Lundi 14 mai :
Matera
Au programme de ce jour, la découverte de la ville de
Matera. Avant de préparer ce voyage, je n'en avais jamais entendu parler. Et pourtant, c'est une ville extraordinaire avec une histoire qui remonte à la nuit des temps. Elle serait l'une des plus anciennes villes du monde, après Alep et Jéricho.
Les grottes formées dans la roche tendre et calcaire attirent déjà les hommes au Paléolithique. Au fil du temps, des populations s’installent ici et creusent leurs habitations dans le tuf.
La ville se développe au cours de siècles et s'étend de plus en plus. Des moines se réfugient dans les grottes et les transforment en églises rupestres.
Les quartiers de
Matera appelés Sassi sont encore habités jusque dans les années 1950 par des familles vivant dans des conditions lamentables. Une seule pièce pour toute une famille vivant avec les porcs, les chèvres et les poules. Le taux de mortalité infantile est alors de 44 %.
Dans son livre « Le Christ s'est arrêté à Eboli » Carlo
Levi décrit
Matera comme une citée encore plongée dans la féodalité. Il sensibilise ainsi l'opinion politique. Une loi vient alors mettre fin à des millénaires d'occupation ininterrompue de ce site. La population est relogée, parfois de force, dans des logements sociaux.
Les Sassi tombent alors dans l'oubli jusqu'à ce que Mel Gibson les choisit comme décor pour son film « La passion du Christ »
Matera suscite à nouveau l'intérêt et à partir de 1986 des travaux de rénovation commencent à lui redonner de sa splendeur. En 1993 les Sassi sont ajoutés par l'UNESCO au Patrimoine de l'Humanité. Et ce n'est pas fini.
Matera prend sa revanche, elle sera capitale européenne de la culture en 2019.
Nous nous perdons dans le labyrinthe de ses ruelles tortueuses. On avance au hasard, on monte, on descend, on prend le temps d'admirer, de goûter le silence profond. Ici pas de voiture, juste des rues aux pavées irréguliers. On se croirait dans un décor de cinéma. La magie opère. On est ensorcelé.
Nous visitons des églises rupestres ainsi que le Duomo. Malheureusement les photos y sont interdites. Nous allons aussi à la maison Noha qui est une maison traditionnelle et dans laquelle sont projetés des films retraçant toute l'histoire de la ville. Vraiment très intéressant. Mais notre occupation principale reste la flânerie. Nous allons à chaque belvédère et nous contemplons, nous nous laissons pénétrer par l'âme de la cité. Ici le temps s'est arrêté. On savoure juste l’instant présent.
Nous avons marché plus de 10km dans cette ville incroyable.
Mardi 15 mai : Départ pour
Caserte
Demain nous rentrons chez nous. Enfin je l'espère car
Brussels Airlines fait grève et nous voyageons avec cette compagnie. Notre vol est annulé. Je leur téléphone pour savoir ce que l'on doit faire. Il nous trouve une solution. On peut partir avec Lufthansa. Ils nous ont trouvé de la place. Chouette on pourra rentrer mais par contre c'est tout de même ennuyeux car nous devons faire une escale à
Munich alors que normalement nous avions un vol direct
Naples /
Bruxelles. Vaut mieux cela que rien du tout, ce sont les risques quand on voyage.
En attendant, aujourd'hui nous allons nous rapprocher de l'aéroport. C'est pour cela que nous avons choisi
Caserte pour cette dernière étape. Cette ville se trouve à une demi-heure de l'aéroport et en plus il y a un palais et son parc à visiter. C'est tout ce qu'il nous faut pour passer ce dernier après-midi. Enfin, ça c'est ce qui était prévu. Mais deux choses vont se mettre en travers de notre chemin.
D'abord, je me lève avec un mal de dos épouvantable. Je crois que les ruelles de
Matera ont eu raison de mes dernières forces. Je ne sais presque plus bouger. La seconde chose, c'est à nouveau la météo. En tout début de journée le temps est très gris mais sec. Par contre, pendant notre trajet en voiture vers
Caserte il se met à pleuvoir comme jamais. Ce sont des torrents d'eau qui s’abattent sur nous. La température descend même jusqu'à 12°. Nous arrivons à l'hôtel à
Caserte sous des trompes d'eau. Le mal de dos plus une météo épouvantable nous découragent et on n'a pas envie de sortir. On passe donc l'après-midi à l'hôtel à bouquiner et à se reposer. Après tout, on est en vacances.... Donc le palais de
Caserte, ce sera pour une prochaine fois.
Mercredi 16 mai : le retour
Retour sans problème malgré la grève. Comme prévu, nous avons une escale de 3 heures à
Munich. Nous arrivons à
Bruxelles en fin de journée, heureux de retrouver notre famille et nos animaux.
Voilà donc un très beau voyage qui se termine. C'est la première fois que nous partons en mai. Habituellement, nous partons en juillet. Nous en avions décidé ainsi afin d'éviter la masse de touristes sur la
côte amalfitaine en été. Malheureusement la météo n'a pas été terrible. Si c'était à refaire, est-ce que je le referais ? La réponse est incontestablement oui. Malgré une météo capricieuse, je crois qu'il y a beaucoup d'avantages de voyager à cette saison. Il y a moins de monde et aussi moins de chaleur. J'ai lu qu'à
Matera en plein été les températures peuvent monter jusque 45°. Je crois que dans ces conditions, on en aurait fait beaucoup moins.
Qu'a-t-on aimé ?
En ce qui me concerne :
N° 1 :
PompéiJ'ai été terriblement impressionnée par cette ville, sa taille et l'état dans lequel elle se trouve encore après presque 2 millénaires sous terre. Ce site nous donne une réelle vision d'une ville romaine.
N° 2 :
MateraLà aussi, une impression de retour dans le temps. C'est une ville incroyable, unique en son genre. Ici, la ville est restaurée, habitée, vivante. Il émane d' elle un parfum d'éternité.
N° 3 : Les villages perchés de Basilicate
J'ai adoré ces villages pour leur authenticité loin des masses de touristes. J'ai aimé me perdre dans les ruelles étroites, aller de place en place, admirer les maisons typiques accrochées à la montagne. J'ai apprécié l'exceptionnelle beauté du cadre.
Ceci est mon top 3. Peut-être aurait-il été différent avec une météo plus clémente car bien entendu
Capri est aussi un endroit exceptionnel mais le mauvais temps nous a empêcher d'en profiter pleinement.
Que n'a-t-on pas aimé ?
N° 1 : Le mauvais temps (je crois que vous ne serez pas surpris)
N° 2 : Le côté antipathique de certaines personnes, principalement les gens qui vendent les tickets de bateau ou de bus. Je crois qu'ils sont blasés de trop de touristes.
N°3 : La circulation routière à
Naples. Le danger de traverser une route même sur un passage pour piétons avec un feu vert. Nécessité absolue de rester vigilant.
Si c'était à refaire, qu'est-ce que je changerais ?
Je resterais plus longtemps sur l'île de
Ischia. C'est un endroit très beau où il y a beaucoup de choses à voir. J'aurais aimé visiter d'autres villages sur cette île, monter au sommet du Mont Epomeo ou profiter des sources thermales.
Il m'a manqué du temps à
Naples aussi, pour le musée archéologique, les souterrains.
Sur la
côte amalfitaine aussi il nous a manqué du temps. En fait, il aurait fallu partir 1 ou 2 semaines de plus. Cette région est si riche.
J'espère que ce compte rendu vous a plu. En tout cas moi, j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire. Je l'ai fait avec tout mon cœur pour vous faire découvrir cette région à travers mon voyage et mes photos. Dommage que certains profitent toujours de la moindre occasion pour glisser quelques remarques sarcastiques mais cela prouve au moins que le carnet est lu. C'est déjà ça !