| Aéroports... Douya · 16 août 2004 à 18:30 13 messages · 7 participants · 3 347 affichages | | | | 16 août 2004 à 18:30 Aéroports... Message 1 de 13 · 3 306 affichages · Partager Sur le tarmac, des gros avions, des plus petits, des escaliers, des bagages, des gens et des voyages par l'imagination. Thai, Malaysian Airways, China Airline, Aer Lingus, Ariana Afghan... Des noms qu'on associe a des destinations mythiques, connues ou pas encore decouvertes, qui nous attirent a la folie ou nous laissent indifferents.
Transit, couloirs d'embarquement. Le voyage continue, toujours par les mots, sur les ecrans, sur les billets des voyageurs, sur les etiquettes des sacs. Des noms encore plus etranges et inconnus, ou les placer sur une mappemonde? Almaty, Varna, Nador, Accra, Kazan...
Le voyage encore, par les peuples du monde, jeunes japonais en vadrouille, imposantes familles indiennes, tribus de chinois, opulence des americains.
Je ne fais que un Nice- Frankfort- Dusseldorf, mais j'ai l'impression de faire un tour du monde... | | | À: Douya · 17 août 2004 à 21:53 Re: Aéroports... Message 2 de 13 · 3 267 affichages · Partager Ils (les aéroports) ont toujours été pour moi déjà la bouffée d'oxygène et la note d'exotisme...du départ  . Ils ont déjà une odeur, des couleurs (ceux de milliers de visages voyageurs qui se croisent, de milliers de bagages qui s'entassent...), les annonces aussi (dans différentes langues) et après le Check in...le boarding...
Dur Dur de dire ça!!! Quand on ne sait pas quand sera son prochain ticket ?  Mais je ne désespère pas!  
Et puis il y a les gares, la route aussi... | | | À: Douya · 19 août 2004 à 19:13 Re: Aéroports... Message 3 de 13 · 3 238 affichages · Partager Afrique, Aïa Tina Tiné... Afrique! La Liberte! Democratie... La Liberte! Fraternite... La Liberte! Amitie...
Les Afro-Salseros du Senegal pulsent dans l’habitacle. Le stade de France s’efface doucement sur notre droite. C’est bientot le Parc de La Courneuve qui arrive, puis le Bourget, et les travaux de couverture de l’autoroute, qui, enfin, ralentissent cette voiture, ma voiture, ma Toyota, chargee a bloc mais sure d’elle, d’une certitude inebranlable de marchine insensible, de nous amener vers le point de la douleur, dans une ville pour une fois sans embouteillages.
Afrique! La Liberte! Nelson Mandela... La Liberte! Sedar Senghor...
Le ciel est pur, d’un bleu limpide, entre les cumulus dont certains bourgeonnent, hauts choux fleurs blancs dans l’azur stratospherique. Sous l’un d’eux, devant nous, un rideau de pluie coupe la route. Derriere, au-dela des pistes ensoleillees, des avions emmenent des gens vers des villes improbables.
Moscou? Buenos Aires? Dakar? Bogota? Beirut? La Habana? Alger? Varsovie?
Tu es assise a ma droite. Je te regarde. Tu te tais. Tes yeux sont comme le parebrise sous le rideau enfin rejoint. Ils degoulinent dans un silence humide. L’echangeur de l’A104 arrive trop vite. Je dois deja penser a me rabattre sur la voie de droite. Les premiers panneaux jaune-oranges typiques d’ADP rappellent notre approche.
Bongos, Saxophones Piano, et congas Trompetes, La Liberte!
Maintenant, nous glissons doucement sur la rampe d’acces au cylindre geant qui grossit devant nous. Les Afro-Salseros se sont tus depuis un moment. Tout n’est que silence. Maintenant, le soleil de Dakar est loin, il ne pleut plus, le soleil de Paris chauffe l’habitacle. Maintenant, il ne pleut plus et tu pleures. Tu pleures maintenant des larmes lourdes et prolifiques, et j’ai moi-meme la vue qui pique. Je retiens mes propres larmes: je conduis.
Telephone. Panique, kit main libre, allo? C’est Merlin, pour l’organisation de la soiree VF jeudi prochain au Zango. Afrique! Je lui explique que je conduis, je l’econduis apres lui avoir promis que je la rappellerai, et je raccroche.
Il faut maintenant se garer. Afrique? Non, L’ecran indique Buenos Aires, guichet 28. J’attends juste que l’enregistrement de tes bagages et de tous tes excedents de bagages se passe au mieux. Je ne reste pas, je ne veux pas. C’est trop dur. Au revoir Paolina.
Paris! La Libertad! Buenos Aires, La Libertad! Famille, amis, pays retrouves
Mexique! La Libertad! Oui, dans trois semaines, la Libertad!
Je roule seul. Pour le moment, devant moi, s’etale tout Paris. La Tour Eiffel s’aligne progressivement sur l’horizon avec le Sacre Coeur, dans la brume de l’ete. Roissy est derriere moi. Les Afro-Salseros du Senegal rechantent pour moi Leur Liberte. Mais elle a un gout amer, la Liberte, aujourd’hui. La place a ma droite est vide. Sur le siege, ne subsistent de toi que ton parfum, quleques cheveux noirs et tes larmes qui sechent.
Aujourd’hui, elle a un gout amer la Libertad. Dans trois semaines, La Libertad Vers le MexiqueEt apres, qui sait, Vers l’ Argentine, Vers ton pays
Mais non de dieu c’est triste Roissy le samedi Avec ou sans Jacques Brel La vie ne fait pas de cadeaux
C’est aussi ca, un aeroport... Et ce jour la, je n’ai pas rappele Merlin... | | | À: Loopkin · 19 août 2004 à 21:30 Re: Aéroports... Message 4 de 13 · 3 225 affichages · Partager Des frissons plein les bras!!! à la lecture de ton texte   
Du vécu, d'un coup transposé, rappellé (comme si j'avais oublié!)...Oui Cher Loopkin le départ (que nous attendons tous) est parfois difficile pour ceux qui restent mais aussi pour ceux qui s'envolent!
L'avion synonyme, sans doute de distance...
Trop bien écrit, dit...de ta part...pour que j'en rajoute encore une ligne! | | | À: Loopkin · 19 août 2004 à 21:41 Re: Aéroports... Message 5 de 13 · 3 222 affichages · Partager Hello MONSIEUR Loopkin...
Trés beua texte... qu'elle situation difficile qui rappel des mauvais souvenire..., mais pour moi c'est plus dans les gares...
Ouais c'est sa aussi les aéroport, c'est surtous sa je croit..... 
Bon aller pour moi c'est dans 8 jours...
Philo | | | À: Loopkin · 19 août 2004 à 21:43 Re: Aéroports... Message 6 de 13 · 3 222 affichages · Partager  ..... Hey Amigo, mon frère..... ce post au Panthéon des posts, trop beau et tellement vrai dans son récit avec une bonne dose d'émotion surtout que Paolina tu m'en avais déjà parlé......
Tu es sur le chemin, elle t'attend, c'est aussi à ça que servent les aéroports, à se retrouver pour s'arracher un sourire, une larme, un baiser....... et tout recommence encore plus beau..... | | | À: Philobate · 20 août 2004 à 19:06 Re: Aéroports... Message 7 de 13 · 3 189 affichages · Partager Oui, les gares... Ça aussi, c'est quelque chose. J'avais écrit un texte aussi, dans une gare. Je ne l'ai pas sous les yeux, bien sûr, mais je pourrais essayer de le réécrire. D'autant plus que dans ce cyber là, il y a des accents.
Vendredi 3 juillet 98, 22h, Gare de Lyon.
S'il fallait résumer mon état en un seul mot, je dirais: impatience. Depuis trop de jours, j'attends le moment qui va se produire dans quelques minutes. La dernière fois que je t'ai vue, tu étais toute endormie dans ta chambre d'étudiante, il était 6 ou 7 heures, je te faisais une dernière bise, et je partais pour 4 heures de route pour rentrer chez moi à Paris, avec toutes mes affaires: l'année était terminée, mon stage ouvrier allait commencer dans quelques jours. C'était il y a une semaine, mais j'ai l'impression que j'ai vécu toute une vie sans toi ces quelques jours. Il y a eu le retour seul dans la voiture sur l'autoroute, avec la vallée de la Saône à ma droite, et le soleil qui se levait loin au nord est. C'était le jeudi 25 juillet au matin, j'avais décalé exceptionnellement mon retour sur Paris de quelques jours, vu les circonstances nouvelles. Ensuite, il y a eu Paris, mon père, mes amis, et à chaque fois, les discussions jusqu'au bout de la nuit. On parlait de quoi? De nous, de notre rapprochement d'il y a quelques jours. Puis, tout a basculé, je me suis retrouvé du jour au lendemain sur ce campus désert du Mans et dans cette sale usine oú je n'entendais que le bruit des machines, oú l'huile m'éclaboussait le visage et entrait dans les coupures de mes mains. Je faisais les 2/8, et chaque minute m'apparaissait une heure. Je comptais, pour tuer le temps invincible, le nombre de minutes qui nous séparait de ce moment, maintenant, sur le quai. Puis le vendredi est finalement arrivé, de longue minute en longue minute. Heureusement, cette première semaine était du matin, de 5h42 à 14h00 tous les jours. J'ai pu arriver tout à l'heure à Paris assez tôt.
Maintenant, je vois les deux feux blancs de la motrice du TGV Lyon - Paris de 22h04 sinuer doucement au loin, cherchant son chemin dans ce ramificat de voies ferrées. Ils ne se trompent pas, progressivement, le train se déploie dans le virage, se resserre, et les deux yeux grossissent.... Eloignez vous de la bordure du quai s'il vous plait... Le TGV 5208 en provenance de Lyon- Perrache entre en gare...
Le serpent freine dans un crissement honteux de décibels, comme à chaque fois qu'un TGV freine. Mon coeur bat la chamade. Je m'avance vers le repère de la voiture 16. La loco et moi, nous nous croisons, indifférents, chacun obnubilé par une seule pensée: atteindre le point qui est juste devant, à quelques dizaines de mètres.
Paris- Gare de Lyon, ici Paris Gare de Lyon, terminus de ce train, tous les voyageurs sont invités à descendre du... je n'écoute pas la voie automatique. Je cherche anxieusement la voiture 16. 15, 16. Ça y est. Je cherche dans la foule des gens debout dans le wagon. Je ne te vois pas, je ne te vois pas. Je ne te vois pas. Il y a une fille très belle, avec une robe blanche, qui me regarde en souriant juste derrière la vitre. Je ne l'avais pas encore vue. Mes yeux passaient et repassaient sans la voir. C'est toi. Il est 22h05, on est le 3 juillet 98, et je sais que désormais ma vie ne sera plus jamais comme avant. Une décharge de bonheur me pulvérise. Tu finis par descendre, génée par cette foule hostile de gens qui ne comprennent pas notre bonheur en cet instant. Eux, ils sont heureux, car la France vient de gagner les quarts. Tu sautes sur le quai, et nous nous serrons à nous briser. La surprise de l'intensité d'un tel bonheur nous laisse muets pendant de longues minutes. Nous ne savons plus rien, nous ne comprenons plus qu'une seule chose: maintenant, la route continue à deux.
Et ces instants suspendus dans le temps et l'espace, gravés à jamais, ils se reproduiront plusieurs fois dans la gare de Lyon, dans la gare routière de Perrache, et à l'aéroport de Varsovie. Et à chaque fois, avec la même intensité.
Merci Philo de me rappeler qu'il y a aussi les gares, leurs adieux déchirants, et les retrouvailles brûlantes. | | | À: Loopkin · 20 août 2004 à 21:05 Re: Aéroports... Message 8 de 13 · 3 183 affichages · Partager  ça suffit vous deux! J'ai les yeux qui picottent maintenant!
 Plein de bonheur encore et toujours! | | | À: Snounit · 20 août 2004 à 21:20 Re: Aéroports... Message 9 de 13 · 3 178 affichages · Partager Attend je te parle pas des adieux criant sur le quaie de la gare à Cracovie quand le train part et que tu reste comme un con 30 sur le quaie de la gare sans savoir ce qui se passe....
Bon aller de temps en temps c'est du pure bonheur (elle me soul cette expression...)
Philo | | | À: Philobate · 20 août 2004 à 21:50 Re: Aéroports... Message 10 de 13 · 3 175 affichages · Partager  oh Philo; quelle torture ces separations sur les quais de gare! (ça me rappelle de tristes separations sur les quais de la gare Montparnasse;ça me fait revivre un temps que je croyais révolu... Comme quoi...y'a des guerisons qui se font jamais vraiment)
Allez Philo, à + tard! Et me fais plus chialer stp! lol | | | À: Snounit · 22 août 2004 à 11:28 Re: Aéroports... Message 11 de 13 · 3 138 affichages · Partager Souvenirs, souvenirs... Adieux sur le quai d'une gare de banlieue, il y a fort longtemps, et pourtant on garde en soi la douleur de voir disparaître celui qu'on aime, et qui part, contraint et forcé d'aller se battre contre des frères... Et qui vient de vous dire qu'il ne reviendra peut-être pas...
Pétrifiée de chagrin, incrédule devant une telle éventualité, les yeux remplis de larmes, le coeur en miettes...
Et cela fut vrai : on ne s'est jamais revus, une peine immense, savoir qu'il est sain et sauf mais que son amour s'est éteint et que le bel avenir promis s'est écroulé, sur ce quai désert... | | | À: Fabricia · 22 août 2004 à 22:10 Re: Aéroports... Message 12 de 13 · 3 118 affichages · Partager  Désolée Fabricia...
* bisous* | | | À: Snounit · 26 août 2004 à 11:46 Re: Aéroports... Message 13 de 13 · 3 084 affichages · Partager Et lorsque qu'un départ ou une arrivée peut réunir les deux émotions à la fois : la tristesse d'une part...la joie de l'autre!
Janvier 1989 : Aéroport de Zaventem. Il fait un froid glacial, c'est le premier hiver que je connais (moi qui n'avait encore jamais vu la neige du haut de mes 20 ans!  )...les flocons tombent et fondent aussitôt, le vent est glacial...rentrer à l'intérieur de cet aéroport signifie se réchauffer certes mais se rapprocher un peu plus du départ aussi. Il fait nuit (environs 21h00) le vol est prévu pour 23h...
Je me souviens de ce moment...celui où il faut passer ce portique, celui où l'on ne verra, dans un instant, l'être aimé qu'au travers de grandes baies vitrées...Celui qui fait instantanément rouler les larmes sur les joues, celui où l'on se dit...Te reverrais-je ??? (ce 1er véritable amour de sa vie  )...tristesse, coeur qui se serre...
Mais ce passage de portique ça signifie aussi...Retrouver ENFIN cette terre, "ma" terre, celle qui m'a vue grandir pendant ces 20 années : l'Afrique... C'est revoir aussi mes parents restés au pays des acasias...Joie, coeur qui se serre...
Février 1989...Un mois plus tard...même scène de vie, de déchirures...seuls les détails physiques changent : l'aéroport (celui de Lubum), le climat (il fait un soleil de plomb...ici pas de neige, juste la poussière qui virevolte dans l'air!)... Des larmes encore : de retourner vivre dans cette Europe glaciale, de laisser sa famille pour bien des mois avant de pouvoir la resserer dans ses bras...de la joie aussi de retrouver un petit ami cher à son coeur...
Aahhh les aéroports ils ont bien des parfums, ceux du coeur aussi! | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 10 283 visiteurs en ligne depuis une heure! |