Bonsoir à tous ! Il est 21:00.
Merci Herikles. J'apprécie le fait que le récit vous paraisse dynamique. C'est important pour l'immersion !
Il manquait beaucoup d'endroits importants dans mon circuit, et "aujourd'hui" ne fait pas exception. Mais comme tu le fais bien remarquer, c'est impensable de ne pas y retourner ! Il y a de bonnes chances pour que mon emploi du temps soit plus léger la prochaine fois, et je visiterai tout ce que j'ai manqué.
Voici donc la suite du récit.
Bonne lecture à tous !
Dans l'épisode précédent: Après un tour d'hélicoptère grandiose au-dessus du
Grand Canyon, je rejoins l'hôtel Bright Angel situé au sein même du
Parc National du Grand Canyon. Alors que je longe le Canyon, la météo devient rapidement orageuse: l'occasion parfaite pour faire un timelapse! En retournant à l'hôtel, je prends la voiture pour rejoindre Lipan Point (situé sur Desert View) et je m'isole sur un petit coin de terre tranquille afin de profiter d'un fantastique couché de soleil. De retour à Bright Angel Lodge, je mange au restaurant pour la première fois depuis le début de mon séjour. Ça fait du bien ! Mais on se sent un peu seul à une grande table comme ça. Demain, le voyage continue et je reprends la route pour la suite des aventures...
JOUR 10 (16 août 2013): Une ville pas comme les autres
Quel dommage :
je ne me suis pas réveillé à temps pour profiter du lever de soleil sur le Grand Canyon. Au lieu de ça j’ouvre les yeux vers 9h du matin. Cela ne m’empêche pas, en quittant l’hôtel, de jeter un dernier coup d’œil sur le
Grand Canyon ensoleillé. Je ressens un peu de nostalgie :
j’aurais aimé rester un jour de plus mais au lieu de ça,
je m’apprête à visiter une ville en carton !
En reprenant la route, je fais un arrêt à l’aéroport de Tusayan où j’ai effectué mon tour d’hélicoptère la veille, histoire de voir décoller quelques appareils. A cet instant, quelle n’est pas ma surprise (et celle d’autres passants) en voyant arriver le camion du
Père Noël qui, rappelons-le, a été démocratisé (et non pas inventé) par la compagnie Coca-Cola :
En France, les magasins se font livrer en vieux Peugeot Expert. Aux Etats-Unis, on préfère de faire livrer en « Big Rigs », en l’occurrence un imposant camion Peterbilt !
La suite du trajet se fait sur Interstate. Rien de particulier, même si
les aires d’autoroute valent le détour.
La Mustang fait la tronche devant les panneaux solaires, contraires à son idéologie
Entre deux aires, j’en profite pour tester ma GoPro à l’extérieur de la voiture en roulant à 75 MPH. La ventouse a bien tenu et
la caméra n’a rien loupé, y compris les moustiques qui sont venus s’écraser sur l’objectif !
La petite télécommande autour du bras gauche, c'est ce qui me permet d'activer les caméras à distance !
"Monsieur le Shérif, vous êtes en excès de vitesse !"
Bref, je joue la police et
je crois que j’ai oublié de vous préciser où j’allais. Si je vous dis : « désert, champignon, argent » ça devrait vous parler un peu plus ! Car oui, après environ six heures de route,
j’arrive à Las Vegas, une ville qui a fait
« plop » au milieu de nulle part...
Le seul point que je n’ai pas bien anticipé, c’est que j’arrive un vendredi soir, après 17:00 en pleine heure de pointe.
Et quelle galèèèère ! Je suis coincé dans des bouchons interminables en pleine ville, la clim' à fond et
avec le thermomètre de la voiture qui affiche 120°F (~50°C). Finalement j’arrive à atteindre le fameux « Strip » sur lequel est situé l’hôtel : le Best Western Casino Royal. Ces hôtels doivent se faire tellement d’argent sur les machines à sous que les prix défient littéralement toute concurrence ! En l’occurrence j’ai pris le moins cher du Boulevard.
Je sais qu’il existe une petite entrée-voiture au niveau de l’hôtel qui donne accès au parking. Et vous savez quoi ?
Je l’ai LOUPÉE !! Et malheureusement, à
Las Vegas ce n'est pas toujours facile de faire demi-tour. Je suis contraint de contourner un bloc entier, toujours dans les bouchons !
Cependant,
il faut bien avouer que le trafic est admirablement bien géré. Aucune priorité de face ou de droite;
il suffit de suivre les feux tricolores. La seule difficulté consiste à se faufiler sur l’une des nombreuses voies qui constituent les avenues de
Las Vegas, en plein rush hour.
Bref,
FINALEMENT j’arrive à me garer sur le parking de l’hôtel. Première constatation quand j’ouvre ma portière :
il fait LOURD. Vraiment lourd. Quand j’entre dans l’hôtel, le choc thermique est très violent.
Les américains et la clim', c’est vraiment particulier ! A
Las Vegas, ce sont les machines à sous qui vous accueillent à l’entrée de l'hôtel. Pour trouver le comptoir d’enregistrement, il faut chercher un peu...
Un casino vu de l'extérieur
Autre constatation :
à Las Vegas on ne connait pas les portes manuelles. A l'exception des portes de chambres, l’accès aux couloirs ou l’extérieur se fait par des portes au format traditionnel, mais automatiques, en faisant un "bzzzzuiiiii" futuriste à l'ouverture. Ils doivent vraiment avoir de l’argent à jeter par les fenêtres !
Pour mon repas du soir, j’ai choisi de manger au McDonald’s qui jouxte l’hôtel.
Même quelque chose d’aussi bête qu’un McDo prend une dimension complètement différente à Las Vegas. A
Lille, l’entrée se fait par un petit escalier tout collant; ici on préfère l’escalator géant...
Un cheeseburger et quelques frites plus tard, je commence ma petite ballade alors que le soir tombe et que la ville s’illumine de mille feux. Avec du recul, je vais donner un avis honnête : se promener seul à
Las Vegas quand on a 20 ans (pas de casinos donc...), c’est stupide, et
j’aurais dû visiter Valley of Fire à la place. Toutefois,
ça reste une ville TRÈS atypique, et c’est ce qui compte.
Entre
les panneaux publicitaires qui vantent la publicité,
les reproductions à grande échelle de monuments connus comme la Tour Eiffel ou de lieux comme
Venise, et le sol jonché de petits flyers vous renvoyant à des call girls, on prend sa dose de « qu’est ce que c’est que ce délire ?!». Parlant des petits flyers, ils sont distribués à chaque coin de rue par des personnes faisant claquer les papiers contre leurs doigts, en essayant d’attirer votre attention.
« Aaaargl lachez-moi bon sang » j’avais envie de leur dire !
Comment faire de la la pub pour de la pub...
Je ne mentionne pas les vendeurs improvisés de bouteilles d’eau à 1$. Il faut admettre qu’avec cette chaleur étouffante, c’est extrêmement tentant. Mais le mieux,
ça reste surement les affiches ou écrans géants faisant la pub du prochain concert de Céline Dion à
Las Vegas. Le plus drôle, c'est qu'il m'est arrivé d'entendre des touristes français faire des commentaires pas très corrects sur le sujet !
Sur la route,
je passe également devant le Bellagio, connu surtout pour ses spectacles aquatiques. Les fontaines n'étaient malheureusement pas actives quand j'y suis arrivé.
Bon, cela ne vous dit toujours pas pourquoi je suis ici. Puisque je ne peux pas miser mon argent dans les casinos,
je préfère le dépenser en sensations fortes : au grand huit du luxueux hôtel New York New York !
Le New York New York et son grand huit
Bien entendu, l’accès au grand huit se fait par la salle des machines [à sous]. Je me rappelle ce que j’avais lu sur les forums :
si tu es mineur (moins de 21 ans), il ne faut pas s’arrêter au milieu des machines. Problème: en me déplaçant dans l’hôtel j’ai l’impression d’être en
Belgique : on peine un peu à trouver les directions !
Finalement j’arrive à l’endroit souhaité. J’ai de la chance,
la file d’attente pour monter sur l’attraction est plutôt courte. 14$ plus tard, je m’apprête à monter dans le train. Et là :
le dilemme. Soit je monte directement dans le train, dans un wagon quelconque différent du premier. Soit j’attends une demi-heure de plus pour avoir le wagon de devant.
Comme je suis pas là tous les jours, je prends la seconde option ! Je me retrouve donc finalement dans la première voiture, tout seul, prêt à prendre une bonne bouffée d’air chaud.
Heureusement j’avais tout prévu. Bien que les caméras ne soient théoriquement pas autorisées à bord,
j’ai caché dans une poche latérale de mon pantacourt une petite caméra enveloppée dans une protection en gel (pour la sécurité des personnes derrières, au cas où...). Alors que le train approche de la première descente, je sors la dite caméra, et je m’agrippe très fort à elle !
La suite, vous la connaissez :
« AAAAAAAAAAAH. AAAAAAAAAAAAH. AAAAAAAAAH ». Le trajet est vraiment super ! Un bon grand huit en somme, surtout en place de devant. On prend réellement son pied, surtout avec
Las Vegas tout illuminé en fond, même si au bout d’un moment on perd ses repères.
Lorsque le train retourne dans l'hôtel,
je range discrètement la caméra. « Encore une bonne prise », me dis-je. Je jette un coup d’œil aux photos vendues à la sortie du train, avant de me rendre compte qu’
on me voit clairement, tout souriant, en train de tenir ma caméra à deux mains. « Hem hem, bonsoir tout le monde; moi je file... ».
En sortant, les rues sont encore bien bondées ! Heureusement que l’avenue est large. Pour terminer la soirée, ma mission consiste à remonter tout le « Strip » en voiture. J’embarque mes GoPro, j’en fixe une sur le capot et une sur le haut du pare-brise regardant vers l’arrière.
J’ouvre le toit, et je me lance sur le « Strip » aussi nommé
Las Vegas Boulevard.
Malheureusement j’ai vite déchanté, car même à 23h-minuit, le boulevard est encore blindé. Je filme donc ma formidable remonté du Strip, bloqué dans les bouchons... Au moins je pourrai dire que je l’ai fait. Remonter ce boulevard en Mustang cabriolet, ça a son charme !
Une consommation bien médiocre: 9 MPG (26L/100 Km) dans ce bouchon
En me déroutant pour prendre la direction inverse,
je croise une autre Mustang (modèle de 2005 cette fois) encastrée dans un poteau, et entourée de voitures de police. Difficile de savoir ce qu’il s’est passé. Mais à LV on ne se pose pas trop de questions de toutes manières.
En arrivant à l’entrée de l’hôtel en voiture, une passante me lance « How many GoPros is that ?! », ce à quoi je réponds « Two » en faisant un « deux » avec mes doigts en l’air. Avec du recul, elle a peut-être cru que je faisais le signe de paix...
Et c’est ainsi que s’achève mon après-midi et ma soirée à
Las Vegas !
C’était une expérience très intéressante. Soyons honnête: Las Vegas, c'est une ville un carton, un peu trop artificielle et excessive sur certains points. Mais c’est ce qui fait son intérêt !
Dans le prochain épisode: je rencontre un vrai fantôme, je passe au four, et je suis forcé de conduire... écologiquement.