Bonsoir
JeanlucP !
Le débat est animé !
En effet mon job et ma fonction engendrent un certain nombre de "contraintes", mais je vous rassure, je reste, me semble t'il, en accord avec moi même et toujours en phase avec ma morale.
Prédateur ? je ne vois pas ce que vous entendez, je suis plus un opérationnel (dirigeant) qu'un homme d'affaire... Ce job me donne la chance de gagner de l'argent qui j'investis dans les voyages avec ma famille plutôt que d'acheter des choses qui ne m'intéressent pas, des objets, des fringues ou je ne sais quoi. Je n'ai pas de voiture, je ne suis pas propriétaire et je n'ai pas d'argent à la banque. Avec l'argent que je viens d'obtenir récemment j'aurais pu m'acheter du confort, une voiture, avoir un apport personnel pour acheter un appart... Non, nous investissons tout pour partir ensemble 1 an en voyage. Je quitte mon job, je largue l'appart, vends une partie des quelques meubles, et je recommencerai à zéro (en gardant une somme pour assurer un retour sans risque pour la famille tout de même).
En effet je n'ai pas l'ambition de faire
une carrière, je me moque de cela ! Je veux assurer un avenir à mes enfants, c'est certain. Voyager est aussi un moyen de passer du temps avec les êtres qui me remplissent de bonheur : ma femme et mes pitchouns ! Je viens d'une famille modeste, j'ai de la chance.
Pour répondre à Nadenoumea :
Je vous assure que mon propos n'est pas de juger ! J'ai certainement un avis très tranché c'est certain, mais je suis convaincu que
le voyage est une chose et que les
séjours "All Inclusives" ou similaires c'est autre chose !
Etrangement ces séjours sont organisés dans des pays très pauvres (Rep. Dominicaine,
Cuba,
Maroc, Afrique?...) ou la
population ne profite pas du tourisme au profit des TO ou de Business Men principalement Américains en
Rep Dom. qui arrosent les politiques locaux de pots de vins pour qu'ils laissent faire (prostitution femmes et enfants, destruction des côtes, de la faune et de la flore...). Je pense simplement qu'aujourd'hui il est possible de voyager intelligent pour pas très cher sans pour autant engraisser des multinationales du tourisme, en
fermant les yeux sur les
populations locales sous le prétexte de dire :
"j'ai passé une année à bosser je suis fatigué je vais juste me reposer au bord d'une piscine, j'ai le droit, je paye pour ça, pour le reste je ne suis pas responsable de la pauvreté du monde.."
Pourquoi pensez-vous que les TO ont tendance à organiser, grouper les touristes (dans les hôtels, les circuits) ne pensez pas que c'est pour vous offrir de meilleurs prix, c'est surtout pour enfermer les gens dans des structures qui poussent à rester sur place, à
consommer sur place, et à rester grouper pour mieux contrôler une plus grande masse de gens - en même temps - et faire plus de
profits. La marge de ces entreprises est réalisée sur tout ce qui est "non compris" (excursions, boite de nuit, sports de toutes sortes...) et sur les produits locaux achetés sur place. L'accroche commerciale c'est le prix
bas du billet, le reste est réalisé sur le dos des populations locales (pas ou peu de loyers des hôtels, remplacés par des pots de vins aux politiques...). Je pense, je vous assure qu'il est possible de voyager intelligent aujourd'hui, et pour pas trop cher ! On nous fait croire que le voyage est produit de consommation... Je ne pense pas cela,
et là, je cherche à vous convaincre !
Notre monde est fragile, ce qui me fait peur c'est que le développement de ce type de tourisme dégrade les plus belles régions de notre planète, toujours dans le même sens : des pays riches vers les pays pauvres. Etrangement les Africains ou les Dominicains ne viennent pas en séjours organisés chez nous, vous avez remarqué ? Pourtant ils sont certainement très fatigués de leurs journées dans les plantations pour 1€ par jour (véridique en Rép. Dominicaine).
Pour répondre à LULUJO :
Vous ne parlez que de
maladies tropicales, de
séquelles à vie, de
virus, de
culpabilité, vous êtes une personne très inquiète, mais ne croyez pas que nous sommes inconscients pour autant. Nous aimons nos enfants et c'est sans doute aussi pour cela que nous souhaitons les "ouvrir au monde", même bébés !
Si vous connaissiez les risques
réels que vous prenez - pour vous et vos enfants - lorsque vous voyagez en prenant
toutes les précautions nécessaires vous ne diriez pas cela. Renseignez-vous et comparez avec les accidents, maladies, mortalité et souffrances des enfants dans
votre pays. En voici une liste non exhaustive :accidents de la route en traversant la chaussée ou en voiture avec les parents, défaut de vigilance des parents autour des piscines, accidents mortels ou invalidants dans la maison par ingestion de produits toxiques mal rangés, brûlures par fer à repasser, huile ou casseroles sur le feu, chutes et fractures dans le jardin ou la maison etc... Et comparez maintenant avec les maladies tropicales (comme vous dites) attrapées par des voyageurs avertis (les autres n'avaient qu'à prendre les bonnes mesures!). Maintenant si vous allez visiter un hôpital ou un service spécialisé en maladies
tropicales vous risquez de croire que tous les voyageurs attrapent des trucs incroyables !
Maintenant je vous assure que porter son bébé sur son dos ou en ventral c'est génial, pas seulement en voyage mais tout le temps !!! lorsqu'ils sont petits, moi le papa qui n'ai pas porté mes enfants durant la grossesse (pas encore possible pour les papas) je me fais une joie de les porter par la suite : pour se promener en ville, faire les courses, faire les magasins, en week-end...Et pas lorsqu'ils sont malades (ils restent en général dans ce cas au lit ou à la maison...).
Je vous assure,
jouer avec la santé de ses enfants c'est : ne pas prendre les
dispositions nécessaires, ne pas prendre les
précautions nécessaires, ne pas
s'informer, ne pas se
préparer, ne pas
consulter des spécialistes, ne pas prendre les
assurances et les
sécurités nécessaires. Si vous faites l'inverse, vous ne prenez pas plus de risques que de traverser la rue Sainte Catherine à
Montréal sans regarder... Encore faut-il vouloir faire tout cela pour avoir le plaisir de voyager avec ses enfants ! Avoir envie, c'est tout !
Mais je ne vous pousse pas à le faire et je ne vous juge certainement pas si vous ne le faites pas. Le monde est grand, il doit y avoir de la place pour tout le monde.
Pour finir :
Je suis d'accord avec
Nadenoumea il n'est pas nécessaire d'aller à l'autre bout du monde pour découvrir le monde et pour voyager. Il faut avancer doucement dans le voyage, apprendre à voyager pour mieux voyager, pour mieux apprécier. Regarder les autres chez soi, dans sa ville dans sa rue, dans son pays, c'est vrai !
C'est vrai aussi qu'un
bébé ne profite pas - comme nous l'entendons - d'un voyage à l'autre bout du monde, mais nous sommes certains qu'il est très heureux d'être
avec vous si
VOUS, vous êtes heureux d'être
avec lui, et que toutes les sensations que lui procurent un tel voyage ont une action sur lui ; chaleur, soleil, sable, lumière > > Des sensations qu'il n'a pas l'habitude de connaître et cela enrichi ses sens et son accuité au monde qui l'entoure. C'est aussi votre joie à vous, de voyager, votre bonheur
à vous qui le touche, être
avec vous tout le temps, plus encore que si vous étiez dans votre maison en vacances... l'important est de lui conserver son rythme de sommeil, de sieste, de jeux, de le protéger du soleil et de la chaleur, qu'il boive suffisamment, qu'il mange comme il le souhaite quand il le faut...
Faire 100 KM par jour en 4x4 en brousse ou dans le désert avec un bébé est débile, faire 4 heures trek par jour sous le soleil avec bébé en sac à dos avec bébé est débile.
Le voyage comme nous le faisons est différent : s'installer quelque part dans une case ou une maison et nous fondre discrètement dans le paysage, avec nos enfants. Les rencontres se font naturellement (grâce à nos enfants) le bonheur des échanges commencent, nous aiguisons la curiosité des populations locales... Nous sommes humbles, modestes, nous laissons tous nos principes à
Paris. Les choses se passent, nous laissons faire, nous ne provoquons pas la rencontre pour mieux préserver la qualité de l'échange. Il faut juste accepter de vivre dans des conditions modestes, comme les gens que nous cherchons à comprendre, dans les mêmes conditions.
Il n'y a pas de risque, il n'y a
que du bonheur, pour nous et pour nos petits. Nous avons de la chance d'être ensemble et de voyager.
Francis