20 jours dans le Tamil Nadu (Inde du Sud): carnet (presque) en direct Pagaljavab · 24 juillet 2018 à 19:51 · 230 photos 155 messages · 23 participants · 19 240 affichages | | | | À: Pagaljavab · 2 août 2018 à 18:46 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 61 de 155 · Page 4 de 8 · 2 199 affichages · Partager Je te lis toujours avec plaisir et envie même si je n'écris pas... | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Pagaljavab · 2 août 2018 à 19:23 · Modifié le 30 août 2018 à 19:51 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 62 de 155 · Page 4 de 8 · 2 196 affichages · Partager Jour 11 et 12, Chettinad (Kannadukathan / Namunsamudram / Pudukkottai / Thirumayam / Pudukkottai / Thanjavur), 1er et 2 août
Déjà la moitié du voyage... Re-petit déjeuner « continental » copieux, mais cette fois, un employé me fait goûter un plat de riz noir sucré, une sorte de pongal sucré, très bon. Bus local, direction Namunasamudram (17 roupies) et son temple d'Ellangudipatti, réputé pour être l'un des plus beaux temples d'Ayyanar de la région. Arrivé dans ce village animé, un petit tchaï pour se donner du courage. Le chemin qui monte vers le temple est au bord de la route principale. Au bout de quelques mètres, un groupe d'hommes m'invite à m’asseoir avec eux pour « discuter ». Après les questions habituelles, l'un me propose de me déposer au temple un moto. Je ne refuse pas, car il y a un bon kilomètre de montée sous le cagnard. Nous arrivons devant l'entrée. La longue allée de chevaux en terre cuite commence, c'est magnifique ! Mais en avançant seul sur cette allée silencieuse, on a une impression très étrange avec ces centaines de chevaux, chiens, vaches et autres créatures qui vous fixent avec leurs yeux désincarnés...
Chacune des centaines de statue d'animal est différente, certaines peintes et en bon état, d'autres en pleine érosion et décapitées. C'est comme ça sur au moins 200 m, avec un gros éléphant et deux chevaux montés en terre cuite au milieu du chemin.
Sur cette allée ombragée et bordées de chevaux et d'arbustes et de ronces, on éprouve par moment la curieuse sensation de ne pas être seul... Et en effet je ne suis pas seul, car un villageois débarque de je ne sais où et m'amène au bout du chemin. On arrive devant un autel en plein air dédié à la divinité. Très impressionnant.
Le villageois est en fait un muet qui me fait comprendre par des signes qu'il est préposé au balayage du temple (je ne vois pas trop ce qu'on peut balayer sur ce sentier, mais bon...) et qu'il veut bien un peu d'argent. Je lui donne 10 roupies. Il disparaît aussi vite qu'il est apparu. Derrière le temple, on peut un peu marcher dans cette petite forêt jusqu'à un hameau de paysans en huttes de paille (sûrement là d'où venait le muet). Je fais une boucle pour traverser l'allée une seconde fois. Je repars vers Namunsamudram à pied. Au bout de quelques mètres, un gars maigre et hirsute avec des yeux rouges et une démarche de zombie, lui aussi sorti de nulle part, me demande 10 roupies... Je décline et continue. Au bout de 5 mn, je me retrouve dans un minuscule village en pleine nature (mes deux précédentes rencontres me font comprendre que le hameau à l'écart près du temple est probablement celui des basses castes du village). Mais le problème est que je n'ai pas traversé de village à l'allée... Les habitants me regardent passer sans être non plus très étonnés. Je me suis trompé de chemin, mais j'en profite pour photographier quelques scènes de vie dans ce village au milieu de rien. Finalement, un villageois me demande ce que je fais ici, puis me propose de me redescendre en moto. Je ne refuse pas ! Le nom du village, Meluthaymuthpatty, était indiqué en bas à Namunasamudram, qui passe pour une grande ville à côté! Deux minutes d'attente et déjà un bus pour Pudukkottai (10 roupies). Je retrouve la "civilisation"" et fais une pause vada-sambar et sundal dans un petit boui-boui sympa. Puis dès que j'en ai l'occasion, je carbure au lemon-soda bien frais (20 à 25 roupies selon les endroits). Je marche vers le centre jusqu'au cinéma. Pudukkottai est une petite bourgade assez plaisante, moins bourgeoise et moderne, plus populaire et « traditionnelle » que Karaikudi. Dans le petit centre, c'est agréable de se perdre dans les rues et ruelles (sauf si l'on tombe sur le quartier des bouchers et son odeur pestilentielle...). Devant le cinéma, je demande à un rickshaw de me déposer dans le vieux quartier de Thirugokarnam, à un peu plus de 2 km de là, où se trouve un musée et quelque beaux temples. Course à 70 roupies. Le rickshaw est un peu déglingué et tombe souvent en rade... Plus loin sur la route, on entend un bruit de ferraille... Mon chauffeur s'inquiète, fait demi-tour quelques mètres en arrière, parle à un motard derrière, descend sur le bord de la route et ramasse quelque chose. Putain, je n'y crois pas, c'est mon téléphone ! Il a glissé de ma poche, à rebondi sur la carlingue du véhicule puis est tombé sur la chaussée! Je n'ai rien vu. Il est intact. J'ai de la chance... Il me dépose devant le musée et je lui donne un supplément pour avoir sauver mon téléphone. Le Pudukkottai Museum (100 roupies) est un musée très hétéroclite et beaucoup plus grand que ce que j'imaginais. Parmi ces différentes sections : du naturalisme avec de nombreux animaux empaillés et classés par catégorie, des objets divers (certains magnifiques), de l'archéologie, des armes, des très belles statues anciennes de divinités hindoues et jaïnes, des instruments de musique, des cartes sur les temples de la région... On saute du coq à l'âne, mais la visite vaut vraiment le coup, malgré les gardiens qui vous pressent pour passer d'une salle à l'autre (eh oui pourquoi rester plus de 30 secondes dans une salle ?). Je met ensuite en quête du fameux temple proche du musée qui vaut le détour, sans avoir son nom. D'abord de minuscules templions près d'un bassin, puis un panneau indiquant « Brahadambal Temple ». Le temple est haut, mais sa devanture est plutôt moche, on dirait un hangar agricole. La grille est-mi ouverte. Et l'intérieur est époustouflant, il paraît ancien et l’architecture est de toute beauté!
Il y a une cour, très belle aussi, avec une divinité ressemblant à Ayyanar.
À l'intérieur, au bout du temple, il y a une grand porte entrouverte. Je la pousse, et là il y a un temple qui a l'air encore plus ancien. Les statues sont sublimes ! Mais un brahmane qui dormait se réveille. Il dit que je dois revenir plus tard, car tout le temple est censé être fermé. Le gardien entre et gueule sur tout ceux qui m'ont laissé entrer, puis me dit d'aller dehors et de revenir en fin d'après-midi. Je ne pourrai pas...
Longue marche sous le cagnard pour aller à la gare routière. Bus pour Thirumayam et son fort Nayak du 17ème siècle qui part dans les 5 mn (15 roupies). Quelques minutes plus tard, au bout d'une longue allée bordée de palmier apparaît le fort de Thirumayam. Je n'imaginais pas quelque chose d'aussi imposant ! Il ressemble assez à celui de Jaisalmer en plus petit (et sans ville autour ni à l'intérieur).
L'entrée est à 200 roupies pour les étrangers. C'est « cher » mais ça les mérite. On monte quelques marches, on passe d'énormes murailles et des rochers gigantesques. Tout en haut, on peut monter au sommet d'une pyramide avec en canon en son sommet
avec une vue panoramique imprenable sur les plaines du Chettinad.
En contrebas, on peut accéder par une échelle à un petit temple creusé dans un des gros rochers abritant un lingam. Il y a également une porte (fermée) qui selon un visiteur qui m'explique, donne accès à des couloirs souterrains de plusieurs kilomètres. Je remarque aussi que les recoins cachés du fort sont un lieu prisé de rendez-vous des amoureux... Bus de retour pour Kanadukathan, mais je me plante de bus... On me dépose au village suivant où je dois revenir à Thirumayam... Nouveau bus, puis renouveau bus, et me voilà à bon port. Le temps de vite faire mes valises, car mon heure de check-out est imminente et le patron s'inquiétait parce qu'un groupe de français venait d'arriver et était intéressé par ma chambre. La femme qui doit prendre ma chambre me presse un peu. À ce propos, le peu de touristes que j'aurai croisé sur l'ensemble du voyage n’auront quasiment été que des français. Mais la plupart du temps, je n’en croise aucun. Finalement, je n'aurais pas vu l'intérieur des mansions et palaces de Kanadukathan, mais qu'importe, ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus. Re-bus pour Pudukkottai (25 roupies) où je décide de passer la nuit pour visiter les alentours le lendemain matin, avant de me diriger vers Thanjavur. Je prends le premier hôtel face à la gare routière, Hotel AKGN. On me propose une non-AC à 630 roupies. Elle n'a pas l'air reluisante du tout mais ça ira pour une nuit. Dîner au restaurant végétarien Abbarami, également face à la gare routière: très dur de se faire comprendre, mais excellent veg kothu parotta (75 roupies) et bonne carte de cuisine tamoule typique. Dans une rue parallèle, un bon lassi pour 25 roupies. Retour à l'hôtel : surprise pas de wi-fi... Et en fait, à y voir de plus, la chambre laisse vraiment à désirer, et il y a des cafards énormes ! Je passe du presque luxe au taudis. J’avais qu'à mieux vérifier et me renseigner, tant pis pour moi. Allez, quelques heures à passer...
Le lendemain, petit déjeuner tamoul au Nandhi, concurrent de l'Abbirami (2 idli et un vadai, 39 roupies, très bon), je traverse la route pour aller à la gare de bus, direction Narthamalai où il y a un temple jaïn, Vijayalaya Choliswaram, qui daterait du 8ème ou 9ème siècle. Il faut prendre un « city bus » (ceux qui desservent la ville et ses alentours), le n°8 (17 roupies). Le bus laisse au bord de la route, et de là, il faut marcher 2 km (ou prendre un rickshaw qui demande 120 roupies !!). Mais au bout de quelques minutes, un homme propose de déposer en moto au temple. Sauf qu'il m'amène au temple d'Ambal du centre du village qui n'a aucun intérêt esthétique, même s’il est très « powerful », me dit le brahman qui me met mon tilak sur le front en me donnant un grand collier de fleur. Je lui demande où se trouve le temple de Vijayalaya Choliswaram, qui est censé être à un kilomètre de là selon le LP. Mais il n'en sait rien. Je l’identifie sur Google Map et me mets en marche. Le paysage est impressionnant avec ses grandes collines faites de gros rochers tout ronds. Un autre homme en moto me propose de me déposer. J'accepte, mais il ne m'amène pas du tout au bon endroit... Il me ramène à la fin de la première route, et me dit qu'il y a un temple de Shiva et des grottes. J'y reviendrai plus tard et je reste sur ma première idée d’aller d'abord à Vijayalaya Choliswaram, que personne ne semble connaître ici... Un chemin de 2 km (encore!) vers le sud-ouest sort du village, on traverse un hameau de paysans, puis on se retrouve sur un sentier abrité par la végétation. J'aperçois de loin le beau temple ocre qui trône en haut d'un rocher (et ressemble effectivement un peu au Temple du Rivage de Mahabalipuram, comme le dit le LP). Mais comment l'atteindre ? Je sors du chemin, coupe un peu par le côté, escalade un rocher pas trop ardu, et je me retrouve sur une crête rocheuse plate d'où on peut aller vers le temple. La vue sur la région autour est imprenable ! Il n'y a pas âme qui vive, c'est la nature totale. Enfin, le temple, qui ressemble bien à un sanctuaire jaïn des alentours du 10ème siècle finement ciselé.
Mais en regardant autour, on voit qu'il a été récemment hindouisé avec des nouvelles statues du taureau Nandi face au sanctuaire comme s'il s'agissait d'un temple de Shiva. Derrière deux petits temples troglodytes avec d’autres belles statues et des vieilles inscriptions en alphabet brahmi. Très pittoresque, mais ça se mérite car le chemin n’est pas aisé. Et il fait une chaleur de dingue, je sue des torrents ! Du haut du rocher, j'aperçois au loin en contrebas un bassin naturel avec un cheval blanc en terre cuite qui semble indiquer un temple d'Ayyanar ! Sur la carte il y a bien un Ayyanar indiqué, mais quelques kilomètres plus loin, ce n'est pas le même. Vu d’en haut, il n'a pas l'air très intéressant, mais il n'est pas trop loin et ça semble possible d'y aller... même si je crois comprendre qu'il faudra trouver un sentier pour contourner le lac. En chemin, je découvre un petit sanctuaire troglodyte peint en vert, visiblement dédié à un saint musulman : il y a des symboles islamiques sur les parois et on peut voir un tombeau à l'intérieur de la grotte. Mais tout est fermé. Je fais pause de quelques minutes pour sécher mon t-shirt sur un rocher.
Je descends encore et arrive devant le lac. Les deux chevaux en terre cuite sont sur l'autre rive à côté d'un bosquet, mais il n'y a pas l'air d'y avoir autre chose...
Je contourne le lac puis le bosquet par un sentier latéral, mais je me retrouve dans des champs asséchés, il n'y a rien... Pourtant les chevaux ne peuvent pas être loin... En plus, deux ou trois coups de feu raisonnent dans la vallée à ce moment-là, ce qui n'est pas rassurant. Je traverse le bosquet par l'autre côté... Il y a un petit ruisseau qui revient vers le lac. Et là, non seulement je revois les chevaux, mais je tombe sur un magnifique sanctuaire d'Ayyanar en pleine nature, installé sur un rocher et caché par des arbres avec ses rangées latérales de chevaux (et autres créatures décapités dans les buissons).
L'autel est disposé comme une crèche macabre, la scène est assez terrifiante.
En plus, des amas de plumes de coq à 5 mètres devant « l'autel » montrent qu’il y a eu des sacrifices tout frais... Pas rassurant...
Pour avoir un peu étudié Ayyanar il y a quelques années, cette ancienne divinité villageoise tamoule a été hindouiséé et n'est censée recevoir que des offrandes végétariennes ; mais traditionnellement, c'est un dieu guerrier qui demande des sacrifices de sang, et les villageois continuent à le faire un peu discrètement. La statuette principale d'Ayyanar, toute noire, fait peur, autant que toutes les autres divinités qui l'entourent.
C'est incroyable de tomber dans un endroit pareil, mais quelle sensation étrange... En essayant de revenir entre les arbustes, je tombe enfin sur quelqu'un : un paysan enturbanné que je salue en tamoul, mais qui me fait signe de partir. Je n'insiste vraiment pas... Je finis par retrouver le sentier pour revenir vers Narthamalai, et croise deux bergères : une est sympathique et me fait des signes amicaux, mais la plus vieille est moins accueillante et me fait signe moins sympathiquement de rentrer vers le village. Au moins, il y a enfin de la présence humaine.
Deux kilomètres de marche, je rejoins enfin la « civilisation » (enfin si on peut qualifier ainsi Narthamalai) et me jette sur un soda bien frais! Je retrouve la route de l’aller, où on m'avait déposé à l'aller, avec les temples de Shiva, et aussi des temples jaïns selon Google Map. Encore 500 m d'un sentier caillouteux et je tombe sur les temples. Il y a des dizaines de femmes, apparemment employées pour travailler sur un nouveau chemin goudronné, qui se reposent. Un homme s'approche de moi avec des clés et me dit qu'il peut me faire voir l’intérieur des temples. Ils semblent assez anciens et sont beaux, mais après ce que je viens de voir, c'est presque d'un intérêt limité. C'est beau quand même.
Le vieux bonhomme me demande un petit pourboire et je lui donne 50 roupies. Il me dit qu'il n'y a pas de temples jaïns troglodytes à cet endroit... Retour à pied sur les 1,5 km qui restent jusqu'à la route nationale, et j'attrape un bus pour Pudukkottai en moins de 5 mn. J'avais prévu d'explorer d’autres villages, mais j'ai chaud et j'ai peur d'être déçu par rapport à ce que je viens de voir.
Une douche dans mon taudis miteux de Pudukkottai et je checke out sans regret. J'ai décidé de partir vers Thanjavur. Un dernier repas chez Abbirami (excellent curd rice pour 35 roupies), et je trouve un bus public pour Thanjavur (45 roupies). C'est assez rapide : 1h20 seulement pour arriver au New Bus Stand qui est à 5 km du centre. De là, il faut prendre un city bus vers le centre (9 roupies). C’est peu dire que Thanjavur est une ville bruyante. Ça grouille de partout, klaxonne en permanence. C'est de loin la plus animée des villes du Tamil Nadu depuis que je suis arrivé. Dur, surtout quand on arrive dans l'après-midi en pleine chaleur, après une journée pareille. Je cherche un hôtel, mais le LP est nullissime... Je vais du côté de l’Old Bus Stand, et un hôtel moderne parmi plein d'autres, l'Hotel Ramnath, qui dépasse tous les autres bâtiments en hauteur. Une chambre très correcte avec AC pour 1200 roupies : je prends sans discuter ! En plus je suis au 5ème et dernier étage et du couloir, j'ai une belle vue sur Thanjavur. C'est parfait! Un petit tour au temple Brihadeeswhara, à 5 bonnes minutes de là, avant que la nuit tombe. Devant, c'est la fête ! Des chars qui portent les effigies divines balancent de la musique à un volume assourdissant, et il y a diverses danses endiablées. Je rentre juste dans l'entrée du temple et profite du coucher de soleil. Je reviendrai demain. Dîner au très bon Vasantha Bhavan (un idyappam/lait de coco sucré et 6 idli, 110 roupies), puis un jigarthanda bien fais (70 roupies) dans une échoppe toute proche. Le tout dans la rue de mon hôtel, qui semble concentrée toute l'activité nocturne. C'est simple, il y a tout et tout le monde est là. C'est bruyant, grouillant, bondé, pollué, mais très dynamique et plaisant pour sortir : on ne risque pas de s'ennuyer ! Ça me plaît assez bien finalement. Journée bien remplie, au lit. Ou pas ! Je fais avant un petit tour de quartier et constate encore l'effervescence de Thanjavur la nuit.
Pudukkottai   Pudukkottai Museum   Temple de Brahandambal    Quartier de Thirugokarnam   Hotel AKGN  Restaurant Abbirami   Restaurant Nandhi   Narthamalai   | | | À: Pagaljavab · 5 août 2018 à 7:00 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 63 de 155 · Page 4 de 8 · 2 154 affichages · Partager C'est bon de te lire pour plusieurs raisons. D'abord de voir que tu n'es pas déçu de tout ce que je t'avais raconté et vanté de Pudukkotai et environs et surtout de constater que ça n'a pas tellement changé, finallement, en dix ans... Tout y est : cette impression d'être "accompagné" dans les temples d'Ayyanars, les gnes, l'ambiance, etc... Et je retrouve aussi, qui n'a pas changé, cette impression de Thanjavur comme ville extrêmement bruyante. Tu continues à me donner envie de retourner dans tout ce secteur. Moi j'avais adoré l'architecture intérieure des mansions de Kanadukathan avec leurs vaste patios aux nombreuses colonnes peintes. On avait presque l'impression que c'était mieux entretenu dedans que dehors. Tu ne dis rien des monstres de foetus humains et animaux conservés dans du formol du musée de Pudukkotai. On se demandait ce qu'ils faisaient là... Les auraient-ils enlevés ? | | | À: Pagaljavab · 7 août 2018 à 19:27 · Modifié le 30 août 2018 à 21:34 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 64 de 155 · Page 4 de 8 · 2 105 affichages · Partager Jour 13 et 14, Thanjavur et Trichy, 3 et 4août
Réveil assez tôt pour profiter du temple de Brihadeeswharar avant le débarquement des foules. Le « Big Temple » comme on le surnomme, se trouve au bord d'un grand axe presque sans arrêt embouteillé, notamment à cause de la proximité de la gare routière. La veille au soir, j'avais découvert l'entrée du temple dans une ambiance de liesse, avec des chars, beaucoup de bruit et danses endiablées!
Mais au contraire, l'atmosphère du matin est assez paisible. On passe la première entrée du rempart, on dépose ses chaussures et sacs à droite après le passage du gopuram d'entrée (5 roupies). On pénètre enfin dans une cour immense qui constitue l'enceinte du complexe religieux.
Les parties les plus anciennes du temple datent de la dynastie Chola (début du 10ème siècle), ce qui marque déjà une rupture esthétique notable avec les autres temples visités, avec des ajouts successifs des Nayak puis des Maratha. L'ensemble architectural Chola est bien préservé et superbe dans la lumière du matin.
Le sanctuaire centrale est dédiée à Shiva, mais le darshan est interdit aux non-hindous. Y en qu'on essayé, ils ont des problèmes ! Mais on peut observer le grand lingam de loin et il y a tellement de belles choses à voir... Certains des sanctuaires mineurs sont autorisés d'autres non. Certains ont des peintures murales un peu plus tardives magnifiques et tous sont sertis de sculptures plus belles les unes que les autres.
Des lingam suivent presque toute la périphérie couverte du temple. L'ensemble est largement moins imposant que Madurai, mais aussi plus ancien et d'une esthétique différente. Je commence à quitter le temple après deux bonnes heures de visite, quand les touristes indiens commencent à envahir les lieux et les sollicitations de selfies se font trop fréquentes. Mais on ne se lasse pas d'observer des centaines de détails sur les murailles de ces temples. Ces quelques photos ne rendent pas justice l'immensité et la variété de ce qu'on peut y voir...
Si Thanjavur est une grande ville dynamique qui paraît riche et prospère, il y a aussi plus de mendicité qu'ailleurs autour des spots animés ; il faut s'attendre à être sollicité. Je reviens vers la rue de mon hôtel, South Rampart Street, face à la gare routière, qui concentre une offre impressionnante d'hôtels, de restaurants, de stands de rue et de commerces en tous genres, avec une marée humaine qui ne foule qui ne désemplit jamais. Je choisis un restaurant végétarien à l'enseigne en tamoul (désolé, pas de nom du coup, c'est frustrant pour moi de ne pas pouvoir tout lire comme en territoire hindiphone) et me délecte de deux succulents utthapam bien épais et moelleux (80 roupies en tout). Le personnel est adorable et aux petits soins, comme souvent dans ce genre de restaurants non touristiques. Suite des événements : visite du Royal Palace, à quelques centaines de mètres plus au nord, par East Main Street. Au début de la rue, j'ai du mal à avancer à pied tant la rue est encombrée. Je dois ensuite attendre quelques minutes parce que je suis arrivé un peu avant l'ouverture de l'après-midi à 13h30. Pour tout voir du palais, il faut prendre le « consolidated ticket » (ticket complet) à 200 roupies pour les étrangers. Inutile de rajouter 100 roupies pour l'appareil photo, personne ne vérifiera à l'intérieur si vous avez pris le ticket. Le palais a été construit au 16ème siècle par les Nayak, et complété plus tard par les Marathes. On suit un chemin qui mène au Maratha Dharbar, la cour royale, avec de belles arches et un hall avec un plafond richement décoré et de magnifiques sculptures de divinités hindoues.
Avant de rentrer, il y a deux petits musées privés pour lesquels il faut rajouter 5 roupies chacun : le Royal Palace Museum et le Maharaja Servoji Memorial. Selon le LP, le second est beaucoup plus intéressant que le premier. Il contient une collection d'objets hétéroclites, dont la plupart ne concernent même pas ce Maharaja. Je reste moins de 5 mn et me dis que si l'autre est moins bien, je ne vois pas l'intérêt d’y mettre 5 roupies pour perdre du temps à voir des timbres autrichiens de la fin du 19ème siècle, des os de baleines, des chapeaux anglais et des sabres rouillés... En revenant sur la cour principale, il y a le Saraswati Mahal Library Museum, qu'on reconnaît grâce à son pavillon imitant un temple dravidien. Il est un peu plus intéressant avec des manuscrits anciens, des estampes et des tableaux appartenant au prince Serfoji II. À côté de l’entrée, il y a un petit cinéma qui diffuse toutes les heures un documentaire (de promotion) d'une demi-heure sur la ville de Thanjavur, ses sites touristiques, ses aménagements et sa région : plutôt pas mal et permet de se rafraîchir avec la clim glaciale. Puis on finit avec la galeries d'art qui présente une très belle collection de statues de divinités hindoues anciennes, dont une salle entièrement consacrée à Shiva Nataraja. En sortant, on peut aller au pied d'un clocher, dans le quel se cachent aussi les amoureux. Sur le chemin du retour, à l'extérieur, on peut admirer le Sarjah Madi, un bel alignement vertical de balcons décorés, que j'avais repéré à l'aller sans savoir qu'ils faisaient partie du palais.
Dès que j'en trouve, je carbure au plain soda (15 à 20 roupies) : c'est juste de l'eau gazéifiée, mais quand elle est fraîche, c'est le meilleur rempart à la chaleur. C'est aussi avec ça que son fait les lemon-sodas, que j'enchaîne à chaque fois que j'en trouve. Rentré à l’hôtel, je décide finalement de partir pour Trichy, alors que j‘avais prévu de la visiter depuis Thanjavur. City bus à 6 roupies pour aller à la gare, où j'achète un ticket de Second Class pour le prochain départ pour Trichy à 18h25 (40 roupies). Une averse courte mais intense éclate alors que je suis sur le quai : rafraîchissant! Le train a 25 minutes de retard, mais le trajet dure moins longtemps que prévu, soit une heure.
Trichy est une ville gigantesque. C'est une autre dimension par rapport à toutes les villes que j'ai vues dans le Tamil Nadu, et même en Inde. Il y a 9 km de la gare principale (Junction) à Srirangam, le quartier du temple, le cœur religieux de Trichy, une grande île au milieu du fleuve Cauvery. Si on veut éviter les propositions démentielles des rickshaws, il suffit de marcher 2 mn vers le grand boulevard qui passe devant la gare et prendre un bus pour 11 roupies : plusieurs lignes très régulières vont vers Srirangam. Le seul inconvénient est que Trichy est une ville incroyablement encombrée et qu'à cette heure-ci, il faut une bonne heure pour faire le trajet. Le bus dépose quasiment devant l'entrée du temple. Je demande à un rickshaw l'adresse d'une guest-house conseillée par membre du forum. Il ne connaît pas mais il se renseigne. C'est tout près, mais pas une chambre de libre à cause d'un festival le lendemain. Mais un des propriétaires, d'une grande gentillesse, me propose une chambre au Karthik Lodge pour me dépanner, à 100 m de là. Il m'emmène dans une grande chambre-appartement impeccable avec deux pièces et AC, à 500 m du temple... pour 1500 roupies ! Une affaire. Au petit matin, je me lève tôt et marche en direction de la pointe ouest où il y a apparemment des temples au bord de la Cauvery. L'île de Srirangam est complètement différente de la ville moderne et embouteillée que j'ai traversée la veille. Le quartier de mon hôtel est calme, très « Inde traditionnelle ». On y aperçoit le plus gopuram du temple de Ranganathaswamy. Mais en m'éloignant un peu vers l’ouest, je suis en quelques minutes en pleine nature : une forêt, puis un village. J'ai dû mal à croire que je suis en plein coeur de la métropole bruyante et chaotique que j'ai vue hier. Au bout de 4 km, je trouve les petits temples au bord du fleuve. Quelques villageois font leurs ablutions.
Je ne dois pas être au bon endroit pour observer les rites religieux dont tout le monde parle, mais l'endroit est agréable et inattendu. Je peux voir que la Cauvery est un fleuve immensément large, avec de grands barrages. Pour rentrer, des gamins me ramènent en rickshaw pour 50 roupies. Court passage à l'hôtel, et je repars vers le temple de Ranganathaswamy, qu'on reconnaît de loin grâce à son haut gopuram de 72 m, qui est en fait de fabrication récente, mais n'en est pas moins beau et imposant.
Le temple au milieu d'un ensemble de rues concentriques bondées de boutiques colorés et de pèlerins tout aussi colorés. Quelques centaines de mètres et changement de décor : le chemin pour aller vers l'entrée est un chaos de boutiques, de vendeurs de rue, de vaches, de motos qui se frayent un chemin dans la marée humaine...
Mais ce n'est pas ce chaos urbain moderne qu'on trouve dans les autres quartiers de la ville. C'est... l' Inde quoi ! On passe les trois premiers gopuram en progressant à pas de fourmi au milieu des vendeurs et de la foule. Quelques singes malicieux prennent la pause sur des poteaux. Au quatrième gopuram, on dépose ses chaussures pour 5 roupies et on entre vraiment dans l'enceinte du temple. Contrairement aux autres grands temples visités en pays tamoul, tous shivaïtes, celui-ci, également d'époque Nayak, est dédié à Vishnu (après tout, un peu de vishnouisme dans la vie ne peut pas faire de mal !). Pour la suite, je fais vite tant cette ville-temple est gigantesque et phénoménale ! Ça se vit. Toutes les parties se surpassent en terme d'architecture et de sculpture.
Il y a une dévotion religieuse hors du commun.
C'est chaotique et spirituel à la fois. Des centaines de pèlerins effectuent des rites, dorment et mangent entre les piliers. Le lieu mériterait d'être illustré de dizaines de photos, mais plus de place... Les deux sanctuaires principaux sont strictement interdits aux non-hindous, ce n'est même pas la peine d'essayer... J’ai quand même pu pénétrer dans quelques-uns avant de parfois me faire mettre dehors après avoir pu les visiter. Je n'ai pas essayer ceux de Vishnu et de la Déesse, c'est peine perdue et la file d'attente est immense. Près de l'entrée, il y a un « point of view » qui permet d’admirer le temple d'un peu plus haut (20 roupies) : ça vaut plutôt la peine. Puis bus direction le Rock Fort (8 roupies), qui trône majestueusement au-dessus de la ville du haut de son rocher. Passage du pont au-dessus de la Cauvery et retour dans la ville effervescente et ses bouchons à n'en plus finir. Avant de passer la porte du bazar qui mène vers l'entrée du Rock Fort, petit arrêt dans une minuscule gargote locale, le SBS, où je mange un délicieux utthapam et des idli pour pas grand-chose, avec encore une fois un service aux petits soins et heureux de voir un étranger chez eux. Passage de la porte, et je tente d’avancer dans la marée humaine, encore plus dense que devant le temple de Ranganathaswamy, avant d'arriver au pied du Rock Fort.
Il y a 400 marches à gravir pour arriver au sommet. Au bout de quelques marches, il y a un petit temple de Ganesh où les pèlerins font la queue. Il y a aussi un bureau où il faut payer l’entrée (20 roupies). À mi-chemin, un temple interdit aux non-hindous et une sorte de grotte avec de belles sculptures de Shiva. Puis tout en haut, un temple avec un lingam, mais surtout une vue imprenable sur la tentaculaire Thiruchirapalli.
Redescente et visite de l’imposante cathédrale Saint-Lourdes, au pied du fort, qui mérite un petit détour. Le temps d’observer la dévotion très hindoue des chrétiens indiens (photos interdites à l'intérieur pour faire comme les copains hindous!).
Au bord du boulevard, un sadhus dessine un très beau kolam. Je lui donne 5 roupies (Iil a déjà une belle somme empilée à côté de lui), et il me remercie en me faisant un doigt d'honneur et en m'insultant! Ah, les voies de la quête du salut sont impénétrables...
Bus de ville pour Srirangam, pour la visite du temple shivaïte (oui quand même !) de Jambukeshwara. Plus modeste que Ranganathaswamy, il est tout de même assez vaste. Là encore, des centaines de pèlerins habillés en jaune (c'est le dress-code pour ce festival apparemment) recouvrent le sol du temple.
Je commence ma visite seul. Encore une fois, l'architecture et les sculptures, assez proche de ce qu'on peut voir à Madurai, sont splendides.Une vieille dame qui est desservante dans ce temple me faire la visite complète : elle n'oublie pas un seul sanctuaire ni une seule statue, me barde de tilak sur le front, et me donne accès à des sanctuaires non autorisés pour les non-hindous (ce qui lui vaut parfois des remontrances, dont elle se fiche éperdument). C'est même moi qui refuse de rentrer dans le sanctuaire principal alors qu'elle était prête à m'y emmener (mais on m'aurait sûrement dégagé). Je sors du temple et je sens que j'inspire le respect avec ma collection de tilak sur le front! Prés du temple, je repère une petite agence de voyage où j'achète un billet de bus de nuit pour Pondichéry (Sleeper bus privé, 4 heures de trajet, 400 roupies). Comme je n'ai pas le wi-fi dans ma chambre et que j'ai des messages importants à envoyer, je me mets en quête d'une connexion wi-fi, ce qui se révèle être la croix et la bannière dans cette ville pourtant moderne. Même dans le quartier des boutiques de téléphonie et d'informatique, je ne trouve pas. On me dit que ce n'est pas autorisé de partager sa connexion internet. Dans une boutique, un employé a la grandiose idée de réactiver ma 4g. Résultats : 50€ de facture en quelques secondes. En plus il me sort : « tu vois, ça marche ! ». Je repars désespéré...En fin d'après-midi, je tombe sur un ghat sur la Cauvery, en plein coeur de la ville, où se baignent quelques dévots.
Bus vers Srirangam, un kothu parotta quelconque (60 roupie) dans un restaurant dont j'ai oublié le nom et qui ne mérite pas d'être mentionné de toute façon, sur la rue face au temple de Ranganathaswamy. Puis nouveau bus de ville qui part de devant le temple pour Junction (12 roupies) et arrivée de nuit très avance dans cette gare routière putride, pleine de mendiants, de déchets, de rats, et de grosses blattes. L'attente est longue... Le bus privé arrive enfin Dans ma couchette (confortable et spacieuse, on m'a attribué une couchette pour deux), mon voisin de l'autre côté me vante les mérite de Trichy, une « clean city » selon lui ! S'il savait... Comme d'habitude dans les transports de nuit en Inde, je m'endors en quelques secondes.
Au final, j'ai bien aimé l'animation de Thanjavur et son temple, mais j'ai préféré d'avantage la trépidante Trichy, sa variété paysage, ses temples, son immense fleuve, sa religiosité, sa modernité et son côté très traditionnel à la fois. Trichy, c'est l' Inde à 100%, à tous les niveaux. Je pourrais même ajouter que je ne sais pas si j'ai déjà vu une ville qui représente aussi bien l' Inde dans son ensemble. Si je n'en avais choisi qu'une entre les deux, ça aurait été Trichy, sans hésiter.
Thanjavur  Temple de Brihadeswharar   Royal Palace   Hotel Ramnath   Restaurant Vasantha Bhavan  
Trichy    quartier de Srirangam    Temple de Ranganathaswamy    Temple de Jambukeshwarar   Rock Fort    Église Saint-Lourdes  Karthik Lodge    Restaurant SBS  | | | À: Pagaljavab · 7 août 2018 à 20:03 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 65 de 155 · Page 4 de 8 · 2 101 affichages · Partager Au final, j'ai bien aimé l'animation de Thanjavur et son temple, mais j'ai préféré d'avantage la trépidante Trichy, sa variété paysage, ses temples, son immense fleuve, sa religiosité, sa modernité et son côté très traditionnel à la fois. Trichy, c'est l' Inde à 100%, à tous les niveaux. Je pourrais même ajouter que je ne sais pas si j'ai déjà vu une ville qui représente aussi bien l' Inde dans son ensemble. Si je n'en avais choisi qu'une entre les deux, ça aurait été Trichy, sans hésiter.
Je viens de recevoir ta dernière publication. Il est tard, je finis au galop mon travail avnt mon départ. je n'ai lu que ta conclusion que je cite. Te souviens-tu ce que j'avais écrit entre Thnajavur et Trichy ? Il y a... 10 ans... Et je craignais d'être un extra terrestre parce que je lisais partout que Trichy ne valait rien, qu'elle ne présentait aucun intérêt etc... alors que moi j'avais adoré... Je ne suis pas surpris... je crois me souvenir que tu rentres juste un ou deux jours avant moi ? Dommage qu'on puisse pas prendre le même vol... | | | À: Pagaljavab · 8 août 2018 à 16:26 · Modifié le 29 août 2018 à 17:42 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 66 de 155 · Page 4 de 8 · 2 066 affichages · Partager Jour 15, 16 et 17, Pondichéry et Chindanbaram, 5 au 7 août
Le bus arrive à 3h30 du matin à la gare routière de Pondichéry, à quelques kilomètres du centre. Un chauffeur de rickshaw m'accoste : c'est 200 roupies tarif de nuit pour m'emmener à Kailash Guest House, a priori la meilleure option petit budget d’après le LP. Impossible de négocier et je suis trop fatigué. En route, il me dit qu'elle est fermée à cette heure-ci, d'autant plus qu'elle afficherait complet. Je connais le coup classique et lui demande de m'emmener à destination. Effectivement, il a raison, la grille est fermée. Il me propose une autre guest-house assez proche, le Tajj Inn (ça ne s'invente pas!). La chambre est correcte, à 1500 roupies avec AC. Ça passe... Le temps que je m'enregistre, mon rickshawwala va me dégoter une bouteille d'eau bien fraîche de la marque « French », et sans frais supplémentaire ! Je peux enfin aller me reposer.
Le lendemain matin, je trouve un magasin de location de vélo juste en face de la Kailash Guest House. Je loue un vélo correct pour 75 roupies par jour, et j'en profite pour aller réserver une chambre au Kailash. Comme je suis arrivé un week-end, ils étaient effectivement complet, mais le patron m'assure qu'il y aura de la place demain. Même si le Tajj Inn est correct, Kailash à quand même plus de cachet. Très accueillants et honnête, ils me proposent même une chambre AC à 850 roupies au lieu de 1700 à cause de travaux de réfection (qui ne m'auront jamais dérangé) : ça ne se refuse pas ! J’enfourche mon vélo et je pars à la découverte de l'ancien comptoir français. Rien à voir avec ce que j'ai pu voir jusqu'à maintenant dans le Tamil Nadu. Le centre de Pondichéry (c'est-à-dire les quartiers du bord de mer) est une petite ville moderne, décontractée, ambiance vacances, et dédiée aux classes moyennes et à la consommation avec ces enseignes internationales, ces restaurants « continentaux » et ses boutiques de glaces et milk-shakes qui pullulent à tous les coins de rue. Avec ses rues et avenues rectilignes bien droites et organisée, Pondichéry me fait penser à une sorte de Chandigarh de bord de mer en plus compacte et détendue ; une sorte de croisement entre Chandigarh et Diu, avec la French Touch en plus.
Ma première impression est positive en tout cas. Je traverse le quartier français avec ses belles allées arborées, ses beaux bâtiments coloniaux, ses églises et son parc fleuri.
Je longe la plage, très agréable, bien qu’envahi par des centaines de touristes indiens, dont certains se baignent (évidemment tout habillé).
Moins chic et un peu plus encombré, le quartier tamoul n'en est pas moins moderne et relativement clean selon les standards indiens (à part l'infâme Canal Street, en gros l’égout de la ville et son odeur atrocement fétide). Une artère autour de Nehru Street se distingue par sa profusion d'enseignes en tout genre et l'encombrement qui va avec... Une procession hindoue passe à ce moment-là.
En descendant Mission Street, l’un des principaux axes nord-sud, je m'arrête au restaurant Surguru, réputé simple et pas cher, toujours selon le célèbre guide. C'est en fait un restaurant climatisé qui vend en plus cher et en moins goûteux ce qu'on trouve dans les petites gargotes. Vraiment sans plus... Puis retour au Tajj Inn pour récupérer de ma courte nuit. Le dimanche soir, Pondichéry change du tout au tout. Elle devient une ville sur-saturée et bruyante. Quelle que soit l'avenue ou la rue, j'ai du mal à avancer tout les embouteillages sont denses. Mes yeux et ma gorge piquent un peu. Je me dis que quand tout ce beau monde sera rentré de week-end, ça ira mieux. Pour changer, je m'autorise un Domino’s Pizza (425 roupies une veggie paradise moyenne, j'explose mon budget !). Puis retour à l'hôtel et début de nuit difficile car des jeunes Indiens venus se torcher la gueule le week-end à Pondy hurlent et s’engueulent toute la nuit avec des voix de bêtes féroces.
Le lendemain matin, après une grâce matinée, je reprend mon vélo. Jus d’orange frais dans la rue (super petite adresse tenue par une sympathique famille tout au nord d'Anna Salai), et j'enchaîne avec un petit déjeuner au fameux Indian Coffee House (une chaîne de restaurant aux origines communistes gérée par des coopératives, une véritable institution en Inde) sur Nehru Street: comme toujours, simple, bon et pas cher (idyappam/kuruma à 30 roupies). Puis visite de quartier français, près de la plage. Une petite visite dans le beau bâtiment de l’institut Français, dédié à l’indologie, les sciences sociales et l'écologie.
Je profite de son beaux jardin, sa terrasse qui donne sur la mer et ses bureaux ou je croise une ou deux têtes connues. L'entrée est devenue payante et un peu chère (100 roupies), mais je ne regrette pas ma visite. Puis passage devant l'agréable Bharati Park et la devanture du magnifique palais du Raj Nivas.
Je fais un passage rapide dans l'ashram d'Aurobindo (pas celui d' Auroville), rien d'extraordinaire... Le reste du temps, je déambule au hasard des rues et lutte contre la chaleur avec des pauses glaces ou lemon-soda bien frais. La belle vie ! La nuit tombée, il y a un spectacle de danse organisé face à la mer : c'est apparemment une troupe de danses villageoises costumées qui, d'après ce que j'en comprends, joue un mythe autour de la déesse Kali. Musiciens déchaînées, danseurs aux costumes effrayants et possédés par leur rôle : je suis bien content d'être passé par là à ce moment-là !
Puis pour finir la journée, je vais manger au Chettinad Restaurant, dans la partie sur-animée de Pondy. Autant l'extérieur invite à entrer, autant l'intérieur est sombre. Il y a un groupe de français. Le kothu parotta est cher (130 roupies), sans saveur, et cerise sur le gâteau, le serveur tente de m'entuber. Mauvaise inspiration, ça arrive... Petit tour pour profiter de la fraîcheur du front de mer la nuit, puis retour à l'hôtel. Je m'aperçois que le personnel du Kailash a rentré le linge que j'avais mis à sécher devant ma chambre, car il y a eu une très courte mais forte averse pendant mon absence. Ils sont adorables !
Dernier jour à Pondichéry, que je décide d'ailleurs de passer hors de Pondichéry. J'hésite entre Tiruvanamalai et Gingee Fort. Je choisis la deuxième option : moins loin, et dommage d'accorder si peu de temps à Tiruvanamalai. Passage rapide à l'Indian Coffee House pour un utthapam et quelques idly, je prends mon vélo et c'est parti pour gare routière. Mais près de la gare, une foule de laquelle s'élèvent des dizaines de drapeaux rouges du Parti Communiste bloque entièrement une des deux voies et ralentit la circulation.
À la gare routière, on me dit qu'il y a bien un bus pour Gingee, « but you've got to wait, it will take some time... ». Je fais le lien, jour d'hartal... c'est la grève... J'ai peur du « some time ». À côté, un bus semble prêt à partir pour Chindanbaram. Alors finalement, ce sera le temple de Shiva Nataraja à Chindanbaram ! Le conductor me dit : « Yes please come, there are your people inside ». C'est-à-dire qu’il y a des touristes étrangers et qu'il pense que ça va me faire plaisir. Je monte : c'est effectivement une famille de cinq Français que j'ai croisé plusieurs fois à Pondichéry, et peut-être même avant. Le père dirige les opérations comme il peut et il a bien du courage de gérer un tel voyage en transport public avec ses trois adolescentes toujours en train de râler, mais qui n’ont pas l'air mécontent d'être là non plus. Les deux plus âgées ronchonnent quand une vieille dame vient s'assoir à côté d'elle. Le père règle le problème en payant une place supplémentaire pour la valise. La vieille dame continuera debout... Mais le bus tarde à partir alors qu'il est archi-bondé depuis un moment et qu'il fait chaud. Le chauffeur arrive finalement, démarche nonchalante, comme un prince. Puis à peine a-t-on démarré qu'un passage à un niveau nous retient pendant un quart-d'heure à cause du passage de deux trains... juste à l'endroit d'un égout à ciel ouvert. On est tous pris au piège dans notre carcasse métallique, impossible d'en réchapper.Puis enfin on part. Le trajet pour Chindanbaram dure 1 heure 30 pour 60 roupies. Le bus arrive à Chindanbaram à 12h30, soit l'heure à laquelle le temple vient de fermer ! Il rouvre à 16h, soit quatre heures à tuer dans cette ville sans aucun intérêt. J’entre dans le restaurant de l'hôtel juste en face de la gare routière, le Southern Spices. C'est le genre de resto AC typique pour les familles de classes moyennes en pèlerinage : nourriture indienne souvent un peu standardisée, mais clean et climatisé. Au moins j’attendrai au frais. UN vegetable Chettinad (90 roupies), un dhal tadka (70 roupies), un riz blanc (50 roupies) et un jus d’ananas frais (70 roupies) : tout ce qu'il faut pour rester le plus longtemps possible au frais! Du reste, c'est très bon, notamment le vegetable Chettinad, un mélange de choux-fleurs, champignons, carottes et oignons dans une sauce qui a cette odeur immédiatement identifiable des restaurant du Chettinad. Le serveur me l'a vendu comme « very very spicy : Chettinad ! ». Je le trouve presque doux Mais j'ai eu beau prendre tout mon temps pour manger, il me reste encore une heure et demi à tuer, pendant lesquelles je marche dans les rues sans intérêt, visite un temple de la Déesse sans intérêt et au sanctuaire fermé... Seule chose intéressante: je trouve des toilettes très propres (pour l' Inde) dans la cour d'un hôtel chic où on me prend forcément pour un client. Retour devant la grille du temple. Un lemon-soda pour patienter pendant que les desservants brahmane du temple jouent avec les nerfs de la foule et Font monter la tension en faisant croire qu'ils vont ouvrir... avant de refermer! Puis ils ouvrent vraiment. Je laisse filer la horde qui court vers l'intérieur du temple. Les pèlerins veulent vite leur darshan, quand ce sera fait, la plupart repartira aussitôt. Il faut préciser ici que les hindous n'ont pas du tout la même notion que nous de ce qu'est un "bon temple: les Occidentaux veulent voir des temples historiques, ils viennent pour l'esthétique; la plupart des hindous n'en a cure, il faut que le temple soit en activité et la divinité soit puissante. C'est pour ça que nous nous extasions devant des vieux temples sublimes, là où eux sont moins intéressés parce que le temple n'est plus "actif" (la divinité n'y réside plus). En tout le cas, celui-ci, en plus d'être actif, est très beau. De période Chola, c'est le temple le plus ancien que j'ai vu depuis le début de mon voyage en Inde. Je fais d'abord le tour du temple: un beau bassin, des gopuram classiques récents, les mêmes qu'on voit partout dans le Tamil Nadu.
À l'intérieur, il y a de très beaux sanctuaires, certains piliers gravés sont d'une richesse architecturale impressionnante, et on trouve des murs superbement décorés, même si les plafonds, comme dans tous les temples du Tamil Nadu, ont été repeints avec des couleurs flashies.
Les brahmanes de caste Dikshitar, reconnaissables à leur chignon sur leur crâne rasé, font des puja ou récitent des mantras dans des volutes d'encens. Très beau mais ce n'est pas non plus le temple le plus époustouflant que j'ai vu au Tamil Nadu. Aussi, comme il est géré par des fonds privés, les brahmanes Dikshitar font de la vente agressive et demandent des dons astronomiques (1500 à 2000 roupies) en faisant presque croire que c'est normal et obligatoire. Il suffit bien sûr de sourire gentiment et de partir! Au niveau des sanctuaires, mention spéciale pour celui de Vishnu, allongé dans une pause d'inspiration bouddhique (photos interdites). Et bien sûr, celui pour lequel tout le monde est venu: Shiva Nataraja, la forme sous laquelle le grand dieu accomplit la danse cosmique de la création (photos interdites...). Les pèlerins sont en transe quand les brahmanes commencent la puja. L'effigie de ce Shiva est très magnétique avec ses petits yeux qui vous fixent. Une touriste occidentale un peu baba-cool, probablement italienne, me dit qu'il va y a avoir une puja spéciale à 200 roupies, mais que si l'on y va en couple, on peut partager la somme en deux. Je suis dubitatif mais j'accepte. En fait, on nous fait juste monter sur le pavillon pour voir la divinité de plus près. Super... Elle est émerveillée et sautillent en poussant des petits soupirs... sauf qu'elle change de tête quand un brahmane nous demande agressivement de dégager du pavillon au bout de 30 secondes, mais seulement à nous, pas aux Indiens. Elle est choquée, parce qu'on a payé pour la special puja. "It's rude!", elle me dit. En même temps, qu'est-ce qu'elle croyait. Si elle se pense hindoue, ce n'est pas l'avis des... hindous. Elle a eu son darshan de près, c'est déjà ça. Et moi j'ai paumé 100 roupies inutilement, alors qu'on voyait presque aussi bien la divinité de devant... Retour à la gare routière de Chindanbaram. Pas de bus immédiat pour Pondichéry, mais je trouve un bus pour Cuddalore, à 25 km de Pondy, où je devrais changé. Mais arrivé à Cuddalore, il fait nuit et personne ne sait s'il y aura un bus pour Pondy à cause de la grève. Tout le monde hèle des bus vides qui refusent de prendre des passagers, le tout dans une cacophonie incroyable. Au bout d'une demi-heure, toujours rien. Un groupe se jette littéralement sur un rickshaw et l'oblige pratiquement à les prendre pour Pondichéry! Un homme me dit de monter avec eux. On est 9 dans le rickshaw, une de mes jambes sort de la route, mais bonne ambiance, et surtout, contents de pouvoir rentrer! Dépôt à la gare routière où mon vélo m'attend fidèlement dans un coin, puis encore 3 km de nuit dans la circulation infernale et je suis arrivé. Mais quasiment aucun commerce ouvert... Le patron de ma guest-house m'explique qu'il ne s'agit en fait pas d'une grève, mais que le grand leader historique du mouvement dravidien et ancien Chief Minister du Tamil Nadu, Muthuvel Karunanidhi, vient de mourir à 94 ans. Il est immensément apprécié pour son action dans la défense de leur culture tamoule et dravidienne au point qu'on a décrété plusieurs jours de deuil. Il m'explique que ce sera donc encore pire demain: il n'y aura pas un bus qui circulera, et pas même un tchaiwala d'ouvert! Seules les pharmacies auront l'autorisation. Il m'explique que peu de gens prendrons le risque de circuler, car les processions jèterons des pierres sur ceux qui ne respectent pas le deuil! Ce qui tombe super bien, moi qui avait prévu de partir pour Mahabalipuram... Je reprends mon vélo et arpente les rues. Même sur Nehru Street et ses centaines d'enseigne, il n'y a pas un seul endroit d'ouvert. C'est un comble pour cet axe normalement saturé toute la journée. Dans une ruelle, je finis par trouve une gargote sous tente, qui fait des idli et des parotta. Il y a quelques personnes qui se sont passées le mot et achètent tout ce qu'elles peuvent. Les cuistots envoient les idli et parotta par dizaines et tout part dans la minute suivante. On se croirait en période de rationnement en temps de guerre! J'arrive à commander 8 idli et 4 parotta avec 3 généreuse pochettes de sambar, pour seulement 80 roupies. Je suis tiré d'affaires pour ce soir. J'en ai même trop et partagé mon festin avec l'homme à tout faire de la guest-house, toujours serviable, qui est bien maigre et ne refuse pas. Je fais mes bagages et me prépare pour une rude journée le lendemain...
J'ai donc trouvé que Pondichéry est une ville vraiment plaisante avec son animation, sa légère touche française et son ambiance de vacances. C'est sûr, c'est un peu la ville de la consommation et du vice après la visite de tous ces grands centres religieux du Tamil Nadu, mais c'est une étape agréable et plutôt reposante. Chindanbaram ne vaut vraiment que pour le temple de Shiva Nataraja, la ville n'a aucun intérêt. Autant faire la visite depuis Pondy ou ailleurs. J'ai raté pas mal de visites de lieux culturels à Pondichéry à cause du dimanche puis de la grève. Et non, je ne suis pas allé à Auroville!
Pondichéry   Front de mer   Institut Français   Tajj Inn  Kailash Guest House    Restaurant Surguru  Restaurant Chettinad  Indian Coffee House  
Temple de Shiva Nataraja à Chindanbaram   Restaurant Southern Spices   
| | | À: Pagaljavab · 10 août 2018 à 13:30 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 67 de 155 · Page 4 de 8 · 2 011 affichages · Partager Salut Pagal  ,
Je suis toujours, sans rien dire.
Je vois que, comme les hindous, (d'après ce que tu dis) je préfère un temple vivant à un temple archéologique. Mais c'est probablement différent : que tel temple soit en style machin ou autre, je m'en fiche.Ce qui m'intéresse, c'est comment cela vit maintenant. Et je ne suis pas hindoue, et regarde donc de l'extérieur.
Le don astronomique demandé à Chidambaram est passé, de 1996 (500 Rps) à 1500 à 2000 Rps en 2018. Mais ce qui se maintient, c'est que c'est toujours money-money. Un homme de taille minuscule s'était incrusté pendant ma visite puis demandait 500 Rps "pour les brahmanes ". J'ai le souvenir des regards avides des femmes qui l'entouraient, vers mon porte-monnaie. J'avais donné 100 Rps il me semble.
Sinon, j'avais bien aimé me promener dans la ville. C'est vrai qu'il n'y avait rien de spécial. L Mais les gens étaient très curieux et gentils envers moi. Du genre, apporter une chaise pour que je boive mon tchaïe à l'aise. Et rester près de moi sans rien dire, juste pour m'accompagner.
C'est fou comme les endroits changent en apparence avec le temps, mais pas tant que ça, pour le fond.
J'espère que tu arriveras à Mahabalipuram. | | | À: Moushika · 11 août 2018 à 7:42 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 68 de 155 · Page 4 de 8 · 1 991 affichages · Partager Bonjour Moushika, Je viens d'atterrir à Paris, mais j'ai pu arriver à Mahabalipuram, non sans mal. Je vais raconter ça dans le dernier épisode du carnet 😉 | | | À: Pagaljavab · 11 août 2018 à 10:28 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 69 de 155 · Page 4 de 8 · 1 977 affichages · Partager Salut Pagal, Merci pour ton partage. Je decouvre ton post depuis Trichy. Je te suis de quelques jours. Arrivé le 26 à Chennai... je n'ecris plus mon carnet sur VF comme j'ai pu le faire car cela prend trop de temps et j'écris dans mon carnet, à l'ancienne. Je partage sur FB par contre quelques textes, photos et dessins... Pour internet, j'ai pris une sim locale, activée en 5 jours, pour 300 roupies appels et connexion Internet illimité. J.hésite à aller à Rameshvaram et Chettinad.. te lire me decidera peut être. Images attachées: | | | À: Pagaljavab · 12 août 2018 à 21:43 · Modifié le 29 août 2018 à 20:01 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 70 de 155 · Page 4 de 8 · 1 930 affichages · Partager Jour 18, 19 et 20, Mahabalipuram, 8 au 10 août
En dépit de l’avis du propriétaire de la Kailash Guest House qui tente de me convaincre que je ne pourrai pas partir de Pondichéry aujourd'hui et que je dois rester un jour de plus, je prends mon vélo dès le matin pour voir ce qu'il en est vraiment à la gare routière. C'est reparti pour quelques kilomètres... Sur le chemin, je constate déjà que tout est fermé. Arrivé à la gare routière, je comprends vite que c'est mort : la station est quasi-déserte, pas un bus, et un flic me confirme qu’il n'y aura RIEN de toute la journée... Je repars, et à la sortie d'un grand hôtel près de la gare routière, je croise un taxi et lui demande à tout hasard s’il peut m'emmener à Mahabalipuram. Il est d'accord pour 2500 roupies et m’écrit son numéro et celui de son agence sur un bout de papier. Je n'aurais qu'à l'appeler pour confirmer dès que je suis près. Évidemment, de retour à la guest-house, il ne répond pas. Je mentirais si je disais que je ne m'y attendais pas un peu... Je repars arpenter les rues en vélo, toujours sans rien dans l'estomac. Je trouve juste un vendeur de noix de coco et prends un jus (25 roupies). Je ne sais pas trop où chercher... Je croise un chauffeur de rickshaw et lui demande s'il connaît un taxi. Il appelle mais son ami ne veut pas, car il a peur de recevoir des jets de pierres sur la route (la légende est donc vraie !). Plus loin, je demande à un autre rickshaw. Il me montre simplement un homme plutôt vieux, fraîchement sorti du temple avec tous ces tilak shivaïtes sur le front, assis au bord de la rue à côté de sa vieille Ambassador blanche : « This man is taxi ! ». Le gars déboule et est d'accord pour m'emmener à Mahabalipuram pour 2500 roupies, de toute évidence le tarif classique. Un quart-d'heure plus tard, on est sur la route. L’homme est très sympathique et je ne vois pas le temps passer. Il fait un peu le guide touristique, me donne des informations sur les endroits que nous traversons (marais salants, végétation, société...). Il se doute que je n'ai pas pu manger et me donne des biscuits, des cacahuètes grillées et des morceaux d'une sorte d'igname ou de manioc bouilli et séché (très bon). Dans une petite ville, nous croisons une procession d'hommage à Karunanidhi. Il est prudent car il dit qu'ils pourraient nous jeter des pierres pour ne pas voir respecter le deuil. Il ajoute que c'est une ville dangereuse, car elle est à majorité musulmane... « Like every part of the world where there are muslims, dangerous »... Après moins d'1 heure 30 de trajet, nous voilà à Mahabalipuram. L’un des hébergements que je visais, le Butterball Bed and Breakfast, est fermé... Le second Hotel Daphne, plus près de la plage, est ouvert, et idéalement situé. En plus il est très bien, avec une cour pleine de végétation, et une belle chambre climatisé plutôt douillette pour 1700 roupies. Si la grande majorité des commerces sont fermés, il y a quand même un peu d'activité dans le coin de mon hôtel, près de la plage du « centre » : apparemment pas une plage pour se baigner, elle est pleine de bateaux de pêcheurs.
Cela dit, pas facile de trouver un endroit où manger autre que du « continental/fusion/truc-bidule » : Mahabalipuram, enfin surtout le quartier de bord de mer de Fisherman Colony, est ce genre d'enclave à routards type Paharganj- Pushkar- Katmandu-Goa- Varanasi- Leh et consorts. Au fur et à mesure de mes voyages en Inde, j'ai d'ailleurs l'impression que ce type de lieux qui cherche à faire revivre cette manière de voyager, cette culture, ou plutôt ce folklore des routards des années 1970/80) est en voie de disparition : on en voit de moins en moins, au profit de voyageurs plus conventionnels, et surtout de touristes indiens qui ont définitivement pris le dessus, avec leur manière de voyager. Une culture du voyage qui disparaît des paysages de l' Inde? J'ai beau ne pas me sentir appartenir à ce folklore, et parfois en rire ou m'en agacer, c'est un charme du voyage en Inde. Un effacement qu'on voit se produire avec nostalgie comme un coucher de soleil sur le Gange. L' Inde change... Finalement, vers la gare routière, je rentre dans un hôtel chic qui a un restaurant climatisé plutôt Inde du Nord, le Golden Palate (aussi parfois orthographié « Golden Palette »). Pas de thali du Sud comme annoncé sur la carte... Je mange bien mais c’est un peu cher (encore pour l' Inde) et les serveurs en font des caisses comme si on était au Ritz ou à la Tour d’Argent. Très bon bhindi dopiaza accompagné de riz basmati et d'un lassi (350 roupies). Et ils ont l'air de faire la gueule parce que je ne laisse pas assez de pourboire à leur goût. Retour à l'hôtel où mon corps m'oblige à la sieste... Je me réveille et décide de passer la fin de journée à la plage. Je vais à celle proche du Shore Temple, apparemment la seule acceptable pour se baigner, selon le saint-LP. En prenant un raccourci, je me retrouve par erreur dans l'enceinte du Shore Temple... Des gardiens me repèrent et je me fais vite mettre dehors. Le chemin vers la plage est juste à côté. La plage est longue: beaucoup de groupes d'Indiens sans que ce soit la foule, aucun Occidental. Elle n'est vraiment pas paradisiaque, mais pas trop sale. Je profite de quelques rouleaux, mais difficile de se baigner dans ces vagues puissantes. Évidemment, quelques sollicitations de selfies... Retour à l'hôtel puis repas dans un des quelques restaurants de poisson frais avec vue sur la mer. Je choisis au hasard le Bambino. On me propose un poisson frais à 1000 roupies!! Je refuse, et on me le propose à 900... puis à 800 roupies... puis à « which price you want ? ». Je refuse encore et choisis finalement le poisson grillé qui est sur la carte. J'ai deux poissons grillés de taille moyenne accompagnés de frites maison pour 400 roupies. Le poisson est plein de grosses arêtes mais bien cuisiné. En revanche, le serveur passe toutes les deux minutes devant ma table et me fixe. Les serveurs indiens comprendront peut-être un jour que nous détestons ça ! Dans une des petites boutiques de rue, une petite tablette de chocolat pour 40 roupies. Et au lit.
Le lendemain est dédié aux visites. Un petit filter coffee (15 roupies) dans une petite échoppe de rue, où des touristes françaises, apparemment installées ici et toujours entourés d’hommes indiens, ont leurs habitudes : l’une raconte à sa compatriote avec un fort accent du sud (de la France) qu’elle est allée au « shop de peinture » et qu’elle a trouvé un « worker qui va peindre les murs » de sa maison. C’est donc le dialecte local des expatriés français ! C'est bien "inetéréstinegeu" cette petite tranche de life, peuchère, mais j ’en ai assez entendu et me mets en route pour mon parcours qui part des monuments les plus éloignés pour revenir vers le plus proche du centre. Je commence donc par le site des Pancharatha (« les cinq chars », montures des divinités) à environ 1,5 km de marche, déjà sous une forte chaleur. Il s’agit d’un petit ensemble de 5 temples construits au 7ème siècle sous la dynastie des Pallava (et donc encore antérieur à la période Chola), chacun dédié à une divinité et à un personnage de l’épopée du Mahabharata, avec de grandes stautues de Nandhi et d’un éléphant.
Encore un très beau site, d’où on peut aussi avoir une belle vue sur la mer.
Et ça aurait même été parfait si un type, genre homme d’affaires punjabi en vacances avec sa famille, n’était pas resté assis une demi-heure devant le temple le mieux conservé pour régler bruyamment ses problèmes de business au téléphone. Impossible de prendre une photo intéressante de ce sanctuaire avec ce plouc devant... L’entrée est à 600 roupies, mais inclut aussi celle du Temple du Rivage si on s’y rend dans la même journée. On continue quelques dizaines de mètres plus loin avec un ensemble de temples rupestres de la même période sur la petite colline de Mahabalipuram Hill. L’entrée est gratuite. Une petite marche de quelques centaines de mètres entre les rochers permet de voir quelques beaux sanctuaires anciens et des sculptures murales de toute beauté.
Au bout du parcours, on est revenu au niveau du centre de Mahabhalipuram : il y a le fameux rocher géant en forme de boule appelé Krishna’s Butterball (d’après la légende où l’enfant Krishna volait du beurre),
le temple troglodyte de la Trimurti (la trinité Brahma/Shiva/Vishnu)
et la superbe fresque qu’on voit en passant sur la route, appelée « ascèse d’Arjuna » ou « descente du Gange » et sa scène mythique finement sculptée.
Je commence à suer à grosse goûte.Il fait une chaleur à pas mettre un chien dehors....
Quelques vendeurs tout de même pour vous casser les pieds avec leurs sculptures industrielles qu’ils ont tous fait eux-mêmes évidemment. La ville est en effet renommée pour ces sculpteurs de statues divines, dont on voit les boutiques partout dans Mahabalipuram. La plupart font du très beau travail. Mais évidemment, quelques-un en profite pour refourguer des saloperies pas chères sur les lieux fréquentés. Après l’effort, le réconfort : quelques lemon-sodas, puis un repas léger bien mérité au Mamalla Bhavan, une cantine sud-indienne type Indian Coffee House, face à la petite gare routière où l’on retrouve tous les classiques (dosa, idli, utthapam, puri, parotta, thali, etc...) à des prix très doux. Je laisse passer la chaleur de l’après-midi avant d’aller visiter le Shore Temple (Temple du Rivage), à voir absolument au coucher du soleil.
Encore un sublime temple de période Pallava qui prend une couleur ocre à ce moment de la journée, avec la mer en fond : c’est magique !
Enfin sauf quand un groupe d’Indiens vient vous gâcher le plaisir et la vue pour passer de longues minutes à faire de selfies avec un bout de muraille en fond. Dommage de ne pas faire cette visite en tout cas ! Depuis le temple l’enceinte du temple, on peut voir que la plage où je m’étais baigné, avec des gros rouleaux et des touristes indiens, n’est séparée de celle de Fisherman Colony que par un tas de rochers, et qu’au bout de cette plage qui m’avait semblée impraticable à cause des bateaux de pécheur, il y a quand même un petit coin préservé avec très peu de monde (surtout des touristes occidentaux), où il y a moins de vagues et on peut se baigner. Une séparation de quelques mètres qui change tout! Bien plus agréable à tous les niveaux que la plage voisine. En plus, il y a un un rocher dans lequel a été creusé un petit temple très ancien, mais aujourd’hui dans un état d’érosion important à cause des vagues.
Une française (la pote de celle qui est allé au « shop de paintings » et fait apparemment partie de la petite communauté de touristes françaises de longue date à Mahabalipuram), au bikini très serré, voir vraiment trop petit, est néanmoins l’attraction des quelques touristes indiens, qui sortent leurs portables et se mettent tous à la filmer comme un seul homme ou lui demande des selfies. Les hommes rient et bavent comme des loups alors que les femmes font des gestes d’incompréhension. Mais elle n’en est pas mécontente. Un spectacle hilarant! En tout cas, ça a été l’occasion d’une bonne baignade bien agréable avant la tombée de la nuit. Il s’en faut de peu pour que je revienne récupérer mes affaires au moment où la marée commençait à frôler mes affaires. Encore 5 mn et je les retrouvais au large. Dernier coucher de soleil depuis ma terrasse:
Puis je vais tester le Yogi, un restaurant tenu par un couple franco-indien qui a l’air d’être le repère de la faune des touristes et des backpapers à Fisherman Colony. Ambiance « confy » sur des coussins, un peu fusion néo-baba, typique de ce dont je parlais plus haut. Des routards allemands heureux d’avoir trouvé de la bière fraîche. La cuisine est bonne mais très chère (oui, pour l’ Inde encore une fois!). Comme au Bambino, que j’avais déjà trouvé un peu cher, je prends encore un poisson grillé/frites pour 650 roupies. Bien préparé, mais j’ai encore un peu faim et doit recommander une portion de frites... à 100 roupies. Avec le lassi à 90 roupies, ça fait mon addition la plus salée depuis le début de mon voyage. Le resto est bon et l’accueil sympa, mais les prix sont très surévalués : ça passe pour changer un peu une fois des thali-dosas-idli-uthapams-sambar-coconut chutney.
Et enfin... dernier jour de ce séjour au Tamil Nadu, ou plutôt dernière demi-journée par ce que mon avion décolle de l’aéroport de Chennai à 18h. Le temps de ranger mes bagages, revenir prendre quelques photos du côté de l’Ascèse d’Arjuna, un petit tour dans le quartier tamoul plus animé, un dernier repas au Mamalla Bhavan et c’est l’heure de partir... Au final, Mahabalipuram avait des avis très contrastés, et j’ai beaucoup aimé, à la fois pour ses magnifiques temples, les plus anciens que j’ai vus durant mon escapade tamoule, avec des sculptures rupestres sublimes, mais aussi pour son ambiance décontractée de vacances, idéale pour finir un voyage au Tamil Nadu avant de regagner l’aéroport de Chennai. Mon hôtel a trouvé un autre voyageur français sympathique, avec qui je vais partager le taxi : ça réduit le trajet de 1500 roupies à 850. Départ à 15h et arrivée à 16h30 à l’aéroport. Premier vol intérieur pour Mumbai. Comme j’ai 6 heures d’escale, je veux tenter une petite escapade dans Bombay du côté du quartier du Fort et de Colaba, pas pour découvrir parce que je connais bien, mais histoire de ne pas poireauter en transit et me faire un bon dernier resto et une courte balade sympa. Mais un petit retard de l’avion, aucun prepaid taxi disponible et une estimation de l’aller-retour à 3 heures de trajet, me font renoncer au projet... Du coup, je profite du tout beau "nouveau" Terminal 2 (que je n'avais pas encore vu, et qui me rappelle à quel point CDG est un aéroport indigne d'un pays de la France), et de sa zone duty-free pour dépenser encore quelques roupies et acheter quelques paquets de chips épicées de bhindi, de pois-chiches et de karela, et un mélange d’épices pour sambar. Et pour manger un repas végétarien... au Burger King ! Puis bye-bye le Tamil Nadu, Salam Bombay et l’ Inde, à la prochaine fois, pour la dixième.
Mahabalipuram   Temples des Pancharatha    Temples rupestres de Mahabhalipuram Hill, Ascèse d’Arjuna et Krishna’s Butterball    Shore Temple    Plage de Fisherman Colony  Plage du Temple du Rivage (Wide Beach)  Hotel Daphne    Cantine Mamalla Bhavan   Restaurant Golden Palate   Restaurant Bambino  Restaurant Le Yogi | | | À: Pagaljavab · 12 août 2018 à 21:52 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 71 de 155 · Page 4 de 8 · 1 927 affichages · Partager J'écrirai un dernier message pour faire un petit bilan général du voyage, avec un peu plus de recul. Je trouve finalement que cette manière de faire un carnet de voyage a ses avantages et ses inconvénients. D'un côté, ça donne la possibilité d'expériences et de souvenirs plus spontanés. De l'autre, ce n'est pas toujours facile de l'écrire en voyage. On se perd aussi un peu dans les détails du quotidien et je ne sais pas si c'est intéressant. Finalement, pour un carnet qui se veut aussi pratique, je ne sais pas si c'est toujours accessible à quelqu'un qui ne connaît pas l' Inde. Mais je suis content de l'avoir fait, et avec la participation des autres membres en supplément, je pense que ça peut aider à préparer un voyage solide au Tamil Nadu. Merci à ceux qui ont suivi et sont intervenus pour me donner des informations précieuses dans ce voyage un peu décidé à la dernière minute. Vos aiguillages m'ont beaucoup aidé, et l'expérience de l' Inde a fait le reste, tranquillement | | | À: Pagaljavab · 12 août 2018 à 22:15 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 72 de 155 · Page 4 de 8 · 1 921 affichages · Partager Bonsoir
On se perd aussi un peu dans les détails du quotidien et je ne sais pas si c'est intéressant.
Si si c'était vraiment intéressant surtout si on connait un peu les lieux visités.
Mon conseil : comme il s'agit d'un "carnet de voyage" il t'est loisible de le modifier et donc ce serait bien d'aérer les longs textes informatifs en insérant de-ci de-là des photos qui illustreraient tes propos et permettraient à tous de visualiser ce que tu as vu et que tu as décrit par le texte (le choc des images, quoi !). | | | À: Ragamuffin · 12 août 2018 à 22:26 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 73 de 155 · Page 4 de 8 · 1 918 affichages · Partager Merci pour ton retour! Oui j'avais bien prévu d'insérer quelques photos. Je ne suis vraiment pas un grand photographe (c'est peu de le dire), je fais vraiment du "Tata Ginette", pour reprendre l'expression qu'un membre du forum avait utilisé une fois. Mais j'y inclurai quand même mes "plus belles" photos | | | À: Pagaljavab · 13 août 2018 à 22:01 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 74 de 155 · Page 4 de 8 · 1 876 affichages · Partager quoi qu'il en soit, tu as fait un boulot remarquable et j'ai éprouvé beaucoup de plaisir à suivre tes pérégrinations. bravo ! | | | À: Xiongmao · 14 août 2018 à 13:07 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 75 de 155 · Page 4 de 8 · 1 855 affichages · Partager Merci beaucoup, c'est gentil :-) | | | À: Pagaljavab · 14 août 2018 à 17:48 · Modifié le 18 août 2018 à 11:06 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 76 de 155 · Page 4 de 8 · 1 830 affichages · Partager Comme ce carnet est terminé, je le finis maintenant en présentant un petit bilan du voyage, qui reste toujours très subjectif. Je rajouterai des photos à mon carnet quand j'en aurai le temps...
Donc... C'était mon neuvième voyage en Inde, cinquième en solo, et mon premier vrai voyage en Inde de Sud (à part un assez rapide passage à Goa et dans le nord du Karnataka en 2010 - je compte le Maharashtra culturellement dans le Nord). J'ai beaucoup aimé! J'avais peur d'être un peu blasé de l' Inde et j'ai souvent été surpris, même bien plus que ce à quoi je m'attendais. Ça m'a changé de l' Inde du Nord, sans non plus que j'ai l'impression d'être dans un autre pays. Pendant ce voyage de presque 20 jours en juillet-août, j'ai privilégié un itinéraire assez classique dans le Tamil Nadu côtier et central, celui des grands temples hindous, en écartant la partie montagneuse et ses stations climatiques où la mousson était importante. J'ai arrangé un bon équilibre entre villes et campagnes. J'ai voyagé de manière un peu improvisée, en transports en commun (train et bus, plus rarement en taxi quand je n'ai pas eu le choix), en décidant de mon itinéraire sur le moment, même si j'avais une idée de départ et que les conseils des membres du forum m'ont parfois aider à prendre des décisions.
Je n'ai passé qu'une journée à Chennai. Comme toutes les grandes métropoles indiennes, c'est une ville qui demande du temps pour être appréciée et y avoir ses petites habitudes. Mais pour un court voyage, il y a tant à voir au Tamil Nadu que je conseillerai d'y rester le moins longtemps possible, voire de zapper complètement si l'heure d'arriver et les transports le permettent (pour Pondichéry ou Madurai par exemple). Madurai est, comme c'est souvent dit à juste titre, la capitale culturelle du Tamil Nadu. De dimension beaucoup plus humaine que Chennai, elle représente un peu plus l' Inde traditionnelle. Son temple de Meenakshi et le palais de Tirumalai sont absolument immanquables. Deux ou trois jours ne sont pas de trop pour profiter de son ambiance. Injustement moins fréquentée parce que soit disant à l'écart du reste d'un circuit classique au Tamil Nadu, Kanyakumari a été un de moments les plus forts de mon voyage. Cette petite ville portuaire (presque un gros village), la plus au sud de toute l' Inde, est un important centre de pèlerinage hindou, et en même temps une agréable ville touristique de bord de mer. Il y a tout: l'ambiance religieuse, les rituels, le bord de mer, une ambiance plutôt relax et reposante, magnifiques levers et couchers de soleil, une excellente nourriture. Un petit détour pour aller voir le palais kéralais de Padmanabhapuram à Thuckalay, à la frontière du Kerala, fait une agréable sortie. J'y ai passé trois jours, mais j'aurais pu en profiter plus longtemps encore! Autre ville des confins, Rameshwaram est un autre grand centre de pèlerinage hindou, situé sur une longue presque'île. Grande ville plus animée et beaucoup moins relax que Kanyakumari, son beau temple et les rituels religieux sur les ghats du bord de mer méritent quand même le détour. Il est moins facile de bien s'y loger qu'ailleurs (qualité de l'hébergement, refus des non-hindous). Un de mes meilleurs moments à Rameshwaram a été de faire une petite virée tout au bout de la presqu'île dans le village de pêcheur abandonné de Dhanuskodi. L'arrivée ou le départ en train sur la portion de rail au milieu des eaux (ou au pire en bus sur le pont routier voisin) est à faire. Deux petites journées m'ont paru amplement suffisantes. Je n'avais pas prévu la région du Chettinad au début de mon voyage. Et si je n'avais pas écouté les membres du forums qui m'y ont poussé, j'aurais fait une grave erreur! Les villes moyennes comme Karaikudi ou Pudukkottai qui servent de base pour visiter la campagne environnante ne sont pas forcément des plus intéressantes (et encore...), mais pouvoir se balader en bus local tout déglingué ou en vélo (ou en moto ou avec chauffeur si vous préférez) de village en village à la découverte des anciens domaines des commerçants de caste Chetti ou de quelque vieux temple villageois caché en rase campagne lors d'un trek organisé... par vous-même, est une expérience incroyable. Le Chettinad est aussi célèbre pour sa cuisine au mélange d'épice immédiatement identifiable, réputée pour être la plus pimentée de toute l' Inde (mouais...). Le Chettinad, c'est le Tamil Nadu profond et "authenique". Il faut y passer quelques jours pour bien en profiter, et même le plus longtemps possible si on le peut! Tout près, Thanjavur (ou Tanjore) est un centre culturel important du Tamil Nadu. C'est surtout une grande ville indienne typique, moderne, effervescente, bruyante et polluée, qui vaut principalement pour son temple de Brihadishwara du 11ème siècle. A part en ce qui concerne ce magnifique temple, éventuellement son palais royal et son animation, c'est une ville étourdissante, qui semble ne jamais s'arrêter, et je ne regrette pas de n'avoir pu y rester qu'un seul jour. Mais pas forcément déplaisante en soi. Voisine de Thanjavur, Tiruchirapalli (ou Trichy) est une ville encore plus gigantesque et étendue. Mais le centre de l'activité religieuse de la ville se trouve sur la grande île de Srirangam et son superbe temple vishnouite de Ranganathaswamy, une partie plus traditionnelle de la ville et même une zone complètement rurale à l'ouest, étonnante dans cette ville bouillonante. Plus au sud, ne pas manquer le Rock Fort, sur une colline qui donne une vue imprenable sur la ville. Deux jours m'ont paru un poil court, mais suffisant pour voir le strict minimum. De retour sur la côte, l'ancien comptoir français de Pondichéry ( Pondy de son surnom) a une atmosphère plus détendue de ville de vacances au bord de la mer et conserve assez bien sa petite ambiance française avec ses bâtiments et sa petit communauté d'expatriés. C'est une assez grande ville, et complètement saturée par les touristes indiens le week-end, mais son petit centre au bord de mer est très agréable: quartier français, front de mer (pas vraiment conseillé pour la baignade mais très agréable pour la promenade), ses rues agréables et ses parcs fleuris en vélo ou au pieds. On se sent quand même moins en Inde avec toutes ces enseignes internationales, ces restaurants "continentaux" et ces magasins d'alcool: un peu la ville du vice comparé au reste de la région, mais c'est une étape agréable pour y passer quelques jours ou décompresser un peu. La ville est aussi marquée par l'empreinte du guru Sri Aurobindo et sa ville communautaire utopique d' Auroville, dite l'âme spirituelle de Pondychéry. On est attiré ou pas par le concept. Je n'y suis pas allé... Mahabalipuram (ou Mamallapuram), est le lieu idéal pour finir son voyage au Tamil Nadu. Ce village de pécheur, devenu une station balnéaire fréquentée (en majorité par des touristes français) entre Pondichéry et Chennai, est l'un des seuls endroits de l'Etat où l'on trouve une plage acceptable pour se baigner. Ambiance relax, soleil, vacances, cafés et restaurants plutôt "chers" à l'ambiance néo-hippie, massages et cures ayurvédiques, mieux vaut prévoir de revoir le budget à la hausse, sauf dans sa partie tamoule moins touristique. Le clou de Mahabalipuram, ce sont ces temples hindous (Pancharatha, Shore Temple et autres temples rupestres), absolument magnifiques, et qui comptent parmi les plus anciens de la région. Les avis sont contrastés, moi j'ai beaucoup aimé pour finir le voyage. Il y a plus à y voir que ce certains en disent. On peut prendre un taxi pour aller directement à l'aéroport de Chennai sans se casser la tête.
Je finis par répondre à quelques questions et clichés sur le Tamil Nadu que je me posais avant mon départ ou qui reviennent souvent, et que d'autres pourraient se poser.
Peut-on voyager facilement à petit budget dans le Tamil Nadu ?Comme dans le reste de l' Inde, oui! Mon budget s'est élevé au total à environ 26€/jour, en me permettant même parfois des incartades plus "chics" (je n'inclus pas les achats de "souvenirs", et de toute façon je n'en ai quasiment pas achetés). La plupart du temps j'ai mangé dans des gargotes locales où un bon repas complet et copieux coûte entre 1 et 2€, sans jamais tomber malade. J'ai dormi dans des guest-houses non-AC autour de 8€ la nuit: à ce prix-là ce n'est pas le luxe et pas toujours de grande propreté, mais souvent ça passe, et même parfois, c'est tout à fait correct. L'équivalent de ces chambres avec AC coûte généralement entre 15 et 20 €. Par rapport à mes autres voyages en Inde, je me suis même permis de rares écarts avec parfois des chambres jusqu'à 20 à 30 euros où le confort est forcément bien supérieur, et exceptionnellement, des restaurants à 5 voire 10€. Pour les monuments, il faut compter comme en Inde du Nord: ceux qui sont gérés par l'État coûte beaucoup plus cher au étrangers, mais l'entrée d'un site dépasse rarement 4€ au grand maximum. Les temples en activité sont gratuits, sauf parfois pour le dépôt de chaussures ou de sacs à l'entrée (quelques centimes...), un supplément appareil photo quand c'est autorisé, ou des dons éventuels (absolument pas obligatoire quoi qu'on vous dise!). Ce qui veut dire que quelqu'un qui veut voyager à tout petit budget de manière constante peut très facilement arriver à abaisser son budget quotidien à 20€/jour.
Le Tamil Nadu est-il plus cool que l'Inde du Nord. Est-ce plus facile d'y voyager?Dans l'ensemble, c'est vrai. Il y a moins de sollicitations et les gens sont globalement plus accueillants, sympathiques et prêts à vous aider. Je ne dis pas que ça n'arrive pas dans le Nord, mais la différence est suffisamment nette pour qu'on s'en aperçoive. Mais plus les endroits sont touristiques, plus on retrouve les même sollicitations qu'au Rajasthan ou à Varanasi par exemple.
Le Tamil Nadu et l'Inde du Sud sont-ils très différents de l'Inde du Nord?Pas fondamentalement. Il y a bien une différence culturelle entre le Sud et le Nord (langues, nourriture, manière de pratiquer la religion, etc...). Mais elle n'apparaîtra sûrement pas trop au voyageur lambda. On est bien Inde et on y retrouve les mêmes paysages, codes et habitudes...
Le Tamil Nadu est-il plus religieux que l'Inde du Nord?Même si c'est difficile de l'affirmer, la religiosité semble en effet un peu plus apparente et folklorique que dans le Nord (grands tilaks sur le front, temples impressionnants, ferveur religieuse, éléphants de temples...). Il y a certaines règles plus strictes concernant l'entrée dans les temples. Cela dit, d'autres règles religieuses, comme le végétarisme, même si elle paraissent plus présentes que dans le Nord, sont en fait moins strictes que dans le nord, car il y simplement une population moins importante de brahmanes dans la population tamoule. Mais beaucoup d'endroits en Inde du Nord n'ont rien à envier au Sud et au Tamil Nadu en matière de démonstration religieuse. Il faut aussi ajouter une présence chrétienne bien plus importante que dans le Nord, et une dévotion très remarquable (presque hindoue) des chrétiens tamouls. Aussi, on peut voir souvent des femmes hindoues prier la Vierge dans les églises avec la même dévotion que les chrétiennes. La présence musulmane est beaucoup plus discrète, souvent concentrée dans des quartiers spécifiques.
Est-ce qu'il fait très chaud au Tamil Nadu en juillet-août?Oui, même si pas autant que je le pensais. Pourtant, je supporte assez mal la chaleur et c'était une question de taille pour moi. Dans la première partie de mon voyage ( Chennai, Madurai, Kanyakumari, Chettinad, Thanjavur et Trichy), j'ai eu une chaleur sèche, finalement plus supportable qu'au Rajasthan à la même période. Kanyakumari a été de loin l'endroit le plus "frais" et le plus agréable niveau météo. Puis sur la côte, la deuxième semaine d'août, à Pondichéry et Mahabhalipuram, il a commencé à faire plus chaud, et la chaleur était plus humide (avec deux orages): c'était comparable à l' Inde du Nord pendant la mousson. C'était moins supportable pour moi. Donc, il fait bien chaud, même si juillet-août n'est pas la saison la plus chaude. Mais dans l'ensemble, moi qui ait du mal avec la chaleur, j'ai trouvé que c'était tout à fait supportable, bien que moins à la fin du voyage.
Les temples sont-ils accessibles aux non-hindous?Plus que dans le nord de l' Inde, le Tamil Nadu impose aux touristes non-hindous des restrictions importantes en matière de visite de temple, entérinées par le vote de lois. Cela concerne surtout les grands temples les plus visités ( Madurai, Thanjavur, Trichy, Rameshwaram et quelques grands temples du Chettinad). L'accès à l'enceinte des temples n'est pas interdit. C'est l'accès aux sanctuaires les plus sacrés qui ne sont pas autorisés aux non-hindous. Dans certains temples, vous pouvez tenter votre chance: parfois ça passe et vous entrez, parfois on vous crie dessus "hindus only!!!". Au pire, vous dites avec votre air le plus innocent que vous n'aviez pas vu... Il est également demandé de respecter un dress-code. Pour les femmes, pas de tenue sexy, il va sans dire; pour les hommes, il faut avoir les jambes bien recouvertes. La loi impose normalement aux hommes de s'habiller uniquement à l'indienne (kurta-pyjama, dhoti, etc...). Mais dans les faits, c'est tout à fait accepté si vous êtes en jean ou n'importe quel pantalon long: beaucoup d'hindous eux-même le font. Dans certains temples, les sanctuaires principaux sont accessibles, mais les hommes doivent entrer torse-nu. Depuis peu, les photos sont strictement interdites dans les temples les plus sacrés et on ne peut même plus payer de supplément caméra/mobile (y compris pour les hindous) comme à Madurai. Dans d'autres temples, dans les faits, c'est beaucoup plus souple malgré l'interdiction ou en négociant. En revanche, les sanctuaires principaux ne peuvent pas être photographiés, et de toute façon, il fait tellement sombre que ça ne vaut ps le coup.
La nourriture est-elle vraiment plus épicée qu'ailleurs en Inde?Je précise que je mange 90% dans des gargotes locales et que j'ai presque une passion pour la nourriture plutôt très pimentée. J'ai finalement trouvé la cuisine tamoule moins pimentée que dans le Nord de l' Inde (hors-restaurants touristiques bien entendu). Réputation surévaluée donc! | | | À: Pagaljavab · 14 août 2018 à 19:13 · Modifié le 14 août 2018 à 22:58 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 77 de 155 · Page 4 de 8 · 1 824 affichages · Partager Bonjour Pagal et merci pour ce compte-rendu intéressant qui me conforte dans mon projet de retourner au Tamil Nadu l'hiver prochain. En effet, lors de mon voyage dans cet état, je n'étais pas allée à Tanjore ni dans le Chettinad, ainsi qu'à Kanyakumari... je ne manquerai pas d'y passer quelques jours cette fois-ci. A l'époque, je n'avais pas trop aimé Pondichery mais comme je devrai sûrement y repasser, j'essaierai de l'apprécier mieux cette fois ! Je vais puiser dans tous les renseignements que tu donnes et qui vont bien m'aider à préparer ce futur voyage... Bonne soirée Anne | | | À: Pagaljavab · 14 août 2018 à 22:13 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 78 de 155 · Page 4 de 8 · 1 808 affichages · Partager Oui, moi aussi Pagal, je te remercie vraiment pour tout ce beau travail en live  . Je me suis vraiment régalée entre souvenirs ravivés ( Pondy, mahabali...) et rêves à venir ( Kanyakumari et Rameshwaram).
J'écris aussi des carnets durant mes trips mais je les poste après, histoire de soigner la mise en page et d'insérer des photos (ce qui est assez laborieux mais embelli l'ensemble on va dire).
Bonne soirée et au plaisir de se recroiser sur VF
Christelle | | | À: Pagaljavab · 14 août 2018 à 23:33 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 79 de 155 · Page 4 de 8 · 1 797 affichages · Partager Bonsoir
Quelques compléments d'information qui me reviennent à l'esprit :
- à une quinzaine de kilomètres de Mahabalipuram il y a Tirukalukundram . Une colline surplombe la petite ville et ses temples (gopuram) et la vue du sommet est fabuleuse.
- à Madras (moi non plus je n'aime pas trop ces changements de nom  ) il y a souvent des concerts de musique carnatique (voir à la Madras Music Academy ) ainsi que des représentations de Bharata Natyam, danse classique du sud de l' Inde.
dans mes recherches je trouve ceci intéressant :
Chennai (Madras), capitale du Tamil Nadu - MAGIK INDIA
- La nourriture est-elle vraiment plus épicée qu'ailleurs en Inde?
Ce que l'on remarque surtout en Inde du sud c'est le nombre bien plus important de restaurants (Meals ready) par rapport à l' Inde du nord où il n'est pas rare de ne pas trouver de restaurant et dans lesquels on mange généralement très mal. Le Sud c'est souvent délicieux. Je me rappelle une fois dans le sud où j'avais lu sur un menu "North Indian Thali" et je m'étais dit "tiens pour changer un peu, goûtons donc ce thali du nord". Très grosse erreur. C'était fade, sans goût, sans épices. Rappelons quand même que la point sud de l' Inde c'est une tout autre culture que celle du nord. La point sud (Tami Nadu) n'a pas été envahi par les Moghols et a conservé sa culture et ses traditions. Ne parlez pas hindi dans le sud, c'est très mal vu; ne dite pas "namaste" mais "vanakam"; ne dite pas "chaï" mais "tea"; etc.
J'attends les photos | | | À: Solene40 · 15 août 2018 à 7:21 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 80 de 155 · Page 4 de 8 · 1 780 affichages · Partager Merci pour ton commentaire!
Bien sûr, j'ai suivi et apprécié ton carnet indien qui mettait directement dans l'ambiance et le feu de l'action à Varanasi.
J'ai tenté l'expérience d'écrire et poster ce carnet en live. J'ai trouvé ça amusant, même si c'est au détriment de la forme, c'est certain. Comme je le disais, je pense rajouter des photos dès que j'en aurai le temps.
Et oui, pour moi tout cas, Kanyakumari vaut vraiment la peine d'y aller. | Carnets similaires sur l'Inde: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 5 103 visiteurs en ligne depuis une heure! |