Le problème technique rencontré par l'A340 ravive la polémique. Les dépenses ont été aux frais d’Air France.
Malchance ou les détracteurs d’Air Madagascar avaient-ils raison sur l'état de l'avion nouvellement acquis par la compagnie nationale En tout cas, les critiques semblent opter pour le second. L'opinion a vu d’un mauvais œil la panne du détecteur d'incendie de l'A340.
Prévu s'envoler dans la soirée du 17 avri
l, l'avion ne pouvait finalement décoller que 24 heures après, soit hier à 21h45. «
C'était une panne rare mais connue. Une pièce a été défaillante et comme elle n'existait pas à Madagascar, il a fallu en faire venir de Maurice», explique Jean François Richard, directeur général d’Air France à
Madagascar.
Le contrat entre les deux compagnies stipule, en effet, que pendant les six premiers mois, les frais de maintenance et les dépenses y afférentes sont à la charge d’Air France. C'est cette compagnie qui s'est occupée de l'achat de la pièce, du coût de son transport ainsi que de l'hébergement de ceux qui ont fait le voyage. «
Air Madagascar n'a pas eu à débourser un sou », a souligné Jean François Richard. La question de surcoût a suscité de nombreux débats. Sans oublier la méfiance de l'opinion vis-à-vis de la rentabilité de l'appareil lui-même.
Moindre bénéfice«
AirBus a prévu d'arrêter la production de l'A340 en 2004. A l'époque, le constructeur a estimé que le coût de l'exploitation est élevé, alors que le prix du kérosène représentait 20 % du nombre de passagers, 40 % actuellement. Or, Air Madagascar ne pourrait jamais remplir à 100 % ses sièges », explique Raymond Rafalimanana, un économiste du transport.
Il estime que la marge de bénéfice de la compagnie avec ces appareils est moindre voire inexistante. «
Avec ces avions, la compagnie ne pourrait obtenir qu’une satisfaction morale et le bonheur de ses employés. Ces derniers auront assez de place pour partir en vacance avec leur famille, étant donné que nous n'arriverons jamais à 100 % du taux de remplissage », avance-t-il. Air Madagascar soutient que ces outils lui permettront de se redresser.
Judicaëlle Saraléa
Jeudi 19 avril 2012