Bonsoir à tous ! Il est 21:00... je veux dire 22:20...
Tu es tout pardonné

La dernière journée d'un voyage est toujours la moins agréable du voyage
Attendre la suite de ton récit, c'est prolonger un peu le périple !
Merci

En effet, non seulement ce ne fut pas la journée la plus agréable psychologiquement, mais ce ne fut pas la journée la mieux organisée non plus, comme vous le verrez ! Par manque de temps, j'ai laissé passer beaucoup d'endroits sympathiques (disons plus que d'habitude).
Bonne lecture !
Dans l'épisode précédent: je quitte
Las Vegas tôt le matin alors que tout le monde se remet de sa soirée de la veille. Après un détour réussi par la ville fantôme
Rhyolite, je m'engage dans le Parc National de la
Vallée de la Mort. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il fait chaud - la voiture affiche 120°F (~50°C) - et le vent est brûlant. Pour ne pas aider, l'essence sur place est très cher ! Plus de 1,20€ par litre... Je poursuis donc sans refaire le plein, ce que je regrette par la suite alors que ma jauge diminue, sans station-service à l'horizon. Lorsque j'atteint la station suivante, il ne me restait que 24 miles d'après l'ordinateur de bord.
Je peux donc rejoindre en toute tranquillité June Lake, à proximité directe de
Mammoth Lakes, tout en longeant la Sierra
Nevada et en profitant des superbes effets de lumière sur la montagne.
JOUR 12 (18 août 2013): La boucle est bouclée
C’est triste de penser que
toutes les bonnes choses ont une fin. C’est en effet aujourd’hui que je boucle mon circuit dans l'
Ouest Américain, après avoir parcouru des milliers de kilomètres inoubliables au cours des huit derniers jours.
Heureusement, un dernier obstacle se dresse entre moi et
San Francisco :
la Sierra Nevada. Lorsque je préparais mon voyage quelques mois plus tôt, j’avais repéré une petite route sillonnant à travers cette barrière naturelle. Cette route, c'est la fameuse Route 120, plus connue sous le nom de
Tioga Road. Malheureusement, je n’avais pas considéré que ce trajet offrirait autant d’attractions, et pour cette fois,
je dois admettre que le temps a été un facteur limitant. Ce qui est bien dommage !
Pour commencer,
je quitte le June Lake Motel à 7h40. Plutôt que de rejoindre l’axe principal directement, je choisis de contourner le lac qui a donné le nom à ce lieu isolé et paisible: June Lake.
Une fois de retour sur l'axe principal qui longe la Sierra
Nevada, il ne me faut pas beaucoup de temps avant d’atteindre le début de la
Tioga Road, situé au niveau d’une petite zone habitée appelée
Lee Vining. Impatient de découvrir l’itinéraire, je m’engage sur cette route grimpant à plus de 3000m d’altitude ! En fait, Lee Vining se situe déjà à 2100m d’altitude, soit presqu’aussi haut que Val Thorens, la plus haute station en Europe. Pourtant, tout parait si vaste et "plat"...
Après quelques kilomètres cependant, le paysage est déjà bien différent. On se laisse rapidement surprendre par la beauté des panoramas, ce qui incite à s’arrêter régulièrement sur le bord de la route.
Lorsque j’arrive sur
Ellery Lake, je fais sans vraiment le faire exprès une photo qui rendrait surement très bien dans la brochure pour la Ford Mustang Cabriolet édition 2014 (bien qu’elle aurait gagné à être plus propre) :
L’entrée dans le
Parc National de Yosemite est située au point culminant de la Tioga Road, à précisément
9945 pieds d’altitude (3031m) selon ce qui est inscrit sur la petite cabane tenue par les rangers.
Il s’agit surtout, pour commencer, d’une conduite scénique ponctuée de petits arrêts fréquents. Je m'arrête en particulier à
Lembert Dome; comme son nom l'indique partiellement, il s'agit d'un énorme dôme de granite s’élevant à presque 90m au-dessus du sol. On aurait presque envie de grimper tout droit pour accéder au sommet !
Je reprends la route en longeant
Tenaya Lake.
A peine une minute plus tard, j'atteint
Olmsted Point, un coin visiblement très prisé compte tenu du monde sur place. La roche toute fracturée offre une vue plutôt originale. Je regrette de ne pas m'être aventuré un peu plus loin à pieds...
Je poursuis mon trajet, enchainant virages après virages, m'arrêtant de temps à autres pour scruter le paysage.
Alors que je suis arrêté, ma vue se pose sur un gros camion de recyclage émergeant d'un petit chemin étroit. Ironiquement, on peut lire sur le panneau à l'entrée du dit-chemin quelque chose ressemblant à "
No oversized vehicules". Plutôt comique !
J'arrive finalement à la bifurcation qui permet de rejoindre
Yosemite Valley. La route qui suit offre une vue sur un paysage surprenant, dont les arbres sont partiellement morts.
Puis, alors que je planifie mon trajet,
ce qui ressemble à une petite abeille s’invite à mon voyage !
Ma prochaine destination:
Tunnel View. A nouveau, le point de vue est très prisé et je peine à trouver une place de parking. La vue offerte sur la Vallée de
Yosemite est plutôt impressionnante. Malheureusement je me rends compte seulement maintenant, en écrivant ce récit, qu'un arbre s'est planté en plein sur ma photo, ce qui cache une bonne partie de la vue...
Je parcours à nouveau quelques kilomètres jusqu'à mon dernier point de vue:
Bridalveil Fall.
Malheureusement,
je ne peux m'empêcher d'être un peu déçu en voyant le débit fortement réduit de la cascade.
Afin de rentabiliser ma visite,
je décide alors de grimper sur les rochers jusqu'au point d'eau en bas de la cascade. Tel un rover martien, j'essaye de "pré-calculer" l'itinéraire idéal à travers les rochers, avant de m'engager. Ce fut un peu plus difficile que prévu, et il faut faire très attention car
ces rochers sont très glissants; un panneau vous le fait savoir.
Le point d'eau est un lieu tranquille et cette petite "séance d'escalade" valait clairement le coup. Je m'y pose un certain temps, avant que la météo ne se gâte; un coup de tonnerre retentit.
Pendant cette visite,
j'ai également l'occasion de discuter avec une jeune fille d'à peu près mon âge; comme par habitude, nous parlons de nos voyages respectifs, bien qu'elle vivait déjà aux
Etats-Unis !
Il est cependant déjà temps d'y aller pour moi... Il commence à se faire tard, et j'ai encore un bon bout de route à parcourir jusqu'à
San Francisco.
Avant de poursuivre la fin du trajet, une idée loufoque me vient à l’esprit :
et si je mettais le micro directement sous le capot moteur ? Fait plutôt amusant, des passants intrigués par le capot ouvert alors que je fixe le micro me demandent si j’ai besoin d’aide. Je les remercie en expliquant mon "projet", puis c’est
une voiture de patrouille qui s’arrête au niveau de l’aire où je suis stationné. Gros coup de stress : que vais-je dire à la police locale ? Que je fixe un micro dans le compartiment moteur pour mieux enregistrer mes accélérations ? Heureusement, je n'étais pas concerné; la voiture de patrouille interpelait simplement une veille voiture noire. Je repars comme si de rien n’était, avec mon micro enregistrant le son du moteur directement à sa source !
Autre fait surprenant, lorsque je démonte mon micro quelques aires plus loin,
la même voiture noire s’arrête derrière moi, puis repars un court instant plus tard. Peut-être ont-ils envisagé de me jeter dans le ravin pour effacer mon témoignage ! Je n’avais pourtant pas vraiment envie de finir mon périple dans le coffre de cette voiture un peu sinistre, et un peu décalée dans cette zone plutôt touristique.
Après avoir quitté
Yosemite, une portion de route sinueuse s’offre à moi et je profite une dernière fois de la voiture avant que la voie rapide ne prenne le relais jusqu’à ma destination finale. Entre deux, je m'arrête à une station de lavage équipée d'un aspirateur. Vous vous rappelez de
mon petit détour sur les lacs salés de Bonneville ? Des résidus de sel tapissent encore le sol de la Mustang. C'est donc le moment ou jamais de faire disparaitre les preuves !
Alors que je parcours la voie rapide, j’observe, un peu nostalgique,
mon dernier coucher de soleil dans l’Ouest Américain.
Tandis que l’environnement s’urbanise petit à petit, le trafic routier s’intensifie jusqu’à devenir très dense.
La route paisible laisse place à une voie rapide bondée de gens revenant de leur week-end, visiblement un peu énervés car la circulation est un peu chaotique; je me fais doubler de tous les côtés, bien que je dépasse moi-même légèrement la limitation de vitesse afin de rester cohérent avec le trafic. Je dois également être le seul fou à rouler en toit ouvert au milieu de cette circulation...
Comme ultime attraction,
je traverse le San Mateo Bridge, long de 11km, en direction de
San Francisco.
Pour ce soir, j’ai choisi de loger à 5 minutes de l’aéroport
SFO, dans le
Ritz Inn Motel de San Bruno (juste au sud de
San Francisco). On ne peut faire plus simple comme motel; même si l’état de la chambre laisse à désirer par endroits, c’est suffisant pour passer une nuit au "doux" son des avions qui décollent sur une base régulière.
Il fait déjà nuit. Afin de gagner du temps le lendemain, je fais un dernier plein de la voiture en vue de la rendre chez Hertz.
Puis soudain,
je décide de partir très loin; je remonte dans la Mustang, démarre le moteur et m’élance sur la route en direction du nord, brulant tous les feux rouges, traversant le Golden Gate à 200 km/h, tous feux allumés, longeant la mythique Route 1, traversant le Canada, avant de finalement arriver en Alaska. De retour à la réalité, je suis toujours en train de faire le plein dans une station Shell de San Bruno...
Pour ce dernier soir dans l’est, pas de restaurant « lent ». Je me contente d’un fast-food Wendy’s. N’ayant jamais fait l’expérience dans ce restaurant "rapide", je peine un peu à faire effectuer ma commande, ce qui ne manque pas de faire rire la caissière. Je m’installe à une table. Je suis presque le seul client; pas étonnant quand on sait qu’il est environ 22:00.
De retour à l’hôtel,
je prépare mes papiers d’aéroport afin d’éviter les mauvaises surprises. Je positive : mon billet d’avion n’indique pas
Paris CDG comme destination...
Dans le prochain épisode : je ne rentre pas en
France.
Merci pour votre lecture ! je vous retrouve pour la suite la semaine prochaine (certainement dimanche car je ne serai pas disponible samedi). La suite sera un peu particulière puisque j'inclurai plusieurs jours en un seul récit. J'en dis pas plus pour le moment !