GeorgesOZ · 23 septembre 2018 à 9:12 · 253 photos 194 messages · 26 participants · 23 541 affichages | | | | À: GeorgesOZ · 2 novembre 2018 à 12:18 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 41 de 194 · Page 3 de 10 · 1 728 affichages · Partager Salamina – Belles Maisons et Cimetière
Comme promis, voici quelques photos prises dans les rues de Salamina. Les gens font visiblement des efforts pour égayer leurs maisons !
Au hasard des rues, nous sommes arrivés au cimetière. Je crois qu’on trouve bien ce style en Espagne : des alignements de niches avec inscriptions, décorations florales, images pieuses. L’endroit est paisible et magnifique, d’autant plus qu’il se trouve à la limite de la ville et offre une vue spectaculaire sur les vallées et montagnes voisines.
Visiter un cimetière ouvre une fenêtre de plus sur les mœurs locales. Et comme c’est très beau, je ne peux que recommander à tout voyageur en Colombie d’aller en voir au moins un. Images attachées: | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: GeorgesOZ · 2 novembre 2018 à 12:25 · Modifié le 3 nov. 2018 à 12:08 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 42 de 194 · Page 3 de 10 · 1 726 affichages · Partager Ah oui! Voici les photos du cimetière!
Sur l'une des photos, on voit des oiseaux de proie tournoyer dans le ciel. On en voit partout dans les montagnes. Même en plein Medellin, on en voit! Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 4 novembre 2018 à 9:59 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 43 de 194 · Page 3 de 10 · 1 697 affichages · Partager Salamina – Billard et Rhum
Le soir, nous allons jouer au billard dans un café de la carrera 6. Je n’ai jamais connu le nom du café mais il est facile à trouver, à quelques 100’s de mètres de la place centrale, le Parque Bolívar. La salle arrière est vaste, il doit y avoir une bonne vingtaine de tables et il y a toujours du monde le soir. Nous aimons jouer au billard – A est un débutant mais il apprend très vite et j’ai du mal à le battre.
Cette sortie agréable n’est pas ruineuse. Une bonne heure de jeu agrémentée d’un verre de rhum local, le « Ron viejo de Caldas », et une bière pour finir nous coûte la modeste somme de 9000 COP à deux, soit 2.5 Euros. Ce pays n’est vraiment pas cher !
A l’entrée du café, il y a une douzaine de tables où les gens jouent aux cartes ou tout simplement bavardent. Pas une seule femme ! Le dernier soir, un homme attablé seul devant une grande bouteille de rhum allonge une jambe pour nous barrer le passage. Il nous offre un verre et ne nous laissera passer qu’après avoir bu un verre avec lui !
Le rhum est un produit local, comme son nom l’indique. J’ai lu des avis mitigés sur le net : - « This is a cane juice rum similar to the rhum agricoles and as such will have an unusual grassy, vegetal taste and aroma” - « Buen aroma y en paladar algo dulce y fuerte » - “In the nose: confectionery and bitter herbs. In the palate: sweetness, vanilla” - “Strong aroma and taste of candied bananas, kind of easy to drink (I assume it has a lot of added sugar). Disgusting!”
Tous s’accordent à préférer le « rhum de Medellin ». Peu importe, c’est tout à fait buvable, surtout vu le prix.
Ils sont sympas, ces cafés, et typiques. Gabriel García Marquez n’en parle pas tellement, sauf peut-être dans sa nouvelle « En este pueblo no hay ladrones » - « Il n’y a pas de voleurs dans cette ville », où la petite frappe Dámaso vole les 3 boules du billard du seul café du patelin. | | | À: GeorgesOZ · 4 novembre 2018 à 10:14 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 44 de 194 · Page 3 de 10 · 1 692 affichages · Partager Salamina – Place Centrale et Artisanat
Je ne peux pas quitter Salamina sans parler de la place centrale, le Parque Bolívar. Jolie petite place bien ombragée au centre de laquelle trône une fontaine monumentale. Il y a toujours du monde, et on voit bien que les gens d’ici n’ont pas une vie trépidante, l’atmosphère est plutôt nonchalante.
Je mets aussi une photo montrant les belles portes peintes d’une des chambres de notre hostal. Du même style typique que les façades des maisons. Egalement, la photo de l’un des coins de la place. A chaque porte ou presque, un petit café ou une petite boutique.
Parlant de boutiques, et toujours autour de la place, comment ne pas mentionner la boutique des produits artisanaux ? Il y a une belle collection d’articles produits dans la région mais aussi ailleurs en Colombie. Quelques photos pour illustrer : ponchos, chapeaux et sacs – les « mochilas ». Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 5 novembre 2018 à 17:45 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 45 de 194 · Page 3 de 10 · 1 666 affichages · Partager Salamina – Café
Pourquoi parlais-je de quitter Salamina ? J’ai encore à raconter notre visite d’une petite « finca » de café. On nous a recommandé de trouver le señor Pedro Céspedes dans un café à un angle du Parque Bolívar. Ce nom, Céspedes, est d’origine bien Espagnole et vient du mot « césped » par lequel on désignait les beaux gazons des Maures pendant leur occupation de l’ Espagne. Qu’on me pardonne cette digression, mais je m’intéresse toujours à l’origine des gens : donc Señor Pedro est un représentant typique de la colonisation hispanique de la Colombie.
Nous partons en début d’après-midi dans sa jeep qui date littéralement de l’an quarante, mais qui fonctionne encore assez bien. Nous arrivons chez lui, à 2 ou 3 kms de la ville. C’est une petite baraque modeste à flanc de montagne, comme elles le sont si souvent dans ces régions. De chez lui, nous avons des vues superbes sur la ville de Salamina, juchée sur son plateau, et sur l’une des vallées bien encaissées qui entourent la ville. La rivière au fond doit être un affluent de la Cauca, qui elle-même est l’affluent principal de la Magdalena, à la retombée nord des montagnes. Señor Pedro nous nous dit que les gens d’en face, de l’autre côté de la rivière, ne peuvent se déplacer qu’à cheval. Nous voulons bien le croire, et nous commençons à comprendre pourquoi il est tellement difficile par ici de construire des bonnes routes « comme chez nous », et aussi qu’il doit être facile de pratiquer des cultures disons « exotiques » à l’abri des curieux, quand on s’enfonce un tant soit peu dans ces montagnes.
Nous suivons Señor Pedro à travers sa plantation, sur les pentes raides de la montagne. Il y a de tout : du mais, des avocatiers etc, mais bien sûr surtout du café, de la variété « castilla naranjal ». Il nous explique bien le cycle de la plante, dans un Espagnol vraiment très agréable à entendre, de la vraie musique à nos oreilles. La plante se développe par plusieurs étapes : « chapola » puis « colino » quand elle n’est encore qu’une pousse. Au bout d’un an à un an et demi, elle commence à donner des petites fleurs blanches et bien sûr des baies – jpegs à l’appui. Au bout de 7 ans il faut la couper à ras du sol – « soquear » - pour qu’elle reprenne. La durée totale de vie de la plante est de 20 à 25 ans.
Señor Pedro insiste sur le fait qu’en Colombie on passe à plusieurs reprises pour faire la collecte des baies mûres – elles sont alors rouges – et bien évidemment à la main. Cela par contraste avec la récolte mécanisée du café au Brésil qui mélange des baies immatures avec les baies mûres. Et ce serait donc pour cela que le café de Colombie serait d’une meilleure qualité que le café du Brésil. Je ne fais bien sûr que citer Señor Pedro, je ne suis pas expert en la matière.
Dans un réduit à flanc de montagne, il nous montre comment on sépare les noyaux – les « almendras » - de la chair des baies. La machine « recrache » la chair à l’extérieur – jpeg – et il semble que ces déchets sont utilisés comme engrais. Les noyaux sont lavés à l’eau puis séchés et c’est le « pergamino » qu’on obtient – ce que Señor Pedro nous montre fièrement sur l’une de mes jpegs.
Nous retournons au café au centre-ville, une belle maison qui en fait appartient à Señor Pedro. Là, il nous démontre la torréfaction, dans une machine qui ressemblerait assez à la machine à remonter le temps d’Orson Wells. Mais ça fonctionne très bien. Une fois que la température de la chambre de torréfaction a atteint 175 ou 180 degrés – je ne me rappelle plus bien – on y verse les grains de café. La température chute puis remonte tout doucement vers ces 175 ou 180 degrés. On échantillonne alors les grains avec une petite pelle pour s’assurer du résultat. Si c’est bon, on déverse les grains torréfiés qui ont maintenant la belle couleur brun sombre qui est familière aux consommateurs – c’est ma dernière jpeg.
La visite nous a coûté 45,000 COP par personne, soit 13 petits Euros. Il est possible qu’on puisse trouver moins cher, mais nous n’avons même pas pensé à discuter du prix et nous n’en avons aucun regret car c’était une visite très agréable et nous avons trouvé Señor Pedro très sympathique.
Le point final de la visite est bien sûr la dégustation d’une tasse de ce café que nous avons récolté nous-mêmes, et croyez-moi c’était excellent. Quel dommage qu’on ne trouve pas normalement un café de cette qualité quand on voyage en Colombie ! Le « tinto » qu’on sert partout dans le pays est une véritable horreur. Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 9 novembre 2018 à 10:33 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 46 de 194 · Page 3 de 10 · 1 618 affichages · Partager San Felix
Nous prenons le minibus à 6 heures du matin pour arriver à 7 heures 30 à San Felix – 8,000 COP par personne, soit 2.2 Euros. Le trajet n’est que de 25 kms mais la route est étroite et tortueuse, et nous passons de 1800 à 3200 mètres d’altitude. Je ne parlerai pas des paysages, pour une fois, il y a trop de végétation pour voir quoi que ce soit.
San Felix est un tout petit patelin. La place centrale – la seule place d’ailleurs – est entourée de jolies maisons, toujours dans le style typique de la région auquel nous sommes maintenant bien familiarisés. Les gens qu’on voit peuvent se compter sur les doigts d’une main, surtout si tôt le matin. Heureusement, il y a un café d’ouvert et nous allons y prendre un « tinto » avant d’aller voir plus loin. Il n’y a que 3 ou 4 autres clients, dont un vieil homme toujours hilare, peut-être légèrement cinglé, voûté sous son poncho, un nez long et effilé pointant loin de dessous son chapeau. On dirait Croquignol sorti tout droit de la bande dessinée des Pieds Nickelés !
A la même table que Croquignol, un autre type mal rasé a lui une mine franchement patibulaire. J’essaie une ou deux fois de croiser son regard, espérant obtenir une ébauche de sourire. Mais rien, son regard reste dur. L’image du Colombien qu’on n’aimerait pas croiser dans une ruelle sombre dans laquelle on se serait égaré.
Il fait beau, frais mais pas froid. La vallée des palmiers à cire, c’est tout droit par-là, nous dit-on. Nous nous mettons en route. En 2 ou 3 minutes, nous sommes déjà dans la campagne. Paysages magnifiques et reposants, gentiment vallonnés, quelques mignonnes petites fermes, de la verdure partout. Puis graduellement, de plus en plus de ces fameux palmiers à cire dont tout le monde semble faire toute une histoire. Le « must » des « musts » du touriste en Colombie.
Ils sont beaux, ces palmiers, il faut le reconnaitre. Ils peuvent pousser jusqu’à 50 mètres de haut, et comme ils sont isolés les uns des autres, ils donnent une ponctuation frappante au paysage. Mais pourquoi cette espèce de palmier est-elle si fameuse ? Elle est l’un des symboles nationaux de la Colombie. Allez, un petit coup de Wikipédia !
« La cire du tronc a été utilisée pour fabriquer des bougies, jusqu'à l'introduction de l'électricité. Le bois du stipe de ce palmier est impropre à l'industrie du bois, mais a été utilisé pour construire des systèmes rudimentaires d'approvisionnement en eau pour les agriculteurs pauvres. Les fruits ont été utilisés comme aliments pour le bétail. Les feuilles ont été largement utilisées dans les célébrations catholiques du dimanche des Rameaux. »
En face d’une fermette affichant le nom « Italia » - on devine d’où les gens sont venus – une statue de la Vierge Marie : « Vierge du chemin, protège-nous ! ». C’est un peu dommage qu’il y ait ce câble électrique traversant le ciel derrière la tête de la Vierge, il y aurait certainement moyen de l’effacer avec un peu de Photoshop, mais je vous donne la photo « crue ». Refusons le « fake » et sachons apprécier les choses telles qu’elles sont !
De retour à San Felix – quelques 4 ou 5 kms et 2 bonnes heures plus tard – nous trouvons le seul restaurant de l’endroit. « Restaurant » est un grand mot, c’est très rudimentaire, une vingtaine de clients dans une salle obscure au toit bas. Il n’y a pas grand choix pour midi mais ça ira bien quand même. Un homme nous adresse la parole. Ah oui, dit-il, la France, grande culture, Victor Hugo etc. Ce n’est pas la première fois, ni la dernière, que nous entendons dire du bien de la France. De toute évidence, la France a gardé une excellente réputation par ici.
Notre repas est interrompu par l’entrée théâtrale de Croquignol, le type que nous avions déjà croisé au café le matin. Il entre en claquant bien fort les battants de la porte et reste un moment sur le seuil, on visage toujours hilare et sa silhouette « chapeau + long nez + poncho » bien découpée sur le fond éblouissant de la rue. C’est comme un coup de tonnerre. Tout le monde éclate de rire.
Nous nous attardons encore un peu autour de la place où il y a un tout petit peu plus d’animation en milieu de journée. Un groupe d’écoliers curieux vient nous poser des questions. Pourquoi avons-nous les cheveux longs ? Et quel est notre culte religieux ? Nous ne comprenons pas très bien la question, nous ne nous y attendions pas. Pour mieux nous faire comprendre, un gamin nous simule « Allah ! » avec les mains. Nos origines catholiques sont distantes, mais nous n’entrons bien sûr pas dans les détails.
A un coin de la place, un cavalier passe avec un train de mules derrière lui. Je cours pour prendre quelques photos mais trop tard. Encore une de ces belles occasions manquées de faire une belle photo ! Mais j’ai quand-même une belle opportunité avec 3 hommes assis devant une maison et un cheval, l’image parfaite du style cowboy Colombien.
Nous prenons un dernier « tinto » au seul café de la place. J’essaie aussi le « kumis » et là, je suis émerveillé. Absolument délicieux, crémeux à souhait, un soupçon de sucre, peut-être une touche de vanille ? Si jamais l’un de mes lecteurs passait par San Felix un jour, je recommande fortement d’essayer cette boisson. Extraordinaire.
Le minibus repart de San Felix à 14 :30. Nous sommes de retour à Salamina à 4 :00. Parfait, nous avons le temps de nous reposer avant d’aller manger et de finir la soirée avec une bonne partie de billard, arrosée bien sûr de rhum de Caldas. Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 9 novembre 2018 à 18:13 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 47 de 194 · Page 3 de 10 · 1 609 affichages · Partager Salut Georges, .. et merci pour ce retour qui nous remet en mémoire de bons souvenirs de cette généreuse Colombie!
La lecture de ton post n'engendre pas la tristesse, ça me fait sourire et je me demande sincèrement si, à San Felix, je n'ai pas rencontré "Croquignol" dans ce même bistrot!
"dont un vieil homme toujours hilare, peut-être légèrement cinglé, voûté sous son poncho, un nez long et effilé pointant loin de dessous son chapeau. On dirait Croquignol sorti tout droit de la bande dessinée des Pieds Nickelés !
son visage toujours hilare et sa silhouette « chapeau + long nez + poncho » bien découpée sur le fond éblouissant de la rue." GeorgesOZ.
Je joins une photo du personnage...Tu sauras me dire s'il s'agit du même "Croquignol" ou de son frère!
et ci dessous, le lien d'un article de mon blog concernant notre ressenti sur Salamina et la vallée de Samaria.
marie-alain.blog4ever.com/...amaria-lautre-vallee
Cordialement;
Alain Image attachée: Photo postée par le membre Mars56. | | | À: Mars56 · 9 novembre 2018 à 20:30 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 48 de 194 · Page 3 de 10 · 1 601 affichages · Partager Salut Georges,. et merci pour ce retour qui nous remet en mémoire de bons souvenirs de cette généreuse Colombie!
La lecture de ton post n'engendre pas la tristesse, ça me fait sourire et je me demande sincèrement si, à San Felix, je n'ai pas rencontré "Croquignol" dans ce même bistrot!
"dont un vieil homme toujours hilare, peut-être légèrement cinglé, voûté sous son poncho, un nez long et effilé pointant loin de dessous son chapeau. On dirait Croquignol sorti tout droit de la bande dessinée des Pieds Nickelés !
son visage toujours hilare et sa silhouette « chapeau + long nez + poncho » bien découpée sur le fond éblouissant de la rue." GeorgesOZ.
Je joins une photo du personnage...Tu sauras me dire s'il s'agit du même "Croquignol" ou de son frère!
et ci dessous, le lien d'un article de mon blog concernant notre ressenti sur Salamina et la vallée de Samaria.
marie-alain.blog4ever.com/...amaria-lautre-vallee
Cordialement;
Alain
Bonjour Alain, et un grand merci pour ton message ! Au moins une personne me suit, c'est rassurant!
Non, il s’agit d’un autre Croquignol. Mais sans doute il y a place pour plusieurs caractères remarquables dans ce petit patelin juché presqu’au bout du monde !
Tu as bien raison de parler de Colombie généreuse. Les gens sont tellement charmants, et souvent si chaleureux. On se sent vite "amigos" avec eux.
Je crois que tu as fait ton tour de Colombie il n’y a pas si longtemps que ça. A voir tes photos superbes, je me croirais vraiment de retour dans ce pays que j’ai bien envie de visiter de nouveau. Je reconnais le même chat, les mêmes chevaux, la même Vierge Marie au bord du chemin..... même si ce ne sont pas exactement les mêmes !
En tout cas, tu es bien passé par le café Fruty et c’est bien notre amigo el Señor Pedro que tu y as pris en photo !
Bien vu, le panneau publicitaire « qu’être ami avec Jésus est le meilleur business qui soit ». Ça m’a bien fait rire. Il faudrait faire un voyage en Colombie avec pour seul objectif de « chasser » toutes ces publicités amusantes.
Tu dis vrai, il est extrêmement difficile d’être un vrai « grand voyageur » de nos jours, mais au moins je suis sûr que l’invasion touristique à Salamina, ce n’est pas pour demain. Les routes sont un peu trop tortueuses pour y amener dans des bus confortables des hordes de touristes habillés de chemises hawaïennes. | | | À: GeorgesOZ · 10 novembre 2018 à 14:21 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 49 de 194 · Page 3 de 10 · 1 590 affichages · Partager Aguadas - Sombreros
Ce matin à 10 :30, c’est pour Aguadas que nous prenons le minibus – 16,000 COP par personne, soit 4.4 Euros, pour une distance de 50 kms. La route est assez difficile, mais nous avons vu bien pire dans d’autres pays, et les vues sont comme d’habitude superbes. Nous voyons plusieurs hommes à cheval.
L’homme assis juste devant moi est tout à fait typique avec son chapeau et son poncho magnifique jeté sur l’épaule - les ponchos de la région sont courts et légers. Je ne manque pas de le prendre en photo, discrètement.
Nous faisons un arrêt à Pácora, juste le temps de prendre un « tinto ». L’homme attablé à l’entrée du café a une touche extraordinaire. Il me ferait penser à l’un des Dalton de la bande dessinée, mais plutôt à Averell, le grand, qu’à Joe, le petit – et méchant. Mais l’homme a aussi de la classe : chapeau, moustache, belle chemise rayée largement ouverte, jeans et brodequins noirs, le tout décontracté mais assez bien soigné. Le véritable cowboy, ou disons plutôt « caballero », ça y est nous l’avons trouvé ! On pourrait l’engager pour jouer dans un western. Je fais signe à A de le prendre en photo. L’homme est surpris quand A lui demande sa permission, et éclate de rire. Mes photos ne sont bien sûr pas professionnelles comme celles de A, mais je pense que la jpeg que je colle ici donnera une image assez exacte de la situation.
Nous arrivons à Aguadas à 12 :30. A la descente du minibus, deux policiers nous interpellent pour vérifier nos papiers. Il n’y a pas grand passage d’étrangers par ici, de plus nos cheveux longs semblent nous démarquer comme éléments suspects de la société ! Les policiers ont l’air sévère et nous demandent ce que nous venons faire ici, mais n’inspectent pas nos bagages. De toute façon, nous n’avons rien à nous reprocher. Leur recommandation pressante de nous rendre à la « oficina de turismo » sur la place centrale est à la limite d’un ordre.
Aguadas semble être moins touristique que Salamina. Les gens nous regardent... Nous ignorons la « oficina de turismo » et trouvons vite l’hôtel Tarbela à 2 pas de la place centrale – un autre Parque Bolívar. C’est propre et agréable mais rudimentaire. Le tarif : 20,000 pesos par personne – 5.5 Euros ! C’est juste le début d’après-midi, nous allons prendre un petit repas – 22,000 COP soit 6 Euros....... à deux ! Dis donc, on ne se ruine pas dans ce pays !
La ville a une altitude moyenne de 2200 mètres, et comme Salamina se situe sur un plateau duquel les rues latérales descendent abruptement. Juste à côté de l’hôtel, il y a beaucoup d’activité, les cultivateurs de la région viennent apporter leurs produits, beaucoup de café bien sûr. Les rues sont tout aussi intéressantes qu’à Salamina. Jolies maisons aux couleurs vives mais avec peut-être moins de décorum. Plus authentique ?
On dit bien « à Rome, fais comme les Romains font ! ». Etant à Aguadas, la capitale Colombienne des chapeaux, je vais m’acheter un « aguadeño », un « sombrero » typique fabriqué à Aguadas. 50,000 COP, je n’ai pas discuté le prix, ça ne fait même 14 Euros. De retour sur la place, nous nous installons dans un café un peu plus « établi » que la moyenne, à juger par le confort plus « solide » de la salle et par la clientèle. Deux hommes d’âge mûr attablés en face de nous portent des chapeaux plus « habillés ». J’ai l’impression de me retrouver dans un café Italien d’il y a une cinquantaine d’années. Je peux fièrement garder mon « sombrero » sur la tête, je ne dénote pas ! Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 10 novembre 2018 à 16:07 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 50 de 194 · Page 3 de 10 · 1 583 affichages · Partager Bonjour j'aime beaucoup votre récit que je suis avec beaucoup de plaisir, prévoyant un voyage de découverte de la Colombie au printemps prochain. | | | À: Madonantes · 10 novembre 2018 à 18:33 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 51 de 194 · Page 3 de 10 · 1 576 affichages · Partager Content que tu sois parmi mes lecteurs/lectrices. Je me sens parfois un peu seul, peu d'affichages, pas beaucoup de réactions. J'avais l'habitude des discussions dans la rubrique " Thaïlande" où la participation est autrement plus énergique.... parfois trop! | | | À: GeorgesOZ · 10 novembre 2018 à 18:43 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 52 de 194 · Page 3 de 10 · 1 575 affichages · Partager Bonsoir,
Je revois avec plaisir certains lieux que nous avons visités lors de notre voyage en Colombie et en découvre d’autres avec autant de plaisir. Merci pour ce carnet. | | | À: GeorgesOZ · 11 novembre 2018 à 11:14 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 53 de 194 · Page 3 de 10 · 1 558 affichages · Partager Aguadas - Caballeros
Le soir, dîner pour 42,000 COP à deux – 11.6 Euros. Pour finir la soirée, nous allons jouer au billard sur la place Bolívar. Perchée dans une niche juste à côté de nous, la statue de la Vierge Marie veille sur la salle. Cela fait pendant aux deux femmes debout dans le coin opposé de la salle, auxquelles on n’aurait pas besoin de coller l’étiquette « prostituée ». Ce mariage contradictoire impressionne A qui meurt d’envie de prendre quelques photos, mais la disposition des lieux ne le permet pas.
La partie + 2 verres de rhum, le « viejo Caldas », ça nous revient à 10,700 COP – 2.9 Euros. Je continue à donner ces petites informations budgétaires, au cas où cela intéresserait un/une lecteur/lectrice. C’est clair, nous ne fréquentons pas de restaurants de haute renommée gastronomique – il n’y en a pas - mais ne croyez surtout pas que nous restons affamés !
Il pleut à trombes pendant la nuit. Vers 9 heures du matin, les brumes sont encore à se dissiper dans la ville. Nous prenons un petit déjeuner simple dans un café de la place Bolívar, œufs sur le plat et « tinto » - 10,000 COP à deux.
Nous n’avons aujourd’hui aucun autre projet que de flâner dans la ville. Il n’y a pas besoin d’aller loin pour confirmer que nous sommes dans la Colombie profonde. Au coin de la rue, par exemple, ce type en poncho et sombrero, gueule renfrognée et belle moustache bien noire, une autre superbe photo à prendre, mais que nous ne prenons pas.
Mais assis à l’entrée d’un autre café de la place, un homme assez jeune en poncho + sombrero me paraît bien sympathique et cette fois, je prends la photo. Des figures de ce genre, ça abonde, nous sommes au pays des cowboys !
Le soleil devient rapidement plus franc et il fait bien bon sur la place, où nous ne sommes pas les seuls à flâner. La pièce magistrale, comme à Salamina, c’est une fontaine monumentale. On nous a raconté l’histoire : au tournant du dernier siècle – à quelques dizaines d’années près –la fontaine aurait été conçue en France, fabriquée en Allemagne, transportée par voies maritime puis fluviale et enfin acheminée à dos de mules à travers les montagnes – en pièces détachées bien sûr, pauvres mules – pour être enfin assemblée sur la place Bolívar. Je ne me rappelle plus si c’est l’histoire de la fontaine d’Aguadas ou de Salamina....
Au coin de la place, un homme bien habillé nous accroche. C’est l’officiel de « la oficina de turismo ». Rappel : les policiers nous avaient presque donné l’ordre de le consulter, ordre que nous avions décidé d’ignorer. L’homme est sympathique mais un peu pressant, » il faut visiter ceci, il faut se rendre là-bas », etc. La pression des policiers, l’empressement de cet homme : il semble que cette ville s’est fixé un objectif de visibilité touristique. L’homme nous fait le décompte de tous les étrangers qui sont passés par Aguadas cette année. Avec nous, il en est à 60 et quelques. Il est fier de cet afflux - !!! - et nous ne sommes encore qu’aux deux tiers de l’année. Si seulement un car de 60 touristes Japonais pouvait débarquer, ça améliorerait les statistiques !...... Non, non, c’est moi qui en rajoute, là !
En fin d’après-midi, nous nous retrouvons à la sortie d’Aguadas. Un homme peine à transporter des meubles d’une pièce à l’autre de sa maison. Mon fils A, qui est d’une gentillesse proverbiale mais aussi un costaud, lui prête main. Ayant ainsi brisé la glace avec la famille, je peux prendre quelques photos. La maison est spectaculairement accrochée à flanc de montagne. J’en ai même peur pour A qui est en train de porter des objets lourds à l’intérieur de la maison. Il suffirait de peu pour que ça dégringole de quelques centaines de mètres. On entend régulièrement parler de glissements de terrain désastreux en Colombie...... Il semble que les moyens modestes de beaucoup de gens les contraint à se loger précairement. Ça, plus une insouciance naturelle. Les jeunes femmes de la maison sont toutes sourires.
Au départ de la route vers Medellin, un café très humble nous glisse à l’oreille ces mots magiques : « bière fraîche ». Le seul autre client est un homme en habit de travail, un mécanicien ? Avec sa touche extra et les couleurs éblouissantes de fin d’après-midi – le café est inondé de lumière – nous ne pouvons pas résister à la tentation de prendre quelques photos.
Cataclop, cataclop, un homme passe à cheval devant le café, avec son train de mules. Plusieurs fois déjà j’ai u la frustration de ne pas pouvoir prendre cette photo tellement « carte postale » de la Colombie profonde. Je cours pour le rattraper, j’ai juste quelques secondes. Ça va plus vite qu’on ne le penserait, un homme à cheval au pas ! Mais cette fois, j’ai ma photo : un « arriero » typique, poncho sur l’épaule et sombrero sur la tête ! Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 11 novembre 2018 à 15:33 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 54 de 194 · Page 3 de 10 · 1 543 affichages · Partager Content que tu sois parmi mes lecteurs/lectrices. Je me sens parfois un peu seul, peu d'affichages, pas beaucoup de réactions. J'avais l'habitude des discussions dans la rubrique " Thaïlande" où la participation est autrement plus énergique.... parfois trop!
Bonjour Peut-être est-ce tout simplement parce que le tourisme en Colombie n'est pas aussi développé qu'en Thailande (euphémisme, je pense)  C'est vrai que le forum Colombie est calme et courtois, mais que c'est reposant par rapport à d'autres destinations....et pourvu que ça dure. Cordialement | | | À: Madonantes · 11 novembre 2018 à 17:47 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 55 de 194 · Page 3 de 10 · 1 532 affichages · Partager "calme et courtois.... reposant... pourvu que ça dure"
Je suis bien d'accord! | | | À: GeorgesOZ · 12 novembre 2018 à 10:46 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 56 de 194 · Page 3 de 10 · 1 523 affichages · Partager D’Aguadas à Medellin - Rencontre
Le minibus Arauca part d’Aguadas à 10 : 30. Coût du trajet Aguadas – Medellin 28,000 COP pp, soit un peu moins de 8 Euros, pour une distance de 120 kms. Le minibus part dans quelques minutes, j’ai juste le temps d’entrer dans un café pour demander les « baños ». N’oublions pas qu’il n’y a jamais de toilettes dans ces petits moyens de transport. Le patron me montre du doigt la pissotière pour les hommes, au fond. On se retrouve à faire ses besoins naturels le dos tourné à la salle mais à peine caché par une petite murette. Je donne ces détails car c’est un arrangement qu’on trouve fréquemment en Colombie. A ceux qui trouveront ça sordide, je dirai d’aller voir si c’est mieux en Inde !
Comme d’habitude, je n’ai rien à reprocher à notre conducteur, ni aux autres usagers de la route. Je trouve que les gens roulent correctement. Mais la route est difficile jusqu’à La Pintada, où nous arrivons 2 heures plus tard : 2 heures pour faire 45 kms !
Au fond du bus, le cousin Colombien de El Chapo est assoupi contre l’autre fenêtre. La grosse femme assise devant nous est toute sourires et se retourne pour engager une discussion avec A. Elle a des dents comme un clavier de piano et une verrue sur la joue gauche. Elle se rend à son travail, dit-elle. Quel travail ? Elle souffle à l’oreille de A « soy una puta ». Elle travaille dans un bordel à La Pintada. Elle doit être la gérante parce qu’elle nous précise qu’elle a des « niñas guapas ».
Notre nouvelle amie se lève pour prendre une meilleure place qui vient de se libérer à l’avant du bus. Elle se penche pour ramasser ses affaires, ce qui nous donne la chance d’admirer sa large chute de reins couverte d’un duvet abondant et bien noir ponctué par un furoncle sanguinolent. La classe, les amis !
Avant de descendre du bus, elle se retourne une dernière fois pour donner son numéro de portable à A, qui le prend pour rester courtois - n’allez surtout pas vous faire des idées ! Mais cela m’a donné un bon thème pour taquiner A par la suite : « Alors, tu n’as pas encore recontacté Diana, ou était-ce Liana ? Elle ne t’avait pas aussi recommandé une tante ou une nièce à Medellin ? » etc.
Cette rencontre « intéressante » - A comme moi-même, nous aimons découvrir l’humanité – nous a fait un peu oublier les paysages en route. Mais lesdits paysages sont magnifiques jusqu’aux abords urbains de Medellin, où nous arrivons vers 15 :30. Moyenne de 25 kms par heure. | | | À: GeorgesOZ · 12 novembre 2018 à 13:37 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 57 de 194 · Page 3 de 10 · 1 512 affichages · Partager Pour vous rassurer et vous remercier de ce récit très différent, il était temps de vous dire que je vous suis moi aussi depuis le début du voyage et que je suis confuse de ne pas l'avoir écrit. En pleins préparatifs de notre départ, pour un circuit plus classique et beaucoup moins "routard", j'apprécie d'autant plus votre approche décalée et sensible qu'elle permet de profiter indirectement de lieux et de rencontres moins accessibles aux touristes lambda. Merci. Annie | | | À: Anlan · 12 novembre 2018 à 18:00 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 58 de 194 · Page 3 de 10 · 1 497 affichages · Partager Pour vous rassurer et vous remercier de ce récit très différent, il était temps de vous dire que je vous suis moi aussi depuis le début du voyage et que je suis confuse de ne pas l'avoir écrit. En pleins préparatifs de notre départ, pour un circuit plus classique et beaucoup moins "routard", j'apprécie d'autant plus votre approche décalée et sensible qu'elle permet de profiter indirectement de lieux et de rencontres moins accessibles aux touristes lambda. Merci. Annie
Bonjour Annie,
C'est en tout cas très gentil de te manifester. C'est un plaisir et c'est rassurant de savoir qu'il y a des gens intéressés par ce qu'on écrit.
"récit très différent".... "approche décalée et sensible" - Il y a bien plusieurs façons sensées de voyager, à chacun son style, sans avoir à se sentir "touriste lambda". Un ingrédient essentiel, je pense, est de ne pas avoir peur d'aller voir un peu plus loin que les brochures ou les programmes tout faits. Il n'y a pas à avoir peur dans un pays où les gens sont aussi gentils qu'en Colombie... mais c'est sûr il ne faut pas être trop insouciant non plus. Tout un chacun saura ses limites! | | | À: GeorgesOZ · 12 novembre 2018 à 18:41 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 59 de 194 · Page 3 de 10 · 1 489 affichages · Partager C'est sûr il ne faut pas avoir peur en Colombie. A condition de ne pas faire n'importe quoi bien sûr mais c'est vrai partout. Jamais du coup nous ne nous sommes sentis en insécurité. Et bien au contraire dans certains endroits comme Jardin. Ton carnet est sympa alors continue ! Ph. | | | À: Phil31600 · 12 novembre 2018 à 19:05 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 60 de 194 · Page 3 de 10 · 1 487 affichages · Partager Merci Philippe! | Carnets similaires sur la Colombie: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 24 704 visiteurs en ligne depuis une heure! |