GeorgesOZ · 23 septembre 2018 à 9:12 · 253 photos 194 messages · 26 participants · 23 538 affichages | | | | À: Tiago58 · 31 août 2020 à 18:59 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 181 de 194 · Page 10 de 10 · 872 affichages · Partager pour moi pas de probleme j adore la géographie et ta façon de nous faire partager ton voyage j attends avec impatience la prochaine étape san agustin
Super! Merci de me le dire. Parfois je m'inquiète de trop en faire (mais je me dis alors que j'écris tout d'abord pour mon propre compte). | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: GeorgesOZ · 1 septembre 2020 à 12:51 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 182 de 194 · Page 10 de 10 · 861 affichages · Partager En route pour San Agustín
Départ du bus à 8 :30. Il nous laissera à un embranchement proche de San Agustín, où un taxi nous attendra pour le trajet final. 18,000 COP par personne, tout compris. C’est une formule originale et on pourrait avoir quelques hésitations mais il ne semble pas y avoir d’alternative.
La route est bonne pendant la première heure et demie. Le tronçon avant l’entrée du parc Puracé, à la « frontière » entre les départements Cauca et Huila, traverse un plateau couvert d’une végétation assez extraordinaire. Entre autres, il y a des milliers de pousses – je ne sais pas comment décrire ça exactement – d’un ou deux mètres de haut, surmontées par des éclosions ou des bouquets de fleurs blanches (?). C’est un peu comme si c’étaient des « œufs » sortis tout droit des soutes du vaisseau spatial « alien » dans le film du même nom..... La route est trop encaissée pour pouvoir prendre des photos correctes. Les deux photos que je mets ici sont en fait des copies tirées de Google Maps. Pas fameux, je sais, mais ça donne une petite idée.
Toute cette région est vraiment fantasmagorique, c’est vaste, vert, humide, froid bien sûr, assombri par un ciel lourd..... Je crois que ce paysage est caractéristique de certaines zones andines et que ça s’appelle un « páramo».
Une personne pensant prendre cette route un jour pourra trouver un peu d’information sur le « net » et pourra lire que « la route est en bon état ». La vérité, c’est qu’il y a au moins une dizaine de kms, sinon plus (difficile à estimer) qui sont complètement défoncés. La route est peut-être meilleure par temps sec, mais aujourd’hui, il y a une épaisseur de boue comme je n’ai jamais vu nulle part. Ornières et nids de poules à profusion, et pas des moindres ! Nous tanguons de tous bords, il n’y a pas une seconde de répit. Il y a en plus beaucoup de circulation dans les deux sens, et surtout des gros camions, sur cette route étroite. Nous traversons une forêt. Si jamais un véhicule tombe en panne, nous serons dans la mxxde !
Quelques kms plus loin, enfin sortis de ce passage chaotique, nous nous arrêtons à un restaurant pour respirer un coup et pour manger. Un autre étranger y est déjà, un Anglais qui fait la route à vélo depuis le Canada jusqu’au Pérou. Comment il a pu traverser le parc dans les conditions que je viens de décrire, je n’ose pas imaginer. En plus, il ne doit pas avoir une dizaine de kgs de bagages sur son vélo. C’est vraiment une toute autre aventure, chapeau !
Le bus s’arrête à un pont. C’est la Magdalena ! Nous ne devons pas être très loin de sa source, quelque part au sud du massif du Puracé. Comme convenu, on nous y attendait. En fait, c’est une voiture privée qui nous emmène sur ces derniers kms jusqu’à San Agustin. C’est une toute petite ville. Du centre, nous avons ½ km à faire à pied, le long de la carrera 13, pour arriver à notre logement : la Casa François. Aucun doute, le propriétaire est ou Français, ou Belge, ou Suisse ou Québecois. C’est un peu en hauteur et nous y avons une belle vue sur San Agustin et sa vallée. Les cabanes sont d’aspect plutôt engageant, distribuées à travers une verdure bien entretenue. La deuxième photo montre le devant de notre cabane. Sympa, non ?
En fin d’après-midi, nous nous laissons tenter par l’étalage de fruits et légumes à l’entrée d’un restaurant, sur la calle 5. Ce n’est pas que nous ayons une grande faim, nous avions déjà mangé un bon morceau à la sortie du Puracé, mais que diable, il faut bien s’asseoir quelque part !
Le panneau sur la droite (photo) annonce les plats « phares » du lieu, à savoir l’ » asado huilense », une grillade donc, et - surprise, surprise – la « bandeja paisa » bien connue de tous. Voulant manger un peu plus sain que d’habitude, je commande une « cazuela de frijoles ». Les « frijoles », c’est des « Cazuela », c’est des haricots ou des fèves, et « cazuela », c’est presque le même mot que « cassoulet », c’est donc un choix assez logique pour changer de la « bandeja paisa » omniprésente.
La « cazuela » arrive. Bien, mais..... c’est tout ? Pas de petite « sopita » en entrée ? Pas de petite salade pour accompagner ? Vu le prix indiqué sur le menu, je commence à me douter d’une erreur d’aiguillage quelque part, et effectivement, le garçon revient pour poser devant moi..... une « bandeja paisa » énorme ! Quoi, ça vient ensemble ? Oui, me dit-il, la différence entre commander une « bandeja paisa » et une « cazuela de frijoles », c’est que les gens commanderont la « cazuela » s’ils veulent avoir plus de haricots mais ça viendra en plus de la « bandeja », qui elle est de toute façon servie par défaut. Au secours, je vais crever ! La clinique locale a-t-elle une section pour les overdoses de protéines animales ?
C’est l’estomac bien chargé et plus légers de 55,000 COP (15 euros, notre addition pour 2 personnes) que nous rentrons le soir à la Casa François. Ça grimpe mais l’effort physique aidera à la digestion. Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 2 septembre 2020 à 13:47 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 183 de 194 · Page 10 de 10 · 843 affichages · Partager Bonjour, Vraiment intéressant votre carnet de voyage. Il se trouve que j'ai déjà voyagé plusieurs fois en Colombie et en Équateur. Mais je voyage seule ou avec une amie (donc 2 femmes), ce qui change notre possibilité de rencontres avec les colombiens et équatoriens. La Colombie est le pays sud-américain où à mon avis, l'accueil est le plus chaleureux. En parlant espagnol, c'est facile d'y voyager. Par contre, j'ai trouvé l'accent paisa difficile à suivre. Je suis habituée à l'espagnol doux et fluide des équatoriens des Andes. Les magnifiques plantes des páramos (Ici le Parc Purace) que vous avez photographiées se nomment frailejones. J' en ai vu dans les páramos du Venezuela, de Colombie et d' Equateur. Merci de votre explication sur les fessiers impressionnants des colombiennes. Nous en avons photographié plusieurs discrètement dans la rue en nous interrogeant sur cette mode à la Botero. J'avais envie lors de mon prochain séjour en Colombie de passer par Lorica, qui appartient au réseau des villages patrimoniaux de Colombie. Vu vos commentaires, je m'en passerai. J'oubliai: à propos de Salamina et Aguadas, la fontaine qui est arrivée en pièces détachées par mer puis par monts et vaux est celle de Salamina. Était ce en août que vous étiez à Aguadas? Vers le 15, il y a le festival du "pasillo colombiano", un des nombreux genres musicaux du pays. Ça vaut le coup d'y rester une petite journée. J'attends avec impatience de lire votre ressenti sur Quito. Mon filleul équatorien y habite et en 30 ans, j'y ai séjourné à multiples reprises. J'aime beaucoup cette ville. Bien cordialement, Danyflore. | | | À: Danyflore · 2 septembre 2020 à 21:43 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 184 de 194 · Page 10 de 10 · 829 affichages · Partager Bonjour, Vraiment intéressant votre carnet de voyage. Il se trouve que j'ai déjà voyagé plusieurs fois en Colombie et en Équateur. Mais je voyage seule ou avec une amie (donc 2 femmes), ce qui change notre possibilité de rencontres avec les colombiens et équatoriens. La Colombie est le pays sud-américain où à mon avis, l'accueil est le plus chaleureux. En parlant espagnol, c'est facile d'y voyager. Par contre, j'ai trouvé l'accent paisa difficile à suivre. Je suis habituée à l'espagnol doux et fluide des équatoriens des Andes. Les magnifiques plantes des páramos (Ici le Parc Purace) que vous avez photographiées se nomment frailejones. J' en ai vu dans les páramos du Venezuela, de Colombie et d' Equateur. Merci de votre explication sur les fessiers impressionnants des colombiennes. Nous en avons photographié plusieurs discrètement dans la rue en nous interrogeant sur cette mode à la Botero. J'avais envie lors de mon prochain séjour en Colombie de passer par Lorica, qui appartient au réseau des villages patrimoniaux de Colombie. Vu vos commentaires, je m'en passerai. J'oubliai: à propos de Salamina et Aguadas, la fontaine qui est arrivée en pièces détachées par mer puis par monts et vaux est celle de Salamina. Était ce en août que vous étiez à Aguadas? Vers le 15, il y a le festival du "pasillo colombiano", un des nombreux genres musicaux du pays. Ça vaut le coup d'y rester une petite journée. J'attends avec impatience de lire votre ressenti sur Quito. Mon filleul équatorien y habite et en 30 ans, j'y ai séjourné à multiples reprises. J'aime beaucoup cette ville. Bien cordialement, Danyflore.
Bonjour Danièle,
Comme c’est sympa de me répondre avec un avis positif, et de me donner le nom de ces plantes du páramo !
L’accent paisa difficile ? Je l’avais trouvé plutôt facile à capter, et en fait pas tellement différent du peu que j’ai entendu en Equateur (à venir dans mon récit). C’est plutôt l’accent (les accents,) côtiers qui m’avaient donné du mal en Colombie. Mais le fait reste, tout simplement : parler ne serait-ce qu’un peu d’espagnol change la donne quand on voyage dans ces pays.
Je suis rassuré d’avoir un retour positif d’une dame (vous) sur mes élucubrations « fessières ». On me prendrait facilement pour un obsédé ! Mais je suis un homme porté sur les femmes, je dois l’avouer – et pourquoi le cacher ? - alors ces détails font partie de mes découvertes...
Je coirs bien effectivement que j’étais à Aguadas au mois d’août, mais une bonne semaine avant le festival du « pasillo ». On ne peut pas tout faire dans un voyage. Si un jour j’y retournais....
Je vais bientôt arriver à Quito, encore quelques jours de voyage (dans mon récit). J’ai bien aimé Quito aussi. Très belle ville. Beaucoup de cachet.
Au passage, j'ai vu aujourd'hui que la Colombie fait des gestes d'ouverture au touristes étrangers. Pas encore grande ouverte, mais au moins des signes dans ce sens. A bon entendeur, salut! | | | À: GeorgesOZ · 3 septembre 2020 à 11:56 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 185 de 194 · Page 10 de 10 · 815 affichages · Partager ....
Au passage, j'ai vu aujourd'hui que la Colombie fait des gestes d'ouverture au touristes étrangers. Pas encore grande ouverte, mais au moins des signes dans ce sens. A bon entendeur, salut!
Pour ceux qui "z'yeutent" l' Amérique du Sud : de même, il semble, en ce qui concerne le Pérou. Reste à voir dans quelles conditions, et il faut aussi avoir courage + appétit vu la situation pandémique critique dans ce pays! | | | À: GeorgesOZ · 7 septembre 2020 à 12:01 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 186 de 194 · Page 10 de 10 · 794 affichages · Partager Me voici de retour! J'ai été occupé "ailleurs" pendant quelques jours....
San Agustín – A cheval !
Nous nous levons tôt pour nous rendre chez Silvio ce matin. Silvio, nous l’avons rencontré hier en remontant la carrera 13 vers Casa François, et nous avons convenu d’une ballade à cheval avec lui, 70,000 COP pour deux et pour la matinée. Ça fait 10 euros chacun, c’est assez correct : les chevaux ont l’air d’être bien soignés et il nous affirme qu’ils sont bien dociles. C’est ce qu’il faut car A n’est jamais monté en selle de sa vie.
Nous prenons vite un petit déjeuner ultra-léger à Casa François. Les œufs sur le plat viennent comme d’habitude dans cette espèce de minuscule poêle à frire en aluminium dont j’ai déjà parlé. Assez curieux comme truc, les œufs attachent bien au fond... En descendant de chez Casa François, nous avons une belle vue sur la ville aux premières lumières de la journée. Il n’est encore que 7 heures du matin, les rues sont vides. Il fait d’ailleurs bien bon, bien frais. Deux jeunes Françaises, S et M, font aussi partie de notre expédition.
Nous nous dirigeons vers le nord. Notre premier arrêt est à El Tablón : au milieu d’un pré assez pentu se trouve un groupe de 8 statues de pierre volcanique grise. Silvio nous donne des explications, que je dois plus ou moins traduire aux filles qui ne semblent pas dominer la langue du pays, c’est le moins qu’on puisse dire. Dites donc, les filles, vous venez de faire 2 ou 3 semaines en Colombie et vous dites continuer vers le sud pendant 2 ou 3 mois encore ? Il faudrait quand-même faire un petit effort en Espagnol, non ? 
Ces statues, comme la plupart des autres trouvées dans la région, ne sont datées que très approximativement. Si je comprends bien, pour établir une datation qui tient la route, il faut corréler tout un tas de données, des poteries et des restes organiques (aliments) qu’on puisse dater au carbone, par exemple (il n’y a ici aucune écriture). L’idéal serait de trouver ça dans des sols qui n’auraient pas été remaniés par la suite (érosion, alluvions plus récents etc). Tout ça semble beaucoup manquer ici et on en reste donc plutôt du côté des interprétations et interpolations.
Grosso modo, on parle d’une “ culture de San Agustín” qui remonterait au 4-ème millénaire av. J.C., ce n’est pas rien ! Les statues seraient surtout du 1er millénaire av. J. C. et même plus récentes, et représentent on pense des divinités. Cette culture aurait disparu peu avant l’arrivée des Espagnols.
En contrebas de ces statues, une grande maison fièrement intitulée « museo », mais nous décidons de ne pas y aller. Silvio nous indique que l’arbuste qui lance joyeusement de belles branches d’un vert éclatant par-dessus le mur de la maison est de la coca. C’est tout à fait la première fois en déjà bien 4 semaines dans le pays que nous entendons parler de cette plante !
De El Tablón vers le canyon de la Magdalena, il n’y a pas loin. Nous laissons nos chevaux et descendons des escaliers à pied. A mi-chemin, La Chaquira nous salue : c’est une effigie intrigante sculptée dans une énorme pierre qui domine le chemin. Les deux bras levés vers le ciel, ce personnage salue-t-il des divinités célestes, ou peut-être est-ce un geste de vénération adressé à la rivière ? Entre autres détails, ces gros yeux tout ronds, globuleux, c’est frappant.
Un peu plus bas, nous arrivons à une plateforme d’où nous admirons un paysage superbe.  Il faudrait être vraiment gonflé à bloc pour oser aller plus loin vers la Magdalena qui, à vue de nez, coule une centaine de mètres plus bas. Les verts déclinent une gamme assez complète, entrecoupée par le brun rougeâtre de quelques affleurements rocheux et, assez incroyable dans une telle topographie, le jaune-orange de quelques champs de maïs cultivés à flanc de côteau. Tout à fait à gauche de la photo, une petite ferme blanche. Inutile de dire qu’il n’y a qu’à pied, à dos de mule ou à cheval qu’on pourrait s’y rendre. Les gens qui y vivent ne doivent pas être ennuyé par les voisins ! On peut facilement imaginer aussi que s’ils s’adonnent à quelque culture illicite, il n’y aura pas grand monde pour aller vérifier de près ! 
Ces paysages, ces fermes minuscules et ces terres cultivées qui défient la verticale, c’est très caractéristique des montagnes Colombiennes.
Nous retrouvons nos braves canassons et continuons, vers le nord-ouest cette fois. C’est la cambrousse. Toujours ces couleurs brunes et vertes profondes, sous un ciel lourd de nuages prêts à crever. Magnifique, on se croirait dans un rêve. Quelques maisonnettes humbles mais propres, coquettes et fleuries. On voit que les gens ne sont pas riches par ici. Nous arrivons au site dit La Pelota. Ce qu’il y a de remarquable ici, ce sont les statues qui gardent l’entrée de 2 ou 3 tombeaux : elles sont plus petites mais portent encore des couleurs bien visibles. Autre chose remarquable : la bouche féline. Des crocs évidents. Sans le moindre doute, on retrouve ici le culte du jaguar qui est tellement caractéristique de tous ces peuples, du Mexique au Pérou (peut-être plus au sud ?). Ce que ces personnages tiennent dans leurs mains, est-ce le corps du / de la défunt / défunte ? Très intrigant, à vrai dire... 
De là, nous reprenons le chemin du retour. Nous sommes à quelques 2 kms des abords de San Augustin. La dernière photo montre l’une des deux filles et mon fils A de dos. Il aurait fallu un cheval bien plus grand pour lui. Silvio l’a d’ailleurs surnommé « El Gigante ».  En Europe, A est grand, mais ici en Colombie, c’est vrai, il fait figure de géant !
Nous descendons de selle à midi passé. C’était un régal, cette balade à cheval. Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 7 septembre 2020 à 12:17 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 187 de 194 · Page 10 de 10 · 788 affichages · Partager J'ai trouvé une belle photo de ces frailejones dont nous parlions il y a peu. Ça va faire plaisir à Danièle "Danyflore"! Magnifique, non? En fait, ce sont des feuilles et non des fleurs, ces "éclosions" au-dessus des pousses. Vraiment extraordinaire, ces paysages des páramos, c'est comme une autre planète....
La carte ci-jointe montre la distribution des cultures pré-colombiennes de Colombie. On voit bien qu'elles étaient centrées de préférence sur les massifs montagneux. Est-ce à cause des climats plus agréables, ou est-ce une interprétation faussée par le manque de vestiges laissés dans les basses terres? Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 8 septembre 2020 à 18:15 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 188 de 194 · Page 10 de 10 · 770 affichages · Partager San Agustín – Le parc archéologique
C’était bien sympa, cette balade à cheval le matin. Pendant les quelques arrêts, nous avons eu l’occasion de bavarder avec Silvio. Il nous a dit qu’il faut 5 jours de cheval pour remonter jusqu’à la source de la Magdalena. Je veux bien le croire. A vol d’oiseau, il ne doit pas y avoir beaucoup plus d’une trentaine de kms jusqu’au petit lac où la rivière semble prendre sa source, mais le terrain ne doit pas être facile. L’endroit se situe dans une région qu’on appelle le Massif Colombien ou le Nœud d'Almaguer. C’est de là que les cordillères Centrale et Orientale de la Colombie se séparent l’une de l’autre. C’est un endroit remarquable, car en plus de la Magdalena et de la Cauca, qui coulent vers la mer des Caraïbes au nord, il en sort aussi la Putumayo et la Caquetá qui elles rejoignent le bassin Amazonien, vers le sud-est.
Ça laisse pensif, cependant : ce serait vraiment une superbe entreprise ! A mettre de côté avec tous les autres projets potentiels. Il faudrait des vies entières pour explorer cette planète !
Silvio nous parle aussi un peu de la politique locale. Pour commencer, il nous informe que la région est « très tranquille ».  C’est ce que nous entendrons aussi plus tard dans la soirée, quand nous rencontrerons d’autres habitants du cru.
Il nous dit que la famille de Santos, le président précédent, fait entièrement partie de la FARC. Que l’un de ses oncles, après quelques années de prêtrise, s’était défroqué pour devenir l’un des commandants de la FARC : « El Cura Pedres ». Que ceux qui rejoignent la FARC ou d’autres guerrillas, sont soumis à un lavage de cerveau psychologique et ne reconnaissent plus leur famille. Que les négociations de paix n’aboutissent jamais à rien. Que Uribe et Duque sont des gens bien mais, bien sûr, étant des politiciens ils ne peuvent pas ne pas être corrompus.
Il est bavard, l’ami Silvio. 
L’après-midi, je vais tout seul au Parc Archéologique. A en a eu assez ce matin et veut s’occuper de ses photos. Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il a probablement l’arrière-train enflammé après ces 4 heures à cheval !
Le parc n’est pas loin. Je paie la voiture 5000 COP et en avant ! C’est grand, bien soigné mais avec ici et là pas mal de végétation laissée à l’état naturel. C’est intelligent comme arrangement. Il y a de quoi faire. En tout, j’y passe plus de 2 heures. Les touristes sont assez nombreux, Colombiens à 90%. Pour les 6 premières photos, ce sont des statues d’un style assez proches de ce que nous avons vu le matin. Et puis, je ne connais strictement rien de cette « culture de San Agustín » alors je ne vais pas vous rabattre les oreilles avec des commentaires superflus. Il y a aussi cette tombe recouverte d’énormes pierres. En extrapolant bien, on commencerait à penser aux dolmens de chez nous !
Je rentre à pied, il n’y a guère qu’un gros km pour revenir à San Agustín. Ne vous étonnez pas de mon énergie ! Je suis encore en train de carburer sur la portion rabelaisienne de « bandeja paisa » + « cazuela de frijoles » de la veille !  Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 11 septembre 2020 à 12:20 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 189 de 194 · Page 10 de 10 · 752 affichages · Partager San Agustín – Combat de coqs
Au retour de notre balade à cheval, Silvio nous a proposé de nous emmener ce soir voir un combat de coqs. Bonne idée ! Une nouvelle découverte ?  Nous nous retrouvons à 19 heures et prenons une voiture sur la calle 3, au coin du Parque Simón Bolívar. Nous payons 5000 COP pour nous rendre quelque part en dehors de la ville, pas très loin sur la route de Pitalito. Nous sommes serrés car les deux filles font aussi partie de l’expédition. Je dis « voiture » car il ne s’agit pas vraiment de taxis bien formalisés. San Agustín est trop petit pour cela.
Plusieurs familles sont installées aux tables sur la terrasse à l’entrée de la maison. C’est à l’intérieur que l’affaire des coqs se déroule. Nous sommes arrivés avant les premiers combats, ce qui nous donne la chance de voir les préparatifs. Il y a quelques douzaines de coqs dans des cages entassées le long d’un mur. Chaque coq est pris au fur et à mesure et pesé. Il doit y avoir plusieurs catégories : les poids-coqs et les poids-plumes ?  C’est un peu avant le combat que le propriétaire « arme » son coq avec des aiguilles métalliques qu’il lui fixe aux talons.
Je ne connais absolument rien aux combats de coqs et cela ne m’a jamais intéressé. Par curiosité, j'ai fait un peu de recherche sur la toile et j’ai trouvé des explications intéressantes sur le lien ci-dessous : ordesiles.com/...3/le-combat-de-coqs/
Il faut savoir que ce sont les Espagnols qui ont introduit les coqs (et les volailles associées) aux Amériques. Ce sont eux aussi qui y ont introduit les chevaux : c’est donc à cause des Espagnols que nous avons dû subir des centaines de « navets » cinématographiques où les « affreux Peaux-Rouges » attaquent à cheval les « gentils colons blancs ». J’ai une horreur particulière des films de John Wayne, l’épitome d'une certaine niaiserie Américaine à mes yeux. 
Pardon, je digresse sérieux, hahaha !  Les coqs, donc... Mon fils A est heureux, il peut prendre un tas de photos des coqs et de leurs propriétaires pendant les préparatifs, et nous pouvons aussi bavarder un peu avec les gens. On se dit parfois, vu de notre vieille Europe ancestrale, que les Latinos sont exubérants et même qu’il faut savoir surveiller son entourage car, on ne sait jamais, ces gens peuvent être dangereux. Vous savez quoi ? Ce n’est pas du tout le cas ici ! Ces gens sont presque timides ! C’est d’ailleurs l’impression générale que nous avons eue pendant ces semaines de voyage en Colombie : les gens sont plutôt calmes et même réservés, assez « soft » en fait.
Il y a une sorte de petite arène à l’intérieur de la maison où les combats se déroulent. Les meilleures places, sur les gradins centraux, coûtent 6,000 COP. Je suis le seul étranger. A vrai dire, il n’y a pas beaucoup de spectateurs, presque que des hommes d’ailleurs. C’est de toute évidence une petite affaire tout à fait locale. Tant mieux, c’est comme ça qu’on peut vraiment voir la « Colombie profonde », visages basanés, ponchos et tout !
Un type joue le rôle d’arbitre. Il signale les rounds en appuyant sur une sonnerie (les engins vert et rouge sur les photos). Pour sûr, les coqs s’y donnent à plein (je n’ose pas dire à cœur joie  ). On ne voit plus rien quand ils se jettent l’un sur l’autre, il n’y a plus que des blizzards de plumes. Contrairement à ce que j’attendais, les gens ne sont pas surexcités. Leurs encouragements sont assez discrets. Rapidement, l’odeur fade et écœurante du sang se propage.  Certains coqs se retrouvent en très piteux état, on peut dire qu’ils « restent sur le tapis », on se demande même comment ils peuvent survivre ces combats.  C’est plutôt triste, cette affaire, vraiment, et je m’en lasse très vite.
Les gens pariaient, bien évidemment. La 5-ème photo, les deux hommes debout en ponchos, sont sans doute entrain de compter l’argent de leurs paris.
C’est la première fois que je vois un combat de coqs. Je me doutais bien qu’il y avait un angle sordide, mais je romantisais en mémoire les photos superbes que Roland et Sabrina Michaud avaient prises en Afghanistan dans les années 1960 / 70 (ils ont publié un recueil d’une très grande beauté   ). Je pense ici à leurs photos d’un combat de coqs à Tashkurgan : l’emphase est plutôt sur le cercle des hommes enturbannés, pas tellement sur les coqs (ils sont dans des cages recouvertes de toiles bleues).
Je rejoins A et les deux filles à une table et nous commandons à manger et à boire. Il n’y a pas beaucoup de choix. Je me contente d’un « invuelto », une sorte de tamal, et d’une soupe. Les soupes sont l’une des meilleures choses à manger en Colombie. Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 12 septembre 2020 à 18:47 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 190 de 194 · Page 10 de 10 · 730 affichages · Partager Hmmm.... J'ai l'impression de me parler à moi-même sur ce poste.... | | | À: GeorgesOZ · 18 septembre 2020 à 8:03 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 191 de 194 · Page 10 de 10 · 705 affichages · Partager Echos de Popayán
Je fais une pause avant de reprendre la plume (électronique) pour la suite de notre voyage. En attendant, je note ce matin un article de la BBC sur un incident survenu à Popayán : www.bbc.com/...tin-america-54186047
La communauté Misak (Mintzak), que nous avons visitée à Silvia dans la région de Popayán, a démoli la statue de Sebastián de Belalcázar, un conquistador Espagnol. Ces groupes « indígenas » (les Pijaos et les Nasas ont joint le mouvement) se révoltent contre 5 siècles d’agression, de génocide et d’exploitation. C’est dans l’air du temps, bien sûr, mais personnellement je ne peux avoir que de la sympathie pour eux. Les Européens n’avaient pas à aller détruire les cultures amérindiennes, et on ne pourra jamais oublier les crimes commis contre les indigènes. C’est vrai aux Amériques comme dans d’autres parties du monde, d’ailleurs.
Cela dit, il ne faudrait pas isoler « les Européens » comme ayant été les seuls à agresser les autres peuples et à détruire leurs cultures. Je ne citerai personne pour ne provoquer personne Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 22 septembre 2020 à 12:19 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 192 de 194 · Page 10 de 10 · 684 affichages · Partager J'avais laissé mon récit au combat de coqs à San Agustin. Voici la suite!
San Agustín – Karaoké et en route pour Mocoa
Je suis retourné à San Agustín seul avec les filles, laissant A à son mitraillage photographique. Il est aux anges, A, en train de documenter la « Colombie profonde » !
Comme il n’est pas encore si tard que ça, je propose aux filles (pour rappel, deux jeunes Françaises S et M) de prendre un verre quelque part. Nous avons été débarqués au Parque Simón Bolívar. Ça tombe bien, il y a 2 ou 3 « watering holes » attendant les voyageurs assoiffés dans les parages. Au coin de la calle 2, le Cantares Bar nous tend les bras (vous saurez apprécier ma personnification d’un objet inanimé, c’est à ce genre de tour de passe-passe littéraire qu’on reconnaît un grand écrivain, hahaha !   ).
Ce qui nous attire au Cantares Bar, c’est la musique qui en sort. Il doit y avoir une bonne douzaine de clients : parfait, c’est animé mais pas comble et nous trouvons une petite table à laquelle nous installer. Je me commande un verre d'aguardiente à l'anis (puis un deuxième). Les gens chantent à tue-tête et en chœur. On leur envie cette gaîté et cette convivialité. Quelques convives dansent dans un style assez particulier. Le clou de la soirée, c’est quand on passe un tube Mexicain. Il faut voir l’énergie, l’enthousiasme qu’un type met à pousser les sifflets caractéristiques d’un genre de musique Mexicaine. Impressionnant !
C’était une super journée, vraiment : balade à cheval, archéologie et culture pré-Colombienne, combat de coqs, karaoké et culture populaire locale pour finir ! 
Le lendemain, il pleut et nous n’avons pas grand-chose à faire mais ça fait du bien. Nous avons repéré un petit café dans la rue principale où nous prenons, justement, 2 très bons cafés (notre 5-ème bon café en Colombie). Nous pouvons flâner à notre guise. Repas de midi : 12,500 COP pour deux - 3.60 euros, la ruine ! Malheureusement, il se tient des élections ce week-end et donc pas d’alcool en vente et le bar-karaoké est fermé le soir, dur dur ! 
Le matin du 3-ème jour à San Agustín, A et moi prenons un colectivo pour Pitalito (une trentaine de kms; 14,000 COP). Nous n’avons rien de particulier à faire à Pitalito si ce n’est qu’il faut y passer pour trouver un transport pour Mocoa, notre prochain point de chute en route vers la frontière avec l’ Equateur.
A la sortie de San Agustín, d’autres voyageurs s’embarquent également dans le colectivo, dont un couple. Curieusement, l’homme prend place à l’avant et laisse sa femme s’installer à côté de nous, tenant son bébé sur les genoux. On ne verrait pas ça dans un pays musulman ! Si je fais mention de ce détail apparemment insignifiant, c’est aussi que la femme, d’une petite trentaine d’années, est ravissante. Beaucoup de sang indigène, un peu de sang européen pour diluer. Un archétype de superbe Latina avec tout ce qu’il faut.....  J’ai du mal à contrôler mes yeux. Aie aie aie, c’est beau à voir mais ça fait aussi souffrir ! 
Pitalito est la municipalité la plus importante au sud du département Huila, tout à fait au démarrage de la vallée de la Magdalena. Pas très loin au sud, nous devons franchir la cordillère andine orientale. J’emploie le terme ronflant « franchir » pour impressionner les lecteurs, mais il est bien évident qu’il ne s’agit pas d’une expédition de haute montagne ! De là, nous descendrons sur Mocoa dans le département Putumayo, là où commence le bassin Amazonien. J’ai expliqué la logique de notre trajectoire dans une des pages précédentes.
Pas grand-chose à dire sur Pitalito sauf que le nom d’un restaurant capté au passage nous fait rire : Pizzalito. Il était inévitable que qqn la trouve, celle-là ! Le terminal routier est nickel, comme d’habitude. Il ne nous faut que 10 minutes pour trouver un bus pour Mocoa (50,000 COP pour deux, compagnie Cootranshuila). Il n’y a pas beaucoup d’autres voyageurs dans le bus, ça ne doit pas être une route très fréquentée. Un homme d’âge mûr assis une rangée derrière nous nous nous adresse la parole. C’est un fermier de la région, mais il tient à souligner que c’est de bétail et de cultures légales qu’il s’affaire. Non, ce n’est pas pour lui, la culture de la coca. Il ne tient pas à vivre dans la crainte perpétuelle d’un « golpe en la puerta », d’un « toc, toc, toc » sur la porte de la police.
C’est exactement la 3-ème fois en plus d’un mois déjà que nous entendons parler de la coca. Et encore, la première fois, c’était moi qui avais mis le sujet sur le tapis, quand nous étions avec les filles de Medellin à Isla Fuerte, cette petite île dans les Caraïbes. La 2-ème fois, c’est Silvio, avec qui nous avions fait une balade à cheval à San Agustín, qui nous en avait parlé. Mais sans insister, presqu’avec hésitation. Notre fermier du bus, c’est la même chose, c’est légèrement qu’il fait allusion à la coca et au fait qu’il connaît des gens qui la cultivent.
C’est intrigant, quand j’y pense, cette petite discussion. Moi et A, nous sommes visiblement des étrangers et il n’y en a pas beaucoup qui passent par ici. De plus, A avec son pantalon blanc fatigué et ses cheveux longs se rapproche assez du style de Michael Douglas dans le film « À la poursuite du diamant vert », c.à-d. qu’il fait un brin aventurier (ce qui n’est pas pour dire que j’ai moi-même une allure tout à fait « catholique » non plus). Le « fermier » essaie peut-être de pêcher en douce un peu d’information sur ce que nous pouvons bien venir chercher par ici ? On peut se demander s’il serait a) prêt à nous rapporter à la police ou b) disposé à nous « mettre en contact » si jamais nous donnions quelque signal dans ce sens. Bien évidemment, A et moi n’exprimons qu’une légère curiosité au sujet de la coca !
Le gros de la route de Pitalito à Mocoa (135 kms) traverse l’extrémité sud-est du Cauca (le département de Popayán). C’est exactement par ici que la cordillère orientale se détache du Massif Colombien (ou Nœud d'Almaguer), dont j’ai déjà parlé. C’est très vert, pas si haut que ça, aparemment peu habité. Je crois qu’il y a quelques communautés indigènes dans ces montagnes mais il faudrait quitter la route principale pour aller voir. Il doit y avoir une région grande comme le Vaucluse d’ici à la retombée vers Popayán sans la moindre route digne de ce nom.
Pour les gens intéressés par la géographie, je renvoie aux cartes que j’ai fournies au message 179 « Passer de Colombie en Equateur : géographie » : quand on passe du Huila à cette partie du Cauca, on se trouve déjà dans le bassin de l’ Amazonie. Nous sommes en fait dans le bassin du Río Caquetá, une rivière qui « ne fait que » 2800 kms (!) avant de se jeter dans l’ Amazone, à quelques 500 kms en amont de Manaus au Brésil. Le bassin de cette « petite » rivière couvrirait largement la moitié de la France. C’est impressionnant quand on y pense ! La Caquetá fait la frontière Huila - Putumayo.
Je joins une nouvelle carte illustrant le cours du Río Caquetá – qui s’appelle Japurá au Brésil. Le point rouge « Ici ! » montre cette extrémité sud-est du département Cauca dont je viens juste de parler. En jaune: le bassin de l' Amazone.
Nous nous arrêtons pour manger à un restaurant. Il n’y a pas beaucoup de choix. Ce n’est pas grave. Les grillades arrangées sur des grilles dressées à 60 degrés par-dessus le feu nous semblent bien sympathiques. Et nous ne sommes pas déçus, c’est un véritable régal, au point que A se lève pour aller dire « à la cuisine » que c’est la meilleure viande qu’il a jamais mangée de sa vie (c’est la 2-ème ou 3-ème fois qu’il a cette réaction en Colombie). 
Je disais « à la cuisine », en fait tout est ouvert sur tout. Dans le pré à l’arrière de « la cuisine », une véritable congrégation d’oiseaux de proie (des vautours ?) guette les restes. Visiblement, ils apprécient autant que A la cuisine locale ! 
Au fur et à mesure que nous nous rapprochons de Mocoa, les torrents qui jaillissent de la montagne augmentent. Ça pisse l’eau de partout ! Image attachée: | | | À: GeorgesOZ · 24 septembre 2020 à 11:22 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 193 de 194 · Page 10 de 10 · 662 affichages · Partager Mocoa
La station de bus de Mocoa est différente de ce que nous avons vu jusqu’ici en Colombie. Les guichets des différentes compagnies sont disposés en U autour d’une grande cour à ciel ouvert. D’entrée, nous n’avons l’impression d’être arrivés dans un pays pauvre. Les quelques centaines de mètres que nous faisons à pied pour rejoindre le centre-ville ne font que renforcer cette première impression. Un pont enjambe une rivière boueuse, l’affluent d’un affluent d’un affluent etc du Río Caquetá (voir plus haut). J’ai lu par la suite qu’il y avait juste eu une crue phénoménale de la rivière et que plusieurs maisons construites sur son bord s’étaient écroulées. Ce genre d’incidents est malheureusement monnaie courante en Colombie (et d’autres pays de l’Amérique Latine).
Le centre-ville est minuscule, on en fait le tour en une demi-heure, et franchement pas très réjouissant. Pour une fois, la place centrale ne porte pas le nom de Simón Bolívar alias « El Libertador ». Ici, c’est le Parque General Santander, nommé en l’honneur d’un autre héros de l’indépendance de l’ Espagne, Francisco José de Paula Santander y Omaña.... s’il vous plaît ! On se trompe souvent avec les noms ronflants et à rallonges dont les Ibériques raffolent, mais le personnage était effectivement un aristocrate d’origine Espagnole.
La place centrale est clôturée pour cause de réparations. Le rendez-vous populaire semble être une volée de marches sur le côté d’une église. De là, nous pouvons admirer le seul bâtiment agréable aux yeux du centre-ville : il s’agit de la Gobernación del Putumayo. Si Mocoa ne nous impressionne pas, elle n’en reste pas moins la capitale du Putumayo.
Quelques stands vendent des snacks assez pauvres. Les patates et saucisses que nous mangeons sont franchement dégueulasses  (8,000 COP en tout pour deux portions chacun). A se prend un chien errant en affection – il adore les animaux – et lui achète une saucisse.... que le chien refuse, c’est pour dire !  Mais comment trouver mieux dans le centre de cette « capitale « ? Les restaurants sont fermés car c’est dimanche, seules quelques pâtisseries sont ouvertes.
Nous avions envisagé de visiter Fin del Mundo Extremo, un parc juste en dehors de Mocoa où, si je me rappelle bien, la principale attraction est une des plus grandes cascades de Colombie. Cherchant un peu d’information sur ce parc, j’ai lu le retour d’un voyageur avertissant contre le risque de se retrouver bloqué au fond du parc (où il faut aller pour voir la cascade) en cas de crue. Le type avait dû passer la nuit sur la paille dans une ferme isolée.  Et là, manque de pot (ou de bol ?), il se trouve qu’il a plu pas mal pendant la nuit et le ciel matinal est loin d’être clair et dégagé. Donc, méfiance et prudence s’imposent.
Aucune cascade ne vaut la peine de risquer passer une nuit sur la paille, de glisser quelque part et de se faire sérieusement mal, ou simplement de se retrouver complètement trempés. D’autant plus que nous avons vu beaucoup de belles cascades ailleurs et qu’une de plus ou de moins, ce ne serait pas vital – il ne s’agit pas des chutes du Zambèze ou d’ Iguaçu, non ? Et aussi, nous commençons à devenir un poil impatients de passer la frontière (nous ne savons pas ce qui nous y attend) et de rejoindre Quito. Nous touchons gentiment à la fin du voyage, nos vols de retour sur l’Europe, c’est dans quelques jours déjà !
Voilà, notre décision est prise, nous faisons l’impasse sur la « Fin du Monde » et sa cascade. Dommage peut-être, mais on ne peut pas tout avoir ! Nous prenons un minibus pour La Dorada, un patelin 150 kms au sud de Mocoa, d’où nous prendrons un autre transport pour le Puente Internacional, alias « la frontera ». Pour les gens qui aiment la précision, La Dorada se trouve quelques kms au sud de La Hormiga qui semble être plus connu (tout étant relatif !). Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 25 septembre 2020 à 12:32 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 194 de 194 · Page 10 de 10 · 640 affichages · Partager San Miguel - La frontière
Nous prenons le minibus pour La Dorada à 8h30 – 35,000 COP par tête de pipe. Commençons par deux photos prises de la fenêtre à la sortie de Mocoa. L’habitat local est sommaire, c’est un euphémisme. Les nuages s’amassent par rouleaux entiers sur les collines environnantes, il peut pleuvoir à tout moment. Et si les rivières semblent assez petites, il faut bien remarquer que leurs lits sont larges et très caillouteux : signes de crues soudaines et violentes. C’est bien ce qu’on disait, n’est-ce pas ? Les incidents causés par les eaux ne sont pas rares par ici.  Nous ne regrettons pas d’avoir zappé la cascade de Mocoa...
Nous passons des bases, et nous dépassons des transports militaires. La présence militaire est devenue évidente. C’est presque plat maintenant, juste un peu vallonné, pas désagréable à l’oeil. Un pipeline rouillé longe la route, il y a ici et là des torchères de gas. Visiblement, c’est une région pétrolifère.
Il y a plusieurs sections non asphaltées, courtes mais ça secoue un maximum. Quand la route est bonne, le conducteur se lance comme si nous étions aux 24 heures du Mans. Attention aux virages et aux accélérations ! Je n’ai pas grand-chose pour me cramponner. Le sol du minibus est glissant, mon siège est trop penché en arrière, le mécanisme est cassé et il n’y a pas moyen de changer de position. Et comme d’habitude, il ne nous restait que les sièges arrière à prendre. Bien assis sur les roues, nous pouvons jouir de toutes les irrégularités de la route. 
C’est le Río Putumayo que nous avons sur notre droite, peu après Mocoa. A mi-parcours, la route vire à angle droite pour continuer plein ouest. 20-30 kms plus loin, nouveau changement de direction : plein sud jusqu’à La Hormiga et La Dorada.
A La Hormiga, nous avons eu la chance d’un petit répit de quelques minutes, assez pour visiter les toilettes avant les derniers kms jusqu’à La Dorada, un petit patelin de rien du tout où nous changeons effectivement de transport (tout compris dans le prix payé à Mocoa). Quelques kms de plus et 15-20 minutes plus tard en « camionetta » (pas besoin de traduire en français !) avant d’être déposés à quelques centaines de mètres de la frontière. Il est juste midi passé.
Avant le dernier virage (voir la photo), nous nous arrêtons à un restaurant rudimentaire – une masure. Nous prenons notre dernier repas Colombien, un parent pauvre de la « bandeja paisa » (photo). Par pudeur (cela m’arrive), je ne vous colle pas la photo des chiottes (tout autre mot serait inapproprié), une cage minuscule faite de tôles vaguement clouées sur des pieux de bois, avec en guise de porte un lambeau de plastique déchiré, au milieu d’un tas de décombres. L’endroit rêvé pour se soulager, quoi, et en bonne compagnie d’ailleurs : les moustiques sont innombrables !  « Oui, chérie, c’est promis, la prochaine fois nous réserverons au Club Méd ! ».
Voilà, c’était notre dernière halte gastronomique en Colombie.  En avant pour la frontière. On nous dit oui, c’est juste là, après le virage. Nous passons les dernières bicoques Colombiennes et arrivons au pont. Ah oui, il faut le dire : il n’y a vraiment pas foule ici. Quelques rares voyageurs, dont aucun étranger et en particulier aucun Vénézuélien. Depuis que nous avons quitté Popayán, nous n’en avons plus vu un seul, d’ailleurs. Notre stratégie pour passer tranquillement en Equateur aurait-elle payé ?
Un dernier regard en arrière avant de franchir le pont et de dire adieu à la Colombie. A pose pour cette photo-souvenir. Vous voyez au passage ses bagages au grand complet (je n’en ai moi-même pas plus). Le Río San Miguel est un affluent du Río Putumayo, lui-même un affluent de l’ Amazone quelque part par là-bas, très loin au Brésil. C’est déjà une belle rivière, tudieu, tu tombes là-dedans et on te retrouve quelque part au Brésil – si les piranhas ne t’ont pas bouffé entretemps ! 
Pour traverser le pont : 5 minutes tranquillement. Au bout, eh oui, c’est l’ Equateur ! Comme de l’autre côté en Colombie, on ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup de passage. A la sortie du pont, une jeep nous prend pour nous mener au poste frontière 1 ou 2 kms plus loin (3000 COP chacun). Personne, aucune file d’attente. Les Colombiens ne prennent pas 5 minutes à nous inspecter, et les Equatoriens ne mettent que quelques minutes supplémentaires à nous tamponner les passeports. En comptant les moments d’hésitation, les formalités nous ont pris moins d’une demi-heure. 
Nous attrapons un bus direction Nueva Loja, alias Lago Agrio. Nous payons avec les quelques COP qui nous restent. Le bus est déjà assez plein, surchargé plutôt, mais nous arrivons à trouver de la place. Ce sont tous des locaux. Je me retrouve assis à côté d’une femme de 35-45 ans. C’est une « indígena». Je suis fasciné. Tout d’abord, elle est fine et jolie (on m’avait déjà fait le coup dans le colectivo de Popayán à Pitalito). De plus, je me dis qu’elle passerait inaperçue dans un bus en Thaïlande, si ce n’était pour le nez légèrement courbé (mais plaisant). Les mêmes magnifiques cheveux noirs et soyeux, la même peau couleur de miel, des yeux et des traits de visage très asiatiques.  La vieille femme assise devant, même chose. Incroyable. Images attachées: | Carnets similaires sur la Colombie: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 23 425 visiteurs en ligne depuis une heure! |