Bonsoir !
Merci Hiacinthe pour ces conseils ! Je n'y manquerai pas la prochaine fois que je viens à
Zion. Glisser dans l'eau, ce n'est vraiment pas agréable, mais plus de peur que de mal visiblement !
Merci pour ton retour Toune69

. Peut-être la prochaine fois pour Angels Landing alors ! Il est vraiment question d'y aller doucement, sans insister non plus en cas de vertiges.
Comme promis, je ne viens pas les mains vides et j'apporte la suite de mon récit. Une journée plutôt sympathique je dirais.
Bonne lecture !
Dans l'épisode précédent: Après 500 kilomètres de route entre
Salt Lake City et
Zion National Park, je m'essaye au sentier vertigineux qui mène à Angels Landing. Une fois en haut, la vue est magnifique, et m'y fait rester un certain temps. Après une descente plutôt rapide, je retourne à l'hôtel où je me rends compte que ma date de réservation est décalée d'un jour. Finalement, je n'ai reçu aucune notification...
JOUR 8 (14 août 2013): Un fer à cheval
Les lieux que je vais visiter aujourd’hui ne sont pas peu connus, et à vrai dire l’un d’eux fait office de fond d’écran pour mon téléphone depuis quelques semaines. Il est temps de découvrir ce qui se cache réellement derrière l’écran !
Ma première mission consiste à rejoindre Page en
Arizona, soit deux heures de route depuis
Zion, ce qui n’est vraiment excessif après ce que j’ai vécu. Pour mon départ, je choisis de prendre la superbe Route 9 qui sillonne le relief autour de
Zion NP.
La route semble plutôt vide et
je fais rugir le moteur V6 en sortie de virage, avant de tomber sur... un bouchon.
Un vrai bouchon, avec les voitures arrêtées sur place ! Il ne me faut pas longtemps avant de comprendre le problème : je savais qu’un long tunnel se situait sur la route. Ce tunnel étant vouté et assez bas de plafond, les camping-cars sont contraints de rouler au milieu de la voie, empêchant ainsi toute circulation à double sens.
Pour faire simple, c’est de la circulation alternée, comme lors de travaux où un feu tricolore vous fait patienter tellement longtemps que vous vous surprendriez presque à lire un bouquin en attendant!
En attendant que ça avance,
une expression me fait bien rire sur le pare-soleil, faisant référence aux
airbags :
« sacs gonflables perfectionnés ». Soit la traduction est exagérément littérale, ou alors nos amis Québécois sont vraiment très attachés à la langue française (la Mustang étant vendue au
Canada, d'où l'avertissement en langue française).
Le trafic reprend et je profite enfin de la route, en faisant attention tout de même car
les voitures de patrouille ne sont jamais loin. Je m’offre quelques petites pauses afin d’admirer des paysages plutôt atypiques.
Arizona, me voilà ! Le pays du Grand Canyon... d’ailleurs on le retrouve comme emblème sur les plaques d’immatriculation de cet Etat. Une bonne nouvelle, c’est que
je gagne une heure !
Alors que je suis tout près de Page, en témoignent
les trois cheminées de la centrale thermique Navajo au loin, j’atteins le
Glen Canyon Dam (barrage du
Glen Canyon) ainsi que le magnifique pont qui le jouxte, le
Glen Canyon Dam Bridge. Ce qui est certain, c’est que sa construction a pris plus de temps que le choix du nom...
J’en profite pour faire une petite visite improvisée du
Carl Hayden Visitor Center, sorte de mini-musée qui en plus d’offrir une vue spectaculaire sur les infrastructures, retrace la construction du barrage et son exploitation. En particulier, on apprend que ce barrage complète la fameuse centrale thermique
au charbon (l'énergie préférée des écologistes...), devenue insuffisante. Quelque chose me dit que c'est un peu plus "vert", aussi.
Une pause bien intéressante en fin de compte !
Les revenus liés à la vente d'électricité produite par ce barrage: les Navajos sont riches !
La suite, elle, est prévue.
Mon projet est de visiter Antelope Canyon. Entre Upper et Lower, je fais le choix de la seconde solution:
Lower Antelope Canyon. D’après ce que j’ai retenu des forums, c’est plus facilement accessible, c’est moins cher, c’est à priori un peu moins beau que Upper
Antelope Canyon, mais c’est aussi moins bondé.
Et pourtant ! Une fois garé devant l’entrée de Lower Antelope, je découvre avec déception
une longue file d’attente devant la cabane. Il est alors
11:30. Non,
12:30 puisqu’on est dans la réserve
Navajo, en période d'été. Ou peut-être
11:30 quand même d’après l’horloge du cabanon
Navajo. Ok, disons plutôt
20:30 GMT, comme ça c’est réglé !
Ce qui n’est pas réglé en revanche, c’est mon ticket d’entrée.
Moi qui voulais profiter de la lumière de fin de matinée, c’est râpé: je passe envoyé sur le groupe de...
14h ! N’ayant pas prévu de plan B pour l’occasion, je reprends la voiture et j'effectue le court trajet qui relie
Antelope Canyon et un lieu assez connu.
Une fois garé sur le parking correspondant, il reste une dizaine de minutes de marches. La première partie consiste à grimper ce qui semble être une dune au bord de l’Atlantique. Pour autant,
le paysage qui vous attend derrière est très différent. Et Oh combien plus impressionnant :
Horseshoe Bend, c’est le nom donné logiquement à ce surprenant virage du
Colorado en forme de fer à cheval. Voilà le paysage qui trônait en fond d’écran de mon téléphone depuis le début. Ma première réaction se résume à
« C’est IMMENSE ».
C’est surtout beaucoup plus grand et vertigineux que je ne l’imaginais. Autant dire qu’on se sent tout petit en voyant cela... Ce lieu rentre sans hésitation dans mes paysages préférés, et je compte bien y retourner bientôt. D’autres personnes un peu suicidaires profitent du lieu différemment, en se faisant prendre en photo sur une roche au-dessus du vide... En général je suis difficilement impressionnable, mais là ça dépasse le raisonnable...
Ce n'est pas très clair sur la photo, mais le petit bout de roche sur laquelle se tient cette personne est un peu en contre-bas et littéralement suspendu au dessus du vide...
Le temps de manger,
je retourne à Lower Antelope Canyon à 14:00 pour ma visite, que je ferai accompagné d’une famille française très sympatique. Tout d’un coup ça fait bizarre de reparler en français ! Avant l’entrée étroite du canyon,
un panneau vous met clairement en garde contre les flash flood, ces inondations éclaires s’engouffrant dans les petits canyons en cas de forte pluie, et très dangereuses.
Lower
Antelope Canyon est très beau à voir de par ses formes pures, ses couleurs, ses effets de lumière, ses coulées de poussières qui vous dégringole sur la tête ! La pauvre guide peine à diriger l’énorme groupe que nous sommes, surtout lorsque les visiteurs s’arrêtent régulièrement pour capturer des photos.
Après une grosse demi-heure, nous arrivons au bout de la partie visitable. Au-delà, des ouvriers semble travailler à l’entretien du canyon, peut-être suite au récent flash flood d’il y a quelques semaine. Bref, le temps de proposer une photo de groupe à la famille française qui était présente, il est temps de rebrousser chemin et de retourner sur le plancher des vaches. Par en dessous.
Cette visite est intéressante sans être ma préférée, peut-être à cause du monde. Accessoirement, la poussière a complètement encrassé le stabilisateur mécanique de ma GoPro qui grince désormais, et qui a terriblement perdu en précision...
L'entrée/sortie du Canyon débute dans le coin inférieur droit de cette photo. C'est très étroit !
En reprenant la Mustang, je comprends que je dois faire quelque chose :
la calandre est couverte de tâches de sang provenant des moustiques écrasés, comme si j’avais roulé à toute allure à travers une vague de zombies. Direction : le carwash ! Je me pointe d’abord devant le lavage automatique en lisant très attentivement les consignes; la voiture ayant un toit souple,
je ne souhaite pas me retrouver dans une baignoire roulante. Finalement, ce seront les rétroviseurs
non-rabattables qui auront raison de moi. Je décide de revenir à LA méthode, la vraie :
le lavage manuel. Quelques minutes de grande attention et de perfectionnement plus tard,
la Mustang est comme neuve !
Après m’être ressourcé à Walmart et avoir acheté un disque dur externe (ce doit être comme les jeans Levi’s... c’est moins cher alors on en profite !),
je retourne tout simplement à Horseshoe Bend pour profiter du coucher de soleil. Petit problème : ce soir je suis loge à Valle, prêt de
Grand Canyon Village, situé à 4 heures de route d’ici. 4 heures et et non 3 heures comme prévu, car
l’US 89 est fermée suite à un important glissement de terrain; ce sujet était d’ailleurs très populaire sur VoyageForum à l’époque.
En bleu, la déviation
Malgré cela, j’accroche tellement à l’endroit que je décide de rester jusqu’au coucher total vers 19:20.
Cela m’a valu un joli timelapse ! Un visiteur chinois prend également des photos et me demande si je peux capturer son portrait avec son iPhone. iPhone en langue chinoise bien-sûr ! Heureusement, il ne faut pas être ingénieur pour appuyer sur un bouton. La fin du coucher de soleil est très agréable. Tout comme lorsque j’étais sur Angles Landing, je pourrais rester des heures sur place !
"Soudain", je me rappelle que j’ai 4 heures de route devant moi ! Il est temps d’y aller.
La nuit tombe rapidement. Je passe une dernière fois à proximité de la centrale thermique
Navajo, toute illuminée cette fois. Compte tenu de la faible visibilité dans le noir, je reste très concentré.
Lorsque j’arrive enfin dans le parc national du Grand Canyon, il me reste encore une heure de route et je ressens la fatigue. Je dois dire que c’est assez "glauque", de rouler tout seul à travers les arbres, dans la nuit totale. Voyez plutôt :
Maintenant, imaginez-vous dans cette situation, et
très soudainement vous voyez surgir dans la lueur de vos phares un énorme cerf en plein milieu de la route ! Précisément ce qu’il vient de m’arriver. Je freine brutalement alors que
mon pouls passe de 80 battements par minute à 942 battements par seconde. Je peux vous dire que suite à ça, j’étais très gentil sur l’accélérateur, et il m’a fallu un peu de temps pour me calmer...
Alors qu’il est presque minuit,
j’arrive enfin à l’hôtel, le Grand Canyon Inn. Je suis bien « claqué » comme on dirait. Comme d’habitude je m’étais arrangé pour prendre la chambre la moins chère, mais cette fois je n’avais d’autres choix qu’une chambre à deux lits doubles,
complètement disproportionnée pour une personne ! En apparence l’hôtel semble d’excellente qualité; pourtant la baignoire goutte, la télévision ne marche pas (moindre mal) et surtout, internet est si lent que charger le site de la SNCF prendrait surement plus longtemps qu’une vie. Tant pis pour la transmission des photos, je préfère me reposer d’ici demain.
Dans le prochain épisode: je mets un gilet de sauvetage, je joue avec la foudre, et je trouve un coin plutôt sympathique.
Image attachée: