en luxembourgeois, et vice-versa, et transformer les "a" allemands en "u" luxembourgeois. Au bout de six mois, on est parés. Elle est pas belle la vie ? 😏
All Daag, lo geet mueres mäi Wecker. Äls éischt, gin ech da bei den Bäcker. Léif Madame, maacht mir séchs Mötchen dran. S'il vous plaît, parlez-vous pas français ?
Et toi, diplôme en mains, tu pourras prétendre au Prix Servais.
Tu veux dire au "Prix de la Conjugaison du verbe serrer à l'imparfait" ?
Le vrai prix Servais, figure-toi que mon voisin de palier, Jean Krier, poète luxembourgeois et virtuose de la langue allemande, l'a eu, lui. Une fois où je sonnais chez lui et sa femme, parce qu'on avait emménagé quelques mois auparavant, et qu'il me fallait l'adresse d'un toubib, il m'avait ouvert la porte.
Je lui avais dit que j'avais deux petites questions… J'ai commencé par lui demander si sa femme et lui aimaient la compote maison faite avec les pommes du jardin. Il m'avait répondu que c'était une question très agréable et que, dans ces conditions, il voulait bien que je lui pose la deuxième…
Bon, il est malheureusement décédé peu de temps après. Assez subitement, mais je pense pas que ma compote soit à mettre en cause. En tout cas, devine où il cherchait son inspiration… En Bretagne ! Il y faisait des séjours réguliers. Sa poésie n'est pas traduite en français pour autant que je sache, mais il jouait avec les mots d'une façon assez fantasque, ce qui n'a rien d'anormal pour un poète, j'en conviens, mais aussi avec l'orthographe, si si… Ce qui m'amène à penser que finalement, t'as pt'être pas tort, j'vais pt'être l'avoir, moi aussi, ce prix, hein...
Bref. Sinon, effectivement, le Luxembourg n'est pas forcément l'Eldorado espéré par beaucoup, ou ne l'est plus tout au moins. Certains vont de désillusions en coups durs. La prof nous l'a dit elle-même à plusieurs reprises, au niveau prestations sociales, la générosité n'est pas celle qui est souvent attendue. Pour les frontaliers, c'est de moins en moins évident de trouver du taf si tu ne parles pas les trois langues du pays, le français, l'allemand et le luxembourgeois. Quant aux disparités salariales, elles ne font que progresser.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
Moien, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ta chronique luxembourgeoise.
Moien, Rogas, et villmools Merci.
Tu mets exactement le doigt là où y'a gros bobo. Le problème des cours de luxembourgeois, c'est qu'ils sont extrêmement disparates. Il y a les germanophones qui suivent sans trop de problèmes, et il y a les francophones qui finissent chaque nouvelle leçon à l'arrache parce qu'ils ne maîtrisent pas le vocabulaire et encore moins la grammaire allemande. Or pour tous les petits boulots (caissier/ère, vendeur/euse etc.), la maîtrise du luxembourgeois est exigée de plus en plus souvent.
Perso, je m'étais collée aux rudiments de la langue il y a quatre ans, avec une prof archi rigoureuse (mais pas vraiment poilante…). Par contre, elle nous enfonçait le genre des noms dans le crâne à force de coups de piolet répétitifs. Il faut dire que nous étions une majorité de germanophones. Or là, c'est le contraire, la plupart sont francophones, la prof elle-même ne maîtrise qu'assez approximativement la grammaire française… Il faut qu'elle explique chaque nouveauté en allemand à deux ou trois personnes, en français à la majorité de la classe, il y a également une jeune Philippine adorable qui ne parle qu'anglais, il faut tout lui traduire. Bref, je prends un grand plaisir à participer à ce cours, humainement c'est tip top comme on dit... mais au niveau efficacité, c'est plutôt limité.
Tu es luxembourgeois ?
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
Tu veux dire au "Prix de la Conjugaison du verbe serrer à l'imparfait" ?
Nan, figure-toi que je parlais de la modernité du vocabulaire de Firmin qui sait que le cash c'est (i)Tunes.
(On peut goûter la compote? As-tu lu Fleur de Tonnerre, de Jean Teulé? L'histoire d'une empoisonneuse bretonne candide et salutaire, dont un film est en préparation)
Non, Français ayant opté très tôt pour l'Allemagne.
Mes grand-parents lorrains parlaient encore le francique mosellan, qui n'est rien d'autre que du luxembourgeois. Souvenirs d'enf(r)ance...😉
Finalement, le plus difficile dans le Lëtzebuergesch, surtout pour un germanophone, c'est de savoir quand on met un "n" à la fin ou pas... 😛
All Daag, lo geet mueres mäi Wecker. Äls éischt, gin ech da bei den Bäcker. Léif Madame, maacht mir séchs Mötchen dran. S'il vous plaît, parlez-vous pas français ?
Nan, figure-toi que je parlais de la modernité du vocabulaire de Firmin qui sait que le cash c'est (i)Tunes.
(On peut goûter la compote? As-tu lu Fleur de Tonnerre, de Jean Teulé? L'histoire d'une empoisonneuse bretonne candide et salutaire, dont un film est en préparation)
Ah malheureux, ne m'en parle pas, le vieux pommier n'a pas survécu aux humeurs de la météo estivale. Il a fini sa vie en septembre dernier, victime d'une tronçonneuse, en rondins et autres bois de cheminée. Il va nous falloir replanter un arbre au printemps.
Pour tunes et thunes, j'ai vérifié, les deux orthographes sont utilisées en argot. Même si, je te l'accorde, l'étymologie du mot fait l'objet de vives discussions. Mais à en croire Pline l'Ancien, tunes proviendrait de la racine d'un mot très usité à l'époque chez les Romains: TunaspashonteparBacchusespècedivrognededépenserlargentduménageàlataverne.
Quant à Jean Teulé, je ne l'ai pas encore lu. J'adore par contre sa gouaille quand je l'entends interviewé.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
Finalement, le plus difficile dans le Lëtzebuergesch, surtout pour un germanophone, c'est de savoir quand on met un "n" à la fin ou pas... 😛
Oui, enfin, ne m'enlève pas le peu de mérite que j'ai non plus, hein... Si c'était aussi simple que ça, ma boulangère n'aurait pas ce petit sourire en coin quand je fais des efforts pour lui demander de me trancher mon pain, en tranches pas trop fines, wann ech gelift...
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
Pour la tarte, et si j'apportais les pommes d'Éden (AOC)?
Pline (au Jeune, un poil byzantin, je préfère l'Ancien, le naturaliste qui poussa l'amour de son art jusqu'à mourir au Vésuve) et Bacchus d'accord, mais ce qu'en disait Job c'est que tunes ou thunes c'était le même tonneau des Danaïdes, la dèche quoi. Cependant, que donnerait la traduction en luxembourgeois de ce mot romain sans fin: Tuna...jefaiscourt?
Tu devrais te précipiter sur Teulé comme tu le fais pour Énard. Une langue (nous sommes bien dans la rubrique) inventive et agile, un peu comme si un slammeur talentueux réécrivait Madame de Sévigné.
Tu pourrais commencer par la fin, Héloïse, ouille (la véritable et piquante histoire d'Héloïse et Abélard) mais le déjanté L'oeil de Pâques ferait aussi l'affaire. Ou bien, si tu es d'humeur poétique, Ballade pour un père oublié.
Certes, apprécier Teulé exige quelques pré-requis et certaines dispositions mais des uns comme des autres je te crois pourvue.
Aziz a manqué la séance de la veille. Il souffre d'insomnie et s'endort régulièrement sur son canapé. Il ne s'est pas réveillé à temps pour venir au cours. A voir sa mine et son teint de loukoum défraîchi, il n'a pas plus la pêche qu'à la veille du weekend...
- Tu viens demain au musée ?
- Bien obligé, ça compte comme un cours pour la fiche de présence... J'ai jamais mis les pieds dans un musée, j'te jure !
Karim arrive évidemment en dernière minute. Il a oublié ses affaires et demande à Ada s'il peut s'asseoir à côté d'elle. Ils sont installés devant nous. Il se retourne pour nous tendre sa paluche valide et nous offre un sourire à faire craquer un stade entier. Sa blessure à l'épaule le fait moins souffrir. Il joue dans l'équipe nationale de rugby et compte bien être de la partie pour la rencontre contre l'Allemagne courant mars. C'est sans doute pour les troisièmes mi-temps qu'il a besoin de parler luxembourgeois.
Ada paraît un peu intimidée mais Karim a une façon d'aborder son prochain, décontractée, en lançant une plaisanterie ou en lui offrant un chocolat. Il lui demande si elle apprend le luxembourgeois en vue du test de nationalité. Elle lui répond que sa priorité, c'est de se sortir de la mouise actuelle et de trouver un boulot décent. Les études de droit qu'elle avait commencées au Portugal étaient trop onéreuses, elle s'était rabattue sur un poste d'éducatrice. Or pour prétendre exercer ce métier ici, il lui faut parler les trois langues du pays. Karim se dit confiant, il est certain qu'elle trouvera bientôt le job qui lui plait. Dans un geste de coquetterie, Ada réajuste le foulard coloré qu'elle a noué à l'africaine sur ses cheveux et demande à Karim comment il s'est débrouillé pour se mettre dans un état pareil. Karim lui explique, en mimant le geste, qu'il a ripé pendant un plaquage. Le terrain était glissant et il avait les mauvais crampons ce jour-là, ceux en plastique au lieu des métalliques.
Pendant ce temps, la prof coache Razvan. Elle lui explique comment accéder, par le biais de stages rémunérés, aux postes auxquels il aspire. Certaines instances européennes, comme la Cour de Justice, n'embauche que des Luxembourgeois. Lui et sa femme sont aux abois, leurs indemnités chômage ne seront plus versées que jusqu'à la fin du mois. Elle lui conseille de jeter un œil sur un site internet de recrutement où elle croit avoir repéré une annonce qui pourrait faire l'affaire. Elle distribue enfin le feuille de présence et déclare la séance officiellement ouverte.
- Vous avez quinze minutes pour rédiger une petite annonce. Imaginez que vous avez quelque chose à vendre. Vingt à trente mots minimum. Maacht eng Annonce an d'Zeitung, beschreift d'Saachen a vergiesst de Präis net !
Elle profite de ce temps libre pour sortir jacasser avec une collègue dans le couloir et ne revient qu'une demi-heure plus tard, alors que l'exercice est torché en deux temps trois mouvements… Lydia, la femme de Razvan, vend une maison à Remich avec six chambres, une cuisine moderne entièrement équipée, piscine, terrasse pour un million et demi. L'emmerdeuse, qui a baissé le volume de quelques décibels depuis la dernière esclandre, lui fait tout de même remarquer qu'il faut être cinglé pour raquer plus d'une brique et aller habiter dans un coin pourri. Tarek trouve également le prix totalement surréaliste. La prof fonce sur Google et nous lit la première annonce trouvée au hasard afin de nous convaincre du contraire.
- Le même prix, à peu de chose près, est demandé pour une maison avec seulement trois chambres et jardin à Bridel, donc beaucoup plus central. Vous voyez…
Elle ajoute que la ville de Remich, située en bordure de Moselle et en plein coeur de la région viticole, est très agréable et prisée.
Les mecs refourguent du matos auto-moto, les filles des bijoux ou des fringues. Firmin fait marrer la classe en lisant son annonce. Vends poussette Mercedes pour jumeaux, état neuf, avec airbag, casque sono, air conditionné, jantes en alu et pneus hiver... La prof n'arrive pas à imaginer que Mercedes fabrique des poussettes. Fatou lance que bien sûr que si, même Maclaren en fait… les doubles sont super légères !
C'est l'heure de prendre des nouvelles d'Ibrahim. Il ne répond pas aux appels répétés de la prof. Elle aimerait qu'il nous rejoigne au moins pour la visite du musée. Aziz l'envie, pour le coup, d'avoir une excuse et ne pas devoir se cogner les histoires d'occupation du Grand Duché, d'Empire napoléonien etc.
Le cours touche bientôt à sa fin. Il nous reste assez de temps pour lire un petit texte Eng Traditioun concernant le mariage et l'attirail de circonstance que doit porter la future légitime. Wéi ass et an Ärem Land, comment est-ce dans votre pays, demande la prof à chacun de nous. La coutume luxembourgeoise veut que la mariée porte une jarretelle de couleur bleue. L'emmerdeuse n'a aucun avis sur le mariage. Il est pas né le premier qui va me pécho et encore moins en porte-jarretelle… Ada n'a rien de particulier à dire. Les mariages sont normaux… On danse, on chante et on fait la fête. La prof lui demande de repréciser d'où elle est originaire. Sao Tomé et Principe. Ada ajoute, en voyant que ça n'a pas l'air de faire tilt chez la prof, que c'est une île située au large des côtes africaines, mais que du fait de la longue colonisation, les traditions sont plus portugaises qu'africaines.
Firmin raconte la cérémonie de la dot au Cameroun. A condition qu'elle soit vierge, plus une jeune femme est instruite, plus elle maîtrise les tâches ménagères, plus le marié va devoir passer à la caisse. Lui a pris la nationalité italienne après avoir vécu une bonne dizaine d'années à Rome et a épousé, à l'européenne, une bella madona. Mais sa sœur a été cotée au Cameroun à 40.000€ par le chef de famille. Mon Bic m'en tombe des mains... Si le prétendant ne peut pas s'offrir la fille aînée, alors il peut se rabattre sur une de ses soeurs. Après quoi, il faut encore penser à arroser de cadeaux le reste de la famille, frères, oncles etc. Quant à la cérémonie du mariage, Firmin nous raconte précisément celle de son beau-frère au Mali. Le couple a été enfermé à clé dans une chambre, pire qu'à Fort Knox, pendant sept jours. On leur apportait régulièrement à manger et à boire. Mais il n'y avait ni radio, ni télé, rien d'autre qu'un lit.
Il ne reste hélas plus assez de temps pour que tout le monde puisse intervenir. Ceux qui doivent attraper le bus ou le train sont pressés. Rendez-vous est donné pour le lendemain devant le musée, un quart d'heure avant le démarrage de la visite guidée…en luxembourgeois.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
Le mercure fait une poussée de fièvre depuis quelques jours. Il fait bon descendre l'avenue J.F. Kennedy sans se hâter ni serrer les poings dans les poches. Passé la Philharmonie, le beau bâtiment en pierre couleur miel du Musée d'Art Moderne, surmonté de son élégante pyramide de verre, est sobrement éclairé par la lumière vespérale. Il suffit de le contourner pour arriver devant le musée Dräi Eecheelen.
Carlos et Tarek sont déjà là. Ada arrive quelques minutes plus tard avec l'emmerdeuse et Lani, la Philippine (dont je ne suis pas certaine de bien orthographier le prénom). Ada est venue un peu à reculons ce soir, redoutant que le programme ne soit trop indigeste. Elle aurait préféré aller manger des spécialités et boire quelque chose, parce qu'après tout, la gastronomie, c'est aussi de la culture.
Nous nous dirigeons vers l'entrée du musée où nous attendent Razvan et sa femme. Razvan a poussé le zèle jusqu'à mettre une cravate pour l'occasion. La guide nous accueille et nous demande en quelle langue nous préférons faire la visite. L'emmerdeuse répond si c'est en luxembourgeois, au secours! La guide propose l'anglais car son français, dit-elle, est assez bancal. Lani est ravie. Pendant que l'emmerdeuse explique à la guide qu'elle sait que la fente dans le mur d'entrée est une meurtrière, qu'elle est née à Verdun et qu'elle en connaît un rayon sur les tranchées et le vocabulaire militaire, le portable de Razvan sonne. C'est la prof qui prend racine depuis un bon quart d'heure en compagnie de Firmin devant le Mudam… Mais où êtes-vous, tous ? Razvan lui rappelle qu'on avait finalement convenu de se retrouver au Musée des Trois Glands. Ils arrivent essoufflés quelques minutes plus tard. Fatou fait savoir qu'elle a pris le mauvais bus et qu'elle aura du retard. Aziz s'est finalement défilé, à moins qu'il n'ait encore piqué du nez sur son canapé.
La prof prie la guide de commencer la visite en luxembourgeois et d'alterner avec le français, pour le cas où certains passages présenteraient des difficultés… Nous sommes là dans le cadre d'un cours de langue, finit-elle par préciser, bien que la dame soit priée de faire preuve d'indulgence, car il s'agit du niveau débutant-avancé. La guide, d'origine allemande, à en juger par son accent et la forte part de vocable allemand utilisé, s'élance tout feu tout flamme en résumant les 400 ans d'histoire que nous allons parcourir durant les deux heures qui vont suivre, des nombreuses convoitises suscitées par la ville et le duché du Luxembourg aux invasions successives, par les Pays-Bas bourguignons, les Espagnols, les Autrichiens, la France, les Pays-Bas... La visite nous mènera jusqu'au Congrès de Vienne (1815) qui permit au pays de devenir une entité politique à part entière, puis au Traité de Londres (1867) qui définit les frontières actuelles du Grand-duché. Le clou de l'exposition étant la présentation d'un des exemplaires originaux (aimablement prêté par le Portugal) de l'Acte final du Congrès de Vienne.
On n'est pas encore rentrés dans le vif du sujet, ni d'ailleurs dans la première casemate, que Lani a déjà baillé trois fois et Tarek passé son temps à lire ou envoyer des sms. Il semblerait que personne n'ait compris quoi que ce soit, sauf peut-être les dates, les chiffres et les nombres ayant fait l'objet d'un des tous premiers cours. Lorsque la guide s'interrompt pour savoir s'il y a des questions, excepté Razvan qui demande si la casemate dans la quelle nous nous trouvons est d'origine, tout le monde réclame la traduction en français. Il en faut plus pour décourager cette quinqua dynamique, aux pommettes saillantes et à la chevelure poivrée. La prof finit par donner son accord pour que la visite se fasse en français, sans quoi on risque d'y passer la nuit.
Dans la première salle, la guide nous résume les premières bisbilles qui eurent lieu autour du Luxembourg, notamment celles entre Charles Quint et François 1er. Mais son français est vraiment très hésitant, à tel point qu'il serait presque préférable de revenir au luxembourgeois. Me voilà désignée volontaire pour traduire les mots ou les expressions germaniques pour lesquels elle ne trouve pas d'équivalent en français. Or à chaud, comme ça, ayant moi-même un mal fou à comprendre les détails de son récit, je redoute très vite le court-circuit cérébral, d'autant que, passé Louis XIV et Vauban, je prends une fois de plus conscience de mes lacunes en histoire, disons plutôt du fossé, voire du canyon... Vauban justement qui a renforcé la forteresse de nouvelles casernes et d'un hôpital militaire.
Le reste de la visite se fait au pas de charge. L'introduction nous a fait perdre beaucoup de temps. Fatou débarque à mi-parcours, exaspérée par les chauffeurs de bus qui ne parlent que luxembourgeois. Carlos est impressionné par l'artillerie autrichienne, d'immenses fusils qui font deux fois sa taille, Ada reconnait la copie de la statue de la Consolatrice des Affligés, celle qui est installée au niveau de la Porte-Neuve, où elle passe tous les jours en allant travailler. La Vierge tient dans sa main gauche les clés de la ville. Tarek tente d'actionner la guillotine. Il paraît que la dernière fois qu'elle a servi, c'était pour un homme condamné dans un cas de violences conjugales.
Epilogue : Ibrahim a donné de ses nouvelles. Il est même passé nous saluer lors du tout dernier cours. Il va mieux que pressenti, quoi qu'il ait une toute petite mine. A ce qu'il nous dit, il y aurait eu erreur, ou confusion avec un autre patient, lors d'une de ses prises de sang. Sur la base de cette analyse, il aurait dû être opéré en urgence, mais le chirurgien, sentant que quelque chose clochait, aurait ordonné de nouveaux examens...
FIN
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
"I created the African Languages Universe for a proud, playful, and accessible reclaiming of our languages in homes and imaginations, from ages 7 to 77" (Diaddou Cissé, founder of Univers des Langues Africaines)
A bridge between generations, continents, and languages
Since its beginnings, Univers des Langues Africaines, an independent publishing house, has had a simple yet powerful dream: to bring African languages to life in homes, schools, games, and everyday conversations. This dream grows with every word passed on, every language rediscovered, every child who speaks their first words in Soninke, Lingala, Bambara, Wolof, Pulaar...
Today, Univers des Langues Africaines has become:
an educational, accessible, and multilingual publishing house,
a brand committed to intergenerational transmission,
a lively, playful, and reality-connected learning space.
Children of the African diaspora, regardless of their level in Soninke, Wolof, Bambara, Lingala..., all face the same issue: the lack of books in their heritage languages tailored to them. Univers des Langues Africaines was born to fill this gap by offering simple and fun books and supporting them in learning African languages. Whether you're a minor, an adult beginner, a parent wanting to pass on their language to their child, or an African language enthusiast, Univers des Langues Africaines has a program suited to your needs!
At Univers des Langues Africaines, we offer:
conversation manuals or guides (Bambara, Lingala, Soninke, Wolof, Pulaar...); the books consist of lessons accessible to everyone, with exercises, reviews, and audio to easily speak the language.
games for children; tools adapted for kids to gently discover African languages.
online language courses, tailored for adults and children, interactive and immersive; they allow you to master an African language while discovering its cultural richness.
In short: manuals, games, and online courses—everything you need to learn (or relearn) an African language, at any age and at your own pace.
LAfrican languages deserve more than just a memory: they deserve to be lived, spoken, and loved.
A real gem for those who want to connect with their roots or discover an African language. The explanations are simple, and I really appreciated the cultural examples included in the book. Highly recommended. (Fatoumata T)
Manual: "Bambara in 30 Days"
Bambara in 30 Days is a manual and conversation guide specifically designed to help learners communicate in many everyday situations. This educational tool is aimed at anyone wanting to learn Bambara (bamanankan), regardless of their level: from beginners to advanced speakers looking to improve.
Several themes are covered: greetings, how to introduce yourself and apologize, family, numbers from 1 to 100, meals, emotions, transportation, currency, shopping, parts of the human body, days of the week, how to ask a question, how to ask for the price or age, how to count money, other types of questions, colors, traveling, blessing formulas for Muslim holidays: e.g., Tabaski (seliba) or Korité (selifiitinin or selidennin), and family events: e.g., birth (bangeli), marriage (furu), death (saya or fatuli)... ultimately, tools needed to communicate in many everyday situations.
The lessons (kalansen) are organized by theme, ranging from the alphabet to common expressions. All lessons include corrections (jaabi) to reinforce learning and correct mistakes. They cover various topics like greetings, numbers, family, etc. (see above) and are designed to be progressive, allowing for skill development. Each lesson is accompanied by practical exercises to apply the knowledge. After every set of 5 lessons, there’s a review (seginkanni) to consolidate what’s been learned.
In summary, the manual consists of...
30 lessons with 6 reviews
Over 50 audio files available online
Over 100 exercises (baarakɛ) with answer keys
A small vocabulary section in each lesson
Blank "notes" page at the end of every lesson
The audio files help facilitate learning. They are accessible via a specific link that should only be used by the manual’s purchaser.
African languages, like Bambara, play a crucial role in the culture and identity of African peoples. Learning them helps preserve traditions and local knowledge. Bambara is the most widely spoken language in Mali and a key lingua franca for communication in West Africa. It’s rich in idiomatic expressions and proverbs, reflecting the wisdom and culture of the Manding peoples. Moreover, it’s taught in schools and used in local media (to learn more, see here). In general, linguistic diversity in Africa is immense, with thousands of languages spoken across the continent.
Hi everyone,
I’m thinking about going on a language trip in the next few months and I’m wondering how to prepare well before leaving.
I feel like going without at least some basics can be frustrating at first, especially for speaking.
So, I have a few questions:
Have any of you prepared for your trip with a specific course or method?
What helped you the most before leaving (classes, online platforms, exchanges, partial immersion, etc.)?
Has anyone used Clic Campus or a similar platform to prepare for a stay abroad? If so, did it help once you were there?
I’m mainly looking for real feedback, not marketing 😊
Thanks in advance for your thoughts and experiences!
Hi,
so I’m heading off solo through China and I’d like to stay for a good while (about a year—do you think that’d be enough to pick up a bit of the language???).
I’d love to know if there’s a website, or if someone can help me live, that teaches the basics:
to understand the alphabet and characters.
to understand how a sentence is formed.
just the super simple basics, really.
Thanks for your help! ^o^
PS: My goal is to speak a tiny bit—not to write or anything—but still be able to read a little too...
Hi everyone!
I’m Tina, and I’ve organized French group trips to China for over 10 years. Over the years, I’ve noticed that the language barrier is the biggest stress for travelers—especially when ordering food, asking for directions, or negotiating in markets!
Today, I want to share 5 essential Chinese phrases I’ve taught my travelers—they’re simple, easy to pronounce, and work in 90% of travel situations:
你好 (Nǐ hǎo) = Hello → Polite and useful with everyone (locals, drivers, vendors).
谢谢 (Xiè xie) = Thank you → Chinese people really appreciate this politeness—it makes communication smoother.
多少钱 (Duō shǎo qián) = How much does it cost → Essential for local markets or small shops (menus in French are rare!).
请问,地铁站在哪? (Qǐng wèn, dì tiě zhàn zài nǎ lǐ?) = Excuse me, where is the subway station? → Swap “subway station” for “hotel” or “restaurant”—it works!
我要这个 (Wǒ yào zhè ge) = I want this → Point at the item and say this phrase—no more misunderstandings!
Bonus tip: Pinyin (the Chinese phonetic alphabet) is super helpful for reading street signs or menus. For example, “Nǐ hǎo” is pronounced “Nee how”—easy to remember!
If you’re planning a trip to China and want more practical phrases or pronunciation tips (to avoid embarrassing mistakes), feel free to send me a private message. I’ve put together a little traveler-friendly guide that I’m happy to share with anyone who wants to prepare stress-free.
Don’t hesitate to ask your questions in the comments either—if you’re unsure about a specific communication situation (e.g., in a temple, at the train station), I’d be happy to help!
Happy planning for your trip to China—it’s going to be amazing!
Hi everyone, and thanks in advance for your help! I know this forum is really great, and I feel a bit awkward posting this request... I speak a little Polish, but not that well, especially when it comes to slang or colloquial speech... Someone said to me the other day: "kurwa ty kurwa". Of course, I know what the word "kurwa" means, but when someone is really angry, I’m not sure how to interpret this phrase. Could you please help me by giving the French equivalent? I’m really sorry for this somewhat unusual request, but it’s very important to me. Thanks!
Hi everyone, my partner is Malian and I’d love to be able to say sweet things to him in Bambara, as well as learn some polite phrases. Thanks for your help! 😊
Here are a few examples:
I love you
My love
My heart
My life
You’re the man of my life
I care about you
I want to live with you
Kiss me
I miss you
Thank you
Please
Hello
See you soon
I’m heading to Georgia for a month in October. I’m currently looking for a Georgian Assimil course, but it seems like it’s no longer published. I’ve scoured the internet but can’t find a used one. So my questions are:
- Do you know where I might find a used one somewhere?
- Do you know of a nice equivalent to Assimil for Georgian?
It’s just to get a few basic phrases, be able to read some signs, etc., because with only English and French, I think I might be a bit stuck sometimes.
Hi there! I’m currently working on a project and came across a text that seems to be in Khmer. Would anyone know how to translate it or at least point out the main themes/info it contains? There are a lot of "garbage" characters in it. Thanks!
Dans une méthode pour apprendre le Hindi, j'ai vu la phrase suivante :
aap dopahar ko khana kitné bajé khati hain ?
Mais je voulais savoir si la phrase suivante était correcte aussi : aap dopahar ko kitné bajé khana khati hain ?
Si la deuxième phrase n'est pas correcte, pouvez-vous m'expliquer pourquoi ?
J'ai un niveau intermédiaire en Birman, voici les ressources que j'utilise.
Premièrement: apprenez l'écriture dès le début. Ce n'est pas comme le Chinois avec un système standardisé en caractères latins (le pinyin). L'alphabet birman n'est vraiment pas si compliqué que cela à apprendre. J'ai trouvé qu'apprendre lettre par lettre n'est pas très motivant, personnellement j'ai préféré apprendre l'écriture et la prononciation de plusieurs mots simples.
Les lieux géographiques peuvent être bien, car on a déjà une idée de la prononciation. Google traduction est truffée de fautes en Birman, donc allez plutôt sur la page Wikipédia au sujet d'un lieu en Birmanie pour trouver sa traduction en Birman. Par exemple:
Yangon Burmese: ရန်ကုန်
Mandalay Burmese: မန္တလေး
Si vous préférez apprendre l'écriture de manière plus académique, cette chaîne Youtube explique caractère par caractère.
https://www.youtube.com/c/MyanmarBurmeseLanguageCherry/videos
Elle est aussi bien pour apprendre les expressions de base (et même assez avancées).
Une fois que vous avez un niveau minimum, cette chaîne est aussi très bien (mais je vous déconseille les vidéos Beginning Burmese, ou le professeur utilise des caractères latins pour écrire les mots birmans.
https://www.youtube.com/user/kennethwongsanfran
J'écris sur ce forum afin de sollisiter l'aide de quelqu'un qui parle l'hindi en effet, j'aimerai me faire tatouer en hindi. J'ai essayer de traduire ma phrase seule mais c'est assez compliqué 😛, il y a beaucoup de traduction différente ! voila la phrase :
--> " Le jour où quelqu'un vous aime, il fait très beau "
J'ai trouvé cette traduction là : जिस दिन कोई आपसे प्यार करता है वह बहुत धूप है
Est-ce exact ?
Nin kèra npogotiginin dò de ye. Cè dò bòra a nò fè furu la. A ma sòn, nka a somògòw bèè sònna. Cè ko ale y'a nyini a fa n'a ba fè, ko a bè taa n'a ye yòrò la min b'a to a bè sò furu ma.
Cè taara dennin nò fè u ka so, ka taa n'a ye kòba dò kònò. U selen kòda la, a y'i kanto dennin ma :
Ee Koyan !
i t'a fò ko Bwatu ?
hmm hmm
n bolo bila hmm
hmm hmm
n bolo bila hmm
A ma sòn ka cènin tògò fò.
A donna n'a ye fo kunberekuru la, a seginna ka dònkili nin da :
Ee Koyan !
i t'a fò ko Bwatu ?
hmm hmm
n bolo bila hmm
hmm hmm
n bolo bila hmm
Dennin ma sòn ka cènin tògò fò.
U donna ji la fo u disi la. A ko dennin ma :
Ee Koyan !
i t'a fò ko Bwatu ?
hmm hmm
n bolo bila hmm
hmm hmm
n bolo bila hmm
O y'a sama o la fo u kan na, a ko a ma ka a fò ko Bwatu :
Ee Koyan !
i t'a fò ko Bwatu ?
ee Bwatu !
n bolo bila Bwatu
ee Bwatu !
n bolo bila Bwatu
O kèlen, a y'a labò ji la. Ka a ta o don na, fo ka a bila bi la, u ma sòn furusa ma.
Koyan et Boitou
C'est l'histoire d'une jeune fille qui s'appelait Koyan. Un garçon qui s'appelait Boitou voulait l'épouser, mais elle ne voulait pas. Les parents de Koyan voulaient bien du mariage mais elle ne voulait pas. Alors, le garçon se dit : puisque le père et la mère de Koyan sont consentants, je vais me rendre dans un endroit où la jeune fille finira bien par consentir à son tour.
Il alla chercher la petite chez ses parents, et l'emmena jusqu'au bord d'un marigot. Quand ils furent à côté de l'eau, le garçon lui dit :
ah ! Koyan
appelle-moi donc Boitou !
Et la jeune fille répondit :
aïe aïe aïe !
lâche donc ma main !
aïe aïe aïe !
lâche donc ma main !
Elle n'accepta pas de dire son nom. Alors, il entra dans l'eau avec elle, la tenant par la main. Quand ils eurent de l'eau jusqu'au genou, il reprit sa chanson :
ah ! Koyan
appelle-moi donc Boitou !
Et la jeune fille répondit :
aïe aïe aïe !
lâche donc ma main !
aïe aïe aïe !
lâche donc ma main !
La jeune fille n'accepta pas de dire son nom. Il avança dans l'eau avec elle, jusqu'à ce que l'eau leur arrive à la poitrine, et reprit sa chanson :
ah ! Koyan
appelle-moi donc Boitou !
Et la jeune fille répondit :
aïe aïe aïe !
lâche donc ma main !
aïe aïe aïe !
lâche donc ma main !
Alors, il la tira encore jusqu'à ce que l'eau leur arrive au cou, et de nouveau lui demanda de prononcer son nom :
ah ! Koyan
appelle-moi donc Boitou !
Et la jeune fille répondit alors :
ah ! Boitou !
lâche donc ma main, Boitou !
ah ! Boitou !
lâche donc ma main, Boitou !
Alors, il la laissa sortir de l'eau. Et de ce jour à aujourd'hui, ils sont très heureux ensemble.
Nin kèra cènin dò ye. Tuma o tuma n'ale tun bòra, ale ni nyèji de tun bè segin so. Dugu cèmisènninw tun b'a gosi tuma bèè. Ale n'a filan o filan tun mana syèn ta, o tun b'a bin. A laban na, bòli yèrè tun negebòr'a la. Don dò la, a fa y'a wele ka kum'a fè. A y'i kanto a denkè ma : "N'i ni mògò dò bèna syèn ta, n'aw ye nyògòn minè dòrò, i bè nin kilisi fò : 'Du'. I man'o fò dòròn, i b'i kèlènyògòn bin." Denkè ko ko baasi tè. O dugujè, cènin bòra. A ni kamalennin dò ye nyògòn kunbèn. O y'a dakòròbò. U y'u kè nyògòn kan o yòrò bèè la. U ye kèlè daminè dòròn, cènin ko : "du". A y'o kamalennin bin, k'a gosi. Kabi o don, mògò si ma s'a la bilen. Sisan, dugumògò bèè tun bè siran cènin nyè. A yadara ka yada. A tun b'a fò tuma bèè ani yòrò bèè ko fanga b'ale la ka tèmèn dugumògò bèè kan. Don dò la, a y'a nyin'a fa fè k'u ka syèn ta, walasa a ka dò olu mògò fila cè, jònni kelen fanga ka bon ni tò kelen ta ye. Fa yèlètò y'i kanto a denkè ma : "N'i ko ten, n sònna." U ye syènta daminè, cènin ko : "du", a fa ko : "dudadu." O yòrò bèè la, a y'a denkè tòn da dugu ma. O kò, a y'i kanto cènin ma : "N den, n bèna kuma min f'i ye, i k'o to i kònò : dò bè du dòn, nka o tè dudadu dòn."
Cènin maloyalen y'a kun biri, ka yafa nyin'a fa fè. Kab'o don bòr'a la, a m'a ka malobaliya las'a fa ma tugun.
La formule magique "Dou et doudadou"
Il était une fois un garçon. Chaque fois qu'il sortait, il retournait en larmes à la maison. Les jeunes garçons du village le frappaient tout le temps. Chaque fois qu'il luttait avec un garçon de son âge, celui-ci le terrassait. A la fin, il n'avait même plus envie de sortir. Un jour, son père l'appela et lui parla. Il dit à son fils : "Si tu dois lutter avec quelqu'un, prononce, aussitôt que vous vous empoignez, cette formule magique : 'dou' ! Une fois que tu l'auras dit, tu terrasseras ton adversaire." Le fils acquiesça. Le lendemain, le garçon sortit. Il recontra un jeune homme. Celui-ci le provoqua. Ils se jettèrent tout de suite l'un sur l'autre. Dès qu'ils commencèrent à se battre, le garçon exprima : "dou". Il terrassa ce jeune homme et le frappa. Depuis ce jour plus personne ne l'a vaincu. Maintenant, tous les habitants du village avaient peur du garçon. Il devint de plus en plus arrogant. Il disait à tout moment et en tout lieu qu'il était le plus fort du village. Un jour, il demanda à son père de lutter avec lui, afin qu'on sache lequel des deux était le plus fort. Tout en riant, le père s'adressa à son fils : "S'il en est ainsi, je suis d'accord." Ils commencèrent à lutter, le garçon articula : "dou", son père prononça : "doudadou." Et sur le champ, il envoya son fils à terre. Ensuite, il confia au garçon : "Mon fils, retiens bien ce que je vais te dire : quelqu'un peut savoir dou mais pas doudadou."
Gêné, le garçon baissa la tête et présenta ses excuses à son père. Depuis ce jour, il ne fut plus irrespectueux envers son père.
Nsiirin ! N y'a ta k'a da kunatòkè dò de la. Banaba tun y'a bolonkòni n'a sennkòni bèè nyimi fo k'a ban u la. Foyi tun tè cè in bolo, wa a tun tè se ka fosi k'a yèrè ye tugun. Su fara tile kan, a tun b'i makasi a ka dinyènatigè kan. Don dò la, bòn dò tèmèntò ye kunatòkè kasikan mèn. A jiginna, k'i sigi kasibagatò kèrèfè, ka kum'a fè. Kònòba y'a dòn minkè ko kuna juguman de tun bè cè la, o makari donn'a la. A y'a fò cè ye k'a k'i mantò, k'ale bèn'a dèmè. Kunatòkè y'i kanto bòn ma ko n'o sera k'ale dèmè, o bè diya ale ye kosèbè. Bòn ye kilisi dò fò, kunatòkè kènèyara o yòrònin kelen na ten. A kèra iko banaba tun ma deli k'a minè abada. A nisòndiyalen tora k'a bolonkòniw n'a sennkòniw filè. A y'u lajè o k'u lajè. O kò, a ye barika da bòn ye. Kònòba ma dan cè kènèyali dòròn ma, a tilala ka sanu caman d'a ma, k'a kè faamaba ye. Nka, sanni bòn k'i pan, a y'a kiliw kalifa cè la. A ko ko cè k'i jija foyi juguman kan'ale kiliw sòrò. Cè ye layidu ta kònòba ye, k'a b'i janto kili ninnu na konyuman, ko fosi tèna s'u ma. O kò, bòn y'i sara cè la, k'i pan ka taa. Denkè kelen tun bè cè bolo. O cènin tun ye myètònin de ye. Don dò la, ale ye kònòba kiliw ye. Kabini bilakoronin nyè dara bòn kiliw kan, a ka myè wulila. A taara kasi a fa da la, k'o ka kònòba kili kelen d'ale ma. Fa y'i miiri bòn ka kuma na, a ma sòn ka kili di cènin ma. Nka, bilakoronin tun tè sègèn, a tun tè nyinè. A y'a fa tòòrò, k'a tòòrò, fo o kun tun bèna wuli. A laban na, walasa a ka se k'a yèrè sòrò, cè ye kili kelen ta k'o di cènin ma. Nka, a denkè tun ye mògò ye, min tun tè wasa. Don o don sa, a tun bè t'a fa deli, o fana tun bè kili kelen ta k'o d'a ma. U tor'o la fo bòn kili bèè banna. Don dò la, kònòba nan'a kiliw nò fè. Cè y'i kanto bòn ma k'ale denkè ye kili olu bèè dun kaban. Bòn dusu kasilen ko ko cè y'ale ka wale nyuman sara ni juguman ye. A ye kilisi dò fò. Cè seginna kunatòya la, wa a ka nafolo bèè fana tununna.
Kunatòkè ka nin sen faantanya juguyara yèrè ka tèmèn fòlòta kan.
Fitiriwaleya man nyi. N ye nsiirin in ta yòrò min na, n y'a bila yen.
Le lépreux et l'aigle
Conte ! Il était une fois un lépreux. La lèpre avait entièrement rongé tous ses doigts et orteils. Cet homme n'avait rien et ne pouvait plus rien faire pour lui-même. Jour et nuit, il se plaignait de son sort. Un jour, un aigle qui passait entendit les pleurs du lépreux. Il descendit, se posa près de l'homme qui pleurait et lui parla. Lorsque le grand oiseau apprit que l'homme souffrait d'une grave lèpre, il eut pitié de lui. Il pria l'homme de se taire, et lui fit part qu'il allait l'aider. Le lépreux dit à l'aigle qu'il serait très content si ce dernier parvenait à le guérir. L'aigle prononça une formule magique, et le lépreux fut guéri sur le champ. C'etait comme s'il n'avait jamais été atteint de lèpre. Content, il resta en train de regarder ses doigts et ses orteils. Ils les admira pendant très longtemps. Puis, il remercia l'aigle. Le grand oiseau ne se limita pas à guérir l'homme, il lui donna ensuite beaucoup d'or, le rendant très riche. Mais avant que l'aigle ne s'envolât, il confia ses œufs à l'homme. Il demanda à l'homme de veiller à ce qu'il n'arrive rien de mal à ses œufs. L'homme promit au grand oiseau qu'il allait bien s'occuper de ces œufs, et que rien ne leur arriverait. Ensuite, l'aigle prit congé de l'homme et s'envola. L'homme avait un fils. Ce garçon était un petit gourmet. Un jour, il vit les oeufs du grand oiseau. Dès que le regard du petit incirconcis se posa sur les œufs de l'aigle, son envie s'éveilla. Il alla pleurer auprès de son père afin que ce dernier lui donnât un œuf du grand oiseau. Le père pensa aux paroles de l'aigle et refusa de donner l'œuf au garçon. Mais le petit incirconcis était très tenace. Il harcela tellement son père que ce dernier faillit perdre la tête. Finalement, pour retrouver sa quiétude, l'homme prit un œuf et le donna au garçon. Mais son fils était une personne insatiable. Ainsi, il partait chaque jour quémander un œuf à son père, ce dernier aussi en prenait un et le lui donnait. Ils firent ainsi jusqu'à finir tous les œufs de l'aigle. Un jour, le grand oiseau vint réclamer ses œufs. L'homme annonça à l'aigle que son fils avait déjà mangé tous les œufs. L'aigle malheureux affirma que l'homme avait payé sa bonne action par une mauvaise. Il prononça une formule magique. L'homme redevint lépreux, et toutes ses richesses aussi disparurent. Le lépreux était maintenant devenu plus pauvre qu'avant. L'ingratitude n'est pas une bonne chose. Je laisse ce conte là où je l'ai pris.
N y'a da dugumasa la. A tun ye muso furu. Ni ka ka musonin ncinin nyini. Musonin ncinin nalen minkè, musokòròba ko ko o tè kun ale la. O taara ka taa baara kè moriw fè ni ka musonin ncinin nyènyini k'o kè suruku ye. Ni ka taa kungo fè. O mana kè, o ta den ye, ni ka a fò o ye ko fa wulila a ba la. N'a taara kungo fè, ayiwa, ni su kora, ba nin bè na so kòfè, ka n'i jò a den ma :
Arabajèkè bè sunògò wa ?
a b'a fò ayi n tè sunògò
tiga bè bondon na i y'o di i dògònin ma ?
dègè bè baranin na i y'o di i dògònin ma ?
sinè ye n kè suruku ye
sinamuso jugu ye n kè suruku ye
awoyi !
A bè taa kungo fè. Ayiwa, k'o gan, k'o gan.
Musokòrònin, o nana ni ka a sidòn. O taara ni ka taa a fò dugumasa ye:
– Ko dugumasa, ko denmisènninw ba, ko a ma fò ko fa wulilen b'a la, ko fa wulilen t'a la dè, ko sinamuso ye ka baara k'a la, ko ni ka a yèlèma ka kè suruku ye.
– Ko haan ?
– Ko awò.
– Ayiwa, ko baasi tè !
Kabini o kèra, dugumasa yèlènna soba la. Ka marifa sòsò. Ni ka yèlèn soba la ni k'i da. O yèlènna so bala, suruku nana tila, a nana.
Arabajèkè bè sunògò wa ?
a b'a fò ayi n tè sunògò
tiga bè bondon na i y'o di i dògònin ma ?
dègè bè baranin na i y'o di i dògònin ma ?
sinè ye n kè suruku ye
sinamuso jugu ye n kè suruku ye
awoyi !
Ko a bè i kòdon, nin y'i cun ka bò soba bala ni ka a minè. Ni ka taa a jira sinamuso la. A ko :
– E nò tè nin ye wa ? E ka baara tè nin ye wa ?
A ye mugu k'a la kaan ! Ni ka a faga. Kabini o kèra, a y'a faga yòrò min na, kabini o kèra, muso seginna a ka mògòya la, ka bò surukuya la.
N ye nsiirin nin sòrò yòrò min na, n y'o bila yen.
La méchante coépouse
Il était une fois un roi. Il avait une première femme, il vint à en épouser une seconde. Lorsqu'arriva cette deuxième femme, la première ne put le supporter, et s'en alla trouver les marabouts. Ceux-ci par leurs maléfices, finirent par transformer la jeune femme en hyène; et celle-ci partit dans la brousse, et la marâtre dit à l'aînée que sa mère était devenue folle.
Cependant, à la nuit tombée, la mère venait derrière les maisons, et parlait avec sa fille :
Arabadièkè, ma fille, dors-tu ?
non, non, je ne dors pas !
il y a des arachides dans le grenier
en as-tu donné à ton petit frère ?
il y a de la crème dans la petite gourde
en as-tu donné à ton petit frère ?
ma coépouse m'a transformée en hyène
ma méchante coépouse m'a transformé en hyène
oh la la !
Puis elle retournait dans la brousse. Cela dura longtemps, longtemps. Cependant une petite vieille finit par s'apercevoir du manège, et s'en alla trouver le roi :
– Roi, lui dit-elle, on dit que la mère de tes enfants est devenue folle; mais elle n'est pas devenue folle du tout, c'est sa coépouse qui a fait contre elle des maléfices et l'a transformée en hyène.
– Quoi ?
– Parfaitement !
Alors le roi chargea son fusil ; il monta sur le toit d'une grande maison, et attendit. A la nuit tombée, l'hyène arriva :
Arabadièkè, ma fille, dors-tu ?
non, non, je ne dors pas !
il y a des arachides dans le grenier
en as-tu donné à ton petit frère ?
il y a de la crème dans la petite gourde
en as-tu donné à ton petit frère ?
ma coépouse m'a transformée en hyène
ma méchante coépouse m'a transformé en hyène
oh la la !
Quand elle voulut s'en aller, le roi sauta du toit de la maison et l'attrapa. Il s'en alla la montrer à sa première femme.
– N'est-ce pas toi, lui dit-il, qui est responsable de cela ? N'est-ce pas le résultat de tes maléfices ?
Alors, il déchargea sur elle son fusil et la tua. Et au moment même où il tua la marâtre, l'hyène perdit sa forme animale et redevint la jeune femme qu'elle était auparavant.
Là où j'ai pris ce conte, je le remets.
N y'a da kamalen dò la, ani sungurunnin dò. U ye nyògòn kanu kosèbè ! U diyara nyògòn ye, fo ka se Ala y'a kè kamalennin, a ba nana bana. Ba nin, a tè se ka foyi kelen kè a yèrè ye. Ayiwa, sungurunnin, o de bè dumuni tigè ka a d'a ma, tuma bèè. O b'a balo.
Ala y'a kè sungurunnin ye dumuni tigè ka a don ba nin da, a bolo donnen a da, Ala y'a kè ba nin sara ka a nyin fèrèlen to sungurunnin tègè la.
Dòw ko dennin tègè ka kan ka tigè, dòw ko ba nin da ka kan ka fara. Ayiwa, ni min ka kan ka kè o la, a y'o fò !
La main coincée
C'était l'histoire d'un jeune homme et d'une jeune fille. Ils se marièrent, ils s'aimaient beaucoup, ils étaient très bien ensemble. Dieu fit que la mère du garçon tomba malade, et qu'elle devint complètement dépendante des autres. C'est la jeune femme qui lui donnait à manger, chaque jour, c'est elle qui la nourrissait.
Dieu fit qu'un jour où elle lui donnait à manger, et alors que sa main était dans la bouche de sa belle-mère, celle-ci mourut, emprisonnant la main de sa belle-fille entre ses dents.
Alors, certains dirent qu'il fallait couper la main de la vivante, d'autres qu'il fallait déchirer la bouche de la morte.
Et vous, que pensez-vous qu'il faille faire dans une pareille situation ?
N y'a da muso nin na. A n'a cè. Ala ma dòwèrè d'a ma dennin kelen kò. Ayiwa, o dennin kelen, min dira a ma, fa nana sa, o nana sa minkè, ba yèrè nana ka na bana. O banana, ayiwa, o kèlen na, o y'a fò ntugannin ye. A ko :
– Ne bèna sa, a ko n ye n den kalifa i ma, Ala kama, a kira kama, i k'i hakili to n den la. A ko anw bèè satò ye nin ye.
Kabini o kèra, ba yèrè nana sa. A nana sa minkè ni ka a tò to den kelen ye, ayiwa, ntugannin mana taa kungo la, a bè taa nyò sogin ka a ncòki fa, a bè na :
Dennin dennin yo dennin
na ni kunannin ye dennin
n ka nyò dò k'i kun dennin
i fa bè sa don min dennin
i fa y'i kalifa n ma dennin
i ba bè sa don min dennin
i ba y'i kalifa n ma dennin
na ni kunannin ye dennin
n bè nyò dò k'i kun dennin
Kabini o kèra, a bè na ni kunan ye. Den bè nyò tobi k'o dun. Dugumasa, u taara ka taa o fò o ye, u taara ka taa a fò dugumasa ye ko dennin ba sara, a fa sara, ko ntugannin de ye a ba ye. Kabini o kèra, o ko baasi tè. Ntugannin nana :
Dennin dennin yo dennin
na ni kunannin ye dennin
n ka nyò dò k'i kun dennin
i fa bè sa don min dennin
i fa y'i kalifa n ma dennin
i ba bè sa don min dennin
i ba y'i kalifa n ma dennin
na ni kunannin ye dennin
n bè nyò dò k'i kun dennin
Kabini o kèra, u ye mugu ci ntugannin na ni ka ntugannin faga. Kabini o kèra, dugumasa ye den sigi a kun, o kèra dugumasa muso ye.
N ye nsiirin nin sòrò yòrò min, n y'o bila yen.
La tourterelle
Il était une fois une femme et son mari, à qui Dieu n'avait accordé qu'un seul enfant, une petite fille. Le père de la petite vint à mourir, et sa mère tomba gravement malade. Lorsqu'elle fut très mal, la mère s'en alla trouver une tourterelle et lui dit :
– Je vais mourir, je te confie mon enfant, au nom de Dieu et de son prophète, prends bien soin d'elle !
Peu de temps après, la mère mourut, laissant seule cette petite fille. Alors, lorsque la tourterelle s'envolait du village, elle partait picorer du mil dans les champs, en remplissait son jabot et revenait en chantant :
petite fille, ô petite
apporte-moi ton plat, petite
que je te donne du mil, petite
quant ton père mourut, petite
il t'a confiée à moi, petite
quand ta mère mourut, petite
elle t'a confiée à moi, petite
apporte-moi ton plat, petite
que je te donne du mil, petite
Alors, l'enfant venait avec son plat, elle le remplissait, puis elle partait faire cuire ce mil et le mangeait.
Le temps passa. On finit par aller raconter au roi que le père de la jeune fille était mort, que la mère de la jeune fille était morte, et que c'était la tourterelle qui lui serviat de mère. Alors le roi dit :
– C'est bien !
Et quand la tourterelle vint chanter :
petite fille, ô petite
apporte-moi ton plat, petite
que je te donne du mil, petite
quant ton père mourut, petite
il t'a confiée à moi, petite
quand ta mère mourut, petite
elle t'a confiée à moi, petite
apporte-moi ton plat, petite
que je te donne du mil, petite
les gens prirent des fusils, tirèrent sur la tourterelle et la tuèrent. Alors le roi prit la jeune fille chez lui, et en fit son épouse.
Là où j'ai trouvé ce conte, je le remets.
Nin ye terima fila ye. O terima fila, dò ye tigaforo sènè, dò ye sanyòforo sènè. Sanyò nana nyè, ka tiga nyè. Ayiwa don dò, u ko u bè taa bò u ka foro la, wula fè. U taara. U taalen se foro la, tigaforotigi donna a ka tigaforo la, sanyòforotigi taara nyè fè, ale taara i jò a ka forocamancè rò k'i jò :
– Òo ! Tinyè na, ne ka sanyò nyèna nyinan !
Sanyò sinna k'i jò, ko :
– E fòrò basannen, san tòw la, e bè anw dan, anw tè nyè wa ?
A y'i kun biri ka a ka wulu filè. Wulu ko :
– Hmm ! I bè ne filè, ne de y'a fò wa ?
A ye jele bò a kan na k'a bè wulu kun ci, jele ko :
– I kana to i ka n tòn ci dè !
A b'i cè nyòfura fè. Ntugan b'a fò :
– I sen kana da an kan dè ! I sen kana da an kan dè !
Cè tora o panpan na ten dòròn, ka bò foro la, ayiwa ale bèna tèmè tuma min, ale y'a sòrò a terikè bè bokè la. O ko :
– Hè ! Hè ! Hè ! Cè na yan, na yan, na yan !
A bolila ka se o ma, a ko :
– Cè, e dun bolikun ?
– Èe ! n cè, n taara n ka foro la, ne ko ne ka foro nyèna, ne ka foronyò ko ne fòrò basannen, ko san tòw la ne b'u dan ko yali u tè nyè wa ? Ko ne ye n ka wulu filè, wulu ko ne bè ale filè mun na ? K'ale de y'a fò wa ? Ne ko n b'o kun ci o, ne ka jele ko ne kana to n ka ale tòn ci. Ne bè boli la, nyòfura bè ka a fò i kana tu n na dè !
Cè ko :
– Hè ! Hè ! Bataraden, o ye e bolikun bèè ye wa ?
Bo ko :
– K'e bataraden, ni ne y'a fò e ma, i bè sigi wa ? Coyi ! Botigi wulila, botigi ju lankolon taara don o ka so.
N y'a sòrò yòrò min, n taara o bila yen.
Deux amis
Il était une fois deux amis. L'un cultivait un champ d'arachides, l'autre un champ de petit mil. Le petit mil vint à mûrir, l'arachide aussi, les deux amis décidèrent donc d'aller, une après-midi, voir leurs cultures. Celui qui avait fait des arachides entra dans son champ, l'autre partit plus loin voir son petit mil. Arrivé au beau milieu de son champ, ce dernier s'étonna :
– Ah, vaiment, cette année, mon petit mil a bien donné !
Alors du tac au tac le petit mil se dressa et lui répliqua sèchement :
– Espèce de couillon, est-ce que les autres années, lorsque tu nous sèmes, nous ne poussons pas ?
Interloqué, l'homme baissa la tête et ne vit que son chien, celui-ci lui dit alors :
– Ne me regarde pas comme cela, est-ce moi qui t'ai parlé ?
L'homme alors souleva sa hache pour assommer son chien, mais la hache l'apostropha :
– Eh toi, ne va pas me briser la nuque !
Alors, l'homme détala, il se mit à courir, à courir entre les tiges qui lui criaient :
– Mais ne nous bouscule pas, ne nous bouscule pas comme cela !
Il s'écarta des tiges, et ce furent les buttes de terre qui s'exclamèrent :
– Mais ne nous écrase pas comme cela !
L'homme sauta comme un fou et sortit de son champ. Il passa en courant près de son ami accroupi pour un gros besoin.
– Ho ! lui cria ce dernier, qu'est-ce qui t'arrive, pourquoi cours-tu ainsi ?
– Ah ! si tu savais ! dit l'autre. Eh bien, voilà : je soirs juste de mon champ ; comme le petit mil avait bien poussé, je l'ai dit à haute voix, tout simplement, et voilà que le petit mil me traite de couillon, en ajoutant que les autres années, quand je le sème, il pousse aussi bien ! Alors, je regarde mon chien, et voilà qu'il me dit de ne pas le regarder comme cela, qu'en tout cas lui n'a rien dit ! Je m'apprête à l'assommer, voilà que la hache me prévient de ne pas lui briser la nuque ! Je me sauve en courant, les tiges de mil me crient de ne pas les écraser !
L'ami se mit à rire :
– Et c'est pour cela, espèce d'idiot, que tu te sauves ?
Alors, entre ses jambes, son gros besoin lui répliqua du tac au tac :
– Idiot toi-même, si je t'avais dit tout cela, crois-tu donc que tu serais resté sans bouger ?
Aïe ! Aïe ! Aïe ! L'accroupi se leva, et d'un seul bond, le derrière à l'air, détala jusque chez lui.
Là où j'ai pris ce conte, je le remets.
Senkala misènnin, ani bolokala misènnin, ani dafurukuba, ani nyèkiliba, ani shèkilinin, ani dununkala. Olu ko u bè taa nyinè dingè sen. U taara nyinè dingè senni la, bolokala misènnin ye nyinè dingè sen, ka inè dingè sen. Nyinè bòra, o bolo karila. Senkala misènnin y'a gèn, ka a gèn, ka a gèn, ka gèn, o sen karila. Nyèkiliba y'o mafilè, k'o mafilè, k'o mafilè, k'o nyèkili burun. Dafurukuba yèlèla ka yèlè, ka yèlè, ka yèlè, k'o da fara. E shèkilinin, e dimina k'e bèna a fò so, o bolibagatò taara i yèrè ci bògòkuru la k'o ci. Dununkala y'i cèsiri k'i cèsiri, k'ale bèna a fò so, k'o cètigè.
Ko nin jumèn nin ta ka jugu jumèn ta ye ?
Le trou de souris
Une petite jambe de rien du tout, un petit bras de rien du tout, une grosse joue, un gros œil, et puis encore un petit œuf et une guêpe-maçonne. Voilà qu'ils veulent attraper une souris dans un trou. Et de creuser, de creuser, de creuser. C'est le petit bras de rien du tout qui commence, il creuse, il creuse, il creuse, la souris s'échappe et hop ! il se brise en deux. Du coup voilà la petite jambe de rien du tout qui se lance à la poursuite de la souris, qui la poursuit, qui la poursuit, et hop ! qui se brise en deux. Du coup, voilà le gros œil complètement éberlué : il regarde, il regarde, il regarde, et hop ! il tombe de son orbite ! Du coup, voilà la grosse joue qui se met à rire, à rire, à rire à s'en fendre la bouche, et hop ! qui s'en fend la bouche ! Du coup, voilà le petit œuf qui se met en colère et dit qu'il va s'en aller tout raconter chez lui, il se met à courir, à courir, à courir, il trébuche sur une motte de terre et hop ! il se brise sur place ! Du coup, voilà la guêpe-maçonne qui s'envole en rentrant sa taille, en rentrant sa taille, en rentrant sa taille, et hop ! elle se coupe en deux.
Tout cela est très très grave, mais pour qui est-ce le plus grave ?
Nsiirin ! N y'a da npogotigininw na. Furukènyè npogotigininw ko don. Minnu ko k'u tè u cèw fè. Ayiwa, u ye nyògòn lajèrè, u dama min ko u tè u taw fè, u ka sèrè kè kelen ye. O tuma, minnu ko u b'u taw fè, olu yèrèw dama kèra kelen ye. Olu kèra kelen ye minkè, o tuma na, ko minnu tè u cèw fe, u galegale kèra min ye, cèlataa da sera o ma, o sera o ma minkè, o bolila k'i dogo. O y'i dogo minkè, dugu gatigiw ko, u ko u tè se ka to denmisènninw bolo tan. O tuma na bèè ka don i ka so kònò k'i da, o tuma na, an ka mògò nyini, fèn min bè se ka a jatigè ni ka a don dugu kònò. Bèè k'i da tugu, bèè k'i ka konsògòfòlò sòsò. N'a ma don sòrò mògò si ka so, o tuma na, a maminènen bè min ye, a na taa o sègèrè. Ayiwa, musocè yèrè, u y'o wele, k'o nyininka, ko n'o yèrè bè se ka baara kè. O ko ale bè se. O tuma na, o taara fininkolonba dò nyini, k'o kala a yèrè la, ka dò kè banfula ye, ni ka bereba dò ta, ni ka n'i jò. Dennin tògò tun ye ko Jowelen. Ayiwa, mògòw senna mana sagon dòònin, o tuma na, a bè na i da gèlèn kan. A nana i da gèlèn kan minkè, o tuma na, cè nin labènnen nana sa. Welen b'o ju la, a b'a senw na. A nan'i jò :
Jowelen baw ko ne ka na Jowelen ko la !
jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la !
Jowelen faw ko ne ka na Jowelen ko la !
jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la !
A y'i kun kòròta ni k'o filè a y'a da. O y'i dèmèdèmè k'i dèmèdèmè fo ka taa se a ma. O sera a ma minkè, ko :
Jowelen baw ko ne ka na Jowelen ko la !
jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la !
Jowelen faw ko ne ka na Jowelen ko la !
jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la !
A fora ka wuli. Dugu da o da, n'a taara ko a bè don min fè yen, a b'a sòrò o ta sòsòlen don. N'a taara k'a bè don min fè yen, a b'a sòrò o ta sòsòlen don. Kabini o kèra, maminècè ka da yèlènnen bè k'o bila. O bè a nò fè nin bèè ye. Kabini o kèra, o taara se o ka da ma. A b'a nò fè :
Jowelen baw ko ne ka na Jowelen ko la !
jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la !
Jowelen faw ko ne ka na Jowelen ko la !
jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la !
A y'i kari ka don cè ka da fè ka taa i da fo o ka dalan kan. Kabini o kèra, cè y'a ka da tugu a da la, ka taa a ka labènfènw bò k'o bila ka sòrò ka na a sègèrè.
N ye nsiirin nin sòrò yòrò min, n y'a bila yen, o kèra a ka furu dilalen ye.
La fille rebelle
Conte.
C'est l'histoire des jeunes filles qui ne voulaient pas se marier, qui ne voulaient pas des garçons qu'on leur donnait. Un jour, elles se réunirent et décidèrent de former un groupe à part. Les autres jeunes filles, celles qui voulaient bien de leurs promis, formèrent un autre groupe.
Il arriva que ce fut le tour de se marier d'une des filles rebelles, qui s'appelait Diowélé. Quand arriva le temps de la noce, elle s'enfuit, elle alla se cacher. Alors, les chefs de famille se réunirent, et déclarèrent qu'ils ne pouvaient continuer à dépendre ainsi de leurs enfants. Ils demandèrent à chacun de rentrer chez soi, et qu'on trouve quelqu'un, quelque chose capable d'effrayer la rebelle afin qu'elle revienne dans le droit chemin. Une fois chacun chez soi, et les portes de toutes les maisons bien closes, elle ne trouverait nulle part où se réfugier, il faudrait bien qu'elle aille chez son promis. On demanda au fiancé de s'occuper en personne de cette affaire, il accepta. Il s'en alla chercher de vieilles nippes qu'il fit coudre sur lui, s'affubla d'un chapeau grotesque, se fixa aux pieds et sur les fesses des clochettes, prit un gros bâton et attendit.
Quand dans les ruelles le mouvement se fit plus rare, la jeune fille vint se coucher sur la plateforme publique. Alors, son fiancé, avec ses oripeaux, son bâton et ses clochettes, arriva en chantant :
les mères de Diowélé
m'ont dit de venir pour Diowélé
dio, dio, dia, me voilà !
les pères de Diowélé
m'ont dit de venir pour Diowélé
dio, dio, dia, me voilà !
La jeune fille leva la tête, regarda, puis baissa la tête. Son fiancé tout doucement arriva jusqu'à elle en chantant.
les mères de Diowélé
m'ont dit de venir pour Diowélé
dio, dio, dia, me voilà !
les pères de Diowélé
m'ont dit de venir pour Diowélé
dio, dio, dia, me voilà !
Alors, prise de panique, la jeune fille s'enfuit. Toutes les portes qu'elle voulut ouvrir étaient fermées à clef. Toutes les maisons étaient closes, sauf celle de son fiancé, qui l'avait laissée ouverte. Il la poursuivit jusqu'à sa porte en chantant.
les mères de Diowélé
m'ont dit de venir pour Diowélé
dio, dio, dia, me voilà !
les pères de Diowélé
m'ont dit de venir pour Diowélé
dio, dio, dia, me voilà !
La jeune fille se précipita dans la maison de son fiancé et courut se jeter sur son lit. Alors, le finacé referma la porte derrière lui, se défit de ses oripeaux et vint la retrouver. Et voilà comment se fit leur mariage !
Là où j'ai trouvé ce conte, je le remets.
Lors de mon dernier voyage à vélo, jai acheté un t-shirt sur un marché de vêtements d'occasions en Thaïlande.
Le texte du t-shirt a bien fait maré les Thaïs😂. De ce que j'ai compris de leur anglais (mauvais) grâce à mon anglais (mauvais) et après avoir essayé quelques traducteurs : c'est ta femme qui commande, tu fais le ménage, tu fais la vaisselle et si tu sors, ce n'est pas pour boire avec tes amis mais pour faire les courses.
L'essence du message est là je crois, mais si quelqu'un pouvait m'apporter des précisions. Merci pour votre aide 😀
De plus, trouvant les motifs sympas et ne connaissant pas la signification ...
... Je me le suis fait tatouer dans le dos ...😬
Est-ce possible de traduire le mot "Vivre" en hindi s'il vous plait?
J'ai déjà regardé sur de nombreux sites, mais je ne suis pas certaine de la traduction.
लाइव => voilà ce que j'ai trouvé pour "vivre" dans le sens d'exister, d'être en vie.
Bonjour,
Je cherche à savoir quel est le sens d'une expression employée par feue ma grand-mère vietnamienne quand elle était énervée :"Baanotia ! ".Merci pour votre aide.
Bonjour, je souhaiterais connaître la signification de cette écriture que je trouve très belle et me la faire tatouer lors d'un futur voyage en Thaïlande 😊 ( vu le contexte actuel j'ai encore du temps devant moi )
Merci pour votre aide.
Bonjour a Tous,
Pour toute personne voulant traduire des messages de l'arabe académique ou dialect Nord Africain en franacais ou en anglais dans la mésure du possible et vis versa , je suis disponible a vous apportez de l'aide .
Bonne Journée
Salutations