Très intéressant reportage.
La visualisation des modes de propagation reprend des éléments connus, mais les visualise de façon assez saisissante. Le reportage tend à présenter un bateau de croisière comme un milieu idéal pour une contamination, sans pondérer par une comparaison avec d'autres lieux publics où, contrairement aux bateaux, personne ne se lave les mains, comme les gares, les aérogares, les métros, etc...
L'historique des jours suivant la découverte du premier cas insiste sur l'inertie de Princess à réagir et l'importance de ce retard de réaction sur l'ampleur de la propagation de l'épidémie, notamment en maintenant les fêtes dans l'atrium et les spectacles au théâtre. Evidemment, il est plus facile aujourd'hui d'en juger qu'à l'époque.
Je retiens à l'encontre de Princess, mais aussi des autorités Japonaises, l'abandon de personnes contaminées sans aucun soin dans leur cabine, comme en témoigne l'épouse d'un passager décédé du virus.
Je retiens également que des passagers se sont trouvés privés de leurs traitements médicaux habituels, les services Japonais de santé ayant été incapables d'en fournir certains (les officiels Japonais interviewés imputent cela au nombre de personnes à bord, or, une pharmacie en
France dessert à elle seule une population de plus de 3000 personnes, donc les 3700 passagers et membres d'équipage du Diamond Princess n'auraient pas du saturer les capacités de réaction dune ville comme
Yokohama, qui compte 3.7 millions d'habitants!). Certains ont souffert de graves problèmes de santé de ce fait.
Le reportage insiste beaucoup sur les leçons qui ont été tirées de cette crise, par contre, il reste très discret sur la pertinence du choix de confiner tout le monde à bord du bateau, en obligeant notamment des gens à partager des cabines avec des personnes contaminées. A demi mots, on devine que les officiels Japonais ont délibérément choisi de n'hospitaliser qu'au compte goutte pour ne pas perturber le fonctionnement habituel de leurs hôpitaux. Les évacuations ont été entreprises tardivement, toujours en retard par rapport à la progression de l'épidémie, et avec des moyens insuffisants devant l'ampleur du problème. Les déclarations des officiels Japonais, en particulier du ministre de la santé donnent l'impression qu'ils sont assez satisfaits de la façon dont ils ont géré la crise.
Je crains que ce ne soit pas l'avis des passagers.
Un officiel donne en particulier comme raison la saturation des hôpitaux, or le
Japon est le pays du monde qui compte le plus de lits de "soins aigus" par habitant (8 pour 100 contre 3,1 pour 1000 en
France).
Yokohama doit donc compter près de 30 000 lits de soins aigus et aurait du pouvoir accueillir tous les malades du Diamond Princess, au lieu de les laisser contaminer leurs voisins.