Les amples courbes de la Route 62 qui vous ramène du
Karoo vers Le Cap sont comme une berceuse, on dirait que le pays vous prend dans ses bras pour vous consoler de devoir partir.
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Il y a deux mille ans déjà, les marchands investissaient les temples. Plus récemment, la chapelle de l'institution en charge de mon instruction a été transformée en dortoirs alors que ses combles étaient un formidable terrain de jeux. Et voilà que ce matin, une demi-douzaine de jeunes gens enthousiastes lavent ma voiture dans un hangar qui fait car wash en semaine et église le week end. Un Jésus de chiffons à couronne d'épines d'acacia veille sur les opérations. L'église se nomme
New generation world changers et, est-ce l'eau bénite, la voiture resplendit.
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Le serveur du restaurant se prénomme Innocent : vais-je laisser un pourboire miraculeux ?
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En rayon, des terrines de zèbre, d'impala, de springbok. C'est petit pied en regard de la viande de lion et d'éléphant offerte à ses invités par le président nonagénaire du
Zimbabwe.
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Est-il raisonnable de vendre des jeans neufs déjà déchirés à des pauvres ?
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Circulation alternée : les jours pairs il roule en Maserati, les jours impairs, il sort l'Aston Martin.
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Cynthia, vingt-trois ans, est zimbabwéenne et serveuse dans le restaurant chic d'un vignoble du Cap. Elle est inquiète de la montée de la xénophobie en
Afrique du Sud, elle n'a pas revu son pays depuis trois ans et il lui manque.
Les consignes données par la presse aux étrangers noirs :
- ne pas parler, ni décrocher son téléphone en public de crainte d'être trahi par son accent.
- ne pas porter les étoffes de son pays mais se vêtir comme les sud-africains.
- si on est commerçant, mettre son stock à l'abri et fermer l'échoppe en attendant le retour au calme.
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Hiverner la voiture est un crève-coeur et les derniers tours de roue, un supplice. Le dernier verre de Sarabande est loin de procurer l'oubli.
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