Une question me passe par la tete cette apres midi:
Si j'organisais un mechant salon du voyage a velo vous viendriez ?
J'ai pense a la ville de Gex dans l'Ain.
Parce que je connais tres bien la municipalite, parce que c'est tres proche d'une grande ville bien desservie (Geneve),
parce que c'est situe sur le trace de tous les nordistes qui roulent vers le soleil en passant par les rives du lac Leman ou par le col de la Faucille depuis le Haut Jura, parce qu'il y a toute l'infrastructure necessaire pour cela dans cette ville, etc etc...
Comme idee originale, il pourrait y avoir obligation de venir a velo, (retour au choix ;-)
Camping en tente obligatoire egalement. Pour 1 ou 2 euros maxi.
Vie en groupe; Cuisine et achat de nourriture de facon collective...
Inviter un ou deux exposants du coin?
Autre? Si vous avez de bonnes idees elles sont les bienvenues bien sur.
Pour la date j'aurais bien vu debut juillet juste au depart des grandes vacances. ...Avant de s'elancer sur la route du Rhone dont le depart est a 15 km, ou la traversee des Grandes Alpes juste a cote egalement.
S'il n'y a que 4 ou 5 personnes cela ne derange pas. ...Vu qu'elles seront venu a velo et que tout le monde sera en camping ce sera forcement sympa...🙂
J'ai bon ?
Elles voyagent seules .
Pour le plaisir pour certaines , par obligation pour d’autres .
Vous les avez peut être rencontrées au cours de vos voyages .
Un homme qui voyage seul ça se fond dans le paysage , une femme ça intrigue souvent , ça interroge , en avez vous rencontré ? Quelles interrogations , envie , peur , perplexité ont émergé de ces rencontres .
Si vous voyagez seule quelles sont vos motifs , vos expériences , vos conseils , vos motivations . Précision , je voyage seule et en couple chaque année . Le voyage en solitaire est pour moi source de plaisir et de liberté depuis plus de quarante ans et je ne saurais m’en passer .
A vos claviers d’ete 😎😎😎
Si vous voyagez seule quelles sont vos motifs , vos expériences , vos conseils , vos motivations . Précision , je voyage seule et en couple chaque année . Le voyage en solitaire est pour moi source de plaisir et de liberté depuis plus de quarante ans et je ne saurais m’en passer .
A vos claviers d’ete 😎😎😎
Bonjour à tous!
Encore l'Ouest US me direz-vous! Mais nous ne nous en lassons pas. Je crains juste de vous lasser un peu, vous, avec des endroits vus maintes et maintes fois.
Mais ces partages d'expériences font vivre nos voyages encore et encore....
Je me lance donc sur cette 3e virée dans le Wild Wild West avec une question:
Est-il possible de s’éclater sans randonner (ou si peu) dans l’Ouest US ? YEP !😎 Et bien oui, on peut se faire rêver sans randonner ! Nous (plus très jeunes - 65 à 70 ans) :
- mon mari, JP, atteint d’une très méchante maladie, mais supportant bien un lourd traitement,
- moi, plus très gaillarde - l’ai-je vraiment été un jour ? pas sûr, en tous cas jamais grande randonneuse (j'ai abusé un peu en écrivant, mais les vraies randos remontent à tellement longtemps qu'il y a prescription).😉 - mon cousin et son épouse (ne vous étonnez pas de me voir les zapper dans le carnet : c’est pour ma sérénité😕).
Il suffira de s’adapter tout en admettant ses limites physiques. Les connaître, ses limites, c’est une chose; les admettre, c’est une autre histoire, et je l’apprendrai à mes dépens🤪 en cours de voyage, mais nous verrons ça plus tard. Quant à mon JP bien fatigué, il s’est avéré le plus vaillant de l’équipe.
Toujours aussi attirée par l’Ouest US (ouf, JP aussi !), j’avais quelques itinéraires sous le coude. Entre les nouvelles découvertes, les endroits que nous voulions approfondir, il y avait matière! Après moult réflexions, mon chéri et moi sommes tombés d’accord pour regrouper deux projets et rallonger le voyage. Après tout, nous avons le temps, et ça économise une traversée de l’Atlantique.
Ce sera une grande boucle LA/LA d’environ 10.000 km à travers pas moins de 8 états. Nous préférons rajouter une journée de plus et repartir de LA. Comme le vol est direct, nous savons par expérience qu’une journée de route nous fatigue moins que les longues escales, ce qui aurait été le cas si nous étions repartis de Vegas.
Du rêve hollywoodien à la folie de Vegas, en passant par - les régions les plus arides et parmi les plus chaudes de la planète dans la Vallée de la Mort, - les territoires indiens de l’Arizona (Monument Valley), - les Montagnes Rocheuses, et les pics enneigés du Colorado flirtant avec les 4000 m, - les Blacks Hills du Dakota du Sud, avec leurs collines sculptées et leurs « Badlands » (mauvaises terres), - le Wyoming dont nous avons rêvé de traverser à cheval les vastes plaines aux herbes sauvages, avec son merveilleux parc, le Yellowstone, - les roches flamboyantes de l’Utah, où l’on s’attend à chaque instant à voir surgir un indien emplumé.
Nous parcourrons des routes panoramiques parmi les plus belles d’Amérique du Nord, la Pacific Highway étant considérée quant à elle comme une des plus belles du monde. Partout, le vieux Far West sera présent avec ses villes cow boy et ses traces indiennes.
Comme nous savons que ce sera sûrement l’un de nos derniers vraiment grands voyages, je le veux topissime et je passerai des journées (des nuits parfois) à peaufiner l’itinéraire, glanant ici et là de précieuses informations et des conseils judicieux. Soyez-en remerciés mes cher(e)s confrères «forumers» de Roadtrippin et Voyage Forum.
Certaines étapes seront peut-être un peu longues, mais elles ne seront pas nombreuses. Nous aurons des plages de repos et nous pourrons prendre notre temps pour profiter de tout.
Nous avons prévu de sortir (un peu) des routes goudronnées et je préfère être sûre de notre véhicule. Nous louons donc un 4x4 chez Avis. J’ai obtenu un prix plus intéressant que toutes les simulations que j’avais faites sur la toile en les appelant directement. Au retour, il s’avère que des frais supplémentaires ont été facturés (une cinquantaine de dollars), et ils me seront remboursés rubis sur l’ongle sur simple appel téléphonique. Le Toyota Sequoia que nous récupérons à LA s’avèrera un compagnon sympa du début à la fin. Le pauvre aura bien mauvaise mine au retour. Comme en esthétique, voici la bête avant et après,
sauf que là, c’est l’inverse quant au résultat.
Pour les réservations d’hôtel, j’ai procédé comme à mon habitude : lieu/prix/qualité, en croisant plusieurs sites une fois que j’ai retenu l’hôtel. Avec un impératif cette année : loger sur les parcs, ce qui nécessite de réserver un an avant pour certains d’entre eux (Yellowstone et Monument Valley par exemple) – pas question de me faire avoir encore une fois, surtout pour le Yellowstone qui est pris d’assaut très vite. Je ferai un post à part pour récapituler les hôtels. Ah, un tuyau aussi : en prenant la carte AARP(1), j’ai fait de substantielles économies, leur tarif étant bien plus intéressant que le simple tarif senior proposé par certains hôtels.
(1)Pour les non-résidents US, la carte est un peu plus chère et valable un an seulement, mais elle est amortie très vite quand on part longtemps, ça vaut vraiment le coup. On peut même avoir des réductions, entre autres, dans les boutiques de certains Visitor Centers (nous l’avons appris sur place).
Pour les repas de midi, ce sera pique-nique tous les jours; le soir resto ou repas dans la chambre dans certains cas. Avec une vraie bonne table de temps à autre, car il en existe aux USA, ne soyons pas sectaires !
Si le voyage a été un rêve, le retour me réservera une surprise bien désagréable. Allez, j’en glisse deux mots, ça défoule. Ceux qui avaient vu mon programme lors de la préparation savent que nous avions embarqué nos cousins tant ce voyage leur avait mis des étoiles dans les yeux…. Et comme ils ne connaissent que les voyages avec tour operator, mon cousin était emballé. Et bien, son épouse, une semaine après le retour, m’a signifié dans un sms digne d'une cour d’école primaire qu’elle ne veut plus me parler. Si si ! Elle m’a trouvée trop directive (c’est vrai, c’est moi qui pilote et qui organise !!!! et jusqu’à présent, personne ne s’en était plaint). Et dire que je pensais à un petit barbecue débriefing, avec échange de photos etc., j’en suis restée baba ! Ah, voilà pourquoi ils n’avaient pas le temps pour quelques jours à la plage ! Voyons Mimi, réfléchis un peu😕. Quand je pense aux dizaines de voyages que nous avons réalisés avec des amis depuis 1974. Des dizaines, et pas toujours avec les mêmes personnes : ça dépendait du lieu, de la durée et de la date.... Quand je relis les carnets qui à l’époque restaient manuscrits, je me dis mais quels beaux souvenirs 🙂! Et bien, sur ce coup, c’est une première. En plus, nous avons adapté notre projet pour leur faire découvrir des lieux que nous aurions zappés si nous avions été seuls, sans parler des fois où, à l’inverse, nous nous sommes limités. Si j’hésite entre être verte de rage😠 ou consternée par un tel comportement, en tous cas, je suis bien peinée, disappointed. Honnêtement, avec le recul, ni mon mari ni moi n’avons encore trouvé le comment du pourquoi. Il faut dire que j’aurais dû me méfier : une personne capable de se brouiller avec nombre de ses amis, du nord au sud de la France, normalement, ça craint. Je devais manquer à son palmarès. Et être aussi naïve😇 à mon âge, ça tient de la bêtise😕 et je me donnerais volontiers des gifles. Mais il me semblait qu’avec le temps, elle s’était bonifiée. J’avais déjà lu sur le forum des histoires d’amis qui sont rentrés fâchés et je me disais mais quel gâchis, comment est-ce possible ? Maintenant, je sais. A 65 ans !!!! Fort heureusement, nous avons pu profiter de notre magnifique périple, mais c’est comme si un voile gris l’avait recouvert au retour. Je vais me consoler en regardant les photos et m’en tenir là, en essayant d’oublier le reste.
Mais je parle, je parle… Bon, j’arrête de vous lasser avec mes états d’âme. Je vous entends bien là : «Tu arrêtes, le forum n’est pas le mur des lamentations, tu nous parles de ton voyage et tu vas voir un psy pour le reste !»😉 OK, OK, Voilà l’itinéraire tel qu’il a été réalisé…. Un peu différent de ce qui était prévu… comme d’habitude ! Le roadbook propose, les voyageurs s’adaptent.

J1 – 21 mai – Voyage et arrivée LA Inutile de préciser que tout est prêt et que l’excitation est à son comble, comme toujours😏. Ah la magie des voyages ! On garde toujours cette capacité enfantine à s’émerveiller, sauf qu’on n’ose plus sauter partout par peur de se faire débarquer pour comportement suspect. Le Toulouse-Paris est à l’heure, 7h10 pétantes. Le vol est un tout petit peu agité, mais rien de bien grave.
1h40 pour la correspondance : faut pas traîner, mais ça suffit. A chaque fois, j’ai un petit doute. A Roissy, nous découvrons le gros navion qui va nous emmener Outre-Atlantique. Vu de la salle d’embarquement, il est moins impressionnant que lorsque nous l’avions vu lors de ses vols d’essais à Toulouse, en rase-motte au-dessus de nos têtes, en bout de piste.

Je pensais être subjuguée par l’intérieur, mais la configuration en petite cabines séparées par des rideaux ne donne pas idée de la grandeur de l’habitacle. Les places sont plutôt larges. En vol, je réussirai même à passer côté hublot pour rejoindre ma place, ne voulant pas réveiller le jeune dormeur côté couloir… et croyez-moi, je ne suis pas une sylphide.
Ce jeune géant est peut-être bien sympathique, mais 12h de vol sans les chaussures, ça va pas le faire. JP s’arme de toute sa délicatesse pour lui susurrer discrètement à l’oreille de remettre ses baskets. C’est toujours un peu gênant ce genre de démarche, mais vraiment, le pouvoir de séduction de ce jeune homme se trouverait accru s’il désodorisait ses chaussures de temps à autre😛.
Les repas sont tout à fait corrects :
Salade du jardinier, vinaigrette au jus d’orange et coulis de tomate
Poulet sauce au citron, boulgour aux épices OU Tortellini à la ricotta et aux épinards, sauce crémée - Dessert
Champagne en apéritif.
Le voyage est quand même bien long, avec quelques turbulences.
Il faut attendre d’être au-dessus de l’Utah pour voir autre chose que des nuages. Les photos ne donnent pas grand-chose…. 12.000 mètres, ça fait haut !
Mais nous arrivons à discerner quelques beaux paysages et à imaginer les roches rouges que nous verrons en fin de parcours dans quelques semaines.
L’arrivée à LA est abracadabrantesque.
Comme nos cousins viennent pour la première fois aux USA, pas possible de passer aux bornes automatiques – et pas question de se séparer : ils ne parlent pas un mot d’Anglais et semblent un peu perdus.
L’attente est dingue. C’est qu’un A380, ça en contient du monde ! Entre les enfants qu’ils font passer en premier (pas que les bébés) et la lenteur des agents au contrôle, ça n’avance pas. A un moment, un grand policeman black bien baraqué, comme on en voit dans les films, fait passer un groupe de soi-disant VIP. Nous avons atterri à 13h et il est plus de 16h. Là, les esprits s’échauffent un peu et, la fatigue aidant, le troupeau (nous sommes comme des bestiaux parqués devant les guichets) manifeste un peu de mauvaise humeur (quels râleurs ces Français !). On nous incite vivement à rabaisser notre caquet – pas commode le Monsieur. On s’en mettrait presque au garde-à-vous, tentés par un «Yes Sir» tonitruant. Nous allons ensuite acheter des cartes SIM pour les téléphones – ça prend du temps aussi : pas facile de comprendre quelle est la meilleure solution. Notre choix s’est avéré nul et coûteux par rapport à l’année dernière.
Si j’ai une leçon à retenir (et si je peux me permettre, un conseil à donner) : surtout, régler ce problème avant de partir. Chacun trouvera ce qui lui convient auprès de son opérateur. Le nôtre - que je ne nommerai pas – ne proposait rien d’intéressant.
On arrive enfin à récupérer la voiture. Oups ! J’ai payé avec ma carte Gold (pour les assurances) et le conducteur est JP. Quant à moi, je n’ai pas mon permis de conduire. Erreur de débutant🤪 d’une voyageuse qui se croyait sinon confirmée du moins avisée et prévenue. C’est utile une check-list, n’est-ce-pas ? A condition de bien la vérifier au moment de partir😉. Grrrr ! Avis nous arrange ça sans problème et nous découvrons ce qui sera un peu notre deuxième maison dans les semaines à venir ! Une Toyota Sequoia géante…. Avec un marchepied pour que je puisse monter. Ceux qui m’ont déjà lue savent que moi, j’escalade ce genre de voiture vu ma taille. C’est parti dans les embouteillages pour rejoindre l’hôtel à Hollywood : le Coral Sands Motel, où nous arrivons à presque 19h. Vous savez compter : cela fait 6 heures que nous sommes à LA ! Il va sans dire que nous sommes KO debout. La visite à l’Observatoire Griffith où nous devions dîner avec des amis d’amis (ceux qui étaient avec nous au Canada et en Louisiane) passe à la trappe. Nous nous croiserons, à un jour près dans la Death Valley. Tant pis, nous ferons connaissance à Paris pour échanger nos souvenirs. Nous dînons au Burger du coin et filons au dodo.
Je me lance donc sur cette 3e virée dans le Wild Wild West avec une question:
Est-il possible de s’éclater sans randonner (ou si peu) dans l’Ouest US ? YEP !😎 Et bien oui, on peut se faire rêver sans randonner ! Nous (plus très jeunes - 65 à 70 ans) :
- mon mari, JP, atteint d’une très méchante maladie, mais supportant bien un lourd traitement,
- moi, plus très gaillarde - l’ai-je vraiment été un jour ? pas sûr, en tous cas jamais grande randonneuse (j'ai abusé un peu en écrivant, mais les vraies randos remontent à tellement longtemps qu'il y a prescription).😉 - mon cousin et son épouse (ne vous étonnez pas de me voir les zapper dans le carnet : c’est pour ma sérénité😕).
Il suffira de s’adapter tout en admettant ses limites physiques. Les connaître, ses limites, c’est une chose; les admettre, c’est une autre histoire, et je l’apprendrai à mes dépens🤪 en cours de voyage, mais nous verrons ça plus tard. Quant à mon JP bien fatigué, il s’est avéré le plus vaillant de l’équipe.
Toujours aussi attirée par l’Ouest US (ouf, JP aussi !), j’avais quelques itinéraires sous le coude. Entre les nouvelles découvertes, les endroits que nous voulions approfondir, il y avait matière! Après moult réflexions, mon chéri et moi sommes tombés d’accord pour regrouper deux projets et rallonger le voyage. Après tout, nous avons le temps, et ça économise une traversée de l’Atlantique.
Ce sera une grande boucle LA/LA d’environ 10.000 km à travers pas moins de 8 états. Nous préférons rajouter une journée de plus et repartir de LA. Comme le vol est direct, nous savons par expérience qu’une journée de route nous fatigue moins que les longues escales, ce qui aurait été le cas si nous étions repartis de Vegas.
Du rêve hollywoodien à la folie de Vegas, en passant par - les régions les plus arides et parmi les plus chaudes de la planète dans la Vallée de la Mort, - les territoires indiens de l’Arizona (Monument Valley), - les Montagnes Rocheuses, et les pics enneigés du Colorado flirtant avec les 4000 m, - les Blacks Hills du Dakota du Sud, avec leurs collines sculptées et leurs « Badlands » (mauvaises terres), - le Wyoming dont nous avons rêvé de traverser à cheval les vastes plaines aux herbes sauvages, avec son merveilleux parc, le Yellowstone, - les roches flamboyantes de l’Utah, où l’on s’attend à chaque instant à voir surgir un indien emplumé.
Nous parcourrons des routes panoramiques parmi les plus belles d’Amérique du Nord, la Pacific Highway étant considérée quant à elle comme une des plus belles du monde. Partout, le vieux Far West sera présent avec ses villes cow boy et ses traces indiennes.
Comme nous savons que ce sera sûrement l’un de nos derniers vraiment grands voyages, je le veux topissime et je passerai des journées (des nuits parfois) à peaufiner l’itinéraire, glanant ici et là de précieuses informations et des conseils judicieux. Soyez-en remerciés mes cher(e)s confrères «forumers» de Roadtrippin et Voyage Forum.
Certaines étapes seront peut-être un peu longues, mais elles ne seront pas nombreuses. Nous aurons des plages de repos et nous pourrons prendre notre temps pour profiter de tout.
Nous avons prévu de sortir (un peu) des routes goudronnées et je préfère être sûre de notre véhicule. Nous louons donc un 4x4 chez Avis. J’ai obtenu un prix plus intéressant que toutes les simulations que j’avais faites sur la toile en les appelant directement. Au retour, il s’avère que des frais supplémentaires ont été facturés (une cinquantaine de dollars), et ils me seront remboursés rubis sur l’ongle sur simple appel téléphonique. Le Toyota Sequoia que nous récupérons à LA s’avèrera un compagnon sympa du début à la fin. Le pauvre aura bien mauvaise mine au retour. Comme en esthétique, voici la bête avant et après,
sauf que là, c’est l’inverse quant au résultat.Pour les réservations d’hôtel, j’ai procédé comme à mon habitude : lieu/prix/qualité, en croisant plusieurs sites une fois que j’ai retenu l’hôtel. Avec un impératif cette année : loger sur les parcs, ce qui nécessite de réserver un an avant pour certains d’entre eux (Yellowstone et Monument Valley par exemple) – pas question de me faire avoir encore une fois, surtout pour le Yellowstone qui est pris d’assaut très vite. Je ferai un post à part pour récapituler les hôtels. Ah, un tuyau aussi : en prenant la carte AARP(1), j’ai fait de substantielles économies, leur tarif étant bien plus intéressant que le simple tarif senior proposé par certains hôtels.
(1)Pour les non-résidents US, la carte est un peu plus chère et valable un an seulement, mais elle est amortie très vite quand on part longtemps, ça vaut vraiment le coup. On peut même avoir des réductions, entre autres, dans les boutiques de certains Visitor Centers (nous l’avons appris sur place).
Pour les repas de midi, ce sera pique-nique tous les jours; le soir resto ou repas dans la chambre dans certains cas. Avec une vraie bonne table de temps à autre, car il en existe aux USA, ne soyons pas sectaires !
Si le voyage a été un rêve, le retour me réservera une surprise bien désagréable. Allez, j’en glisse deux mots, ça défoule. Ceux qui avaient vu mon programme lors de la préparation savent que nous avions embarqué nos cousins tant ce voyage leur avait mis des étoiles dans les yeux…. Et comme ils ne connaissent que les voyages avec tour operator, mon cousin était emballé. Et bien, son épouse, une semaine après le retour, m’a signifié dans un sms digne d'une cour d’école primaire qu’elle ne veut plus me parler. Si si ! Elle m’a trouvée trop directive (c’est vrai, c’est moi qui pilote et qui organise !!!! et jusqu’à présent, personne ne s’en était plaint). Et dire que je pensais à un petit barbecue débriefing, avec échange de photos etc., j’en suis restée baba ! Ah, voilà pourquoi ils n’avaient pas le temps pour quelques jours à la plage ! Voyons Mimi, réfléchis un peu😕. Quand je pense aux dizaines de voyages que nous avons réalisés avec des amis depuis 1974. Des dizaines, et pas toujours avec les mêmes personnes : ça dépendait du lieu, de la durée et de la date.... Quand je relis les carnets qui à l’époque restaient manuscrits, je me dis mais quels beaux souvenirs 🙂! Et bien, sur ce coup, c’est une première. En plus, nous avons adapté notre projet pour leur faire découvrir des lieux que nous aurions zappés si nous avions été seuls, sans parler des fois où, à l’inverse, nous nous sommes limités. Si j’hésite entre être verte de rage😠 ou consternée par un tel comportement, en tous cas, je suis bien peinée, disappointed. Honnêtement, avec le recul, ni mon mari ni moi n’avons encore trouvé le comment du pourquoi. Il faut dire que j’aurais dû me méfier : une personne capable de se brouiller avec nombre de ses amis, du nord au sud de la France, normalement, ça craint. Je devais manquer à son palmarès. Et être aussi naïve😇 à mon âge, ça tient de la bêtise😕 et je me donnerais volontiers des gifles. Mais il me semblait qu’avec le temps, elle s’était bonifiée. J’avais déjà lu sur le forum des histoires d’amis qui sont rentrés fâchés et je me disais mais quel gâchis, comment est-ce possible ? Maintenant, je sais. A 65 ans !!!! Fort heureusement, nous avons pu profiter de notre magnifique périple, mais c’est comme si un voile gris l’avait recouvert au retour. Je vais me consoler en regardant les photos et m’en tenir là, en essayant d’oublier le reste.
Mais je parle, je parle… Bon, j’arrête de vous lasser avec mes états d’âme. Je vous entends bien là : «Tu arrêtes, le forum n’est pas le mur des lamentations, tu nous parles de ton voyage et tu vas voir un psy pour le reste !»😉 OK, OK, Voilà l’itinéraire tel qu’il a été réalisé…. Un peu différent de ce qui était prévu… comme d’habitude ! Le roadbook propose, les voyageurs s’adaptent.

J1 – 21 mai – Voyage et arrivée LA Inutile de préciser que tout est prêt et que l’excitation est à son comble, comme toujours😏. Ah la magie des voyages ! On garde toujours cette capacité enfantine à s’émerveiller, sauf qu’on n’ose plus sauter partout par peur de se faire débarquer pour comportement suspect. Le Toulouse-Paris est à l’heure, 7h10 pétantes. Le vol est un tout petit peu agité, mais rien de bien grave.
1h40 pour la correspondance : faut pas traîner, mais ça suffit. A chaque fois, j’ai un petit doute. A Roissy, nous découvrons le gros navion qui va nous emmener Outre-Atlantique. Vu de la salle d’embarquement, il est moins impressionnant que lorsque nous l’avions vu lors de ses vols d’essais à Toulouse, en rase-motte au-dessus de nos têtes, en bout de piste.

Je pensais être subjuguée par l’intérieur, mais la configuration en petite cabines séparées par des rideaux ne donne pas idée de la grandeur de l’habitacle. Les places sont plutôt larges. En vol, je réussirai même à passer côté hublot pour rejoindre ma place, ne voulant pas réveiller le jeune dormeur côté couloir… et croyez-moi, je ne suis pas une sylphide.
Ce jeune géant est peut-être bien sympathique, mais 12h de vol sans les chaussures, ça va pas le faire. JP s’arme de toute sa délicatesse pour lui susurrer discrètement à l’oreille de remettre ses baskets. C’est toujours un peu gênant ce genre de démarche, mais vraiment, le pouvoir de séduction de ce jeune homme se trouverait accru s’il désodorisait ses chaussures de temps à autre😛.
Les repas sont tout à fait corrects :
Salade du jardinier, vinaigrette au jus d’orange et coulis de tomate
Poulet sauce au citron, boulgour aux épices OU Tortellini à la ricotta et aux épinards, sauce crémée - Dessert
Champagne en apéritif.
Le voyage est quand même bien long, avec quelques turbulences.Il faut attendre d’être au-dessus de l’Utah pour voir autre chose que des nuages. Les photos ne donnent pas grand-chose…. 12.000 mètres, ça fait haut !
Mais nous arrivons à discerner quelques beaux paysages et à imaginer les roches rouges que nous verrons en fin de parcours dans quelques semaines.
L’arrivée à LA est abracadabrantesque.
Comme nos cousins viennent pour la première fois aux USA, pas possible de passer aux bornes automatiques – et pas question de se séparer : ils ne parlent pas un mot d’Anglais et semblent un peu perdus.L’attente est dingue. C’est qu’un A380, ça en contient du monde ! Entre les enfants qu’ils font passer en premier (pas que les bébés) et la lenteur des agents au contrôle, ça n’avance pas. A un moment, un grand policeman black bien baraqué, comme on en voit dans les films, fait passer un groupe de soi-disant VIP. Nous avons atterri à 13h et il est plus de 16h. Là, les esprits s’échauffent un peu et, la fatigue aidant, le troupeau (nous sommes comme des bestiaux parqués devant les guichets) manifeste un peu de mauvaise humeur (quels râleurs ces Français !). On nous incite vivement à rabaisser notre caquet – pas commode le Monsieur. On s’en mettrait presque au garde-à-vous, tentés par un «Yes Sir» tonitruant. Nous allons ensuite acheter des cartes SIM pour les téléphones – ça prend du temps aussi : pas facile de comprendre quelle est la meilleure solution. Notre choix s’est avéré nul et coûteux par rapport à l’année dernière.
Si j’ai une leçon à retenir (et si je peux me permettre, un conseil à donner) : surtout, régler ce problème avant de partir. Chacun trouvera ce qui lui convient auprès de son opérateur. Le nôtre - que je ne nommerai pas – ne proposait rien d’intéressant.
On arrive enfin à récupérer la voiture. Oups ! J’ai payé avec ma carte Gold (pour les assurances) et le conducteur est JP. Quant à moi, je n’ai pas mon permis de conduire. Erreur de débutant🤪 d’une voyageuse qui se croyait sinon confirmée du moins avisée et prévenue. C’est utile une check-list, n’est-ce-pas ? A condition de bien la vérifier au moment de partir😉. Grrrr ! Avis nous arrange ça sans problème et nous découvrons ce qui sera un peu notre deuxième maison dans les semaines à venir ! Une Toyota Sequoia géante…. Avec un marchepied pour que je puisse monter. Ceux qui m’ont déjà lue savent que moi, j’escalade ce genre de voiture vu ma taille. C’est parti dans les embouteillages pour rejoindre l’hôtel à Hollywood : le Coral Sands Motel, où nous arrivons à presque 19h. Vous savez compter : cela fait 6 heures que nous sommes à LA ! Il va sans dire que nous sommes KO debout. La visite à l’Observatoire Griffith où nous devions dîner avec des amis d’amis (ceux qui étaient avec nous au Canada et en Louisiane) passe à la trappe. Nous nous croiserons, à un jour près dans la Death Valley. Tant pis, nous ferons connaissance à Paris pour échanger nos souvenirs. Nous dînons au Burger du coin et filons au dodo.
Bonjour à tous,
Au cœur de cet été bien chaud, du moins chez moi, une réflexion suite à une information:
L’île de Pâques est amenée depuis quelques jours à restreindre certaines durées de séjour sur son territoire. Antérieurement, Venise essaye de prendre des mesures concernant les bateaux de croisière, mais aussi les visiteurs venus par d'autres moyens.
Il y a beaucoup d’endroits de par le monde ou les afflux de touristes amènent les autorités à ce genre de décision. Sans compter les aménagements engendrés par le nombre, type pointe du raz ou Horseshoebend aux Etats Unis. Et j'en passe certainement beaucoup...
D'un côté, préserver la nature ou le patrimoine architectural, de l'autre accepter le nombre pour que vivent ceux qui " en vivent " ?
Je m'interroge, les choses sont elles inéluctables dans un sens comme dans l'autre ?
Certainement le plus difficile, trouver le juste équilibre.
Bonne journée à tous
Au cœur de cet été bien chaud, du moins chez moi, une réflexion suite à une information:
L’île de Pâques est amenée depuis quelques jours à restreindre certaines durées de séjour sur son territoire. Antérieurement, Venise essaye de prendre des mesures concernant les bateaux de croisière, mais aussi les visiteurs venus par d'autres moyens.
Il y a beaucoup d’endroits de par le monde ou les afflux de touristes amènent les autorités à ce genre de décision. Sans compter les aménagements engendrés par le nombre, type pointe du raz ou Horseshoebend aux Etats Unis. Et j'en passe certainement beaucoup...
D'un côté, préserver la nature ou le patrimoine architectural, de l'autre accepter le nombre pour que vivent ceux qui " en vivent " ?
Je m'interroge, les choses sont elles inéluctables dans un sens comme dans l'autre ?
Certainement le plus difficile, trouver le juste équilibre.
Bonne journée à tous
Bonjour,
Préparant un voyage à vélo depuis la France vers l'est et n'envisageant pas revenir, je me pause de plus en plus la question de l'Afrique, qui se présente finalement comme une évidence.
Depuis la France, en passant par l'Espagne je pourrais rejoindre le Maroc. Je m'imagine un trajet qui me plaît bien, Maroc - Mauritanie - Sénégal - Guinée (je ne trouve pas de documentation récente) - Liberia - Côté d'Ivoire - Ghana - Togo - Bénin - bateau jusqu'au Cameroun puisqu'il est fortement déconseillé d'aller au Nigéria - continuer depuis le Cameroun jusqu'au Gabon, puis République du Congo - là je dois passer par la République Démocratique du Congo, qui semble être une zone à risque... puis Angola - Namibie - Afrique du sud - Botswana - Zimbabwe - Zambie - Malawi - Mozambique - Madagascar - Tanzanie - Kenya et là...soit je fais demi-tour, soit je prends un avion puisque tout ce qui suit semble être en guerre.
Qu'en pensez vous ? les zones qui me semblent être risquées le sont elles vraiment ? les zones qui me semblent correctes le sont elles également ?
Des conseils particuliers pour l'Afrique ?
Merci !!
Préparant un voyage à vélo depuis la France vers l'est et n'envisageant pas revenir, je me pause de plus en plus la question de l'Afrique, qui se présente finalement comme une évidence.
Depuis la France, en passant par l'Espagne je pourrais rejoindre le Maroc. Je m'imagine un trajet qui me plaît bien, Maroc - Mauritanie - Sénégal - Guinée (je ne trouve pas de documentation récente) - Liberia - Côté d'Ivoire - Ghana - Togo - Bénin - bateau jusqu'au Cameroun puisqu'il est fortement déconseillé d'aller au Nigéria - continuer depuis le Cameroun jusqu'au Gabon, puis République du Congo - là je dois passer par la République Démocratique du Congo, qui semble être une zone à risque... puis Angola - Namibie - Afrique du sud - Botswana - Zimbabwe - Zambie - Malawi - Mozambique - Madagascar - Tanzanie - Kenya et là...soit je fais demi-tour, soit je prends un avion puisque tout ce qui suit semble être en guerre.
Qu'en pensez vous ? les zones qui me semblent être risquées le sont elles vraiment ? les zones qui me semblent correctes le sont elles également ?
Des conseils particuliers pour l'Afrique ?
Merci !!
Le gouvernement dévoile ce vendredi 25 mesures pour promouvoir l’usage de la petite reine, particulièrement lors des trajets domicile-travail.
La suite ici :
http://m.leparisien.fr/societe/forfait-deplacement-immatriculation-obligatoire-nouvelles-infrastructures-le-plan-velo-enfin-annonce-14-09-2018-7887993.php
🙂
La suite ici :
http://m.leparisien.fr/societe/forfait-deplacement-immatriculation-obligatoire-nouvelles-infrastructures-le-plan-velo-enfin-annonce-14-09-2018-7887993.php
🙂
Bonjour,
Je démarre une discussion sur les CAMPINGS,
Je pratique le cyclo camping depuis 3 / 4 ans et je privilégie les campings municipaux. Jusqu'alors tout ne c'était plutôt bien passé.
Mais cette année j'ai eu quelques problèmes. Obligé de partir en pleine nuit vers 22h00 à cause de gens du voyage qui étaient dans le camping dont les enfants caillassaient les camping-car et certaines personnes en venaient aux mains. Trois camping-cars sont partis en même temps que moi. résultat: j'ai roulé une partie de la nuit jusqu'au prochain camping. Dans un autre, pas fermé l’œil de la nuit, des jeunes faisaient du gymkhana en scooter dans le camping !!! J'ai un collègue cyclo-campeur comme moi dont la tente a été visitée pendant sa douche.
Je me pose la question pour l'avenir, ne serais-je pas plus en sécurité en bivouac dans la nature ?
Avez-vous des avis ou des anecdotes à ce sujet.
ml
Je démarre une discussion sur les CAMPINGS,
Je pratique le cyclo camping depuis 3 / 4 ans et je privilégie les campings municipaux. Jusqu'alors tout ne c'était plutôt bien passé.
Mais cette année j'ai eu quelques problèmes. Obligé de partir en pleine nuit vers 22h00 à cause de gens du voyage qui étaient dans le camping dont les enfants caillassaient les camping-car et certaines personnes en venaient aux mains. Trois camping-cars sont partis en même temps que moi. résultat: j'ai roulé une partie de la nuit jusqu'au prochain camping. Dans un autre, pas fermé l’œil de la nuit, des jeunes faisaient du gymkhana en scooter dans le camping !!! J'ai un collègue cyclo-campeur comme moi dont la tente a été visitée pendant sa douche.
Je me pose la question pour l'avenir, ne serais-je pas plus en sécurité en bivouac dans la nature ?
Avez-vous des avis ou des anecdotes à ce sujet.
ml
Salut tout le monde,
message modifié le 23 juin 2013
J'ai apporté quelques photos plus grandes importées depuis Picasa.
D'autres Posts présenteront la suite de notre parcours le 7/08: de Iquique à san pedro de atacama, post 11
post 17 : le 8/8 à SPA post 19: le 9/08: Photos supplémentaires prises au chili. post 21 : les 9/08 et 10/08 direction la frontière argentine par le paso de jama, nuit à Susques, puis route vers tilcara en s'arrêtant aux salinas grandes http://voyageforum.com/..._reply;so=ASC;mh=10;
post 25 : le 11/08 de tilcara vers humahuaca et el hornocal http://voyageforum.com/...ost=5534365;#5534365
message 115 pour le début sur la Bolivie de SPA vers les geisers sol de mañana message 123 vers el hotel del desierto en passant par la laguna colorada et el arbol de piedra message 131 encore la Bolivie sud lipez, desert de siloli, desert de Dali, message 132 salar d'uyuni les grottes du diable: las cuevas del diablo près du salar d'uyuni message 136 salar d'uyuni suite et fin, route vers tupiza, en passant par Atocha message 143: tupiza suite, vers le site du sillar, une soirée douloureuse. message 151: de tupiza à uyuni, vol vers la Paz, poursuite de la visite de la plus haute capitale du monde. message 157: fin du séjour et départ de la paz message 189; pourquoi ce périple? message 191: des cartes et des liens que j'ai utilisés.
Message initial fait le 6 septembre Si quelqu'un sait comment réduire le temps très long pour importer des photos en message attaché, cela m'intéresse. Ensuite si vous savez comment faire pour importer des photos de 7.00 MB et plus, dans VF, par pitié dites moi comment faire. Enfin, si quelqu'un peut me dire comment faire pour avoir des photos au milieu du texte et non en fin de page, je suis preneuse! Merci Krikri pour ta réponse que j'ai expérimentée avec succès.
Après avoir reçu pas mal d'aide sur les forums, je vous fait part de mon expérience d'un mois partagée entre Chili, Argentine et Bolivie. Ce 1er message ne présente que le tout début du voyage, arrivée à la paz le 3/08 puis visite dans les parcs du nord chili (lauca, vicuña, surire et isluga) du 4/08 au 6/08,
Je remercie avant tout Krikri et Kashtin pour m'avoir donné envie de faire ce voyage, et tous les autres (entre autres Kalchaqui, Hergé et Chegringo), pour les conseils qu'ils m'ont donnés.
Ce 1er aout, notre voyage vers l'amérique du sud a commencé par un demi tour de l'avion après 1/4 heure de vol, car le train d'atterrissage ne rentrait pas. Finalement, nous sommes partis pour San juan (porto-Rico) à 16h au lieu de 8h30: nous avons donc raté notre correspondance pour Miami. Du coup, hébergement par american airlines au best western de l'aéroport, diner et déjeuner du lendemain payés par american airlines. Heureusement, nous avons pu avoir des connexions internet et avons pu prévenir ceux qui nous attendaient, de notre arrivée le 3 au lieu du 2 aout.
Le lendemain, nous sommes arrivés à la Paz, à 6h30 du matin. 4200m d'altitude à l'aéroport del alto; ce qui frappe d'abord c'est le froid en sortant de la salle des bagages. Puis, l'essoufflement rapide qui nous gagne, quand nous voulons monter par la suite au mirador à la sortie de l'aéroport.


Notre guide de terra andina nous attendait. Visite de la Paz, achats, rencontre du commercial de terra andina avec qui j'étais en contact depuis 6 mois, sont nos activités jusqu’à 12h30, puis notre guide nous dépose à la gare, pour que nous puissions prendre le bus qui part vers Arica au Chili, et qui est censé nous déposer, sur sa route à alto Putre, dans les hauts plateaux andins (3600m d'altitude).

Ci-dessous, se trouve le mirador kili kili d'où on a un superbe point de vue sur la ville.
La paz, ville entre populaire et modernité. sur la photo ci-dessous, on découvre le stade dans lequel les brésiliens se font battre face à l'équipe bolivienne, à chaque fois qu'ils viennent à la Paz. Forcément, courir à 4000 m d'altitude, c'est loin d'être évident.

La paz, Une ville ceinte de montagnes toutes plus impressionnantes les unes que les autres.
Notre grande chance est que nous avons un thermos rempli de maté de coca, ce qui, ajouté au comprimé de diamox que nous avions pris la veille à Miami, et à la prise de coca 9 ch, en homéopathie, nous permet de ne pas souffrir du mal des montagnes. Je confirme que le diamox donne des fourmillements au bout des doigts et aussi des vertiges, ce qui est vraiment désagréable!
Evidement, le bus a 2 heures de retard au lieu d'1/2h prévue, (nous, maintenant, les retards des transports en commun, nous connaissons!): et plus le temps passe et plus je commence à stresser, car je n'ai aucun moyen de contacter Flavio, le gérant de terrace lodge, pour le prévenir de l'heure tardive de notre arrivée. Avec la nuit qui est tombée, lorsque nous passons les formalités de douanes boliviennes et chiliennes, c'est dehors dans le froid. A mon avis la température était en dessous de 0°C. Le chauffeur, à qui je demande de téléphoner à Flavio, qu'il connait, me répond qu'il n'a pas de réseau. Et il est déjà 20h, 1/2heure après l'heure à laquelle nous étions censés arriver à Alto putre. Il me signale que là bas, il n'y a rien, et que s'il nous dépose alors que flavio n'y est pas, nous allons rester dehors dans le froid avec nos bagages, perspective peu réjouissante. Du coup, apres négociations, je lui demande de ralentir à alto putre pour voir si malgré tout Flavio nous aurait attendu, et sinon de nous déposer à la ville suivante située 40 minutes après putre, là où nous pourrions trouver nourriture et chauffage et éventuellement hébergement.
Nous arrivons à alto putre à 22h, le bus s'arrête, le garçon qui fait le service nous dit de venir et nous fait descendre, et là, je vois s'avancer un homme que je devine être Flavio: j'en aurais presque pleuré de joie, il nous avait attendu! Après plus de 36 heures sans dormir, ni dans les avions plein a ras bord, ni dans le bus bruyant et remuant, plein lui aussi, et plutot inconfortable avec des wc d'une saleté repoussante, et le froid qui pénétrait de partout, nous avions sérieusement les nerfs a fleur de peau.
Flavio nous emmène a Terrace lodge nous informe du programme du tour du lendemain dont il sera le chauffeur et guide, puis nous allons nous coucher rapidement et à 23 heures nous pouvons enfin dormir! La chambre est très peu chauffée, mais pour ne pas disséminer le peu d'oxygène qu'il y a à cette altitude, il paraît qu'il vaut mieux. Nous dormirons à moins de 10°C dans la chambre, mais nous avons notre lot de couvertures! En martinique, avec la climatisation dans la chambre, la température est de 23°C! Quel changement!
Le lendemain, petit déjeuner copieux, ( café, lait chaud, toasts, yaourt maison, confitures et beurre, pâtisseries maison, maté de coca) puis départ à 8h30. Voici ce que nous avons vu: le lac chungara et àcôté, le volcans parinacota qui qui admire sa magnifiscence dans le lac.


Nous avons aussi contemplé le volcan tomarape, le volcan voisin bolivien sajama, le volcan chilien guallatire et ses fumerolles.

Nous avons été saisi d'admiration devant les splendides lagunes cotacotani,




Puis nous avons visité le village de Parinacota où nous avons déjeuné d'une soupe au quinoa. Au cours de nos pérégrinations, nous avons croisé de nombreux animaux: huemul (désolée, notre photo est supérieure à 7.00MB pour pouvoir l'importer) suri, (sorte de petite autruche, de la même famille que le nandou qu'on voit en patagonie),
différents oiseaux marins au niveau du lac (dont j'ai oublié le nom)

les viscaches,
Nous avons rencontré des lamas, dignes et fiers, tels des princes de l'altiplano.

puis nous avons approché de très près des alpagas que Flavio avait l'habitude de nourrir: je confirme qu'ils crachent lorsqu'on essaie de les caresser, je l'ai vécu en direct!).

Journee splendide, mais fatigante pour nous qui n'avons pas encore récupéré du voyage. Nous découvrons aussi la flore locale comme la llareta et le bodefal dans lequel paissent lamas et alpagas.
L'apres midi, nous déclinons la visite des cuervas (grottes ou vivaient les anciens) puis nous profitons du spectacle grandiose du paysage vers les thermes jurassi, dans lesquels le couple chilien se baigne. Il est 17h quand nous rejoignons terrace lodge. Flavio est un guide photos génial, il n'a pas son pareil sur la connaissance de la région et sur l'art de voir des animaux que nous n'aurions jamais remarqués comme le huemul, dont la robe se confond avec la couleur du sol, camouflage parfait!
Le maté de coca, le masticage des feuilles de coca et la coca 9 ch sont formidables pour lutter contre le mal des montagnes: nous sommes montés a 4600 m aujourd'hui, et les seuls symptômes que nous ayons ressentis sont un essoufflement prononcé lors de la ballade d'une 1/2 heure à pieds, près du lac, et un léger mal de tête. Doliprane, puis petite sieste pour nous 2, avant d'aller dîner au village de putre à pied, dans le restaurant cantaverdi.
Nous avons quitté putre le 5/08, à 14h, avec flavio pour un périple dans les parcs las vicuñas, surire et isluga avec nuit au refuge de la CONAF le 5/8 au soir.Nous avons vu 3 suris, de nombreux alpagas, lamas, des vigognes.
Un panneau au milieu de nulle part indique le parc que nous traversons.

Mais ce qui m'a le plus marqué, est l'immensité et la majestuosité des paysages.


J'ai été agréablement surprise par le refuge de la CONAF, qui fournit des lit déjà préparés avec des draps et des laines en quantité. Il n'y avait personne d'autre au refuge car c'était dimanche. Quelle histoire pour entrer dans des sacs de couchages et encore pire pour dormir dedans. A peine 3 heures plus tard j'étais réveillée et j'ai passé le reste de la nuit sur le divan dans le salon: matelas tres dur. Et surtout, qu'est-ce que c'est difficile de dormir a 4200 m, je n'arrêtais pas de me réveiller en sursaut, car je manquais d'oxygène.
Le matin, près du refuge, le salar en face est splendide.

A côté du refuge, une colonie de viscaches est à l'affût, et nous nous amusons à les photographier, d'autant qu'ils se laissent approcher de près. Un d'entre eux est fièrement dressé sur son rocher et se dore au soleil levant, essayant de tirer le meilleur parti de la lueur blafarde, qui brave l'aurore glaciale.
1/3 d'oxygène en moins, et tous vos déplacements vous donnent l'impression d'être entrain de terminer un sprint. Essoufflement garanti. La ballade près du lac aux flamands (photo 15) le 5/8 en fin d'après midi fut épuisante. Et pourtant, nous évoluons en terrain plat , certes avec pas mal d'obstacles à enjamber, mais sur à peine 100 m. Je n'ai jamais été aussi crevé. Et devant nous, il y avait Flavio aussi a l'aise qu'un poisson dans l'eau, se déplaçant prestement pour chasser des images pour son compte. Heureusement que les flamands sont majestueux, cela en valait la peine.
Les lagunes aux flamands sont entourées de montagnes et l'ensemble est féérique;



Le soir, nous sortons admirer le ciel, qui est d'une pureté inégalée, aucun nuage, des étoiles splendides et la découverte de la voie lactée à l'oeil nu, sont des particularités de cette partie du monde si sèche. Le plus extraordinaire est que le lendemain, nous partons tôt pour admirer les thermes de polloqueres avec leur panache de vapeurs d'eau dans l'air glacé.



S'il fait trop froid pour que nous, pauvres martiniquais, nous puissions nous baigner,

la chaleur de l'eau fait l'affaire des flamands roses qui profitent des bienfaits du bain.

Le sol près des thermes scintille d'une myriades de dégradées de couleurs, hésitant entre le jaune, le blanc, l'ocre, le vert....


Le sol est bouillonant telle une marmite de soupe, l'eau a certains endroits est tres chaude, mais à d'autres, l'eau est à 40 degrés et permet de se baigner.
Il faisait -5°C, de la fumée sortait de ma bouche quand je parlais, et j'ai réussi à me baigner ........ la main! Me retrouver à -5°C en maillot, meme pas en rêve! Par contre bizarrement, la ballade le long des thermes ne me demandais plus d'efforts surhumain: enfin habituée au manque d'oxygène! Juste au moment où il fallait redescendre vers Iquique situé près de la l'océan pacifique! Too bad!
Le reste du 6/08 visite du parc isluga et déjeuner à Colchane, à l'hotel isluga vers 14 heures. Des panneaux donnant des indications de distances sont assez impressionnants, surtout en plein désert.
Aucun chauffage!Brrrrr! La télé à tres fort volume comme souvent au chili dans les restos, repas correct. 1 heure plus tard nous repartons pour descendre plus de 4000 m en quelques heures!!!! Effet avion garanti. Heureusement que de temps en temps, je demande à Flavio de s'arrêter pour photographier les formes rocheuses toutes plus extraordinaires les unes que les autres. La route est intégralement goudronnée sur tout le trajet emprunté, de l'hotel isluga a Iquique, mais la circulation est quasi inexistante et je m'émerveille à chaque fois que je croise 1 voiture!!!! Mais apres 2 jours de pistes et shake up dans le 4x4, conduit de main de maître par flavio, je ne suis pas mécontente de pouvoir admirer d'aussi somptueux paysages confortablement. Par moment, j'ai l'impression d'être dans l'ouest des Etats Unis.

Malgré le soir qui tombe, nous nous arrêtons quelques instants pour photographier le panneau suivant.
Et voilà ce que donne le géoglyphe du géant de tara paca en vrai sur le sol. Trop fatigués, nous n'avons pas eu le courage de grimper sur la colline pour le voir de près!

Puis nous rejoignons de nuit, la ville d'Iquique, baignée par le pacifique (oui, oui, car nous sommes arrivés dans un brouillard impressionnant) et adossée aux montagnes. La ville est le paradis pour le parapente.
Nous arrivons vers 20 heures à l'hotel terrado suite, hotel de luxe, complètement en décalage à nos tenues et nos bagages, pleins de poussière qui s'est incrustée partout, de boue plaquée sur nos jeans. Le jean de mon mari est passé du noir au jaune terreux. Nous avons dit au revoir a Flavio, émus. Et c'est ainsi que je me présente a l'accueil, ayant précédemment demandé à un valet de venir nous prendre nos valises, nos affaire mal rangées, et sortant mes papiers froissés sur le comptoir de la réception devant mon mari mort de rire. Le garcon à l'accueil a été stoïque pour ne pas éclater de rire en me voyant fouiller dans mon sac a main pour d'abord chercher mon passeport, puis ensuite le papier de la douane certifiant de notre séjour temporaire au chili. Quand il a vu l'état du papier que j'ai remis, mon mari n'a pu s'empêcher de pouffer de rire devant le regard médusé du pauvre homme qui nous accueillait! Derriere nous, des clients en costume cravate, s'amusaient aussi de la situation et moi, tranquille, j'avais réussi une entrée remarquée dans cet hôtel!
Nous prenons vite possession de notre chambre! Quel bonheur de pouvoir respirer sans aucun effort, d'avoir une chambre dont la température est au dessus de 20°C, et des lits hyper confortables. Quelle bonne nuit en perspective!
C'est tout pour cette 1ére partie. J'espère qu'elles sont restées cette fois ci. A bientôt!
message modifié le 23 juin 2013
J'ai apporté quelques photos plus grandes importées depuis Picasa.
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post 17 : le 8/8 à SPA post 19: le 9/08: Photos supplémentaires prises au chili. post 21 : les 9/08 et 10/08 direction la frontière argentine par le paso de jama, nuit à Susques, puis route vers tilcara en s'arrêtant aux salinas grandes http://voyageforum.com/..._reply;so=ASC;mh=10;
post 25 : le 11/08 de tilcara vers humahuaca et el hornocal http://voyageforum.com/...ost=5534365;#5534365
message 115 pour le début sur la Bolivie de SPA vers les geisers sol de mañana message 123 vers el hotel del desierto en passant par la laguna colorada et el arbol de piedra message 131 encore la Bolivie sud lipez, desert de siloli, desert de Dali, message 132 salar d'uyuni les grottes du diable: las cuevas del diablo près du salar d'uyuni message 136 salar d'uyuni suite et fin, route vers tupiza, en passant par Atocha message 143: tupiza suite, vers le site du sillar, une soirée douloureuse. message 151: de tupiza à uyuni, vol vers la Paz, poursuite de la visite de la plus haute capitale du monde. message 157: fin du séjour et départ de la paz message 189; pourquoi ce périple? message 191: des cartes et des liens que j'ai utilisés.
Message initial fait le 6 septembre Si quelqu'un sait comment réduire le temps très long pour importer des photos en message attaché, cela m'intéresse. Ensuite si vous savez comment faire pour importer des photos de 7.00 MB et plus, dans VF, par pitié dites moi comment faire. Enfin, si quelqu'un peut me dire comment faire pour avoir des photos au milieu du texte et non en fin de page, je suis preneuse! Merci Krikri pour ta réponse que j'ai expérimentée avec succès.
Après avoir reçu pas mal d'aide sur les forums, je vous fait part de mon expérience d'un mois partagée entre Chili, Argentine et Bolivie. Ce 1er message ne présente que le tout début du voyage, arrivée à la paz le 3/08 puis visite dans les parcs du nord chili (lauca, vicuña, surire et isluga) du 4/08 au 6/08,
Je remercie avant tout Krikri et Kashtin pour m'avoir donné envie de faire ce voyage, et tous les autres (entre autres Kalchaqui, Hergé et Chegringo), pour les conseils qu'ils m'ont donnés.
Ce 1er aout, notre voyage vers l'amérique du sud a commencé par un demi tour de l'avion après 1/4 heure de vol, car le train d'atterrissage ne rentrait pas. Finalement, nous sommes partis pour San juan (porto-Rico) à 16h au lieu de 8h30: nous avons donc raté notre correspondance pour Miami. Du coup, hébergement par american airlines au best western de l'aéroport, diner et déjeuner du lendemain payés par american airlines. Heureusement, nous avons pu avoir des connexions internet et avons pu prévenir ceux qui nous attendaient, de notre arrivée le 3 au lieu du 2 aout.
Le lendemain, nous sommes arrivés à la Paz, à 6h30 du matin. 4200m d'altitude à l'aéroport del alto; ce qui frappe d'abord c'est le froid en sortant de la salle des bagages. Puis, l'essoufflement rapide qui nous gagne, quand nous voulons monter par la suite au mirador à la sortie de l'aéroport.


Notre guide de terra andina nous attendait. Visite de la Paz, achats, rencontre du commercial de terra andina avec qui j'étais en contact depuis 6 mois, sont nos activités jusqu’à 12h30, puis notre guide nous dépose à la gare, pour que nous puissions prendre le bus qui part vers Arica au Chili, et qui est censé nous déposer, sur sa route à alto Putre, dans les hauts plateaux andins (3600m d'altitude).

Ci-dessous, se trouve le mirador kili kili d'où on a un superbe point de vue sur la ville.

La paz, ville entre populaire et modernité. sur la photo ci-dessous, on découvre le stade dans lequel les brésiliens se font battre face à l'équipe bolivienne, à chaque fois qu'ils viennent à la Paz. Forcément, courir à 4000 m d'altitude, c'est loin d'être évident.

La paz, Une ville ceinte de montagnes toutes plus impressionnantes les unes que les autres.

Notre grande chance est que nous avons un thermos rempli de maté de coca, ce qui, ajouté au comprimé de diamox que nous avions pris la veille à Miami, et à la prise de coca 9 ch, en homéopathie, nous permet de ne pas souffrir du mal des montagnes. Je confirme que le diamox donne des fourmillements au bout des doigts et aussi des vertiges, ce qui est vraiment désagréable!Evidement, le bus a 2 heures de retard au lieu d'1/2h prévue, (nous, maintenant, les retards des transports en commun, nous connaissons!): et plus le temps passe et plus je commence à stresser, car je n'ai aucun moyen de contacter Flavio, le gérant de terrace lodge, pour le prévenir de l'heure tardive de notre arrivée. Avec la nuit qui est tombée, lorsque nous passons les formalités de douanes boliviennes et chiliennes, c'est dehors dans le froid. A mon avis la température était en dessous de 0°C. Le chauffeur, à qui je demande de téléphoner à Flavio, qu'il connait, me répond qu'il n'a pas de réseau. Et il est déjà 20h, 1/2heure après l'heure à laquelle nous étions censés arriver à Alto putre. Il me signale que là bas, il n'y a rien, et que s'il nous dépose alors que flavio n'y est pas, nous allons rester dehors dans le froid avec nos bagages, perspective peu réjouissante. Du coup, apres négociations, je lui demande de ralentir à alto putre pour voir si malgré tout Flavio nous aurait attendu, et sinon de nous déposer à la ville suivante située 40 minutes après putre, là où nous pourrions trouver nourriture et chauffage et éventuellement hébergement.
Nous arrivons à alto putre à 22h, le bus s'arrête, le garçon qui fait le service nous dit de venir et nous fait descendre, et là, je vois s'avancer un homme que je devine être Flavio: j'en aurais presque pleuré de joie, il nous avait attendu! Après plus de 36 heures sans dormir, ni dans les avions plein a ras bord, ni dans le bus bruyant et remuant, plein lui aussi, et plutot inconfortable avec des wc d'une saleté repoussante, et le froid qui pénétrait de partout, nous avions sérieusement les nerfs a fleur de peau.
Flavio nous emmène a Terrace lodge nous informe du programme du tour du lendemain dont il sera le chauffeur et guide, puis nous allons nous coucher rapidement et à 23 heures nous pouvons enfin dormir! La chambre est très peu chauffée, mais pour ne pas disséminer le peu d'oxygène qu'il y a à cette altitude, il paraît qu'il vaut mieux. Nous dormirons à moins de 10°C dans la chambre, mais nous avons notre lot de couvertures! En martinique, avec la climatisation dans la chambre, la température est de 23°C! Quel changement!
Le lendemain, petit déjeuner copieux, ( café, lait chaud, toasts, yaourt maison, confitures et beurre, pâtisseries maison, maté de coca) puis départ à 8h30. Voici ce que nous avons vu: le lac chungara et àcôté, le volcans parinacota qui qui admire sa magnifiscence dans le lac.


Nous avons aussi contemplé le volcan tomarape, le volcan voisin bolivien sajama, le volcan chilien guallatire et ses fumerolles.

Nous avons été saisi d'admiration devant les splendides lagunes cotacotani,




Puis nous avons visité le village de Parinacota où nous avons déjeuné d'une soupe au quinoa. Au cours de nos pérégrinations, nous avons croisé de nombreux animaux: huemul (désolée, notre photo est supérieure à 7.00MB pour pouvoir l'importer) suri, (sorte de petite autruche, de la même famille que le nandou qu'on voit en patagonie),
différents oiseaux marins au niveau du lac (dont j'ai oublié le nom)

les viscaches,
Nous avons rencontré des lamas, dignes et fiers, tels des princes de l'altiplano.
puis nous avons approché de très près des alpagas que Flavio avait l'habitude de nourrir: je confirme qu'ils crachent lorsqu'on essaie de les caresser, je l'ai vécu en direct!).

Journee splendide, mais fatigante pour nous qui n'avons pas encore récupéré du voyage. Nous découvrons aussi la flore locale comme la llareta et le bodefal dans lequel paissent lamas et alpagas.
L'apres midi, nous déclinons la visite des cuervas (grottes ou vivaient les anciens) puis nous profitons du spectacle grandiose du paysage vers les thermes jurassi, dans lesquels le couple chilien se baigne. Il est 17h quand nous rejoignons terrace lodge. Flavio est un guide photos génial, il n'a pas son pareil sur la connaissance de la région et sur l'art de voir des animaux que nous n'aurions jamais remarqués comme le huemul, dont la robe se confond avec la couleur du sol, camouflage parfait!
Le maté de coca, le masticage des feuilles de coca et la coca 9 ch sont formidables pour lutter contre le mal des montagnes: nous sommes montés a 4600 m aujourd'hui, et les seuls symptômes que nous ayons ressentis sont un essoufflement prononcé lors de la ballade d'une 1/2 heure à pieds, près du lac, et un léger mal de tête. Doliprane, puis petite sieste pour nous 2, avant d'aller dîner au village de putre à pied, dans le restaurant cantaverdi.
Nous avons quitté putre le 5/08, à 14h, avec flavio pour un périple dans les parcs las vicuñas, surire et isluga avec nuit au refuge de la CONAF le 5/8 au soir.Nous avons vu 3 suris, de nombreux alpagas, lamas, des vigognes.
Un panneau au milieu de nulle part indique le parc que nous traversons.


Mais ce qui m'a le plus marqué, est l'immensité et la majestuosité des paysages.


J'ai été agréablement surprise par le refuge de la CONAF, qui fournit des lit déjà préparés avec des draps et des laines en quantité. Il n'y avait personne d'autre au refuge car c'était dimanche. Quelle histoire pour entrer dans des sacs de couchages et encore pire pour dormir dedans. A peine 3 heures plus tard j'étais réveillée et j'ai passé le reste de la nuit sur le divan dans le salon: matelas tres dur. Et surtout, qu'est-ce que c'est difficile de dormir a 4200 m, je n'arrêtais pas de me réveiller en sursaut, car je manquais d'oxygène.
Le matin, près du refuge, le salar en face est splendide.

A côté du refuge, une colonie de viscaches est à l'affût, et nous nous amusons à les photographier, d'autant qu'ils se laissent approcher de près. Un d'entre eux est fièrement dressé sur son rocher et se dore au soleil levant, essayant de tirer le meilleur parti de la lueur blafarde, qui brave l'aurore glaciale.
1/3 d'oxygène en moins, et tous vos déplacements vous donnent l'impression d'être entrain de terminer un sprint. Essoufflement garanti. La ballade près du lac aux flamands (photo 15) le 5/8 en fin d'après midi fut épuisante. Et pourtant, nous évoluons en terrain plat , certes avec pas mal d'obstacles à enjamber, mais sur à peine 100 m. Je n'ai jamais été aussi crevé. Et devant nous, il y avait Flavio aussi a l'aise qu'un poisson dans l'eau, se déplaçant prestement pour chasser des images pour son compte. Heureusement que les flamands sont majestueux, cela en valait la peine.
Les lagunes aux flamands sont entourées de montagnes et l'ensemble est féérique;



Le soir, nous sortons admirer le ciel, qui est d'une pureté inégalée, aucun nuage, des étoiles splendides et la découverte de la voie lactée à l'oeil nu, sont des particularités de cette partie du monde si sèche. Le plus extraordinaire est que le lendemain, nous partons tôt pour admirer les thermes de polloqueres avec leur panache de vapeurs d'eau dans l'air glacé.



S'il fait trop froid pour que nous, pauvres martiniquais, nous puissions nous baigner,

la chaleur de l'eau fait l'affaire des flamands roses qui profitent des bienfaits du bain.

Le sol près des thermes scintille d'une myriades de dégradées de couleurs, hésitant entre le jaune, le blanc, l'ocre, le vert....


Le sol est bouillonant telle une marmite de soupe, l'eau a certains endroits est tres chaude, mais à d'autres, l'eau est à 40 degrés et permet de se baigner.Il faisait -5°C, de la fumée sortait de ma bouche quand je parlais, et j'ai réussi à me baigner ........ la main! Me retrouver à -5°C en maillot, meme pas en rêve! Par contre bizarrement, la ballade le long des thermes ne me demandais plus d'efforts surhumain: enfin habituée au manque d'oxygène! Juste au moment où il fallait redescendre vers Iquique situé près de la l'océan pacifique! Too bad!
Le reste du 6/08 visite du parc isluga et déjeuner à Colchane, à l'hotel isluga vers 14 heures. Des panneaux donnant des indications de distances sont assez impressionnants, surtout en plein désert.
Aucun chauffage!Brrrrr! La télé à tres fort volume comme souvent au chili dans les restos, repas correct. 1 heure plus tard nous repartons pour descendre plus de 4000 m en quelques heures!!!! Effet avion garanti. Heureusement que de temps en temps, je demande à Flavio de s'arrêter pour photographier les formes rocheuses toutes plus extraordinaires les unes que les autres. La route est intégralement goudronnée sur tout le trajet emprunté, de l'hotel isluga a Iquique, mais la circulation est quasi inexistante et je m'émerveille à chaque fois que je croise 1 voiture!!!! Mais apres 2 jours de pistes et shake up dans le 4x4, conduit de main de maître par flavio, je ne suis pas mécontente de pouvoir admirer d'aussi somptueux paysages confortablement. Par moment, j'ai l'impression d'être dans l'ouest des Etats Unis.
Malgré le soir qui tombe, nous nous arrêtons quelques instants pour photographier le panneau suivant.
Et voilà ce que donne le géoglyphe du géant de tara paca en vrai sur le sol. Trop fatigués, nous n'avons pas eu le courage de grimper sur la colline pour le voir de près!
Puis nous rejoignons de nuit, la ville d'Iquique, baignée par le pacifique (oui, oui, car nous sommes arrivés dans un brouillard impressionnant) et adossée aux montagnes. La ville est le paradis pour le parapente.
Nous arrivons vers 20 heures à l'hotel terrado suite, hotel de luxe, complètement en décalage à nos tenues et nos bagages, pleins de poussière qui s'est incrustée partout, de boue plaquée sur nos jeans. Le jean de mon mari est passé du noir au jaune terreux. Nous avons dit au revoir a Flavio, émus. Et c'est ainsi que je me présente a l'accueil, ayant précédemment demandé à un valet de venir nous prendre nos valises, nos affaire mal rangées, et sortant mes papiers froissés sur le comptoir de la réception devant mon mari mort de rire. Le garcon à l'accueil a été stoïque pour ne pas éclater de rire en me voyant fouiller dans mon sac a main pour d'abord chercher mon passeport, puis ensuite le papier de la douane certifiant de notre séjour temporaire au chili. Quand il a vu l'état du papier que j'ai remis, mon mari n'a pu s'empêcher de pouffer de rire devant le regard médusé du pauvre homme qui nous accueillait! Derriere nous, des clients en costume cravate, s'amusaient aussi de la situation et moi, tranquille, j'avais réussi une entrée remarquée dans cet hôtel!
Nous prenons vite possession de notre chambre! Quel bonheur de pouvoir respirer sans aucun effort, d'avoir une chambre dont la température est au dessus de 20°C, et des lits hyper confortables. Quelle bonne nuit en perspective!
C'est tout pour cette 1ére partie. J'espère qu'elles sont restées cette fois ci. A bientôt!
une nouvelle intéressante
shimano va sortir un moyeu à 11 vitesses , 409 %, 300 E
http://hubstripping.wordpress.com/
http://www.radfahren.de/news/detailansicht-news/artikel/die-sensation-shimano-bringt-11-gang-nabe.html
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Bonjour a tous,
Revenu depuis 4 mois d'un magnifique voyage au Vietnam, j'ai eu l'envie d'essayer de vous faire partager cette expérience magnifique en la couchant par écrit sur un carnet de voyage.
Cela va me permettre de revivre ce voyage et de faire partager ma (petite) experience sur le Vietnam.
Alors, bien sûr, je ne suis pas un expert de la destination. Bien sur, je ne peux parler que de ma propre expérience et je ne m’érige pas un spécialiste du pays, mais si je peux aider ne serait-ce qu'un tout petit peu à vous donner envie d'y aller, je serais très heureux.😄
Pour commencer, je vais parler un peu de nous et surtout du parcours.
Nous sommes une famille de 4, les parents et les 2 enfants de 18 et 15 ans, nous habitons en Israël depuis 11 ans maintenant.
Pour construire notre parcours, nous nous sommes basés sur le Guide Vert, les différentes suggestions que j'ai trouvé sur ce Forum et sur une agence locale.
Petit aparté sur le besoin d'une agence locale et ceci n'engage encore une fois que moi. Je suis convaincu qu'on peut faire un très beau voyage au Vietnam sans passer par une agence locale. MAIS, quand on a envie d'optimiser son temps, de voyager dans des conditions confortables et qu'on a les moyens de s'offrir ce service, je trouve que c'est une option très intéressante.
Notre parcours : J0-J1 : Voyage TLV-HANOI (via Hong-Kong) J2 : Visite complète d’Hanoi – train de nuit pour Sapa J3 : Bac Ha – nuit chez l’habitant J4 : Trek autour de Bac Ha – nuit chez l’habitant J5 : Marche de Can Cau – transfert vers Sapa – Trek vers Sa Seng et nuit chez l’habitant J6 : Treks autour de Sa Seng – Nuit a Sapa J7 : Trek dans la vallée de Sapa – Retour en minibus sur Hanoï – nuit à Hanoï J8 : Départ pour l’ile de Cat Ba – Embarquement sur une Jonque privée et départ vers la Baie de Lan Ha – nuit sur la Jonque J9 : Croisière dans la baie de Lan Ha – nuit sur la Jonque J10 : Retour sur l’ile de Cat Ba – Transfert vers la Baie d’Halong Terrestre – Nuit à Tam Coc J11 : Visite de la Baie d’Halong Terrestre - Nuit à Tam Coc J12 : Visite de Hoa Lu – Retour sur Hanoï - Nuit à Hanoï J13 : Vol pour Hué – Visite des tombeaux des anciens empereurs - Nuit à Hué J14 : Visite de la citadelle de Hué – Route vers Hoi An par le Col des Nuages et la Montagne de Marbre - Nuit à Hoi An J15 : Balade en Vélo autour de Hoi An et visite de la ville - Nuit à Hoi An J16 : Visite de MySon – Transfert vers Danang et vol pour Saigon – Nuit à Saigon J17 : Visite de Saigon J18 : Départ pour le Delta du Mékong et balade en barque – Nuit à Ben Tre J19 : Balade en Vélo sur l’ile de Quo Thien – Route vers Can Tho J20 : Marché flottant de Cai Rang – Route vers Chau Doc et visite de la Réserve Naturelle de Tra Su – Nuit à Chau Doc J21 : Route vers Saigon - Nuit à Saïgon J22 : Vol retour Saïgon-TLV (via Hong Kong)
Alors, en image cela donne ça :

Voila, j’espère que le sujet va vous intéresser, je poste la suite dès que possible.
Revenu depuis 4 mois d'un magnifique voyage au Vietnam, j'ai eu l'envie d'essayer de vous faire partager cette expérience magnifique en la couchant par écrit sur un carnet de voyage.
Cela va me permettre de revivre ce voyage et de faire partager ma (petite) experience sur le Vietnam.
Alors, bien sûr, je ne suis pas un expert de la destination. Bien sur, je ne peux parler que de ma propre expérience et je ne m’érige pas un spécialiste du pays, mais si je peux aider ne serait-ce qu'un tout petit peu à vous donner envie d'y aller, je serais très heureux.😄
Pour commencer, je vais parler un peu de nous et surtout du parcours.
Nous sommes une famille de 4, les parents et les 2 enfants de 18 et 15 ans, nous habitons en Israël depuis 11 ans maintenant.
Pour construire notre parcours, nous nous sommes basés sur le Guide Vert, les différentes suggestions que j'ai trouvé sur ce Forum et sur une agence locale.
Petit aparté sur le besoin d'une agence locale et ceci n'engage encore une fois que moi. Je suis convaincu qu'on peut faire un très beau voyage au Vietnam sans passer par une agence locale. MAIS, quand on a envie d'optimiser son temps, de voyager dans des conditions confortables et qu'on a les moyens de s'offrir ce service, je trouve que c'est une option très intéressante.
Notre parcours : J0-J1 : Voyage TLV-HANOI (via Hong-Kong) J2 : Visite complète d’Hanoi – train de nuit pour Sapa J3 : Bac Ha – nuit chez l’habitant J4 : Trek autour de Bac Ha – nuit chez l’habitant J5 : Marche de Can Cau – transfert vers Sapa – Trek vers Sa Seng et nuit chez l’habitant J6 : Treks autour de Sa Seng – Nuit a Sapa J7 : Trek dans la vallée de Sapa – Retour en minibus sur Hanoï – nuit à Hanoï J8 : Départ pour l’ile de Cat Ba – Embarquement sur une Jonque privée et départ vers la Baie de Lan Ha – nuit sur la Jonque J9 : Croisière dans la baie de Lan Ha – nuit sur la Jonque J10 : Retour sur l’ile de Cat Ba – Transfert vers la Baie d’Halong Terrestre – Nuit à Tam Coc J11 : Visite de la Baie d’Halong Terrestre - Nuit à Tam Coc J12 : Visite de Hoa Lu – Retour sur Hanoï - Nuit à Hanoï J13 : Vol pour Hué – Visite des tombeaux des anciens empereurs - Nuit à Hué J14 : Visite de la citadelle de Hué – Route vers Hoi An par le Col des Nuages et la Montagne de Marbre - Nuit à Hoi An J15 : Balade en Vélo autour de Hoi An et visite de la ville - Nuit à Hoi An J16 : Visite de MySon – Transfert vers Danang et vol pour Saigon – Nuit à Saigon J17 : Visite de Saigon J18 : Départ pour le Delta du Mékong et balade en barque – Nuit à Ben Tre J19 : Balade en Vélo sur l’ile de Quo Thien – Route vers Can Tho J20 : Marché flottant de Cai Rang – Route vers Chau Doc et visite de la Réserve Naturelle de Tra Su – Nuit à Chau Doc J21 : Route vers Saigon - Nuit à Saïgon J22 : Vol retour Saïgon-TLV (via Hong Kong)
Alors, en image cela donne ça :

Voila, j’espère que le sujet va vous intéresser, je poste la suite dès que possible.
Bonjour,
Marc, 62 ans. Je vais être à la retraite l'année prochaine.
Du temps, j'en aurai pour pouvoir faire ce que j'aurai envie de faire (randonnées pédestres, cyclotourisme).
Mon plus gros souci sera financier ! Je voudrai pouvoir échanger sur les possibilités de réduire au maximum les dépenses !
Je suis ouvert à tout échange sur le sujet et sympathiser avec toute personne.
Cordialement, Marc Roujansky
Marc, 62 ans. Je vais être à la retraite l'année prochaine.
Du temps, j'en aurai pour pouvoir faire ce que j'aurai envie de faire (randonnées pédestres, cyclotourisme).
Mon plus gros souci sera financier ! Je voudrai pouvoir échanger sur les possibilités de réduire au maximum les dépenses !
Je suis ouvert à tout échange sur le sujet et sympathiser avec toute personne.
Cordialement, Marc Roujansky
Bonjour,
Quelques lignes pour nous présenter, nous qui allons débuter une nouvelle "aventure" sportive sur nos futurs vélos.
J'ai 53 ans et ma femme 55 ans. Nous habitons dans les Alpes du Nord. Pratiquant plusieurs sports (vtt, montagne, ski de rando), je me tourne désormais vers le cyclo et ma femme me suit dans mon projet 😉
Notre objectif premier : parcourir les routes de France et d'Europe pendant nos vacances (en attendant la retraite). Nous avons projeté 5 jours entre Narbone et Perpignan fin avril puis 9 ou 10 jours pour faire Biarritz-Les Sables d'Olonnes en juin.
Au départ, je voulais 2 vélos Intec mais le site bike24 ne livre pas les vélos montés en France (juste les cadres) et avec l'autre site (www.meilenweit.net/), ça semblait encore plus compliqué avec des options. Dommage. Donc après de multiples recherches, de nombreux avis et conseils, de réflexions personnelles, de doutes, de contraintes budgétaires, de lectures de blogs-forums-articles, de prise de tête, de nuits blanches à réfléchir 😏, de remarques de ma femme, j'ai arrêté mon choix sur 2 vélos à cadre acier en 28'' :Pour moi : www.poison-bikes.de/...-Deore.html?&d=1. J'ai opté pour quelques options et demandé le changement des plateaux avant (passage du 48/36/26 au 42/32/24) - Prix avec options : 1007€ (monté en Deore, v-brake, porte bagages av-ar, pneus Schwalbe Marathon)Pour ma femme : www.poison-bikes.de/...e-Lady.html?&d=1. Ici aussi quelques options - Prix avec options : 1049€ (monté en Nuvinci380, v-brake, porte bagages ar, pneus Schwalbe Marathon)J'ai pu bénéficier de -10% sur le site (promo jusqu'au 09/02). A cela on a rajouté 140€ pour la livraison. Total de l'opération 2196€ pour nos 2 vélos. Livraison sous 4 semaines. Le choix du Nuvinci380 a été dicté par le fait que je veux monter une assistance électrique au pédalier sur le vélo de ma femme. D'après Guillaume de Déclic-Eco c'est le choix le plus adapté pour cela. De plus, je ne voulais pas d'un système fermé (Bosch et compères) et avoir la possibilité de faire évoluer, changer ou supprimer quelque chose sans de grosses contraintes techniques et pouvoir garder le vélo seul. Les capacités sportives de ma femme sont plus limitées que les miennes et elle a déjà pu apprécier le vtt électrique ! Elle sait qu'elle ne pourra pas faire des centaines de kilomètres sans une aide, même si elle pense pouvoir s'en passer de temps à autre.
Prochaine étape : achat des sacoches (Ortlieb) et divers accessoires.
A ce stade, j'ai quelques questions, alors si vous avez un avis, ce sera avec plaisir.
- Quels modèles Ortlieb pour ce que nous projetons comme voyage (principalement nuits chez l'habitant en utilisant warmshowers, gîte, chambre d'hôtes, hôtel) ?
- comment gérez-vous le train en France avec vélos et sacoches, hormis le fait de réserver à l'avance quand cela est nécessaire ? Est-ce si compliqué, comme je l'entends parfois ?
- Je possède un GPS Garmin GPSMap62s que j'utilise en montagne et un smartphone. Quelles solutions utilisez-vous dans vos périples pour vous guider (en France et en Europe) ? Quelles sont les applications que vous utilisez pour créer vos traces (récupération de tracés, import vers outil adapté et gps ensuite ?
- Que choisir comme solution technique pour recharger ses périphériques sur son vélo (nous avons tous les deux une dynamo sur nos vélos (Shimano Alfine DHS501 pour ma femme et Shutter Precision PV-8 pour moi)
- Quel type de béquilles choisir (centrale, avant (si sacoches) et/ou arrière) et quelle marque ?
- sans tomber dans la parano du tout sécuritaire, quel est le minimum vital pour sécuriser son vélo et son équipement (le temps d'aller au comptoir boire un café ou un petit blanc ;-) ? Est-ce que ce système a un intérêt :http://www.cyclo-randonnee.fr/antivol-180/attache-rapide-antivol-zefal-lock-n-roll-899.html ?
Voilà pour mon début d'expérience. Merci d'avance Michel
Quelques lignes pour nous présenter, nous qui allons débuter une nouvelle "aventure" sportive sur nos futurs vélos.
J'ai 53 ans et ma femme 55 ans. Nous habitons dans les Alpes du Nord. Pratiquant plusieurs sports (vtt, montagne, ski de rando), je me tourne désormais vers le cyclo et ma femme me suit dans mon projet 😉
Notre objectif premier : parcourir les routes de France et d'Europe pendant nos vacances (en attendant la retraite). Nous avons projeté 5 jours entre Narbone et Perpignan fin avril puis 9 ou 10 jours pour faire Biarritz-Les Sables d'Olonnes en juin.
Au départ, je voulais 2 vélos Intec mais le site bike24 ne livre pas les vélos montés en France (juste les cadres) et avec l'autre site (www.meilenweit.net/), ça semblait encore plus compliqué avec des options. Dommage. Donc après de multiples recherches, de nombreux avis et conseils, de réflexions personnelles, de doutes, de contraintes budgétaires, de lectures de blogs-forums-articles, de prise de tête, de nuits blanches à réfléchir 😏, de remarques de ma femme, j'ai arrêté mon choix sur 2 vélos à cadre acier en 28'' :Pour moi : www.poison-bikes.de/...-Deore.html?&d=1. J'ai opté pour quelques options et demandé le changement des plateaux avant (passage du 48/36/26 au 42/32/24) - Prix avec options : 1007€ (monté en Deore, v-brake, porte bagages av-ar, pneus Schwalbe Marathon)Pour ma femme : www.poison-bikes.de/...e-Lady.html?&d=1. Ici aussi quelques options - Prix avec options : 1049€ (monté en Nuvinci380, v-brake, porte bagages ar, pneus Schwalbe Marathon)J'ai pu bénéficier de -10% sur le site (promo jusqu'au 09/02). A cela on a rajouté 140€ pour la livraison. Total de l'opération 2196€ pour nos 2 vélos. Livraison sous 4 semaines. Le choix du Nuvinci380 a été dicté par le fait que je veux monter une assistance électrique au pédalier sur le vélo de ma femme. D'après Guillaume de Déclic-Eco c'est le choix le plus adapté pour cela. De plus, je ne voulais pas d'un système fermé (Bosch et compères) et avoir la possibilité de faire évoluer, changer ou supprimer quelque chose sans de grosses contraintes techniques et pouvoir garder le vélo seul. Les capacités sportives de ma femme sont plus limitées que les miennes et elle a déjà pu apprécier le vtt électrique ! Elle sait qu'elle ne pourra pas faire des centaines de kilomètres sans une aide, même si elle pense pouvoir s'en passer de temps à autre.
Prochaine étape : achat des sacoches (Ortlieb) et divers accessoires.
A ce stade, j'ai quelques questions, alors si vous avez un avis, ce sera avec plaisir.
- Quels modèles Ortlieb pour ce que nous projetons comme voyage (principalement nuits chez l'habitant en utilisant warmshowers, gîte, chambre d'hôtes, hôtel) ?
- comment gérez-vous le train en France avec vélos et sacoches, hormis le fait de réserver à l'avance quand cela est nécessaire ? Est-ce si compliqué, comme je l'entends parfois ?
- Je possède un GPS Garmin GPSMap62s que j'utilise en montagne et un smartphone. Quelles solutions utilisez-vous dans vos périples pour vous guider (en France et en Europe) ? Quelles sont les applications que vous utilisez pour créer vos traces (récupération de tracés, import vers outil adapté et gps ensuite ?
- Que choisir comme solution technique pour recharger ses périphériques sur son vélo (nous avons tous les deux une dynamo sur nos vélos (Shimano Alfine DHS501 pour ma femme et Shutter Precision PV-8 pour moi)
- Quel type de béquilles choisir (centrale, avant (si sacoches) et/ou arrière) et quelle marque ?
- sans tomber dans la parano du tout sécuritaire, quel est le minimum vital pour sécuriser son vélo et son équipement (le temps d'aller au comptoir boire un café ou un petit blanc ;-) ? Est-ce que ce système a un intérêt :http://www.cyclo-randonnee.fr/antivol-180/attache-rapide-antivol-zefal-lock-n-roll-899.html ?
Voilà pour mon début d'expérience. Merci d'avance Michel
Why bike (MTB) along the canal between the Two Seas: the lateral canal of the Garonne from Bordeaux to Toulouse, and the Midi Canal from Toulouse to the Mediterranean?
This canal was created to connect the Mediterranean to the Atlantic without going around Spain, and along its entire length, there’s an old towpath (used to pull barges). Since this path is closed to traffic (except for service vehicles from Voies Navigables de France), no cars drive on it—it’s dangerous, noisy, and polluting. The Canal between the Two Seas was built for transporting goods, so it passes through many towns you can explore without dealing with traffic. You can stock up on supplies or spend the night. You’ll discover the varied landscapes of the countryside, always in the serenity brought by the calm and slow flow of the canal’s water. Most of the time, you’ll be in the shade of trees planted to stabilize the banks with their roots. All you have to do is follow this blue—or rather green—ribbon without needing to consult a map. But the biggest advantage is that it’s flat! Of course, on the Canal du Midi, water flows from the watershed divide at Naurouze eastward to the Mediterranean and westward to Toulouse. On the lateral canal of the Garonne, water flows toward Bordeaux. But this slope is almost imperceptible, which is a huge plus when you want to travel by bike for several days with luggage.
When I say "bike," I really mean MTB because, while the towpath has been replaced in some places by a paved bike path, it mostly resembles a dirt trail—sometimes smooth, sometimes rocky, and often cluttered with roots from the magnificent trees lining it. Since the canal was classified as a UNESCO World Heritage site, improvements have been underway, but it won’t be tomorrow that you’ll be able to ride from Bordeaux to Sète on a road bike. And I’m afraid the first sections of the path will be worn out before the rest is finished. You might even run into construction work for this bike path. That’s what happened to me during the spring of 2007.
Sunday, 03/11 – Valence d'Agen 08:15 to Toulouse (Rangueil) 16:30 97 km in 8h15 (6h on the bike) I started on the recently paved path along the lateral canal of the Garonne. The first locks appeared, and as I approached Moissac, the path turned into a billiard table until Castelsarrasin. After the Cousteau port, I was back on the classic dirt towpath with its rocks, roots, and nutria holes. But not for long—soon, I hit ruts left by backhoes and bulldozers, which, fortunately, were resting for the Sunday. A pile of rubble taller than me blocked the entire width of the path. I didn’t want to turn back to find the previous bridge and ride on the other bank, which was just as impassable (dense grass). It wasn’t easy to carry a bike with full panniers, so I lifted it over several mounds. I kept going, sometimes on foot, unsure how far the construction extended. Another bulldozer—luckily, the ground was dry. The work went all the way to Montech, making the path impassable. I recommend taking the N113, which runs parallel (that’s what I did on the way back). In Montech, the famous water slope was at rest, waiting for tourists. For many kilometers, I was back on the traditional towpath. The closer I got to Toulouse, the better the surface became, and the more cyclists and pedestrians I saw—until the city center, where there was nonstop bike traffic, especially students heading to Rangueil.
Monday, 03/12 – Rangueil 09:10 to Revel 16:30 86 km in 7h20 (5h30 on the bike) As soon as you reach Toulouse, you make a 90° turn to follow the connection between the lateral canal and the Canal du Midi. Heading east, you pass the barge selling the famous Toulouse violet souvenirs. A real bike path has been built for 50 km to Port Lauragais. It’s a true joy for Toulousains and travelers. Restrooms have been installed or shared with highway rest areas, allowing you to refill water (of course, bikes are banned from ASF rest areas, but cleverly placed racks let you secure your bike and walk in). At Port Lauragais, it’s another rest area shared by highway users, cyclists, and boaters. You’ll find a cafeteria, restaurant, hotel, and a shop selling regional souvenirs. But the real pleasure is reaching the watershed divide at Naurouze, where water flows toward the Mediterranean on one side and the Atlantic on the other. There, I decided to leave the Canal du Midi, which continues toward Castelnaudary with a much rougher towpath, to follow the *Rigole* that feeds the canal with water from the Saint-Ferréol basin. For me, it was like returning to the source—a bit like a pilgrimage in honor of the brilliant Pierre-Paul Riquet, the designer of this magnificent work. I followed the service trail along the *Rigole*. It’s actually a variant of the GR 653, leading to Revel alongside this artificial waterway. It’s fed by water from the Montagne Noire, and I was worried about a steep climb. But that wasn’t the case—the *Rigole* winds for 40 km, flowing gently under the trees. It was better than a dream: a smooth dirt path with the crunch of pine needles under the wheels, where I only crossed paths with a few fishermen... And to soothe sore buns, the last kilometers were on packed earth—a paradise (ATVs, stay away!). More walkers and cyclists appeared there.
Tuesday, 03/13 After a restful night in Revel, I started the morning with a walk around Lake Saint-Ferréol. A very pleasant 10 km hike, but I don’t recommend it for mountain bikers unless you’re used to mountain terrain and have strong calves. Otherwise, you can take the road—there are at least two hotels near the lake. In the afternoon, I began the return trip to Tarn-et-Garonne via the same path, with the same pleasure.
Total: 378 km of suffering and bliss, for which I must thank the departmental and regional councils for their funding, Voies Navigables de France for maintenance, and the volunteers who mark the hiking trails. And don’t you think you’re exaggerating a bit with your 378 km of bliss and the paradise of the *Rigole*?
Okay, fine—it wasn’t always idyllic. Sometimes the path was downright *pierrique*... but I had great weather, and the landscapes were so beautiful (water, sun, vegetation). In the rain or mud, it would’ve been less fun. What does *pierrique* even mean?
*Pierrique* is worse than rocky. I know a Pierrick, and he’s tough. And why *Facteur4*?
It’s France’s goal to reduce greenhouse gas emissions by a factor of 4 by 2050. I’m doing my part by biking to work 3 out of 4 times. And your cassoulet?
Guilty as charged. I ate the best cassoulet of my life at the Hôtel du Midi in Revel. But it was very productive in methane. My stomach hurt so much I couldn’t sleep and ended up writing my postcards between 3 and 4 AM. So many great memories!
This canal was created to connect the Mediterranean to the Atlantic without going around Spain, and along its entire length, there’s an old towpath (used to pull barges). Since this path is closed to traffic (except for service vehicles from Voies Navigables de France), no cars drive on it—it’s dangerous, noisy, and polluting. The Canal between the Two Seas was built for transporting goods, so it passes through many towns you can explore without dealing with traffic. You can stock up on supplies or spend the night. You’ll discover the varied landscapes of the countryside, always in the serenity brought by the calm and slow flow of the canal’s water. Most of the time, you’ll be in the shade of trees planted to stabilize the banks with their roots. All you have to do is follow this blue—or rather green—ribbon without needing to consult a map. But the biggest advantage is that it’s flat! Of course, on the Canal du Midi, water flows from the watershed divide at Naurouze eastward to the Mediterranean and westward to Toulouse. On the lateral canal of the Garonne, water flows toward Bordeaux. But this slope is almost imperceptible, which is a huge plus when you want to travel by bike for several days with luggage.
When I say "bike," I really mean MTB because, while the towpath has been replaced in some places by a paved bike path, it mostly resembles a dirt trail—sometimes smooth, sometimes rocky, and often cluttered with roots from the magnificent trees lining it. Since the canal was classified as a UNESCO World Heritage site, improvements have been underway, but it won’t be tomorrow that you’ll be able to ride from Bordeaux to Sète on a road bike. And I’m afraid the first sections of the path will be worn out before the rest is finished. You might even run into construction work for this bike path. That’s what happened to me during the spring of 2007.
Sunday, 03/11 – Valence d'Agen 08:15 to Toulouse (Rangueil) 16:30 97 km in 8h15 (6h on the bike) I started on the recently paved path along the lateral canal of the Garonne. The first locks appeared, and as I approached Moissac, the path turned into a billiard table until Castelsarrasin. After the Cousteau port, I was back on the classic dirt towpath with its rocks, roots, and nutria holes. But not for long—soon, I hit ruts left by backhoes and bulldozers, which, fortunately, were resting for the Sunday. A pile of rubble taller than me blocked the entire width of the path. I didn’t want to turn back to find the previous bridge and ride on the other bank, which was just as impassable (dense grass). It wasn’t easy to carry a bike with full panniers, so I lifted it over several mounds. I kept going, sometimes on foot, unsure how far the construction extended. Another bulldozer—luckily, the ground was dry. The work went all the way to Montech, making the path impassable. I recommend taking the N113, which runs parallel (that’s what I did on the way back). In Montech, the famous water slope was at rest, waiting for tourists. For many kilometers, I was back on the traditional towpath. The closer I got to Toulouse, the better the surface became, and the more cyclists and pedestrians I saw—until the city center, where there was nonstop bike traffic, especially students heading to Rangueil.
Monday, 03/12 – Rangueil 09:10 to Revel 16:30 86 km in 7h20 (5h30 on the bike) As soon as you reach Toulouse, you make a 90° turn to follow the connection between the lateral canal and the Canal du Midi. Heading east, you pass the barge selling the famous Toulouse violet souvenirs. A real bike path has been built for 50 km to Port Lauragais. It’s a true joy for Toulousains and travelers. Restrooms have been installed or shared with highway rest areas, allowing you to refill water (of course, bikes are banned from ASF rest areas, but cleverly placed racks let you secure your bike and walk in). At Port Lauragais, it’s another rest area shared by highway users, cyclists, and boaters. You’ll find a cafeteria, restaurant, hotel, and a shop selling regional souvenirs. But the real pleasure is reaching the watershed divide at Naurouze, where water flows toward the Mediterranean on one side and the Atlantic on the other. There, I decided to leave the Canal du Midi, which continues toward Castelnaudary with a much rougher towpath, to follow the *Rigole* that feeds the canal with water from the Saint-Ferréol basin. For me, it was like returning to the source—a bit like a pilgrimage in honor of the brilliant Pierre-Paul Riquet, the designer of this magnificent work. I followed the service trail along the *Rigole*. It’s actually a variant of the GR 653, leading to Revel alongside this artificial waterway. It’s fed by water from the Montagne Noire, and I was worried about a steep climb. But that wasn’t the case—the *Rigole* winds for 40 km, flowing gently under the trees. It was better than a dream: a smooth dirt path with the crunch of pine needles under the wheels, where I only crossed paths with a few fishermen... And to soothe sore buns, the last kilometers were on packed earth—a paradise (ATVs, stay away!). More walkers and cyclists appeared there.
Tuesday, 03/13 After a restful night in Revel, I started the morning with a walk around Lake Saint-Ferréol. A very pleasant 10 km hike, but I don’t recommend it for mountain bikers unless you’re used to mountain terrain and have strong calves. Otherwise, you can take the road—there are at least two hotels near the lake. In the afternoon, I began the return trip to Tarn-et-Garonne via the same path, with the same pleasure.
Total: 378 km of suffering and bliss, for which I must thank the departmental and regional councils for their funding, Voies Navigables de France for maintenance, and the volunteers who mark the hiking trails. And don’t you think you’re exaggerating a bit with your 378 km of bliss and the paradise of the *Rigole*?
Okay, fine—it wasn’t always idyllic. Sometimes the path was downright *pierrique*... but I had great weather, and the landscapes were so beautiful (water, sun, vegetation). In the rain or mud, it would’ve been less fun. What does *pierrique* even mean?
*Pierrique* is worse than rocky. I know a Pierrick, and he’s tough. And why *Facteur4*?
It’s France’s goal to reduce greenhouse gas emissions by a factor of 4 by 2050. I’m doing my part by biking to work 3 out of 4 times. And your cassoulet?
Guilty as charged. I ate the best cassoulet of my life at the Hôtel du Midi in Revel. But it was very productive in methane. My stomach hurt so much I couldn’t sleep and ended up writing my postcards between 3 and 4 AM. So many great memories!
J'ai trouvé ceci ce matin sur le site du "Figaro" (n'étant pas abonné, je n'ai pu lire tout l'article) : j'en suis resté assez stupéfait, et je me demande bien ce qu'en pensent les lecteurs de ce forum !
www.lefigaro.fr/...port-aerien-20190407 Par souci d’écologie, de plus en plus de voyageurs cèdent à la «honte de prendre l’avion» et privilégient le train, même pour de longs trajets.
Gino, Italien installé depuis sept ans à Stockholm, et Saana, son amie finlandaise, auraient toutes les raisons de choisir un des nombreux vols low-costs pour rejoindre leur famille respective. Une habitude très ancrée chez de nombreux Suédois. Ils prennent cinq fois plus l’avion que la moyenne mondiale, souvent pour des vacances au soleil afin d’oublier leur hiver si long. Mais pas en 2019: «Nous avons décidé cette année de ne pas prendre l’avion, explique Gino. Nous sommes inquiets pour le climat et nous avons voulu faire quelque chose de concret. Alors pour les vacances de Pâques à Turin, ce sera 37 heures de train, rien que pour l’aller.»
www.lefigaro.fr/...port-aerien-20190407 Par souci d’écologie, de plus en plus de voyageurs cèdent à la «honte de prendre l’avion» et privilégient le train, même pour de longs trajets.
Gino, Italien installé depuis sept ans à Stockholm, et Saana, son amie finlandaise, auraient toutes les raisons de choisir un des nombreux vols low-costs pour rejoindre leur famille respective. Une habitude très ancrée chez de nombreux Suédois. Ils prennent cinq fois plus l’avion que la moyenne mondiale, souvent pour des vacances au soleil afin d’oublier leur hiver si long. Mais pas en 2019: «Nous avons décidé cette année de ne pas prendre l’avion, explique Gino. Nous sommes inquiets pour le climat et nous avons voulu faire quelque chose de concret. Alors pour les vacances de Pâques à Turin, ce sera 37 heures de train, rien que pour l’aller.»
From Beijing to Khiva: China, Kyrgyzstan, Tajikistan, Uzbekistan
Chronicle of anecdotes, highlights, and other adventures that marked this eight-week journey in 2018.

The Chinese Far West More than 30 years after my first trip to eastern China, I finally fulfilled an old dream: traveling solo from Beijing to the far west, discovering Xinjiang, the Uyghur people and the oppression they endure, the oases of Turpan and Kashgar, the Taklamakan Desert, the end of the Great Wall... The route was covered by train.
MENU PART 1: CHINA
1- Beijing (Jiankou) : the authentic Great Wall, without tourists 2- Cycling in Beijing, the best way to get around 3- Beijing : departure for the far west 4- Jiayuguan : getting by without English 5- Jiayuguan : scams and heritage 6- Dunhuang : abundance in the middle of the desert 7- Turpan : the Uyghurs under heavy surveillance 8- Kashgar : love at first sight for the old city 9- Kashgar : China’s recipe for controlling the populace 10- Tashkurgan : what on earth was I thinking going there! Kyrgyz border: a surreal epic Photo album from the 80s, contributions from other travelers (page 2)
1- JIANKOU Finding the authentic Great Wall, without tourists or a guide Friday, August 24, 2018 Thirty years later, I didn’t feel like revisiting the Great Wall at Badaling or any other overcrowded site. I chose to explore it at Jiankou, in its wildest, most authentic, and unrestored section, starting from a lost village deep in a valley—though it wasn’t *that* lost, since it had everything for communication.

No need to pay for a taxi to get there—by timing it right, you can take the bus for just a few yuan. You have to get off at Xizhazi, the bus terminus. Be careful, there are only two buses a day in each direction. At the Xizhazi bus stop, I met a young couple who’d arrived with zero information about what to expect. We hiked the three of us toward the restored section of Mutianyu.
Still, be cautious With GPS and a topographic map (OpenTopoMap), you can set off without a problem or guide. The trail up to Jiankou is easy and well-marked. The trails down are too. But be careful—once you’re on the Wall, it’s real mountain hiking, with easy but dangerous climbing sections (over sheer drops). Not for amateurs or those afraid of heights! But what a reward. The Wall all to yourself, where it’s at its most daring. Truly mesmerizing.
More photos...
2- BEIJING The best way to get around the capital Sunday, August 26 The best way to explore the city is still by bike. Most are in a bike-share system, but you need to use an app—WeChat, the app that does everything, like monitoring your every move. No way I was installing that.

I found one at a rental shop near the hostel. The key is to quickly learn local traffic customs to minimize risks. Bike lanes are wide along the avenues.
But you still have to: - Watch out for anything parked on the bike paths—the most annoying are people napping or talking on the phone in their cars - Keep an eye on everything coming the wrong way—the list is long - The worst is right turns on red, which in Chinese traffic rules seem to have priority Once you get the hang of it, it’s fine. The city is huge but flat, so you can just wing it.
3- BEIJING By train to the far west Sunday, August 26 Beijing West Station is the size and operates like an airport. With your e-ticket from the agency, you first have to pick up your ticket at the special "English" counter, after passing through security. With your ticket in hand, you have to exit and enter through the boarding waiting area—not the platform—after a second security check.
Then you find the right hall and wait for the sign to finally access the platform. In the end, it works pretty well given the incredible number of passengers to manage. Everywhere in Beijing, I saw that the Chinese have mastered crowd flow management.
Nice surprise: second-class carriages are clean, air-conditioned, and bright. Perfect, since I was in for 20 hours. One uniformed attendant per carriage, mobile meal service—luxury! Small downside: no luggage space. Hauling your suitcase up to the top bunk is quite a workout. I was in the middle, so it wasn’t too bad. The landscape, though, whether rural or urban, is pretty bleak. That should change once we leave the eastern plains.
Of course, I got my first police visit, with a thorough passport check and bag search. I was warned—going to the Chinese far west exposes you to this kind of hassle. But they were polite and respectful.
The Chinese Far West
4- JIAYUGUAN Getting by without English Monday, August 27 At the gates of two deserts (Gobi and Taklamakan) and at the foot of the Tibetan highlands, the Great Wall ends at Jiayuguan. Here, I found the deeper China I’d somewhat rediscovered during my bike ride, even if now everyone gets around on electric bikes and I’m no longer stared at like an alien.

Prices are nothing like Beijing: you can find a full meal for 2 €, and my bike cost 7 € for two days. Plus, few people speak English—neither the owner of the HI hostel where I stayed, nor the ticket sellers at the sites, let alone the servers at the small eateries where I ate. Everything is written in Chinese. So I had to use the little Chinese I know to communicate about essentials. It makes the locals laugh to see a European trying to speak their language, but it earns respect. With Google Translate’s help, I managed.
Rant: With their avenues blocked for construction for kilometers without warning, and new roads not yet on maps, I must’ve taken 15 km of detours. More photos...
5- JIAYUGUAN Scams and heritage Tuesday, August 28 The Great Wall doesn’t exactly end at the fort I visited yesterday but 10 km further, at the entrance to a river gorge at the foot of the mountains. All that’s left is a badly damaged tower (more like a mound of earth) and a section of clay wall, similar to the one I biked yesterday.

This morning, I hopped on my bike, determined to venture into the desert to see this highly symbolic site. First, you access it via a wide, brand-new road with not a soul in sight. Just before the site, I came across a grand welcome gate, very period-style, but it’s actually the inevitable toll booth.
Behind the gate, the road continues straight to the site, which you can see in the distance—at least 2 km away—the remains of the tower and wall. I had to leave my bike here. Fine. I went to the ticket counter and asked the price: 120 yuan! I couldn’t believe it—over 15 € for a simple mound of earth.
I showed my displeasure to the attendant, who couldn’t care less, and immediately turned back. 120 yuan—that’s the price for a new road, a fancy gate planted 2 km before the site just to force you to take a shuttle, and employees with nothing to do all day... Now I understand why I didn’t meet anyone!
Heritage China is a bit pricey Generally, sites are expensive for the country’s standard of living, but travelers are supposed to have money, so why hold back? I even gave up on the Forbidden City—reservations required days in advance (or on the black market at an impossible price). I prefer to keep the memory of my first visit, when entry must’ve cost a few dozen cents, and there were only a handful of visitors.
This morning, I took a taxi to see remarkable tombs of common people from the 3rd to 6th centuries. They’re small vaulted caves made of painted bricks, depicting scenes of daily life. Very pretty and moving. But even here, though the price was more reasonable, I was left wanting—only one of the 16 tombs is open to visitors, and it’s apparently not the most beautiful.
The authentic China—at least what’s left of it... Wandering the impersonal avenues of the city, you stumble upon a market. There, you still find traditional China—small shops with questionable hygiene, Go players, musicians, and even a dental prosthetist. The last refuge for those untouched by modernity. More photos...
6- DUNHUANG Abundance in the middle of the desert Wednesday, August 29 Well, I thought the landscape would be less bleak as I headed west. Nope. The only distraction in this expanse of dark, clayey sand is the forests of pylons and wind turbines, plus wild camels racing each other.
However, Dunhuang, the gateway to the Taklamakan, is by far the most pleasant Chinese city I know. There’s a real city center you can explore on foot. It’s hot but not unbearable, with a light, dry breeze. Much nicer than Beijing. The Han Chinese are still the majority, but the Muslim Uyghurs are more numerous, and the muezzin’s call to prayer echoes around the mosque.
The most surprising thing is the abundance and diversity of fruits and vegetables. You wonder how it all grows here. Well-irrigated, the desert sands are very fertile. Here, raisins have subtle, mysterious flavors, and the lamb really tastes like lamb.
Today, I visited the must-see Mingshashan, a dune complex next to which Pila is a molehill. The Basque Country, but covered in sand... More photos...
7- TURPAN The Uyghurs under heavy surveillance Friday, August 31 Surveillance cameras everywhere in the city, armed police stationed at intersections, in front of public buildings, at the entrance and inside tourist sites, police stations on every corner, patrols on foot or by car, khaki uniforms even for middle schoolers... here, the Han Chinese are in the minority, and you can feel it. Turpan feels like a city under siege.

To enter the youth hostel where I stayed, there’s even a security gate, and the receptionist (a Han, like everyone in tourism) wears a bulletproof vest! Reassuring. Still, you don’t feel particularly threatened here, especially as a European. The troublemakers are the Chinese, not the Uyghurs. Generally, China is a very safe country for visitors.
Smile, you’re on camera! I was biking on an avenue when the car in front of me got flashed for driving slowly. I quickly understood why when I got flashed too.
Here, the official time is Beijing time, but it gets dark two hours later. It’ll be even worse in Kashgar. Trickier to manage: everything is displayed in Chinese and Arabic. Nothing in English. Choosing a menu is a shot in the dark. Apart from a few young Chinese, no one here speaks English, and my Chinese doesn’t seem very understandable...
Mogao, the end of the road for the Han Yesterday, near Dunhuang, I went to Mogao, a complex of decorated caves with Buddha sculptures and paintings. Stunning, but so crowded! Luckily, here in Turpan, Chinese tourists barely venture out. So I visited a Silk Road ghost town with only a handful of other visitors and under a howling wind.
The modern Chinese city is swallowing up the old Uyghur neighborhoods—only a museum-like district remains in the center, and pockets of resistance on the outskirts are doomed to disappear soon. More photos...
8- KASHGAR A (relative) love at first sight for the old city Sunday, September 2 After three overnight trains, here I am in the far west of China, nearly 4,000 km from the capital. Despite the omnipresent police and an old city preserved UNESCO-style, Kashgar is my Chinese love at first sight.

Finally, Chinese... well, sort of, because we’re in Uyghur territory here—a Turkic people with nothing culturally in common with the Han, the eastern Chinese. It started badly yesterday at Turfan station, where after three security gate passes, at least five passport checks, and a bag search, three adorable policewomen confiscated my antibacterial lotion because it had a flammable logo...
Then came the welcoming committee of armed cops at Kashgar station. Once all that was over, they left me alone—except you still have to go through security checks like everyone else to enter the old city, the bazaar, the livestock market... The further west you go, the more the siege mentality is evident. Luckily, the border isn’t far...
Despite the inevitable destruction-reconstruction, the city center has been well preserved. Thankfully, because it’s a very original style, a mix of local and colonial. I love it, even if it’s a bit too artificial, sanitized, and watered-down, and rather empty of residents. On the Silk Road, the city was famous for its great food. And it still is—rarely have I seen such richness and abundance of food! And not just scorpions or snakes. More photos...
9- KASHGAR China’s recipe for controlling the populace Saturday, September 1 Xinjiang, along with Tibet, is a "sensitive" area of rebellion in the eyes of Chinese authorities. As a result, the state has these regions and their populations under total control. Tourists also feel the consequences, even if they’re not at risk of re-education camps.
- Putting barbed wire and anti-ramming barriers around sensitive sites (schools, big hotels, government buildings...)
- Installing traffic surveillance gates with cameras and photo flashes (for all vehicles passing, including bikes) throughout the city and even in the countryside
- Posting uniformed guards with tasers, batons, or huge baseball bats every 100 meters
- Training the Han population (ethnic Chinese) in self-defense with sticks, preferably in the morning on the street. Men and women of all ages
- Starting school with the national anthem, doing military exercises, and receiving political indoctrination, all neatly lined up in the courtyard. (The dream school for any teacher)
- Placing a snitch in uniform (a pseudo-guard) in public gathering places, like youth hostels. Mine spends the day loafing around the courtyard
- Putting Chinese flags everywhere on the streets to remind everyone who’s in charge
- Installing security gates at every entrance to areas frequented by tourists (thanks for that) but not just there
- Never photographing cops, or else! I tried, but it’s not easy...
With all that, you can stroll around safely Not much crime! As for the amount the Chinese state spends to maintain such a system, it’s staggering! A third of the Han living in Xinjiang work in security. Today, I wandered freely around old Kashgar, which is quite large after all. More photos...
10- TASHKURGAN What on earth was I thinking going there! Wednesday, September 5 First, there’s the taxi—pretty crappy, with a driver who doesn’t speak a word of English and won’t stop smoking. Over six hours in that... shared with a completely out-of-it American.

Then there are all the checkpoints along the way. I won’t go on—you know the drill by now.
After that, there’s Tashkurgan—a town with nothing to see, nothing to do. Deserted as soon as night falls. There’s this huge youth hostel and a few lost Chinese tapping away on their smartphones, chain-smoking. This lost American-European crowd, swapping tips on how to enter Pakistan or Tajikistan.
Luckily, there’s the Chinese Pamir Highway, lined with peaks over 7,000m. There’s the feeling of no longer being in China, with a population whose features are Middle Eastern. And these Tajik women with their stunning hairstyles and vibrant costumes. There’s the fact of having reached the westernmost Chinese city, far from crowds and tourist sites. A sort of end of the world. More photos...
11- KYRGYZ BORDER A surreal epic Thursday, September 6 The road from Kashgar to the Kyrgyzstan border is a little over 200 km and passes through beautiful landscapes of colorful, desert-like mountains with acrobatic folds. That’s the bucolic part of the trip.
Yesterday, I managed to gather four people to rent a minibus to reach the border more easily: a Spaniard and an Argentine I’d already met in Turpan, and two New Zealanders who responded to the ad left at the hostel.
Absurdity and paranoia of Chinese authorities The highlight was crossing the town of Wuqia, 50 km past Kashgar. After tallying up with my fellow sufferers, we must’ve passed about ten checkpoints with: - Passport checks: 14 times, sometimes by two cops side by side - Bag checks: 4 times - Smartphone checks: 2 times, with deletion of "non-compliant" photos, and registration of your IMEI in the exit log!... Absurd and surreal at the same time, since my camera stayed in my bag, my apps are in French, and my photos have been online for ages...
With all that, we arrived just as the last checkpoint before the no man’s land marking the border between the two countries was on lunch break. And bam! Another 1.5-hour wait, alongside truckers who were much more used to this than we were.
What to think? The cops themselves aren’t fooled. They play the role they’re asked to, but sometimes you can coax a smile out of them—they realize how ridiculous the situation is.
What’s the point? That’s the big question my companions and I were tempted to answer with "to piss people off." To show you your place isn’t here, but with the other tourists, over there in the east, in Shanghai, Xi’an, or Guangzhou.
As for you, a traveler from a democratic country, you really experience this as aggression, humiliation, a violation of your private space. And yet, I’m respected, they speak to me properly. Today, I better understand what a Palestinian or a citizen of an occupied country might feel daily. A unique experience! Thanks, China.
And to top it off, the cherry on the cake! It’s still this glowing button you press to rate your passage after clearing the last obstacle before the exit stamp. I was so surprised it turned off before I could react. The Spaniard, with great humor and irony, had time to vote "excellent." In the end, he wasn’t wrong—you can hardly do better!
PS: I ditched my buddies at the border. They didn’t want to pay for a taxi to continue. So I took a direct taxi to Osh. The first 100 km are fabulous. I couldn’t take many photos, but I’ll be back on Monday to go to Tajikistan.
More photos...
The rest of the Silk Road, Part 2, in these travel journals: Kyrgyzstan, Tajikistan, Uzbekistan.

The Chinese Far West More than 30 years after my first trip to eastern China, I finally fulfilled an old dream: traveling solo from Beijing to the far west, discovering Xinjiang, the Uyghur people and the oppression they endure, the oases of Turpan and Kashgar, the Taklamakan Desert, the end of the Great Wall... The route was covered by train.
MENU PART 1: CHINA
1- Beijing (Jiankou) : the authentic Great Wall, without tourists 2- Cycling in Beijing, the best way to get around 3- Beijing : departure for the far west 4- Jiayuguan : getting by without English 5- Jiayuguan : scams and heritage 6- Dunhuang : abundance in the middle of the desert 7- Turpan : the Uyghurs under heavy surveillance 8- Kashgar : love at first sight for the old city 9- Kashgar : China’s recipe for controlling the populace 10- Tashkurgan : what on earth was I thinking going there! Kyrgyz border: a surreal epic Photo album from the 80s, contributions from other travelers (page 2)
1- JIANKOU Finding the authentic Great Wall, without tourists or a guide Friday, August 24, 2018 Thirty years later, I didn’t feel like revisiting the Great Wall at Badaling or any other overcrowded site. I chose to explore it at Jiankou, in its wildest, most authentic, and unrestored section, starting from a lost village deep in a valley—though it wasn’t *that* lost, since it had everything for communication.

No need to pay for a taxi to get there—by timing it right, you can take the bus for just a few yuan. You have to get off at Xizhazi, the bus terminus. Be careful, there are only two buses a day in each direction. At the Xizhazi bus stop, I met a young couple who’d arrived with zero information about what to expect. We hiked the three of us toward the restored section of Mutianyu.
Still, be cautious With GPS and a topographic map (OpenTopoMap), you can set off without a problem or guide. The trail up to Jiankou is easy and well-marked. The trails down are too. But be careful—once you’re on the Wall, it’s real mountain hiking, with easy but dangerous climbing sections (over sheer drops). Not for amateurs or those afraid of heights! But what a reward. The Wall all to yourself, where it’s at its most daring. Truly mesmerizing.
More photos...
2- BEIJING The best way to get around the capital Sunday, August 26 The best way to explore the city is still by bike. Most are in a bike-share system, but you need to use an app—WeChat, the app that does everything, like monitoring your every move. No way I was installing that.

I found one at a rental shop near the hostel. The key is to quickly learn local traffic customs to minimize risks. Bike lanes are wide along the avenues.
But you still have to: - Watch out for anything parked on the bike paths—the most annoying are people napping or talking on the phone in their cars - Keep an eye on everything coming the wrong way—the list is long - The worst is right turns on red, which in Chinese traffic rules seem to have priority Once you get the hang of it, it’s fine. The city is huge but flat, so you can just wing it.
3- BEIJING By train to the far west Sunday, August 26 Beijing West Station is the size and operates like an airport. With your e-ticket from the agency, you first have to pick up your ticket at the special "English" counter, after passing through security. With your ticket in hand, you have to exit and enter through the boarding waiting area—not the platform—after a second security check.
Then you find the right hall and wait for the sign to finally access the platform. In the end, it works pretty well given the incredible number of passengers to manage. Everywhere in Beijing, I saw that the Chinese have mastered crowd flow management.Nice surprise: second-class carriages are clean, air-conditioned, and bright. Perfect, since I was in for 20 hours. One uniformed attendant per carriage, mobile meal service—luxury! Small downside: no luggage space. Hauling your suitcase up to the top bunk is quite a workout. I was in the middle, so it wasn’t too bad. The landscape, though, whether rural or urban, is pretty bleak. That should change once we leave the eastern plains.
Of course, I got my first police visit, with a thorough passport check and bag search. I was warned—going to the Chinese far west exposes you to this kind of hassle. But they were polite and respectful.
The Chinese Far West4- JIAYUGUAN Getting by without English Monday, August 27 At the gates of two deserts (Gobi and Taklamakan) and at the foot of the Tibetan highlands, the Great Wall ends at Jiayuguan. Here, I found the deeper China I’d somewhat rediscovered during my bike ride, even if now everyone gets around on electric bikes and I’m no longer stared at like an alien.

Prices are nothing like Beijing: you can find a full meal for 2 €, and my bike cost 7 € for two days. Plus, few people speak English—neither the owner of the HI hostel where I stayed, nor the ticket sellers at the sites, let alone the servers at the small eateries where I ate. Everything is written in Chinese. So I had to use the little Chinese I know to communicate about essentials. It makes the locals laugh to see a European trying to speak their language, but it earns respect. With Google Translate’s help, I managed.
Rant: With their avenues blocked for construction for kilometers without warning, and new roads not yet on maps, I must’ve taken 15 km of detours. More photos...
5- JIAYUGUAN Scams and heritage Tuesday, August 28 The Great Wall doesn’t exactly end at the fort I visited yesterday but 10 km further, at the entrance to a river gorge at the foot of the mountains. All that’s left is a badly damaged tower (more like a mound of earth) and a section of clay wall, similar to the one I biked yesterday.

This morning, I hopped on my bike, determined to venture into the desert to see this highly symbolic site. First, you access it via a wide, brand-new road with not a soul in sight. Just before the site, I came across a grand welcome gate, very period-style, but it’s actually the inevitable toll booth.
Behind the gate, the road continues straight to the site, which you can see in the distance—at least 2 km away—the remains of the tower and wall. I had to leave my bike here. Fine. I went to the ticket counter and asked the price: 120 yuan! I couldn’t believe it—over 15 € for a simple mound of earth.
I showed my displeasure to the attendant, who couldn’t care less, and immediately turned back. 120 yuan—that’s the price for a new road, a fancy gate planted 2 km before the site just to force you to take a shuttle, and employees with nothing to do all day... Now I understand why I didn’t meet anyone!
Heritage China is a bit pricey Generally, sites are expensive for the country’s standard of living, but travelers are supposed to have money, so why hold back? I even gave up on the Forbidden City—reservations required days in advance (or on the black market at an impossible price). I prefer to keep the memory of my first visit, when entry must’ve cost a few dozen cents, and there were only a handful of visitors.
This morning, I took a taxi to see remarkable tombs of common people from the 3rd to 6th centuries. They’re small vaulted caves made of painted bricks, depicting scenes of daily life. Very pretty and moving. But even here, though the price was more reasonable, I was left wanting—only one of the 16 tombs is open to visitors, and it’s apparently not the most beautiful.
The authentic China—at least what’s left of it... Wandering the impersonal avenues of the city, you stumble upon a market. There, you still find traditional China—small shops with questionable hygiene, Go players, musicians, and even a dental prosthetist. The last refuge for those untouched by modernity. More photos...
6- DUNHUANG Abundance in the middle of the desert Wednesday, August 29 Well, I thought the landscape would be less bleak as I headed west. Nope. The only distraction in this expanse of dark, clayey sand is the forests of pylons and wind turbines, plus wild camels racing each other.
However, Dunhuang, the gateway to the Taklamakan, is by far the most pleasant Chinese city I know. There’s a real city center you can explore on foot. It’s hot but not unbearable, with a light, dry breeze. Much nicer than Beijing. The Han Chinese are still the majority, but the Muslim Uyghurs are more numerous, and the muezzin’s call to prayer echoes around the mosque.The most surprising thing is the abundance and diversity of fruits and vegetables. You wonder how it all grows here. Well-irrigated, the desert sands are very fertile. Here, raisins have subtle, mysterious flavors, and the lamb really tastes like lamb.
Today, I visited the must-see Mingshashan, a dune complex next to which Pila is a molehill. The Basque Country, but covered in sand... More photos...
7- TURPAN The Uyghurs under heavy surveillance Friday, August 31 Surveillance cameras everywhere in the city, armed police stationed at intersections, in front of public buildings, at the entrance and inside tourist sites, police stations on every corner, patrols on foot or by car, khaki uniforms even for middle schoolers... here, the Han Chinese are in the minority, and you can feel it. Turpan feels like a city under siege.

To enter the youth hostel where I stayed, there’s even a security gate, and the receptionist (a Han, like everyone in tourism) wears a bulletproof vest! Reassuring. Still, you don’t feel particularly threatened here, especially as a European. The troublemakers are the Chinese, not the Uyghurs. Generally, China is a very safe country for visitors.
Smile, you’re on camera! I was biking on an avenue when the car in front of me got flashed for driving slowly. I quickly understood why when I got flashed too.
Here, the official time is Beijing time, but it gets dark two hours later. It’ll be even worse in Kashgar. Trickier to manage: everything is displayed in Chinese and Arabic. Nothing in English. Choosing a menu is a shot in the dark. Apart from a few young Chinese, no one here speaks English, and my Chinese doesn’t seem very understandable...
Mogao, the end of the road for the Han Yesterday, near Dunhuang, I went to Mogao, a complex of decorated caves with Buddha sculptures and paintings. Stunning, but so crowded! Luckily, here in Turpan, Chinese tourists barely venture out. So I visited a Silk Road ghost town with only a handful of other visitors and under a howling wind.
The modern Chinese city is swallowing up the old Uyghur neighborhoods—only a museum-like district remains in the center, and pockets of resistance on the outskirts are doomed to disappear soon. More photos...
8- KASHGAR A (relative) love at first sight for the old city Sunday, September 2 After three overnight trains, here I am in the far west of China, nearly 4,000 km from the capital. Despite the omnipresent police and an old city preserved UNESCO-style, Kashgar is my Chinese love at first sight.

Finally, Chinese... well, sort of, because we’re in Uyghur territory here—a Turkic people with nothing culturally in common with the Han, the eastern Chinese. It started badly yesterday at Turfan station, where after three security gate passes, at least five passport checks, and a bag search, three adorable policewomen confiscated my antibacterial lotion because it had a flammable logo...
Then came the welcoming committee of armed cops at Kashgar station. Once all that was over, they left me alone—except you still have to go through security checks like everyone else to enter the old city, the bazaar, the livestock market... The further west you go, the more the siege mentality is evident. Luckily, the border isn’t far...
Despite the inevitable destruction-reconstruction, the city center has been well preserved. Thankfully, because it’s a very original style, a mix of local and colonial. I love it, even if it’s a bit too artificial, sanitized, and watered-down, and rather empty of residents. On the Silk Road, the city was famous for its great food. And it still is—rarely have I seen such richness and abundance of food! And not just scorpions or snakes. More photos...
9- KASHGAR China’s recipe for controlling the populace Saturday, September 1 Xinjiang, along with Tibet, is a "sensitive" area of rebellion in the eyes of Chinese authorities. As a result, the state has these regions and their populations under total control. Tourists also feel the consequences, even if they’re not at risk of re-education camps.
- Putting barbed wire and anti-ramming barriers around sensitive sites (schools, big hotels, government buildings...)
- Installing traffic surveillance gates with cameras and photo flashes (for all vehicles passing, including bikes) throughout the city and even in the countryside
- Posting uniformed guards with tasers, batons, or huge baseball bats every 100 meters
- Training the Han population (ethnic Chinese) in self-defense with sticks, preferably in the morning on the street. Men and women of all ages
- Starting school with the national anthem, doing military exercises, and receiving political indoctrination, all neatly lined up in the courtyard. (The dream school for any teacher)
- Placing a snitch in uniform (a pseudo-guard) in public gathering places, like youth hostels. Mine spends the day loafing around the courtyard
- Putting Chinese flags everywhere on the streets to remind everyone who’s in charge
- Installing security gates at every entrance to areas frequented by tourists (thanks for that) but not just there
- Never photographing cops, or else! I tried, but it’s not easy...With all that, you can stroll around safely Not much crime! As for the amount the Chinese state spends to maintain such a system, it’s staggering! A third of the Han living in Xinjiang work in security. Today, I wandered freely around old Kashgar, which is quite large after all. More photos...
10- TASHKURGAN What on earth was I thinking going there! Wednesday, September 5 First, there’s the taxi—pretty crappy, with a driver who doesn’t speak a word of English and won’t stop smoking. Over six hours in that... shared with a completely out-of-it American.

Then there are all the checkpoints along the way. I won’t go on—you know the drill by now.
After that, there’s Tashkurgan—a town with nothing to see, nothing to do. Deserted as soon as night falls. There’s this huge youth hostel and a few lost Chinese tapping away on their smartphones, chain-smoking. This lost American-European crowd, swapping tips on how to enter Pakistan or Tajikistan.
Luckily, there’s the Chinese Pamir Highway, lined with peaks over 7,000m. There’s the feeling of no longer being in China, with a population whose features are Middle Eastern. And these Tajik women with their stunning hairstyles and vibrant costumes. There’s the fact of having reached the westernmost Chinese city, far from crowds and tourist sites. A sort of end of the world. More photos...
11- KYRGYZ BORDER A surreal epic Thursday, September 6 The road from Kashgar to the Kyrgyzstan border is a little over 200 km and passes through beautiful landscapes of colorful, desert-like mountains with acrobatic folds. That’s the bucolic part of the trip.
Yesterday, I managed to gather four people to rent a minibus to reach the border more easily: a Spaniard and an Argentine I’d already met in Turpan, and two New Zealanders who responded to the ad left at the hostel.Absurdity and paranoia of Chinese authorities The highlight was crossing the town of Wuqia, 50 km past Kashgar. After tallying up with my fellow sufferers, we must’ve passed about ten checkpoints with: - Passport checks: 14 times, sometimes by two cops side by side - Bag checks: 4 times - Smartphone checks: 2 times, with deletion of "non-compliant" photos, and registration of your IMEI in the exit log!... Absurd and surreal at the same time, since my camera stayed in my bag, my apps are in French, and my photos have been online for ages...
With all that, we arrived just as the last checkpoint before the no man’s land marking the border between the two countries was on lunch break. And bam! Another 1.5-hour wait, alongside truckers who were much more used to this than we were.
What to think? The cops themselves aren’t fooled. They play the role they’re asked to, but sometimes you can coax a smile out of them—they realize how ridiculous the situation is.
What’s the point? That’s the big question my companions and I were tempted to answer with "to piss people off." To show you your place isn’t here, but with the other tourists, over there in the east, in Shanghai, Xi’an, or Guangzhou.
As for you, a traveler from a democratic country, you really experience this as aggression, humiliation, a violation of your private space. And yet, I’m respected, they speak to me properly. Today, I better understand what a Palestinian or a citizen of an occupied country might feel daily. A unique experience! Thanks, China.
And to top it off, the cherry on the cake! It’s still this glowing button you press to rate your passage after clearing the last obstacle before the exit stamp. I was so surprised it turned off before I could react. The Spaniard, with great humor and irony, had time to vote "excellent." In the end, he wasn’t wrong—you can hardly do better!
PS: I ditched my buddies at the border. They didn’t want to pay for a taxi to continue. So I took a direct taxi to Osh. The first 100 km are fabulous. I couldn’t take many photos, but I’ll be back on Monday to go to Tajikistan.
More photos...
The rest of the Silk Road, Part 2, in these travel journals: Kyrgyzstan, Tajikistan, Uzbekistan.
Au hasard d'une discussion sur le forum Espagne je me suis rendue compte que certains pensent qu'il faut se ménager, ou ménager son entourage , après la soixantaine .
Perso , j'ai 67 ans , je ne change rien à mes habitudes , sauf un rythme un peu plus doux , mais à la retraite on a plus de temps , et avec plus d' appréhension au niveau des grosses chaleurs .
Alors je lance ce post , vous sentez vous trop vieux pour voyager d'une certaine façon , avez vous besoin de plus de confort , à vos claviers , dans le respect du rythme de chacun 😎😎
Cordialement,
Hannah
Perso , j'ai 67 ans , je ne change rien à mes habitudes , sauf un rythme un peu plus doux , mais à la retraite on a plus de temps , et avec plus d' appréhension au niveau des grosses chaleurs .
Alors je lance ce post , vous sentez vous trop vieux pour voyager d'une certaine façon , avez vous besoin de plus de confort , à vos claviers , dans le respect du rythme de chacun 😎😎
Cordialement,
Hannah
Avant-propos :
Pour ceux qui n’ont pas suivi sur voyageforum mon récit sur mon voyage au Gansu l’année dernière et ma préparation de voyage depuis 3 mois, je me présente rapidement ainsi que mon voyage : j’ai 61 ans, des difficultés dans les escaliers (arthrose aux genoux), je voyage en Chine pour la quatrième fois, seule cette année. Mais je ne parle toujours pas chinois sauf quelques mots. Grâce à un avancement j’ai mis un peu d’argent de côté pour financer ce voyage et j’ai obtenu un visa double entrée : deux fois trente jours, avec sortie à Hong Kong au bout des premiers 30 jours.
Je vais essayer de donner des renseignements pratiques tout au long de mon voyage (hôtels, transports, horaires, prix) mais il ne s’agira pas d’un voyage à prix minimum, je m’en excuse pour les VFistes routards. Quand je peux je prends en général des hôtels aux alentours de 300 yuans la chambre (entre 35 et 40 €), pas un lit en dortoir, sauf à HK malheureusement où les prix sont beaucoup plus élevés. Pour les transports aucun vol intérieur : train, bus et voiture louée ou taxi quand ça permet d’aller facilement dans des endroits peu accessibles autrement, là les dépassements de budget sont vites arrivés. J’aurais aimé ne pas dépasser 100 € par jour en moyenne, mais voyageant seule et avec les augmentations de prix en Chine ça va être difficile je crois.
J’ai déjà réservé sur internet (booking.com ou ctrip.com) une bonne partie de mes hébergements. J’ai préparé à l’avance les trajets en train à l’aide de cnvol.com mais ai découvert récemment que chinahighlights donne aussi la disponibilité de places(attention c’est vite complet sur certaines lignes en été) et j’ai réservé mes places à l’avance pour les trois premiers trajets à l’aide d’une agence australienne (adresse en MP ou adressez-vous à Jackfack qui me l’a communiquée, si j’ai des problèmes d’internet, ce qui est le cas en ce moment).
J’emmène pour la première fois un ordinateur dans ce voyage, car j’ai vraiment eu des difficultés à trouver des cafés internet l’année dernière en Chine et lors de notre voyage sur la route de la soie, une petite minorité de nos hôtels mettaient des ordinateurs à disposition de leurs clients. Quant aux imprimantes, il nous a fallu attendre le 40ème jour de notre voyage environ pour en trouver une en bon état de fonctionnement (pour imprimer les réservations d’hôtels). Mais je ne suis pas au top de la technique, notamment pour me connecter facilement à l’internet de chaque hôtel ou pour passer des photos de mon appareil photo au voyageforum.
Itinéraire prévu : Arrivée Pékin sur Air France mercredi après-midi 2 juillet 3 jours dans le Hebei : Chengde et la grande muraille à Jinshanling 3 jours à Pékin (ce sera ma 4ème viste), surtout pour compléter ma visite des musées 2 jours au Shanxi pour découvrir un site de montagne et de temples au sud de Pingyao : Mianshan 1 jour et demin à Luoyang (ville et grottes de Longmen) 3 jours à Zhangjiajie (Hunan) 3 jours et demi à Dehang et Fenghuang, autres sites du Hunan 6 jours environ dans le Guizhou entre Kaili et le village dong de Zhaoxing 5 jours au Guanxi pour revoir Ping’An et Xinping – fin du 1er visa de 30 jours 5 jours et demi à Hong Kong 1 jour et demi à Macao 1 jour à Kaiping et ses diaolous – début du 2ème visa de 30 jours 3 jours à Canton 3 jours en pays hakka autour de Yongding (Fujian) 2 jours dans l’île de Gulang Yu près de Xiamen (Fujian) 8 jours dans l’Anhui : montagnes jaunes, villages du Huizhou et Mont sacré du Jiuhua Shan 1-2 jours dans une ville d’eau, peut-être Wuzhen ou Tongli 3 jours à Shanghai, vol vers Madrid via Amsterdam (KLM) le 31 août.
Je voudrais d’abord remercier tous les VFistes qui m’ont aidée dans la préparation de mon voyage, les habituels du forum Chine et les autres, je ne vous oublie pas. Je vous citerai au fur et à mesure de mon voyage.
Quelques remarques aussi sur les bagages. J’admire les gens qui savent voyager léger, ce n’est pas vraiment dans mes cordes. J’ai réussi à limiter ma valise à 23 kilos et j’emporte un sac à dos (dimensions cabine avion) pour l’ordinateur, l’appareil photo et autres choses fragiles. J’ai aussi cette année un petit sac à dos quechua « air » 22 litres anti-transpiration pour mes randonnées en montagne et dans les villages et un sac à main en toile pour les villes pouvant contenir l’appareil photo, une bouteille et un guide. Pour les bouteilles j’ai 3 protecteurs avec ou sans courroie pour les garder au frais : l’eau ou le coca (achetés en ½ litres) restent frais 2 à 3 heures et il n’y a pas le problème de nettoyage des gourdes. Pour la lessive, cela fait longtemps que nous emportons un équipement constitué petit à petit, notamment au Vieux Campeur : un seau de plastique souple pliable, 2 tendeurs (pour servir de corde à linge), quelques pinces à linges et 3 ou 4 cintres gonflables. Quand nous rencontrons une possibilité de lavage au kilo nous en profitons bien sûr mais l’année dernière ça n’a été vrai qu’une fois, à Pingyao. En ce qui concerne le problème de nourriture, mon système digestif est nettement moins voyageur que moi et je ne supporte plus vraiment les nourritures trop grasses ou trop épicées. Donc cela fait plusieurs étés que je saute les repas de midi au restaurant : des fruits secs, un œuf emporté au petit déjeuner, etc… suffisent à tenir jusqu’au soir si on a pris un petit déjeuner décent. Or en Chine, ça dépend beaucoup des hôtels, mais rares sont ceux qui offrent un petit déjeuner à l’occidentale, ne serait-ce qu’un thé ou un café. Manger le matin des légumes frits ou des œufs trempés dans le piment, je n’y arrive pas. Mais les hôtels chinois ont toujours une bouilloire dans la chambre avec deux tasses et souvent un peu de thé vert. Avec des biscuits et des sachets de cappuccino ou de thé noir aromatisé (amenés de France ou trouvés sur place, mais pas si facilement) on peut se faire un bon petit déjeuner dans les hôtels où le petit déjeuner vous rebute. Oui je sais, certains VFistes vont fermer le fil dégoûtés d’un tel manque de curiosité culinaire et d’adaptation, mais pendant la journée mon but est d’effectuer mes visites dans de bonnes conditions et le soir, quand l’hôtel et des toilettes décentes sont à proximité je peux être plus ouverte au niveau gastronomique. Tout voyageur qui connaît assez bien la Chine sait qu’il faut limiter au strict minimum ses séjours dans les toilettes publiques, même si des progrès ont lieu petit à petit. Quelque chose qui pèse vite dans la valise, ce sont les produits pharmaceutiques et associés : crème solaire, anti-moustiques, anti-diarrhéiques, refroidissement, vos problèmes de santé chroniques, etc… Se faire comprendre dans une pharmacie chinoise n’est pas vraiment évident en général : l’année dernière pour une irritation dans la bouche, j’ai essayé de mimer un gargarisme dans plusieurs pharmacies, ma sœur a trouvé mon imitation très convaincante, mais on m’a proposé du dentifrice et rien d’autre. Nous sommes contentes depuis de nombreuses années d’un produit parapharmaceutique qu’on trouve dans les magasins de sport comme Décathlon ou le Vieux Campeur : ce sont les pastilles hydrostar au citron. Elles se glissent dans le sac à main et quand vous avez un coup de barre parce que la journée est torride, que vous avez trop transpiré ou que la pente est raide, vous en sucez une et ça vous redonne immédiatement un surplus d’énergie. J’en emporte en général une par jour environ. Ils ont aussi des pastilles à dissoudre dans l’eau, pas mal mais plus lourd, et le coca (que je ne bois pas dans l’année) fait ça aussi bien. Je crois que j’ai fait à peu près le tour, mais vous comprendrez que ma valise ne fait pas 10 kilos et qu’elle sera difficile à véhiculer dans les escaliers.
Je vais essayer de tenir ce carnet de voyage à jour mais ça risque d'être difficile si l'internet continue à ne bien fonctionner qu'à quatre heures du matin ...
Itinéraire prévu : Arrivée Pékin sur Air France mercredi après-midi 2 juillet 3 jours dans le Hebei : Chengde et la grande muraille à Jinshanling 3 jours à Pékin (ce sera ma 4ème viste), surtout pour compléter ma visite des musées 2 jours au Shanxi pour découvrir un site de montagne et de temples au sud de Pingyao : Mianshan 1 jour et demin à Luoyang (ville et grottes de Longmen) 3 jours à Zhangjiajie (Hunan) 3 jours et demi à Dehang et Fenghuang, autres sites du Hunan 6 jours environ dans le Guizhou entre Kaili et le village dong de Zhaoxing 5 jours au Guanxi pour revoir Ping’An et Xinping – fin du 1er visa de 30 jours 5 jours et demi à Hong Kong 1 jour et demi à Macao 1 jour à Kaiping et ses diaolous – début du 2ème visa de 30 jours 3 jours à Canton 3 jours en pays hakka autour de Yongding (Fujian) 2 jours dans l’île de Gulang Yu près de Xiamen (Fujian) 8 jours dans l’Anhui : montagnes jaunes, villages du Huizhou et Mont sacré du Jiuhua Shan 1-2 jours dans une ville d’eau, peut-être Wuzhen ou Tongli 3 jours à Shanghai, vol vers Madrid via Amsterdam (KLM) le 31 août.
Je voudrais d’abord remercier tous les VFistes qui m’ont aidée dans la préparation de mon voyage, les habituels du forum Chine et les autres, je ne vous oublie pas. Je vous citerai au fur et à mesure de mon voyage.
Quelques remarques aussi sur les bagages. J’admire les gens qui savent voyager léger, ce n’est pas vraiment dans mes cordes. J’ai réussi à limiter ma valise à 23 kilos et j’emporte un sac à dos (dimensions cabine avion) pour l’ordinateur, l’appareil photo et autres choses fragiles. J’ai aussi cette année un petit sac à dos quechua « air » 22 litres anti-transpiration pour mes randonnées en montagne et dans les villages et un sac à main en toile pour les villes pouvant contenir l’appareil photo, une bouteille et un guide. Pour les bouteilles j’ai 3 protecteurs avec ou sans courroie pour les garder au frais : l’eau ou le coca (achetés en ½ litres) restent frais 2 à 3 heures et il n’y a pas le problème de nettoyage des gourdes. Pour la lessive, cela fait longtemps que nous emportons un équipement constitué petit à petit, notamment au Vieux Campeur : un seau de plastique souple pliable, 2 tendeurs (pour servir de corde à linge), quelques pinces à linges et 3 ou 4 cintres gonflables. Quand nous rencontrons une possibilité de lavage au kilo nous en profitons bien sûr mais l’année dernière ça n’a été vrai qu’une fois, à Pingyao. En ce qui concerne le problème de nourriture, mon système digestif est nettement moins voyageur que moi et je ne supporte plus vraiment les nourritures trop grasses ou trop épicées. Donc cela fait plusieurs étés que je saute les repas de midi au restaurant : des fruits secs, un œuf emporté au petit déjeuner, etc… suffisent à tenir jusqu’au soir si on a pris un petit déjeuner décent. Or en Chine, ça dépend beaucoup des hôtels, mais rares sont ceux qui offrent un petit déjeuner à l’occidentale, ne serait-ce qu’un thé ou un café. Manger le matin des légumes frits ou des œufs trempés dans le piment, je n’y arrive pas. Mais les hôtels chinois ont toujours une bouilloire dans la chambre avec deux tasses et souvent un peu de thé vert. Avec des biscuits et des sachets de cappuccino ou de thé noir aromatisé (amenés de France ou trouvés sur place, mais pas si facilement) on peut se faire un bon petit déjeuner dans les hôtels où le petit déjeuner vous rebute. Oui je sais, certains VFistes vont fermer le fil dégoûtés d’un tel manque de curiosité culinaire et d’adaptation, mais pendant la journée mon but est d’effectuer mes visites dans de bonnes conditions et le soir, quand l’hôtel et des toilettes décentes sont à proximité je peux être plus ouverte au niveau gastronomique. Tout voyageur qui connaît assez bien la Chine sait qu’il faut limiter au strict minimum ses séjours dans les toilettes publiques, même si des progrès ont lieu petit à petit. Quelque chose qui pèse vite dans la valise, ce sont les produits pharmaceutiques et associés : crème solaire, anti-moustiques, anti-diarrhéiques, refroidissement, vos problèmes de santé chroniques, etc… Se faire comprendre dans une pharmacie chinoise n’est pas vraiment évident en général : l’année dernière pour une irritation dans la bouche, j’ai essayé de mimer un gargarisme dans plusieurs pharmacies, ma sœur a trouvé mon imitation très convaincante, mais on m’a proposé du dentifrice et rien d’autre. Nous sommes contentes depuis de nombreuses années d’un produit parapharmaceutique qu’on trouve dans les magasins de sport comme Décathlon ou le Vieux Campeur : ce sont les pastilles hydrostar au citron. Elles se glissent dans le sac à main et quand vous avez un coup de barre parce que la journée est torride, que vous avez trop transpiré ou que la pente est raide, vous en sucez une et ça vous redonne immédiatement un surplus d’énergie. J’en emporte en général une par jour environ. Ils ont aussi des pastilles à dissoudre dans l’eau, pas mal mais plus lourd, et le coca (que je ne bois pas dans l’année) fait ça aussi bien. Je crois que j’ai fait à peu près le tour, mais vous comprendrez que ma valise ne fait pas 10 kilos et qu’elle sera difficile à véhiculer dans les escaliers.
Je vais essayer de tenir ce carnet de voyage à jour mais ça risque d'être difficile si l'internet continue à ne bien fonctionner qu'à quatre heures du matin ...
Bonjour à tous,
Pour le moment, j'hésite toujours entre Afrique du sud, Namibie, Botswana, pour les vacances en août 2014. J'attendrai d'avoir une idée des prix pour me décider.
J'ai passé beaucoup de temps dans des paysages de roches colorées, de déserts divers et variés aux couleurs extra il y a un an, dans les Andes (Bolivie, Chili et Argentine), puis pas mal de temps dans le sud ouest des Etats Unis et je souhaite voir quelque chose de différent. Ma priorité: ce sont les gros mammifères terrestres et des hébergements confortables.
Je vais commencer mes questions par la destination qui me semble la plus facile: l'Afrique du sud.
Je crois avoir compris que le parc Kruger est un incontournable. Vrai? Combien de jours au moins faut-il y rester? Et quelles sont les parties stratégiques où il faut dormir (pour moi en lodge, pas de tente sur la voiture) Quelle différence y-a-t-il entre un Rest Camp et un Wilderness Camp ? Et les lodges, sont-ils tous prévus pour 6 personnes? Qu'est-ce qu'un "hide" dans les camps?
Que penser des parcs Sabi sand? Timbavati? Qu'apportent-ils de plus ou de différent que le parc Kruger?
Etant donné que les activités maritimes, la découverte des oiseaux ne m'attirent pas, par quoi je pourrais remplacer la visite de St lucia, dans un programme qui inclus déjà le Kruger et éventuellement Sabi sand ou Timbavati, la route des panoramas, pour un périple de minimum 15 jours, maximum 3 semaines arrivée et retour à Johannesbourg (pour le moment mais rien n'est figé).
Qu'apporterais une extension au Kgalagadi Transfrontier Park?
Finalement, en août, est-il nécessaire de prendre un traitement anti paludisme? anti malaria? Pourquoi est-ce que personne ne parle de visiter la ville de Johannesbourg? Trop dangereux? Pas intéressant? Peut-on y assister à des concerts de chants sud africains?
Voilà, pour le moment. Toute suggestion est la bienvenue. Merci d'avance.
Pour le moment, j'hésite toujours entre Afrique du sud, Namibie, Botswana, pour les vacances en août 2014. J'attendrai d'avoir une idée des prix pour me décider.
J'ai passé beaucoup de temps dans des paysages de roches colorées, de déserts divers et variés aux couleurs extra il y a un an, dans les Andes (Bolivie, Chili et Argentine), puis pas mal de temps dans le sud ouest des Etats Unis et je souhaite voir quelque chose de différent. Ma priorité: ce sont les gros mammifères terrestres et des hébergements confortables.
Je vais commencer mes questions par la destination qui me semble la plus facile: l'Afrique du sud.
Je crois avoir compris que le parc Kruger est un incontournable. Vrai? Combien de jours au moins faut-il y rester? Et quelles sont les parties stratégiques où il faut dormir (pour moi en lodge, pas de tente sur la voiture) Quelle différence y-a-t-il entre un Rest Camp et un Wilderness Camp ? Et les lodges, sont-ils tous prévus pour 6 personnes? Qu'est-ce qu'un "hide" dans les camps?
Que penser des parcs Sabi sand? Timbavati? Qu'apportent-ils de plus ou de différent que le parc Kruger?
Etant donné que les activités maritimes, la découverte des oiseaux ne m'attirent pas, par quoi je pourrais remplacer la visite de St lucia, dans un programme qui inclus déjà le Kruger et éventuellement Sabi sand ou Timbavati, la route des panoramas, pour un périple de minimum 15 jours, maximum 3 semaines arrivée et retour à Johannesbourg (pour le moment mais rien n'est figé).
Qu'apporterais une extension au Kgalagadi Transfrontier Park?
Finalement, en août, est-il nécessaire de prendre un traitement anti paludisme? anti malaria? Pourquoi est-ce que personne ne parle de visiter la ville de Johannesbourg? Trop dangereux? Pas intéressant? Peut-on y assister à des concerts de chants sud africains?
Voilà, pour le moment. Toute suggestion est la bienvenue. Merci d'avance.
Salut à tous 🙂
En ce lundi matin, je démarre une nouvelle discussion pour réunir ceux qui pour l'instant n'ont pas annulé leur voyage au Japon et qui hésitent, ceux qui partiront quoi qu'il en soit et pkoi pas ceux qui y sont en ce moment !
Bien évidemment la situation est toujours très instable et c'est à chacun de prendre sa décision, sans juger ce que va faire l'autre.
Sont aussi les bienvenues, les infos concernant les modifications de dates pour les remboursements des vols.
http://www.irsn.fr/FR/Documents/home.htm http://www.asn.fr/ http://www.criirad.org/ http://www.lejapon.fr/blog/http://twitter.com/lejapon
Merci à tous ceux à tous ceux qui participeront 🙂 bonne journée !
En ce lundi matin, je démarre une nouvelle discussion pour réunir ceux qui pour l'instant n'ont pas annulé leur voyage au Japon et qui hésitent, ceux qui partiront quoi qu'il en soit et pkoi pas ceux qui y sont en ce moment !
Bien évidemment la situation est toujours très instable et c'est à chacun de prendre sa décision, sans juger ce que va faire l'autre.
Sont aussi les bienvenues, les infos concernant les modifications de dates pour les remboursements des vols.
http://www.irsn.fr/FR/Documents/home.htm http://www.asn.fr/ http://www.criirad.org/ http://www.lejapon.fr/blog/http://twitter.com/lejapon
Merci à tous ceux à tous ceux qui participeront 🙂 bonne journée !
Bonjour,
Mon épouse est décédé il y a 3 mois, nous avions commencé à sortir début 2008 (en tout 3 sorties).
J’aimerais continuer (surtout qu’elle le souhaitait).
Partir seul, ou partir avec un couple d’amis je me pose la question.
Car il est évident que je ne serais lors de sortie je ne serais pas si disponible en étant seul que mes amis qui sont en couple.
En couple les taches se répartissent à deux alors que seul il y a tout à faire.
Si vous pouviez me renseigner sur la solution préférable si vous l’avez vécu ou côtoyé, et me donner des astuces.
D’avance merci
Bonjour,
Il n'est jamais trop tard pour rendre compte de son voyage. Le confinement me laisse enfin du temps pour le faire.
Je suis parti le 17 août 2017 et je suis rentré le 7 février 2018. Entre temps, je suis allé en Argentine par cargo puis une fois sur ce continent, j'ai visité l'Uruguay, l'Argentine et le Chili.
Durant tout ce voyage, j'ai tenu un carnet journalier.
Je me propose de vous le livrer.
Inside South Africa
The Burst Hose. The passenger is so impatient to arrive that the coachman whips a horse that barely tolerates the mistreatment. I can tell she’s gearing up for a kick, and suddenly, at full gallop, she stops responding. If I press the spur, she cuts out but accepts a half-pressed pedal. She pulled this stunt last year, right in the middle of the Kalahari Desert, and I can guess the trick: she blew a hose! An hour at a slow trot brings us to a Ford garage. A workshop manager, as sullen as he is efficient, has the necessary parts removed to reach the hose, then announces he doesn’t have the spare part and will need a week to get it. I suggest taking advantage of the access to make a temporary repair on the tear, but he refuses, arguing the pressure is so high that the patch would give way immediately—"It’s not a Testarossa, after all!" After reassembly, he refuses to charge us anything and advises us to head to the next town, 200 kilometers away—off we go for another four hours. Semi-trailers overtake us without mercy; I’m reminded of *Duel*. At the Land Rover dealership, we learn the part will take two working days to arrive, and it’s Thursday. I decide to have the hose delivered to the house without wheels—I’ll change it myself. Five hours later, climbing the pass in first gear, we reach the object of her desires. * Hide and Seek In Brittany, my neighbor is a taciturn, touchy fisherman. He’s anchored his old boat in the middle of the estuary that separates two departments and uses it as a storage space. It’s a jumble of nets, buoys, and traps. The old wooden vessel is falling apart, and the hull’s paint is nothing but a distant memory—so much so that the Maritime Affairs Directorate of his department orders him to remove it or repaint it. Asterix also runs a restaurant on the harbor, where he treats customers to his catch. One Sunday afternoon, we see him loading cooks, servers, and dishwashers armed with rollers, brushes, and paint cans into dinghies. Off they go for two hours of slapdash painting and laughter. Once the starboard side is done, everyone returns to prepare for the evening service. The port side will wait until the Maritime Affairs Directorate from the other department reacts. This story came back to me when I got home: the side visible from the road had been repainted, but the other side was left as is. * The Blonde, the Red, the White, and the Black Many workers are paid at the end of each week, but alcohol sales for takeaway are banned on Saturdays and Sundays. So, on Friday nights, the bars are packed, and liquor stores never empty—of people who are already full. Their limited means reduce them to cheap, harsh wines or bland beers. Yet, they still end up wasted.
* Seven In mainland France, you can easily raise seven sheep per hectare. In the Great Karoo, it takes seven hectares of sparse but tasty vegetation to feed just one sheep. Not to mention the energy spent moving around. Add to that the fact that a French sheep produces about one and a half lambs per year, while here, between droughts and jackals, it’s closer to 0.7, and you’ll understand why, with a 7,000-hectare farm—the local basic unit—a South African farmer’s income barely exceeds that of a farm a hundred times smaller in Brittany. This weekend, the annual agricultural show is taking place at the fairgrounds. Some come from far away, so a procession of pickups, trailers, and trucks loaded with sheep makes its way up the main street: we’re definitely in the Karoo. I expected a competition of lean, wiry ascetics, able to pass on traits useful to the environment, but I suspect these bodybuilder show animals don’t just graze on the bush and are doped with alfalfa. Besides, I caught a dealer red-handed with a bag of pellets. * They’re Not Dolls Ken is a professional hunting guide, working independently. When it’s not hunting season, he goes fishing for clients, mainly in the United States. He says Trump’s election—whom he slightly resembles, though younger—would be good for his business, but he doesn’t like Trump, nor, it seems, his clients much. He wanted to be a farmer, but in the post-apartheid context, taking over a farm was a gamble. His wife, who’s more beautiful than Barbie and Melania, silently agrees. * Neighbors That’s the problem with women: their *it girl* side. Within a year of her moving in, we got two new neighbors. One on the other side of the track, the other half an hour away (here, that’s *next door*). One only travels at the controls of his black helicopter, the other aboard his private Boeing 737. The first is a very wealthy farmer from the northeast of the country who’s expanding into the Karoo. He just bought two non-contiguous farms of 6,000 hectares each. I still don’t know what the owner of the farm in between is thinking. The newcomer plans to create a wildlife reserve for breeding purposes; our future neighbors will be giraffes, rhinos, and antelopes, including rare species like the Sable. They say he’s a man in a hurry, determined: when the municipality dragged its feet on his request to refurbish the public track that serves as our border, he just went ahead and did it himself. It was a historic farm, crossed by paths leading to other farms, home to a pond full of birds where water from the mountain ends up after the villagers have taken their share. That’s where the golf course I was about to become the 29th member of was located. Now, it’s all closed off, fenced, and lined with monumental gates. The Wild West in the Western Cape. Is it because his name ends in ‘-ski’ that rumors link him to Slavic mafias and advise against crossing him? The same rumors say he’s involved in the uranium market—well, there’s uranium in the Karoo’s subsoil. The second neighbor is a Saudi prince who just bought a modestly sized farm—3,500 hectares—but don’t think he’s a minor prince. He paid four and a half times the market price to get it! The farm had been in the same family for two centuries, and the owners refused to even consider selling. The prince’s agent—money, in this case, black gold—kept coming back every week despite repeated refusals, finally saying his client wanted this farm at any price. A price they were asked to set. And that’s how you sell your ancestors’ graves. There are plenty of huge farms for sale here, but the prince was looking for a property where he wouldn’t see any roads, tracks, or other houses or farms. He’ll come a few days a year to hunt. However, he’s annoyed: the runway at the nearest airport, two hours away, isn’t long enough for his private jet, so he’ll have to land in Cape Town, like me, and endure nearly two hours by helicopter. That’s how it goes in South Africa. I’d be curious to know what Julius Malema, leader of the EFF (Economic Freedom Fighters), who advocates the Zimbabwean model of land redistribution, thinks about it.
* Biko The autobiography of a journalist and politician of European descent, South African, is published this week. In 1977, this rookie got her editor’s permission to investigate the death in detention of black leader Steve Biko. The apartheid regime’s political police claimed he had died from a hunger strike. The bold young woman discovered that the medical examiners reported a slightly overweight corpse, and later, it was revealed that Biko had died from abuse, if not torture. Under pressure after publishing her investigation, Helen Zille, disillusioned, gave up journalism and turned to politics. She is one of the white South Africans who fought against apartheid, and it’s reassuring that some people have a conscience that transcends class or race. *
You Have the Watches... …we have the time. Anyone who’s worked with Africans knows this response they occasionally throw at us. Willem, the inconsistent gardener, couldn’t stand the observation: running around the place at top speed, even with a pitchfork over his shoulder, wasn’t getting the job done. So Jan replaced him. We share the same first name—no doubt we’ll accomplish great things. He’s known to be reliable, meaning he shows up for work, and he only speaks Afrikaans. We communicate like at the circus: thumbs up, thumbs down. Jan has the build of a bushman but the bone structure and features of a mixed-race person—multiple mixes. He’s a sprite, always moving, sometimes without purpose or destination (the journey is the path). I lose sight of him—it’s not exactly a virgin forest—and he reappears elsewhere, busy. Jan doesn’t understand wasted water—he must think the same of us trying to cultivate the desert. He’s a gardener like I’m a violinist, virtuosos of playback. After a very light lunch, he lies down on the ground in the shadow of the stables and falls asleep. If his arrival time in the morning is variable, it’s never before the agreed hour, but his departure time is unchanging: it’s 3 PM, no matter what. No point trying to fool him; he can count and shows me the fancy watch eating up his thin wrist. * Colours Veldrift, Oyster Catcher, Lobster Red, Namib, Dune, Lion's Den, Kalahari, Bush Fire, Karoo Dawn, Cape Fynbos, Safari Trail, African Pan, Bushveld Plains, African Queen, Karoo Drift. A bestiary? A herbarium? No, the colors offered by the country’s top paint manufacturer. All the shades of the continent from an armchair. * Pets She loves three mastiffs, a meter tall at the withers. Is it for their beauty? Their breed? Their deterrent power, because knowing these beasts exist, no one would dare enter her property without an invitation? A bit of all that, probably. She won’t say. She loves pets but likes other people’s less, especially the poor ones. So, she actively participates in the campaign to sterilize dogs and cats in the neighboring township. Just think, the poor things can’t afford to feed or care for them, meaning they can’t ensure them a decent life. She and others justify the pets section of the local mini-supermarket. Whether your pet is a puppy, adult, or mature, whether it likes fish or prefers beef (no one thought of a dog-based reference from the township?), you’ll find your happiness. While you order, many locals will only have access to the parking lot to beg. * Democracy in Africa
What would Tocqueville say about Democracy in America this fall? After the father, we had the son; after the husband, and by default, we might get the wife. No one else, really? Let’s not talk about France and its current vaudeville. A Ivorian academic believes African peoples aren’t ready for "Western-style" democracy (caricatured as a free T-shirt buying a vote). Does he know the same is true elsewhere, where many voters vote not for a vision, a project, or convictions, but to protect their own interests? Here in South Africa, national elections were held recently, confirming the ANC’s decline in favor of the Democratic Alliance (DA). Historically (since the end of apartheid) seen as the party of whites (who make up less than 10% of the population), it has managed to rally those disillusioned by the clientelism, incompetence, and corruption of Mandela’s unworthy heirs. The DA now governs five of the country’s six largest cities. In the neighboring township, long after the vote ended, ANC and DA T-shirt wearers cross paths courteously. Today, it’s different. The DA’s national leader is holding a rally in a vacant lot. A few hundred people are there, including a good third of children, three-quarters of them ragged. Not an ANC T-shirt in sight amid the smoke of braais and deafening music. Fewer than ten pale faces: the journalist I’m driving, a local official, and activists. A small convoy of limousines arrives—just four, fewer than any of President Zuma’s offspring’s private stables. The crowd stirs, flags wave, and ululations ring out. Mmusi Maimane is a light-skinned mixed-race man, towering over the assembly, which he gently parts, joining in the dances and posing for selfies. He’ll give his speech, half in English, half in Afrikaans, perched on a truck platform—the meeting’s cost must be bearable for taxpayers. A mediocre populist orator, no doubt, but skilled. Two hours later, in the evening, another gathering. This time in a historic town property. A hundred and fifty people, casual chic, all white except for three mixed-race individuals... and the DA President. A Rotary Club vibe: everyone the town has in terms of farmers, shopkeepers, and entrepreneurs has paid their dues to honor Mmusi Maimane’s visit. His admirers see him as a new Mandela or compare him to Obama; his opponents think he’s being manipulated, and his detractors call him a traitor. He’s under forty, intelligent, and his wife is white. The chance he’ll become President of South Africa isn’t zero. * Posh Port Out, Starboard Home. Sonja, who walks the desert at dawn, calls one of her acquaintances posh, meaning snobbish. She’s got a sharp tongue. Wealthy English people (not the ones sent to Australia as convicts one-way) traveling to India would book their cabin on the port side on the way out and starboard on the way back. That way, they had a view of the coast throughout the journey instead of the ocean’s emptiness—whatever Kersauzon says. I didn’t know that by choosing my seat on the plane, depending on the route and time, so the sun lights up the landscape instead of blinding me, I was being posh. * Cosmopolitan Wine Tasting A pale lookalike of Jacob Zuma, a painter teaching his art in Europe; an Antwerp writer in South Africa; a desert gardener with a surfer look; an Irishwoman teaching yoga in the Karoo; an Afrikaner passionate about world history; another, our host, up to his neck in wine; and two French observers—observed observers. Conversations flow, then bottles, just before some hosts leave. Recurring corruption scandals involving President Zuma and his inner circle. A Chenin Blanc. Napoleon, who could have changed the course of South African history. An unwooded Chardonnay. The snake, a puff adder, one found in her garden. A Sauvignon Blanc. The kudu hit by a car at the village exit, which didn’t survive. A Pinotage. The bloody Anglo-Boer War. A Shiraz named Down to Earth. * Little Patagonia A story of pressure or depression, temperature differentials, or perhaps an age-old war between the elements—almost every day at the end of the afternoon, as if tucking in, the wind rushes down the mountain and gives a free haircut. When it falls, you don’t know where, and you hope it hurt itself and won’t get back up. I’m going to build a mast on the house, hoist the sails, trim them, and sail across the desert—it will remember the sea. *
Meeting in the township.

Since a cover is needed (in black and white)...
The Burst Hose. The passenger is so impatient to arrive that the coachman whips a horse that barely tolerates the mistreatment. I can tell she’s gearing up for a kick, and suddenly, at full gallop, she stops responding. If I press the spur, she cuts out but accepts a half-pressed pedal. She pulled this stunt last year, right in the middle of the Kalahari Desert, and I can guess the trick: she blew a hose! An hour at a slow trot brings us to a Ford garage. A workshop manager, as sullen as he is efficient, has the necessary parts removed to reach the hose, then announces he doesn’t have the spare part and will need a week to get it. I suggest taking advantage of the access to make a temporary repair on the tear, but he refuses, arguing the pressure is so high that the patch would give way immediately—"It’s not a Testarossa, after all!" After reassembly, he refuses to charge us anything and advises us to head to the next town, 200 kilometers away—off we go for another four hours. Semi-trailers overtake us without mercy; I’m reminded of *Duel*. At the Land Rover dealership, we learn the part will take two working days to arrive, and it’s Thursday. I decide to have the hose delivered to the house without wheels—I’ll change it myself. Five hours later, climbing the pass in first gear, we reach the object of her desires. * Hide and Seek In Brittany, my neighbor is a taciturn, touchy fisherman. He’s anchored his old boat in the middle of the estuary that separates two departments and uses it as a storage space. It’s a jumble of nets, buoys, and traps. The old wooden vessel is falling apart, and the hull’s paint is nothing but a distant memory—so much so that the Maritime Affairs Directorate of his department orders him to remove it or repaint it. Asterix also runs a restaurant on the harbor, where he treats customers to his catch. One Sunday afternoon, we see him loading cooks, servers, and dishwashers armed with rollers, brushes, and paint cans into dinghies. Off they go for two hours of slapdash painting and laughter. Once the starboard side is done, everyone returns to prepare for the evening service. The port side will wait until the Maritime Affairs Directorate from the other department reacts. This story came back to me when I got home: the side visible from the road had been repainted, but the other side was left as is. * The Blonde, the Red, the White, and the Black Many workers are paid at the end of each week, but alcohol sales for takeaway are banned on Saturdays and Sundays. So, on Friday nights, the bars are packed, and liquor stores never empty—of people who are already full. Their limited means reduce them to cheap, harsh wines or bland beers. Yet, they still end up wasted.
* Seven In mainland France, you can easily raise seven sheep per hectare. In the Great Karoo, it takes seven hectares of sparse but tasty vegetation to feed just one sheep. Not to mention the energy spent moving around. Add to that the fact that a French sheep produces about one and a half lambs per year, while here, between droughts and jackals, it’s closer to 0.7, and you’ll understand why, with a 7,000-hectare farm—the local basic unit—a South African farmer’s income barely exceeds that of a farm a hundred times smaller in Brittany. This weekend, the annual agricultural show is taking place at the fairgrounds. Some come from far away, so a procession of pickups, trailers, and trucks loaded with sheep makes its way up the main street: we’re definitely in the Karoo. I expected a competition of lean, wiry ascetics, able to pass on traits useful to the environment, but I suspect these bodybuilder show animals don’t just graze on the bush and are doped with alfalfa. Besides, I caught a dealer red-handed with a bag of pellets. * They’re Not Dolls Ken is a professional hunting guide, working independently. When it’s not hunting season, he goes fishing for clients, mainly in the United States. He says Trump’s election—whom he slightly resembles, though younger—would be good for his business, but he doesn’t like Trump, nor, it seems, his clients much. He wanted to be a farmer, but in the post-apartheid context, taking over a farm was a gamble. His wife, who’s more beautiful than Barbie and Melania, silently agrees. * Neighbors That’s the problem with women: their *it girl* side. Within a year of her moving in, we got two new neighbors. One on the other side of the track, the other half an hour away (here, that’s *next door*). One only travels at the controls of his black helicopter, the other aboard his private Boeing 737. The first is a very wealthy farmer from the northeast of the country who’s expanding into the Karoo. He just bought two non-contiguous farms of 6,000 hectares each. I still don’t know what the owner of the farm in between is thinking. The newcomer plans to create a wildlife reserve for breeding purposes; our future neighbors will be giraffes, rhinos, and antelopes, including rare species like the Sable. They say he’s a man in a hurry, determined: when the municipality dragged its feet on his request to refurbish the public track that serves as our border, he just went ahead and did it himself. It was a historic farm, crossed by paths leading to other farms, home to a pond full of birds where water from the mountain ends up after the villagers have taken their share. That’s where the golf course I was about to become the 29th member of was located. Now, it’s all closed off, fenced, and lined with monumental gates. The Wild West in the Western Cape. Is it because his name ends in ‘-ski’ that rumors link him to Slavic mafias and advise against crossing him? The same rumors say he’s involved in the uranium market—well, there’s uranium in the Karoo’s subsoil. The second neighbor is a Saudi prince who just bought a modestly sized farm—3,500 hectares—but don’t think he’s a minor prince. He paid four and a half times the market price to get it! The farm had been in the same family for two centuries, and the owners refused to even consider selling. The prince’s agent—money, in this case, black gold—kept coming back every week despite repeated refusals, finally saying his client wanted this farm at any price. A price they were asked to set. And that’s how you sell your ancestors’ graves. There are plenty of huge farms for sale here, but the prince was looking for a property where he wouldn’t see any roads, tracks, or other houses or farms. He’ll come a few days a year to hunt. However, he’s annoyed: the runway at the nearest airport, two hours away, isn’t long enough for his private jet, so he’ll have to land in Cape Town, like me, and endure nearly two hours by helicopter. That’s how it goes in South Africa. I’d be curious to know what Julius Malema, leader of the EFF (Economic Freedom Fighters), who advocates the Zimbabwean model of land redistribution, thinks about it.
* Biko The autobiography of a journalist and politician of European descent, South African, is published this week. In 1977, this rookie got her editor’s permission to investigate the death in detention of black leader Steve Biko. The apartheid regime’s political police claimed he had died from a hunger strike. The bold young woman discovered that the medical examiners reported a slightly overweight corpse, and later, it was revealed that Biko had died from abuse, if not torture. Under pressure after publishing her investigation, Helen Zille, disillusioned, gave up journalism and turned to politics. She is one of the white South Africans who fought against apartheid, and it’s reassuring that some people have a conscience that transcends class or race. *
You Have the Watches... …we have the time. Anyone who’s worked with Africans knows this response they occasionally throw at us. Willem, the inconsistent gardener, couldn’t stand the observation: running around the place at top speed, even with a pitchfork over his shoulder, wasn’t getting the job done. So Jan replaced him. We share the same first name—no doubt we’ll accomplish great things. He’s known to be reliable, meaning he shows up for work, and he only speaks Afrikaans. We communicate like at the circus: thumbs up, thumbs down. Jan has the build of a bushman but the bone structure and features of a mixed-race person—multiple mixes. He’s a sprite, always moving, sometimes without purpose or destination (the journey is the path). I lose sight of him—it’s not exactly a virgin forest—and he reappears elsewhere, busy. Jan doesn’t understand wasted water—he must think the same of us trying to cultivate the desert. He’s a gardener like I’m a violinist, virtuosos of playback. After a very light lunch, he lies down on the ground in the shadow of the stables and falls asleep. If his arrival time in the morning is variable, it’s never before the agreed hour, but his departure time is unchanging: it’s 3 PM, no matter what. No point trying to fool him; he can count and shows me the fancy watch eating up his thin wrist. * Colours Veldrift, Oyster Catcher, Lobster Red, Namib, Dune, Lion's Den, Kalahari, Bush Fire, Karoo Dawn, Cape Fynbos, Safari Trail, African Pan, Bushveld Plains, African Queen, Karoo Drift. A bestiary? A herbarium? No, the colors offered by the country’s top paint manufacturer. All the shades of the continent from an armchair. * Pets She loves three mastiffs, a meter tall at the withers. Is it for their beauty? Their breed? Their deterrent power, because knowing these beasts exist, no one would dare enter her property without an invitation? A bit of all that, probably. She won’t say. She loves pets but likes other people’s less, especially the poor ones. So, she actively participates in the campaign to sterilize dogs and cats in the neighboring township. Just think, the poor things can’t afford to feed or care for them, meaning they can’t ensure them a decent life. She and others justify the pets section of the local mini-supermarket. Whether your pet is a puppy, adult, or mature, whether it likes fish or prefers beef (no one thought of a dog-based reference from the township?), you’ll find your happiness. While you order, many locals will only have access to the parking lot to beg. * Democracy in Africa
What would Tocqueville say about Democracy in America this fall? After the father, we had the son; after the husband, and by default, we might get the wife. No one else, really? Let’s not talk about France and its current vaudeville. A Ivorian academic believes African peoples aren’t ready for "Western-style" democracy (caricatured as a free T-shirt buying a vote). Does he know the same is true elsewhere, where many voters vote not for a vision, a project, or convictions, but to protect their own interests? Here in South Africa, national elections were held recently, confirming the ANC’s decline in favor of the Democratic Alliance (DA). Historically (since the end of apartheid) seen as the party of whites (who make up less than 10% of the population), it has managed to rally those disillusioned by the clientelism, incompetence, and corruption of Mandela’s unworthy heirs. The DA now governs five of the country’s six largest cities. In the neighboring township, long after the vote ended, ANC and DA T-shirt wearers cross paths courteously. Today, it’s different. The DA’s national leader is holding a rally in a vacant lot. A few hundred people are there, including a good third of children, three-quarters of them ragged. Not an ANC T-shirt in sight amid the smoke of braais and deafening music. Fewer than ten pale faces: the journalist I’m driving, a local official, and activists. A small convoy of limousines arrives—just four, fewer than any of President Zuma’s offspring’s private stables. The crowd stirs, flags wave, and ululations ring out. Mmusi Maimane is a light-skinned mixed-race man, towering over the assembly, which he gently parts, joining in the dances and posing for selfies. He’ll give his speech, half in English, half in Afrikaans, perched on a truck platform—the meeting’s cost must be bearable for taxpayers. A mediocre populist orator, no doubt, but skilled. Two hours later, in the evening, another gathering. This time in a historic town property. A hundred and fifty people, casual chic, all white except for three mixed-race individuals... and the DA President. A Rotary Club vibe: everyone the town has in terms of farmers, shopkeepers, and entrepreneurs has paid their dues to honor Mmusi Maimane’s visit. His admirers see him as a new Mandela or compare him to Obama; his opponents think he’s being manipulated, and his detractors call him a traitor. He’s under forty, intelligent, and his wife is white. The chance he’ll become President of South Africa isn’t zero. * Posh Port Out, Starboard Home. Sonja, who walks the desert at dawn, calls one of her acquaintances posh, meaning snobbish. She’s got a sharp tongue. Wealthy English people (not the ones sent to Australia as convicts one-way) traveling to India would book their cabin on the port side on the way out and starboard on the way back. That way, they had a view of the coast throughout the journey instead of the ocean’s emptiness—whatever Kersauzon says. I didn’t know that by choosing my seat on the plane, depending on the route and time, so the sun lights up the landscape instead of blinding me, I was being posh. * Cosmopolitan Wine Tasting A pale lookalike of Jacob Zuma, a painter teaching his art in Europe; an Antwerp writer in South Africa; a desert gardener with a surfer look; an Irishwoman teaching yoga in the Karoo; an Afrikaner passionate about world history; another, our host, up to his neck in wine; and two French observers—observed observers. Conversations flow, then bottles, just before some hosts leave. Recurring corruption scandals involving President Zuma and his inner circle. A Chenin Blanc. Napoleon, who could have changed the course of South African history. An unwooded Chardonnay. The snake, a puff adder, one found in her garden. A Sauvignon Blanc. The kudu hit by a car at the village exit, which didn’t survive. A Pinotage. The bloody Anglo-Boer War. A Shiraz named Down to Earth. * Little Patagonia A story of pressure or depression, temperature differentials, or perhaps an age-old war between the elements—almost every day at the end of the afternoon, as if tucking in, the wind rushes down the mountain and gives a free haircut. When it falls, you don’t know where, and you hope it hurt itself and won’t get back up. I’m going to build a mast on the house, hoist the sails, trim them, and sail across the desert—it will remember the sea. *
Meeting in the township.
Since a cover is needed (in black and white)...
Allez je me lance dans la rédaction du carnet de nos vacances !
En préambule, je voudrais remercier tous ceux sur ce forum qui m'ont aidée à préparer ce voyage et qui ont si gentiment et patiemment répondu à toutes les questions que je me posais pendant son organisation ! C'est grâce à eux que ce périple a été une réussite !
Petite présentation des voyageurs d'abord :
De droite à gauche, entre Bob le minion et Gru : P. mon mari, L. 15 ans, M. 17 ans (si si, la petite tête au chapeau tout derrière !), T. 12 ans et moi !
Nous souhaitions faire un grand voyage aux Etats-Unis avec nos enfants et j'imaginais que cela se ferait plutôt à l'été 2017, lorsque nous aurions enfin fini de rembourser notre maison. Mais à l'automne dernier, nous avons réalisé que notre fille allait passer le bac en 2017, puis enchaînerait sur des études et que donc l'été 2016 serait certainement le dernier où cela serait facile d'organiser des vacances en famille au complet. Alors zou, on casse la tirelire et à nous les Usa !
La décision du grand voyage prise, il a fallu déterminer le parcours.
J'avais le vieux rêve de descendre le long du Pacifique par la route 101/1, les enfants voulaient voir Seattle pour la Space Needle (à force de la voir en fond d'écran sur leur ordi 😏) et pour se rendre sur les terres de leur chanteur préféré, Macklemore, ils souhaitaient aller à San Francisco parce que San Francisco et à Los Angeles pour les studios Universal, et mon mari, accommodant comme toujours était d'accord pour tout. De plus, une de nos belles-soeurs vit à Los Angeles et cela nous donnait enfin une occasion de lui rendre visite. Le trajet était trouvé !
Voici au jour le jour nos nuitées : - Du 11/07 au 14/07 Seattle - 14/07 - 15/07 Port Angeles - 15/07 - 17/07 La Push - 17/07 - 19/07 Ilwaco - 19/07 - 21/07 Portland - 21/07 - 23/07 Bend - 23/07 - 24/07 White city - 24/07 - 25/07 Eureka - 25/07 - 26/07 Mendocino - 26/07 - 29/07 San Francisco - 29/07 - 31/07 Pacific Grove (Monterey) - 31/07 - 01/08 Morro Bay - 01/08 - 02/08 Santa Barbara - 02/08 - 04/08 Los Angeles
Nous sommes rentrés depuis un peu plus de quinze jours maintenant, et je vis encore ce voyage. J'essaie de faire un bilan, de définir ce qui m'a le plus étonnée, le plus marquée, et c'est difficile parce que tout se bouscule dans ma tête et que nous avons vécu tant de chose pendant ces 24 jours ! J'espère que raconter au jour le jour ce voyage en reprenant les notes prises chaque soir va m'aider à faire le tri... En tout cas, nous avons fait un séjour inoubliable, tous les jours l'un d'entre nous y fait référence... et j'ai déjà envie de repartir ! Pour ce qui est de la logistique et de l'organisation matérielle : - billets d'avion pris chez Air France en novembre. Vols multidestinations Paris-Seattle et Los Angeles-Paris, opérés à l'aller par Delta Airlines et au retour par Air France. 6500 euros pour nous 5 (4 prix adultes et 1 jeune), j'ai privilégié les vols directs. Les vols se sont bien passés, malgré du retard au départ à chaque fois. - voiture réservée en janvier chez Alamo. Catégorie Dodge Gran Caravan. Grâce à un lien donné par un forumeur (je suis désolée, je ne sais plus qui exactement, en tout cas merci infiniment encore !), j'obtiens une réduction de 10 %, le conducteur additionnel gratuit et la possibilité de rendre le réservoir d'essence vide. Nous aurons une Toyota Sienna, parfaite pour nous 5 et nos 5 valises. - nuits en hôtels uniquement, quasiment tous réservés via booking.com. Aucun souci concernant les réservations. A 5 personnes nécessitant un couchage adulte, j'ai dû la plupart du temps réserver deux chambres séparées. Il y a également eu des fois où nous étions dans un seul logement, avec deux chambres et parfois une cuisine. - repas pris le plus souvent sous forme de pique-nique le midi et au restaurant le soir. Restaurants souvent fast-food, nous ne sommes pas de grands gastronomes, et nos 3 ados étaient ravis de toute façon. T. s'est même lancé le challenge de manger le plus de hamburgers possibles pendant le séjour, et est arrivé à 13 ! La plupart des petits déjeuners ont été pris à l'hôtel. - les billets pour la majorité des attractions prévues ont été pris à l'avance, pour bénéficier de prix intéressants (Universal studios à 85 $) et de places disponibles (Alcatraz). Ils avaient été offert comme cadeaux de Noël en avance aux enfants par leurs grands-parents. Pour ceux que ça intéresserait, au total ce voyage nous a coûté presque 18000 euros pour nous 5.
Dans le prochain message, notre arrivée à Seattle ! (ici )

De droite à gauche, entre Bob le minion et Gru : P. mon mari, L. 15 ans, M. 17 ans (si si, la petite tête au chapeau tout derrière !), T. 12 ans et moi !
Nous souhaitions faire un grand voyage aux Etats-Unis avec nos enfants et j'imaginais que cela se ferait plutôt à l'été 2017, lorsque nous aurions enfin fini de rembourser notre maison. Mais à l'automne dernier, nous avons réalisé que notre fille allait passer le bac en 2017, puis enchaînerait sur des études et que donc l'été 2016 serait certainement le dernier où cela serait facile d'organiser des vacances en famille au complet. Alors zou, on casse la tirelire et à nous les Usa !
La décision du grand voyage prise, il a fallu déterminer le parcours.
J'avais le vieux rêve de descendre le long du Pacifique par la route 101/1, les enfants voulaient voir Seattle pour la Space Needle (à force de la voir en fond d'écran sur leur ordi 😏) et pour se rendre sur les terres de leur chanteur préféré, Macklemore, ils souhaitaient aller à San Francisco parce que San Francisco et à Los Angeles pour les studios Universal, et mon mari, accommodant comme toujours était d'accord pour tout. De plus, une de nos belles-soeurs vit à Los Angeles et cela nous donnait enfin une occasion de lui rendre visite. Le trajet était trouvé !Voici au jour le jour nos nuitées : - Du 11/07 au 14/07 Seattle - 14/07 - 15/07 Port Angeles - 15/07 - 17/07 La Push - 17/07 - 19/07 Ilwaco - 19/07 - 21/07 Portland - 21/07 - 23/07 Bend - 23/07 - 24/07 White city - 24/07 - 25/07 Eureka - 25/07 - 26/07 Mendocino - 26/07 - 29/07 San Francisco - 29/07 - 31/07 Pacific Grove (Monterey) - 31/07 - 01/08 Morro Bay - 01/08 - 02/08 Santa Barbara - 02/08 - 04/08 Los Angeles
Nous sommes rentrés depuis un peu plus de quinze jours maintenant, et je vis encore ce voyage. J'essaie de faire un bilan, de définir ce qui m'a le plus étonnée, le plus marquée, et c'est difficile parce que tout se bouscule dans ma tête et que nous avons vécu tant de chose pendant ces 24 jours ! J'espère que raconter au jour le jour ce voyage en reprenant les notes prises chaque soir va m'aider à faire le tri... En tout cas, nous avons fait un séjour inoubliable, tous les jours l'un d'entre nous y fait référence... et j'ai déjà envie de repartir ! Pour ce qui est de la logistique et de l'organisation matérielle : - billets d'avion pris chez Air France en novembre. Vols multidestinations Paris-Seattle et Los Angeles-Paris, opérés à l'aller par Delta Airlines et au retour par Air France. 6500 euros pour nous 5 (4 prix adultes et 1 jeune), j'ai privilégié les vols directs. Les vols se sont bien passés, malgré du retard au départ à chaque fois. - voiture réservée en janvier chez Alamo. Catégorie Dodge Gran Caravan. Grâce à un lien donné par un forumeur (je suis désolée, je ne sais plus qui exactement, en tout cas merci infiniment encore !), j'obtiens une réduction de 10 %, le conducteur additionnel gratuit et la possibilité de rendre le réservoir d'essence vide. Nous aurons une Toyota Sienna, parfaite pour nous 5 et nos 5 valises. - nuits en hôtels uniquement, quasiment tous réservés via booking.com. Aucun souci concernant les réservations. A 5 personnes nécessitant un couchage adulte, j'ai dû la plupart du temps réserver deux chambres séparées. Il y a également eu des fois où nous étions dans un seul logement, avec deux chambres et parfois une cuisine. - repas pris le plus souvent sous forme de pique-nique le midi et au restaurant le soir. Restaurants souvent fast-food, nous ne sommes pas de grands gastronomes, et nos 3 ados étaient ravis de toute façon. T. s'est même lancé le challenge de manger le plus de hamburgers possibles pendant le séjour, et est arrivé à 13 ! La plupart des petits déjeuners ont été pris à l'hôtel. - les billets pour la majorité des attractions prévues ont été pris à l'avance, pour bénéficier de prix intéressants (Universal studios à 85 $) et de places disponibles (Alcatraz). Ils avaient été offert comme cadeaux de Noël en avance aux enfants par leurs grands-parents. Pour ceux que ça intéresserait, au total ce voyage nous a coûté presque 18000 euros pour nous 5.
Dans le prochain message, notre arrivée à Seattle ! (ici )

Jour 1 (14 février) - Joyeuse Saint-Valentin !
Ma chère bachelorette, cette année, pour la Saint Valentin, je vais te sortir le grand jeu ! Je vais t’emmener dans un restaurant digne de ton standing... Mais non, pourquoi veux-tu toujours aller au Flunch, tu mérites mieux que ça, quand même !?!… Et tu n’auras pas non plus droit à une petite auberge de campagne… Ni même à un resto branché du centre-ville… Non, cette année, je me suis surpassé pour marquer cet événement d’une pierre jaune ! Au menu de la Saint Valentin, ce sera plateau repas made in Ukraine Airlines ! Original, n’est-ce pas ? Et devine quoi ?... Un vol est même compris dans le prix du repas ! Du coup, on en profitera pour rester les trois prochaines semaines là où le commandant de bord décidera de nous parachuter… Je viens de m’entretenir avec lui et attention… roulement de tambourin… ce sera en Birmanie !!! « Alors là, non ! Y en a marre de chez marre de payer des rançons pour des gens comme vous qui voyagent dans des pays qui craignent !… Qu’est-ce que vous allez faire dans ce pays totalitaire, encore ? Tu vas peut-être me dire que c'est pour ses régions encore interdites aux étrangers ? Ou alors pour son conflit tribal ? A moins que ce ne soit pour vivre aux côtés de sa population, une des plus pauvres au monde ? »
Je savais que je n’pouvais pas compter sur toi, lâcheur !… Une personne censée et intelligente m’aurait plutôt dit, la Birmanie, pourquoi pas ??? Déjà, l'Asie est le terrain de jeu idéal en cette ère glaciaire de février. Ensuite, les carnets de route que je me suis injecté depuis plusieurs années en intraveineuse m’ont contraint et forcé à inscrire cette destination sur ma sacrosainte longue liste de souhaits de voyage. Enfin, les yeux pétillants de nos routards d’amis Jérôme et Chloé à l'évocation de leur voyage là-bas ont fait le reste, c’est-à-dire faire gagner au classement les nombreuses et précieuses places à la Birmanie afin qu’elle arrive touuuuut là-haut, en tête de cette liste ! Et puis un repas de Saint Valentin chez Ukraine Airlines à mille sept cents euros pour quatre, ça ne pouvait pas se refuser ! Donc le Myanmar, je valide !
« Alors là, je ne comprends plus rien à ton histoire à dormir debout ! Il y a encore deux minutes, tu disais que c’était en Birmanie que vous partiez, non ? » Ben oui, première info pour toi, la Birmanie est au Myanmar ce qu’est le Ceylan pour le Sri Lanka... Ok, vus tes yeux tout estomaqués, je pense que ma métaphore n’a pas abouti au résultat escompté… Et la Gaule pour la France, tu comprends mieux comme ça ?... En fait, le Myanmar est le nouveau sobriquet de la Birmanie depuis 1989, date à laquelle la junte militaire en place a décidé de rebaptiser le pays pour cause de… Ah non, en fait, ils n’avaient pas vraiment de raison… Mais bon, au final, doit-on dire « Birmanie » ou « Myanmar » ? La célèbre Aung San Suu Kyi a déclaré à ce sujet : « Les militaires ont rebaptisé le pays contre la volonté du peuple, nous continuerons pour notre part à l'appeler Birmanie et nous ne reviendrons pas sur cette décision ». Sauf que comme tu le sais peut-être, la junte a enfermé Aung San Suu Kyi de nombreuses années à cause de son opposition au pouvoir. Du coup, dans ce carnet, j’emploierai les deux termes simplement pour m’éviter des répétitions, mais sur place, fais ce qu’il te plait, mais moi, ce sera Myanmar pour éviter de finir le séjour en taule !
Bon, lorsque tu m’as interrompu, je disais donc que le Myanmar, je valide ! Et plutôt mille fois qu’une ! Donc si tu as d’autres questions, n’hésite pas… : « Quand aura lieu votre petite sauterie ? - En février, mais ça, je l’ai déjà dit ! - Avec qui ? - On prend les mêmes zigotos et on r’commence, soit les personnes à peu près normales que voici : Anna la chieuse (ma fille de 8 ans), Sasha la chieuse (ma seconde fille de 5 ans), Sandrine la chieuse (ma femme), et moi, le tour-opérateur de A comme « Aéroport » jusqu’à Z comme « Z’était drôlement bien ! » Enfin, ça, c’est c’que j’espère… - Où ? - La boucle classique, Mandalay, Bagan, Inle, Rangoon et deux trois aventures par-ci par-là dans des coins moins fréquentés. Mais ça, on aura l’occasion d’en reparler un peu plus tard... - En combien de temps ? - Seulement trois semaines… - Pourquoi dis-tu « seulement trois semaines » ? - Ben à ton avis ?... Parce que Herr Colonel Sandrine n’a pas voulu plus, pardi !!! Et puis tu m’en poses, toi, des questions !!! Allez, au lieu de me faire perdre mon temps avec tes questions, au lieu de déguster ta petite coupe de champagne pour la Saint Valentin, n’as-tu pas plutôt envie d’un petit verre d’alcool de riz, n’as-tu pas plutôt envie de partir avec nous vers de nouvelles aventures pour te réchauffer entre deux perturbations ? Si ? Et bien suis-nous et tais-toi !!! »
La suite bientôt... mais déjà dispo sur mon blog (avec photos)... http://onpartenvadrouille.over-blog.com/2015/02/joyeuse-saint-valentin.html
Ma chère bachelorette, cette année, pour la Saint Valentin, je vais te sortir le grand jeu ! Je vais t’emmener dans un restaurant digne de ton standing... Mais non, pourquoi veux-tu toujours aller au Flunch, tu mérites mieux que ça, quand même !?!… Et tu n’auras pas non plus droit à une petite auberge de campagne… Ni même à un resto branché du centre-ville… Non, cette année, je me suis surpassé pour marquer cet événement d’une pierre jaune ! Au menu de la Saint Valentin, ce sera plateau repas made in Ukraine Airlines ! Original, n’est-ce pas ? Et devine quoi ?... Un vol est même compris dans le prix du repas ! Du coup, on en profitera pour rester les trois prochaines semaines là où le commandant de bord décidera de nous parachuter… Je viens de m’entretenir avec lui et attention… roulement de tambourin… ce sera en Birmanie !!! « Alors là, non ! Y en a marre de chez marre de payer des rançons pour des gens comme vous qui voyagent dans des pays qui craignent !… Qu’est-ce que vous allez faire dans ce pays totalitaire, encore ? Tu vas peut-être me dire que c'est pour ses régions encore interdites aux étrangers ? Ou alors pour son conflit tribal ? A moins que ce ne soit pour vivre aux côtés de sa population, une des plus pauvres au monde ? »
Je savais que je n’pouvais pas compter sur toi, lâcheur !… Une personne censée et intelligente m’aurait plutôt dit, la Birmanie, pourquoi pas ??? Déjà, l'Asie est le terrain de jeu idéal en cette ère glaciaire de février. Ensuite, les carnets de route que je me suis injecté depuis plusieurs années en intraveineuse m’ont contraint et forcé à inscrire cette destination sur ma sacrosainte longue liste de souhaits de voyage. Enfin, les yeux pétillants de nos routards d’amis Jérôme et Chloé à l'évocation de leur voyage là-bas ont fait le reste, c’est-à-dire faire gagner au classement les nombreuses et précieuses places à la Birmanie afin qu’elle arrive touuuuut là-haut, en tête de cette liste ! Et puis un repas de Saint Valentin chez Ukraine Airlines à mille sept cents euros pour quatre, ça ne pouvait pas se refuser ! Donc le Myanmar, je valide !
« Alors là, je ne comprends plus rien à ton histoire à dormir debout ! Il y a encore deux minutes, tu disais que c’était en Birmanie que vous partiez, non ? » Ben oui, première info pour toi, la Birmanie est au Myanmar ce qu’est le Ceylan pour le Sri Lanka... Ok, vus tes yeux tout estomaqués, je pense que ma métaphore n’a pas abouti au résultat escompté… Et la Gaule pour la France, tu comprends mieux comme ça ?... En fait, le Myanmar est le nouveau sobriquet de la Birmanie depuis 1989, date à laquelle la junte militaire en place a décidé de rebaptiser le pays pour cause de… Ah non, en fait, ils n’avaient pas vraiment de raison… Mais bon, au final, doit-on dire « Birmanie » ou « Myanmar » ? La célèbre Aung San Suu Kyi a déclaré à ce sujet : « Les militaires ont rebaptisé le pays contre la volonté du peuple, nous continuerons pour notre part à l'appeler Birmanie et nous ne reviendrons pas sur cette décision ». Sauf que comme tu le sais peut-être, la junte a enfermé Aung San Suu Kyi de nombreuses années à cause de son opposition au pouvoir. Du coup, dans ce carnet, j’emploierai les deux termes simplement pour m’éviter des répétitions, mais sur place, fais ce qu’il te plait, mais moi, ce sera Myanmar pour éviter de finir le séjour en taule !
Bon, lorsque tu m’as interrompu, je disais donc que le Myanmar, je valide ! Et plutôt mille fois qu’une ! Donc si tu as d’autres questions, n’hésite pas… : « Quand aura lieu votre petite sauterie ? - En février, mais ça, je l’ai déjà dit ! - Avec qui ? - On prend les mêmes zigotos et on r’commence, soit les personnes à peu près normales que voici : Anna la chieuse (ma fille de 8 ans), Sasha la chieuse (ma seconde fille de 5 ans), Sandrine la chieuse (ma femme), et moi, le tour-opérateur de A comme « Aéroport » jusqu’à Z comme « Z’était drôlement bien ! » Enfin, ça, c’est c’que j’espère… - Où ? - La boucle classique, Mandalay, Bagan, Inle, Rangoon et deux trois aventures par-ci par-là dans des coins moins fréquentés. Mais ça, on aura l’occasion d’en reparler un peu plus tard... - En combien de temps ? - Seulement trois semaines… - Pourquoi dis-tu « seulement trois semaines » ? - Ben à ton avis ?... Parce que Herr Colonel Sandrine n’a pas voulu plus, pardi !!! Et puis tu m’en poses, toi, des questions !!! Allez, au lieu de me faire perdre mon temps avec tes questions, au lieu de déguster ta petite coupe de champagne pour la Saint Valentin, n’as-tu pas plutôt envie d’un petit verre d’alcool de riz, n’as-tu pas plutôt envie de partir avec nous vers de nouvelles aventures pour te réchauffer entre deux perturbations ? Si ? Et bien suis-nous et tais-toi !!! »
La suite bientôt... mais déjà dispo sur mon blog (avec photos)... http://onpartenvadrouille.over-blog.com/2015/02/joyeuse-saint-valentin.html
Du 4 au 23 août 2013, nous avons visité une petite partie du Vietnam. Hanoi, Nghia Lo, Tu Le, Mu Cang Chai, Sapa, Bac Ha, baie d'Halong, Tam Coc et la baie d'Halong terrestre, Hué, Hoi An, telles ont été nos étapes.
Un très beau voyage durant lequel nous avons vécu des moments forts, fait de belles rencontres et vu des paysages splendides: de l'authentique et des cartes postales de rêve.
Ce circuit a été élaboré avec l'agence GP Travel, basée à Hanoi, que je recommande chaudement. Tant durant la préparation que durant le séjour, les échanges ont été cordiaux, nos interlocuteurs se sont en permanence adaptés à nos souhaits, les prestations étaient largement à la hauteur de nos attentes. Vraiment top !

Nous étions accompagnés durant les 13 jours dans la partie nord par Chung, guide francophone, bavard, enjoué et très débrouillard, ayant un excellent contact avec les ethnies minoritaires, et Chin, notre chauffeur, attentif à sa conduite et à nos pauses photos. Dans la partie sud, durant 3 jours par Anh, guide francophone cultivée et Than, notre chauffeur. Tous ont toujours été très soucieux de notre rythme, de nos souhaits. Un vrai plus dans un pays dont la chaleur moite en Août fatigue.
Nous ? Une famille composée de 3 adolescents (17 ans, 16 ans et 13 ans); nous privilégions les étapes courtes aux longues routes, nous aimons mixer les hébergements simples et locaux et d'autres plus confortables. Nous aimons randonner et apprécions également de découvrir une autre culture.
Dimanche 4 – Hanoi
Arrivée à l'aéroport d'Hanoi à 6h35 après un vol direct de 11h25 avec Vietnam Airlines. L'obtention du visa se fait sur présentation d'une lettre d'invitation et contre remise d'une photo d'identité et de 45$. Pas moins de six fonctionnaires sont sollicités pour délivrer le précieux sésame : celui qui réceptionne les documents, l'un qui prépare le visa, l'autre qui contrôle, le suivant qui tamponne, celui qui vérifie et le dernier qui remet les passeports ainsi décorés moyennant finance.... La démarche est donc un peu longue; heureusement nous étions dans les premiers.
Nous arrivons à l'hôtel vers 8h soit 3h du matin, heure française. La curiosité l'emporte sur la fatigue, nous sortons de suite.
Le vieux Hanoi : Quel choc, tous nos sens sont sollicités : la très dense circulation erratique et sonore des vélos et des scooters. Les marchands ambulants dont la bicyclette est chargée pour l'un de fleurs, pour l'autre de fruits, pour certains de produits divers...., la multitude de petites boutiques, ou plutôt d'étals sur le trottoir, les restaurants de rue avec les marmites à même le sol d'où s'échappent de plus ou moins appétissantes effluves.









Si l'animation est à son comble sur le bitume, un autre type de circulation est tout aussi surprenante quelques mètres plus haut ... Celles des fils électriques.

et qui dit animation, dit habitation !!!

Après cette première immersion et un tour du Lac Hoan Kiem (littéralement le Lac de l'épée restituée), la pause s'impose.

Vers midi, nous ressortons pour aller déjeuner dans un restaurant de rue : Le Bun Bo Nam Bo. J'en ai les papilles qui salivent rien que de le citer ! Je me régale avec le plat éponyme, plat du sud du Vietnam, constitué de nouilles séches au bœuf assaisonné de germes de soja, d’ail, citronelle et mangue verte. Une des meilleures expériences gustatives du séjour, les autres plats sont tout aussi appréciés. Délicieux !
Nous poursuivons un peu plus loin jusqu'à la cathédrale puis allons visiter le Musée des Femmes vietnamiennes; un beau musée réouvert en 2010 qui a pour mission de faire connaitre le rôle des femmes vietnamiennes dans l’histoire, dans la famille traditionnelle et de nos jours. On y découvre outre les traditions du mariage ou de la naissance, le rôle des femmes dans la construction et la libération de la nation et l’évolution des vêtements féminins. L’agencement est attrayant, on y passe agréablement une petite heure.
Retour à l'hôtel, les distances sont courtes, mais notre attention est perpétuellement sollicitée : traverser entre le flux de deux roues devient vite un jeu, les commerces du Vieux Hanoi sont organisées par corporation; ici les ferblantiers, là les chaussures, plus loin les soieries,

... et de ci, de là des... « Apple store » !!!

Nous faisons un arrêt au 87 Ma May pour visiter un nha ong typique. Un nha ong ? Qu’est ce ? Il s’agit d’une maison-tunnel, c’est à dire toute étroite en façade et profonde avec plusieurs patios permettant à la lumière de pénétrer dans les différentes pièces. Certaines maisons peuvent ainsi n’avoir que 2 mètres de large pour 70 de long. De telles dimensions visent à réduire les taxes foncières qui tiennent compte de la largeur de la façade étonnant…
Après une petite sieste vespérale à l'hôtel, nous décidons de nous rendre dans un autre restaurant de rue. Nous optons pour le Xôi Yên, spécialisé dans le riz gluant garni d’ingrédients savoureux...., encore une bonne adresse. Assis sur nos petits tabourets en plastique à 40 cm du sol, nous apprécions nos plats et nous ne sommes pas les seuls : familles, jeunes plutôt branchés, ... Le restaurant ne désemplit pas.
La nuit est tombée, on pourrait s'attendre à un peu plus de calme, .... Que nenni ! La circulation est toujours aussi dense, les commerces toujours ouverts, d'autres chalands proposent des ballons de baudruche.




On fait un tour durant une heure en cyclo-pousse. Quel plaisir, on se laisse glisser au milieu de cette animation (ou on se laisse bercer, pour ceux d'entre nous qui n'en peuvent plus de sommeil !). Il semblerait que les autorités de la ville aient décidé de supprimer ce mode de locomotion afin de soulager les encombrements de circulation. De petits trains électriques sont progressivement déployés. Pour nous touristes, quel dommage. Cette petite note d'exotisme est autrement plus agréable que l'anonymat d'un petit convoi. Et j'ai la faiblesse de croire que ce sont plusieurs vaillants et courageux cyclistes qui vont être privés de travail, dans une ville où la misère est tout de même assez prégnante.
Un très beau voyage durant lequel nous avons vécu des moments forts, fait de belles rencontres et vu des paysages splendides: de l'authentique et des cartes postales de rêve.
Ce circuit a été élaboré avec l'agence GP Travel, basée à Hanoi, que je recommande chaudement. Tant durant la préparation que durant le séjour, les échanges ont été cordiaux, nos interlocuteurs se sont en permanence adaptés à nos souhaits, les prestations étaient largement à la hauteur de nos attentes. Vraiment top !

Nous étions accompagnés durant les 13 jours dans la partie nord par Chung, guide francophone, bavard, enjoué et très débrouillard, ayant un excellent contact avec les ethnies minoritaires, et Chin, notre chauffeur, attentif à sa conduite et à nos pauses photos. Dans la partie sud, durant 3 jours par Anh, guide francophone cultivée et Than, notre chauffeur. Tous ont toujours été très soucieux de notre rythme, de nos souhaits. Un vrai plus dans un pays dont la chaleur moite en Août fatigue.
Nous ? Une famille composée de 3 adolescents (17 ans, 16 ans et 13 ans); nous privilégions les étapes courtes aux longues routes, nous aimons mixer les hébergements simples et locaux et d'autres plus confortables. Nous aimons randonner et apprécions également de découvrir une autre culture.
Dimanche 4 – Hanoi
Arrivée à l'aéroport d'Hanoi à 6h35 après un vol direct de 11h25 avec Vietnam Airlines. L'obtention du visa se fait sur présentation d'une lettre d'invitation et contre remise d'une photo d'identité et de 45$. Pas moins de six fonctionnaires sont sollicités pour délivrer le précieux sésame : celui qui réceptionne les documents, l'un qui prépare le visa, l'autre qui contrôle, le suivant qui tamponne, celui qui vérifie et le dernier qui remet les passeports ainsi décorés moyennant finance.... La démarche est donc un peu longue; heureusement nous étions dans les premiers.
Nous arrivons à l'hôtel vers 8h soit 3h du matin, heure française. La curiosité l'emporte sur la fatigue, nous sortons de suite.
Le vieux Hanoi : Quel choc, tous nos sens sont sollicités : la très dense circulation erratique et sonore des vélos et des scooters. Les marchands ambulants dont la bicyclette est chargée pour l'un de fleurs, pour l'autre de fruits, pour certains de produits divers...., la multitude de petites boutiques, ou plutôt d'étals sur le trottoir, les restaurants de rue avec les marmites à même le sol d'où s'échappent de plus ou moins appétissantes effluves.









Si l'animation est à son comble sur le bitume, un autre type de circulation est tout aussi surprenante quelques mètres plus haut ... Celles des fils électriques.

et qui dit animation, dit habitation !!!

Après cette première immersion et un tour du Lac Hoan Kiem (littéralement le Lac de l'épée restituée), la pause s'impose.

Vers midi, nous ressortons pour aller déjeuner dans un restaurant de rue : Le Bun Bo Nam Bo. J'en ai les papilles qui salivent rien que de le citer ! Je me régale avec le plat éponyme, plat du sud du Vietnam, constitué de nouilles séches au bœuf assaisonné de germes de soja, d’ail, citronelle et mangue verte. Une des meilleures expériences gustatives du séjour, les autres plats sont tout aussi appréciés. Délicieux !
Nous poursuivons un peu plus loin jusqu'à la cathédrale puis allons visiter le Musée des Femmes vietnamiennes; un beau musée réouvert en 2010 qui a pour mission de faire connaitre le rôle des femmes vietnamiennes dans l’histoire, dans la famille traditionnelle et de nos jours. On y découvre outre les traditions du mariage ou de la naissance, le rôle des femmes dans la construction et la libération de la nation et l’évolution des vêtements féminins. L’agencement est attrayant, on y passe agréablement une petite heure.
Retour à l'hôtel, les distances sont courtes, mais notre attention est perpétuellement sollicitée : traverser entre le flux de deux roues devient vite un jeu, les commerces du Vieux Hanoi sont organisées par corporation; ici les ferblantiers, là les chaussures, plus loin les soieries,

... et de ci, de là des... « Apple store » !!!

Nous faisons un arrêt au 87 Ma May pour visiter un nha ong typique. Un nha ong ? Qu’est ce ? Il s’agit d’une maison-tunnel, c’est à dire toute étroite en façade et profonde avec plusieurs patios permettant à la lumière de pénétrer dans les différentes pièces. Certaines maisons peuvent ainsi n’avoir que 2 mètres de large pour 70 de long. De telles dimensions visent à réduire les taxes foncières qui tiennent compte de la largeur de la façade étonnant…
Après une petite sieste vespérale à l'hôtel, nous décidons de nous rendre dans un autre restaurant de rue. Nous optons pour le Xôi Yên, spécialisé dans le riz gluant garni d’ingrédients savoureux...., encore une bonne adresse. Assis sur nos petits tabourets en plastique à 40 cm du sol, nous apprécions nos plats et nous ne sommes pas les seuls : familles, jeunes plutôt branchés, ... Le restaurant ne désemplit pas.
La nuit est tombée, on pourrait s'attendre à un peu plus de calme, .... Que nenni ! La circulation est toujours aussi dense, les commerces toujours ouverts, d'autres chalands proposent des ballons de baudruche.




On fait un tour durant une heure en cyclo-pousse. Quel plaisir, on se laisse glisser au milieu de cette animation (ou on se laisse bercer, pour ceux d'entre nous qui n'en peuvent plus de sommeil !). Il semblerait que les autorités de la ville aient décidé de supprimer ce mode de locomotion afin de soulager les encombrements de circulation. De petits trains électriques sont progressivement déployés. Pour nous touristes, quel dommage. Cette petite note d'exotisme est autrement plus agréable que l'anonymat d'un petit convoi. Et j'ai la faiblesse de croire que ce sont plusieurs vaillants et courageux cyclistes qui vont être privés de travail, dans une ville où la misère est tout de même assez prégnante.
Ce post est un résumé d'une discussion précédente : http://voyageforum.com/..._florilege_D5300248/
qui tient sur 4 pages, et où il est toujours possible de discuter,
ici ce serait plutôt un résumé des points proposés :
Sur une idée d'Itat, nous proposons de
"compiler un post avec les erreurs souvent commises et à ne surtout pas commettre"
quand on prépare son circuit dans l'Ouest américain :
Penser qu'on arrivera à créer un circuit original, tout en passant par les "passages obligés" (notamment pour un premier séjour) !
...et donc ignorer royalement le travail de synthèse qui a pourtant déjà été fait, testé et approuvé par de grandes marques de Forumeurs !
(voir dans le profil de Bastinj, rubrique "sites internet", les 2 liens qui donnent les circuits pour 15 ou 21 j)
prendre ses billets d'avion avant d'avoir établi son circuit ! (et faire l'impossible après pour que ça tienne !)
Ignorer systématiquement les billets multi-destinations...
Oublier le "temps d'approche" d'un parc, le temps de conduite entre 2 parcs, et finalement en oublier le "temps de visite" du parc lui-même ! c'est assez classique, surtout quand les circuits proposés ne font que citer des étapes, sans faire apparaître les km, et les temps de route estimés (donnés sur les sites tels que googlemaps) (et c'est sans tenir compte des arrêts photos dans ce cas là ! 🤪) Par exemple : il faut souvent compter en "jour sur place", entre 2 nuits, pour que ça fasse 1"vraie journée sur place" : Par ex : Jn :Vegas, Zion, Bryce, Jn+1 :Bryce, Jn+2 :Bryce, Page...
prendre toutes ses réservations d'hôtels etensuite venir demander conseil sur le Forum... 🤪 (surtout si ils ne sont ni échangeables, ni remboursables !) à l'inverse : partir juillet-aout sans aucune réservation d'hotels (surtout dans les hotels des parcs) En particulier pour les parcs nationaux qui sont relativement éloignés de "villes", et dont la réservation à l'intérieur semble vraiment intéressante (même si onéreuse) (pour éviter les km de route aux moments les plus intéressants : lever et coucher de soleil) on peut citer : Grand Canyon, Monument Valley, Yosemite, ... là, effectivement, il vaut mieux ne pas attendre le dernier moment ! (Parfois un an à l'avance...) faire LA - Flagstaff puis visiter le Grand Canyon. ne prévoir que deux nuit à Moab 😛. prévoir de visiter le parc des Sequoias à partir de Lone Pine ou Mammoth Lakes. s'attendre à être seul au monde aux heures d'affluences (10h - 16h) aux points de vue principaux des Parcs Nationaux 😇 et bien sûr, l'erreur à l'origine de ce Post : inclure Yellowstone et San Francisco dans une boucle de moins de 26 jours ! 😉 (ou au moins se rendre compte que c'est un grand écart difficile à tenir...) Faire Death Valley - Yosemite en dehors de la période juin-octobre sans se soucier de la Tioga Road qui a de fortes chances d'être fermée. Poser la question: où se baigner entre San Francisco et Los Angeles? Réponse nulle part, c'est bien trop froid 😛 Ce qui me vient là, tout de suite: prendre un vol transatlantique et un vol intérieur à suivre avec une escale de 45' 🏴☠️ (disons en-dessous de 1h30 pour les moins optimistes Croire que Vegas n'est valable que pour une soirée Croire qu'on peut rouler 5h tous les jours Croire qu'on va se lever à 6h tous les jours penser que les stations services, on en trouvera régulièrement sur le chemin ! s'engager vers Death Valley sur la réserve, ne pas vérifier la roue de secours de sa voiture de loc', et ne pas savoir la remplacer au besoin... 🤪 penser que les aires d'autoroute sont le long de l'autoroute (comme en France) (là, il faut sortir carrément et revenir ensuite !) penser qu'on échapera à toutes contraventions parce qu'on a une voiture de loc' (voir les nombreux témoignages sur le Forum à ce sujet ! 😏) penser qu'il y aura du réseau dans tout l'Utah, le Nevada et l'Arizona ! 😄 demander sur le Forum : "Quand acheter son billet pour avoir le meilleur tarif ?" ou similaire : "Quelle sera l'évolution du prix du pétrole, du cours du dollars/Euro, des taxes d'aéroports, ... ?" "Comment changer mes euros en Dollars ?" (réponse : voir moteur de recherche ! 😛) Poster le même circuit (les même étapes ) que le circuit d'un Tour Operator (copié-collé) (en pensant que ça ne se verra pas...) Affirmer qu'on a lu longuement le Forum avant de poster sa demande (en pensant que ça ne se verra pas... ) par ex : "j'ai bien lu le forum, mais je me demande quelles assurances il me faut prendre pour la location de ma voiture ?" demander aux forumeurs de deviner mes goûts, mes attentes, mon niveau sportif, ... et de faire tout le boulot à ma place ! 🤪Penser que Los Angeles se fait en 3h ! penser que l'on fera 5h de route après 12h de vol ...Mettre un post du genre "je prévois de partir dans l'ouest américain, qui peut m'aider?" On bosse avant de poser des questions PRECISES !!!!!
confier les yeux fermés ce voyage du siècle à une agence (circuits-étapes-hôtels).
- commencer un post par: * j'ai parcouru le forum et internet depuis plus d'1 mois mais je n'ai pas trouvé la réponse....
* je suis perdue (humour au féminin... d'accord c'est de l'humour...), donnez moi des idées d'hôtels, quoi voir dans l'Ouest (alors que l'on a pas regardé une carte ou un guide !!!!).
Louer autre chose qu'un 4x4 dans l'Ouest, c'est négliger les routes non pavées et les reliefs Ne pas négliger, outre le décalage horaire et le voyage, la différence d'altitude ... surtout si vous êtes comme nous, des citadins vivant à 200 m d'altitude toute l'année et si vous comptez randonner sur le plateau du Colorado dès les premiers jours (j'ai un peu achevé mon mari cette année là 🤪) Idées reçues sur les Camping-cars" (RV)" : par ex :Je pourrai faire exactement le même circuit en RV qu'avec une décapotable ! 😎 ça se conduit comme une voiture ! (même pour se garer...) 😇 je n'aurai jamais à m'occuper des toilettes, ni des vidanges... 😉 c'est comme à l'hôtel ! (notamment pour la cuisine, le ménage, etc...) s'étonner que personne de l'hôtel du petit bled ne parle français - demander des conseils pour faire Yellowstone/Los Angeles en 15 jours en visitant TOUT ! - comme ailleurs, chercher "le bon plan" pour l'hôtel génial à 20 $ la nuit - prévoir un road book à la minute prés Passer devant un visitor center le nez en l'air sans s'inquiéter de sa vitesse. Il y a toujours un ranger planqué dans un coin. C'est aussi valable pour les arrivées en ville. L'expérience peut être cuisante. http://www.scapa-lv.org/...rts.htm#What_to_Sign Copier coller un circuit à partir d'un document Excel ou autre sur le forum 😛 , le rendant totalement illisible! Ca ne vaut pas la peine de poser des questions si vous ne tenez pas compte des avis qu'on vous donne.
Si y'a 10 personne qui vous disent que ton itinéraire n'a pas d'allure c'est qu'il n'a pas d'allure!
éviter de ne plus jamais revenir sur le Forum, une fois le voyage fait, et attendre seulement la préparation du suivant pour revenir... - LA – Grand Canyon= 800 Km…. Donc trèèèèès long, même si la route suit l’ancien tracé de la route 66 (il n’y a plus grand-chose à voir, à part Oatman qui un village western typique) . Donc, essayer d’éviter ce trajet qui vous fait perdre 1 jour de vacances !! A moins que vous ne soyez un fan de cette route mythique!.... - Éviter de vous trouver à Las Vegas un vendredi et samedi soir (les prix grimpent pour ces nuits, surtout ds les hôtels "class" du Strip !) ( C'est pareil lors des semaines de Congrès) . Mais bon, il ne faut pas non plus chambouler tt un programme bien établi pour gagner qq $ - Si vous comptez suivre en voiture la Côte Pacifique, privilégier l’axe Nord-Sud (c.-à-d. dans le sens SF-LA)… Vous êtes ainsi au plus près du bord et profitez donc mieux des vues sur l’océan ! - En été, privilégier les levers et couchers de soleil, car il fait moins chaud pour randonner (il y a moins de monde aussi!...). De plus, les couleurs sont exceptionnelles à ces moments-là de la journée (idéales pour les photos) . Mais ne pas imaginer qu'on va pouvoir tenir un rythme infernal pendant 3 semaines consécutives, càd se lever ts les jours à 6 h du mat' et se coucher à 23h (Donc il faudra choisir entre sunrise et sunset!)! demander si il vaut mieux prendre tel modèle de voiture ou tel autre, en oubliant qu'on loue une catégorie et non un modèle 😉 (sauf, bien sûr, les catégories spéciales chez Hertz). Lors d'un circuit d'un point A à un point B ne pas négliger les éventuels frais d'abandon pour les véhicules de location, quasi inexistants pour les circuits Arizona, Utah, Californie, ils sont à prendre en compte dans les autres cas (Etat de Washington à Utah par exemple) et changent la donne du budget location (hum, jusque 500-600 $ c'est pas négligeable ...) Ne pas se renseigner sur la météo et les meilleurs périodes de voyage et croire que parce que Las Vegas est au milieu d'un désert qu'il fait chaud toute l'année aux environ des grands parcs de l'Ouest... - Quoi ? De la neige au Grand Canyon en janvier ? Et moi qui n'ai que des T-shirts... Et grâce à Ninou, on sait maintenant que même au mois de juin (!) les éléments peuvent se déchaîner !!! 🏴☠️ 🤪 du coup : ne pas oublier sa couverture de survie (en particulier pour le camping, et la rando, pour ceux qui en font 😉) (l'avantage c'est qu'elle protège également du soleil au besoin !) En parlant de camping, ne pas oublier de réserver non plus longtemps à l'avance dans certains parcs: par ex Yosemite où tout est réservé dans les 10mns qui suivent l'ouverture des résas... Et peut-être éviter d'être à Yosemite et au lac Powell un we mais on va tester cet été car je n'ai vu cette info qu'une fois mon circuit bouclé et les résa effectuées😕! Autre erreur à ne pas commettre: stopper son véhicule à un carrefour au pied des feux tricolores. 🏴☠️ Même si le sujet est à polémique, éviter de : Croire qu'on peut visiter LA sans voiture Croire qu'on peut visiter SF sans voiture qd on n'y reste que 2-3 jours (même si certains quartiers se visitent parfaitement à pied et en cable car, d'autres bcp plus éloignés et aussi (voire même plus!) intéressants ne peuvent être atteints qu'en voiture) Croire qu'il est impossible de garer sa voiture à SF et que les parkings y sont hors de prix (ils sont au même prix que ds ttes les villes du monde!)
Deux erreurs de plus à éviter (mais c'est un point vue personnel valable ailleurs que dans l'ouest): - Y aller en juillet août quand tout l'hémisphère nord est en vadrouille sauf cas de force majeure (enfants scolarisés, entreprise fermée, etc); hors ces mois on va quasiment partout sans aucune réservation: en quatre mois au printemps ou à l'automne nous n'avons jamais rien programmé et je n'ai pas souvenir d'avoir été refoulé où que ce soit) - Vouloir "faire" tous les "incontournables" (mieux vaut Valley of the Gods seul ou presque que MV en mode chenilles processionnaires, et plutôt North Rim que South Rim au GC, etc) Ce n'est pas une erreur, mais : prendre le temps de remercier
Oublier le "temps d'approche" d'un parc, le temps de conduite entre 2 parcs, et finalement en oublier le "temps de visite" du parc lui-même ! c'est assez classique, surtout quand les circuits proposés ne font que citer des étapes, sans faire apparaître les km, et les temps de route estimés (donnés sur les sites tels que googlemaps) (et c'est sans tenir compte des arrêts photos dans ce cas là ! 🤪) Par exemple : il faut souvent compter en "jour sur place", entre 2 nuits, pour que ça fasse 1"vraie journée sur place" : Par ex : Jn :Vegas, Zion, Bryce, Jn+1 :Bryce, Jn+2 :Bryce, Page...
prendre toutes ses réservations d'hôtels etensuite venir demander conseil sur le Forum... 🤪 (surtout si ils ne sont ni échangeables, ni remboursables !) à l'inverse : partir juillet-aout sans aucune réservation d'hotels (surtout dans les hotels des parcs) En particulier pour les parcs nationaux qui sont relativement éloignés de "villes", et dont la réservation à l'intérieur semble vraiment intéressante (même si onéreuse) (pour éviter les km de route aux moments les plus intéressants : lever et coucher de soleil) on peut citer : Grand Canyon, Monument Valley, Yosemite, ... là, effectivement, il vaut mieux ne pas attendre le dernier moment ! (Parfois un an à l'avance...) faire LA - Flagstaff puis visiter le Grand Canyon. ne prévoir que deux nuit à Moab 😛. prévoir de visiter le parc des Sequoias à partir de Lone Pine ou Mammoth Lakes. s'attendre à être seul au monde aux heures d'affluences (10h - 16h) aux points de vue principaux des Parcs Nationaux 😇 et bien sûr, l'erreur à l'origine de ce Post : inclure Yellowstone et San Francisco dans une boucle de moins de 26 jours ! 😉 (ou au moins se rendre compte que c'est un grand écart difficile à tenir...) Faire Death Valley - Yosemite en dehors de la période juin-octobre sans se soucier de la Tioga Road qui a de fortes chances d'être fermée. Poser la question: où se baigner entre San Francisco et Los Angeles? Réponse nulle part, c'est bien trop froid 😛 Ce qui me vient là, tout de suite: prendre un vol transatlantique et un vol intérieur à suivre avec une escale de 45' 🏴☠️ (disons en-dessous de 1h30 pour les moins optimistes Croire que Vegas n'est valable que pour une soirée Croire qu'on peut rouler 5h tous les jours Croire qu'on va se lever à 6h tous les jours penser que les stations services, on en trouvera régulièrement sur le chemin ! s'engager vers Death Valley sur la réserve, ne pas vérifier la roue de secours de sa voiture de loc', et ne pas savoir la remplacer au besoin... 🤪 penser que les aires d'autoroute sont le long de l'autoroute (comme en France) (là, il faut sortir carrément et revenir ensuite !) penser qu'on échapera à toutes contraventions parce qu'on a une voiture de loc' (voir les nombreux témoignages sur le Forum à ce sujet ! 😏) penser qu'il y aura du réseau dans tout l'Utah, le Nevada et l'Arizona ! 😄 demander sur le Forum : "Quand acheter son billet pour avoir le meilleur tarif ?" ou similaire : "Quelle sera l'évolution du prix du pétrole, du cours du dollars/Euro, des taxes d'aéroports, ... ?" "Comment changer mes euros en Dollars ?" (réponse : voir moteur de recherche ! 😛) Poster le même circuit (les même étapes ) que le circuit d'un Tour Operator (copié-collé) (en pensant que ça ne se verra pas...) Affirmer qu'on a lu longuement le Forum avant de poster sa demande (en pensant que ça ne se verra pas... ) par ex : "j'ai bien lu le forum, mais je me demande quelles assurances il me faut prendre pour la location de ma voiture ?" demander aux forumeurs de deviner mes goûts, mes attentes, mon niveau sportif, ... et de faire tout le boulot à ma place ! 🤪Penser que Los Angeles se fait en 3h ! penser que l'on fera 5h de route après 12h de vol ...Mettre un post du genre "je prévois de partir dans l'ouest américain, qui peut m'aider?" On bosse avant de poser des questions PRECISES !!!!!
confier les yeux fermés ce voyage du siècle à une agence (circuits-étapes-hôtels).- commencer un post par: * j'ai parcouru le forum et internet depuis plus d'1 mois mais je n'ai pas trouvé la réponse....
* je suis perdue (humour au féminin... d'accord c'est de l'humour...), donnez moi des idées d'hôtels, quoi voir dans l'Ouest (alors que l'on a pas regardé une carte ou un guide !!!!).
Louer autre chose qu'un 4x4 dans l'Ouest, c'est négliger les routes non pavées et les reliefs Ne pas négliger, outre le décalage horaire et le voyage, la différence d'altitude ... surtout si vous êtes comme nous, des citadins vivant à 200 m d'altitude toute l'année et si vous comptez randonner sur le plateau du Colorado dès les premiers jours (j'ai un peu achevé mon mari cette année là 🤪) Idées reçues sur les Camping-cars" (RV)" : par ex :Je pourrai faire exactement le même circuit en RV qu'avec une décapotable ! 😎 ça se conduit comme une voiture ! (même pour se garer...) 😇 je n'aurai jamais à m'occuper des toilettes, ni des vidanges... 😉 c'est comme à l'hôtel ! (notamment pour la cuisine, le ménage, etc...) s'étonner que personne de l'hôtel du petit bled ne parle français - demander des conseils pour faire Yellowstone/Los Angeles en 15 jours en visitant TOUT ! - comme ailleurs, chercher "le bon plan" pour l'hôtel génial à 20 $ la nuit - prévoir un road book à la minute prés Passer devant un visitor center le nez en l'air sans s'inquiéter de sa vitesse. Il y a toujours un ranger planqué dans un coin. C'est aussi valable pour les arrivées en ville. L'expérience peut être cuisante. http://www.scapa-lv.org/...rts.htm#What_to_Sign Copier coller un circuit à partir d'un document Excel ou autre sur le forum 😛 , le rendant totalement illisible! Ca ne vaut pas la peine de poser des questions si vous ne tenez pas compte des avis qu'on vous donne.
Si y'a 10 personne qui vous disent que ton itinéraire n'a pas d'allure c'est qu'il n'a pas d'allure!
éviter de ne plus jamais revenir sur le Forum, une fois le voyage fait, et attendre seulement la préparation du suivant pour revenir... - LA – Grand Canyon= 800 Km…. Donc trèèèèès long, même si la route suit l’ancien tracé de la route 66 (il n’y a plus grand-chose à voir, à part Oatman qui un village western typique) . Donc, essayer d’éviter ce trajet qui vous fait perdre 1 jour de vacances !! A moins que vous ne soyez un fan de cette route mythique!.... - Éviter de vous trouver à Las Vegas un vendredi et samedi soir (les prix grimpent pour ces nuits, surtout ds les hôtels "class" du Strip !) ( C'est pareil lors des semaines de Congrès) . Mais bon, il ne faut pas non plus chambouler tt un programme bien établi pour gagner qq $ - Si vous comptez suivre en voiture la Côte Pacifique, privilégier l’axe Nord-Sud (c.-à-d. dans le sens SF-LA)… Vous êtes ainsi au plus près du bord et profitez donc mieux des vues sur l’océan ! - En été, privilégier les levers et couchers de soleil, car il fait moins chaud pour randonner (il y a moins de monde aussi!...). De plus, les couleurs sont exceptionnelles à ces moments-là de la journée (idéales pour les photos) . Mais ne pas imaginer qu'on va pouvoir tenir un rythme infernal pendant 3 semaines consécutives, càd se lever ts les jours à 6 h du mat' et se coucher à 23h (Donc il faudra choisir entre sunrise et sunset!)! demander si il vaut mieux prendre tel modèle de voiture ou tel autre, en oubliant qu'on loue une catégorie et non un modèle 😉 (sauf, bien sûr, les catégories spéciales chez Hertz). Lors d'un circuit d'un point A à un point B ne pas négliger les éventuels frais d'abandon pour les véhicules de location, quasi inexistants pour les circuits Arizona, Utah, Californie, ils sont à prendre en compte dans les autres cas (Etat de Washington à Utah par exemple) et changent la donne du budget location (hum, jusque 500-600 $ c'est pas négligeable ...) Ne pas se renseigner sur la météo et les meilleurs périodes de voyage et croire que parce que Las Vegas est au milieu d'un désert qu'il fait chaud toute l'année aux environ des grands parcs de l'Ouest... - Quoi ? De la neige au Grand Canyon en janvier ? Et moi qui n'ai que des T-shirts... Et grâce à Ninou, on sait maintenant que même au mois de juin (!) les éléments peuvent se déchaîner !!! 🏴☠️ 🤪 du coup : ne pas oublier sa couverture de survie (en particulier pour le camping, et la rando, pour ceux qui en font 😉) (l'avantage c'est qu'elle protège également du soleil au besoin !) En parlant de camping, ne pas oublier de réserver non plus longtemps à l'avance dans certains parcs: par ex Yosemite où tout est réservé dans les 10mns qui suivent l'ouverture des résas... Et peut-être éviter d'être à Yosemite et au lac Powell un we mais on va tester cet été car je n'ai vu cette info qu'une fois mon circuit bouclé et les résa effectuées😕! Autre erreur à ne pas commettre: stopper son véhicule à un carrefour au pied des feux tricolores. 🏴☠️ Même si le sujet est à polémique, éviter de : Croire qu'on peut visiter LA sans voiture Croire qu'on peut visiter SF sans voiture qd on n'y reste que 2-3 jours (même si certains quartiers se visitent parfaitement à pied et en cable car, d'autres bcp plus éloignés et aussi (voire même plus!) intéressants ne peuvent être atteints qu'en voiture) Croire qu'il est impossible de garer sa voiture à SF et que les parkings y sont hors de prix (ils sont au même prix que ds ttes les villes du monde!)
Deux erreurs de plus à éviter (mais c'est un point vue personnel valable ailleurs que dans l'ouest): - Y aller en juillet août quand tout l'hémisphère nord est en vadrouille sauf cas de force majeure (enfants scolarisés, entreprise fermée, etc); hors ces mois on va quasiment partout sans aucune réservation: en quatre mois au printemps ou à l'automne nous n'avons jamais rien programmé et je n'ai pas souvenir d'avoir été refoulé où que ce soit) - Vouloir "faire" tous les "incontournables" (mieux vaut Valley of the Gods seul ou presque que MV en mode chenilles processionnaires, et plutôt North Rim que South Rim au GC, etc) Ce n'est pas une erreur, mais : prendre le temps de remercier
Bonjour,
Je fais un nouveau post, les données changeants, je ne veux pas embrouiller encore plus.🙂
Compte tenu du coût de l'avion additionné au prix du one way (environ 1.600 € en tout pour nous 4) on se demande s'il ne vaut pas mieux rentrer en voiture à Windhoek. Pour ce faire on a regardé, on pourrait tirer 2 jours de vacances en plus ... dire qu'on avait commencé à 18 sur place et là on en est à 23 😊.
On a très peu de temps pour se décider (ce week-end), seulement on ne connait absolument pas ce secteur 🤪. Voici les principales directions possibles:
1- faire Kasane -Windhoek en 3 jours, comment composer ces 3 jours ?
2- "sacrifier" le nord du Kaokoland: Opuwo, Epupa, Kunene River soit 2 jours et dans ce cas on aurait 5 jours pour faire Kasane - Windhoek: qu'en pensez-vous ?, ça vaut le sacrifice ? et si oui comment agencer ces journees ?
par avance merci
Merci
Je fais un nouveau post, les données changeants, je ne veux pas embrouiller encore plus.🙂
Compte tenu du coût de l'avion additionné au prix du one way (environ 1.600 € en tout pour nous 4) on se demande s'il ne vaut pas mieux rentrer en voiture à Windhoek. Pour ce faire on a regardé, on pourrait tirer 2 jours de vacances en plus ... dire qu'on avait commencé à 18 sur place et là on en est à 23 😊.
On a très peu de temps pour se décider (ce week-end), seulement on ne connait absolument pas ce secteur 🤪. Voici les principales directions possibles:
1- faire Kasane -Windhoek en 3 jours, comment composer ces 3 jours ?
2- "sacrifier" le nord du Kaokoland: Opuwo, Epupa, Kunene River soit 2 jours et dans ce cas on aurait 5 jours pour faire Kasane - Windhoek: qu'en pensez-vous ?, ça vaut le sacrifice ? et si oui comment agencer ces journees ?
par avance merci
Merci
Ici ce sont les commentaires (ICI et PAS SUR LE POST CONCOURS SVP)
Ici sont autorisés les paires de baffes, les coups de couteaux dans le dos, les grenades lacrymogènes, les missiles balistiques intercontinentaux, les peaux de bananes, les tirs nourris de Kalachnikov… et même accessoirement les méchancetés gratuites à l’heure du petit déjeuner sans lesquelles les longues journées oisives de quelques VFistes accros à leur drogue quotidienne ne seraient qu’un long fleuve tranquille et monotone, à côté duquel la Mer Morte ferait définitivement figure de torrent de montagne…
Les commentaires de stricte obédience technique photographique (...et donc jugés potentiellement sectaires et subversifs sur ce forum par le comité de censure du gouvernement Vfiste), seront déposés aux seuls risques et périls de leurs auteurs, la Direction actuelle et provisoire du concours ne pouvant plus en assurer moralement les conséquences, qui pourraient être dramatiques et irréversibles sur leur santé mentale…
Je vous laisse donc en de bonnes mains et viendrai joyeusement compter les blessés en compagnie de l’antenne locale de la Croix-Rouge en fin de concours !
BONS COMMENTAIRES 🙂🙂🙂😛
Ici sont autorisés les paires de baffes, les coups de couteaux dans le dos, les grenades lacrymogènes, les missiles balistiques intercontinentaux, les peaux de bananes, les tirs nourris de Kalachnikov… et même accessoirement les méchancetés gratuites à l’heure du petit déjeuner sans lesquelles les longues journées oisives de quelques VFistes accros à leur drogue quotidienne ne seraient qu’un long fleuve tranquille et monotone, à côté duquel la Mer Morte ferait définitivement figure de torrent de montagne…
Les commentaires de stricte obédience technique photographique (...et donc jugés potentiellement sectaires et subversifs sur ce forum par le comité de censure du gouvernement Vfiste), seront déposés aux seuls risques et périls de leurs auteurs, la Direction actuelle et provisoire du concours ne pouvant plus en assurer moralement les conséquences, qui pourraient être dramatiques et irréversibles sur leur santé mentale…
Je vous laisse donc en de bonnes mains et viendrai joyeusement compter les blessés en compagnie de l’antenne locale de la Croix-Rouge en fin de concours !
BONS COMMENTAIRES 🙂🙂🙂😛
Voyage en Patagonie australe, du 22 novembre 2010 au 31 décembre 2011.
La version définitive avec photos (il faut patienter un peu pendant le téléchargement, comme toujours 😊) et un texte plus complet se trouvent ici (carnet optimisé pour Google Chrome):
www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_90.html

Lundi 22 novembre
Décollage 23 h 20 sur Air France. Vol de nuit long, très long : treize heures ponctuées de turbulences plus ou moins fortes, plutôt plus que moins, d'ailleurs.
Mardi 23
Arrivée à Buenos Aires à 8 h 50, Herge est là, ce qui est bien agréable. Nous voyons défiler la campagne, verte, si verte après Paris, les arbres sont en fleurs et il fait 25°. Trois quarts d'heure plus tard nous entrons dans son appartement, sur Ayacucho, au croisement de Corrientes. Quatrième étage, baies vitrées, long balcon, salon, chambre et lit excellent, cuisine, salle de bains, c'est parfait. Au-dessous, le bruit est constant mais dans la chambre, sur la cour, nous n'entendons rien. Une douche, et une heure plus tard nous voici dehors, à crapahuter sur Corrientes jusqu'à l'obélisque et au-delà, pour prendre le pouls de la ville... qui bat très vite. La pollution est extrême, nous pique les yeux et nous prend à la gorge. A côté, l'air de Paris semble bien pur. Le soir, dans une pizzeria sur Corrientes, tout près, nous mangeons une tortilla et des lasagnes obtenues après une heure d'attente alors qu'il y a très peu de monde, puis nous rentrons nous coucher. Je n'ai pris aucune photo car Herge m'a déconseillé de me balader avec le Canon, trop voyant.
Mercredi 24
La journée a mal commencé: plus de batterie pour le netbook et les prises de l'appartement ne voulaient pas de la nôtre pour le recharger. Ensuite nous nous apercevons que le taxi commandé par le gardien de l'immeuble (via Herge qui est parti pour une semaine en Uruguay) pour vendredi matin est pour l'aéroport international (Ezeiza), à 35 km et non pour l'aéroport national (AEP), dans BsAs. Nous prévenons donc le gardien, il décommande le taxi pour EZE et le recommande pour AEP. Je passe un mail à Herge en lui disant qu'il s'est trompé et là il nous répond, heureusement rapidement, "AEP est fermé du 23 novembre au 1er décembre". Panique à bord, nous retournons voir le gardien qui redécommande et rerecommande... On le trouve vraiment très relax, il dit que une heure quarante avant c'est largement suffisant et n'en démord pas: quarante minutes de trajet + une heure avant le décollage. Oui, mais s'il y a un problème sur l'autoroute?
Peu après, je m'aperçois que le Canon est HS!!! Impossible de prendre des photos, erreur 99. Je farfouille comme à mon habitude sur Internet pour me dépanner et je finis par trouver. Je teste le boîtier, ce n'est pas lui, puis l'objectif (le 17-85mm) et c'est là que se trouve le problème. Je nettoie les contacts, rien à faire. Puis j'ai une idée; je fais un essai avec le Sigma 10-22 et ça fonctionne! Ensuite je fais un nouvel essai avec le 17-85 à 17 mm, rien, à 24, rien, à 35 et là, bingo, c'est bon! Bruit, bruit, bruit, circulation intense, foule, chaleur humide... On a été à la plaza de Mayo (ici, prononcé Majo) et ce ne sont pas les mères des disparus que nous avons trouvées mais des vétérans des Malouines! Quelques musiciens aux dreads jusqu'à la taille jouent du reggae, nous restons un moment à écouter le chanteur, vraiment très beau...
En repartant par l'avenida de Mayo, un arrêt pour goûter les glaces de Buenos Aires (au pomelo, moyennes, ce ne sont pas celles de Berthillon...), puis un autre au Café Tortoni, qui vaut vraiment le coup d'œil. Borges est partout, en photo, en mannequin grandeur nature... Beaux vitraux au plafond, hautes colonnes marron foncé, lithographies et photos alignées sur les murs, plus une flopée de serveurs. J'ai bu un très bon chocolat au goût fumé et mangé trois churros plus que moyens. Toujours pas de photos mais demain je prendrai quand même l'appareil, ne serait-ce que pour photographier ces arbres à floraison mauve magnifique qui tranche sur le noir de leur tronc: des jacarandas, ou flamboyants bleus.
Jeudi 25
J'ai été boulottée par un moustique invisible, durant la nuit, mais haut de gamme... J'ai l'avant-bras droit tout enflé...
Normalement, aujourd'hui on devait aller à Colonia, en Uruguay. Mais le prix de la traversée aller-retour du Rio de la Plata (170 euros), ajouté au nombre d'heures passées sur l'eau (plus de six heures) pour le peu de temps sur place (quatre heures), nous a découragés. Une autre fois, peut-être.
En face de l'appartement il y a un magasin de fruits et légumes. Entre les dragueurs (les Argentins ont l'air très dragueurs) et les pas aimables, on est servis... On est (je suis) accueillis par des clins d'œil appuyés ou par une mine de dix pieds de long. Les fruits eux non plus ne sont pas avenants mais hier on a quand même acheté quelques mandarines sucrées et bourrées de pépins. Ce matin, j'ai observé depuis le balcon des vendeurs entasser des dizaines et des dizaines de cagettes, la moitié vides et l'autre pleines de tomates, oignons, salades, et de tas d'autre légumes ou fruits. Et depuis une vingtaine de minutes, j'entendais un bruit incessant sous les fenêtres, je regarde et je vois que ce sont les éboueurs qui jettent dans le broyeur le contenu de toutes les cagettes. Quel gâchis! Il n'y a aucune récupération (et apparemment non plus aucun tri de poubelles dans les immeubles). Je n'ai vu personne venir récupérer ce qui était bon à manger... J'ai mis le Canon dans mon petit sac et nous sommes partis comme des voleurs faire des photos des flamboyants devant le Museo del Patrimonio de aguas argentinas, sur l'avenida Cordoba. Au retour nous avons croisé Gorge, le gardien de l'immeuble, qui nous a présentés au chauffeur de taxi qui nous amènera demain matin à l'aéroport. Un petit pépé bien sympa qui a “toute sa confiance”. C'est une sécurité parce que apparemment, chez les chauffeurs de taxi, on trouve de tout. Herge, sur son site, fait le rappel des réjouissances:
www.petitherge.com/...n-taxi-38132291.html
Par la même occasion, on lui a dit qu'on comptait aller au parque Lezama, au sud de Telmo et il a proposé de nous appeler un radio-taxi “Premium” (écrit sur la porte arrière), totalement sûrs d'après lui. Je lui ai demandé ce qu'il pensait d'emporter le Canon et il n'a pas hésité une seconde, il a ri et s'est écrié: No! No! NOOO!!! Vingt minutes plus tard on était arrivés, pour environ 6 euros. Le parc est petit mais avec de nombreuses essences d'arbres inconnues de moi, étranges et belles, l'une avec des racines comme celles des fromagers, une autre à pied d'éléphant géant, certaines, de drôles de conifères mi-séquoias mi-araucarias, le tout plutôt du genre pleureur, bourrées de perruches vertes (conures de Patagonie) en train de faire leur nid. De ses hauteurs on a une vue sur l'église orthodoxe russe et ses dômes bleu et or... qui sentent son Las Vegas. Puis nous avons déambulé dans les petites rues de San Telmo, ancien quartier des marins, ainsi nommé à cause du dominicain Pedro González Telmo, bordées d'anciennes demeures coloniales qui ont vécu leurs plus belles heures il y a bien longtemps. En 1871, les riches familles qui les habitaient les ont laissées derrière elles avec l'épidémie de fièvre jaune. Décrépitude, oui, mais avec un reste d'élégance. Aujourd'hui tous les établissements de tango se concentrent dans son périmètre. Un détail renseigne sur la sécurité du quartier qui n'est pas loin de la Boca, ce sont les épaisses barres de fer et grilles en tout genre qui protègent absolument toutes les ouvertures au moins jusqu'au premier étage!
Dans la rue en pente, trois antiques bus de la ligne 213 se suivent... N'étant apparemment même plus bons pour la casse, ils ont rempilé! Un tour à la Galeria de la Defensa, qui date des années 1880 et était la résidence de la famille Ezeiza, désormais remplie de vieilles choses à vendre, vêtements, gants, vaisselle, bric-à-brac..., un autre au Mercado San Telmo pour trouver un maillot de foot argentin à Loïc (bredouilles) et nous empruntons, à pied et toujours au pas de charge, le chemin du retour. L'envie nous prend soudain de faire un stop avant de mourir asphyxiés, aussi nous entrons manger une bricole dans un café-resto. Le serveur qui s'occupe de nous, la soixantaine très militaire, est absolument odieux! Bonjour l'hospitalité et la gentillesse argentines! Pour l'instant nous ne l'avons rencontrée que chez le portier du Café Tortoni et chez le gardien de l'immeuble d'Herge. Au moment de partir, je me lève et je sens un doigt qui s'enfonce dans mes côtes, c'est lui qui me pousse pour se précipiter devant nous et nous ouvrir la porte. Je n'en reviens pas et le gratifie d'un “Gracias!” étonné mais poli. Oui, sauf qu'Alain, qui me suivait et a tout vu, me fait remarquer que ces ronds-de-jambe étaient destinés au gros personnage suant et soufflant qui sortait derrière nous et que le serveur avait même l'air mécontent que nous soyons sortis les premiers. Mince, alors!! Et dire que je l'ai remercié!!
16 heures. Ouf, nous voilà “chez nous”, un nombre certain de kilomètres dans les jambes et quelques kilos d'oxyde de carbone en plus dans les poumons! Une bonne douche, quatre thés et des orangettes de la Maison du chocolat (achetées à prix d'or à Roissy, mais je ne résiste jamais devant mon chocolatier préféré) plus tard, je me sens mieux. Alain, lui, est reparti faire les librairies qu'il n'a pas encore visitées.
Vendredi 26
A 7 heures moins dix, tandis qu'on attendait l'ascenseur, le gardien nous appela sur l'interphone pour nous dire que le taxi était déjà là. Quelle ne fut pas notre surprise de voir que le petit pépé sympa de la veille n'était pas du tout un chauffeur de taxi mais un particulier avec une voiture qui avait apparemment son âge... Le pare-brise portait huit estafilades, autrement dit il s'était pris un sacré gnon et était près de rendre l'âme. A l'arrière, les ceintures de sécurité devaient être là pour la décoration car elles ne fonctionnaient pas.... Bon, il n'était plus temps de dire quoi que ce soit et nous avions toute confiance dans le gardien d'Herge. En avant, donc, pour Ezeiza. Le pépé faisait des écarts à droite, à gauche, mais dans l'ensemble ça se passait bien jusqu'au moment où il entreprit de tirer un billet pour le péage d'une pochette posée à côté de lui. Il lâcha alors le volant et se battit d'abord avec la fermeture Eclair qui ne voulait pas s'ouvrir, puis avec le billet qui, lui, ne voulait pas sortir. Pendant ce temps je pensais qu'il ne devait pas avoir d'assurance, sinon il aurait fait réparer son pare-brise. Une fois le péage passé, rebelote, volant lâché pour rouvrir la pochette et y glisser la monnaie... Bref, j'avais hâte d'arriver. Je me disais qu'au moins on paierait moins cher qu'un taxi appartenant à une compagnie. Eh bien non, c'était encore plus cher, 150 pesos au lieu de 130.
Après avoir patienté dans une queue de un kilomètre de long, nous avons finalement embarqué pour Ushuaia via El Calafate sur un A 320, durée du vol : près de trois heures. Je n'ai pas dérogé à la règle et ai vu ma dernière heure arriver au moment du décollage, mains moites et respiration bloquée. Je ne sais pourquoi, le commandant de bord ne cessait de passer des messages – c'était apparemment un grand communicateur - et à chaque fois je me demandais ce qui allait arriver. Jusqu'à ce qu'il annonce qu'il y avait “un petit problème technique”. Là, je me suis décomposée... Le problème en question concernait la télévision mais il n'y avait pas de télévision. Vu que tout le monde était d'un calme olympien, ça m'a un peu rassurée. El Calafate, presque tout le monde descend mais peu après toutes les places sont à nouveau prises par les gens qui vont soit à Ushuaia, une minorité, soit sur BsAs.
Tierra del Fuego, Terre de Feu. Ainsi nommée à cause des feux que maintenaient allumés les Indiens Yaghans et Alakalufes, qui vivaient presque nus sur ces terres fouettées par le vent et la pluie. Nous prenons un taxi privé conduit par une femme (22 pesos) et nous voilà sur Gobernador Deloqui, au 271, à la Casa Familia de Zaprucki. Vraie petite maison en dur dans le jardin, à gauche cuisine salle à manger, au milieu salle de bains, à droite belle chambre, le tout nickel (60 euros). Nous sommes accueillis par une Mamie très aimable et qui a l'air d'adorer Paris. Peu après c'est sa fille ou sa belle-fille qui frappe à la porte. Elle nous apporte une bouteille de deux litres d'eau, un pain complet entier, un litre de lait, un paquet de fromage et un autre de jambon plus du beurre et un pot de dulce de leche. Ça fait très panier du Petit Chaperon rouge. Le tout pour le petit déjeuner. En fait on goûtera avec, et on en mangera aussi le soir...
Ushuaia, dans un autre genre, rappelle San Francisco : on monte ou on descend en permanence. Les photos que nous avions vues de la ville, qui compte quand même 60 000 habitants, étaient trompeuses, car elles ne donnent qu'un minuscule aperçu. C'est le centre-ville qui est constamment photographié, mais les constructions s'étendent loin de part et d'autre. Dès l'arrivée on a eu droit à une tempête de neige, au soleil, à la pluie, au grésil. Ici, au moins, c'est varié et à vitesse grand V. On a passé trois heures à arpenter San Martin et les rues adjacentes. Les numéros n'ont aucune logique; on passe de 238 à 270 par exemple. Ce qui fait que pour repérer l'agence de location de voitures, on a le plus grand mal à trouver le 245... Bon, on verra demain. Pour l'instant on est crevés, il fait grand jour (à 21 heures). Mais on va ressortir sur le canal de Beagle, dans le froid glacial. Quelle transition avec Buenos Aires!! Un ferry de croisière est à l'ancre, tous feux allumés, au milieu de la baie aux couleurs de mercure...
Samedi 27
Nuit glaciale, j'ai à peine fermé l'oeil... Ce matin après quelques allers-retours sur San Martin, à cause de ces sauts de numéros, nous allons chez Hertz récupérer la Chevrolet Sedan. Le coffre est grand et nous pouvons charger tous les bagages dedans.
Peu après être partis, sur la route n° 3 qui est donc bitumée, nous avons reçu une caillasse en plein pare-brise, ça commençait bien, suivi illico presto au croisement d'un camion, d'un appel d'air monumental qui a projeté avec une violence incroyable sur le haut du pare-brise un énorme truc noir. On a cru notre dernière heure arrivée, et tout ça en une fraction de seconde. C'était l'avant du capot qui avait été éjecté sous le choc. Un morceau de plastique/caoutchouc, pour faire joli sous le logo Chevrolet. Enfin on suppose vu qu'il ne reste que les rivets...
A San Sebastian, trois maisons et la douane argentine, nous passons un certain temps car nous arrivons en même temps qu'un car de passagers. Puis quelques kilomètres plus loin, rebelote, cette fois avec la douane chilienne. A chaque fois, nous avons droit au match de foot diffusé sur un écran de télévision au cas où policiers et douaniers s'ennuieraient...
145 kilomètres nous séparent maintenant de Porvenir, capitale de la Terre de Feu chilienne, 6000 habitants, par une piste de caillasse. La pampa fuégienne est gris-bronze sous le ciel chargé, éclairée çà et là par quelques touffes de fleurs jaune pâle et poussiéreuses. Nous espérons que nos enquiquinements vont s'arrêter là et que nous n'allons pas crever. Heureusement, il ne pleut pas et le vent a un peu faibli.
Tout à coup, on aperçoit au loin, devant nous, une silhouette. En arrivant sur elle, on voit que c'est un énorme malabar, avec une carrure de rugbyman, le bonnet enfoncé jusqu'aux yeux et la mine plutôt patibulaire, qui nous fait de grands gestes. A peine une seconde d'hésitation et nous passons sans nous arrêter, malgré un sentiment de culpabilité... Je dois dire que ni l'un ni l'autre n'avons voulu prendre de risque. On ne comprenait pas ce qu'il faisait là, à 65 kilomètres de Porvenir, alors qu' il n'y avait aucune voiture arrêtée nulle part. Et les 4X4 chiliens que nous avions croisés peu avant ne s'étaient donc pas arrêtés non plus. Moi j'ai repensé au couple de Français assassinés en Bolivie...
Une maison de tôles sur la gauche, un étang et, dessus, une centaine de flamants très très roses. Etrange, en un tel endroit... Depuis un moment ça sent fortement le brûlé et on se demande si ce n'est pas la voiture, de même que depuis longtemps on aperçoit la pluie qui tombe au loin, en avant de la piste et on ne la rattrape jamais. En fait, les deux sont liés puisqu'il s'agit d'un incendie apparemment important, dégageant une épaisse fumée qu'on prenait pour un nuage de pluie.. Bien sûr, le problème se pose de savoir s'il coupe la piste ou si on va y échapper... Le soleil fait maintenant quelques apparitions et colore l'herbe grise en vert acidulé. Je regrette d'autant plus que l'objectif soit esquinté car le 10-20 ne me sert pas à grand-chose ici. Nous longeons l'immense Bahia Inutil et ses eaux gris sombre, crêtées d'écume blanche. Le long de la côte de galets, les cabanons de tôle rouillée se font plus présents... Porvenir et ses maisons de toutes les couleurs, vertes et rose, jaunes, orange, bleues et mauves, aux toits de tôle rouillés pour la plupart. Beaucoup sont en fin de règne... Nous allons directement à l'hôtel Rosas (bien, 26 000 pesos la chambre double) et le temps de nous installer, le soleil a disparu, laissant place à une température glaciale. Bien au chaud dans la chambre, nous n'avons plus envie de ressortir et attendons en lisant et en écrivant le repas du soir, qui sera hors de prix et franchement pas bon.
Dimanche 28
Bonne nuit sous les épaisses couvertures. Dire qu'on est presque en été... A 16 heures on prend le bateau, j'espère du moins qu'on aura une place pour Punta Arenas car on n'a pas réservé (deux heures et demie de traversée). Mais en attendant, que faire? Nous projetions d'aller sur les pistes environnantes mais le risque de crevaison juste avant de prendre le ferry nous fait reculer. Un Coréen du Sud, “businessman” de centollas ou King Crabe comme il se décrit lui-même, habitué des lieux, négocie avec Alberto, l'hôtelier, de pouvoir rester dans la salle de restaurant et nous dit de faire de même, ce qui nous arrange bien.
Il est maintenant plus d'une heure et demie et nous allons “visiter” Porvenir en attendant l'ouverture de la compagnie maritime. Nos pas nous mènent droit au cimetière... Porvenir est une ville, curieusement dans cette partie du monde, à fort pourcentage croate. Ils se sont installés dans les années 1880, lorsqu'on a découvert de l'or dans la région. Sont venus ensuite des habitants de l'île de Chiloe et, même s'ils n'ont pas fait fortune, ils ont trouvé du travail dans les estancias. Aujourd'hui, la plupart des habitants sont des descendants de ces pionniers. Cette colonisation a malheureusement en peu de temps anéanti les premiers habitants des lieux, chasseurs cueilleurs ou pêcheurs. Le cimetière est extraordinaire, toutes les formes d'architecture sont représentées. Il y a même de curieuses petites cases vitrées entassées les unes sur les autres, avec photos, fleurs, etc., prolongées par les tombes.
16 heures, nous sommes à l'embarcadère. Pas de problème pour prendre les billets. A 17 heures, nous partons pour deux heures vingt de traversée du mythique détroit de Magellan. Le ferry se remplit très vite, essentiellement de jeunes qui rentrent à Punta Arenas pour le lycée. Un Chilien vient s'asseoir à côté de nous, très sympa. C'est un réfugié politique qui a fait ses études en France puis qui s'est installé en Suède. Thérapeute familial.
19 h 20. Le ferry est à l'heure. Nous sortons dans les premiers et trouvons assez rapidement l'hôtel Joshiken que nous avions repéré sur Internet mais où nous n'avions pas réservé car il fallait payer à l'avance. Jolie maison tout en bois clair, très propre, belles chambre ensoleillée (du moins par moments...) et salle de bains. Et en plus très bien placée, près de la plaza de Armas. Punta Arenas est une ville étendue, aux maisons colorées, avec beaucoup d'arbres torturés par le vent, magnifiques, et très plaisante malgré ce que nous avions lu. Le propriétaire nous indique plusieurs restaurants “tous très bons”, où l'on sert du poisson frais. Nous allons à “Jekus” et nous nous régalons d'une cuisine très fine et d'une excellente bouteille de vin rouge chilien, dans un cadre superbe, tout en bois. Avec de nombreuses références de toute sorte aux Indiens disparus...
Lundi 29
Ce matin, grand soleil. Ici, en cette saison, les nuits sont courtes, le soleil se couchant vers 22 heures et se levant vers 5 heures. C'est d'ailleurs lui qui nous a réveillés. Après un bon petit déjeuner qui fera aussi repas de midi, nous partons nous balader du côté de la plaza de Armas. Dans le parc qui en occupe le centre, un bel office du tourisme et de nombreuses roulottes, qui sont des stands où l'on vend beaucoup de vêtements de laine et d'alpaga, très colorés. Tandis que l'on se balade tranquillement, et que cinq minutes plus tôt il faisait chaud, une averse de neige se met à tomber. Et ce sera comme ça tout au long de la journée, une alternance de ciel bleu, de neige, voire de ciel tout bleu et de gouttes d'eau dont on se demande à chaque fois d'où elles viennent et si ce ne sont pas des “pipis d'oiseaux” ;-). Nous devions normalement aller à l'Isla Magdalena voir la colonie de manchots, mais le passage sur le ferry du détroit de Magellan a sérieusement refroidi Alain qui a généralement le mal de mer. Il faut dire que, par moments, on aurait pu croire que le ferry allait se briser en deux lorsqu'il prenait les vagues par le travers. Et la conversation avec le Chilien avait bien arrangé les choses, pour détourner son attention des bonds que faisait le bateau. Donc nous décidons d'aller au Seno Otway voir une autre petite colonie, à une heure de route dont une quarantaine de kilomètres de piste. A douze kilomètres de l'arrivée, nous devons payer d'abord 3000 pesos, une espèce de droit de passage, puis 10 000 pesos pour l'entrée de la pingüinera (ce qui fait au toatl une vingtaine d'euros). Il pleut par intermittence. Nous prenons le sentier de bois de 1500 mètres de long à la recherche des manchots (les pingouins, eux, sont en Arctique). Je n'arrête pas de pester après l'objectif 17-85 mm qui a définitivement rendu l'âme, je ne peux même pas m'en servir en automatique et suis cantonnée au grand angulaire. Tout ce qu'il faut, en effet, pour photographier des manchots seulement visibles des miradors, ou presque. Lorsque je mets l'œil au viseur, on dirait des crottes de mouche. Nous en voyons quelques-uns se dandiner à la queue leu leu, vraiment trop mignons, ce qui me fait pester encore une fois. Le pire, c'est que j'ai emporté les jumelles de Paris spécialement pour eux et que nous les avons oubliées à Punta Arenas!! Nous mettons cela sur le compte de l'extrême fatigue dans laquelle nous étions avant de partir. Et le voyage n'a rien arrangé... Finalement, nous trouvons que c'est bien cher payé pour un si long chemin et seulement quelques manchots de-ci de-là, faisant une bronzette sur la plage ou jouant à cache-cache avec nous.
Retour à Punta Arenas. La plaza de Armas, cet après-midi, a complètement changé d'atmosphère. On dirait le parc Montsouris (à Paris) après la sortie de l'école. Punta Arenas est une ville très jeune, bourrée de lycéens et d'étudiants.
Ce soir, nous retournons manger chez Jekus, pour fêter mon anniversaire le 1er décembre (à ce moment-là nous serons en refuge à Torres del Paine). Je n'ai jamais mangé d'agneau aussi bon... En sortant, il fait un froid glacial malgré toutes nos couches de Damart, laine et polaires, pas loin de celui de Sept-Iles (dans le nord du Québec) au mois de février...
Mardi 30
En partant pour Puerto Natales, nous retournons au bureau de change. L'argent file ici à vitesse grand V.
Nous quittons la province de l'Ultima Esperanza pour entrer dans celle des Magallanes.
La route est déserte, le ciel gris, le vent omniprésent. Nous dépassons soudain un Cristo del Camino à l'abri d'un bosquet, insolite dans ces espaces désolés. Le grand angle lui fait faire un bond en arrière, et le fait de le rapprocher sous Photoshop lui confère un flou... très peu artistique... Régulièrement, sur le bord de la route ou des pistes, on retrouve de ces petits hôtels mortuaires, avec photos, fleurs et souvenirs, et drapeau rouge claquant au vent, dont nous ignorons la signification. Mais en arrivant dans l'après-midi à Puerto Natales, au bord du Pacifique, après 250 km de steppe aride et hyper ventée (quel sport de conduire comme ça, accrochée au volant!!), la surprise est de taille! Là ce sont des centaines de bouteilles en plastique – remplies en partie d'eau à cause du vent – qui veillent les morts... La petite ville (ou le gros village, au choix) est très différente, toutes proportions gardées, de Punta Arenas. Les maisons sont basses et d'aspect plutôt délabré, toujours très colorées. Nous remarquons que les Chiliens, du moins dans le Sud, ne se préoccupent pas de l'aspect extérieur de leurs habitations. Tôles disjointes, peinture écaillée, le tout a souvent un aspect branlant et peu engageant, alors que l'intérieur est particulièrement pimpant et soigné. Les gens sont en général de petite taille, si l'on excepte certains Croates de Porvenir. Au Pléistocène (- 2000 000 d'années à - 10 000 ans), un animal fantastique arpentait ces terres du bout du monde, une espèce de grizzly herbivore à queue de kangourou, deux fois plus haut qu'un homme, appelé Milodon ou, plus simplement, Glossotherium robustus. La Cueva del Milodón en abrite un spécimen, mais en carton-pâte, c'est la raison pour laquelle nous n'avons pas fait le détour lorsque nous avons quitté Puerto Natales pour rejoindre le parc Torres del Paine. Le milodón qui trône en bord de mer, à Puerto Natales... L'hôtel Chorrillos est basique mais très agréable, très bien tenu et la propriétaire est extrêmement aimable. Nous discutons avec un Français installé à l'ordinateur de l'accueil, barbe et cheveux blancs, parti avec sa compagne le 10 juillet en vélo du Pérou (c'est exactement le genre de voyage qui ne m'attire pas, pédaler comme un forcené en se battant constamment contre un vent déchaîné, mais je suis très admirative). Ils s'y sont fait attaquer et voler une première fois, puis une seconde fois on leur a dérobé appareil photo, caméra et argent. Ils avaient été repérés sur le marché, puis suivis en dehors de la ville en... taxi!! L'un des quatre agresseurs (quel courage!! à quatre contre deux!) a cassé une bouteille, jeté sa compagne à terre et lui a mis le tesson sur la gorge... Courses au supermarché – Unimarc, comme à Punta Arenas – où l'on finit par trouver un camping-gaz et les cartouches qui vont avec, puis retour à l'hôtel afin de préparer les sacs à dos pour les quatre jours à venir. La chambre est dans un état! On croirait qu'on part en expédition en autonomie pour six mois ;-)): nourriture d'un côté, vêtements de rechange, appareil photo, jumelles, GPS de l'autre. Le 17-85 mm est définitivement HS, ce qui fait que je n'ai plus que le grand angulaire. Plutôt catastrophique pour un voyage pareil... Adieu tous les gros plans, comme celui de notre premier nandou croisé aujourd'hui, ou de cet adorable renard argenté aux grands yeux noirs en amande qui s'est couché dans l'herbe quand il a vu qu'on s’arrêtait pour le regarder. Il est resté là, à nous surveiller du coin de l'œil, jusqu'à ce que la voiture redémarre. Puis il est reparti de son côté et nous du nôtre. Je l'ai quand même casé dans un petit coin de la carte-mémoire. Le voici, démesurément grossi sous Photoshop, disons... dans un flou gaussien... Dehors, une multitude de chiens se font la conversation d'une rue à l'autre.
Mercredi 1er décembre
Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. La nuit a été courte mais je me suis endormie tout de suite, bercée par le plus doux bruit qui soit, celui de la pluie qui tambourinait sur le toit de tôle de l'hostal... Le problème, c'est que ce matin il tombe une pluie torrentielle, fouettée par un vent qui doit avoisiner les 120 km/h. Autrement dit des conditions idéales pour entamer une randonnée de huit heures. Excellent petit déjeuner avec du cake maison et des yaourts aux fruits, entre autres. Cet hostal est une excellente adresse, pas chère (20 000 pesos), et la propriétaire est très aimable. Nous discutons avec un jeune couple de Français qui nous annonce que la piste la plus longue, celle de Laguna Amarga, c'est-à-dire l'entrée Nord, est désormais bitumée. Plutôt que de prendre la nouvelle piste plus courte de moitié qui mène à l'entrée Sud, nous choisissons la facilité, puisque du ripio, nous en aurons à revendre dans les semaines à venir. Nous partons donc, seuls sur la route. Mais à Cerro Castillo, surprise, la route devient piste, et mauvaise piste puisqu'il s'agit d'une (très mauvaise) déviation. Quelques kilomètres plus loin, passé un gaucho plus vrai que nature sur son cheval, béret vissé sur la tête qui le protège mal de la neige qui tombe en abondance, et poussant son petit troupeau de vaches, nous retombons sur la route mais pour peu de temps. Les derniers 90 kilomètres seront de nouveau de la piste. Nous voyons encore une fois des guanacos, et encore une fois je peste de n'avoir que le grand angulaire. Une fois à l'entrée du parc, nous allons payer dans une minuscule cabane où les taches sont très compartimentées: trois personnes, dont une qui prend les passeports, une deuxième dans une cahute en verre qui nous déleste de 30 000 pesos de droits d'entrée, et enfin une troisième qui vérifie les billets d'entrée et nous donne le plan du parc. Les refuges des Torres se trouvent au bout d'une mauvaise piste de sept kilomètres, coupée en son milieu par un pont-surprise. Il ne peut supporter plus de 1500 kilos. Avec la Chevrolet Corsa pas de problème, mais les véhicules genre Renault Espace sont vraiment limites...
Arrivés au refuge des Torres, nouvelle surprise: nous ne sommes pas au Central mais au Norte, autrement pas dit pas au nouveau, paraît-il très bien, mais à l'ancien de mauvaise réputation. Il fait vraiment à l'abandon. Les chambres ne sont pas chauffées, sans lumière, il n'y a des lampes à gaz (dont une seule à chaque extrémité du couloir) que jusqu'à 23 heures, le lino du sol se décolle, les « banos » sentent horriblement mauvais, un mélange de désinfectant et d'urinoirs publiques. Sinon, la chambre est petite mais banale. En fait, nous n'adorons pas les dortoirs...
Nous montons aux Torres avec un temps complètement bouché, et en en plus il fait un froid sibérien, pas loin du Québec en hiver. Nous sommes pourtant extrêmement couverts, mais la neige qui passe à l'horizontal fou ettée par un vent violent nous glace le visage. Nous traversons d'abord des terres complètement désertes, couvertes d'une petite herbe rase, puis des massifs entiers d'arbustes à floraison rouge vif, des notros (Embothrium coccineum), comme ceux que nous avions vus à Venice, à Los Angeles. Passé le refuge Chileno, à mi-chemin, nous entrons dans un bois et le chemin devient complètement boueux. Le temps est toujours totalement bouché, les Torres enfouies dans une épaisse couche de nuages et de neige et nous ne pouvons espérer les apercevoir. Nous décidons alors de faire demi-tour. Au détour du sentier, un magnifique renard, un zorro colorado aux allures de coyote, croise notre route. Il hésite. Je crois qu'il va nous emboîter le pas mais, dommage, il change d'avis puis disparaît sous les arbres. Sept heures et demie après le début de la randonnée, nous voici à nouveau au refuge. Rien ne s'arrange: impossible de se faire à manger, d'une part parce qu'à Puerto Natales nous avons acheté un camping gaz et les cartouches vendues avec (camping gaz également), malheureusement une fois ici on se rend compte qu'elles ne sont pas adaptées; d'autre part parce qu'il n'y a même pas une cuisine pour se faire chauffer de l'eau. Nous « pouvons manger au restaurant » (à 20 euros par personne en plus des 96 euros par nuit pour nos deux lits superposés...), ou nous faire de la cuisine dehors (où? en plein vent et par terre puisqu'il n'y a ni table ni bancs?) et « rentrer la manger à l'intérieur « (merci de tant de générosité!). Nous sommes furieux, d'autant qu'à l'intérieur, justement, il n'y a que trois malheureuses tables et même pas suffisamment de chaises pour aller avec. Ca promet pour les deux nuits suivantes. Nous partons nous coucher avant que toute la chambrée ne fasse de même. Ah, zut, toute la chambrée est déjà au lit...
Jeudi 2
Nous avons eu froid toute la nuit, car en plus du fait que ça ne soit pas chauffé, la fenêtre était restée légèrement ouverte. Nous n'y avions pas touché, pensant que c'était une des personnes présentes qui l'avait fait pour éviter de la condensation. Sauf que nos deux lits étaient collés sur l'air glacial, et ce n'est pas la petite couverture qui nous a protégés. En plus du reste, le double rideau avait perdu trois de ses anneaux, que personne n'avait jugé utile de remplacer. Heureusement, Géo Trouvetout (autrement dit moi, comme je suis assez souvent surnommée) a trouvé une solution en coinçant le bout du rideau de gauche dans le premier anneau du rideau de droite. A peine réveillés, nous n'avons qu'une hâte : fuir ce refuge qui est un vrai scandale étant donné son prix. Nous remballons nos affaires et filons à la voiture. Une gorgée d'eau froide, une bouchée de cake “con frutas”, et nous voilà partis pour l'embarcadère, d'où le catamaran nous amènera à Paine Grande. En chemin, des guanacos peu craintifs broutent au bord de la piste.
9 h 30. Premier départ du bateau (il y en a un autre à 10 heures, puis à midi pour ce qui est du matin). Les billets s'achètent à bord, 38 000 pesos pour deux allers-retours (en fait c'est 36 000, on s'est fait rouler de 2000 pesos..., ce qu'on aurait jamais imaginé sur une navette, dans un parc national), soit environ une soixantaine d'euros. Café, thé ou chocolat et petits gâteaux sont offerts. Le lac est venté, ça remue pas mal et les eaux sont vert sombre. Impossible d'aller à l'arrière à cause du froid glacial et des paquets d'eau projetés sur le pont. De l'intérieur, impossible aussi de faire des photos à travers les vitres complètement trempées. Une demi-heure plus tard, tout le monde descend. Au premier abord, le gite de Paine Grande est pimpant, seul au bord du lac, dominé par les montagnes (du moins on le suppose car elles sont perdues dans les brumes). Au deuxième abord, il l'est encore plus. Des tons orangés aux murs auxquels sont accrochés masques, dessins et photos concernant les Indiens disparus; plusieurs petits salons ici ou là, avec un gros poêle à bois qui ronronne et d'épais canapés ou fauteuils en cuir. Ca monte et ça descend, ça tourne et ça retourne et c'est très chaleureux. Pour l'instant, par contre, nos lits ne sont pas prêts. Nous laissons une partie de nos affaires dans une eptite pièce en face du Mini Market, dont seuls les deux vendeurs ont la clef, et nous voilà partis à 11 heures pour le glacier Grey sous un temps à ne pas mettre un chien dehors (drôle d'expression, d'ailleurs... pourquoi mettrait-on un chien dehors?). Le sentier suit une étroite vallée dans laquelle le vent s'engouffre avec rage! Il faisait 2°, mais maintenant, avec le facteur vent, je n'ose imaginer la température ressentie... La pluie est de la partie, les nuages cherchent à toucher terre et nous n'arrivons même pas à avancer. J'ai l'impression que quelqu'un me pousse constamment avec force vers l'arrière. Nous faisons des embardées à droite, à gauche, à droite, à gauche et progressons avec peine. Il faut vraiment vouloir voir ce glacier! D'ailleurs nous ne croisons absolument personne pendant plusieurs heures. La vallée n'en finit pas, alors que d'après la carte je croyais longer le lac tout du long. La notion de ce qui est difficile ou modéré n'est pas la même chez les rangers américains et les employés des parcs chiliens. Celui-ci est classé en modéré alors qu'on dirait qu'on suit le lit d'un cours d'eau. Il est encombré de roches et de pierres presque tout du long, entrecoupé de passages bourbeux, inondés, etc. Le dénivelé est faible mais il monte et descend constamment. Bref, progresser dans ces conditions est particulièrement pénible...
Nous n'arrivons pas à nous poser pour manger un morceau, la pluie et maintenant la neige ne cessent de tomber, tout est trempé ou boueux et il n'y a pas un endroit où s'asseoir. Nous finissons par nous arrêter sous un arbre aux grosses racines apparentes. J'attrape l'onglée en moins de deux, nous sommes trempés de transpiration qui gèle quasi instantanément... Quel plaisir! Comme le dit un non-anglophone qui passe près de nous: “Bad time to lunch!” Enfin, nos efforts sont récompensés et nous apercevons, là devant nous, le glacier, géant bleu figé sur toute la largeur du lac. Nous ne pouvons distinguer son épaisseur, dissimulée dans les nuages. De petits icebergs bleutés dérivent vers l'aval sur les eaux grises du lac qui aujourd'hui porte bien son nom (Lago Grey). Nous ne savons toujours pas si nous sommes entourés ou non de montagnes, comme hier tout est bouché, gris, glacial et mouillé... Nous continuons sur le chemin mais le temps décidément empire et nous faisons demi-tour. Partis à 11 heures nous rentrons à 17 heures. Notre chambre, baptisée “Puma”, est pour six personnes. En cherchant la salle de bains, je vois par les portes ouvertes que certaines chambres sont pour quatre et d'autres..., que vois-je?? pour deux ! Nous redescendons illico presto à l'accueil et demandons si l'on peut changer pour une chambre à deux lits... En deux minutes, c'est chose faite et nous déménageons de “Puma” pour “El Calafate”. C'est royal et ça change tout!! Dans la grande salle de restaurants aux tables en bois ciré nous prenons Alain un thé et moi un chocolat avec un grand cooky aux amandes et chocolat (le tout pour 3000 pesos, soit 6 euros). Par la fenêtre, nous apercevons de splendides oiseaux noir et feu. Nous sommes vraiment contents d'avoir une chambre pour nous tout seuls! La promiscuité ne nous plaît décidément pas, nous sommes trop indépendants pour ça (et mes années de colonies de vacances, trois fois par an de sept à dix-huit ans, m'ont vaccinée à vie). D'autant que personne ne se parle. On pensait pouvoir échanger deux trois mots avec nos voisins de lit mais non, ils font comme s'ils étaient seuls... La chambre donne sur la montagne derrière et on aperçoit un bout du lac Paine Grande. Il y a l'électricité et le chauffage, le rêve, en somme. Seul hic mais qui cette fois passe comme une lettre à la poste, le radiateur ne sera allumé qu'à 22 heures... En attendant, on renfile pulls et polaires pour pique-niquer, assis sur le lit... A 22 heures, on entend les premières dilatations du métal qui chauffe mais je m'aperçois assez vite que c'est uniquement une petite moitié du radiateur qui est allumée. Par ailleurs, le vent à l'assaut de la fenêtre fait un bruit de 777 et soulève le double rideau. Nous nous fourrons au lit, mais moi, qui ne suis pourtant pas frileuse, je suis frigorifiée! Il n'y a sur le lit qu'une petite couette fine, d'été je suppose, puisque nous n'en sommes qu'à même pas trois semaines. Vers 4 heures, n'ayant toujours pas fermé l'oeil, je cherche à tâtons dans le noir mon gros Damart et les deux polaires que j'étale sur le lit et m'endors illico. La nuit, toutes les lumières du couloir sont éteintes...
Vendredi 3
Je me rends compte ce matin, en examinant la fenêtre de plus près, qu'elle n'est pas hermétiquement fermée. C'est une histoire de un centimètre maximum, mais ça a suffi, étant donné le temps qu'il fait dehors, à réfrigérer complètement la chambre et moi avec. Pourtant je ne suis pas frileuse... Alain, qui dort sur le lit supérieur, l'a moins senti. Une fois fermée, le bruit passe du 777 à l'avion de tourisme et le double rideau s'est calmé... Le vent est toujours aussi violent ce matin, et il pleut... Nous ne pouvons prendre un thé dans la salle du petit déjeuner car elle est déjà fermée et nous nous contentons encore une fois d'un peu d'eau glacée et de quelques tranches de Budin, autrement dit de cake aux fruits. Ensuite, départ à 10 h 30 pour la Vallée française. Les bourrasques, chaque jour plus violentes que la veille, si c'est possible, nous jettent sur les bas-côtés chacun à notre tour. Heureusement, le sentier est plus facile aujourd'hui, puisque de terre, et plus joli également car il suit le lac Sarmiento, du moins au début. Ce lac, contrairement au lago Paine sur la berge duquel est construit le lodge, est gris sombre, ce qui signifie donc qu'il n'est pas glaciaire. Les bosquets de fleurs rouge sang sont omniprésents; on trouve aussi une multitude de petites orchidées blanches, et toujours les pois mauves et blancs. Les couleurs sont un peu les mêmes que dans l'Ouest américain au printemps, rouge et mauve: Indian paintbrush et lupin bleus. Nous croisons des oiseaux magnifiques, jaune vif et vert fluo, d'autres aux yeux de rubis et aux pattes jaune safran. Les animaux, ici, ne sont absolument pas craintifs, et nous pouvons les approcher de très près. Les oiseaux, par exemple, ne s'envolent qu'au dernier moment. Au-dessus de nous, les montagnes acérées comme des lances percent quelquefois la couche nuageuse, laissant apparaître un glacier suspendu, d'où s'écoule une eau claire et potable. Toutes les eaux de ce parc sont bonnes à boire. Je l'avais lu mais j'ai profité du passage d'un garde du parc pour me le faire confirmer. A propos de garde, d'ailleurs, le seul qu'on ait vu, alors qu'il faisait un froid de canard, pluie, vent, etc., se baladait en casquette (sans doute avec dessous un tube de glu pour la faire tenir) et en T-shirt... Mais les Indiens Alakalufs étaient bien nus en été (et ne pas oublier que nous en sommes proches) et ne portaient leurs peaux de guanacos qu'en hiver... Nous voulons arriver au campamento italiano pour pique-niquer, espérant qu'il y aura une cahute où au moins se mettre à l'abri. It's a long way pour y arriver, et je doute un peu que les distances soient fiables. Sept kilomètres et demie ce n'est pas grand-chose, or nous marchons d'un bon pas malgré le vent et toujours rien en vue. Nous passons dans un bois, puis dans un autre, et un autre encore, le sentier devient roches et caillasse, boue et racines, voire ruisseau... Les Torres sont toujours invisibles, je vois venir le moment où nous partirons et où nous ne les aurons même pas aperçues. De temps en temps, un rayon de soleil perce tous ces nuages et donne à ces sommets glacés une atmosphère fantastique. Nous nous rapprochons de la jonction avec la Vallée française, mais nous avons un peu plus tôt croisé deux Français, entre cinquante et soixante ans, du genre guide de haute montagne avec l'accent savoyard, qui nous ont dit que tout était bouché au-dessus, et qu'ils renonçaient “à monter là-haut aujourd'hui”. Soudain, nous entendons un grondement de chutes d'eau qui ont l'air gigantesques. Nous longeons le lit d'un torrent furieux et apercevons enfin un premier panneau: pont à 500 mètres (chiliens). Le temps est sombre, la pluie glaciale, le vent devrait être débaptisé, il est trop violent, trop constant, trop rageur... Voici le pont de bois, donc, puis un second, suspendu celui-là, qui ne permet de passer qu'à deux personnes à la fois. De l'autre côté, le campamento Italiano. Nous passons au-dessus du torrent rugissant, ça se balance pas mal, et prenons pied sur l'autre rive. Eh bien on peut dire que les campings chiliens n'ont rien à voir avec les campings des parcs américains! Quelques tentes sous des arbres hauts et déplumés, du genre peupliers, une terre sableuse et grisâtre, des racines absolument partout, et surtout pas les moindres cahute, table ou bancs, rien. Rien de prévu pour les campeurs installés dans ces solitudes glacées. Aucun emplacement pour faire du feu. Une cabane couverte de tôle et un panneau avertissant que c'est “privado”, entrée interdite, pour le garde que nous avons croisé, certainement. Nous faisons le tour, trouvons une cabane de trois murs de planches dans laquelle il fait carrément nuit et devinons deux silhouettes dans la pénombre. L'une se fait cuire quelque chose sur son réchaud, posé sur une planche; l'autre a l'air morose et dubitative, mais surtout transie. Une autre cabane misérable pour les w-c, et c'est tout. Nous nous asseyons sur un tronc de dix centimètres de diamètre posé sur deux petits piquets et trouvons vraiment lamentable une si piètre installation. Dans ces conditions nous ne déballons ni pain ni poulet rôti pour moi (celui acheté à Puerto Natales pour 3 000 pesos et qui est inusable) et avalons vite fait une banane et moi un délicieux cooky acheté hier en fin d'après-midi. Il faut bien sûr emporter ses poubelles... Redescente au pas de charge sur le lodge, où nous arrivons à 16 h 30 pour prendre un chocolat et un thé. Par les grandes baies vitrées, nous observons quelque chose d'étrange: comme un vent de sable à la surface du lac, de longues écharpes d'embruns qui s'effilochent et se reforment. Par endroits des mini-tornades s'élèvent tout droit vers le ciel, tandis que de grosses vagues s'écrasent sur la rive en face qui est pourtant éloignée.
Samedi 4
Le temps aujourd'hui, puisqu'on s'en va, est nettement plus beau, bien que les sommets soient toujours encapuchonnés. A 9 h 30, nous prenons le catamaran en compagnie d'un jeune Français très sympa, Loïc, avec qui nous avons échangé quelques mots en attendant. Lui est parti pour un tour du monde; arrivé en Equateur il y a trois mois, il prend l'avion après-demain à Punta Arenas pour la Nouvelle-Zélande. Comme il va aussi à Puerto Natales, nous lui proposons de l'y conduire. Et il se trouve qu'il va dans le même hostal que nous chercher ses affaires qu'il avait laissées le temps d'aller aux Torres del Paine. Dernière coïncidence, il connaît voyageforum et y a même un pseudo: karasamba. Nous prenons la nouvelle piste, celle de 85 kilomètres, qui démarre vraiment très bien, on la croirait bitumée. Mais, très vite, elle se transforme en un vrai poulailler! C'est une succession de nids-de-poules remplis d'eau boueuse qui éclaboussent la voiture. Vu deux huitriers-pie. Dans un des bureaux de change de Puerto Natales où nous changeons deux cents euros, la caissière, qui ne se prend pas pour rien, comme tous ceux à qui nous avons eu affaire jusqu'à présent dans ces endroits-là, commence à lorgner d'un oeil suspicieux le premier billet de cent euros, en direct de la Banque postale, essaie de voir à travers et le pose sur le coin de sa table avec un air à moitié dégoûté. Elle prend le second, l'examine, et repère une petite pliure plus prononcée d'environ un millimètre sur une des tranches au milieu du billet. Ca y est! Elle a ce qu'elle cherchait et nous le rend d'un air triomphant. Nous ne comprenons pas (ou faisons mine de ne pas comprendre). Je sors mes lunettes, fais comme elle, observe le billet et lui demande ce qu'il a de spécial. Je lui fais remarquer qu'en France un tel billet ne poserait pas de problème. D'un ton cassant elle nous réplique qu'ici, elle n'en veut pas!! Excédé, Alain lui demande de lui rendre le premier billet et nous ressortons furieux. Dans le deuxième bureau, tout se passe comme sur des roulettes... Le soir, dans une pizzeria (Mesita Grande), le serveur essaie de nous rouler avec une impudence incroyable! Il s'était carrément pris 100 % de pourboire! (Au Chili, le pourboire dans les restaurants est en principe de 10 %.) Nous voulions en fait dîner à Afrigonia, le meilleur restaurant de Puerto Natales, mais la salle, toute petite, était bondée et de toute façon il aurait fallu réserver.
Dimanche 5
Lit excellent mais l'isolation extérieure est déplorable (partout jusqu'à maintenant) et bien qu'à l'écart du centre, les voitures nous ont dérangés. L'adresse reste très bonne. Après le petit déjeuner composé cette fois-ci de jus d'orange, de quatre crêpes, de pains chauds, beurre et deux confitures, plus fromage, nous partons pour El Calafate en passant par le côté chilien, soit Cerro Castillo, sur la route des Torres del Paine. Ni la douane chilienne ni la douane argentine ne nous ont embêtés, et les Argentins ne nous ont même pas fouillés, ce qui fait que nous aurions pu garder tomates, beurre, œufs, poires, etc., au lieu de tout laisser à l'hostal Chorrillos. Nous prenons la piste d'une trentaine de kilomètres qui rejoint la route d'El Calafate. L'essence, ici en Argentine, est bien meilleur marché qu'au Chili (environ 0,60 euro contre plus de un euro) et nous regrettons d'avoir fait le plein à Puerto Natales. J'avais lu que plutôt que de faire le détour par La Esperanza, on pouvait couper par une piste très belle et très bonne. Nous n'hésitons donc pas une seconde sans avoir idée du kilométrage... C'est morne plaine... Pampa à droite, pampa à gauche, herbe rase et grise, horizon rectiligne. Mais la piste, assez bonne au commencement, se gâte vite et sérieusement. Ce n'est maintenant plus que de la caillasse, et il faut constamment faire attention où l'on met les roues, éviter les cailloux trop pointus et les zones trop dérapantes. Dans le ciel encombré de beaux nuages, le soleil brille et la température au thermomètre de la voiture grimpe jusqu'à 30°! Du jamais-vu depuis qu'on est arrivés en Patagonie. Le désert grisâtre s'étend à l'infini, de temps en temps on aperçoit le ruban de la piste comme un serpent qui filerait devant nous, dans l'infini de la pampa. Une heure passe, puis une deuxième... on n'en voit pas le bout... Les fortes pluies ont laissé par endroits sur des parcelles de sol probablement calcaires des mares plus ou moins étendues, immédiatement colonisées par tous les oiseaux de passage: flamants, cygnes à col noir, oies, canards, etc. En se rapprochant de la jonction avec la route 40, asphaltée sur cette portion, le sol se soulève en moutonnements de velours plus ou moins prononcés, dans des tons qui tirent maintenant sur le vert. Une quinzaine de kilomètres avant El Calafate, le paysage devient soudain magnifique, surplombant le lago Argentino, turquoise comme tous les lacs glaciaires sous les rayons du soleil. Le rio Santa Cruz serpente dans la vallée en une multitude de boucles serrées...
El Calafate. Albergue Lago Argentino. D'un côté de la route, le n° 1050 et l'albergue; de l'autre le 1061 et l'hostal. Nous avions réservé une petite maison dans le jardin. Il y en a deux rangées de trois, mitoyennes, de couleurs vives - carmin et beu – séparées par un gazon vert et dru. Tout est en fleurs, genêts, lupins, chèvrefeuille, arbustes de toute sorte, ça sent le printemps même si les chambres sont par là même un peu sombres. La nôtre est parfaite, la salle de bains aussi.
Le soir, nous allons manger des gnocchis de pommes de terre au safran et du gratin de potiron et maïs, arrosés d'une bonne bouteille de vin argentin dans un excellent restaurant, Pura Vida, avenida del Libertador, avec 10 % de réduction parce qu'on vient de l'albergue Lago Argentino. Le ciel est d'un bleu clair très pur, très lumineux, et la lumière transparente et rosée en cette fin de journée, comme on n'en a jamais vue ailleurs. Les Argentins, de même que les Chiliens, surchauffent leurs intérieurs et la chambre ne fait pas exception.
Lundi 6
Nous voulions être au Perito Moreno avant l'ouverture mais ça ne sera certainement pas possible. Aussi nous choisissons de prendre le petit déjeuner sur place et de partir ensuite. A 7 h 30 nous montons dans la voiture et en route pour les 70 km qui nous séparent du glacier géant. Nous doublons une flopée de cars de touristes vides, étrange..., et arrivons une demi-heure plus tard à l'entrée du parc. Les 40 pesos par personne annoncés par le Routard se sont transformés en 75 pesos... Il reste encore 28 km avant d'arriver. La route, relativement étroite et sinueuse, longe le lago Argentino, couleur menthe à l'eau, traverse des bois de résineux accrochés au pied des montagnes pelées. Le vent est toujours extrêmement violent et le sol jonché de petites branches entre lesquelles je dois zigzaguer en permanence. Jusqu'à 10 heures du matin il est possible de se garer au sommet (nous ne l'apprendrons que plus tard car rien ne l'indique), mais nous ne pourrons y retourner ensuite et il faudra rester sur l'immense parking un peu plus bas. Il y a toute une série de passerelles, à cette heure-ci totalement désertes, dont les plus proches sont celles dites « de la rupture ». D'autres s'enfoncent dans les bois, montent et descendent...Vu d'en face, le Perito Moreno, un des derniers glaciers à ne pas régresser et qui fait partie de la troisième calotte glaciaire au monde (après l'Antarctique et le Groenland, 360 km de long sue 40 km de large), ne donne pas l'ampleur de ses cinq kilomètres de large et de ses soixante mètres de hauteur... Lorsqu'il est bien disposé, il peut avancer de deux mètres par jour, aussi nous guettons ses plongées vertigineuses accompagnées de fracas de coups de canon (comme j'en entends tous les jours, je peux faire la comparaison ;-)), qui laissent derrière elles des cicatrices bleu intense. A l'avant, ce ne sont que flèches, lances et pieux prêts à faire le grand saut, à l'arrière des milliers de crêtes meringuées parcourues d'un réseau infini de crevasses. Nous décidons de prendre le bateau qui se trouve sous le restaurant - celui du dessous - pour aller voir de plus près de quoi il retourne. Cent pesos de moins dans les poches, nous montons sur le pont en compagnie d'une trentaine de personnes, très peu de monde, donc, puisque nous pourrions être trois cents! Le bateau reste à distance respectable des éventuels icebergs, tourne et vire, se rapproche de la zone de fracture, s'arrête lorsqu'une détonation se fait entendre, longe le glacier vers l'est, fait demi-tour, et trois quarts d'heure plus tard, rentre au bercail. Tout le monde descend. A cette heure-ci, midi, lorsque nous rejoignons les passerelles, c'est la cohue. Plus rien à voir avec l'atmosphère de début de matinée, où nous avions le glacier pour nous tout seuls. Deux heures plus tard nous sommes sur la très belle route d'El Calafate. Le ciel est bleu et le vent a encore forci. Pendant ces quelques heures, j'ai bien sûr eu tout loisir de pester (intérieurement ;-)) puisque je ne pouvais faire de photos qu'au grand angle. Les trois magasins de photos de la ville vendent uniquement des pellicules Kodak, ici ils n'ont pas encore fait faillite, et ma tentative de commande d'un 50 mm Canon sur Amazon.com n'a rien donné puisqu'ils ne livrent pas dans ces contrées lointaines. Il faut me faire une raison, mais c'est dur... Au supermercado nous achetons une salade de pommes de terre, carottes et petits pois, plus des œufs que je fais cuire discrètement dans la salle du petit déjeuner où « l'on ne doit pas cuisiner ». Lessive dans le lavabo miniature dont la bonde a été supprimée puisque l'hostal lave du linge contre 25 pesos, mais c'est sans compter sur Géo (Trouvetout). J'utilise une mousseline de notre propre thé que nous venons de faire infuser, la rince bien et bouche le lavabo avec. Très efficace! Eventuellement, on peut aussi d'une main appuyer sur la mousseline et de l'autre malaxer... A la guerre comme à la guerre!...
Mardi 7
Le soleil a disparu mais, par extraordinaire, il n'y a pas de vent! Nous commençons la journée, après le petit déjeuner avec des voisins de table allemands détestables et prétentieux, par le locutorio (petit local où l'on peut téléphoner). J'ai deux cartes de téléphone à 10 pesos, chacune permettant d'appeler une demi-heure en France (merci Herge pour l'info!). Ça marchait très bien de Buenos Aires avec la carte Hable Mas. A Ushuaia j'ai dû en acheter une d'une autre marque - en fait de carte, c'était un ticket de caisse avec les indications en caractères minuscules. Mais ici, plus rien ne va. « Les ondes », paraît-il, « c'est trop perdu » (celui qui nous dit ça se fiche carrément de nous, vu que toutes les cabines internationales avec paiement à la caisse sont occupées pour des coups de fil vers l'Europe!), il veut bien sûr qu'on range notre carte et qu’on lui paye directement la communication. Deuxième locutorio, même son de cloche... Ensuite passage par un supermarché pour acheter du jambon cru Lomsicar (?) en promotion. La caissière en profite pour essayer de nous rouler d'un billet de 2 pesos. Ce n'est pourtant pas compliqué: elle doit nous rendre 74,25 pesos et elle nous en rend 72,25, en se dépêchant de quitter sa caisse juste après. On récupère donc les deux pesos manquants en pestant, et on comprend pourquoi ce supermercado n’était pas indiqué sur le plan que l’on nous a donné à l'albergo Lago Argentino... A propos de monnaie, l'Argentine et apparemment avec elle le Chili manquent cruellement de pièces métalliques. Il est surprenant de voir comme les caisses sont vides et comme, à chaque fois, cela pose un problème. En général, les gens arrondissent au-dessous pour que le client ne soit pas perdant (c’est toujours le cas dans les stations-service), mais parfois c'est le contraire. Les plus généreux vous jettent une sucette sur la caisse et au suivant ! Le jambon Lomsicar est incroyablement acide, j'arrive à peine à le manger. Il va falloir que je me renseigne sur cette appellation: Lomsicar. Est-ce une recette au vinaigre, ou bien prendrais-je le Pirée pour un homme? Aujourd'hui, on avait prévu (sur la carte) de monter au cerro Calafate, 800 m de dénivelé, mais surprise on s'est aperçus que c'était une montagne complètement pelée, caillasse et poussière grise, ce qui nous a douchés d'un coup... On est restés écrire des cartes postales, faire quelques courses, laver du linge, lire et rédiger le carnet... Une journée de transition, quoi. Lomsicar, d'après Internet, ne renvoie à aucune recette, c’est une marque comme une autre. Ce jambon acide ne m'inspire plus du tout et je vais le donner à un des nombreux chiens qui, ici, comme dans chaque agglomération traversée, arpentent les rues poussiéreuses. Le conseil est de ne jamais les caresser, ils trimballent je ne sais plus quelle maladie et la rage est très courante. Mais c'est difficile, ils sont très sympa et ont tous de bonnes têtes. On se rabat sur les chats angoras et couverts de poussière de l'hostal, qui se prélassent dans le jardin et ont tout de suite senti à qui ils avaient affaire : ils nous font mille et un câlins (mais ils ne ronronnent pas... Est-ce que les chats argentins ne savent pas ronronner??).
Mercredi 8
J'ai passé une bonne nuit, heureusement car j'étais vraiment fatiguée. C'est Alain, cette fois, qui n'a pas fermé l'oeil et qui a eu droit : aux pétards et aux fusées que deux gamins lancent nuit et jour près du locutorio d'à côté (il ne manquait que Doisneau pour les photographier); au 4 x 4 au pot d'échappement percé que le voisin, assis derrière le volant au milieu de son jardin, fait rugir, lui aussi nuit et jour selon son humeur; à la musique de l'auto-radio...; et au chien de ce même voisin qui est insomniaque et s'en donne à coeur joie. Nous partons pour El Chalten après avoir fait quelques courses au supermercado La Anonima. Le ciel s'est couvert et nous craignons le pire pour la suite de la journée.
Le paysage est toujours aussi désertique, mais la proximité des Andes lui donne un peu de relief. A l'est, du côté de la pampa, longue traînée de cumulus blancs comme neige dans le ciel bleu, à l'ouest tout se mêle dans un horizon gris et cotonneux. Puis voici nos premières badlands, ressemblant fort à leurs cousines américaines de l'Utah, mais en moins colorées. Le dôme d'un ancien observatoire, fermé depuis 1943, émerge soudain dans une furtive vision. Nous longeons un temps le rio Santa Cruz aux eaux laiteuses, tout droit descendues de l'immense champ de glace qui couvre toute cette région de l'Amérique du Sud. Croisons quelques cyclistes chargés comme des baudets, le nez dans leur guidon, qui n'ont même pas l'air de nous voir passer. Je n'aimerais pas être à leur place... Le long de la ruta 23 qui laisse derrière elle la Ruta 40 pour filer plein ouest vers El Chaltén, village né en 1985 seulement, le paysage devient plus printanier, roche sombre et petite herbe rase vert tendre, désormais noyé de pluie. Une famille de condors fait la route avec nous, immenses ailes noires barrées de blanc pour les adultes, de marron pour les juvéniles, longues rémiges redressées dans le vent, tête rouge et cou rentré dans les épaules. Ils sont magnifiques!
Tout d'un coup, El Chaltén est là en contrebas, à un kilomètre environ, niché entre deux montagnes. La route serpente, bordée de touffes de fleurs jaunes et d'autres que je n'ai jamais vues, orange, ressemblant à de petits lys. Plus on se rapproche, plus le village s'étire dans la vallée en de multiples constructions inachevées, brique, aggloméré ou béton armé, tiges de métal rouillé dressées vers le ciel comme autant de doigts. Le tout a des allures de Canaries et est très inesthétique. Nous finissons par dénicher Infinito Sur dont nous avions vu la photo sur Internet et que nous croyions accroché à une pente. En fait l'hosteria est coincée sur trois côtés par de petites bâtisses toutes plus horribles les unes que les autres, béton brut laissant pointer l'armature alors que le rez-de-chaussée est déjà habité, abritant dans leur « jardin » carcasses de voiture et tout un bric-à-brac destiné, on peut le supposer, à construire un étage supplémentaire, voire le toit. Sinon, tout est très beau dans cet hôtel, bois et pierre mêlés. La chambre est grande et superbe, la salle de bains aussi, mais encore une fois surchauffées. Il fait au moins 30°!! Grand salon commun avec vue, paraît-il, sur le Fitz Roy (son nom tehuelche d'origine est El Chaltén, « la montagne qui fume »). Pour aujourd'hui, c'est vue sur les nuages, aucune montagne à l'horizon... L'Internet indiqué sur le site est « highspeed » mais en fait en download il y a 0,01 Mo, un record, et en upload... 0,00, avec un ping de 1414s!!! Nous déambulons dans les rues arpentées par une flopée de randonneurs de toute nationalité, sous une pluie persistante et un vent toujours aussi violent. Il fait un froid de canard, le vent rugit de plus belle, et je n'ai qu'une hâte: rentrer à l'abri et au chaud.
Jeudi 9
5 h 30. Est-ce que je rêve encore ou est-ce qu'il n'y a pas de vent? Je regarde derrière le rideau de la fenêtre, rien ne bouge, et la maison biscornue, sur la gauche, est rose bonbon, éclairée par le soleil levant!!
7 heures. Le vent s'est levé, en pleine forme après une bonne nuit de repos, et maintenant... il neige! On voit effectivement que dans douze jours c'est l'été. Au petit déjeuner – très bon: marbré au chocolat maison, plus deux autres gâteaux-pain tout juste sortis du four, dulce de leche, etc. -, on peut apercevoir à travers les baies vitrées le temps empirer de minute en minute. C'est une véritable tempête de neige qui à présent se déchaîne, de gros flocons serrés qui passent à cent à l'heure. Les premières montagnes, visibles il y a encore quelques heures, ont totalement disparu dans une blancheur cotonneuse. Quant à ce qu'il y a derrière elles, le Fitz Roy et ses voisins, je ne sais pas si on le verra avant de partir, après-demain matin. En tout cas, pour le moment, il est impensable de partir randonner dans ces conditions.
12 h 30. Il neige toujours mais moins abondamment et le vent est tombé, aussi nous décidons de sortir et d'aller au moins jusqu'au second mirador sur le chemin de la laguna Torre. Avenida Antonio Rojo, au bout un escalier qui escalade la colline, et là, c'est le côté cour d'El Chaltén. Des maisons posées sur la terre battue et boueuse, pour la plupart minuscules, les unes sur les autres et dans n'importe quel sens, construites de bric et de broc, la plupart en aggloméré avec des joints de goudron, de la tôle, de la brique, beaucoup de courants d'air. Tout au bout, une petite montée raide, et nous voici dans des « prairies d'herbe courte », des bois de langas (la feuille ressemble à celle du hêtre en miniature, mais pas l'écorce, qui se rapproche plus de celle d'un résineux, surtout lorsqu'ils sont âgés), puis au-dessus du rio fitz Roy. Un premier mirador, en face une chute qui dévale la montagne en ne prenant pas la voie la plus directe, puis le second mirador d'où l'on pourrait admirer, d'après la table d'orientation, une enfilade de cerros invisibles. Nous continuons, bien que la neige soit très mouillée et que ma veste soi-disant imperméable achetée à Moab ne me protège plus de grand-chose. Une mare, sur la droite, de très jolies orchidées jaunes, capachito ou topa-topa (Calceolaria uniflora), des anémones blanches (Anemona multifida). Le chemin n'est qu'un bourbier, il devient très difficile d'avancer et nous commençons à avoir froid, l'humidité s'insinuant partout. Nous faisons demi-tour et trois heures plus tard nous voici revenus à notre point de départ, à savoir la voiture qui nous attend au début du chemin, ce qui est bien agréable. Le soir nous allons dîner à El Muro, recommandée par la jeune fille de l'accueil, qui se trouve au départ du sentier du Fitz Roy. Excellent « bifteck argentin » - je prends la demi-part, sinon c'était cinq cents grammes -, mais servi seul. Je commande une purée de papas (pommes de terre) et Alain des espèces de petits pavés de pâtes fourrés au saumon, délicieux. La serveuse ressemble étonnamment, en châtain, à Brigitte Bardot. Je le lui dis, elle est confuse, « ne peut le croire », etc., mais à mon avis elle le savait parfaitement ;-).
(L'électricité, à El Chaltén, est toujours allumée: lampadaires dans les rues et lampes à l'intérieur. On ne voit aucune éolienne et on se demande d'où provient la source d'énergie.)
Vendredi 10
5 h 40. Je vais dans la salle de bains et quelque chose attire mon oeil, au-dehors. Le Fitz Roy est éclairé d'une lumière rose par le soleil levant!! C'est un vrai choc! La voici donc, cette mystérieuse aiguille de granit qui se fait tant désirer et que je désespérais d'apercevoir! Je m'habille en vitesse, prends la clef de la voiture et ouvre la porte qui ne veut pas bouger d'un millimètre, même avec la clef magnétique. Je me rabats sur le balcon du salon mais déjà la lumière n'est plus là, la « Montagne qui fume » (El Chaltén en langue indienne) est déjà grise, mais je la capture malgré tout, par-delà les toits. Comme le temps annoncé pour la journée est neige et pluie, je me recouche, persuadée qu'à mon réveil, c'est la grisaille qui nous attendra. 8 h 40. On ne s'est jamais réveillés si tard!! Et, chose extraordinaire, il fait toujours beau et il n'y a toujours pas un souffle de vent!! Le temps de nous préparer, douches, petit déjeuner, sacs à dos avec entre autres deux bananes, quelques barres et un demi-litre d'eau - inutile de nous charger, à Los Glaciares comme à Torres del Paine les eaux descendent en droite ligne des glaciers et sont potables (et délicieuses) -, et de rejoindre le départ du sentier du Fitz Roy, il est un peu plus de 10 h 15. Nous trouvons tous les deux qu'ici c'est plus beau qu'aux Torres del Paine, malgré les lacs glaciaires (moins turquoise néanmoins que dans les Rocheuses canadiennes). Si l'on compare par exemple au sentier du glacier Grey, ou à celui des Torres, celui d'aaujourd'hui est beaucoup plus varié, on a constamment une vue superbe, soit sur le rio Fitz Roy au-dessous qui se fraie un chemin dans un large lit de galets, soit sur les pics enneigés au-dessus. Même le sentier du cerro Torre caché dans les nuages laissait deviner des merveilles... Le chemin démarre raide par des marches de terre et de bois et grimpe pendant une heure et demie, jusqu'au mirador d'où l'on a une vue superbe sur toute la chaîne des pics. Fitz roy est entouré de Saint-Exupéry, Mermoz et Guillaumet entre autres. C'est le lieu de la photo souvenir, apparemment. Passé le premier émerveillement et de nombreux clics du grand angulaire, nous continuons en direction du campamento Poincenot. Nous avons remarqué que 80 % des gens croisés sur les sentiers ne disent pas bonjour, voire ne jettent pas un regard à la personne qu'ils frôlent. Cest insupportable, surtout pour moi qui dis facilement bonjour à tout le monde avec un sourire. Et dans ces coins complètement perdus c'est encore plus difficilement acceptable.
Le chemin, qu'on dirait taillé à la bêche, pas plus de quarante centimètres de largeur, est maintenant un vrai bourbier. Soit la neige commence à fondre, soit elle a fondu depuis longtemps, formant des mares d'eau et/ou de boue épaisse et grasse. Il faut sans cesse faire de l'acrobatie pour éviter de s'enfoncer jusqu'à la cheville. Les bois de langas (on dirait que c'est le seul arbre ou presque sous ces latitudes) succèdent aux prairies qui succèdent aux bois de langas. Avec toujours, en arrière-plan, le sublime massif du Fitz Roy. Les Chiliens ne soignent pas leurs campings. Et le campamento Poincenot ne fait pas exception. Seul un panneau avertit qu'il s'agit bien d'un camping car il n'y a absolument rien de prévu pour les campeurs. Le sous-bois est d'un binz incroyable! Branches cassées, troncs pourris jonchent le sol dans un enchevêtrement incroyable. Aucun emplacement particulier n'est prévu, aucune table ni bancs, aucun abri. Je me demande s'il y a même des toilettes et Alain me montre un petit machin en métal qui doit effectivement en faire office. Le détail qui tue est cet avertissement : Interdiction de se construire un abri. Lorsqu'on sait que les conditions atmosphériques y sont très difficiles, le vent par exemple s'y déchaîne avec violence, c'est à la limite du refus d'assistance à personne en danger. Le tout est en plus pourri d'humidité...
Nous hésitons à bifurquer sur les Piedras blancas, mais le temps se couvre et les espaces découverts où passe le sentier pourraient vite devenir invisibles. En redescendant, nous apercevons, perché sur une branche d'arbre mort, un magnifique aigle au bec jaune et à la poitrine cloutée d'argent. Au-dessus de lui, un couple de rapaces plus petits font des manoeuvres d'intimidation en poussant des cris stridents.
Sur le chemin du retour, je me tords trois fois la cheville gauche. Ce n'est pourtant absolument pas le moment d'être immobilisée si loin d'El Chaltén. Heureusement, avec un peu de Synthol, tout rentre dans l'ordre. A 17 h 30, nous sommes à la voiture.
Samedi 11
A 9 heures nous sommes prêts à partir pour la Ruta 40 et Bajo Caracoles, à 460 kilomètres de là, où nous comptons faire une étape. Nous passons d'abord par le distributeur... qui est vide (il ne nous reste que 350 pesos, soit 70 euros) puis par la poste car nous avons deux cartes à envoyer, mais elle n'est pas encore ouverte, bien qu'affichant 9 heures. Hier, nous avons demandé à quelqu'un où se trouvaient « los correos ». Visiblement, il ne voyait pas du tout de quoi on parlait, jusqu'à ce que je lui montre les cartes. « Ah! Los corre! » La prononciation argentine (et chilienne) nous surprendra toujours. Entre le « pocho » (pollo), la « cache » (calle), la « jave » (llave), et tous les s finaux manquants, il faut comprendre.... Le temps est encore magnifique et nous redécouvrons la route que nous avons faite à l'aller avec tout le massif derrière nous, étincelant de neige. Nous avalons les 140 kilomètres bitumés qui nous séparent de Tres Lagos où nous faisons le plein d'essence. Nous sommes par erreur d'abord passés par le village en faisant un détour de 4 kilomètres sur la droite sur une très mauvaise piste, alors que la pompe à essence est un grand bâtiment blanc en retrait à une centaine de mètres sur la gauche. A partir de là, c'est le ripio qui nous attend. La piste est mauvaise pendant cinq ou si kilomètres, puis dans l'ensemble bien roulante, avec des passages plus délicats. Il faut quand même faire attention aux éventuels trous ou aux pierres qui pointent parfois en plein milieu, et aux amas de graviers qui la transforment en planche savonnée. Le pompiste de Tres Lagos nous a annoncé six à sept heures jusqu'à Bajo Caracoles, ce qui nous mène à 18 heures. Le sol de la pampa est marron-gris et on se demande ce que peuvent bien brouter les quelques rares moutons ou chevaux étiques que nous croisons de-ci de-là. Soudain, un 4 x 4 nous double en trombe, pojetant une cascade de pierres sur la carrosserie et le pare-brise, décoré de deux nouveaux impacts! C'est un comportement particulièrement inqualifiable que nous ne retrouverons heureusement plus, bien au contraire. Les camions, en particulier, sont extrêmement prévenants, ralentissent, s'écartent ou font signe de dépasser. Les collines se font plus présentes et sont parfois marbrées comme un gâteau. La piste tourne, monte et descend, des chevaux broutent çà et là. A la jonction de la route de Gobernador Gregores nous avons l'heureuse surprise de retrouver le bitume pour une cinquantaine de kilomètres. Puis c'est à nouveau le ripio, parfois bon, parfois mauvais, presque toujours dérapant. Je suis agrippée au volant, mes yeux cherchent continuellement à l'avant de la piste les cailloux à éviter, je ralentis dans chaque virage car ce serait les tonneaux assurés (prévus au contrat et pour lesquels nous ne sommes pas assurés). Un arrêt pour manger une banane et quelques chips près d'une estancia, le long d'un cours d'eau. La piste est bordée d'une multitude de petites fleurs crème qui embaument à la fois la rose et la violette. Peu après, nous apercevons sur notre droite un troupeau de guanacos en train d'observer un cheval couché dans l'herbe, de l'autre côté de la route. Ils se regardent en chien de faïence, c'est très drôle. Plus loin, une baby-sitter nandou et sa marmaille de vingt-deux petits qui s'égaillent avec élégance à notre passage. L'arrivée sur Bajo Caracoles est meilleure que prévue. Mais il est rageant de voir que nous longeons la toute nouvelle route bitumée pendant des kilomètres alors que nous sommes dans la caillasse.
16 h 30. Arrivée à Bajo Caracoles avec une heure trente d'avance. Il faut dire que j'ai bien roulé. Ah, Bajo Caracoles... tout un poème... Au milieu de la plaine infinie dans laquelle le vent se rue avec délices, fermée à l'ouest par les lointains sommets enneigés des Andes, battue par les vents, poussiéreuse, une poignée de maisons difficilement abritées derrière quelques peupliers chétifs, des chiens qui vont et viennent d'un pas alerte, une pompe à essence, une gomeria (endroit où l'on répare les pneus), la « policia », un poste de secours, deux campings et... un tribunal administratif et « juge de paix », un ministère de l'Education culturelle... Tout cela paraît totalement incongru au premier abord - nous sommes à de nombreuses heures de piste du moindre village -, mais c'est sans compter avec les estancias parsemées sur ces millions d'hectares. La pompe à essence fait aussi hôtel. Une bâtisse plus jolie que les autres, en grosses pierres ocre-rose, de plain-pied. Les vitres des fenêtres en façade sont obscurcies d'autocollants publicitaires, un long comptoir en L, derrière lequel s'alignent, sur des étagères murales, des bouteilles, des canettes, un peu d'épicerie. Dans un coin, un home s'égosille au téléphone...
Nous prenons une chambre avec salle de bains partagée pour 140 pesos (environ 27 euros, mais nous n'avons plus que 138 pesos et de l'argent chilien. Ca fera l'affaire, seulement nous n'aurons plus un seul peso argentin lorsque nous repasserons la frontière). Nous demandons à la voir. L'hôtelier-pompiste - très aimable - nous précède dans un long couloir au sol recouvert d'une matière étrange : c'est à celui de nous trois qui fera en marchant les schlouks-schlouks les plus sonores. Il ouvre la porte n° 1 : minuscule, nous n'apercevons d'abord qu'un lit de 90 cm, puis le second. Une table de nuit entre les deux et un porte-manteau. Le bas des murs est tout cloqué, et des dégoulinures marron descendent du plafond. Il va maintenant nous montrer les salles de bains: une pour les femmes, l'autre pour les hommes. Nous repartons derrière lui, d'un pas toujours aussi discret. Les portes sont grandes ouvertes. « Aqui, damas! »... cra-cra au possible, la chasse d'eau pas tirée (et pourtant nous sommes les seuls à dormir ici ce soir), une serpillière sale en plein milieu, une odeur nauséabonde, un grand rideau de douche bien raide et collé de toute part... Pouah! « Aqui, caballeros! » Ce n'est pas mieux, la cuvette des w-c fuit par le bas et la douche est pleine d'une mousse grisâtre... Retour à la chambre. Affichée derrière la porte, une longue liste d'interdictions et d'avertissements:
si l'on quitte la chambre après 10 heures, on paie double tarif; il est interdit de cuisiner et/ou de manger dans la chambre; les animaux familiers sont interdits; il est interdit de laver du linge ou de la vaisselle dans la salle de bains; il est interdit de rentrer dans la chambre avec des vêtements et des chaussures sales (probablement pour les ouvriers du chantier de la Ruta 40); les éléments de la chambre volés ou dégradés seront facturés; la clef doit être laissée en sortant à la réception; consulter la réception pour de plus amples informations.
Nous voilà frais! 5 heures de l'après-midi, coincés ici, avec une seule envie, fuir au plus vite. Nous nous regardons et piquons un fou rire! Puis l'idée me vient de vérifier l'état des draps. Visiblement, un des lits a déjà servi puisque le drap du dessous est tout froissé et taché. Les oreillers, eux, sont très spéciaux : longs et un peu dur, genre traversin aplati entre deux portes ou récupération de canapés, d'une couleur indéfinissable, avec une taie trop courte de chaque côté. Si j'ajoute à cela qu'il n'y a pas de chauffage et qu'on se gèle, c'est complet. Au plafond, une unique ampoule diffuse une lumière de veilleuse... De mieux en mieux. Mais à quoi sert donc ce grand néon au-dessus de la fenêtre, sans interrupteur, branché à une prise près du plafond? Nous aurons l'explication plus tard: c'est une lampe de secours qui s'allumera automatiquement en cas de panne de courant. Nous décidons de faire un tour dehors, et trouvons en ouvrant la porte un chauffage électrique au fil bizarrement rafistolé avec du chatterton que l'hôtelier a apporté et que nous nous empressons d'allumer. Vent et poussière, poussière et vent, et toujours les chiens, de grands chiens aux longs poils, qui passent et repassent d'un air affairé. Nous avons réussi à avoir une lampe de chevet, le moral remonte un peu...
Dimanche 12
Nous avons bien dormi, malgré le bruit du vent. Dans le couloir, Alain rencontre la fille de la maison qui lui demande à quelle heure on veut déjeuner. Bonne nouvelle, car nous nous attendions à boire un peu d'eau froide et à avaler une tranche de Budin con frutas. Mais tout n'est pas si simple... Alors que je suis dans la salle de bains depuis deux minutes, on frappe à la porte. J'ouvre et me trouve nez à nez avec une jeune femme, hagarde, en survêtement noir, l'air de sortir de son lit. Je lui souris et lui dis que je lui laisse la place. Mais elle est déjà repartie, titubante, et a disparu dans une chambre. Peu après on entend des cris, d'homme d'abord, puis une femme – certainement la femme de l'hôtelier - passe en courant dans le couloir en criant : « Maria Elena!! Maria Elena!! » Branle-bas de combat, tout le monde s'engouffre dans la même pièce, y compris les clients du bar. Nous attendons dans notre chambre, dubitatifs, que se passe-t-il au juste?, est-ce quelqu'un de la famille, une cliente de l'hôtel? (mais nous étions les seuls hier soir). Dix minutes plus tard, nous faisons une tentative de sortie pour le déjeuner et nous rendons dans le bar... qui est fermé! Nous passons par l'extérieur, là aussi la porte est fermée. Bon... Le temps passe, puis la fille de la maison nous invite à passer dans une pièce attenante et nous apporte une panière de rondelles de pain décongelé et grillé, une portion de beurre et une autre de confiture. On n'entend plus rien, mais peu après l'ambulance du centre de secours arrive et la jeune femme repart entre deux infirmiers. Au moment de payer, l'hôtelier, toujours très aimable mais qui ne perd pas le nord pour autant, est surpris de nous voir sortir nos derniers 138 pesos argentins complétés de 225 pesos chiliens, si nous le désirons, nous pouvons tout payer en pesos chiliens, pas de problème! D'accord mais combien cela ferait-il? Et là il nous montre sa calculette: 20 000 tout ronds. Ah, eh bien non, plus d'accord, car le prix de la chambre passerait de 27 euros à plus de 33.
Nous quittons sous le ciel bleu Bajo Caracoles et sa colline pelée à la grande inscription blanche : « Dios te amo », et retrouvons la Ruta 40 en direction de Perito Moreno (le village du même nom que le glacier). La piste démarre assez bien mais devient vite mauvaise, puis très mauvaise. On a nettement l'impression de rouler dans un champ de pierres, et on ne peut dépasser 25 km/h. En compensation, elle est très belle, avec les Andes à l'horizon et la plaine que nous surplombons de virage en virage. Une quarantaine de kilomètres, plus loin, ô surprise, nous retrouvons enfin le bitume. Le paysage, entre Bajo Caracoles et Chile Chico, via Perito Moreno et Los Antiguos, est constamment superbe, et le devient encore plus lorsqu'on longe les rives de l'immense lago Buenos Aires (côté argentin) qui s'appelle General Carrera côté chilien, deuxième plus grand lac d'Amérique du Sud après le lac Titicaca, nous avait dit le Chilien rencontré sur le ferry Porvenir - Punta Arenas. C'est une véritable mer intérieure bleu intense lacérée d'écume blanche, aux creux de plusieurs mètres. Autant Perito Moreno (dont les deux cajeteros - distributeurs - étaient à sec) que Los Antiguos sont de jolis villages, très verdoyants en cette fin de printemps, aux maisons basses et colorées. Douane argentine, puis douane chilienne avec fouille en règle des bagages pour voir si nous ne passons pas fruits et légumes frais, charcuteries et laitages; les douaniers confisqueront un petit rameau et une herbe séchés...
A Chile Chico, nous prenons une chambre à la Hospederia de la Patagonia, conseillée par le Lonely Planet, juste en face de l'hospederia No me olvides, avec laquelle nous avions hésité. Les deux se trouvent dans la très longue allée de peupliers d'Italie, avant l'entrée du village quand on vient de l'Argentine. (Les Patagons adorent les peupliers, qui se plient avec grâce dans le vent violent, ils sautent apparemment sur la moindre occasion pour en planter.) L'hospederia est une belle maison basse des années cinquante au toit de tôle jaune d'or, croulant sous la végétation, appartenant, toujours selon le Lonely Planet, à des descendants de colons belges. A l'entrée, sous les arbres, un très grand bateau, dans lequel jouent des enfants. Nous ne voyons personne excepté une jeune Indienne assise sur une chaise devant la porte, qui ne nous prête absolument pas attention. Nous lui demandons s'il y a des chambres à louer, visiblement elle n'a pas l'air très claire mais nous répond quand même que « la signora est sur l'arrière ». Effectivement, elle est là (puisqu'elle se lève aussitôt en nous voyant), mais en compagnie d'une tablée de bien trente personnes, plus une vingtaine d'enfants qui jouent par petits groupes sur la pelouse et sous les arbres. On est tombé en pleine fête d'anniversaire. Par contre, de descendants de colons belges, point... Elle est avenante et nous conduit à notre chambre que nous choisissons « avec salle de bains partagée », donc moins chère (25 000 pesos, soit plus de 40 euros), mais très vite nous nous apercevons qu'elle est pressée et souhaite nous laisser au plus vite . La chambre est en partie en bois, comme toute la maison, il y a une atmosphère particulière, tout est fait à la main, chaque étagère est garnie de crânes d'animaux (pumas, cerfs, renards), ou de peaux, de nids d'oiseaux, d'outils anciens de métal, de frondes pour chasser le guanaco. Des selles de cheval sont rangées dans l'entrée. La « signora » allume vite fait un feu dans le poêle à quelques mètres de notre chambre. Mais je déchante assez vite en voyant la salle de bains, plus que limite. La douche a bien soixante ans, comme la maison, et la pomme de douche a autant de trous dessus que dessous. Le lavabo a un unique robinet d'eau froide et il n'y a pas de savon. Si le prix était deux fois moins élevé, pas de problème. Mais là, il y a de l'abus. Petit déjeuner prévu à 8 h 30 demain matin, dans la belle salle à manger, remplie, elle aussi de souvenirs.
Lundi 13
Temps superbe aujourd'hui encore. Le « desayuno », comme je m'y attendais, est limite lui aussi. Nous l'avalons vite fait, je feuillette avant de partir les livres de photos de la très grande famille nombreuse des colons belges (mais où sont donc les descendants? La maison aurait-elle été rachetée par des Chiliens?), puis nous plions bagage, direction le départ du ferry afin de réserver notre passage au départ de Puerto Ingeniero Ibanez, sur l'autre rive. Or nous apprenons que le ferry circule bien tous les jours, sauf par grand vent. Hier, par exemple, il est resté à quai. Voilà qui remet en cause tout notre programme, car nous prévoyons de redescendre sur Ushuaia en trois jours pour y être le 23. Or si le ferry reste à quai un jour, voire deux, nous raterons Noël avec Françoise et Gérard ainsi que deux jours réservés à l'avance aux cabanas del Beagle. De plus, le bureau des réservations est fermé. Nous repartons donc pour Cochrane à 188 kilomètres de là, par une piste secondaire. Le départ est royal puisque la piste, bien qu'étroite, est tellement damée qu'on la dirait bitumée sur une quarantaine de kilomètres. La suite est moins réjouissante, mais le paysage est constamment époustouflant de beauté et fait passer les difficultés au sol. La conduite reste néanmoins éprouvante, d'autant que virages serrés, montées et descentes « peligrosas » se succèdent, la plupart au-dessus de ravins sans protection aucune, ainsi que nids-de-poule (comme dit Alain il vaut mieux ne pas porter de dentiers...) et trous de toute sorte. C'est une version chilienne de la Moky Dugway, en Utah, en bien plus longue et dangereuse. Mais si l'on conduit prudemment, ce que je fais, on ne risque pas grand-chose. Il nous faudra quand même six heures pour faire les 188 kilomètres, arrêts photos - nombreux - compris.
Le lac General Carrera, d'un bleu outremer profond aussi beau que le plus turquoise des lacs glaciaires, est surplombé par les Andes enneigées et bordé d'une multitude d'églantiers en fleurs qui dégagent un parfum délicieux. Chaque kilomètre parcouru est une pure merveille et je suis tentée constamment de prendre des photos, malheureusement toujours cantonnée au 10-22 mm... Chevaux, moutons ou guanacos broutent le long de la piste. On aperçoit dans une étendue herbeuse une dizaine de gros oiseaux sombres à la tête jaune et au très long bec recourbé, des « bandurias ». Fechudal, puis Puerto Guadal où nous faisons le plein à prix d'or, 885 pesos (mais avec un pompiste extrêmement sympathique), soit le même prix qu'en France, enfin Cochrane, bourgade toute de verdure et de fleurs, notamment des rosiers. Là comme ailleurs les peupliers sont présents en nombre, mais la grande plaza, elle, est plantée de pins. Le long des rues aux maisons basses protégées souvent par des barrières de bois on retrouve les mêmes arbres taillés bas et peints en blanc jusqu'à un mètre du sol.
Toujours le Lonely Planet sous le bras, nous passons d'abord devant l'hosteria Rubio, puis devant l'hosteria Cerro al Cerro que nous choisissons, tout en bois et en plein soleil. 20 000 pesos pour une chambre avec salle de bains privée et même, pour la première fois, la télévision (que nous ne regardons jamais). Le plancher craque à chaque pas à réveiller un mort mais elle est bien agréable, au premier étage, avec une vue sur la montagne enneigée et les gouttières les plus originales qu'on ait jamais vues: un chapelet vertical de bouteilles d'eau en plastique. En bas, de même qu'à Chile Chico, un bégonia gigantea comme celui que nous avons à Paris (en bien meilleure santé que ses frères chiliens...). Ici non plus, ni savon ni serviette, on commence à se dire que pour le savon ça doit être normal, mais on demande des serviettes. Il n'y a pas d'eau chaude mais il y en aura demain matin). Le chauffage n'est pas allumé - c'est l'été - même si les soirées sont fraîches, mais nous avons quatre épaisses couvertures sur le lit plus une couette! Nous regardons le soir tomber sur la montagne qui domine Cochrane, et monter un croissant de lune dans le ciel.
Mardi 14
On est soignés aux petits oignons dans cette hosteria. Après un délicieux petit déjeuner, entre autres gâteau et confitures maison – même le lait est « maison » puisqu'il provient de vaches élevées à deux kilomètres de là - et une adresse dans la poche chez une amie de la « signora » à Caleta Tortel, nous voici repartis sur la Carreterra australe. La piste est complètement différente de celle que nous avons faite hier, d'autant que le ciel ce matin est très encombré. Le lac est gris sombre, et plus nous avançons, plus les pentes se couvrent de forêts. Nous ne comptons plus les panneaux « peligroso », à 300 mètres, à 200 mètres, à 100 mètres, etc. En fait ce sont soit des montées ou descentes vertigineuses au-dessus des ravins, or la piste est très étroite et sans parapet, soit des virages serrés, soit des travaux avec engins qui prennent la largeur du passage. Nous longeons le rio Baker, qui ne dévoile sa couleur désormais vert céladon que sous les rayons du soleil. Mais alors, quel enchantement!! Nous passons de nombreux rios, plus ou moins importants, plus ou moins furieux, entendons ici ou là chanter un coq, signe d'une présence humaine invisible, les cèdres remplacent peu à peu les langas, les églantiers ont cédé la place aux notros d'El Chaltén et la végétation commence étonnamment (du moins pour nous) à avoir des airs de végétation tropicale, y compris sur les rives du rio Baker, qui s'élargit jusqu'à ressembler au rio Usumacinto, fleuve frontière entre le Guatemala et le Mexique: même courant, même largeur, mêmes rives... Il y a des descentes et des virages qui ne doivent pas être mieux que la Shafer Trail en Utah, d'autant que les gravillons amassés ici ou là sont extrêmement dérapants. Nous croisons un peu plus de 4 x 4 qu'hier, et rares sont ceux qui freinent à notre passage. A nous de faire attention au pare-brise qui, ne l'oublions pas, a déjà trois impacts! Deux heures et demie plus tard et encore une fois de nombreux arrêts photos, nous prenons la déviation pour le village de Tortel, vingt kilomètres plus loin, ouverte seulement en 2005, dernière limite nord-sud du Chili par la route! Auparavant, tout se passait par la mer. La végétation est devenue carrément luxuriante, bambous à profusion, cascades de fuchsias à petites fleurs comme en Bretagne, immenses feuilles ressemblant mais en plus joli aux feuilles de rhubarbe et qui poussent là où il y a de l'eau. La piste est plutôt meilleure que la Carreterra australe, avec par moments de longues lignes droites qui traversent des champs de lances dressées vers le ciel.
Caleta Tortel, 512 habitants, au bout du bout, dernier poste avancé sur la mer, et le royaume du cèdre. Les voitures ne rentrent pas dans le village puisqu'il n'y a pas de route, seulement des passerelles de bois comme à Harrington Harbour, sur la Basse Côte Nord du Québec, mais ici il faut une bonne heure pour se rendre du secteur nord au secteur sud, en prenant le chemin le plus direct. Nous garons donc la voiture au milieu des nombreux 4 x 4 de toute sorte, prenons le nécessaire pour vingt-quatre heures, et passons par le petit bureau de l'office de tourisme pour savoir où se trouve la Residencia Estilo. Elle est à vingt-cinq minutes à pied. Tortel est un vrai labyrinthe, les passerelles sont doubles, voire triples, avec de multiples embranchements, et s'accrochent aux pentes abruptes qui plongent dans la mer. Au-dessous poussent de délicates petites orchidées blanches, sur de longues tiges frêles. Les oiseaux se chamaillent dans les arbres, les enfants courent d'un bout à l'autre du village et les petits bateaux rentrent de la pêche. Les maisons, souvent minuscules, sont toutes sur pilotis, nombreuses sont celles qui ont des façades et des toits en bardeaux, et sont entièrement couvertes de grosses écailles de cèdre. Un bateau-taxi fait le va-et-vient, les chiens ici encore vont et viennent, toujours sympa et câlins, et en se baladant on aperçoit même... un petit veau devant une maison! Ca alors! Mais qu'est-ce qu'il fait donc ici, où il n'y a pas d'herbe pour le nourrir??? Alain se demande s'il n'est là pour être boulotté... (En fait, nous aurons l'explication plus tard: les propriétaires de la maison l'ont ramené du « campo » parce que sa mère est morte, et le nourrissent au lait avant de la ramener au « campo ».) Tout au bout des passerelles on arrive sur une plage, déserte et froide, plutôt du genre marécageuse, qui n'engage pas à mettre le pied dans l'eau. D'ailleurs un écriteau précise bien qu'il n'est pas conseillé de se baigner. Tiens donc, on aurait cru le contraire! Le temps se couvre de plus en plus et se découvre de moins en moins souvent... Trois heures plus tard nous rentrons nous chauffer mais la maison est maintenant vide et le poêle éteint. Nous nous installons à une petite table de la salle à manger, avec vue sur la mer, en contrebas, du même beau vert céladon que le rio Baker. Des oiseaux volent d'arbre en arbre, des espèces de gros merles bruns à bec jaune, aux grands yeux ronds étonnés. Tortel n'a pas le téléphone mais la radio. Régulièrement on entend des messages passés depuis l'autre bout du village. L'électricité, elle, est capricieuse; il n'y en avait pas depuis ce matin paraît-il, mais elle est revenue vers les 18 heures. La « signora » est rentrée de la bibliothèque où elle avait été consulter Internet et a mis un premier chauffage au gaz en route, puis s'est occupée de rallumer le poêle à bois. Elle s'occupe maintenant de faire le repas (6 000 pesos par personne): salade de coquillages et saumon puisque Alain ne mange pas de viande. Il y a deux Chiliens arrivés en fin d'après-midi qui dîneront aussi ici.
20 heures. Le repas est prêt. La salade de coquillages (grosses moules et churros) me degoûte pas mal; pas les moules, mais les churros, qui sont de gros machins tarabiscotés hyper caoutchouteux, avec une grosse poche marron... Je rajoute de l'huile, du citron, du sel, je mâche et remâche ça comme du chewing_gum. Un passe, puis deux, puis trois et Alain me sauve du désastre en finissant mon assiette! Les Chiliens, eux, plus prudents, n'en ont pas pris. Le saumon est bien meilleur, accompagné d'un peu de purée et d'une salade.
Mercredi 15
Apparemment, les Chiliens ont changé de chambre en cours de nuit. Il faut dire que les matelas ne sont pas de la première jeunesse. Mais Javier Pinella est tellement gentille que pour nous, ça passe. Dans la salle de bains une fermeture originale pour la fenêtre: un petit tube de métal récupéré sur un ancien verrou et un gros clou rouillé et tordu. Si on enlève le clou du tube, la fenêtre se relève toute seule. Ensuite on se débrouille comme on peut pour réenfiler le clou... Petit déjeuner avec vue sur le fjord ensoleillé et les passerelles au-dessous. Nous n'avons pas eu de chance les quinze premiers jours, mais depuis El Calafate c'est vraiment l'inverse, car nous traversons des régions où il pleut normalement tout le temps. Je me posais la question de savoir où les jeunes allaient au lycée et comment ils faisaient avant l'ouverture de la piste (pardon, de la Carreterra! Javier Pinella ne comprenait pas de quoi on parlait en disant « la piste »). En fait, contrairement à ce qu'écrit le Lonely Planet, elle a été ouverte en 2002. Il y a à deux kilomètres du village un centre d'école primaire, mais les jeunes lycéens vont à Cochrane (à 122 km) ou plus au nord. Auparavant, un bateau faisait la navette entre Vagabundo, à de nombreux kilomètres au nord, et Tortel. Tout devait être terriblement compliqué.
En une demi-heure nous sommes au parking (il faut une bonne heure pour parcourir le village d'un bout à l'autre) où nous rangeons à nouveau les sacs et quittons Tortel vers les 10 heures.
Cochrane. Il fait beau et carrément chaud. Nous changeons des euros, faisons quelques courses et prenons de l'essence, puis repartons pour Puerto Tranquillo. Les rios succèdent aux arroyos, le rio en contrebas est d'un bleu extraordinaire, une couleur que nous n'avons jamais vue, même au Canada. A la jonction sud du lac General Carrera, nous prenons cette fois à gauche en direction de Coiyaque. Les paysages sont tout aussi époustouflants que sur l'autre rive, une pure merveille! Nous croisons, comme chaque jour, un ou deux gauchos, béret rouge sur la tête et deux ou trois petits chiens aux trousses du cheval, voire une gauchotte. Le lac bleu indigo est bordé de montagnes enneigées, parsemé d'îlots plus ou moins grands, les massifs de lupins jaunes ont remplacés les églantiers et recouvrent la moindre parcelle de terre, dégageant un parfum entêtant. Nous ne regrettons pas les nids-de-poule, les trous et la caillasse qui pourtant nous secouent comme des noix. Au loin, du côté de Puerto Tranquillo, le temps se gâte, il pleut. Nous avons beaucoup hésité à faire une halte dans ce village, à cause de ce qu'en disait le Lonely Planet, mais la distance supplémentaire pour atteindre Villa Cerro Castillo était beaucoup trop importante. Des heures de piste supplémentaire, aussi mauvaise, était pour moi insurmontable. En fait, Puerto Tranquillo s'étend le long de la berge, envahie lui aussi par les grands lupins jaunes odorants. Le cadre est magnifique!! Et l'hôtel, qui était si mal décrit dans le Lonely Planet, se révèle pas du tout vieillot et idéalement situé. Notre chambre est grande et belle, en rotonde, avec une avancée, et donne de tous les côtés sur le lac agité et les montagnes. Mais malgré le prix (30 000 pesos, soit 50 euros la nuit), ici comme ailleurs, il faut réclamer les « toallas » (serviettes) et, vu le prix, nous réclamons aussi le « jabon » (savon). Quelle n'est pas notre surprise, tout à coup, de voir par les baies vitrées le pompiste de Puerto Guadal servir l'essence aux pompes au-dessous! Et ça ne désemplit pas, on ne dirait pas qu'on est si isolés. En attendant, il fait celui qui ne nous reconnaît pas...
Jeudi 16
Nous qui croyions bien dormir, dans le lit moelleux à souhait et bercés par le bruit de la pluie sur la tôle, c'était sans compter avec les multiples gouttières qui tombaient de pan de toit en pan de toit. On aurait dit vingt personnes tapant avec de petits marteaux sur le métal. J'ai été réveillée au moins dix fois. Dommage, parce qu'on était vraiment bien en s'endormant, sous la couette si douce et avec la vue sur le lac... Bon petit déjeuner très attentionné, avec entre autres du pain de Pâques que l'on voit partout depuis qu'on est au Chili mais que nous n'avons jamais goûté. C'est un gros pain-gâteau sucré avec de nombreux fruits secs et confits. Avant de partir, nous refaisons le plein, je dis au pompiste qu'on l'a vu à Puerto Guadal et il me répond laconiquement: « Oui, et aujourd'hui c'est ici. » Bon...
Il pleut, donc. Au revoir ciel bleu et soleil, montagnes étincelantes et eaux bleu pétrole. Un voile blanc recouvre l'horizon proche, on ne sait où sont les sommets ni même s'il y en a. La Carreterra australe est mauvaise et glissante à souhait, une vraie planche savonnée, et ça ne fait qu'empirer au fil des kilomètres. Il est impossible d'éviter les innombrables trous, de plus en plus gros, de plus en plus profonds, la pluie qui redouble transforme certains passages en vrai bourbier. Quelquefois, on se croirait sur les pistes de bentonite de l'Ouest américain lorsqu'elles sont détrempées. Je conduis lentement, et ne dépasse pas les 40 km/h. Mais cela ne nous empêche pas d'admirer les lupins qui de jaunes sont passés au bleu profond. De grands lupins magnifiques, qu'encore une fois on croirait semés, mêlés par endroits de rose et de blanc, qui tapissent les bas-côtés ou envahissent des prairies entières et les berges des rios. Les bambous sont de retour, un arbuste aux fleurs orange vif a fait son apparition, on retrouve les arbres immenses de la piste de Tortel, des descendants de la forêt primaire et d'autres aux moignons noircis qui pointent au milieu de l'herbe vert tendre. Un petit air de végétation tropicale alors qu'à quelques jours de l'été il ne fait que 10°, et que la neige est là, tout près.
Nous faisons le détour par Puerto Ingeniero Ibanez afin de réserver notre passage sur le bateau pour le 18. Le village de 3 000 habitants a été rayé de la carte en 1991 suite à l'éruption du volcan Hudson, mais s'est reconstruit depuis. Les réservations se font à la Residencial Marcial, qui rouvre à 15 heures. Et là, tuile des tuiles, nous apprenons qu'il n'y a aucune place disponible pour la voiture avant le 23 décembre, jour de notre arrivée à Ushuaia à 1800 kilomètres d'ici! Nous voilà coincés au Chili! Nous demandons à l'homme qui fait les réservations si la piste d'une centaine de kilomètres qui passe par la montagne, marquée d'un seul trait vert (donc moins bonne que la Carreterra australe, verte doublée de blanc) avec à son sommet un passage en jaune, donc franchement pas bon, est passable avec une Corsa. Il nous répond d'aller demander l'avis des carabinieros. Eux font la grimace et nous déconseillent fortement de passer le col avec une petite voiture, un 4 x 4 d'après eux étant indispensable. Ils ont une solution: faire tout le tour du lac General Carrera, ce que nous venons justement de faire depuis plusieurs jours... Le moral est en berne. Mais lorsqu'ils apprennent par où nous sommes passés et que nous avons derrière nous 1500 kilomètres de ripio dont une grande partie mauvaise, voire très mauvaise, ils changent d'avis et pensent que c'est jouable. Quant à l'idée d'Alain, passer par les pistes du nord à partir de la ville de Coyhaique, ce serait des centaines de kilomètres supplémentaires... Nous décidons de tenter la montagne samedi et en attendant filons sur Coyhaique, à 116 kilomètres au nord. Le paysage a changé du tout au tout. Il est maintenant volcanique, avec de longs cônes basaltiques qui accrochent les nuages, luisants et noirs sous la pluie ininterrompue. Tout est très vert et a un petit air de pays Basque, il y a même des moutons dodus, tout ronds avec leur épaisse toison laineuse sur le dos. Plus on se rapproche de Coyhaique (45 000 habitants), plus la circulation augmente, et pour nous qui n'avons croisé depuis plus de trois semaines que quelques rares voitures, c'est l'overdose. Nous faisons confiance au Lonely Planet et prenons une chambre à la residencial Monica. L'accueil est aimable, la maison pleine de coins et de recoins pas vraiment enthousiasmants, et la chambre sent le renfermé à tomber. Nous nous empressons d'ouvrir les fenêtres même si le fond de l'air est plus que frais. Toujours pas de serviette dans la salle de bains, ni de savon bien sûr. Je me demande pourquoi est toujours accroché dans la douche des residenciales le même antique porte-savons pour famille nombreuse, d'au moins trente centimètres de haut et rouillé de la tête aux pieds. La chambre est triste à souhait, bleu foncé et marron, avec tout un tas de vieilleries, une ampoule de 10 watts au plafond et une lampe de chevet de 5. Alain prend un morceau de Sopalin, grimpe sur le lit et enlève les fils d'araignée qui pendent ici et là. D'ailleurs, ça sent son araignée à plein nez, ici... En attendant je vais chercher des serviettes que s'empressent de me fournir le propriétaire, très aimable lui aussi. Je remonte avec deux grandes serviettes blanches trouées et déchirées, mais elles feront l'affaire. Un tour au supermercado Unimarc, où je retrouve enfin mes pralines aux amandes (appelées « Garrapinadas almendras » dans le sud du Chili et « Almendras confitas » ici, ce qui explique que personne ne connaisse depuis un moment le mot « Garrapinadas »). Nos repas du soir ne sont pas variés (quant à ceux du midi ils sont inexistants): avocats, tomates, maïs, coeur de palmiers, thon, olives noires, citron, mayonnaise Lesieur rapportée de Paris. Je commence à sérieusement saturer...
Vendredi 17
Nuit blanche ou quasi. A 4 heures je ne dormais toujours pas, tournant et retournant dans ce mauvais lit. Le matelas devait avoir l'âge des propriétaires qui, eux, étaient à la retraite. En plus le sommier était trop court, j'avais les doigts de pied recroquevillés dans le fond. Les couvertures m'arrivaient sous les bras, mais dès que je tirais dessus pour les remonter, mes orteils se pliaient en huit. On avait vingt kilos sur le dos – trois grosses couvertures plus une couette – et moi qui n'aime pas ça... Mais le froid dans la chambre était vif. Bref, si on ajoute l'odeur entêtante de moisi et de renfermé, le cocktail était prêt pour une nuit totalement blanche. Un chien s'est égosillé toute la nuit et a fini par réveillé le coq juste au-dessous de nos fenêtres, à 4 heures tapantes, qui lui-même a réveillé ses potes du voisinage! C'était complet!!
A 8 heures, j'ouvre un œil... Je prends une douche dans la salle de bains glaciale, puis nous descendons pour le petit déjeuner qu'au moins nous espérons bon. Eh bien c'est complètement raté! La salle à manger est encore plus triste que le reste, si c 'est possible, sans fenêtre, avec toujours la collection de vieilleries. Un homme seul est en train de boire son café. C'est sinistre... Trois petits pains infects, un peu de beurre, jambon et fromage mais pas de confiture ni de lait. Moi j'ai toujours du mal à démarrer la journée avec des sandwichs... et la confiture (que je ne mange qu'en voyage) me manque. Nous expédions notre thé en moins de deux et nous précipitons à la voiture.
La situation risquant de se reproduire à Puerto Ingeniero Ibáñez où il n'y a rien, nous décidons de rester à Coihaique et d'aller à l'hôtel Espagnol, hors de pris (plus de 60 euros), mais où il y a chauffage, bon lit, WiFi et le reste. Si les residenciales étaient à 10 euros, pas de problème, mais à 33, ça ne passe pas.
Nous retenons la chambre, montons nos bagages et repartons pour Puerto Aysén. La route est, là encore, superbe. Les grands lupins bleus ont tout envahi: les prairies, les berges du río, les pans de montagne. L'espèce, comme la jaune, est invasive, mais quel bonheur pour les yeux, et les rayons d'un soleil capricieux en avivent encore les couleurs!! Nous traversons un véritable jardin. L'herbe vert tendre est rase. De chaque côté de la route, d'immenses parois verticales noires recouvertes en partie de feuillus, d'énormes cônes cylindriques qui sont autant d'anciennes cheminées de volcans. On se croirait à Zion.
Retour à Coihaique et à la plaza des Armas (les zocalos mexicains). Depuis Porvenir, on sent au Chili l'omniprésence de l'armée y compris dans le moindre petit village. Les rues sont toutes dédiées au sergent Untel ou au colonel Machin, il y a toujours la statue d'un général qui trône en bonne place, les casernes occupent le terrain, les militaires vont et viennent d'un air affairé. L'hôtel Espagnol change du tout au tout par rapport à hier soir, même si la fenêtre donne sur le couloir, que le tissu de la chaise de style est complètement déchiré et qu'il y a une grosse tache d'humidité noirâtre à l'aplomb de la tête de lit. Mais le reste est parfait, notamment le lit qui est excellent. Il y a des salons partout avec de profonds et beaux canapés et tout ce qui va avec. Je prends une douche, lave un peu de linge dans le lavabo dont le bruit de la tuyauterie alerte tout le monde de la cave au grenier et poursuis le carnet. Demain matin il faudra partir de bonne heure pour avaler les 116 km qui nous séparent de Puerto Ingeniero Ibáñez et emprunter la piste de montagne de 100 km pour passer la frontière.
Samedi 18
Enfin une bonne nuit, veillés par le petit Père Noël... En ouvrant l'œil, je vois par un fenestrou près du plafond que le ciel est gris et qu'il pleuviote. Déjeuner avec œufs brouillés, miel, yaourts, jus de fruits, etc., dans un décor cent pour cent décoration de Noël. Nous réglons la chambre (dont le prix est assez original en plus d'être élevé: 42 650 pesos...) et chargeons les bagages dans la Corsa recouverte de terre marron-rouge, qui est restée en exposition devant l’hôtel… Nous n’avions pas vu qu’il y avait un parking sur l’arrière, encombré de 4 x 4 rutilants.
Route de Puerto Ingeniero Ibáñez. Les couleurs sont devenues ternes sous le ciel chargé et les sommets se cachent dans les nuages, mais nous pouvons encore admirer les longues aiguilles de lave qui dominent Coihaique. La route suit longtemps un río et se glisse entre des flancs escarpés sur lesquels s'accrochent des forêts de langas. Un gaucho chevauche tranquillement, emmitouflé dans son poncho de laine, accompagné de ses chiens. Plus on descend vers le sud plus la végétation se fait rare, et les reliefs se couvrent d'éboulis qui descendent jusqu'au milieu de la chaussée. Heureusement qu'il y a peu de circulation car il faut naviguer d'un côté à l'autre pour les éviter. La pluie maintenant se transforme en neige, il fait 4,5 °. Régulièrement aussi le bitume est remplacé par des pavés autobloquants, dans les endroits où les déformations sont trop importantes et continuelles.
Puerto Ingeniero Ibáñez, casa des carabineros. Les formalités sont vite expédiées. Le douanier/carabinero rit quand je lui demande si la piste est bonne... Effectivement, pendant une bonne vingtaine de kilomètres, soit jusqu'à la frontière, ce ne sont que caillasse, trous, rochers affleurants, pentes raides avec virages serrés, piste étroite et dérapante. Mais il y a aussi des portions de pavés autobloquants, bien agréables pour reposer les mandibules! Et puis on aperçoit le lac en contrebas, turquoise lorsqu’un fugitif rayon de soleil se pose à la surface, et les Andes enneigées en arrière-plan. La piste continue de dominer le lac… Les montagnes chiliennes faisant barrage à la pluie, on se retrouve peu à peu en plein désert. Les collines arides moutonnent à l'infini, de temps en temps, le long d'un arroyo, des peupliers d'Italie signalent la présence d'une estancia. A la fin d'une longue descente sablonneuse, nous arrivons enfin à la douane argentine qui a des allures de désert des Tartares. Perdue au milieu de nulle part, les douaniers attendent la prise qui les sortira de l'ennui. Nous avons droit à une fouille en règle de la voiture, tout y passe: la batterie du Canon et le second objectif sont secoués consciencieusement, la carte-mémoire est sortie de son étui et regardée sous toutes les coutures, les jumelles et le petit disque dur nomade également. La lessive est reniflée avec application, et tout à l'avenant. Le Canon semble intéresser grandement un des deux douaniers qui n'arrête pas de répéter « Canon, Canon », et finit par retourner à l'intérieur - où se trouve Alain - pour signaler à ses collègues la présence d' « un appareil photo Canon ». Mais ils s'en fichent royalement et lui disent de laisser tomber. Tout est OK, la prise du siècle ne sera pas encore pour cette fois. Un douanier lève la barrière: à une de ses extrémités, une grosse pierre, à l'autre une corde. Le douanier décroche la corde, la pierre touche le sol, la barrière est verticale. Lorsqu'on est passés, il tire sur la corde, la barrière revient à l'horizontale, il raccroche la corde et le tour est joué. En attendant ils ne cherchaient pas de fruits et de légumes, car j'avais oublié de finir le lait, ils l'ont vu, j'ai fait l'innocente et leur ai demandé si c'était « prohibido », et ils m'ont répondu que je n'avais qu'à le terminer en route. Ça alors! A un précedent passage de frontière un douanier avait hésité à confisquer le lait en boîte! Heureusement que sa collègue était un peu moins stupide! Côté argentin la piste a des allures de Ruta 40. Toujours le désert, toujours les rares estancias. Depuis très longtemps, la voiture a perdu sa couleur blanche, elle est marron foncé jusqu'en haut des vitres. Comme on ne voit jamais de station de lavage, on a acheté deux éponges en prévision du cours d'eau providentiellement accessible. Eh bien il est là, juste au-dessous du remblai, sur la gauche de la piste. Nous sortons les deux Tupperware, achetés en arrivant (toujours très utiles en voyage), qui vont nous servir de bassine et lavons la voiture. On se dit que le premier qui passera nous prendra pour des fous, et tiens, quand on parle du loup..., voilà un camion qui arrive! Deux petits coups de klaxon pour nous dire bonjour et il s'éloigne dans un panache de poussière. Vingt minutes plus tard, on ne reconnaît plus la Corsa!!
Perito Moreno. A l'aller, un dimanche matin sous le soleil, le gros village était animé et pimpant. Aujourd'hui, samedi en fin d'après-midi sous le ciel gris, il est mortissime. Nous allons à l'office du tourisme chercher une liste de l'alojamiento (des logements) et partons pour l'Americano puisqu'il y a apparemment une chambre de libre. Curieusement, lorsque nous arrivons, un jeune a l'air un peu débile, sans même nous rendre notre bonjour nous dit d'un air désagréable que tout est complet... Bon... retour à l'office de tourisme; nous voilà ensuite repartis pour le Belgrano, cette fois; la chambre y coûte 240 pesos, soit 50 euros, pour un hôtel très très moyen. Le village compte un nombre certain d'hôtels restaurants dus à la proximité de la « Cueva de las Manos », la grotte des mains. Il nous aurait fallu un jour supplémentaire ici - seize kilomètres d'une mauvaise piste plus deux heures de marche aller - et nous n'avons plus le temps. C'est un peu dommage car les peintures datent pour le premier groupe dit « Stylistique A » de treize mille ans – elles se distinguent par la chasse aux guanacos – alors que le second groupe date de neuf mille cinq cents ans et comporte un très grand nombre de mains, au milieu desquelles se sont égarées des empreintes de pattes de nandus. Nous prenons un chocolat et un thé dans la salle de restaurant. Tout est calme et tranquille lorsque du fond de la salle arrive une espèce d'énorme type qui allume la télévision, le son au maximum, puis s'affale sur une chaise. Il fallait s'y attendre, il regarde une émission de variétés de la pire espèce. C'est le mari de l'hôtelière, pas étonnant qu'elle ait l'air si triste avec un gus pareil...
Nous pensions manger une pizza dans un petit restaurant mais il est fermé ce soir. Je me contenterai d'une boîte de thon et de maïs et Alain de chips et de mandarines...
Dimanche 19
La salle de bains est très particulière: elle est tellement petite qu'il faut s'asseoir en travers sur les w-c, qui s'avancent dans la douche. Le problème, c'est que la douche fait exactement quarante-cinq centimètres de côté, que le rideau est trop court et que se laver là-dedans relève de l'exploit. Le rideau se colle au corps et l'eau inonde le sol. Mais c'est apparemment prévu pour, puisqu'il y a un écoulement. Ajouté à cela que les robinets du lavabo fuient et que la minuscule fenêtre, de métal peint en gris, est rouillée... La moquette est sale dans le renfoncement de la fenêtre qui laisse passer tout le vent d'Ouest, et le papier déchiré. On n'avait rien vu, hier...
Pain rassis et grillé au petit déjeuner et le thé au lait est à l'espagnol, c'est-à-dire du lait au thé. Nous ne nous éternisons pas, prenons nos sacs et allons payer. Au comptoir, le gros tas d'hier est en train de feuilleter un magazine en léchant consciencieusement son gros doigt à chaque page. Nous lui disons bonjour, il ne nous regarde pas et ne nous répond pas. Sourd et muet, probablement. A côté de lui, sa belle-mère, cent ans minimum et totalement handicapée, ne nous voit pas non plus. Une minute passe, puis deux. Alain me dit : « Apparemment, la chambre est gratuite. » On est sur le point de partir quand la vieille dame a l'air de se réveiller. Elle a toutes les peines du monde à se mouvoir, mais son gendre se contente de lui jeter un regard de travers, excédé et méprisant, de temps en temps, tout en continuant à lécher son doigt. C'est un véritable rustre!!!
Quatre cent cinquante kilomètres avant destination, sur l'Atlantique, à Puerto Deseado. Passer du Chili verdoyant et splendide à la steppe grise et poussiéreuse de l'Argentine est ardu. Nous nous retrouvons au point de départ: steppe à droite, steppe à gauche, horizon rectiligne. Entre Las Heras et Pico Truncado, des puits de pétrole – les gros criquets de métal qui, ici, comme au Nouveau-Mexique, picorent le sol poussiéreux –, des forêts de poteaux électriques et piquets en tout genre, et surtout, autour de ces deux villes, des dizaines de milliers de sac en plastique qui se sont accrochés au moindre brin d'herbe de la steppe, à perte de vue, recouvrant absolument tout, du moins pour ceux qui ont réussi à sauter les clôtures. C'est inimaginable! Nous faisons un tour dans Las Heras, « histoire de voir ». Des graphs, beaucoup de graphs qui courent sur les murs, sautent d'une maison à l'autre... Pas de merveilles, mais une explosion de couleurs dans cet environnement désolé que le vent fouille dans ses moindres recoins. Du soleil et du ciel bleu sur le béton.
Un quadrillage, comme toujours, des rues larges, et une alternance de maisons misérables, véritables taudis pour certaines, et de maisons pimpantes et colorées, avec de gros bergers allemands, pas vraiment sympathiques, derrière de hauts grillages. Ici ou là une « carniceria » (boucherie), un minimercado, une « gomeria » (endroit où l’on répare les pneus), une ancienne (?) « panificadora » (une boulangerie)…
Un dinosaure très kitsch à l’entrée de Pico Truncado, la jumelle pétrolière de Las Heras que nous éviterons cette fois, puis ensuite tout disparaît, et les choses reprennent leur aspect normal à Fitz Roy (ciudad), où nous prenons de l'essence. Je ne sais pas pourquoi, je sens qu'ici encore, on va essayer de nous rouler. Et ça ne manque pas. A peine le pompiste a-t-il la clef du réservoir en main qu'il y a déjà enfourné la pompe du « podium XXL » (l'essence la plus chère, bien sûr), qui est à 3,90 pesos au lieu de 3,26, tandis qu'un gros type qui a l'air d'être le patron se colle devant la pompe pour qu'on ne puisse rien voir. En une fraction de seconde je suis dehors et lui dis que nous voulons du super. « Mais pourquoi? Ca c'est bien meilleur! » Le temps que je m'énerve et que je lui dise que non, pour cette voiture le super est très bien, qu'il fasse celui qui ne comprend pas pourquoi je n'en veux pas, etc., le pompiste, lui, a rempli le réservoir... Il faut toujours faire très attention quand on prend de l'essence, car apparemment le touriste est un mets de choix!
Puerto Deseado. Je croyais que la route qui y mène, de 126 km, était bordée de falaises rouges, du moins c'est ce que j'avais lu sur un carnet de voyage trouvé sur Internet. En fait c'est une ligne droite de 120 km, qui traverse un paysage aussi plat que la main. Le plus beau, dans la steppe, ce n'est pas le sol, mais le ciel. Un ciel immense, avec des nuages moins variés qu'au-dessus des Andes, mais tout de même fascinants. Les derniers kilomètres escaladent de petites collines, tournent et virent. Un peu avant d’arriver, sur la hauteur, l'armée, encore et toujours, omniprésente au Chili et en Argentine. Un régiment et tous les baraquements – très pimpants – pour l'abriter. Puis, en descendant vers la mer, le bourg et le port, où se serrent les uns contre les autres cinq gros bateaux rouges. Il y a la fête foraine, manège et karaoké, et une foule incroyable de jeunes, dont beaucoup d'Indiens, qui déambulent dans les rues par petits groupes. Certains partagent du maté à la paille dans leur timbale, assis sur le trottoir. Ici et là, des affiches rappellent qu'il y a trois ans un jeune boxeur, Jesús López, a été assassiné et que ce meurtre est à ce jour resté impuni. www.youtube.com/watch?v=IDhsQ-S34Nk
Nous finissons par atterrir à Los Acantalidos, avec balcon et vue sur la mer. Nous sommes les seuls clients de l'hôtel, à deux jours de l'été. Et nous avons fait le tour de tous les autres, pas de clients non plus. Mais ici c'est très bien, des gens très aimables, et dans la chambre (pour trois personnes) téléphone (pour la première fois), télévision, Internet; dans la salle de bains, serviette, savon, shampooing et sèche-cheveux. Plus chauffage, chose rarissime!
A la confiteria de l'hôtel, je mange de l'excellente viande. Coucher de soleil magnifique, orangé, avec, sur fond de nuage noir, des draperies de pluie rose qui ne touchaient pas terre, balayées par la force du vent.
Lundi 20
Impossible d'enrouler le store, Alain a apparemment mis trop d'entrain hier soir à le dérouler, mais nous devinons qu'il fait beau. Le petit déjeuner buffet est royal, avec de délicieux gâteaux maison et la vue sur la mer en prime. Apparemment, la confiteria est le matin le rendez-vous de tous les notables du coin, des « Don » ceci et cela, dans les soixante-dix ans. C'est à celui qui aura le plus gros 4 x 4, avec le plus gros pare-chocs... Comme nous avons décidé de rester une nuit supplémentaire et que la chambre que nous occupons était réservée, on nous propose à la place une chambre de deux, juste à côté. Nous passons à la banque de Patagonie changer des euros (à 5,17). Un vigile armé le long d'un mur et à côté de lui une espèce de haute guérite blindée en métal gris mais extrêmement étroite, à laquelle on accède par deux hautes marches, avec une minuscule vitre, certainement blindée. A l'intérieur, un homme est assis et rit au téléphone. Il a l'air parfaitement à l'aise, prisonnier de ce coffre-fort de trois mètres de haut qui ferait tourner de l'œil rien qu'en le regardant n'importe quel claustrophobe...
Nous allons au port nous renseigner pour une sortie en zodiac l'après-midi, de deux heures et demie, afin de voir une pingüinera, aux « Darwin expediciones », installées dans un chalet de bois. Nous n’avons pas pris la sortie en mer d’une journée (350 pesos par personne) pour aller chez ces très étonnants manchots punks aux sourcils jaunes et à la huppe noire, les gorfous sauteurs (Eudyptes chrysocome), car la mer est très agitée et passer trois heures aller-retour à faire du trempoline en zodiac, éclaboussés par les vagues, ne nous a pas tentés plus que ça…
Aux « Darwin expediciones », nous rencontrons un couple italo-argentin qui vit à Paris, avec leur fiston de neuf ans. Tout le monde est très sympa. Le prix de la sortie est passé en vingt-quatre heures de 150 pesos à 180... Il faut être six pour partir et nous ne sommes que cinq, donc ils ont trouvé l'astuce pour rentrer dans leurs frais. En attendant 15 heures, nous suivons le TrailBlazer des gens que nous venons de rencontrer sur une piste qui mène au « cañon » de Costa Negra. Petite balade d'une heure, chacun de son côté, dans un décor aride malgré la proximité de la mer, mosaïque de terre ocre sur laquelle blanchissent les os de quelques animaux malchanceux, lagune bleu-vert, soleil de plomb.
14 h 30, retour à l’embarcadère pour le départ à 15 heures. A 15 h 30, on est toujours à quai. Nous apprenons que désormais nous ne serons plus cinq mais onze, un groupe ayant téléphoné pour réserver. 15 h 45, ils arrivent, en short, tongues et T-shirt, alors que le vent est toujours violent et que sur l’eau la température ressentie est souvent glaciale. Mais alors, quid de l’augmentation de 30 € qui nous a été demandée pour compenser la personne manquante ? Eh bien ça ne change rien. Empochés c’est gagné ! Bienvenue au pigeon étranger, espèce fort répandue en Argentine et au Chili.
Par chance il fait étonnamment chaud aujourd'hui, que se passe-t-il? Près de 30 °C! Le temps idéal pour passer quelques heures sur l’eau. Le pilote guide est très sympa, il n’en fait pas des tonnes comme cela arrive malheureusement souvent (j’ai le souvenir d’une sortie en zodiac dans le magnifique archipel de Mingan, au Québec, complètement gâchée par des commentaires stupides et ininterrompus). Nous longeons la côte et allons d'île en île: celle des cormorans gris aux grands yeux orange vif (cormoran de Gaimard – Phalacrocorax gaimardi), qui voisinent avec les cormorans noirs (cormoran impérial – Phalacrocorax atriceps). Il va sans dire combien je suis to-ta-le-ment frustrée de n'avoir que le grand angulaire!!! Le zodiac bouge dans tous les sens et les embruns éclaboussent les objectifs…
Nous laissons les falaises cuivrées aux longs stalactites de guano et continuons à remonter le bras de mer à l’abri du gros des vagues, vers les lions de mer, de tous les âges et de toutes les couleurs. Deux dauphins, joueurs et surtout farceurs, s’amusent avec le zodiac. Ils arrivent droit sous le bateau, tout le monde se précipitent sur le bord opposé pour les voir passer, et il n'y a jamais personne..., ils ont fait demi-tour ! Mais je finis par les prendre dans les filets de l’objectif.
Le clou de cette sortie en mer est le débarquement à la pingüinera, une petite île où nidifient une foule de manchots de Magellan (en espagnol on dit pingüino, mais ce sont en réalité des manchots, les pingouins étant en Arctique). Ils sont vraiment trop mignons! Dans les quarante centimètres de haut, là encore il y a beaucoup de juvéniles, voire de gros bébés de six mois, petites boules de peluche grise. Ils sont très drôles lorsqu'ils marchent d'un air pressé en file indienne, en se dandinant, droits comme des « i ». Je réussis à les approcher à deux mètres, très lentement, avec des ruses de sioux, assise par terre ou à genoux. La lumière est très belle à cette heure de la journée, l'air est tiède et le silence troublé simplement par un appel de loin en loin. Les algues vert intense recouvrent la grève par endroits et contrastent avec l'eau turquoise. Au bout d'une heure tout le monde remonte dans le zodiac. Le vent qui s'est levé nous jette à plusieurs reprises des paquets d'embruns au visage et n'épargne pas les appareils. C'est la catastrophe, le mien est couvert de sel!
Les sternes, ces si gracieuses hirondelles de mer, nous accompagnent un temps, sans perdre de vue que le garde-manger se trouve au-dessous d'elles. Elles ont presque toutes un petit poisson dans le bec. Lorsque nous rejoignons le quai, le temps a complètement changé, on ne distingue plus la ligne d'horizon, tout est mêlé, ciel et terre, dans une même brume gris orangé, très spectaculaire, mi-vent de sable mi-fumée rugeoyante d’incendie. Le temps de faire un tour en « ville » acheter des garapinadas (pralines aux amandes), les rafales ont encore forci et se sont chargées de sable. Nous nous engouffrons dans l'hôtel, enfin à l'abri, la peau brûlée et desséchée. Repas comme hier soir à la confiteria. Pendant ce temps le ciel reprend peu à peu des couleurs, et plus tard nous assistons encore une fois à un coucher de soleil somptueux sous les altocumulus.
Nous sommes en contact quotidiennement avec Françoise et Gérard depuis qu'ils ont débarqué (au sens propre) à Buenos Aires, il y a seulement quelques jours, après plus d'un mois en mer. Ce soir, ils nous disent que les rafales de vent les ont empêchés de rouler normalement et qu'ils ont failli se renverser. La semaine dernière, un Allemand s'est retourné avec sa cellule par une rafale à 200 kilomètre/heure! On espère quand même les voir demain sur la route, car on se rapproche de plus en plus. J'ai l'impression que la baie vitrée va être arrachée, quant au circuit d'aération de la salle de bains et de la chambre, le vent qui s'engouffre à l'intérieur fait un bruit de réacteur de 747! Il paraît que la spécialité de Puerto Deseado est le très très grand vent... Mardi 21
Le vent s'est déchaîné toute la nuit et a chassé les nuages. Grand beau temps donc, et température très douce. Avant de partir, je n’oublie pas de photographier le Père Noël ! Autant au Chili qu’en Argentine, ils sont souvent beaucoup plus beaux que celui qu’on connaît en France, avec sa robe de chambre rouge… Aujourd'hui, nous espérons bien voir sur la route Françoise et Gérard. D'après nos calculs nous devrions arriver à peu près en même temps à la jonction de la Ruta 3. Nous prenons de l'essence à Petrobras, qui comprend un locutorio, où je tente une ��nième fois de téléphoner en France avec la carte Hable Mas achetée à Buenos Aires et... qui ne fonctionne apparemment que là-bas. La route de 126 km est toujours aussi rectiligne que l'horizon. Pas une herbe dans la steppe, pas un animal non plus. Dans le ciel, de beaux nuages de type Ouest américain. Le vent chahute la voiture et je suis cramponnée au volant comme depuis le début du voyage. Arrivés à la Ruta 3, personne en provenance de Comodoro Rivadavia. Nous tournons à gauche pour Puerto San Julián à environ 260 km plus au sud. Pendant longtemps, alors qu'aucun virage ne vient briser la monotonie de la ligne droite (et sur toute une partie en ligne continue, ce qui est un comble!), le paysage est plat et gris au plus loin que porte le regard, balayé par un vent d'ouest qui souffle en violentes rafales, très déstabilisantes pour la voiture. Puis peu à peu, à une centaine de kilomètres de Puerto San Julián, les couleurs apparaissent sous la toison de petites touffes épineuses que broutent des guanacos de plus en plus nombreux. Une harde traverse la route dans un virage et s'envole par-dessus la clôture au passage de la voiture. (Ces clôtures qui, depuis notre arrivée, nous surprennent par leur longueur. Un piquet tous les dix mètres, un plus fin tous les mètres sur quatre rangées de fil de fer. Et cela sur des millions d'hectares... Un ennui mortel nous assaille rien que de penser au travail que cela représente.) Mais ces guanacos imprudents, voire casse-cou, ne passent pas tous entre les mailles du filet, car c'est le quatrième que nous voyons en peu de temps, couché sur le bas-côté. Mortellement touché. Subitement, nous apercevons tout une tripotée de nandous, un adulte avec une quinzaine d’adolescents. Nous avons appris que les mœurs de ce très gros oiseau – qui ne vole pas mais court comme tous les membres de la même famille, autruche, émeus, casoars etc. –, étaient très particulières. Au moment de la reproduction, le mâle séduit jusqu’à une quinzaine de femelles, les fait pondre à la queue-leu-leu dans le même nid, puis s’installe à leur place pour couver tous ces gros œufs. Une fois éclos, il ne se défile pas, non, il prend au contraire leur éducation complète en charge ! Et voilà comment on avait confondu un « nouveau père » avec une baby-sitter !
Les petites collines se font plus nombreuses, les ocres pâles et les roses carmin aussi. Je ne peux pas m'arrêter pour photographier sur cette route où les voitures, néanmoins peu nombreuses, passent en trombe, et de toute façon c'est le type même de paysage qui ne donne rien au grand angulaire.
Puerto San Julián. Nous retrouvons ici encore les topes mexicains, ces dos-d'âne mortels pour les voitures qui s'aviseraient de passer autrement qu'au pas. Je desserre enfin les mains du volant et m'aperçois que j'ai de nouveau attrapé une ampoule!! Passage obligé par l'Information touristique pour avoir la liste des hôtels, puis nous jetons notre dévolu sur le petit hôtel Miramar. Tout neuf, en front de mer (je devrais dire de baie), une très jolie chambre décorée avec goût, personnalisée, une grande et belle salle de bains, du chauffage, un accueil très aimable (240 pesos avec vue sur la mer, au premier étage). Le bourg, lui, est totalement impersonnel, traversé par une avenue à l'américaine, c'est-à-dire de cent mètres de large. La côte est elle aussi quelconque, rien pour accrocher le regard, du gravier gris, des algues vertes, du sable noir... Le gallion de Magellan, ou du moins sa réplique, trône en bord de mer, tout près de l’hôtel. C'est un musée que peuvent visiter pour 8 pesos les nationaux, mais pour 12 les étrangers. Décidément, en Argentine comme au Chili, le voyageur étranger est une espèce que l'on adore plumer, mais il se trouve que nous tenons à nos plumes!
En allant jusqu’au bout de la route de bord de mer, nous passons devant un mirage français rescapé de la guerre des Malouines, dont le pilote a paraît-il coulé trois navires. Beaucoup de jeunes du village ne sont jamais revenus...
Mercredi 22
Toujours aucune nouvelle de Françoise et Gérard. Nous n’avons aucune idée de l'endroit où ils ont passé la nuit, en tout cas ils n'avaient pas d'Internet (et à Puerto San Julián, les coupures ont été nombreuses jusqu'à la panne finale). La première pompe à essence est à sec, la seconde aussi. La journée débute bien. Il nous faut faire 120 kilomètres jusqu'à la pompe suivante, à Commandante Luis Piedrabuena, avec ce qu'il reste dans le réservoir. Je conduis pépère, à 90 km/h, en surveillant le compte-tours. Pendant un moment je suis de près un camion pour faire tirer la voiture. Les camionneurs argentins (et chiliens), je l’ai déjà dit, sont toujours extrêmement aimables! Ils disent bonjour quand ils nous croisent, font signe lorsqu'on peut les doubler sans risque, c'est un vrai plaisir. Les routiers français feraient bien d'en prendre de la graine. La route est terriblement monotone, le ciel triste, la steppe terne et plate. Des moutons broutent avec application les petites touffes grisâtres. De temps en temps, çà et là, une piscine pour oiseaux de passage…
Piedrabuena. Nous craignions que la pompe ne soit aussi à sec, mais l'agitation qui y règne et le monde nous rassurent tout de suite. Nous faisons le plein dans une ambiance de fête foraine, les haut-parleurs diffusant de la musique à pleine puissance.
Les kilomètres défilent en direction de Río Gallegos, grande ville rurale qui « ne présente aucun intérêt » d'après le Routard, « mais où le voyageur échoue parfois ». Les voyageurs que nous sommes comptent pourtant y passer la nuit et partir tôt demain matin pour prendre le ferry, 68 kilomètres plus au sud, si possible à 8 h 30. Il faut compter qu'avec l'heure d'été chilienne nous perdons une heure. De plus il nous faudra passer une première fois la frontière à environ 35 kilomètres, puis une seconde fois en Terre de Feu, à San Sebastián. La pluie s'est maintenant mise à tomber. Les guanacos se font de plus en plus nombreux de chaque côté de la route, ils sautent les clôtures pour améliorer leur ordinaire avec les grandes herbes aux fleurs jaune pâle qui poussent consciencieusement sur les bords... et le payent très cher. C'est même une véritable hécatombe. Nous ne comptons plus leurs dépouilles et leurs squelettes.
Enfin des virages, enfin des collines. Puis tout retombe comme un soufflé, et la banlieue de Río Gallegos se profile à l'horizon. Plus nous approchons plus je me dis que le Routard est bien au-dessous de la réalité. Sous le ciel gris, les abords de la ville sont tristes à mourir, mais probablement aussi sous le ciel bleu. Cabanes de tôle clairsemées, grillages, détritus, amas de tout ce qu'on veut un peu partout... Nous prenons la direction du centre qui n'en finit pas, encore 7 km, apercevons un Carrefour sur la droite, et hop, virage à quatre-vingt-dix degrés. Il est immense mais nous ne trouvons rien, d'autant que fruits et légumes, laitages et charcuteries sont interdits à l'entrée au Chili. Tandis que nous déambulons dans les allées, Alain a une excellente idée: partir de là illico et filer sur le terminal pour être sûrs, demain matin, d'être à l'heure pour le premier ferry. Il reste 578 kilomètres jusqu'à Ushuaia, deux frontières et un ferry où l'on peut parfois attendre paraît-il jusqu'à une demi-journée. Nous dormirons dans la Corsa, les sièges s'inclinent, et après tout nous serons plus à l’aise que dans l’avion. Adjugé! Nous sommes subitement plus légers et filons sous la pluie qui redouble, en oubliant de faire le plein d'essence en Argentine, moins chère qu'au Chili, alors qu'il ne nous reste en pesos chiliens que de quoi payer la traversée.
Le passage à la frontière est un peu laborieux car il y a beaucoup de monde, des cars, surtout. C'est la plus importante de toutes celles que nous avons vues depuis un mois. Encore une trentaine de kilomètres jusqu'à Punta Delgada, l'embarcadère et la pompe à essence. En cours de route nous vient une autre idée. Pourquoi attendre le lendemain pour passer le détroit de Magellan? Nous allons plutôt essayer de prendre le bateau aujourd’hui et nous dormirons à Bahia Azul, sur l'autre rive, au terminal de la Terre de Feu.
Punta Delgada. Nous demandons où est la station-service et on nous répond qu'il n'y en a pas..., il faut aller jusqu'à Cerro Sombrero, de l'autre côté du détroit, au bout de la route goudronnée de quarante kilomètres. Notre carte est donc erronée! Il n'y a pour l'instant qu'un camion et un 4 x 4 brésilien. Nous prenons la file, d'autres camions arrivent peu à peu, quelques pick-up également, mais ce n'est pas la foule des grands jours. Il y a deux ferrys qui font la traversée en alternance, tous les trois quarts d'heure jusqu'à minuit 15.
Les dauphins nous accompagnent pendant le passage du détroit de Magellan qui est à cet endroit bien plus resserré qu'entre Porvenir et Punta Arenas. Le ciel s'est dégagé derrière nous et s'est chargé de plus en plus devant... Il est maintenant 19 h 30, nous nous sommes évité trois heures et demie sur la journée de demain, et alors que nous sommes au milieu du détroit, il nous vient la troisième idée de la journée: pourquoi ne pas poursuivre jusqu'à la pompe à essence de Cerro Sombrero? En débarquant en Terre de Feu, nous nous apercevons qu'il n'y aurait pas eu le moindre endroit pour garer la voiture au terminal. De Bahia Azul, totalement différent de celui de Punta Delgada. Ici, seule une rampe bétonnée bordée de deux murs mène de la sortie du ferry à la steppe au-dessus.
Les quarante kilomètres sous la pluie battante sont vite avalés. Il faut faire un détour de dix kilomètres pour Cerro Sombrero par rapport à la piste que nous comptons prendre demain, et qui passe par Onaisin. En arrivant dans le village, nous avons la très bonne surprise de voir qu'il y a une hosteria à l'entrée – l’hosteria Tunkelen –, qui n'est indiquée nulle part et que nous n'avons pas vue non plus sur Internet. Elle est pimpante et n'a aucune concurrente, ce qui n'augure rien de bon pour les prix. Effectivement, la chambre double est à plus de 80 euros! Nous décidons alors de prendre une chambre dans l'annexe, qui a dû connaître des jours meilleurs, à deux lits jumeaux avec salle de bains partagée, type refuge, pour l'équivalent d'une trentaine d'euros, petit déjeuner inclus, que nous payons en dollars. Puisque nous devions normalement dormir dans la Corsa, ce sera toujours beaucoup mieux. C’est très calme, ici, à l’écart de la piste et loin de tout . Les petits moutons frisés de la steppe patagonne broutent infatigablement dans la lumière dorée du soir qui tombe. La journée est terminée, nous nous sommes bien avancés sur notre route pour Ushuaia, et nous dormons finalement au chaud et dans un vrai lit, ce qui était inespéré...
Jeudi 23
Après le petit déjeuner dans l’annexe salle de restaurant de l’hôtel, sur l’arrière, en compagnie de Brésiliens qui avaient pris le ferry avec nous à Punta Delagada, nous nous dépêchons de partir avant que le premier ferry ne débarque àBahía Azul et que les camions n'envahissent la piste. Tout le long des 400 km qui nous séparent d'Ushuaia, nous constaterons pour la énième fois combien tous les routiers sans exception sont courtois, attentifs et prévenants. Quelle différence avec les particuliers qui nous croisent sur la piste à toute allure, sans ralentir ni se pousser d'un poil, en sachant qu'ils risquent de faire éclater notre pare-brise... Et certains me font même des appels de phare répétés parce que je ne mets pas les codes, comme la loi l'exige, quel excès de zèle! Je me demande bien à quoi ils peuvent servir sur des routes rectilignes à l'infini, alors que la voiture est blanche, sinon à dépenser un peu plus d'essence. La Terre de Feu est incomparablement plus belle que toute la route que nous venons de faire depuis Perito Moreno (ciudad). C’est un archipel dont l'île la plus grande, la isla Grande, est assimilée à toute la Terre de Feu. Le sol se soulève en collines sur le dos desquelles on dirait qu'est jetée une épaisse toison végétale qui ne descend pas tout à fait jusqu'en bas. Moutons ou petites vaches broutent un peu partout l'herbe blonde, souvent accompagnés de toute sorte d'oiseaux pourvu qu'il y ait un peu d'eau: flamants, canards, cygnes à col noir, poules d'eau, oies. La longue chevelure gris clair des lichens envahit de nouveau des bosquets entiers. Puis les collines laissent la place aux montagnes couvertes de forêts de langas et aux sommets encore enneigés, aux lacs et aux rivières.
Ushuaia, plus de 60 000 habitants. La ville est étendue le long de la baie mais ses maisons basses et ses jardins donnent l'impression d'une petite agglomération. D'après nos calculs, Françoise et Gérard doivent déjà être là. Nous allons directement aux cabañas del Beagle, sur les hauteurs, et faisons la connaissance d'Alejandro, le jeune propriétaire qui les a entièrement construites de ses mains. Elles sont grandes (50 m2) et magnifiques, avec d'immenses baies vitrées en angle jusqu'au plafond, très haut, ce qui donne l'impression d'être à la fois dehors et dedans. Au-dessous, par-delà les toits, on aperçoit la baie.
La suite (la semaine à Ushuaia) arrive très bientôt. Et grâce à Gérard (Vilcanota) qui m'a prêté son objectif Canon 70-200 f/2,8 et que je remercie encore une fois ici, les photos seront enfin de bien meilleure qualité!
La version définitive avec photos (il faut patienter un peu pendant le téléchargement, comme toujours 😊) et un texte plus complet se trouvent ici (carnet optimisé pour Google Chrome):
www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_90.html

Lundi 22 novembre
Décollage 23 h 20 sur Air France. Vol de nuit long, très long : treize heures ponctuées de turbulences plus ou moins fortes, plutôt plus que moins, d'ailleurs.
Mardi 23
Arrivée à Buenos Aires à 8 h 50, Herge est là, ce qui est bien agréable. Nous voyons défiler la campagne, verte, si verte après Paris, les arbres sont en fleurs et il fait 25°. Trois quarts d'heure plus tard nous entrons dans son appartement, sur Ayacucho, au croisement de Corrientes. Quatrième étage, baies vitrées, long balcon, salon, chambre et lit excellent, cuisine, salle de bains, c'est parfait. Au-dessous, le bruit est constant mais dans la chambre, sur la cour, nous n'entendons rien. Une douche, et une heure plus tard nous voici dehors, à crapahuter sur Corrientes jusqu'à l'obélisque et au-delà, pour prendre le pouls de la ville... qui bat très vite. La pollution est extrême, nous pique les yeux et nous prend à la gorge. A côté, l'air de Paris semble bien pur. Le soir, dans une pizzeria sur Corrientes, tout près, nous mangeons une tortilla et des lasagnes obtenues après une heure d'attente alors qu'il y a très peu de monde, puis nous rentrons nous coucher. Je n'ai pris aucune photo car Herge m'a déconseillé de me balader avec le Canon, trop voyant.
Mercredi 24
La journée a mal commencé: plus de batterie pour le netbook et les prises de l'appartement ne voulaient pas de la nôtre pour le recharger. Ensuite nous nous apercevons que le taxi commandé par le gardien de l'immeuble (via Herge qui est parti pour une semaine en Uruguay) pour vendredi matin est pour l'aéroport international (Ezeiza), à 35 km et non pour l'aéroport national (AEP), dans BsAs. Nous prévenons donc le gardien, il décommande le taxi pour EZE et le recommande pour AEP. Je passe un mail à Herge en lui disant qu'il s'est trompé et là il nous répond, heureusement rapidement, "AEP est fermé du 23 novembre au 1er décembre". Panique à bord, nous retournons voir le gardien qui redécommande et rerecommande... On le trouve vraiment très relax, il dit que une heure quarante avant c'est largement suffisant et n'en démord pas: quarante minutes de trajet + une heure avant le décollage. Oui, mais s'il y a un problème sur l'autoroute?
Peu après, je m'aperçois que le Canon est HS!!! Impossible de prendre des photos, erreur 99. Je farfouille comme à mon habitude sur Internet pour me dépanner et je finis par trouver. Je teste le boîtier, ce n'est pas lui, puis l'objectif (le 17-85mm) et c'est là que se trouve le problème. Je nettoie les contacts, rien à faire. Puis j'ai une idée; je fais un essai avec le Sigma 10-22 et ça fonctionne! Ensuite je fais un nouvel essai avec le 17-85 à 17 mm, rien, à 24, rien, à 35 et là, bingo, c'est bon! Bruit, bruit, bruit, circulation intense, foule, chaleur humide... On a été à la plaza de Mayo (ici, prononcé Majo) et ce ne sont pas les mères des disparus que nous avons trouvées mais des vétérans des Malouines! Quelques musiciens aux dreads jusqu'à la taille jouent du reggae, nous restons un moment à écouter le chanteur, vraiment très beau...
En repartant par l'avenida de Mayo, un arrêt pour goûter les glaces de Buenos Aires (au pomelo, moyennes, ce ne sont pas celles de Berthillon...), puis un autre au Café Tortoni, qui vaut vraiment le coup d'œil. Borges est partout, en photo, en mannequin grandeur nature... Beaux vitraux au plafond, hautes colonnes marron foncé, lithographies et photos alignées sur les murs, plus une flopée de serveurs. J'ai bu un très bon chocolat au goût fumé et mangé trois churros plus que moyens. Toujours pas de photos mais demain je prendrai quand même l'appareil, ne serait-ce que pour photographier ces arbres à floraison mauve magnifique qui tranche sur le noir de leur tronc: des jacarandas, ou flamboyants bleus.
Jeudi 25
J'ai été boulottée par un moustique invisible, durant la nuit, mais haut de gamme... J'ai l'avant-bras droit tout enflé...
Normalement, aujourd'hui on devait aller à Colonia, en Uruguay. Mais le prix de la traversée aller-retour du Rio de la Plata (170 euros), ajouté au nombre d'heures passées sur l'eau (plus de six heures) pour le peu de temps sur place (quatre heures), nous a découragés. Une autre fois, peut-être.
En face de l'appartement il y a un magasin de fruits et légumes. Entre les dragueurs (les Argentins ont l'air très dragueurs) et les pas aimables, on est servis... On est (je suis) accueillis par des clins d'œil appuyés ou par une mine de dix pieds de long. Les fruits eux non plus ne sont pas avenants mais hier on a quand même acheté quelques mandarines sucrées et bourrées de pépins. Ce matin, j'ai observé depuis le balcon des vendeurs entasser des dizaines et des dizaines de cagettes, la moitié vides et l'autre pleines de tomates, oignons, salades, et de tas d'autre légumes ou fruits. Et depuis une vingtaine de minutes, j'entendais un bruit incessant sous les fenêtres, je regarde et je vois que ce sont les éboueurs qui jettent dans le broyeur le contenu de toutes les cagettes. Quel gâchis! Il n'y a aucune récupération (et apparemment non plus aucun tri de poubelles dans les immeubles). Je n'ai vu personne venir récupérer ce qui était bon à manger... J'ai mis le Canon dans mon petit sac et nous sommes partis comme des voleurs faire des photos des flamboyants devant le Museo del Patrimonio de aguas argentinas, sur l'avenida Cordoba. Au retour nous avons croisé Gorge, le gardien de l'immeuble, qui nous a présentés au chauffeur de taxi qui nous amènera demain matin à l'aéroport. Un petit pépé bien sympa qui a “toute sa confiance”. C'est une sécurité parce que apparemment, chez les chauffeurs de taxi, on trouve de tout. Herge, sur son site, fait le rappel des réjouissances:
www.petitherge.com/...n-taxi-38132291.html
Par la même occasion, on lui a dit qu'on comptait aller au parque Lezama, au sud de Telmo et il a proposé de nous appeler un radio-taxi “Premium” (écrit sur la porte arrière), totalement sûrs d'après lui. Je lui ai demandé ce qu'il pensait d'emporter le Canon et il n'a pas hésité une seconde, il a ri et s'est écrié: No! No! NOOO!!! Vingt minutes plus tard on était arrivés, pour environ 6 euros. Le parc est petit mais avec de nombreuses essences d'arbres inconnues de moi, étranges et belles, l'une avec des racines comme celles des fromagers, une autre à pied d'éléphant géant, certaines, de drôles de conifères mi-séquoias mi-araucarias, le tout plutôt du genre pleureur, bourrées de perruches vertes (conures de Patagonie) en train de faire leur nid. De ses hauteurs on a une vue sur l'église orthodoxe russe et ses dômes bleu et or... qui sentent son Las Vegas. Puis nous avons déambulé dans les petites rues de San Telmo, ancien quartier des marins, ainsi nommé à cause du dominicain Pedro González Telmo, bordées d'anciennes demeures coloniales qui ont vécu leurs plus belles heures il y a bien longtemps. En 1871, les riches familles qui les habitaient les ont laissées derrière elles avec l'épidémie de fièvre jaune. Décrépitude, oui, mais avec un reste d'élégance. Aujourd'hui tous les établissements de tango se concentrent dans son périmètre. Un détail renseigne sur la sécurité du quartier qui n'est pas loin de la Boca, ce sont les épaisses barres de fer et grilles en tout genre qui protègent absolument toutes les ouvertures au moins jusqu'au premier étage!
Dans la rue en pente, trois antiques bus de la ligne 213 se suivent... N'étant apparemment même plus bons pour la casse, ils ont rempilé! Un tour à la Galeria de la Defensa, qui date des années 1880 et était la résidence de la famille Ezeiza, désormais remplie de vieilles choses à vendre, vêtements, gants, vaisselle, bric-à-brac..., un autre au Mercado San Telmo pour trouver un maillot de foot argentin à Loïc (bredouilles) et nous empruntons, à pied et toujours au pas de charge, le chemin du retour. L'envie nous prend soudain de faire un stop avant de mourir asphyxiés, aussi nous entrons manger une bricole dans un café-resto. Le serveur qui s'occupe de nous, la soixantaine très militaire, est absolument odieux! Bonjour l'hospitalité et la gentillesse argentines! Pour l'instant nous ne l'avons rencontrée que chez le portier du Café Tortoni et chez le gardien de l'immeuble d'Herge. Au moment de partir, je me lève et je sens un doigt qui s'enfonce dans mes côtes, c'est lui qui me pousse pour se précipiter devant nous et nous ouvrir la porte. Je n'en reviens pas et le gratifie d'un “Gracias!” étonné mais poli. Oui, sauf qu'Alain, qui me suivait et a tout vu, me fait remarquer que ces ronds-de-jambe étaient destinés au gros personnage suant et soufflant qui sortait derrière nous et que le serveur avait même l'air mécontent que nous soyons sortis les premiers. Mince, alors!! Et dire que je l'ai remercié!!
16 heures. Ouf, nous voilà “chez nous”, un nombre certain de kilomètres dans les jambes et quelques kilos d'oxyde de carbone en plus dans les poumons! Une bonne douche, quatre thés et des orangettes de la Maison du chocolat (achetées à prix d'or à Roissy, mais je ne résiste jamais devant mon chocolatier préféré) plus tard, je me sens mieux. Alain, lui, est reparti faire les librairies qu'il n'a pas encore visitées.
Vendredi 26
A 7 heures moins dix, tandis qu'on attendait l'ascenseur, le gardien nous appela sur l'interphone pour nous dire que le taxi était déjà là. Quelle ne fut pas notre surprise de voir que le petit pépé sympa de la veille n'était pas du tout un chauffeur de taxi mais un particulier avec une voiture qui avait apparemment son âge... Le pare-brise portait huit estafilades, autrement dit il s'était pris un sacré gnon et était près de rendre l'âme. A l'arrière, les ceintures de sécurité devaient être là pour la décoration car elles ne fonctionnaient pas.... Bon, il n'était plus temps de dire quoi que ce soit et nous avions toute confiance dans le gardien d'Herge. En avant, donc, pour Ezeiza. Le pépé faisait des écarts à droite, à gauche, mais dans l'ensemble ça se passait bien jusqu'au moment où il entreprit de tirer un billet pour le péage d'une pochette posée à côté de lui. Il lâcha alors le volant et se battit d'abord avec la fermeture Eclair qui ne voulait pas s'ouvrir, puis avec le billet qui, lui, ne voulait pas sortir. Pendant ce temps je pensais qu'il ne devait pas avoir d'assurance, sinon il aurait fait réparer son pare-brise. Une fois le péage passé, rebelote, volant lâché pour rouvrir la pochette et y glisser la monnaie... Bref, j'avais hâte d'arriver. Je me disais qu'au moins on paierait moins cher qu'un taxi appartenant à une compagnie. Eh bien non, c'était encore plus cher, 150 pesos au lieu de 130.
Après avoir patienté dans une queue de un kilomètre de long, nous avons finalement embarqué pour Ushuaia via El Calafate sur un A 320, durée du vol : près de trois heures. Je n'ai pas dérogé à la règle et ai vu ma dernière heure arriver au moment du décollage, mains moites et respiration bloquée. Je ne sais pourquoi, le commandant de bord ne cessait de passer des messages – c'était apparemment un grand communicateur - et à chaque fois je me demandais ce qui allait arriver. Jusqu'à ce qu'il annonce qu'il y avait “un petit problème technique”. Là, je me suis décomposée... Le problème en question concernait la télévision mais il n'y avait pas de télévision. Vu que tout le monde était d'un calme olympien, ça m'a un peu rassurée. El Calafate, presque tout le monde descend mais peu après toutes les places sont à nouveau prises par les gens qui vont soit à Ushuaia, une minorité, soit sur BsAs.
Tierra del Fuego, Terre de Feu. Ainsi nommée à cause des feux que maintenaient allumés les Indiens Yaghans et Alakalufes, qui vivaient presque nus sur ces terres fouettées par le vent et la pluie. Nous prenons un taxi privé conduit par une femme (22 pesos) et nous voilà sur Gobernador Deloqui, au 271, à la Casa Familia de Zaprucki. Vraie petite maison en dur dans le jardin, à gauche cuisine salle à manger, au milieu salle de bains, à droite belle chambre, le tout nickel (60 euros). Nous sommes accueillis par une Mamie très aimable et qui a l'air d'adorer Paris. Peu après c'est sa fille ou sa belle-fille qui frappe à la porte. Elle nous apporte une bouteille de deux litres d'eau, un pain complet entier, un litre de lait, un paquet de fromage et un autre de jambon plus du beurre et un pot de dulce de leche. Ça fait très panier du Petit Chaperon rouge. Le tout pour le petit déjeuner. En fait on goûtera avec, et on en mangera aussi le soir...
Ushuaia, dans un autre genre, rappelle San Francisco : on monte ou on descend en permanence. Les photos que nous avions vues de la ville, qui compte quand même 60 000 habitants, étaient trompeuses, car elles ne donnent qu'un minuscule aperçu. C'est le centre-ville qui est constamment photographié, mais les constructions s'étendent loin de part et d'autre. Dès l'arrivée on a eu droit à une tempête de neige, au soleil, à la pluie, au grésil. Ici, au moins, c'est varié et à vitesse grand V. On a passé trois heures à arpenter San Martin et les rues adjacentes. Les numéros n'ont aucune logique; on passe de 238 à 270 par exemple. Ce qui fait que pour repérer l'agence de location de voitures, on a le plus grand mal à trouver le 245... Bon, on verra demain. Pour l'instant on est crevés, il fait grand jour (à 21 heures). Mais on va ressortir sur le canal de Beagle, dans le froid glacial. Quelle transition avec Buenos Aires!! Un ferry de croisière est à l'ancre, tous feux allumés, au milieu de la baie aux couleurs de mercure...
Samedi 27
Nuit glaciale, j'ai à peine fermé l'oeil... Ce matin après quelques allers-retours sur San Martin, à cause de ces sauts de numéros, nous allons chez Hertz récupérer la Chevrolet Sedan. Le coffre est grand et nous pouvons charger tous les bagages dedans.
Peu après être partis, sur la route n° 3 qui est donc bitumée, nous avons reçu une caillasse en plein pare-brise, ça commençait bien, suivi illico presto au croisement d'un camion, d'un appel d'air monumental qui a projeté avec une violence incroyable sur le haut du pare-brise un énorme truc noir. On a cru notre dernière heure arrivée, et tout ça en une fraction de seconde. C'était l'avant du capot qui avait été éjecté sous le choc. Un morceau de plastique/caoutchouc, pour faire joli sous le logo Chevrolet. Enfin on suppose vu qu'il ne reste que les rivets...
A San Sebastian, trois maisons et la douane argentine, nous passons un certain temps car nous arrivons en même temps qu'un car de passagers. Puis quelques kilomètres plus loin, rebelote, cette fois avec la douane chilienne. A chaque fois, nous avons droit au match de foot diffusé sur un écran de télévision au cas où policiers et douaniers s'ennuieraient...
145 kilomètres nous séparent maintenant de Porvenir, capitale de la Terre de Feu chilienne, 6000 habitants, par une piste de caillasse. La pampa fuégienne est gris-bronze sous le ciel chargé, éclairée çà et là par quelques touffes de fleurs jaune pâle et poussiéreuses. Nous espérons que nos enquiquinements vont s'arrêter là et que nous n'allons pas crever. Heureusement, il ne pleut pas et le vent a un peu faibli.
Tout à coup, on aperçoit au loin, devant nous, une silhouette. En arrivant sur elle, on voit que c'est un énorme malabar, avec une carrure de rugbyman, le bonnet enfoncé jusqu'aux yeux et la mine plutôt patibulaire, qui nous fait de grands gestes. A peine une seconde d'hésitation et nous passons sans nous arrêter, malgré un sentiment de culpabilité... Je dois dire que ni l'un ni l'autre n'avons voulu prendre de risque. On ne comprenait pas ce qu'il faisait là, à 65 kilomètres de Porvenir, alors qu' il n'y avait aucune voiture arrêtée nulle part. Et les 4X4 chiliens que nous avions croisés peu avant ne s'étaient donc pas arrêtés non plus. Moi j'ai repensé au couple de Français assassinés en Bolivie...
Une maison de tôles sur la gauche, un étang et, dessus, une centaine de flamants très très roses. Etrange, en un tel endroit... Depuis un moment ça sent fortement le brûlé et on se demande si ce n'est pas la voiture, de même que depuis longtemps on aperçoit la pluie qui tombe au loin, en avant de la piste et on ne la rattrape jamais. En fait, les deux sont liés puisqu'il s'agit d'un incendie apparemment important, dégageant une épaisse fumée qu'on prenait pour un nuage de pluie.. Bien sûr, le problème se pose de savoir s'il coupe la piste ou si on va y échapper... Le soleil fait maintenant quelques apparitions et colore l'herbe grise en vert acidulé. Je regrette d'autant plus que l'objectif soit esquinté car le 10-20 ne me sert pas à grand-chose ici. Nous longeons l'immense Bahia Inutil et ses eaux gris sombre, crêtées d'écume blanche. Le long de la côte de galets, les cabanons de tôle rouillée se font plus présents... Porvenir et ses maisons de toutes les couleurs, vertes et rose, jaunes, orange, bleues et mauves, aux toits de tôle rouillés pour la plupart. Beaucoup sont en fin de règne... Nous allons directement à l'hôtel Rosas (bien, 26 000 pesos la chambre double) et le temps de nous installer, le soleil a disparu, laissant place à une température glaciale. Bien au chaud dans la chambre, nous n'avons plus envie de ressortir et attendons en lisant et en écrivant le repas du soir, qui sera hors de prix et franchement pas bon.
Dimanche 28
Bonne nuit sous les épaisses couvertures. Dire qu'on est presque en été... A 16 heures on prend le bateau, j'espère du moins qu'on aura une place pour Punta Arenas car on n'a pas réservé (deux heures et demie de traversée). Mais en attendant, que faire? Nous projetions d'aller sur les pistes environnantes mais le risque de crevaison juste avant de prendre le ferry nous fait reculer. Un Coréen du Sud, “businessman” de centollas ou King Crabe comme il se décrit lui-même, habitué des lieux, négocie avec Alberto, l'hôtelier, de pouvoir rester dans la salle de restaurant et nous dit de faire de même, ce qui nous arrange bien.
Il est maintenant plus d'une heure et demie et nous allons “visiter” Porvenir en attendant l'ouverture de la compagnie maritime. Nos pas nous mènent droit au cimetière... Porvenir est une ville, curieusement dans cette partie du monde, à fort pourcentage croate. Ils se sont installés dans les années 1880, lorsqu'on a découvert de l'or dans la région. Sont venus ensuite des habitants de l'île de Chiloe et, même s'ils n'ont pas fait fortune, ils ont trouvé du travail dans les estancias. Aujourd'hui, la plupart des habitants sont des descendants de ces pionniers. Cette colonisation a malheureusement en peu de temps anéanti les premiers habitants des lieux, chasseurs cueilleurs ou pêcheurs. Le cimetière est extraordinaire, toutes les formes d'architecture sont représentées. Il y a même de curieuses petites cases vitrées entassées les unes sur les autres, avec photos, fleurs, etc., prolongées par les tombes.
16 heures, nous sommes à l'embarcadère. Pas de problème pour prendre les billets. A 17 heures, nous partons pour deux heures vingt de traversée du mythique détroit de Magellan. Le ferry se remplit très vite, essentiellement de jeunes qui rentrent à Punta Arenas pour le lycée. Un Chilien vient s'asseoir à côté de nous, très sympa. C'est un réfugié politique qui a fait ses études en France puis qui s'est installé en Suède. Thérapeute familial.
19 h 20. Le ferry est à l'heure. Nous sortons dans les premiers et trouvons assez rapidement l'hôtel Joshiken que nous avions repéré sur Internet mais où nous n'avions pas réservé car il fallait payer à l'avance. Jolie maison tout en bois clair, très propre, belles chambre ensoleillée (du moins par moments...) et salle de bains. Et en plus très bien placée, près de la plaza de Armas. Punta Arenas est une ville étendue, aux maisons colorées, avec beaucoup d'arbres torturés par le vent, magnifiques, et très plaisante malgré ce que nous avions lu. Le propriétaire nous indique plusieurs restaurants “tous très bons”, où l'on sert du poisson frais. Nous allons à “Jekus” et nous nous régalons d'une cuisine très fine et d'une excellente bouteille de vin rouge chilien, dans un cadre superbe, tout en bois. Avec de nombreuses références de toute sorte aux Indiens disparus...
Lundi 29
Ce matin, grand soleil. Ici, en cette saison, les nuits sont courtes, le soleil se couchant vers 22 heures et se levant vers 5 heures. C'est d'ailleurs lui qui nous a réveillés. Après un bon petit déjeuner qui fera aussi repas de midi, nous partons nous balader du côté de la plaza de Armas. Dans le parc qui en occupe le centre, un bel office du tourisme et de nombreuses roulottes, qui sont des stands où l'on vend beaucoup de vêtements de laine et d'alpaga, très colorés. Tandis que l'on se balade tranquillement, et que cinq minutes plus tôt il faisait chaud, une averse de neige se met à tomber. Et ce sera comme ça tout au long de la journée, une alternance de ciel bleu, de neige, voire de ciel tout bleu et de gouttes d'eau dont on se demande à chaque fois d'où elles viennent et si ce ne sont pas des “pipis d'oiseaux” ;-). Nous devions normalement aller à l'Isla Magdalena voir la colonie de manchots, mais le passage sur le ferry du détroit de Magellan a sérieusement refroidi Alain qui a généralement le mal de mer. Il faut dire que, par moments, on aurait pu croire que le ferry allait se briser en deux lorsqu'il prenait les vagues par le travers. Et la conversation avec le Chilien avait bien arrangé les choses, pour détourner son attention des bonds que faisait le bateau. Donc nous décidons d'aller au Seno Otway voir une autre petite colonie, à une heure de route dont une quarantaine de kilomètres de piste. A douze kilomètres de l'arrivée, nous devons payer d'abord 3000 pesos, une espèce de droit de passage, puis 10 000 pesos pour l'entrée de la pingüinera (ce qui fait au toatl une vingtaine d'euros). Il pleut par intermittence. Nous prenons le sentier de bois de 1500 mètres de long à la recherche des manchots (les pingouins, eux, sont en Arctique). Je n'arrête pas de pester après l'objectif 17-85 mm qui a définitivement rendu l'âme, je ne peux même pas m'en servir en automatique et suis cantonnée au grand angulaire. Tout ce qu'il faut, en effet, pour photographier des manchots seulement visibles des miradors, ou presque. Lorsque je mets l'œil au viseur, on dirait des crottes de mouche. Nous en voyons quelques-uns se dandiner à la queue leu leu, vraiment trop mignons, ce qui me fait pester encore une fois. Le pire, c'est que j'ai emporté les jumelles de Paris spécialement pour eux et que nous les avons oubliées à Punta Arenas!! Nous mettons cela sur le compte de l'extrême fatigue dans laquelle nous étions avant de partir. Et le voyage n'a rien arrangé... Finalement, nous trouvons que c'est bien cher payé pour un si long chemin et seulement quelques manchots de-ci de-là, faisant une bronzette sur la plage ou jouant à cache-cache avec nous.
Retour à Punta Arenas. La plaza de Armas, cet après-midi, a complètement changé d'atmosphère. On dirait le parc Montsouris (à Paris) après la sortie de l'école. Punta Arenas est une ville très jeune, bourrée de lycéens et d'étudiants.
Ce soir, nous retournons manger chez Jekus, pour fêter mon anniversaire le 1er décembre (à ce moment-là nous serons en refuge à Torres del Paine). Je n'ai jamais mangé d'agneau aussi bon... En sortant, il fait un froid glacial malgré toutes nos couches de Damart, laine et polaires, pas loin de celui de Sept-Iles (dans le nord du Québec) au mois de février...
Mardi 30
En partant pour Puerto Natales, nous retournons au bureau de change. L'argent file ici à vitesse grand V.
Nous quittons la province de l'Ultima Esperanza pour entrer dans celle des Magallanes.
La route est déserte, le ciel gris, le vent omniprésent. Nous dépassons soudain un Cristo del Camino à l'abri d'un bosquet, insolite dans ces espaces désolés. Le grand angle lui fait faire un bond en arrière, et le fait de le rapprocher sous Photoshop lui confère un flou... très peu artistique... Régulièrement, sur le bord de la route ou des pistes, on retrouve de ces petits hôtels mortuaires, avec photos, fleurs et souvenirs, et drapeau rouge claquant au vent, dont nous ignorons la signification. Mais en arrivant dans l'après-midi à Puerto Natales, au bord du Pacifique, après 250 km de steppe aride et hyper ventée (quel sport de conduire comme ça, accrochée au volant!!), la surprise est de taille! Là ce sont des centaines de bouteilles en plastique – remplies en partie d'eau à cause du vent – qui veillent les morts... La petite ville (ou le gros village, au choix) est très différente, toutes proportions gardées, de Punta Arenas. Les maisons sont basses et d'aspect plutôt délabré, toujours très colorées. Nous remarquons que les Chiliens, du moins dans le Sud, ne se préoccupent pas de l'aspect extérieur de leurs habitations. Tôles disjointes, peinture écaillée, le tout a souvent un aspect branlant et peu engageant, alors que l'intérieur est particulièrement pimpant et soigné. Les gens sont en général de petite taille, si l'on excepte certains Croates de Porvenir. Au Pléistocène (- 2000 000 d'années à - 10 000 ans), un animal fantastique arpentait ces terres du bout du monde, une espèce de grizzly herbivore à queue de kangourou, deux fois plus haut qu'un homme, appelé Milodon ou, plus simplement, Glossotherium robustus. La Cueva del Milodón en abrite un spécimen, mais en carton-pâte, c'est la raison pour laquelle nous n'avons pas fait le détour lorsque nous avons quitté Puerto Natales pour rejoindre le parc Torres del Paine. Le milodón qui trône en bord de mer, à Puerto Natales... L'hôtel Chorrillos est basique mais très agréable, très bien tenu et la propriétaire est extrêmement aimable. Nous discutons avec un Français installé à l'ordinateur de l'accueil, barbe et cheveux blancs, parti avec sa compagne le 10 juillet en vélo du Pérou (c'est exactement le genre de voyage qui ne m'attire pas, pédaler comme un forcené en se battant constamment contre un vent déchaîné, mais je suis très admirative). Ils s'y sont fait attaquer et voler une première fois, puis une seconde fois on leur a dérobé appareil photo, caméra et argent. Ils avaient été repérés sur le marché, puis suivis en dehors de la ville en... taxi!! L'un des quatre agresseurs (quel courage!! à quatre contre deux!) a cassé une bouteille, jeté sa compagne à terre et lui a mis le tesson sur la gorge... Courses au supermarché – Unimarc, comme à Punta Arenas – où l'on finit par trouver un camping-gaz et les cartouches qui vont avec, puis retour à l'hôtel afin de préparer les sacs à dos pour les quatre jours à venir. La chambre est dans un état! On croirait qu'on part en expédition en autonomie pour six mois ;-)): nourriture d'un côté, vêtements de rechange, appareil photo, jumelles, GPS de l'autre. Le 17-85 mm est définitivement HS, ce qui fait que je n'ai plus que le grand angulaire. Plutôt catastrophique pour un voyage pareil... Adieu tous les gros plans, comme celui de notre premier nandou croisé aujourd'hui, ou de cet adorable renard argenté aux grands yeux noirs en amande qui s'est couché dans l'herbe quand il a vu qu'on s’arrêtait pour le regarder. Il est resté là, à nous surveiller du coin de l'œil, jusqu'à ce que la voiture redémarre. Puis il est reparti de son côté et nous du nôtre. Je l'ai quand même casé dans un petit coin de la carte-mémoire. Le voici, démesurément grossi sous Photoshop, disons... dans un flou gaussien... Dehors, une multitude de chiens se font la conversation d'une rue à l'autre.
Mercredi 1er décembre
Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. La nuit a été courte mais je me suis endormie tout de suite, bercée par le plus doux bruit qui soit, celui de la pluie qui tambourinait sur le toit de tôle de l'hostal... Le problème, c'est que ce matin il tombe une pluie torrentielle, fouettée par un vent qui doit avoisiner les 120 km/h. Autrement dit des conditions idéales pour entamer une randonnée de huit heures. Excellent petit déjeuner avec du cake maison et des yaourts aux fruits, entre autres. Cet hostal est une excellente adresse, pas chère (20 000 pesos), et la propriétaire est très aimable. Nous discutons avec un jeune couple de Français qui nous annonce que la piste la plus longue, celle de Laguna Amarga, c'est-à-dire l'entrée Nord, est désormais bitumée. Plutôt que de prendre la nouvelle piste plus courte de moitié qui mène à l'entrée Sud, nous choisissons la facilité, puisque du ripio, nous en aurons à revendre dans les semaines à venir. Nous partons donc, seuls sur la route. Mais à Cerro Castillo, surprise, la route devient piste, et mauvaise piste puisqu'il s'agit d'une (très mauvaise) déviation. Quelques kilomètres plus loin, passé un gaucho plus vrai que nature sur son cheval, béret vissé sur la tête qui le protège mal de la neige qui tombe en abondance, et poussant son petit troupeau de vaches, nous retombons sur la route mais pour peu de temps. Les derniers 90 kilomètres seront de nouveau de la piste. Nous voyons encore une fois des guanacos, et encore une fois je peste de n'avoir que le grand angulaire. Une fois à l'entrée du parc, nous allons payer dans une minuscule cabane où les taches sont très compartimentées: trois personnes, dont une qui prend les passeports, une deuxième dans une cahute en verre qui nous déleste de 30 000 pesos de droits d'entrée, et enfin une troisième qui vérifie les billets d'entrée et nous donne le plan du parc. Les refuges des Torres se trouvent au bout d'une mauvaise piste de sept kilomètres, coupée en son milieu par un pont-surprise. Il ne peut supporter plus de 1500 kilos. Avec la Chevrolet Corsa pas de problème, mais les véhicules genre Renault Espace sont vraiment limites...
Arrivés au refuge des Torres, nouvelle surprise: nous ne sommes pas au Central mais au Norte, autrement pas dit pas au nouveau, paraît-il très bien, mais à l'ancien de mauvaise réputation. Il fait vraiment à l'abandon. Les chambres ne sont pas chauffées, sans lumière, il n'y a des lampes à gaz (dont une seule à chaque extrémité du couloir) que jusqu'à 23 heures, le lino du sol se décolle, les « banos » sentent horriblement mauvais, un mélange de désinfectant et d'urinoirs publiques. Sinon, la chambre est petite mais banale. En fait, nous n'adorons pas les dortoirs...
Nous montons aux Torres avec un temps complètement bouché, et en en plus il fait un froid sibérien, pas loin du Québec en hiver. Nous sommes pourtant extrêmement couverts, mais la neige qui passe à l'horizontal fou ettée par un vent violent nous glace le visage. Nous traversons d'abord des terres complètement désertes, couvertes d'une petite herbe rase, puis des massifs entiers d'arbustes à floraison rouge vif, des notros (Embothrium coccineum), comme ceux que nous avions vus à Venice, à Los Angeles. Passé le refuge Chileno, à mi-chemin, nous entrons dans un bois et le chemin devient complètement boueux. Le temps est toujours totalement bouché, les Torres enfouies dans une épaisse couche de nuages et de neige et nous ne pouvons espérer les apercevoir. Nous décidons alors de faire demi-tour. Au détour du sentier, un magnifique renard, un zorro colorado aux allures de coyote, croise notre route. Il hésite. Je crois qu'il va nous emboîter le pas mais, dommage, il change d'avis puis disparaît sous les arbres. Sept heures et demie après le début de la randonnée, nous voici à nouveau au refuge. Rien ne s'arrange: impossible de se faire à manger, d'une part parce qu'à Puerto Natales nous avons acheté un camping gaz et les cartouches vendues avec (camping gaz également), malheureusement une fois ici on se rend compte qu'elles ne sont pas adaptées; d'autre part parce qu'il n'y a même pas une cuisine pour se faire chauffer de l'eau. Nous « pouvons manger au restaurant » (à 20 euros par personne en plus des 96 euros par nuit pour nos deux lits superposés...), ou nous faire de la cuisine dehors (où? en plein vent et par terre puisqu'il n'y a ni table ni bancs?) et « rentrer la manger à l'intérieur « (merci de tant de générosité!). Nous sommes furieux, d'autant qu'à l'intérieur, justement, il n'y a que trois malheureuses tables et même pas suffisamment de chaises pour aller avec. Ca promet pour les deux nuits suivantes. Nous partons nous coucher avant que toute la chambrée ne fasse de même. Ah, zut, toute la chambrée est déjà au lit...
Jeudi 2
Nous avons eu froid toute la nuit, car en plus du fait que ça ne soit pas chauffé, la fenêtre était restée légèrement ouverte. Nous n'y avions pas touché, pensant que c'était une des personnes présentes qui l'avait fait pour éviter de la condensation. Sauf que nos deux lits étaient collés sur l'air glacial, et ce n'est pas la petite couverture qui nous a protégés. En plus du reste, le double rideau avait perdu trois de ses anneaux, que personne n'avait jugé utile de remplacer. Heureusement, Géo Trouvetout (autrement dit moi, comme je suis assez souvent surnommée) a trouvé une solution en coinçant le bout du rideau de gauche dans le premier anneau du rideau de droite. A peine réveillés, nous n'avons qu'une hâte : fuir ce refuge qui est un vrai scandale étant donné son prix. Nous remballons nos affaires et filons à la voiture. Une gorgée d'eau froide, une bouchée de cake “con frutas”, et nous voilà partis pour l'embarcadère, d'où le catamaran nous amènera à Paine Grande. En chemin, des guanacos peu craintifs broutent au bord de la piste.
9 h 30. Premier départ du bateau (il y en a un autre à 10 heures, puis à midi pour ce qui est du matin). Les billets s'achètent à bord, 38 000 pesos pour deux allers-retours (en fait c'est 36 000, on s'est fait rouler de 2000 pesos..., ce qu'on aurait jamais imaginé sur une navette, dans un parc national), soit environ une soixantaine d'euros. Café, thé ou chocolat et petits gâteaux sont offerts. Le lac est venté, ça remue pas mal et les eaux sont vert sombre. Impossible d'aller à l'arrière à cause du froid glacial et des paquets d'eau projetés sur le pont. De l'intérieur, impossible aussi de faire des photos à travers les vitres complètement trempées. Une demi-heure plus tard, tout le monde descend. Au premier abord, le gite de Paine Grande est pimpant, seul au bord du lac, dominé par les montagnes (du moins on le suppose car elles sont perdues dans les brumes). Au deuxième abord, il l'est encore plus. Des tons orangés aux murs auxquels sont accrochés masques, dessins et photos concernant les Indiens disparus; plusieurs petits salons ici ou là, avec un gros poêle à bois qui ronronne et d'épais canapés ou fauteuils en cuir. Ca monte et ça descend, ça tourne et ça retourne et c'est très chaleureux. Pour l'instant, par contre, nos lits ne sont pas prêts. Nous laissons une partie de nos affaires dans une eptite pièce en face du Mini Market, dont seuls les deux vendeurs ont la clef, et nous voilà partis à 11 heures pour le glacier Grey sous un temps à ne pas mettre un chien dehors (drôle d'expression, d'ailleurs... pourquoi mettrait-on un chien dehors?). Le sentier suit une étroite vallée dans laquelle le vent s'engouffre avec rage! Il faisait 2°, mais maintenant, avec le facteur vent, je n'ose imaginer la température ressentie... La pluie est de la partie, les nuages cherchent à toucher terre et nous n'arrivons même pas à avancer. J'ai l'impression que quelqu'un me pousse constamment avec force vers l'arrière. Nous faisons des embardées à droite, à gauche, à droite, à gauche et progressons avec peine. Il faut vraiment vouloir voir ce glacier! D'ailleurs nous ne croisons absolument personne pendant plusieurs heures. La vallée n'en finit pas, alors que d'après la carte je croyais longer le lac tout du long. La notion de ce qui est difficile ou modéré n'est pas la même chez les rangers américains et les employés des parcs chiliens. Celui-ci est classé en modéré alors qu'on dirait qu'on suit le lit d'un cours d'eau. Il est encombré de roches et de pierres presque tout du long, entrecoupé de passages bourbeux, inondés, etc. Le dénivelé est faible mais il monte et descend constamment. Bref, progresser dans ces conditions est particulièrement pénible...
Nous n'arrivons pas à nous poser pour manger un morceau, la pluie et maintenant la neige ne cessent de tomber, tout est trempé ou boueux et il n'y a pas un endroit où s'asseoir. Nous finissons par nous arrêter sous un arbre aux grosses racines apparentes. J'attrape l'onglée en moins de deux, nous sommes trempés de transpiration qui gèle quasi instantanément... Quel plaisir! Comme le dit un non-anglophone qui passe près de nous: “Bad time to lunch!” Enfin, nos efforts sont récompensés et nous apercevons, là devant nous, le glacier, géant bleu figé sur toute la largeur du lac. Nous ne pouvons distinguer son épaisseur, dissimulée dans les nuages. De petits icebergs bleutés dérivent vers l'aval sur les eaux grises du lac qui aujourd'hui porte bien son nom (Lago Grey). Nous ne savons toujours pas si nous sommes entourés ou non de montagnes, comme hier tout est bouché, gris, glacial et mouillé... Nous continuons sur le chemin mais le temps décidément empire et nous faisons demi-tour. Partis à 11 heures nous rentrons à 17 heures. Notre chambre, baptisée “Puma”, est pour six personnes. En cherchant la salle de bains, je vois par les portes ouvertes que certaines chambres sont pour quatre et d'autres..., que vois-je?? pour deux ! Nous redescendons illico presto à l'accueil et demandons si l'on peut changer pour une chambre à deux lits... En deux minutes, c'est chose faite et nous déménageons de “Puma” pour “El Calafate”. C'est royal et ça change tout!! Dans la grande salle de restaurants aux tables en bois ciré nous prenons Alain un thé et moi un chocolat avec un grand cooky aux amandes et chocolat (le tout pour 3000 pesos, soit 6 euros). Par la fenêtre, nous apercevons de splendides oiseaux noir et feu. Nous sommes vraiment contents d'avoir une chambre pour nous tout seuls! La promiscuité ne nous plaît décidément pas, nous sommes trop indépendants pour ça (et mes années de colonies de vacances, trois fois par an de sept à dix-huit ans, m'ont vaccinée à vie). D'autant que personne ne se parle. On pensait pouvoir échanger deux trois mots avec nos voisins de lit mais non, ils font comme s'ils étaient seuls... La chambre donne sur la montagne derrière et on aperçoit un bout du lac Paine Grande. Il y a l'électricité et le chauffage, le rêve, en somme. Seul hic mais qui cette fois passe comme une lettre à la poste, le radiateur ne sera allumé qu'à 22 heures... En attendant, on renfile pulls et polaires pour pique-niquer, assis sur le lit... A 22 heures, on entend les premières dilatations du métal qui chauffe mais je m'aperçois assez vite que c'est uniquement une petite moitié du radiateur qui est allumée. Par ailleurs, le vent à l'assaut de la fenêtre fait un bruit de 777 et soulève le double rideau. Nous nous fourrons au lit, mais moi, qui ne suis pourtant pas frileuse, je suis frigorifiée! Il n'y a sur le lit qu'une petite couette fine, d'été je suppose, puisque nous n'en sommes qu'à même pas trois semaines. Vers 4 heures, n'ayant toujours pas fermé l'oeil, je cherche à tâtons dans le noir mon gros Damart et les deux polaires que j'étale sur le lit et m'endors illico. La nuit, toutes les lumières du couloir sont éteintes...
Vendredi 3
Je me rends compte ce matin, en examinant la fenêtre de plus près, qu'elle n'est pas hermétiquement fermée. C'est une histoire de un centimètre maximum, mais ça a suffi, étant donné le temps qu'il fait dehors, à réfrigérer complètement la chambre et moi avec. Pourtant je ne suis pas frileuse... Alain, qui dort sur le lit supérieur, l'a moins senti. Une fois fermée, le bruit passe du 777 à l'avion de tourisme et le double rideau s'est calmé... Le vent est toujours aussi violent ce matin, et il pleut... Nous ne pouvons prendre un thé dans la salle du petit déjeuner car elle est déjà fermée et nous nous contentons encore une fois d'un peu d'eau glacée et de quelques tranches de Budin, autrement dit de cake aux fruits. Ensuite, départ à 10 h 30 pour la Vallée française. Les bourrasques, chaque jour plus violentes que la veille, si c'est possible, nous jettent sur les bas-côtés chacun à notre tour. Heureusement, le sentier est plus facile aujourd'hui, puisque de terre, et plus joli également car il suit le lac Sarmiento, du moins au début. Ce lac, contrairement au lago Paine sur la berge duquel est construit le lodge, est gris sombre, ce qui signifie donc qu'il n'est pas glaciaire. Les bosquets de fleurs rouge sang sont omniprésents; on trouve aussi une multitude de petites orchidées blanches, et toujours les pois mauves et blancs. Les couleurs sont un peu les mêmes que dans l'Ouest américain au printemps, rouge et mauve: Indian paintbrush et lupin bleus. Nous croisons des oiseaux magnifiques, jaune vif et vert fluo, d'autres aux yeux de rubis et aux pattes jaune safran. Les animaux, ici, ne sont absolument pas craintifs, et nous pouvons les approcher de très près. Les oiseaux, par exemple, ne s'envolent qu'au dernier moment. Au-dessus de nous, les montagnes acérées comme des lances percent quelquefois la couche nuageuse, laissant apparaître un glacier suspendu, d'où s'écoule une eau claire et potable. Toutes les eaux de ce parc sont bonnes à boire. Je l'avais lu mais j'ai profité du passage d'un garde du parc pour me le faire confirmer. A propos de garde, d'ailleurs, le seul qu'on ait vu, alors qu'il faisait un froid de canard, pluie, vent, etc., se baladait en casquette (sans doute avec dessous un tube de glu pour la faire tenir) et en T-shirt... Mais les Indiens Alakalufs étaient bien nus en été (et ne pas oublier que nous en sommes proches) et ne portaient leurs peaux de guanacos qu'en hiver... Nous voulons arriver au campamento italiano pour pique-niquer, espérant qu'il y aura une cahute où au moins se mettre à l'abri. It's a long way pour y arriver, et je doute un peu que les distances soient fiables. Sept kilomètres et demie ce n'est pas grand-chose, or nous marchons d'un bon pas malgré le vent et toujours rien en vue. Nous passons dans un bois, puis dans un autre, et un autre encore, le sentier devient roches et caillasse, boue et racines, voire ruisseau... Les Torres sont toujours invisibles, je vois venir le moment où nous partirons et où nous ne les aurons même pas aperçues. De temps en temps, un rayon de soleil perce tous ces nuages et donne à ces sommets glacés une atmosphère fantastique. Nous nous rapprochons de la jonction avec la Vallée française, mais nous avons un peu plus tôt croisé deux Français, entre cinquante et soixante ans, du genre guide de haute montagne avec l'accent savoyard, qui nous ont dit que tout était bouché au-dessus, et qu'ils renonçaient “à monter là-haut aujourd'hui”. Soudain, nous entendons un grondement de chutes d'eau qui ont l'air gigantesques. Nous longeons le lit d'un torrent furieux et apercevons enfin un premier panneau: pont à 500 mètres (chiliens). Le temps est sombre, la pluie glaciale, le vent devrait être débaptisé, il est trop violent, trop constant, trop rageur... Voici le pont de bois, donc, puis un second, suspendu celui-là, qui ne permet de passer qu'à deux personnes à la fois. De l'autre côté, le campamento Italiano. Nous passons au-dessus du torrent rugissant, ça se balance pas mal, et prenons pied sur l'autre rive. Eh bien on peut dire que les campings chiliens n'ont rien à voir avec les campings des parcs américains! Quelques tentes sous des arbres hauts et déplumés, du genre peupliers, une terre sableuse et grisâtre, des racines absolument partout, et surtout pas les moindres cahute, table ou bancs, rien. Rien de prévu pour les campeurs installés dans ces solitudes glacées. Aucun emplacement pour faire du feu. Une cabane couverte de tôle et un panneau avertissant que c'est “privado”, entrée interdite, pour le garde que nous avons croisé, certainement. Nous faisons le tour, trouvons une cabane de trois murs de planches dans laquelle il fait carrément nuit et devinons deux silhouettes dans la pénombre. L'une se fait cuire quelque chose sur son réchaud, posé sur une planche; l'autre a l'air morose et dubitative, mais surtout transie. Une autre cabane misérable pour les w-c, et c'est tout. Nous nous asseyons sur un tronc de dix centimètres de diamètre posé sur deux petits piquets et trouvons vraiment lamentable une si piètre installation. Dans ces conditions nous ne déballons ni pain ni poulet rôti pour moi (celui acheté à Puerto Natales pour 3 000 pesos et qui est inusable) et avalons vite fait une banane et moi un délicieux cooky acheté hier en fin d'après-midi. Il faut bien sûr emporter ses poubelles... Redescente au pas de charge sur le lodge, où nous arrivons à 16 h 30 pour prendre un chocolat et un thé. Par les grandes baies vitrées, nous observons quelque chose d'étrange: comme un vent de sable à la surface du lac, de longues écharpes d'embruns qui s'effilochent et se reforment. Par endroits des mini-tornades s'élèvent tout droit vers le ciel, tandis que de grosses vagues s'écrasent sur la rive en face qui est pourtant éloignée.
Samedi 4
Le temps aujourd'hui, puisqu'on s'en va, est nettement plus beau, bien que les sommets soient toujours encapuchonnés. A 9 h 30, nous prenons le catamaran en compagnie d'un jeune Français très sympa, Loïc, avec qui nous avons échangé quelques mots en attendant. Lui est parti pour un tour du monde; arrivé en Equateur il y a trois mois, il prend l'avion après-demain à Punta Arenas pour la Nouvelle-Zélande. Comme il va aussi à Puerto Natales, nous lui proposons de l'y conduire. Et il se trouve qu'il va dans le même hostal que nous chercher ses affaires qu'il avait laissées le temps d'aller aux Torres del Paine. Dernière coïncidence, il connaît voyageforum et y a même un pseudo: karasamba. Nous prenons la nouvelle piste, celle de 85 kilomètres, qui démarre vraiment très bien, on la croirait bitumée. Mais, très vite, elle se transforme en un vrai poulailler! C'est une succession de nids-de-poules remplis d'eau boueuse qui éclaboussent la voiture. Vu deux huitriers-pie. Dans un des bureaux de change de Puerto Natales où nous changeons deux cents euros, la caissière, qui ne se prend pas pour rien, comme tous ceux à qui nous avons eu affaire jusqu'à présent dans ces endroits-là, commence à lorgner d'un oeil suspicieux le premier billet de cent euros, en direct de la Banque postale, essaie de voir à travers et le pose sur le coin de sa table avec un air à moitié dégoûté. Elle prend le second, l'examine, et repère une petite pliure plus prononcée d'environ un millimètre sur une des tranches au milieu du billet. Ca y est! Elle a ce qu'elle cherchait et nous le rend d'un air triomphant. Nous ne comprenons pas (ou faisons mine de ne pas comprendre). Je sors mes lunettes, fais comme elle, observe le billet et lui demande ce qu'il a de spécial. Je lui fais remarquer qu'en France un tel billet ne poserait pas de problème. D'un ton cassant elle nous réplique qu'ici, elle n'en veut pas!! Excédé, Alain lui demande de lui rendre le premier billet et nous ressortons furieux. Dans le deuxième bureau, tout se passe comme sur des roulettes... Le soir, dans une pizzeria (Mesita Grande), le serveur essaie de nous rouler avec une impudence incroyable! Il s'était carrément pris 100 % de pourboire! (Au Chili, le pourboire dans les restaurants est en principe de 10 %.) Nous voulions en fait dîner à Afrigonia, le meilleur restaurant de Puerto Natales, mais la salle, toute petite, était bondée et de toute façon il aurait fallu réserver.
Dimanche 5
Lit excellent mais l'isolation extérieure est déplorable (partout jusqu'à maintenant) et bien qu'à l'écart du centre, les voitures nous ont dérangés. L'adresse reste très bonne. Après le petit déjeuner composé cette fois-ci de jus d'orange, de quatre crêpes, de pains chauds, beurre et deux confitures, plus fromage, nous partons pour El Calafate en passant par le côté chilien, soit Cerro Castillo, sur la route des Torres del Paine. Ni la douane chilienne ni la douane argentine ne nous ont embêtés, et les Argentins ne nous ont même pas fouillés, ce qui fait que nous aurions pu garder tomates, beurre, œufs, poires, etc., au lieu de tout laisser à l'hostal Chorrillos. Nous prenons la piste d'une trentaine de kilomètres qui rejoint la route d'El Calafate. L'essence, ici en Argentine, est bien meilleur marché qu'au Chili (environ 0,60 euro contre plus de un euro) et nous regrettons d'avoir fait le plein à Puerto Natales. J'avais lu que plutôt que de faire le détour par La Esperanza, on pouvait couper par une piste très belle et très bonne. Nous n'hésitons donc pas une seconde sans avoir idée du kilométrage... C'est morne plaine... Pampa à droite, pampa à gauche, herbe rase et grise, horizon rectiligne. Mais la piste, assez bonne au commencement, se gâte vite et sérieusement. Ce n'est maintenant plus que de la caillasse, et il faut constamment faire attention où l'on met les roues, éviter les cailloux trop pointus et les zones trop dérapantes. Dans le ciel encombré de beaux nuages, le soleil brille et la température au thermomètre de la voiture grimpe jusqu'à 30°! Du jamais-vu depuis qu'on est arrivés en Patagonie. Le désert grisâtre s'étend à l'infini, de temps en temps on aperçoit le ruban de la piste comme un serpent qui filerait devant nous, dans l'infini de la pampa. Une heure passe, puis une deuxième... on n'en voit pas le bout... Les fortes pluies ont laissé par endroits sur des parcelles de sol probablement calcaires des mares plus ou moins étendues, immédiatement colonisées par tous les oiseaux de passage: flamants, cygnes à col noir, oies, canards, etc. En se rapprochant de la jonction avec la route 40, asphaltée sur cette portion, le sol se soulève en moutonnements de velours plus ou moins prononcés, dans des tons qui tirent maintenant sur le vert. Une quinzaine de kilomètres avant El Calafate, le paysage devient soudain magnifique, surplombant le lago Argentino, turquoise comme tous les lacs glaciaires sous les rayons du soleil. Le rio Santa Cruz serpente dans la vallée en une multitude de boucles serrées...
El Calafate. Albergue Lago Argentino. D'un côté de la route, le n° 1050 et l'albergue; de l'autre le 1061 et l'hostal. Nous avions réservé une petite maison dans le jardin. Il y en a deux rangées de trois, mitoyennes, de couleurs vives - carmin et beu – séparées par un gazon vert et dru. Tout est en fleurs, genêts, lupins, chèvrefeuille, arbustes de toute sorte, ça sent le printemps même si les chambres sont par là même un peu sombres. La nôtre est parfaite, la salle de bains aussi.
Le soir, nous allons manger des gnocchis de pommes de terre au safran et du gratin de potiron et maïs, arrosés d'une bonne bouteille de vin argentin dans un excellent restaurant, Pura Vida, avenida del Libertador, avec 10 % de réduction parce qu'on vient de l'albergue Lago Argentino. Le ciel est d'un bleu clair très pur, très lumineux, et la lumière transparente et rosée en cette fin de journée, comme on n'en a jamais vue ailleurs. Les Argentins, de même que les Chiliens, surchauffent leurs intérieurs et la chambre ne fait pas exception.
Lundi 6
Nous voulions être au Perito Moreno avant l'ouverture mais ça ne sera certainement pas possible. Aussi nous choisissons de prendre le petit déjeuner sur place et de partir ensuite. A 7 h 30 nous montons dans la voiture et en route pour les 70 km qui nous séparent du glacier géant. Nous doublons une flopée de cars de touristes vides, étrange..., et arrivons une demi-heure plus tard à l'entrée du parc. Les 40 pesos par personne annoncés par le Routard se sont transformés en 75 pesos... Il reste encore 28 km avant d'arriver. La route, relativement étroite et sinueuse, longe le lago Argentino, couleur menthe à l'eau, traverse des bois de résineux accrochés au pied des montagnes pelées. Le vent est toujours extrêmement violent et le sol jonché de petites branches entre lesquelles je dois zigzaguer en permanence. Jusqu'à 10 heures du matin il est possible de se garer au sommet (nous ne l'apprendrons que plus tard car rien ne l'indique), mais nous ne pourrons y retourner ensuite et il faudra rester sur l'immense parking un peu plus bas. Il y a toute une série de passerelles, à cette heure-ci totalement désertes, dont les plus proches sont celles dites « de la rupture ». D'autres s'enfoncent dans les bois, montent et descendent...Vu d'en face, le Perito Moreno, un des derniers glaciers à ne pas régresser et qui fait partie de la troisième calotte glaciaire au monde (après l'Antarctique et le Groenland, 360 km de long sue 40 km de large), ne donne pas l'ampleur de ses cinq kilomètres de large et de ses soixante mètres de hauteur... Lorsqu'il est bien disposé, il peut avancer de deux mètres par jour, aussi nous guettons ses plongées vertigineuses accompagnées de fracas de coups de canon (comme j'en entends tous les jours, je peux faire la comparaison ;-)), qui laissent derrière elles des cicatrices bleu intense. A l'avant, ce ne sont que flèches, lances et pieux prêts à faire le grand saut, à l'arrière des milliers de crêtes meringuées parcourues d'un réseau infini de crevasses. Nous décidons de prendre le bateau qui se trouve sous le restaurant - celui du dessous - pour aller voir de plus près de quoi il retourne. Cent pesos de moins dans les poches, nous montons sur le pont en compagnie d'une trentaine de personnes, très peu de monde, donc, puisque nous pourrions être trois cents! Le bateau reste à distance respectable des éventuels icebergs, tourne et vire, se rapproche de la zone de fracture, s'arrête lorsqu'une détonation se fait entendre, longe le glacier vers l'est, fait demi-tour, et trois quarts d'heure plus tard, rentre au bercail. Tout le monde descend. A cette heure-ci, midi, lorsque nous rejoignons les passerelles, c'est la cohue. Plus rien à voir avec l'atmosphère de début de matinée, où nous avions le glacier pour nous tout seuls. Deux heures plus tard nous sommes sur la très belle route d'El Calafate. Le ciel est bleu et le vent a encore forci. Pendant ces quelques heures, j'ai bien sûr eu tout loisir de pester (intérieurement ;-)) puisque je ne pouvais faire de photos qu'au grand angle. Les trois magasins de photos de la ville vendent uniquement des pellicules Kodak, ici ils n'ont pas encore fait faillite, et ma tentative de commande d'un 50 mm Canon sur Amazon.com n'a rien donné puisqu'ils ne livrent pas dans ces contrées lointaines. Il faut me faire une raison, mais c'est dur... Au supermercado nous achetons une salade de pommes de terre, carottes et petits pois, plus des œufs que je fais cuire discrètement dans la salle du petit déjeuner où « l'on ne doit pas cuisiner ». Lessive dans le lavabo miniature dont la bonde a été supprimée puisque l'hostal lave du linge contre 25 pesos, mais c'est sans compter sur Géo (Trouvetout). J'utilise une mousseline de notre propre thé que nous venons de faire infuser, la rince bien et bouche le lavabo avec. Très efficace! Eventuellement, on peut aussi d'une main appuyer sur la mousseline et de l'autre malaxer... A la guerre comme à la guerre!...
Mardi 7
Le soleil a disparu mais, par extraordinaire, il n'y a pas de vent! Nous commençons la journée, après le petit déjeuner avec des voisins de table allemands détestables et prétentieux, par le locutorio (petit local où l'on peut téléphoner). J'ai deux cartes de téléphone à 10 pesos, chacune permettant d'appeler une demi-heure en France (merci Herge pour l'info!). Ça marchait très bien de Buenos Aires avec la carte Hable Mas. A Ushuaia j'ai dû en acheter une d'une autre marque - en fait de carte, c'était un ticket de caisse avec les indications en caractères minuscules. Mais ici, plus rien ne va. « Les ondes », paraît-il, « c'est trop perdu » (celui qui nous dit ça se fiche carrément de nous, vu que toutes les cabines internationales avec paiement à la caisse sont occupées pour des coups de fil vers l'Europe!), il veut bien sûr qu'on range notre carte et qu’on lui paye directement la communication. Deuxième locutorio, même son de cloche... Ensuite passage par un supermarché pour acheter du jambon cru Lomsicar (?) en promotion. La caissière en profite pour essayer de nous rouler d'un billet de 2 pesos. Ce n'est pourtant pas compliqué: elle doit nous rendre 74,25 pesos et elle nous en rend 72,25, en se dépêchant de quitter sa caisse juste après. On récupère donc les deux pesos manquants en pestant, et on comprend pourquoi ce supermercado n’était pas indiqué sur le plan que l’on nous a donné à l'albergo Lago Argentino... A propos de monnaie, l'Argentine et apparemment avec elle le Chili manquent cruellement de pièces métalliques. Il est surprenant de voir comme les caisses sont vides et comme, à chaque fois, cela pose un problème. En général, les gens arrondissent au-dessous pour que le client ne soit pas perdant (c’est toujours le cas dans les stations-service), mais parfois c'est le contraire. Les plus généreux vous jettent une sucette sur la caisse et au suivant ! Le jambon Lomsicar est incroyablement acide, j'arrive à peine à le manger. Il va falloir que je me renseigne sur cette appellation: Lomsicar. Est-ce une recette au vinaigre, ou bien prendrais-je le Pirée pour un homme? Aujourd'hui, on avait prévu (sur la carte) de monter au cerro Calafate, 800 m de dénivelé, mais surprise on s'est aperçus que c'était une montagne complètement pelée, caillasse et poussière grise, ce qui nous a douchés d'un coup... On est restés écrire des cartes postales, faire quelques courses, laver du linge, lire et rédiger le carnet... Une journée de transition, quoi. Lomsicar, d'après Internet, ne renvoie à aucune recette, c’est une marque comme une autre. Ce jambon acide ne m'inspire plus du tout et je vais le donner à un des nombreux chiens qui, ici, comme dans chaque agglomération traversée, arpentent les rues poussiéreuses. Le conseil est de ne jamais les caresser, ils trimballent je ne sais plus quelle maladie et la rage est très courante. Mais c'est difficile, ils sont très sympa et ont tous de bonnes têtes. On se rabat sur les chats angoras et couverts de poussière de l'hostal, qui se prélassent dans le jardin et ont tout de suite senti à qui ils avaient affaire : ils nous font mille et un câlins (mais ils ne ronronnent pas... Est-ce que les chats argentins ne savent pas ronronner??).
Mercredi 8
J'ai passé une bonne nuit, heureusement car j'étais vraiment fatiguée. C'est Alain, cette fois, qui n'a pas fermé l'oeil et qui a eu droit : aux pétards et aux fusées que deux gamins lancent nuit et jour près du locutorio d'à côté (il ne manquait que Doisneau pour les photographier); au 4 x 4 au pot d'échappement percé que le voisin, assis derrière le volant au milieu de son jardin, fait rugir, lui aussi nuit et jour selon son humeur; à la musique de l'auto-radio...; et au chien de ce même voisin qui est insomniaque et s'en donne à coeur joie. Nous partons pour El Chalten après avoir fait quelques courses au supermercado La Anonima. Le ciel s'est couvert et nous craignons le pire pour la suite de la journée.
Le paysage est toujours aussi désertique, mais la proximité des Andes lui donne un peu de relief. A l'est, du côté de la pampa, longue traînée de cumulus blancs comme neige dans le ciel bleu, à l'ouest tout se mêle dans un horizon gris et cotonneux. Puis voici nos premières badlands, ressemblant fort à leurs cousines américaines de l'Utah, mais en moins colorées. Le dôme d'un ancien observatoire, fermé depuis 1943, émerge soudain dans une furtive vision. Nous longeons un temps le rio Santa Cruz aux eaux laiteuses, tout droit descendues de l'immense champ de glace qui couvre toute cette région de l'Amérique du Sud. Croisons quelques cyclistes chargés comme des baudets, le nez dans leur guidon, qui n'ont même pas l'air de nous voir passer. Je n'aimerais pas être à leur place... Le long de la ruta 23 qui laisse derrière elle la Ruta 40 pour filer plein ouest vers El Chaltén, village né en 1985 seulement, le paysage devient plus printanier, roche sombre et petite herbe rase vert tendre, désormais noyé de pluie. Une famille de condors fait la route avec nous, immenses ailes noires barrées de blanc pour les adultes, de marron pour les juvéniles, longues rémiges redressées dans le vent, tête rouge et cou rentré dans les épaules. Ils sont magnifiques!
Tout d'un coup, El Chaltén est là en contrebas, à un kilomètre environ, niché entre deux montagnes. La route serpente, bordée de touffes de fleurs jaunes et d'autres que je n'ai jamais vues, orange, ressemblant à de petits lys. Plus on se rapproche, plus le village s'étire dans la vallée en de multiples constructions inachevées, brique, aggloméré ou béton armé, tiges de métal rouillé dressées vers le ciel comme autant de doigts. Le tout a des allures de Canaries et est très inesthétique. Nous finissons par dénicher Infinito Sur dont nous avions vu la photo sur Internet et que nous croyions accroché à une pente. En fait l'hosteria est coincée sur trois côtés par de petites bâtisses toutes plus horribles les unes que les autres, béton brut laissant pointer l'armature alors que le rez-de-chaussée est déjà habité, abritant dans leur « jardin » carcasses de voiture et tout un bric-à-brac destiné, on peut le supposer, à construire un étage supplémentaire, voire le toit. Sinon, tout est très beau dans cet hôtel, bois et pierre mêlés. La chambre est grande et superbe, la salle de bains aussi, mais encore une fois surchauffées. Il fait au moins 30°!! Grand salon commun avec vue, paraît-il, sur le Fitz Roy (son nom tehuelche d'origine est El Chaltén, « la montagne qui fume »). Pour aujourd'hui, c'est vue sur les nuages, aucune montagne à l'horizon... L'Internet indiqué sur le site est « highspeed » mais en fait en download il y a 0,01 Mo, un record, et en upload... 0,00, avec un ping de 1414s!!! Nous déambulons dans les rues arpentées par une flopée de randonneurs de toute nationalité, sous une pluie persistante et un vent toujours aussi violent. Il fait un froid de canard, le vent rugit de plus belle, et je n'ai qu'une hâte: rentrer à l'abri et au chaud.
Jeudi 9
5 h 30. Est-ce que je rêve encore ou est-ce qu'il n'y a pas de vent? Je regarde derrière le rideau de la fenêtre, rien ne bouge, et la maison biscornue, sur la gauche, est rose bonbon, éclairée par le soleil levant!!
7 heures. Le vent s'est levé, en pleine forme après une bonne nuit de repos, et maintenant... il neige! On voit effectivement que dans douze jours c'est l'été. Au petit déjeuner – très bon: marbré au chocolat maison, plus deux autres gâteaux-pain tout juste sortis du four, dulce de leche, etc. -, on peut apercevoir à travers les baies vitrées le temps empirer de minute en minute. C'est une véritable tempête de neige qui à présent se déchaîne, de gros flocons serrés qui passent à cent à l'heure. Les premières montagnes, visibles il y a encore quelques heures, ont totalement disparu dans une blancheur cotonneuse. Quant à ce qu'il y a derrière elles, le Fitz Roy et ses voisins, je ne sais pas si on le verra avant de partir, après-demain matin. En tout cas, pour le moment, il est impensable de partir randonner dans ces conditions.
12 h 30. Il neige toujours mais moins abondamment et le vent est tombé, aussi nous décidons de sortir et d'aller au moins jusqu'au second mirador sur le chemin de la laguna Torre. Avenida Antonio Rojo, au bout un escalier qui escalade la colline, et là, c'est le côté cour d'El Chaltén. Des maisons posées sur la terre battue et boueuse, pour la plupart minuscules, les unes sur les autres et dans n'importe quel sens, construites de bric et de broc, la plupart en aggloméré avec des joints de goudron, de la tôle, de la brique, beaucoup de courants d'air. Tout au bout, une petite montée raide, et nous voici dans des « prairies d'herbe courte », des bois de langas (la feuille ressemble à celle du hêtre en miniature, mais pas l'écorce, qui se rapproche plus de celle d'un résineux, surtout lorsqu'ils sont âgés), puis au-dessus du rio fitz Roy. Un premier mirador, en face une chute qui dévale la montagne en ne prenant pas la voie la plus directe, puis le second mirador d'où l'on pourrait admirer, d'après la table d'orientation, une enfilade de cerros invisibles. Nous continuons, bien que la neige soit très mouillée et que ma veste soi-disant imperméable achetée à Moab ne me protège plus de grand-chose. Une mare, sur la droite, de très jolies orchidées jaunes, capachito ou topa-topa (Calceolaria uniflora), des anémones blanches (Anemona multifida). Le chemin n'est qu'un bourbier, il devient très difficile d'avancer et nous commençons à avoir froid, l'humidité s'insinuant partout. Nous faisons demi-tour et trois heures plus tard nous voici revenus à notre point de départ, à savoir la voiture qui nous attend au début du chemin, ce qui est bien agréable. Le soir nous allons dîner à El Muro, recommandée par la jeune fille de l'accueil, qui se trouve au départ du sentier du Fitz Roy. Excellent « bifteck argentin » - je prends la demi-part, sinon c'était cinq cents grammes -, mais servi seul. Je commande une purée de papas (pommes de terre) et Alain des espèces de petits pavés de pâtes fourrés au saumon, délicieux. La serveuse ressemble étonnamment, en châtain, à Brigitte Bardot. Je le lui dis, elle est confuse, « ne peut le croire », etc., mais à mon avis elle le savait parfaitement ;-).
(L'électricité, à El Chaltén, est toujours allumée: lampadaires dans les rues et lampes à l'intérieur. On ne voit aucune éolienne et on se demande d'où provient la source d'énergie.)
Vendredi 10
5 h 40. Je vais dans la salle de bains et quelque chose attire mon oeil, au-dehors. Le Fitz Roy est éclairé d'une lumière rose par le soleil levant!! C'est un vrai choc! La voici donc, cette mystérieuse aiguille de granit qui se fait tant désirer et que je désespérais d'apercevoir! Je m'habille en vitesse, prends la clef de la voiture et ouvre la porte qui ne veut pas bouger d'un millimètre, même avec la clef magnétique. Je me rabats sur le balcon du salon mais déjà la lumière n'est plus là, la « Montagne qui fume » (El Chaltén en langue indienne) est déjà grise, mais je la capture malgré tout, par-delà les toits. Comme le temps annoncé pour la journée est neige et pluie, je me recouche, persuadée qu'à mon réveil, c'est la grisaille qui nous attendra. 8 h 40. On ne s'est jamais réveillés si tard!! Et, chose extraordinaire, il fait toujours beau et il n'y a toujours pas un souffle de vent!! Le temps de nous préparer, douches, petit déjeuner, sacs à dos avec entre autres deux bananes, quelques barres et un demi-litre d'eau - inutile de nous charger, à Los Glaciares comme à Torres del Paine les eaux descendent en droite ligne des glaciers et sont potables (et délicieuses) -, et de rejoindre le départ du sentier du Fitz Roy, il est un peu plus de 10 h 15. Nous trouvons tous les deux qu'ici c'est plus beau qu'aux Torres del Paine, malgré les lacs glaciaires (moins turquoise néanmoins que dans les Rocheuses canadiennes). Si l'on compare par exemple au sentier du glacier Grey, ou à celui des Torres, celui d'aaujourd'hui est beaucoup plus varié, on a constamment une vue superbe, soit sur le rio Fitz Roy au-dessous qui se fraie un chemin dans un large lit de galets, soit sur les pics enneigés au-dessus. Même le sentier du cerro Torre caché dans les nuages laissait deviner des merveilles... Le chemin démarre raide par des marches de terre et de bois et grimpe pendant une heure et demie, jusqu'au mirador d'où l'on a une vue superbe sur toute la chaîne des pics. Fitz roy est entouré de Saint-Exupéry, Mermoz et Guillaumet entre autres. C'est le lieu de la photo souvenir, apparemment. Passé le premier émerveillement et de nombreux clics du grand angulaire, nous continuons en direction du campamento Poincenot. Nous avons remarqué que 80 % des gens croisés sur les sentiers ne disent pas bonjour, voire ne jettent pas un regard à la personne qu'ils frôlent. Cest insupportable, surtout pour moi qui dis facilement bonjour à tout le monde avec un sourire. Et dans ces coins complètement perdus c'est encore plus difficilement acceptable.
Le chemin, qu'on dirait taillé à la bêche, pas plus de quarante centimètres de largeur, est maintenant un vrai bourbier. Soit la neige commence à fondre, soit elle a fondu depuis longtemps, formant des mares d'eau et/ou de boue épaisse et grasse. Il faut sans cesse faire de l'acrobatie pour éviter de s'enfoncer jusqu'à la cheville. Les bois de langas (on dirait que c'est le seul arbre ou presque sous ces latitudes) succèdent aux prairies qui succèdent aux bois de langas. Avec toujours, en arrière-plan, le sublime massif du Fitz Roy. Les Chiliens ne soignent pas leurs campings. Et le campamento Poincenot ne fait pas exception. Seul un panneau avertit qu'il s'agit bien d'un camping car il n'y a absolument rien de prévu pour les campeurs. Le sous-bois est d'un binz incroyable! Branches cassées, troncs pourris jonchent le sol dans un enchevêtrement incroyable. Aucun emplacement particulier n'est prévu, aucune table ni bancs, aucun abri. Je me demande s'il y a même des toilettes et Alain me montre un petit machin en métal qui doit effectivement en faire office. Le détail qui tue est cet avertissement : Interdiction de se construire un abri. Lorsqu'on sait que les conditions atmosphériques y sont très difficiles, le vent par exemple s'y déchaîne avec violence, c'est à la limite du refus d'assistance à personne en danger. Le tout est en plus pourri d'humidité...
Nous hésitons à bifurquer sur les Piedras blancas, mais le temps se couvre et les espaces découverts où passe le sentier pourraient vite devenir invisibles. En redescendant, nous apercevons, perché sur une branche d'arbre mort, un magnifique aigle au bec jaune et à la poitrine cloutée d'argent. Au-dessus de lui, un couple de rapaces plus petits font des manoeuvres d'intimidation en poussant des cris stridents.
Sur le chemin du retour, je me tords trois fois la cheville gauche. Ce n'est pourtant absolument pas le moment d'être immobilisée si loin d'El Chaltén. Heureusement, avec un peu de Synthol, tout rentre dans l'ordre. A 17 h 30, nous sommes à la voiture.
Samedi 11
A 9 heures nous sommes prêts à partir pour la Ruta 40 et Bajo Caracoles, à 460 kilomètres de là, où nous comptons faire une étape. Nous passons d'abord par le distributeur... qui est vide (il ne nous reste que 350 pesos, soit 70 euros) puis par la poste car nous avons deux cartes à envoyer, mais elle n'est pas encore ouverte, bien qu'affichant 9 heures. Hier, nous avons demandé à quelqu'un où se trouvaient « los correos ». Visiblement, il ne voyait pas du tout de quoi on parlait, jusqu'à ce que je lui montre les cartes. « Ah! Los corre! » La prononciation argentine (et chilienne) nous surprendra toujours. Entre le « pocho » (pollo), la « cache » (calle), la « jave » (llave), et tous les s finaux manquants, il faut comprendre.... Le temps est encore magnifique et nous redécouvrons la route que nous avons faite à l'aller avec tout le massif derrière nous, étincelant de neige. Nous avalons les 140 kilomètres bitumés qui nous séparent de Tres Lagos où nous faisons le plein d'essence. Nous sommes par erreur d'abord passés par le village en faisant un détour de 4 kilomètres sur la droite sur une très mauvaise piste, alors que la pompe à essence est un grand bâtiment blanc en retrait à une centaine de mètres sur la gauche. A partir de là, c'est le ripio qui nous attend. La piste est mauvaise pendant cinq ou si kilomètres, puis dans l'ensemble bien roulante, avec des passages plus délicats. Il faut quand même faire attention aux éventuels trous ou aux pierres qui pointent parfois en plein milieu, et aux amas de graviers qui la transforment en planche savonnée. Le pompiste de Tres Lagos nous a annoncé six à sept heures jusqu'à Bajo Caracoles, ce qui nous mène à 18 heures. Le sol de la pampa est marron-gris et on se demande ce que peuvent bien brouter les quelques rares moutons ou chevaux étiques que nous croisons de-ci de-là. Soudain, un 4 x 4 nous double en trombe, pojetant une cascade de pierres sur la carrosserie et le pare-brise, décoré de deux nouveaux impacts! C'est un comportement particulièrement inqualifiable que nous ne retrouverons heureusement plus, bien au contraire. Les camions, en particulier, sont extrêmement prévenants, ralentissent, s'écartent ou font signe de dépasser. Les collines se font plus présentes et sont parfois marbrées comme un gâteau. La piste tourne, monte et descend, des chevaux broutent çà et là. A la jonction de la route de Gobernador Gregores nous avons l'heureuse surprise de retrouver le bitume pour une cinquantaine de kilomètres. Puis c'est à nouveau le ripio, parfois bon, parfois mauvais, presque toujours dérapant. Je suis agrippée au volant, mes yeux cherchent continuellement à l'avant de la piste les cailloux à éviter, je ralentis dans chaque virage car ce serait les tonneaux assurés (prévus au contrat et pour lesquels nous ne sommes pas assurés). Un arrêt pour manger une banane et quelques chips près d'une estancia, le long d'un cours d'eau. La piste est bordée d'une multitude de petites fleurs crème qui embaument à la fois la rose et la violette. Peu après, nous apercevons sur notre droite un troupeau de guanacos en train d'observer un cheval couché dans l'herbe, de l'autre côté de la route. Ils se regardent en chien de faïence, c'est très drôle. Plus loin, une baby-sitter nandou et sa marmaille de vingt-deux petits qui s'égaillent avec élégance à notre passage. L'arrivée sur Bajo Caracoles est meilleure que prévue. Mais il est rageant de voir que nous longeons la toute nouvelle route bitumée pendant des kilomètres alors que nous sommes dans la caillasse.
16 h 30. Arrivée à Bajo Caracoles avec une heure trente d'avance. Il faut dire que j'ai bien roulé. Ah, Bajo Caracoles... tout un poème... Au milieu de la plaine infinie dans laquelle le vent se rue avec délices, fermée à l'ouest par les lointains sommets enneigés des Andes, battue par les vents, poussiéreuse, une poignée de maisons difficilement abritées derrière quelques peupliers chétifs, des chiens qui vont et viennent d'un pas alerte, une pompe à essence, une gomeria (endroit où l'on répare les pneus), la « policia », un poste de secours, deux campings et... un tribunal administratif et « juge de paix », un ministère de l'Education culturelle... Tout cela paraît totalement incongru au premier abord - nous sommes à de nombreuses heures de piste du moindre village -, mais c'est sans compter avec les estancias parsemées sur ces millions d'hectares. La pompe à essence fait aussi hôtel. Une bâtisse plus jolie que les autres, en grosses pierres ocre-rose, de plain-pied. Les vitres des fenêtres en façade sont obscurcies d'autocollants publicitaires, un long comptoir en L, derrière lequel s'alignent, sur des étagères murales, des bouteilles, des canettes, un peu d'épicerie. Dans un coin, un home s'égosille au téléphone...
Nous prenons une chambre avec salle de bains partagée pour 140 pesos (environ 27 euros, mais nous n'avons plus que 138 pesos et de l'argent chilien. Ca fera l'affaire, seulement nous n'aurons plus un seul peso argentin lorsque nous repasserons la frontière). Nous demandons à la voir. L'hôtelier-pompiste - très aimable - nous précède dans un long couloir au sol recouvert d'une matière étrange : c'est à celui de nous trois qui fera en marchant les schlouks-schlouks les plus sonores. Il ouvre la porte n° 1 : minuscule, nous n'apercevons d'abord qu'un lit de 90 cm, puis le second. Une table de nuit entre les deux et un porte-manteau. Le bas des murs est tout cloqué, et des dégoulinures marron descendent du plafond. Il va maintenant nous montrer les salles de bains: une pour les femmes, l'autre pour les hommes. Nous repartons derrière lui, d'un pas toujours aussi discret. Les portes sont grandes ouvertes. « Aqui, damas! »... cra-cra au possible, la chasse d'eau pas tirée (et pourtant nous sommes les seuls à dormir ici ce soir), une serpillière sale en plein milieu, une odeur nauséabonde, un grand rideau de douche bien raide et collé de toute part... Pouah! « Aqui, caballeros! » Ce n'est pas mieux, la cuvette des w-c fuit par le bas et la douche est pleine d'une mousse grisâtre... Retour à la chambre. Affichée derrière la porte, une longue liste d'interdictions et d'avertissements:
si l'on quitte la chambre après 10 heures, on paie double tarif; il est interdit de cuisiner et/ou de manger dans la chambre; les animaux familiers sont interdits; il est interdit de laver du linge ou de la vaisselle dans la salle de bains; il est interdit de rentrer dans la chambre avec des vêtements et des chaussures sales (probablement pour les ouvriers du chantier de la Ruta 40); les éléments de la chambre volés ou dégradés seront facturés; la clef doit être laissée en sortant à la réception; consulter la réception pour de plus amples informations.
Nous voilà frais! 5 heures de l'après-midi, coincés ici, avec une seule envie, fuir au plus vite. Nous nous regardons et piquons un fou rire! Puis l'idée me vient de vérifier l'état des draps. Visiblement, un des lits a déjà servi puisque le drap du dessous est tout froissé et taché. Les oreillers, eux, sont très spéciaux : longs et un peu dur, genre traversin aplati entre deux portes ou récupération de canapés, d'une couleur indéfinissable, avec une taie trop courte de chaque côté. Si j'ajoute à cela qu'il n'y a pas de chauffage et qu'on se gèle, c'est complet. Au plafond, une unique ampoule diffuse une lumière de veilleuse... De mieux en mieux. Mais à quoi sert donc ce grand néon au-dessus de la fenêtre, sans interrupteur, branché à une prise près du plafond? Nous aurons l'explication plus tard: c'est une lampe de secours qui s'allumera automatiquement en cas de panne de courant. Nous décidons de faire un tour dehors, et trouvons en ouvrant la porte un chauffage électrique au fil bizarrement rafistolé avec du chatterton que l'hôtelier a apporté et que nous nous empressons d'allumer. Vent et poussière, poussière et vent, et toujours les chiens, de grands chiens aux longs poils, qui passent et repassent d'un air affairé. Nous avons réussi à avoir une lampe de chevet, le moral remonte un peu...
Dimanche 12
Nous avons bien dormi, malgré le bruit du vent. Dans le couloir, Alain rencontre la fille de la maison qui lui demande à quelle heure on veut déjeuner. Bonne nouvelle, car nous nous attendions à boire un peu d'eau froide et à avaler une tranche de Budin con frutas. Mais tout n'est pas si simple... Alors que je suis dans la salle de bains depuis deux minutes, on frappe à la porte. J'ouvre et me trouve nez à nez avec une jeune femme, hagarde, en survêtement noir, l'air de sortir de son lit. Je lui souris et lui dis que je lui laisse la place. Mais elle est déjà repartie, titubante, et a disparu dans une chambre. Peu après on entend des cris, d'homme d'abord, puis une femme – certainement la femme de l'hôtelier - passe en courant dans le couloir en criant : « Maria Elena!! Maria Elena!! » Branle-bas de combat, tout le monde s'engouffre dans la même pièce, y compris les clients du bar. Nous attendons dans notre chambre, dubitatifs, que se passe-t-il au juste?, est-ce quelqu'un de la famille, une cliente de l'hôtel? (mais nous étions les seuls hier soir). Dix minutes plus tard, nous faisons une tentative de sortie pour le déjeuner et nous rendons dans le bar... qui est fermé! Nous passons par l'extérieur, là aussi la porte est fermée. Bon... Le temps passe, puis la fille de la maison nous invite à passer dans une pièce attenante et nous apporte une panière de rondelles de pain décongelé et grillé, une portion de beurre et une autre de confiture. On n'entend plus rien, mais peu après l'ambulance du centre de secours arrive et la jeune femme repart entre deux infirmiers. Au moment de payer, l'hôtelier, toujours très aimable mais qui ne perd pas le nord pour autant, est surpris de nous voir sortir nos derniers 138 pesos argentins complétés de 225 pesos chiliens, si nous le désirons, nous pouvons tout payer en pesos chiliens, pas de problème! D'accord mais combien cela ferait-il? Et là il nous montre sa calculette: 20 000 tout ronds. Ah, eh bien non, plus d'accord, car le prix de la chambre passerait de 27 euros à plus de 33.
Nous quittons sous le ciel bleu Bajo Caracoles et sa colline pelée à la grande inscription blanche : « Dios te amo », et retrouvons la Ruta 40 en direction de Perito Moreno (le village du même nom que le glacier). La piste démarre assez bien mais devient vite mauvaise, puis très mauvaise. On a nettement l'impression de rouler dans un champ de pierres, et on ne peut dépasser 25 km/h. En compensation, elle est très belle, avec les Andes à l'horizon et la plaine que nous surplombons de virage en virage. Une quarantaine de kilomètres, plus loin, ô surprise, nous retrouvons enfin le bitume. Le paysage, entre Bajo Caracoles et Chile Chico, via Perito Moreno et Los Antiguos, est constamment superbe, et le devient encore plus lorsqu'on longe les rives de l'immense lago Buenos Aires (côté argentin) qui s'appelle General Carrera côté chilien, deuxième plus grand lac d'Amérique du Sud après le lac Titicaca, nous avait dit le Chilien rencontré sur le ferry Porvenir - Punta Arenas. C'est une véritable mer intérieure bleu intense lacérée d'écume blanche, aux creux de plusieurs mètres. Autant Perito Moreno (dont les deux cajeteros - distributeurs - étaient à sec) que Los Antiguos sont de jolis villages, très verdoyants en cette fin de printemps, aux maisons basses et colorées. Douane argentine, puis douane chilienne avec fouille en règle des bagages pour voir si nous ne passons pas fruits et légumes frais, charcuteries et laitages; les douaniers confisqueront un petit rameau et une herbe séchés...
A Chile Chico, nous prenons une chambre à la Hospederia de la Patagonia, conseillée par le Lonely Planet, juste en face de l'hospederia No me olvides, avec laquelle nous avions hésité. Les deux se trouvent dans la très longue allée de peupliers d'Italie, avant l'entrée du village quand on vient de l'Argentine. (Les Patagons adorent les peupliers, qui se plient avec grâce dans le vent violent, ils sautent apparemment sur la moindre occasion pour en planter.) L'hospederia est une belle maison basse des années cinquante au toit de tôle jaune d'or, croulant sous la végétation, appartenant, toujours selon le Lonely Planet, à des descendants de colons belges. A l'entrée, sous les arbres, un très grand bateau, dans lequel jouent des enfants. Nous ne voyons personne excepté une jeune Indienne assise sur une chaise devant la porte, qui ne nous prête absolument pas attention. Nous lui demandons s'il y a des chambres à louer, visiblement elle n'a pas l'air très claire mais nous répond quand même que « la signora est sur l'arrière ». Effectivement, elle est là (puisqu'elle se lève aussitôt en nous voyant), mais en compagnie d'une tablée de bien trente personnes, plus une vingtaine d'enfants qui jouent par petits groupes sur la pelouse et sous les arbres. On est tombé en pleine fête d'anniversaire. Par contre, de descendants de colons belges, point... Elle est avenante et nous conduit à notre chambre que nous choisissons « avec salle de bains partagée », donc moins chère (25 000 pesos, soit plus de 40 euros), mais très vite nous nous apercevons qu'elle est pressée et souhaite nous laisser au plus vite . La chambre est en partie en bois, comme toute la maison, il y a une atmosphère particulière, tout est fait à la main, chaque étagère est garnie de crânes d'animaux (pumas, cerfs, renards), ou de peaux, de nids d'oiseaux, d'outils anciens de métal, de frondes pour chasser le guanaco. Des selles de cheval sont rangées dans l'entrée. La « signora » allume vite fait un feu dans le poêle à quelques mètres de notre chambre. Mais je déchante assez vite en voyant la salle de bains, plus que limite. La douche a bien soixante ans, comme la maison, et la pomme de douche a autant de trous dessus que dessous. Le lavabo a un unique robinet d'eau froide et il n'y a pas de savon. Si le prix était deux fois moins élevé, pas de problème. Mais là, il y a de l'abus. Petit déjeuner prévu à 8 h 30 demain matin, dans la belle salle à manger, remplie, elle aussi de souvenirs.
Lundi 13
Temps superbe aujourd'hui encore. Le « desayuno », comme je m'y attendais, est limite lui aussi. Nous l'avalons vite fait, je feuillette avant de partir les livres de photos de la très grande famille nombreuse des colons belges (mais où sont donc les descendants? La maison aurait-elle été rachetée par des Chiliens?), puis nous plions bagage, direction le départ du ferry afin de réserver notre passage au départ de Puerto Ingeniero Ibanez, sur l'autre rive. Or nous apprenons que le ferry circule bien tous les jours, sauf par grand vent. Hier, par exemple, il est resté à quai. Voilà qui remet en cause tout notre programme, car nous prévoyons de redescendre sur Ushuaia en trois jours pour y être le 23. Or si le ferry reste à quai un jour, voire deux, nous raterons Noël avec Françoise et Gérard ainsi que deux jours réservés à l'avance aux cabanas del Beagle. De plus, le bureau des réservations est fermé. Nous repartons donc pour Cochrane à 188 kilomètres de là, par une piste secondaire. Le départ est royal puisque la piste, bien qu'étroite, est tellement damée qu'on la dirait bitumée sur une quarantaine de kilomètres. La suite est moins réjouissante, mais le paysage est constamment époustouflant de beauté et fait passer les difficultés au sol. La conduite reste néanmoins éprouvante, d'autant que virages serrés, montées et descentes « peligrosas » se succèdent, la plupart au-dessus de ravins sans protection aucune, ainsi que nids-de-poule (comme dit Alain il vaut mieux ne pas porter de dentiers...) et trous de toute sorte. C'est une version chilienne de la Moky Dugway, en Utah, en bien plus longue et dangereuse. Mais si l'on conduit prudemment, ce que je fais, on ne risque pas grand-chose. Il nous faudra quand même six heures pour faire les 188 kilomètres, arrêts photos - nombreux - compris.
Le lac General Carrera, d'un bleu outremer profond aussi beau que le plus turquoise des lacs glaciaires, est surplombé par les Andes enneigées et bordé d'une multitude d'églantiers en fleurs qui dégagent un parfum délicieux. Chaque kilomètre parcouru est une pure merveille et je suis tentée constamment de prendre des photos, malheureusement toujours cantonnée au 10-22 mm... Chevaux, moutons ou guanacos broutent le long de la piste. On aperçoit dans une étendue herbeuse une dizaine de gros oiseaux sombres à la tête jaune et au très long bec recourbé, des « bandurias ». Fechudal, puis Puerto Guadal où nous faisons le plein à prix d'or, 885 pesos (mais avec un pompiste extrêmement sympathique), soit le même prix qu'en France, enfin Cochrane, bourgade toute de verdure et de fleurs, notamment des rosiers. Là comme ailleurs les peupliers sont présents en nombre, mais la grande plaza, elle, est plantée de pins. Le long des rues aux maisons basses protégées souvent par des barrières de bois on retrouve les mêmes arbres taillés bas et peints en blanc jusqu'à un mètre du sol.
Toujours le Lonely Planet sous le bras, nous passons d'abord devant l'hosteria Rubio, puis devant l'hosteria Cerro al Cerro que nous choisissons, tout en bois et en plein soleil. 20 000 pesos pour une chambre avec salle de bains privée et même, pour la première fois, la télévision (que nous ne regardons jamais). Le plancher craque à chaque pas à réveiller un mort mais elle est bien agréable, au premier étage, avec une vue sur la montagne enneigée et les gouttières les plus originales qu'on ait jamais vues: un chapelet vertical de bouteilles d'eau en plastique. En bas, de même qu'à Chile Chico, un bégonia gigantea comme celui que nous avons à Paris (en bien meilleure santé que ses frères chiliens...). Ici non plus, ni savon ni serviette, on commence à se dire que pour le savon ça doit être normal, mais on demande des serviettes. Il n'y a pas d'eau chaude mais il y en aura demain matin). Le chauffage n'est pas allumé - c'est l'été - même si les soirées sont fraîches, mais nous avons quatre épaisses couvertures sur le lit plus une couette! Nous regardons le soir tomber sur la montagne qui domine Cochrane, et monter un croissant de lune dans le ciel.
Mardi 14
On est soignés aux petits oignons dans cette hosteria. Après un délicieux petit déjeuner, entre autres gâteau et confitures maison – même le lait est « maison » puisqu'il provient de vaches élevées à deux kilomètres de là - et une adresse dans la poche chez une amie de la « signora » à Caleta Tortel, nous voici repartis sur la Carreterra australe. La piste est complètement différente de celle que nous avons faite hier, d'autant que le ciel ce matin est très encombré. Le lac est gris sombre, et plus nous avançons, plus les pentes se couvrent de forêts. Nous ne comptons plus les panneaux « peligroso », à 300 mètres, à 200 mètres, à 100 mètres, etc. En fait ce sont soit des montées ou descentes vertigineuses au-dessus des ravins, or la piste est très étroite et sans parapet, soit des virages serrés, soit des travaux avec engins qui prennent la largeur du passage. Nous longeons le rio Baker, qui ne dévoile sa couleur désormais vert céladon que sous les rayons du soleil. Mais alors, quel enchantement!! Nous passons de nombreux rios, plus ou moins importants, plus ou moins furieux, entendons ici ou là chanter un coq, signe d'une présence humaine invisible, les cèdres remplacent peu à peu les langas, les églantiers ont cédé la place aux notros d'El Chaltén et la végétation commence étonnamment (du moins pour nous) à avoir des airs de végétation tropicale, y compris sur les rives du rio Baker, qui s'élargit jusqu'à ressembler au rio Usumacinto, fleuve frontière entre le Guatemala et le Mexique: même courant, même largeur, mêmes rives... Il y a des descentes et des virages qui ne doivent pas être mieux que la Shafer Trail en Utah, d'autant que les gravillons amassés ici ou là sont extrêmement dérapants. Nous croisons un peu plus de 4 x 4 qu'hier, et rares sont ceux qui freinent à notre passage. A nous de faire attention au pare-brise qui, ne l'oublions pas, a déjà trois impacts! Deux heures et demie plus tard et encore une fois de nombreux arrêts photos, nous prenons la déviation pour le village de Tortel, vingt kilomètres plus loin, ouverte seulement en 2005, dernière limite nord-sud du Chili par la route! Auparavant, tout se passait par la mer. La végétation est devenue carrément luxuriante, bambous à profusion, cascades de fuchsias à petites fleurs comme en Bretagne, immenses feuilles ressemblant mais en plus joli aux feuilles de rhubarbe et qui poussent là où il y a de l'eau. La piste est plutôt meilleure que la Carreterra australe, avec par moments de longues lignes droites qui traversent des champs de lances dressées vers le ciel.
Caleta Tortel, 512 habitants, au bout du bout, dernier poste avancé sur la mer, et le royaume du cèdre. Les voitures ne rentrent pas dans le village puisqu'il n'y a pas de route, seulement des passerelles de bois comme à Harrington Harbour, sur la Basse Côte Nord du Québec, mais ici il faut une bonne heure pour se rendre du secteur nord au secteur sud, en prenant le chemin le plus direct. Nous garons donc la voiture au milieu des nombreux 4 x 4 de toute sorte, prenons le nécessaire pour vingt-quatre heures, et passons par le petit bureau de l'office de tourisme pour savoir où se trouve la Residencia Estilo. Elle est à vingt-cinq minutes à pied. Tortel est un vrai labyrinthe, les passerelles sont doubles, voire triples, avec de multiples embranchements, et s'accrochent aux pentes abruptes qui plongent dans la mer. Au-dessous poussent de délicates petites orchidées blanches, sur de longues tiges frêles. Les oiseaux se chamaillent dans les arbres, les enfants courent d'un bout à l'autre du village et les petits bateaux rentrent de la pêche. Les maisons, souvent minuscules, sont toutes sur pilotis, nombreuses sont celles qui ont des façades et des toits en bardeaux, et sont entièrement couvertes de grosses écailles de cèdre. Un bateau-taxi fait le va-et-vient, les chiens ici encore vont et viennent, toujours sympa et câlins, et en se baladant on aperçoit même... un petit veau devant une maison! Ca alors! Mais qu'est-ce qu'il fait donc ici, où il n'y a pas d'herbe pour le nourrir??? Alain se demande s'il n'est là pour être boulotté... (En fait, nous aurons l'explication plus tard: les propriétaires de la maison l'ont ramené du « campo » parce que sa mère est morte, et le nourrissent au lait avant de la ramener au « campo ».) Tout au bout des passerelles on arrive sur une plage, déserte et froide, plutôt du genre marécageuse, qui n'engage pas à mettre le pied dans l'eau. D'ailleurs un écriteau précise bien qu'il n'est pas conseillé de se baigner. Tiens donc, on aurait cru le contraire! Le temps se couvre de plus en plus et se découvre de moins en moins souvent... Trois heures plus tard nous rentrons nous chauffer mais la maison est maintenant vide et le poêle éteint. Nous nous installons à une petite table de la salle à manger, avec vue sur la mer, en contrebas, du même beau vert céladon que le rio Baker. Des oiseaux volent d'arbre en arbre, des espèces de gros merles bruns à bec jaune, aux grands yeux ronds étonnés. Tortel n'a pas le téléphone mais la radio. Régulièrement on entend des messages passés depuis l'autre bout du village. L'électricité, elle, est capricieuse; il n'y en avait pas depuis ce matin paraît-il, mais elle est revenue vers les 18 heures. La « signora » est rentrée de la bibliothèque où elle avait été consulter Internet et a mis un premier chauffage au gaz en route, puis s'est occupée de rallumer le poêle à bois. Elle s'occupe maintenant de faire le repas (6 000 pesos par personne): salade de coquillages et saumon puisque Alain ne mange pas de viande. Il y a deux Chiliens arrivés en fin d'après-midi qui dîneront aussi ici.
20 heures. Le repas est prêt. La salade de coquillages (grosses moules et churros) me degoûte pas mal; pas les moules, mais les churros, qui sont de gros machins tarabiscotés hyper caoutchouteux, avec une grosse poche marron... Je rajoute de l'huile, du citron, du sel, je mâche et remâche ça comme du chewing_gum. Un passe, puis deux, puis trois et Alain me sauve du désastre en finissant mon assiette! Les Chiliens, eux, plus prudents, n'en ont pas pris. Le saumon est bien meilleur, accompagné d'un peu de purée et d'une salade.
Mercredi 15
Apparemment, les Chiliens ont changé de chambre en cours de nuit. Il faut dire que les matelas ne sont pas de la première jeunesse. Mais Javier Pinella est tellement gentille que pour nous, ça passe. Dans la salle de bains une fermeture originale pour la fenêtre: un petit tube de métal récupéré sur un ancien verrou et un gros clou rouillé et tordu. Si on enlève le clou du tube, la fenêtre se relève toute seule. Ensuite on se débrouille comme on peut pour réenfiler le clou... Petit déjeuner avec vue sur le fjord ensoleillé et les passerelles au-dessous. Nous n'avons pas eu de chance les quinze premiers jours, mais depuis El Calafate c'est vraiment l'inverse, car nous traversons des régions où il pleut normalement tout le temps. Je me posais la question de savoir où les jeunes allaient au lycée et comment ils faisaient avant l'ouverture de la piste (pardon, de la Carreterra! Javier Pinella ne comprenait pas de quoi on parlait en disant « la piste »). En fait, contrairement à ce qu'écrit le Lonely Planet, elle a été ouverte en 2002. Il y a à deux kilomètres du village un centre d'école primaire, mais les jeunes lycéens vont à Cochrane (à 122 km) ou plus au nord. Auparavant, un bateau faisait la navette entre Vagabundo, à de nombreux kilomètres au nord, et Tortel. Tout devait être terriblement compliqué.
En une demi-heure nous sommes au parking (il faut une bonne heure pour parcourir le village d'un bout à l'autre) où nous rangeons à nouveau les sacs et quittons Tortel vers les 10 heures.
Cochrane. Il fait beau et carrément chaud. Nous changeons des euros, faisons quelques courses et prenons de l'essence, puis repartons pour Puerto Tranquillo. Les rios succèdent aux arroyos, le rio en contrebas est d'un bleu extraordinaire, une couleur que nous n'avons jamais vue, même au Canada. A la jonction sud du lac General Carrera, nous prenons cette fois à gauche en direction de Coiyaque. Les paysages sont tout aussi époustouflants que sur l'autre rive, une pure merveille! Nous croisons, comme chaque jour, un ou deux gauchos, béret rouge sur la tête et deux ou trois petits chiens aux trousses du cheval, voire une gauchotte. Le lac bleu indigo est bordé de montagnes enneigées, parsemé d'îlots plus ou moins grands, les massifs de lupins jaunes ont remplacés les églantiers et recouvrent la moindre parcelle de terre, dégageant un parfum entêtant. Nous ne regrettons pas les nids-de-poule, les trous et la caillasse qui pourtant nous secouent comme des noix. Au loin, du côté de Puerto Tranquillo, le temps se gâte, il pleut. Nous avons beaucoup hésité à faire une halte dans ce village, à cause de ce qu'en disait le Lonely Planet, mais la distance supplémentaire pour atteindre Villa Cerro Castillo était beaucoup trop importante. Des heures de piste supplémentaire, aussi mauvaise, était pour moi insurmontable. En fait, Puerto Tranquillo s'étend le long de la berge, envahie lui aussi par les grands lupins jaunes odorants. Le cadre est magnifique!! Et l'hôtel, qui était si mal décrit dans le Lonely Planet, se révèle pas du tout vieillot et idéalement situé. Notre chambre est grande et belle, en rotonde, avec une avancée, et donne de tous les côtés sur le lac agité et les montagnes. Mais malgré le prix (30 000 pesos, soit 50 euros la nuit), ici comme ailleurs, il faut réclamer les « toallas » (serviettes) et, vu le prix, nous réclamons aussi le « jabon » (savon). Quelle n'est pas notre surprise, tout à coup, de voir par les baies vitrées le pompiste de Puerto Guadal servir l'essence aux pompes au-dessous! Et ça ne désemplit pas, on ne dirait pas qu'on est si isolés. En attendant, il fait celui qui ne nous reconnaît pas...
Jeudi 16
Nous qui croyions bien dormir, dans le lit moelleux à souhait et bercés par le bruit de la pluie sur la tôle, c'était sans compter avec les multiples gouttières qui tombaient de pan de toit en pan de toit. On aurait dit vingt personnes tapant avec de petits marteaux sur le métal. J'ai été réveillée au moins dix fois. Dommage, parce qu'on était vraiment bien en s'endormant, sous la couette si douce et avec la vue sur le lac... Bon petit déjeuner très attentionné, avec entre autres du pain de Pâques que l'on voit partout depuis qu'on est au Chili mais que nous n'avons jamais goûté. C'est un gros pain-gâteau sucré avec de nombreux fruits secs et confits. Avant de partir, nous refaisons le plein, je dis au pompiste qu'on l'a vu à Puerto Guadal et il me répond laconiquement: « Oui, et aujourd'hui c'est ici. » Bon...
Il pleut, donc. Au revoir ciel bleu et soleil, montagnes étincelantes et eaux bleu pétrole. Un voile blanc recouvre l'horizon proche, on ne sait où sont les sommets ni même s'il y en a. La Carreterra australe est mauvaise et glissante à souhait, une vraie planche savonnée, et ça ne fait qu'empirer au fil des kilomètres. Il est impossible d'éviter les innombrables trous, de plus en plus gros, de plus en plus profonds, la pluie qui redouble transforme certains passages en vrai bourbier. Quelquefois, on se croirait sur les pistes de bentonite de l'Ouest américain lorsqu'elles sont détrempées. Je conduis lentement, et ne dépasse pas les 40 km/h. Mais cela ne nous empêche pas d'admirer les lupins qui de jaunes sont passés au bleu profond. De grands lupins magnifiques, qu'encore une fois on croirait semés, mêlés par endroits de rose et de blanc, qui tapissent les bas-côtés ou envahissent des prairies entières et les berges des rios. Les bambous sont de retour, un arbuste aux fleurs orange vif a fait son apparition, on retrouve les arbres immenses de la piste de Tortel, des descendants de la forêt primaire et d'autres aux moignons noircis qui pointent au milieu de l'herbe vert tendre. Un petit air de végétation tropicale alors qu'à quelques jours de l'été il ne fait que 10°, et que la neige est là, tout près.
Nous faisons le détour par Puerto Ingeniero Ibanez afin de réserver notre passage sur le bateau pour le 18. Le village de 3 000 habitants a été rayé de la carte en 1991 suite à l'éruption du volcan Hudson, mais s'est reconstruit depuis. Les réservations se font à la Residencial Marcial, qui rouvre à 15 heures. Et là, tuile des tuiles, nous apprenons qu'il n'y a aucune place disponible pour la voiture avant le 23 décembre, jour de notre arrivée à Ushuaia à 1800 kilomètres d'ici! Nous voilà coincés au Chili! Nous demandons à l'homme qui fait les réservations si la piste d'une centaine de kilomètres qui passe par la montagne, marquée d'un seul trait vert (donc moins bonne que la Carreterra australe, verte doublée de blanc) avec à son sommet un passage en jaune, donc franchement pas bon, est passable avec une Corsa. Il nous répond d'aller demander l'avis des carabinieros. Eux font la grimace et nous déconseillent fortement de passer le col avec une petite voiture, un 4 x 4 d'après eux étant indispensable. Ils ont une solution: faire tout le tour du lac General Carrera, ce que nous venons justement de faire depuis plusieurs jours... Le moral est en berne. Mais lorsqu'ils apprennent par où nous sommes passés et que nous avons derrière nous 1500 kilomètres de ripio dont une grande partie mauvaise, voire très mauvaise, ils changent d'avis et pensent que c'est jouable. Quant à l'idée d'Alain, passer par les pistes du nord à partir de la ville de Coyhaique, ce serait des centaines de kilomètres supplémentaires... Nous décidons de tenter la montagne samedi et en attendant filons sur Coyhaique, à 116 kilomètres au nord. Le paysage a changé du tout au tout. Il est maintenant volcanique, avec de longs cônes basaltiques qui accrochent les nuages, luisants et noirs sous la pluie ininterrompue. Tout est très vert et a un petit air de pays Basque, il y a même des moutons dodus, tout ronds avec leur épaisse toison laineuse sur le dos. Plus on se rapproche de Coyhaique (45 000 habitants), plus la circulation augmente, et pour nous qui n'avons croisé depuis plus de trois semaines que quelques rares voitures, c'est l'overdose. Nous faisons confiance au Lonely Planet et prenons une chambre à la residencial Monica. L'accueil est aimable, la maison pleine de coins et de recoins pas vraiment enthousiasmants, et la chambre sent le renfermé à tomber. Nous nous empressons d'ouvrir les fenêtres même si le fond de l'air est plus que frais. Toujours pas de serviette dans la salle de bains, ni de savon bien sûr. Je me demande pourquoi est toujours accroché dans la douche des residenciales le même antique porte-savons pour famille nombreuse, d'au moins trente centimètres de haut et rouillé de la tête aux pieds. La chambre est triste à souhait, bleu foncé et marron, avec tout un tas de vieilleries, une ampoule de 10 watts au plafond et une lampe de chevet de 5. Alain prend un morceau de Sopalin, grimpe sur le lit et enlève les fils d'araignée qui pendent ici et là. D'ailleurs, ça sent son araignée à plein nez, ici... En attendant je vais chercher des serviettes que s'empressent de me fournir le propriétaire, très aimable lui aussi. Je remonte avec deux grandes serviettes blanches trouées et déchirées, mais elles feront l'affaire. Un tour au supermercado Unimarc, où je retrouve enfin mes pralines aux amandes (appelées « Garrapinadas almendras » dans le sud du Chili et « Almendras confitas » ici, ce qui explique que personne ne connaisse depuis un moment le mot « Garrapinadas »). Nos repas du soir ne sont pas variés (quant à ceux du midi ils sont inexistants): avocats, tomates, maïs, coeur de palmiers, thon, olives noires, citron, mayonnaise Lesieur rapportée de Paris. Je commence à sérieusement saturer...
Vendredi 17
Nuit blanche ou quasi. A 4 heures je ne dormais toujours pas, tournant et retournant dans ce mauvais lit. Le matelas devait avoir l'âge des propriétaires qui, eux, étaient à la retraite. En plus le sommier était trop court, j'avais les doigts de pied recroquevillés dans le fond. Les couvertures m'arrivaient sous les bras, mais dès que je tirais dessus pour les remonter, mes orteils se pliaient en huit. On avait vingt kilos sur le dos – trois grosses couvertures plus une couette – et moi qui n'aime pas ça... Mais le froid dans la chambre était vif. Bref, si on ajoute l'odeur entêtante de moisi et de renfermé, le cocktail était prêt pour une nuit totalement blanche. Un chien s'est égosillé toute la nuit et a fini par réveillé le coq juste au-dessous de nos fenêtres, à 4 heures tapantes, qui lui-même a réveillé ses potes du voisinage! C'était complet!!
A 8 heures, j'ouvre un œil... Je prends une douche dans la salle de bains glaciale, puis nous descendons pour le petit déjeuner qu'au moins nous espérons bon. Eh bien c'est complètement raté! La salle à manger est encore plus triste que le reste, si c 'est possible, sans fenêtre, avec toujours la collection de vieilleries. Un homme seul est en train de boire son café. C'est sinistre... Trois petits pains infects, un peu de beurre, jambon et fromage mais pas de confiture ni de lait. Moi j'ai toujours du mal à démarrer la journée avec des sandwichs... et la confiture (que je ne mange qu'en voyage) me manque. Nous expédions notre thé en moins de deux et nous précipitons à la voiture.
La situation risquant de se reproduire à Puerto Ingeniero Ibáñez où il n'y a rien, nous décidons de rester à Coihaique et d'aller à l'hôtel Espagnol, hors de pris (plus de 60 euros), mais où il y a chauffage, bon lit, WiFi et le reste. Si les residenciales étaient à 10 euros, pas de problème, mais à 33, ça ne passe pas.
Nous retenons la chambre, montons nos bagages et repartons pour Puerto Aysén. La route est, là encore, superbe. Les grands lupins bleus ont tout envahi: les prairies, les berges du río, les pans de montagne. L'espèce, comme la jaune, est invasive, mais quel bonheur pour les yeux, et les rayons d'un soleil capricieux en avivent encore les couleurs!! Nous traversons un véritable jardin. L'herbe vert tendre est rase. De chaque côté de la route, d'immenses parois verticales noires recouvertes en partie de feuillus, d'énormes cônes cylindriques qui sont autant d'anciennes cheminées de volcans. On se croirait à Zion.
Retour à Coihaique et à la plaza des Armas (les zocalos mexicains). Depuis Porvenir, on sent au Chili l'omniprésence de l'armée y compris dans le moindre petit village. Les rues sont toutes dédiées au sergent Untel ou au colonel Machin, il y a toujours la statue d'un général qui trône en bonne place, les casernes occupent le terrain, les militaires vont et viennent d'un air affairé. L'hôtel Espagnol change du tout au tout par rapport à hier soir, même si la fenêtre donne sur le couloir, que le tissu de la chaise de style est complètement déchiré et qu'il y a une grosse tache d'humidité noirâtre à l'aplomb de la tête de lit. Mais le reste est parfait, notamment le lit qui est excellent. Il y a des salons partout avec de profonds et beaux canapés et tout ce qui va avec. Je prends une douche, lave un peu de linge dans le lavabo dont le bruit de la tuyauterie alerte tout le monde de la cave au grenier et poursuis le carnet. Demain matin il faudra partir de bonne heure pour avaler les 116 km qui nous séparent de Puerto Ingeniero Ibáñez et emprunter la piste de montagne de 100 km pour passer la frontière.
Samedi 18
Enfin une bonne nuit, veillés par le petit Père Noël... En ouvrant l'œil, je vois par un fenestrou près du plafond que le ciel est gris et qu'il pleuviote. Déjeuner avec œufs brouillés, miel, yaourts, jus de fruits, etc., dans un décor cent pour cent décoration de Noël. Nous réglons la chambre (dont le prix est assez original en plus d'être élevé: 42 650 pesos...) et chargeons les bagages dans la Corsa recouverte de terre marron-rouge, qui est restée en exposition devant l’hôtel… Nous n’avions pas vu qu’il y avait un parking sur l’arrière, encombré de 4 x 4 rutilants.
Route de Puerto Ingeniero Ibáñez. Les couleurs sont devenues ternes sous le ciel chargé et les sommets se cachent dans les nuages, mais nous pouvons encore admirer les longues aiguilles de lave qui dominent Coihaique. La route suit longtemps un río et se glisse entre des flancs escarpés sur lesquels s'accrochent des forêts de langas. Un gaucho chevauche tranquillement, emmitouflé dans son poncho de laine, accompagné de ses chiens. Plus on descend vers le sud plus la végétation se fait rare, et les reliefs se couvrent d'éboulis qui descendent jusqu'au milieu de la chaussée. Heureusement qu'il y a peu de circulation car il faut naviguer d'un côté à l'autre pour les éviter. La pluie maintenant se transforme en neige, il fait 4,5 °. Régulièrement aussi le bitume est remplacé par des pavés autobloquants, dans les endroits où les déformations sont trop importantes et continuelles.
Puerto Ingeniero Ibáñez, casa des carabineros. Les formalités sont vite expédiées. Le douanier/carabinero rit quand je lui demande si la piste est bonne... Effectivement, pendant une bonne vingtaine de kilomètres, soit jusqu'à la frontière, ce ne sont que caillasse, trous, rochers affleurants, pentes raides avec virages serrés, piste étroite et dérapante. Mais il y a aussi des portions de pavés autobloquants, bien agréables pour reposer les mandibules! Et puis on aperçoit le lac en contrebas, turquoise lorsqu’un fugitif rayon de soleil se pose à la surface, et les Andes enneigées en arrière-plan. La piste continue de dominer le lac… Les montagnes chiliennes faisant barrage à la pluie, on se retrouve peu à peu en plein désert. Les collines arides moutonnent à l'infini, de temps en temps, le long d'un arroyo, des peupliers d'Italie signalent la présence d'une estancia. A la fin d'une longue descente sablonneuse, nous arrivons enfin à la douane argentine qui a des allures de désert des Tartares. Perdue au milieu de nulle part, les douaniers attendent la prise qui les sortira de l'ennui. Nous avons droit à une fouille en règle de la voiture, tout y passe: la batterie du Canon et le second objectif sont secoués consciencieusement, la carte-mémoire est sortie de son étui et regardée sous toutes les coutures, les jumelles et le petit disque dur nomade également. La lessive est reniflée avec application, et tout à l'avenant. Le Canon semble intéresser grandement un des deux douaniers qui n'arrête pas de répéter « Canon, Canon », et finit par retourner à l'intérieur - où se trouve Alain - pour signaler à ses collègues la présence d' « un appareil photo Canon ». Mais ils s'en fichent royalement et lui disent de laisser tomber. Tout est OK, la prise du siècle ne sera pas encore pour cette fois. Un douanier lève la barrière: à une de ses extrémités, une grosse pierre, à l'autre une corde. Le douanier décroche la corde, la pierre touche le sol, la barrière est verticale. Lorsqu'on est passés, il tire sur la corde, la barrière revient à l'horizontale, il raccroche la corde et le tour est joué. En attendant ils ne cherchaient pas de fruits et de légumes, car j'avais oublié de finir le lait, ils l'ont vu, j'ai fait l'innocente et leur ai demandé si c'était « prohibido », et ils m'ont répondu que je n'avais qu'à le terminer en route. Ça alors! A un précedent passage de frontière un douanier avait hésité à confisquer le lait en boîte! Heureusement que sa collègue était un peu moins stupide! Côté argentin la piste a des allures de Ruta 40. Toujours le désert, toujours les rares estancias. Depuis très longtemps, la voiture a perdu sa couleur blanche, elle est marron foncé jusqu'en haut des vitres. Comme on ne voit jamais de station de lavage, on a acheté deux éponges en prévision du cours d'eau providentiellement accessible. Eh bien il est là, juste au-dessous du remblai, sur la gauche de la piste. Nous sortons les deux Tupperware, achetés en arrivant (toujours très utiles en voyage), qui vont nous servir de bassine et lavons la voiture. On se dit que le premier qui passera nous prendra pour des fous, et tiens, quand on parle du loup..., voilà un camion qui arrive! Deux petits coups de klaxon pour nous dire bonjour et il s'éloigne dans un panache de poussière. Vingt minutes plus tard, on ne reconnaît plus la Corsa!!
Perito Moreno. A l'aller, un dimanche matin sous le soleil, le gros village était animé et pimpant. Aujourd'hui, samedi en fin d'après-midi sous le ciel gris, il est mortissime. Nous allons à l'office du tourisme chercher une liste de l'alojamiento (des logements) et partons pour l'Americano puisqu'il y a apparemment une chambre de libre. Curieusement, lorsque nous arrivons, un jeune a l'air un peu débile, sans même nous rendre notre bonjour nous dit d'un air désagréable que tout est complet... Bon... retour à l'office de tourisme; nous voilà ensuite repartis pour le Belgrano, cette fois; la chambre y coûte 240 pesos, soit 50 euros, pour un hôtel très très moyen. Le village compte un nombre certain d'hôtels restaurants dus à la proximité de la « Cueva de las Manos », la grotte des mains. Il nous aurait fallu un jour supplémentaire ici - seize kilomètres d'une mauvaise piste plus deux heures de marche aller - et nous n'avons plus le temps. C'est un peu dommage car les peintures datent pour le premier groupe dit « Stylistique A » de treize mille ans – elles se distinguent par la chasse aux guanacos – alors que le second groupe date de neuf mille cinq cents ans et comporte un très grand nombre de mains, au milieu desquelles se sont égarées des empreintes de pattes de nandus. Nous prenons un chocolat et un thé dans la salle de restaurant. Tout est calme et tranquille lorsque du fond de la salle arrive une espèce d'énorme type qui allume la télévision, le son au maximum, puis s'affale sur une chaise. Il fallait s'y attendre, il regarde une émission de variétés de la pire espèce. C'est le mari de l'hôtelière, pas étonnant qu'elle ait l'air si triste avec un gus pareil...
Nous pensions manger une pizza dans un petit restaurant mais il est fermé ce soir. Je me contenterai d'une boîte de thon et de maïs et Alain de chips et de mandarines...
Dimanche 19
La salle de bains est très particulière: elle est tellement petite qu'il faut s'asseoir en travers sur les w-c, qui s'avancent dans la douche. Le problème, c'est que la douche fait exactement quarante-cinq centimètres de côté, que le rideau est trop court et que se laver là-dedans relève de l'exploit. Le rideau se colle au corps et l'eau inonde le sol. Mais c'est apparemment prévu pour, puisqu'il y a un écoulement. Ajouté à cela que les robinets du lavabo fuient et que la minuscule fenêtre, de métal peint en gris, est rouillée... La moquette est sale dans le renfoncement de la fenêtre qui laisse passer tout le vent d'Ouest, et le papier déchiré. On n'avait rien vu, hier...
Pain rassis et grillé au petit déjeuner et le thé au lait est à l'espagnol, c'est-à-dire du lait au thé. Nous ne nous éternisons pas, prenons nos sacs et allons payer. Au comptoir, le gros tas d'hier est en train de feuilleter un magazine en léchant consciencieusement son gros doigt à chaque page. Nous lui disons bonjour, il ne nous regarde pas et ne nous répond pas. Sourd et muet, probablement. A côté de lui, sa belle-mère, cent ans minimum et totalement handicapée, ne nous voit pas non plus. Une minute passe, puis deux. Alain me dit : « Apparemment, la chambre est gratuite. » On est sur le point de partir quand la vieille dame a l'air de se réveiller. Elle a toutes les peines du monde à se mouvoir, mais son gendre se contente de lui jeter un regard de travers, excédé et méprisant, de temps en temps, tout en continuant à lécher son doigt. C'est un véritable rustre!!!
Quatre cent cinquante kilomètres avant destination, sur l'Atlantique, à Puerto Deseado. Passer du Chili verdoyant et splendide à la steppe grise et poussiéreuse de l'Argentine est ardu. Nous nous retrouvons au point de départ: steppe à droite, steppe à gauche, horizon rectiligne. Entre Las Heras et Pico Truncado, des puits de pétrole – les gros criquets de métal qui, ici, comme au Nouveau-Mexique, picorent le sol poussiéreux –, des forêts de poteaux électriques et piquets en tout genre, et surtout, autour de ces deux villes, des dizaines de milliers de sac en plastique qui se sont accrochés au moindre brin d'herbe de la steppe, à perte de vue, recouvrant absolument tout, du moins pour ceux qui ont réussi à sauter les clôtures. C'est inimaginable! Nous faisons un tour dans Las Heras, « histoire de voir ». Des graphs, beaucoup de graphs qui courent sur les murs, sautent d'une maison à l'autre... Pas de merveilles, mais une explosion de couleurs dans cet environnement désolé que le vent fouille dans ses moindres recoins. Du soleil et du ciel bleu sur le béton.
Un quadrillage, comme toujours, des rues larges, et une alternance de maisons misérables, véritables taudis pour certaines, et de maisons pimpantes et colorées, avec de gros bergers allemands, pas vraiment sympathiques, derrière de hauts grillages. Ici ou là une « carniceria » (boucherie), un minimercado, une « gomeria » (endroit où l’on répare les pneus), une ancienne (?) « panificadora » (une boulangerie)…
Un dinosaure très kitsch à l’entrée de Pico Truncado, la jumelle pétrolière de Las Heras que nous éviterons cette fois, puis ensuite tout disparaît, et les choses reprennent leur aspect normal à Fitz Roy (ciudad), où nous prenons de l'essence. Je ne sais pas pourquoi, je sens qu'ici encore, on va essayer de nous rouler. Et ça ne manque pas. A peine le pompiste a-t-il la clef du réservoir en main qu'il y a déjà enfourné la pompe du « podium XXL » (l'essence la plus chère, bien sûr), qui est à 3,90 pesos au lieu de 3,26, tandis qu'un gros type qui a l'air d'être le patron se colle devant la pompe pour qu'on ne puisse rien voir. En une fraction de seconde je suis dehors et lui dis que nous voulons du super. « Mais pourquoi? Ca c'est bien meilleur! » Le temps que je m'énerve et que je lui dise que non, pour cette voiture le super est très bien, qu'il fasse celui qui ne comprend pas pourquoi je n'en veux pas, etc., le pompiste, lui, a rempli le réservoir... Il faut toujours faire très attention quand on prend de l'essence, car apparemment le touriste est un mets de choix!
Puerto Deseado. Je croyais que la route qui y mène, de 126 km, était bordée de falaises rouges, du moins c'est ce que j'avais lu sur un carnet de voyage trouvé sur Internet. En fait c'est une ligne droite de 120 km, qui traverse un paysage aussi plat que la main. Le plus beau, dans la steppe, ce n'est pas le sol, mais le ciel. Un ciel immense, avec des nuages moins variés qu'au-dessus des Andes, mais tout de même fascinants. Les derniers kilomètres escaladent de petites collines, tournent et virent. Un peu avant d’arriver, sur la hauteur, l'armée, encore et toujours, omniprésente au Chili et en Argentine. Un régiment et tous les baraquements – très pimpants – pour l'abriter. Puis, en descendant vers la mer, le bourg et le port, où se serrent les uns contre les autres cinq gros bateaux rouges. Il y a la fête foraine, manège et karaoké, et une foule incroyable de jeunes, dont beaucoup d'Indiens, qui déambulent dans les rues par petits groupes. Certains partagent du maté à la paille dans leur timbale, assis sur le trottoir. Ici et là, des affiches rappellent qu'il y a trois ans un jeune boxeur, Jesús López, a été assassiné et que ce meurtre est à ce jour resté impuni. www.youtube.com/watch?v=IDhsQ-S34Nk
Nous finissons par atterrir à Los Acantalidos, avec balcon et vue sur la mer. Nous sommes les seuls clients de l'hôtel, à deux jours de l'été. Et nous avons fait le tour de tous les autres, pas de clients non plus. Mais ici c'est très bien, des gens très aimables, et dans la chambre (pour trois personnes) téléphone (pour la première fois), télévision, Internet; dans la salle de bains, serviette, savon, shampooing et sèche-cheveux. Plus chauffage, chose rarissime!
A la confiteria de l'hôtel, je mange de l'excellente viande. Coucher de soleil magnifique, orangé, avec, sur fond de nuage noir, des draperies de pluie rose qui ne touchaient pas terre, balayées par la force du vent.
Lundi 20
Impossible d'enrouler le store, Alain a apparemment mis trop d'entrain hier soir à le dérouler, mais nous devinons qu'il fait beau. Le petit déjeuner buffet est royal, avec de délicieux gâteaux maison et la vue sur la mer en prime. Apparemment, la confiteria est le matin le rendez-vous de tous les notables du coin, des « Don » ceci et cela, dans les soixante-dix ans. C'est à celui qui aura le plus gros 4 x 4, avec le plus gros pare-chocs... Comme nous avons décidé de rester une nuit supplémentaire et que la chambre que nous occupons était réservée, on nous propose à la place une chambre de deux, juste à côté. Nous passons à la banque de Patagonie changer des euros (à 5,17). Un vigile armé le long d'un mur et à côté de lui une espèce de haute guérite blindée en métal gris mais extrêmement étroite, à laquelle on accède par deux hautes marches, avec une minuscule vitre, certainement blindée. A l'intérieur, un homme est assis et rit au téléphone. Il a l'air parfaitement à l'aise, prisonnier de ce coffre-fort de trois mètres de haut qui ferait tourner de l'œil rien qu'en le regardant n'importe quel claustrophobe...
Nous allons au port nous renseigner pour une sortie en zodiac l'après-midi, de deux heures et demie, afin de voir une pingüinera, aux « Darwin expediciones », installées dans un chalet de bois. Nous n’avons pas pris la sortie en mer d’une journée (350 pesos par personne) pour aller chez ces très étonnants manchots punks aux sourcils jaunes et à la huppe noire, les gorfous sauteurs (Eudyptes chrysocome), car la mer est très agitée et passer trois heures aller-retour à faire du trempoline en zodiac, éclaboussés par les vagues, ne nous a pas tentés plus que ça…
Aux « Darwin expediciones », nous rencontrons un couple italo-argentin qui vit à Paris, avec leur fiston de neuf ans. Tout le monde est très sympa. Le prix de la sortie est passé en vingt-quatre heures de 150 pesos à 180... Il faut être six pour partir et nous ne sommes que cinq, donc ils ont trouvé l'astuce pour rentrer dans leurs frais. En attendant 15 heures, nous suivons le TrailBlazer des gens que nous venons de rencontrer sur une piste qui mène au « cañon » de Costa Negra. Petite balade d'une heure, chacun de son côté, dans un décor aride malgré la proximité de la mer, mosaïque de terre ocre sur laquelle blanchissent les os de quelques animaux malchanceux, lagune bleu-vert, soleil de plomb.
14 h 30, retour à l’embarcadère pour le départ à 15 heures. A 15 h 30, on est toujours à quai. Nous apprenons que désormais nous ne serons plus cinq mais onze, un groupe ayant téléphoné pour réserver. 15 h 45, ils arrivent, en short, tongues et T-shirt, alors que le vent est toujours violent et que sur l’eau la température ressentie est souvent glaciale. Mais alors, quid de l’augmentation de 30 € qui nous a été demandée pour compenser la personne manquante ? Eh bien ça ne change rien. Empochés c’est gagné ! Bienvenue au pigeon étranger, espèce fort répandue en Argentine et au Chili.
Par chance il fait étonnamment chaud aujourd'hui, que se passe-t-il? Près de 30 °C! Le temps idéal pour passer quelques heures sur l’eau. Le pilote guide est très sympa, il n’en fait pas des tonnes comme cela arrive malheureusement souvent (j’ai le souvenir d’une sortie en zodiac dans le magnifique archipel de Mingan, au Québec, complètement gâchée par des commentaires stupides et ininterrompus). Nous longeons la côte et allons d'île en île: celle des cormorans gris aux grands yeux orange vif (cormoran de Gaimard – Phalacrocorax gaimardi), qui voisinent avec les cormorans noirs (cormoran impérial – Phalacrocorax atriceps). Il va sans dire combien je suis to-ta-le-ment frustrée de n'avoir que le grand angulaire!!! Le zodiac bouge dans tous les sens et les embruns éclaboussent les objectifs…
Nous laissons les falaises cuivrées aux longs stalactites de guano et continuons à remonter le bras de mer à l’abri du gros des vagues, vers les lions de mer, de tous les âges et de toutes les couleurs. Deux dauphins, joueurs et surtout farceurs, s’amusent avec le zodiac. Ils arrivent droit sous le bateau, tout le monde se précipitent sur le bord opposé pour les voir passer, et il n'y a jamais personne..., ils ont fait demi-tour ! Mais je finis par les prendre dans les filets de l’objectif.
Le clou de cette sortie en mer est le débarquement à la pingüinera, une petite île où nidifient une foule de manchots de Magellan (en espagnol on dit pingüino, mais ce sont en réalité des manchots, les pingouins étant en Arctique). Ils sont vraiment trop mignons! Dans les quarante centimètres de haut, là encore il y a beaucoup de juvéniles, voire de gros bébés de six mois, petites boules de peluche grise. Ils sont très drôles lorsqu'ils marchent d'un air pressé en file indienne, en se dandinant, droits comme des « i ». Je réussis à les approcher à deux mètres, très lentement, avec des ruses de sioux, assise par terre ou à genoux. La lumière est très belle à cette heure de la journée, l'air est tiède et le silence troublé simplement par un appel de loin en loin. Les algues vert intense recouvrent la grève par endroits et contrastent avec l'eau turquoise. Au bout d'une heure tout le monde remonte dans le zodiac. Le vent qui s'est levé nous jette à plusieurs reprises des paquets d'embruns au visage et n'épargne pas les appareils. C'est la catastrophe, le mien est couvert de sel!
Les sternes, ces si gracieuses hirondelles de mer, nous accompagnent un temps, sans perdre de vue que le garde-manger se trouve au-dessous d'elles. Elles ont presque toutes un petit poisson dans le bec. Lorsque nous rejoignons le quai, le temps a complètement changé, on ne distingue plus la ligne d'horizon, tout est mêlé, ciel et terre, dans une même brume gris orangé, très spectaculaire, mi-vent de sable mi-fumée rugeoyante d’incendie. Le temps de faire un tour en « ville » acheter des garapinadas (pralines aux amandes), les rafales ont encore forci et se sont chargées de sable. Nous nous engouffrons dans l'hôtel, enfin à l'abri, la peau brûlée et desséchée. Repas comme hier soir à la confiteria. Pendant ce temps le ciel reprend peu à peu des couleurs, et plus tard nous assistons encore une fois à un coucher de soleil somptueux sous les altocumulus.
Nous sommes en contact quotidiennement avec Françoise et Gérard depuis qu'ils ont débarqué (au sens propre) à Buenos Aires, il y a seulement quelques jours, après plus d'un mois en mer. Ce soir, ils nous disent que les rafales de vent les ont empêchés de rouler normalement et qu'ils ont failli se renverser. La semaine dernière, un Allemand s'est retourné avec sa cellule par une rafale à 200 kilomètre/heure! On espère quand même les voir demain sur la route, car on se rapproche de plus en plus. J'ai l'impression que la baie vitrée va être arrachée, quant au circuit d'aération de la salle de bains et de la chambre, le vent qui s'engouffre à l'intérieur fait un bruit de réacteur de 747! Il paraît que la spécialité de Puerto Deseado est le très très grand vent... Mardi 21
Le vent s'est déchaîné toute la nuit et a chassé les nuages. Grand beau temps donc, et température très douce. Avant de partir, je n’oublie pas de photographier le Père Noël ! Autant au Chili qu’en Argentine, ils sont souvent beaucoup plus beaux que celui qu’on connaît en France, avec sa robe de chambre rouge… Aujourd'hui, nous espérons bien voir sur la route Françoise et Gérard. D'après nos calculs nous devrions arriver à peu près en même temps à la jonction de la Ruta 3. Nous prenons de l'essence à Petrobras, qui comprend un locutorio, où je tente une ��nième fois de téléphoner en France avec la carte Hable Mas achetée à Buenos Aires et... qui ne fonctionne apparemment que là-bas. La route de 126 km est toujours aussi rectiligne que l'horizon. Pas une herbe dans la steppe, pas un animal non plus. Dans le ciel, de beaux nuages de type Ouest américain. Le vent chahute la voiture et je suis cramponnée au volant comme depuis le début du voyage. Arrivés à la Ruta 3, personne en provenance de Comodoro Rivadavia. Nous tournons à gauche pour Puerto San Julián à environ 260 km plus au sud. Pendant longtemps, alors qu'aucun virage ne vient briser la monotonie de la ligne droite (et sur toute une partie en ligne continue, ce qui est un comble!), le paysage est plat et gris au plus loin que porte le regard, balayé par un vent d'ouest qui souffle en violentes rafales, très déstabilisantes pour la voiture. Puis peu à peu, à une centaine de kilomètres de Puerto San Julián, les couleurs apparaissent sous la toison de petites touffes épineuses que broutent des guanacos de plus en plus nombreux. Une harde traverse la route dans un virage et s'envole par-dessus la clôture au passage de la voiture. (Ces clôtures qui, depuis notre arrivée, nous surprennent par leur longueur. Un piquet tous les dix mètres, un plus fin tous les mètres sur quatre rangées de fil de fer. Et cela sur des millions d'hectares... Un ennui mortel nous assaille rien que de penser au travail que cela représente.) Mais ces guanacos imprudents, voire casse-cou, ne passent pas tous entre les mailles du filet, car c'est le quatrième que nous voyons en peu de temps, couché sur le bas-côté. Mortellement touché. Subitement, nous apercevons tout une tripotée de nandous, un adulte avec une quinzaine d’adolescents. Nous avons appris que les mœurs de ce très gros oiseau – qui ne vole pas mais court comme tous les membres de la même famille, autruche, émeus, casoars etc. –, étaient très particulières. Au moment de la reproduction, le mâle séduit jusqu’à une quinzaine de femelles, les fait pondre à la queue-leu-leu dans le même nid, puis s’installe à leur place pour couver tous ces gros œufs. Une fois éclos, il ne se défile pas, non, il prend au contraire leur éducation complète en charge ! Et voilà comment on avait confondu un « nouveau père » avec une baby-sitter !
Les petites collines se font plus nombreuses, les ocres pâles et les roses carmin aussi. Je ne peux pas m'arrêter pour photographier sur cette route où les voitures, néanmoins peu nombreuses, passent en trombe, et de toute façon c'est le type même de paysage qui ne donne rien au grand angulaire.
Puerto San Julián. Nous retrouvons ici encore les topes mexicains, ces dos-d'âne mortels pour les voitures qui s'aviseraient de passer autrement qu'au pas. Je desserre enfin les mains du volant et m'aperçois que j'ai de nouveau attrapé une ampoule!! Passage obligé par l'Information touristique pour avoir la liste des hôtels, puis nous jetons notre dévolu sur le petit hôtel Miramar. Tout neuf, en front de mer (je devrais dire de baie), une très jolie chambre décorée avec goût, personnalisée, une grande et belle salle de bains, du chauffage, un accueil très aimable (240 pesos avec vue sur la mer, au premier étage). Le bourg, lui, est totalement impersonnel, traversé par une avenue à l'américaine, c'est-à-dire de cent mètres de large. La côte est elle aussi quelconque, rien pour accrocher le regard, du gravier gris, des algues vertes, du sable noir... Le gallion de Magellan, ou du moins sa réplique, trône en bord de mer, tout près de l’hôtel. C'est un musée que peuvent visiter pour 8 pesos les nationaux, mais pour 12 les étrangers. Décidément, en Argentine comme au Chili, le voyageur étranger est une espèce que l'on adore plumer, mais il se trouve que nous tenons à nos plumes!
En allant jusqu’au bout de la route de bord de mer, nous passons devant un mirage français rescapé de la guerre des Malouines, dont le pilote a paraît-il coulé trois navires. Beaucoup de jeunes du village ne sont jamais revenus...
Mercredi 22
Toujours aucune nouvelle de Françoise et Gérard. Nous n’avons aucune idée de l'endroit où ils ont passé la nuit, en tout cas ils n'avaient pas d'Internet (et à Puerto San Julián, les coupures ont été nombreuses jusqu'à la panne finale). La première pompe à essence est à sec, la seconde aussi. La journée débute bien. Il nous faut faire 120 kilomètres jusqu'à la pompe suivante, à Commandante Luis Piedrabuena, avec ce qu'il reste dans le réservoir. Je conduis pépère, à 90 km/h, en surveillant le compte-tours. Pendant un moment je suis de près un camion pour faire tirer la voiture. Les camionneurs argentins (et chiliens), je l’ai déjà dit, sont toujours extrêmement aimables! Ils disent bonjour quand ils nous croisent, font signe lorsqu'on peut les doubler sans risque, c'est un vrai plaisir. Les routiers français feraient bien d'en prendre de la graine. La route est terriblement monotone, le ciel triste, la steppe terne et plate. Des moutons broutent avec application les petites touffes grisâtres. De temps en temps, çà et là, une piscine pour oiseaux de passage…
Piedrabuena. Nous craignions que la pompe ne soit aussi à sec, mais l'agitation qui y règne et le monde nous rassurent tout de suite. Nous faisons le plein dans une ambiance de fête foraine, les haut-parleurs diffusant de la musique à pleine puissance.
Les kilomètres défilent en direction de Río Gallegos, grande ville rurale qui « ne présente aucun intérêt » d'après le Routard, « mais où le voyageur échoue parfois ». Les voyageurs que nous sommes comptent pourtant y passer la nuit et partir tôt demain matin pour prendre le ferry, 68 kilomètres plus au sud, si possible à 8 h 30. Il faut compter qu'avec l'heure d'été chilienne nous perdons une heure. De plus il nous faudra passer une première fois la frontière à environ 35 kilomètres, puis une seconde fois en Terre de Feu, à San Sebastián. La pluie s'est maintenant mise à tomber. Les guanacos se font de plus en plus nombreux de chaque côté de la route, ils sautent les clôtures pour améliorer leur ordinaire avec les grandes herbes aux fleurs jaune pâle qui poussent consciencieusement sur les bords... et le payent très cher. C'est même une véritable hécatombe. Nous ne comptons plus leurs dépouilles et leurs squelettes.
Enfin des virages, enfin des collines. Puis tout retombe comme un soufflé, et la banlieue de Río Gallegos se profile à l'horizon. Plus nous approchons plus je me dis que le Routard est bien au-dessous de la réalité. Sous le ciel gris, les abords de la ville sont tristes à mourir, mais probablement aussi sous le ciel bleu. Cabanes de tôle clairsemées, grillages, détritus, amas de tout ce qu'on veut un peu partout... Nous prenons la direction du centre qui n'en finit pas, encore 7 km, apercevons un Carrefour sur la droite, et hop, virage à quatre-vingt-dix degrés. Il est immense mais nous ne trouvons rien, d'autant que fruits et légumes, laitages et charcuteries sont interdits à l'entrée au Chili. Tandis que nous déambulons dans les allées, Alain a une excellente idée: partir de là illico et filer sur le terminal pour être sûrs, demain matin, d'être à l'heure pour le premier ferry. Il reste 578 kilomètres jusqu'à Ushuaia, deux frontières et un ferry où l'on peut parfois attendre paraît-il jusqu'à une demi-journée. Nous dormirons dans la Corsa, les sièges s'inclinent, et après tout nous serons plus à l’aise que dans l’avion. Adjugé! Nous sommes subitement plus légers et filons sous la pluie qui redouble, en oubliant de faire le plein d'essence en Argentine, moins chère qu'au Chili, alors qu'il ne nous reste en pesos chiliens que de quoi payer la traversée.
Le passage à la frontière est un peu laborieux car il y a beaucoup de monde, des cars, surtout. C'est la plus importante de toutes celles que nous avons vues depuis un mois. Encore une trentaine de kilomètres jusqu'à Punta Delgada, l'embarcadère et la pompe à essence. En cours de route nous vient une autre idée. Pourquoi attendre le lendemain pour passer le détroit de Magellan? Nous allons plutôt essayer de prendre le bateau aujourd’hui et nous dormirons à Bahia Azul, sur l'autre rive, au terminal de la Terre de Feu.
Punta Delgada. Nous demandons où est la station-service et on nous répond qu'il n'y en a pas..., il faut aller jusqu'à Cerro Sombrero, de l'autre côté du détroit, au bout de la route goudronnée de quarante kilomètres. Notre carte est donc erronée! Il n'y a pour l'instant qu'un camion et un 4 x 4 brésilien. Nous prenons la file, d'autres camions arrivent peu à peu, quelques pick-up également, mais ce n'est pas la foule des grands jours. Il y a deux ferrys qui font la traversée en alternance, tous les trois quarts d'heure jusqu'à minuit 15.
Les dauphins nous accompagnent pendant le passage du détroit de Magellan qui est à cet endroit bien plus resserré qu'entre Porvenir et Punta Arenas. Le ciel s'est dégagé derrière nous et s'est chargé de plus en plus devant... Il est maintenant 19 h 30, nous nous sommes évité trois heures et demie sur la journée de demain, et alors que nous sommes au milieu du détroit, il nous vient la troisième idée de la journée: pourquoi ne pas poursuivre jusqu'à la pompe à essence de Cerro Sombrero? En débarquant en Terre de Feu, nous nous apercevons qu'il n'y aurait pas eu le moindre endroit pour garer la voiture au terminal. De Bahia Azul, totalement différent de celui de Punta Delgada. Ici, seule une rampe bétonnée bordée de deux murs mène de la sortie du ferry à la steppe au-dessus.
Les quarante kilomètres sous la pluie battante sont vite avalés. Il faut faire un détour de dix kilomètres pour Cerro Sombrero par rapport à la piste que nous comptons prendre demain, et qui passe par Onaisin. En arrivant dans le village, nous avons la très bonne surprise de voir qu'il y a une hosteria à l'entrée – l’hosteria Tunkelen –, qui n'est indiquée nulle part et que nous n'avons pas vue non plus sur Internet. Elle est pimpante et n'a aucune concurrente, ce qui n'augure rien de bon pour les prix. Effectivement, la chambre double est à plus de 80 euros! Nous décidons alors de prendre une chambre dans l'annexe, qui a dû connaître des jours meilleurs, à deux lits jumeaux avec salle de bains partagée, type refuge, pour l'équivalent d'une trentaine d'euros, petit déjeuner inclus, que nous payons en dollars. Puisque nous devions normalement dormir dans la Corsa, ce sera toujours beaucoup mieux. C’est très calme, ici, à l’écart de la piste et loin de tout . Les petits moutons frisés de la steppe patagonne broutent infatigablement dans la lumière dorée du soir qui tombe. La journée est terminée, nous nous sommes bien avancés sur notre route pour Ushuaia, et nous dormons finalement au chaud et dans un vrai lit, ce qui était inespéré...
Jeudi 23
Après le petit déjeuner dans l’annexe salle de restaurant de l’hôtel, sur l’arrière, en compagnie de Brésiliens qui avaient pris le ferry avec nous à Punta Delagada, nous nous dépêchons de partir avant que le premier ferry ne débarque àBahía Azul et que les camions n'envahissent la piste. Tout le long des 400 km qui nous séparent d'Ushuaia, nous constaterons pour la énième fois combien tous les routiers sans exception sont courtois, attentifs et prévenants. Quelle différence avec les particuliers qui nous croisent sur la piste à toute allure, sans ralentir ni se pousser d'un poil, en sachant qu'ils risquent de faire éclater notre pare-brise... Et certains me font même des appels de phare répétés parce que je ne mets pas les codes, comme la loi l'exige, quel excès de zèle! Je me demande bien à quoi ils peuvent servir sur des routes rectilignes à l'infini, alors que la voiture est blanche, sinon à dépenser un peu plus d'essence. La Terre de Feu est incomparablement plus belle que toute la route que nous venons de faire depuis Perito Moreno (ciudad). C’est un archipel dont l'île la plus grande, la isla Grande, est assimilée à toute la Terre de Feu. Le sol se soulève en collines sur le dos desquelles on dirait qu'est jetée une épaisse toison végétale qui ne descend pas tout à fait jusqu'en bas. Moutons ou petites vaches broutent un peu partout l'herbe blonde, souvent accompagnés de toute sorte d'oiseaux pourvu qu'il y ait un peu d'eau: flamants, canards, cygnes à col noir, poules d'eau, oies. La longue chevelure gris clair des lichens envahit de nouveau des bosquets entiers. Puis les collines laissent la place aux montagnes couvertes de forêts de langas et aux sommets encore enneigés, aux lacs et aux rivières.
Ushuaia, plus de 60 000 habitants. La ville est étendue le long de la baie mais ses maisons basses et ses jardins donnent l'impression d'une petite agglomération. D'après nos calculs, Françoise et Gérard doivent déjà être là. Nous allons directement aux cabañas del Beagle, sur les hauteurs, et faisons la connaissance d'Alejandro, le jeune propriétaire qui les a entièrement construites de ses mains. Elles sont grandes (50 m2) et magnifiques, avec d'immenses baies vitrées en angle jusqu'au plafond, très haut, ce qui donne l'impression d'être à la fois dehors et dedans. Au-dessous, par-delà les toits, on aperçoit la baie.
La suite (la semaine à Ushuaia) arrive très bientôt. Et grâce à Gérard (Vilcanota) qui m'a prêté son objectif Canon 70-200 f/2,8 et que je remercie encore une fois ici, les photos seront enfin de bien meilleure qualité!










