GeorgesOZ · 23 septembre 2018 à 9:12 · 253 photos 194 messages · 26 participants · 23 542 affichages | | | | À: GeorgesOZ · 25 janvier 2019 à 9:55 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 161 de 194 · Page 9 de 10 · 1 240 affichages · Partager Cartagena – Getsemani
J’ai mis du temps à me remettre à mon carnet de voyage, mais me revoici enfin !
Avant de passer à l’étape suivante, à Cartagena, je pense que je devrais répondre à une question que se posent peut-être certains de mes lecteurs : que diable sommes-nous aller faire dans ce trou paumé de Sincelejo (rappelez-vous : le « tdc de la Colombie ») et dans un endroit aussi peu attirant que Barranquilla ? C’est simple. J’avais fait une réservation assez longtemps à l'avance pour un hostal de Cartagena, de peur de ne rien trouver de convenable facilement et à bon prix si je m’y prenais trop tard. De plus, j’avais déjà réservé l’avion de Cartagena à Cali - la suite de notre voyage - donc il était difficile de changer les dates de notre passage à Cartagena. Il fallait donc bien passer notre temps quelque part dans le nord de la Colombie, et pourquoi ne pas aller « flairer » des destinations moins courues que le parc Tayrona ou Cartagena, justement ?
Je l’ai déjà dit, l’hostal de Barranquilla n’était pas mirobolant. Une particularité, entre autres, qui répétait ce que nous avions vu dans notre hôtel (bien meilleur) de Medellin : l’interrupteur des toilettes était caché derrière un miroir. Bizarre, non ?
Nous prenons le bus pour Cartagena à partir d’un terminal qui se trouve dans la partie nord de Barranquilla, et cette fois nous n’avons pas à faire une douzaine ou une quinzaine de kms en taxi pour y arriver. 42,000 COP pour deux, ça fait 6 Euros chacun pour quelques 130 kms de bus. Le conducteur nous « largue » pas trop loin du quartier de Getsemani où nous avons réservé 3 nuits dans un hostal pour 255,000 COP, petit déjeuner compris. Ça fait 24 Euros la nuit pour moi et mon fils A. C’est plus cher que d’habitude mais c’est encore bien acceptable.
La Calle 30 va du Parque del Centenario jusqu’à ce qui semble être une lagune au milieu de la cité (là où passe la Carrera 11), et forme la bordure nord du quartier de Getsemani, ou du moins de sa partie principale. Au nord de la Calle 30, on rencontre encore pas mal de touristes car c’est un lieu de passage entre Getsemani et la vieille ville touristique entourée de murailles. Mais quand on va plus vers l’est et surtout quand on tourne le coin de la Carrera 11 pour longer la lagune, ça devient nettement plus populaire. Cette partie intermédiaire entre Getsemani et la vieille ville, à vrai dire, ce n’est pas si grand que ça, on ne parle que de quelques centaines de mètres dans un sens ou dans l’autre.
Nous venons donc de traverser le quartier de Getsemani, l’affaire de 15-20 minutes. C’est un quartier bien agréable, très animé de jour comme de nuit. Les rues sont belles dans un style colonial bien connu. Je n’ai pas besoin de trop en dire, n’étant ni le premier ni le dernier à parler de cette ville. Je me contenterai donc de fournir quelques photos :
- La petite Plaza de la Santisima Trinidad (restons catholiques, hein !), bien appréciée des badauds de tous poils et plumages. - Une procession religieuse (restons.... mais je viens juste de le dire !) passant par ladite place de la S.T. - Quelques photos illustrant le caractère fleuri des fenêtres et balcons. Vraiment joli. - Graffitis muraux – la Colombie est connue pour ça. - Un peu plus du côté populaire (voir explications plus haut), une mulâtresse (ou métisse, je ne sais trop), en train de poser pour mon fils. Son foulard sur la tête n’est pas sans rappeler le style des femmes de Bahia au Brésil. - Un hostal typique de Getsemani. L’extérieur est sympa, je ne sais pas à quoi ça ressemble à l’intérieur. - La Calle 31, dans ce petit quartier intermédiaire entre Getsemani et la vieille ville touristique dont j’ai parlé plus haut. J’avais été frappé par les ombres projetées sur le sol par ces petits drapeaux triangulaires aux couleurs de la Colombie, tranchant sur la lumière éblouissante du milieu de journée.
Pour notre repas de midi, quelque part dans Getsemani, nous prenons la soupe habituelle et une paella de porc. Pas mal. 45,000 COP, c.à-d. 13 Euros pour deux. C’est dire qu’on n’a pas besoin de se ruiner même dans un lieu aussi touristique que Cartagena.
Le long de la Calle 30 et dans cette partie plus populaire et moins touristique, on trouve plusieurs bars, cafés et restaurants d’allure modeste. Nous prenons une bière dans l’un de ces bars. Il y a de la musique, c’est sympa. A la table voisine, des Colombiens : un homme d’âge mûr et deux jeunes métisses. Visiblement une partie de fesses « in the making ». Images attachées: | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: GeorgesOZ · 8 février 2019 à 16:35 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 162 de 194 · Page 9 de 10 · 1 175 affichages · Partager Hello,
J'attends avec impatience la suite de ton périple, notamment ton regard sur Cartagena.... | | | À: Gildadesiles · 8 février 2019 à 17:57 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 163 de 194 · Page 9 de 10 · 1 168 affichages · Partager Hello,
J'attends avec impatience la suite de ton périple, notamment ton regard sur Cartagena....
Bonjour!
Je suis en voyage (en Inde jusqu'à fin mars), il faudra attendre!).
Mais juste une chose, avant que je ne l'oublie: nous avons trouvé les gens très honnêtes. Nous n'avons pas eu le moindre problème dans les restaus, les bus ou les taxis. On nous a toujours bien rendu la monnaie. | | | À: GeorgesOZ · 8 février 2019 à 21:31 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 164 de 194 · Page 9 de 10 · 1 158 affichages · Partager Effectivement les Colombiens m ont semblé très honnêtes jamais eu aucun souci...bon voyage en INDE 😊 | | | À: GeorgesOZ · 15 mars 2020 à 18:13 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 165 de 194 · Page 9 de 10 · 932 affichages · Partager Hello,
J'attends avec impatience la suite de ton périple, notamment ton regard sur Cartagena....
Bonjour!
Je suis en voyage (en Inde jusqu'à fin mars), il faudra attendre!).
Mais juste une chose, avant que je ne l'oublie: nous avons trouvé les gens très honnêtes. Nous n'avons pas eu le moindre problème dans les restaus, les bus ou les taxis. On nous a toujours bien rendu la monnaie.
L attente est longue... Depuis j'ai eu le temps d'aller et revenir de Colombie ! | | | À: Chris06 · 16 mars 2020 à 5:56 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 166 de 194 · Page 9 de 10 · 914 affichages · Partager Hello,
J'attends avec impatience la suite de ton périple, notamment ton regard sur Cartagena....
Bonjour!
Je suis en voyage (en Inde jusqu'à fin mars), il faudra attendre!).
Mais juste une chose, avant que je ne l'oublie: nous avons trouvé les gens très honnêtes. Nous n'avons pas eu le moindre problème dans les restaus, les bus ou les taxis. On nous a toujours bien rendu la monnaie.
L attente est longue... Depuis j'ai eu le temps d'aller et revenir de Colombie ! 
C'est juste, et je présente mes excuses. Entretemps, j'ai fait 2 voyages en Thailande, 2 voyages en Inde et un voyage au Mexique, en tout bien 6 mois de voyage ce qui ne donne pas beaucoup de temps libre. Mais j'ai des remords d'avoir laissé ce carnet en suspens.... | | | À: GeorgesOZ · 16 mars 2020 à 15:55 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 167 de 194 · Page 9 de 10 · 898 affichages · Partager Hello,
J'attends avec impatience la suite de ton périple, notamment ton regard sur Cartagena....
Bonjour!
Je suis en voyage (en Inde jusqu'à fin mars), il faudra attendre!).
Mais juste une chose, avant que je ne l'oublie: nous avons trouvé les gens très honnêtes. Nous n'avons pas eu le moindre problème dans les restaus, les bus ou les taxis. On nous a toujours bien rendu la monnaie.
L attente est longue... Depuis j'ai eu le temps d'aller et revenir de Colombie ! 
C'est juste, et je présente mes excuses. Entretemps, j'ai fait 2 voyages en Thailande, 2 voyages en Inde et un voyage au Mexique, en tout bien 6 mois de voyage ce qui ne donne pas beaucoup de temps libre. Mais j'ai des remords d'avoir laissé ce carnet en suspens....
vu le contexte...tu es totalement pardonné | | | À: GeorgesOZ · 20 août 2020 à 16:37 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 168 de 194 · Page 9 de 10 · 827 affichages · Partager Cartagena – Centre Historique
Après une très longue pause, ayant été assez occupé ailleurs, je reprends ce long récit laissé en suspens à Cartagena, il y a maintenant déjà 2 ans. Comme le monde a changé depuis ! Restant en rade, relativement parlant, à cause de la crise du COVID-19 qui fait rage à travers le monde, pourquoi ne pas reprendre refaire voile virtuellement ?
Cartagena, certes, c’est une ville magnifique. Le centre historique, à quelques pas du quartier de Getsemani, est une merveille. Il n’est pas besoin d’en dire plus car tant d’autres en ont déjà beaucoup parlé. Je ne suis pas radin, alors voici quelques photos. Les remparts avec la tour au milieu, c’est l’entrée principale dans la ville historique. Pour faire bref, et avec le recul du temps, ce qui m’a le plus frappé, ce sont les balcons fleuris. Et aussi, pour l’authenticité et pour sortir des clichés trop faciles, quelques murs bien défraîchis... et, ah oui, à ne pas oublier : un mannequin dans une vitrine qui montre que les Colombiens ont un certain intérêt pour afficher les formes féminines....
Nous (moi et mon fils A) n’avons passé que 2 jours pleins à Cartagena. C’est juste un peu trop touristique. Sans nul doute, c’est un « incontournable » en Colombie, mais le pays a bien plus que ça ! Pour changer complètement la donne, nous prenons l’avion pour Cali. Nous avons assez pris de bus depuis notre arrivée à Bogota, et nous devons tout doucement nous diriger vers le sud car notre retour sur l’Europe, c’est de Quito en Equateur !
Une chose de plus à dire en bien sur Cartagena, c’est que l’aéroport est très proche de la ville. Nous y arrivons rapidement et pour pas cher. Propre, spacieux, facile d’accès et facile d’usage.
Par contre, l’aéroport de Cali nous semble être assez éloigné de la ville. Nous sommes un peu des paresseux par moments, il faut l’avouer, et plutôt que prendre la peine de nous informer du transport possible en bus, nous prenons un taxi. Et nous voici logés dans un hôtel assez mignon dans le quartier de Granada, au nord-ouest de la ville.
A plus tard, amigos ! Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 22 août 2020 à 11:15 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 169 de 194 · Page 9 de 10 · 801 affichages · Partager Cali – Football et salsa
J’ai retrouvé mes notes de voyage. A Cartagena, le taxi de Getsemani à l’aéroport nous avait coûté 14,000 COP. A Cali, de l’aéroport à la ville-même : 54,000 COP ! Il y a des villes « faciles » de ce point de vue : Cartagena en est une, Bogota en est une autre. Cali : moins. Quito (j’anticipe) : pas du tout.
L’hôtel, donc. Les chambres sont disposées autour d’une cour intérieure agréable, d’un décor style « colonial – méditerranéen » qu’on retrouve assez souvent par ici (photo). Je suis tenté de prendre en photo l’étagère sur laquelle quelques livres sont mis à la disposition des clients : pas moins d’une douzaine de volumes du même titre « Sauvés par la foi ». Ah, pays catholique, ne l’oublions pas !
Une chose à faire en Colombie : voir un match de football. En fin d’après-midi, ça tombe bien, le club América de Cali joue contre l’Atlético Nacional de Medellin. L’América est l’un des deux clubs de Cali, c’est le plus populaire et l’un des meilleurs clubs de toute l’Amérique Latine. En route vers le stade Pascual Guerrero, nous pouvons vérifier que la ville est souvent assez moche (c’est ce qu’on dit souvent de Cali).
Nous achetons des tee-shirts de l’América dans la rue. Cela fera de bons souvenirs plus tard. Et maintenant que nous portons fièrement la couleur rouge vif de l’América, avec le diable caractéristique de son blason, nous pouvons nous rapprocher du stade. Nous sommes assez visibles, malgré nos touches assez « latino », étant plus grands et plus blancs que la moyenne, mais nous faisons un peu partie de la tribu !
Nous achetons nos tickets à un kiosque, 49,000 COP pour deux, et nous dirigeons vers l’entrée, longeant des files de policiers équipés pour des émeutes potentielles. C’est bien l’image qu’on se fait de ce genre d’événement en Amérique Latine : ça peut chauffer ! Les policiers sont sympas, nous prenons un tas de photos avec eux. A (mon fils) se régale. Il est photographe professionnel et se spécialise en portraits à travers le monde. Ça tombe bien, il a essayé plusieurs fois de photographier des policiers ou des militaires mais presque 9 fois sur 10, c’est un « niet » sec, clair et définitif!
Nous rejoignons les queues qui se pressent aux portes d’entrée. L’atmosphère est assez confuse. Là, les policiers à pied sont renforcés par des policiers à cheval. Il y aurait des photos extras à faire mais je n’ose pas..... Dis donc, il faut espérer que tout ça ne finira pas en émeute !
Nous avons une vue excellente de nos gradins. Une chose nous frappe immédiatement : il n’y a que du rouge partout, tout autour du stade. C’est la couleur de l’América. Nulle part ne serait-ce qu’un soupçon de vert, la couleur du club de Medellin. Sans doute, ce serait suicidaire de se pointer ici arborant le tee-shirt de l’équipe adverse !
Nous ne sommes qu’à moitié intéressés par le jeu. Ce qui nous occupe, c’est le spectacle autour de nous. Il y a un type qui n’arrête pas de se lever, d’agiter frénétiquement les bras, de hurler avec véhémence des insultes aux joueurs de l’équipe de Medellin, aux joueurs de Cali, à l’arbitre et je ne sais trop qui encore. Nous captons quelques bribes de ses invectives : «.... hijo... puta.... perro.... madre.... ! ». C’est l’occasion rêvée pour prendre une leçon accélérée de jurons espagnols !
Nous quittons le stade un peu avant la fin, ne sachant pas trop comment tout cela va finir....
Le soir, nous nous rendons au Zaperoco, un club de salsa pas trop loin de notre hôtel. Entrée 5,000 COP et boisson obligatoire à 15,000 COP. Il ne faut pas être effrayé par les chiffres, ça ne fait vraiment pas cher en euros. Il règne une ambiance excellente là-dedans. Au bar, nous côtoyons un couple saisissant : l’homme est noir, sa compagne est blanche et a un corps superbe (comme je la vois de profil, j’ai des aperçus troublants de sa poitrine sous un top ultra-léger). De l’autre côté, 4 noires aux touches également assez frappantes. Adossés au comptoir, nous observons un petit manège amusant : un gros mec d’âge mûr, bedonnant, n’arrête pas d’inviter les deux filles qui se tiennent en face de nous à danser, l’une après l’autre. Elles acceptent – il semble que ça se fait assez gentiment par ici et sans trop de façons – mais visiblement, ça finit par les lasser un tantinet après quelques tours sur la piste. Juste un peu collant, le mec ! Et c’est là que A se lève et va vers elles. A est un jeune homme d’une grande correction, il a d’excellentes manières et de plus il a tendance à impressionner la gent féminine par son physique avenant. Quand il se met en maillot de bain sur une plage, il faut appeler les secouristes pour évacuer les demoiselles qui tombent en pâmoison. Bon, je décxnne, excusez-moi ! Mais c’est sûr, il a le ticket avec les filles et elles lui donnent, l’une après l’autre, ses premières leçons de salsa.
Que voilà une première bonne journée à Cali ! Rien de mieux que les expériences humaines dans le voyage ! Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 22 août 2020 à 14:01 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 170 de 194 · Page 9 de 10 · 785 affichages · Partager Bonjour Georges,
Merci à toi de continuer (et certainement terminer) ce carnet que j'avais pris beaucoup de plaisir à lire à son commencement et sans lequel je n'aurais peut-être pas visité ce beau pays.
Nous sommes également passé par Cali, mais n'avons pas eu l'occasion ni de voir un match de foot ni d'aller nous exercer à la salsa (voyage avec enfant...). Cependant nous avons quand même profité de cette ambiance assez incroyable et festive le long du rio le soir. | | | À: Kawo · 22 août 2020 à 14:34 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 171 de 194 · Page 9 de 10 · 779 affichages · Partager Bonjour Georges,
Merci à toi de continuer (et certainement terminer) ce carnet que j'avais pris beaucoup de plaisir à lire à son commencement et sans lequel je n'aurais peut-être pas visité ce beau pays.
Nous sommes également passé par Cali, mais n'avons pas eu l'occasion ni de voir un match de foot ni d'aller nous exercer à la salsa (voyage avec enfant...). Cependant nous avons quand même profité de cette ambiance assez incroyable et festive le long du rio le soir.
Et bonjour à toi, Caro! Sympa de revenir sur mon carnet! | | | À: GeorgesOZ · 23 août 2020 à 12:23 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 172 de 194 · Page 9 de 10 · 760 affichages · Partager Cali – Café et Parc
Petit déjeuner correct à l’hôtel. Les œufs sur le plat sont faits et servis dans une espèce de minuscule poêle à frire que je n’ai vue qu’en Colombie. En route pour une petite exploration vers le Parc San Antonio qui ne devrait pas être trop loin. Nous passons le Rio Cali, qui est sans doute plus imposant pendant la saison des pluies. Nous traversons la calle 5 par une passerelle à la hauteur de la carrera 6 et admirons, si on peut dire, les graffiti défraîchis encadrés par des rouleaux de barbelés.
Tous ces barbelés partout, c’est un peu comme dans les films classiques de vampires, les voyageurs arrivent dans la nuit dans un village perdu quelque part en Transylvanie. Tous les villageois sont réfugiés dans l’auberge, de lourdes grappes d’ail pendent de toutes parts, on commence à se douter qu’il se passe des choses étranges dans les alentours..... Par ici, ce ne sont bien sûr pas de vampires qu'il s'agit, mais comme tout le monde le sait, la criminalité donne à la Colombie une mauvaise réputation.
Nous arrivons dans le vieux quartier dit « historique ». Ce n’est pas énorme et, si ce n’est pas désagréable, ça ne nous émerveille pas non plus (il faut l’avouer, nous sommes un tantinet blasés). Quelque part dans l’une des 4 ou 5 rues qui mènent au parc, nous nous trouvons un café super sympa. Pour commencer, la serveuse est mignonne. De plus, on sert ici des cafés « de origen ». Nous optons pour du « castillo », c’est la variété que nous avions goûtée chez notre ami Señor Pedro à Salamina. C’est notre troisième (!!!) bon café depuis notre arrivée à Bogota, il y a déjà quelques semaines. Ça nous change du « tinto ».
C’est un point de chute que j’essayerais de retrouver si jamais je retournais à Cali. On y passe de la bonne musique et il y a plein de livres intéressants sur les étagères. Pour n’en citer que quelques uns : « Always coming home » de Ursula Le Guin; « La Republica » de Platon; « El corazón de las tinieblas » de J. Conrad (« Au cœur des ténèbres » en français) ; un livre sur le tantra. Il y a de quoi s’installer pour quelques bonnes heures ! Nous mangeons pour 60,000 COP (à deux), les portions sont un peu plus petites que d’habitude mais la qualité y est. Le patron vient s’asseoir pour un brin de causette. Il est d’ Armenia dans le département de Quindío, au nord de Cali. Pas étonnant qu’il s’y connaisse question café. Comme toujours, nous apprécions la qualité de l’espagnol comme on le parle (presque partout) en Colombie. Je note sa prononciation : « po (d)jo » et « va (d)je » pour « pollo » et « valle ».
Au bout de ces rues du quartier historique, on arrive au Parque San Antonio, qui monte doucement vers une petite basilique (rien d’extraordinaire). Nous nous trouvons ici à l’extrême nord-ouest de Cali et nous avons une bonne vue sur la ville. Ce n’est pas magnifique, je vais me répéter mais Cali semble mériter sa réputation d’être une ville moche. Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 24 août 2020 à 17:37 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 173 de 194 · Page 9 de 10 · 726 affichages · Partager Cali – Festival
Nous avons de la chance, nous sommes tombés à Cali pendant le Festival de Música del Pacífico Petronio Álvarez, et aucune hésitation, nous y allons !
Ça se passe assez loin dans le centre ville et nous avons une fois de plus à faire un bon trajet en taxi. Des foules de gens s’y rendent aussi, mais à pied. Il devient très vite évident qu’il s’agit surtout d’une manifestation organisée par / pour la population afro-colombienne. Le chauffeur de taxi, un blanc, ne nous cache pas sa prédilection pour les noires. Il lâche son volant pour nous décrire à grands gestes les courbes voluptueuses dont il se déclare être un grand adepte. Ah, ces chauffeurs de taxi, on a toujours droit à une petite discussion amicale ou amusante. Bon, là ça ne vole pas très haut....
Il y aurait des choses à dire à propos de ce festival et de la population afro-colombienne. La principale activité économique « traditionnelle » du département Valle del Río Cauca, dont Cali est la capitale, est la culture de la canne à sucre et du café. Ce qu’on voit bien sur le blason du département : une pousse de canne à sucre et une branche de caféier (à droite). Cali ayant été fondée en 1536, l’esclavagisme sévit pendant près de 3 siècles pour apporter la main-d’œuvre nécessaire aux plantations (l’esclavagisme ne fut aboli qu’en 1851). De plus, le département a également un front maritime important (sur le Pacifique), et de nouveau il y eut recours à la main-d’œuvre forcée des Africains. Le port principal, Buenaventura, a une majorité démographique noire. L’importance de l’activité portuaire est aussi démontrée sur le blason du département (les quais et un navire). A l’échelle nationale, les noirs forment près de 7% de la population Colombienne. Après le Brésil, les USA et Haiti, la Colombie est le pays des Amériques ayant la plus nombreuse population d’origine africaine. Il n’est donc pas étonnant qu’on y trouve une culture afro très importante.
Le « Petronio » est tout à fait ciblé sur la culture afro-colombienne de la côte Pacifique.
Aux abords du festival, les rues sont envahies par les stands de boissons et de grillades de toutes sortes. Nous faisons partie des quelques blancs noyés dans la foule. On se croirait dans un Nigéria alternatif où 1 million de blancs aurait émigré. C’est comme l’histoire des rouleaux de barbelés (voir plus haut), ça me donne des « retours » de mes quelques années passées au Nigéria - un pays plein de barbelés pour les mêmes raisons que la Colombie. Je me rappelle une amie Colombienne qui riait quand on lui demandait si elle avait peur de la criminalité au Nigéria. Elle était de Medellin, elle en avait vu d’autres à l’époque. Ça s’est tout de même amélioré en Colombie, depuis....
Il y a bien sûr de tout dans ce festival. Entre autres je relève la qualité graphique de quelques tableaux honorant les visages afros. Il y a aussi pas mal de musique et de danse. Un groupe folklorique d’enfants, mignon. Nous y passons quelques heures bien agréables avant de prendre le chemin du retour en début de soirée. Les rues aux alentours du festival sont bondées de monde essayant d’attraper un bus ou un taxi. Nous nous éloignons. Mais si notre chance de héler un taxi augmente, nous nous retrouvons aussi isolés et il commence à faire bien sombre. Pas trop rassurant, ça..... Enfin, un taxi, et la course assez longue ne nous coûte que 10,000 COP. Imaginez ça : 2 Euros ! Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 24 août 2020 à 20:46 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 174 de 194 · Page 9 de 10 · 711 affichages · Partager quel plaisir de vous lire a nouveau sur ce forum en fevrier et mars 2019 je suis allé en colombie et suivi vos trace a Salamina la patronne du café et de la plantation de café ce souvenait très bien de vous si j ai bien compris vous vivez en Thailande moi aussi mais seulement 5 mois par an a koh chang pour passer l hiver peut auront nous un jour la chance de nous rencontrer | | | À: Tiago58 · 24 août 2020 à 21:11 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 175 de 194 · Page 9 de 10 · 708 affichages · Partager quel plaisir de vous lire a nouveau sur ce forum en fevrier et mars 2019 je suis allé en colombie et suivi vos trace a Salamina la patronne du café et de la plantation de café ce souvenait très bien de vous si j ai bien compris vous vivez en Thailande moi aussi mais seulement 5 mois par an a koh chang pour passer l hiver peut auront nous un jour la chance de nous rencontrer
Bonjour!
Incroyable mais possible après tout. Il n'y a peut-être pas tant de gens qui répondent à mon profil (et à celui de mon fils) qui se rendent à Salamina! Et notre visite est encore assez récente. J'espère que vous avez bien aimé la Colombie!
Quant à la Thailande, je vais suivre par un MP. | | | À: GeorgesOZ · 26 août 2020 à 11:13 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 176 de 194 · Page 9 de 10 · 693 affichages · Partager Popayán
A la station de bus, je prends une petite photo du guichet où nous achetons nos billets pour Popayán (36,000 COP pour 2). La compagnie Velotax a une devise est accrocheuse : « Un transporte del futuro que sirve en el presente ». Ils ont de l’humour dans ce pays !
Une fois passé les faubourgs de Cali, la route est assez bonne et ressemblerait presque à une autoroute, phénomène rare en Colombie. C’est du plat, la vallée de la Cauca, avec de la canne à sucre de tous côtés (comme affiché sur le blason du département). A mi-chemin, ça change pour de la montagne. C’était assez sec jusqu’ici, maintenant les paysages deviennent plus agréables, sans être aussi spectaculaires que dans le pays « paisa », vers Honda, Manizales, Medellin, Valdivia etc. Nous venons d'entrer dans le département « Cauca », d’après la rivière du même nom qui prend sa source un peu plus haut que Popayán et fait près de 1000 kms avant son confluent avec la Magdalena.
A l’approche de Popayán, on a l’impression que les cordillères qui bordent la vallée se resserrent. Il y a une présence militaire assez visible sur la route. Autre détail nouveau, pas nécessairement lié à la présence militaire, nous voyons plusieurs groupes de gens, des familles entières, portant des balluchons, marchant vers le sud. Ce sont des Vénézuéliens. Ils ont quitté leur pays à la suite de la politique exécrable de Maduro et se dirigent vers le Pérou où ils espèrent trouver du travail et de meilleures conditions de vie. Ça fait bien 2 ans que le mouvement a démarré et il y aurait déjà bien 2 millions de gens qui auraient quitté le Venezuela. La Colombie a accordé le droit de résidence et de travail à 800,000 d’entre eux, il faut tirer son chapeau à un geste aussi généreux. Il faut aussi admirer le cran de ces gens : il y a bien 3,000 kms à faire du Venezuela au Pérou, et à pied, couchant dehors, ce n’est pas du gâteau. Les vénézuéliens n’ont pas l’habitude des montagnes...
Nous voici à Popayán. De la station de bus au centre-ville, il y a juste un gros km que nous faisons à pied, passant par-dessus le Puente Humilladero, pont en briques qui enjambe un parc bien mignon – un avant-goût du soigné de cette petite ville. Nous arrivons à notre petit hôtel bien propret situé à quelques encablures du Parc Caldas.
Nous commençons par un repas dans un restaurant simple à un coin de rue, sur la carrera 2. On mange pas mal ici : soupe + viande + limonade fraîche et naturelle, 12,000 COP soit dans les 3 euros, ce qui pour deux est vraiment incroyable ! Bien repus, nous continuons notre exploration vers le centre-ville.
Les gens par ici ont nettement plus des traits indigènes. Des nez bien faits, légèrement aquilins. Plutôt bas de taille généralement. La femme de l’hôtel, par exemple, ne doit avoir que quelques traces de sang ibérique. Elle est bien jolie de visage, d’ailleurs. Ces cheveux noirs, lisses, brillants... La taille un peu épaisse peut-être, mais franchement, moi qui suis toujours attiré par les beautés exotiques, si j’avais l’occasion je ne dirais pas non !..... Ah mais, tiens-toi bien, Georges ! Qu’est-ce qu’ils vont penser de toi sur VF, hein ? Que tu es un obsédé sexuel ???? D’ici à ce qu’ils te virent du forum, il n’y a pas loin !
Le parc Caldas est très beau, très propre et bien plus tranquille que ce à quoi nous avions l’habitude jusqu’ici. Mais tout est relatif, c’est tout de même bien animé ! Nous voyons immédiatement pourquoi on parle parfois de « Popayán la blanche ». Sur un côté de la place, nous trouvons la cafétéria Juan Valdez où nous nous asseyons pour..... notre 4-ème bon café en Colombie ! Je recommande cet endroit, il y a une cour intérieure vraiment très agréable où la clientèle peut s’installer pour passer le temps agréablement – l’expression anglaise « chilling out » serait parfaitement appropriée.
Il est bien évident que Popayán est une ville touristique très appréciée, et par les touristes Colombiens en premier lieu. Il faut s’éloigner un peu du centre pour voir se dessiner une Colombie un peu moins léchée. Quelques rues vers le sud du parc Caldas, ça devient déjà plus populaire, mais ça reste bien sympathique. Je prends en photo un groupe de gens autour d’une vendeuse de snacks – les traits indigènes prédominent.
Le soir tombant nous trouve assis sur les marches de la Ermita de Jesús Nazareno, l’église qui domine au bout de la calle 5, à jouir d’un coucher de soleil magnifique. C’est vraiment chouette, la Colombie, ça réchauffe le cœur ! Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 28 août 2020 à 11:18 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 177 de 194 · Page 9 de 10 · 667 affichages · Partager Popayán - Silvia
Parmi les bonnes choses à dire sur Popayán, il y a que le climat est extra. Nous sommes de retour dans la montagne Colombienne où il fait si bon vivre – Popayán est à 1700-1800 mètres d’altitude. Notre chambre d’hôtel n’a ni climatisation, ni ventilateur : nul besoin ! Il y a des qui gens réservent systématiquement des chambres plus chères avec climatisation.... Bon, d’accord, comme on dit en anglais : « whatever floats your boat ! » traduction plus ou moins littérale « si ça fait flotter votre barque », c-à.d. « si ça peut vous faire plaisir ».
J’oubliais de dire, au restau à midi sur la carrera 2, nous étions installés à table dehors. Deux jeunes hommes sont passés régaler la clientèle de quelques chansons. Visiblement, c’étaient des Vénézuéliens faisant la manche. Les gens donnaient assez facilement un peu de monnaie. Nous n’avons vu nulle part de mauvaise réaction de la part des Colombiens à l’énorme vague migratoire des Vénézuéliens traversant leur pays. Je ne me rappelle plus où ni de qui nous l’avons entendu, mais en gros : « Nous Colombiens, quand nous étions dans la mxxde, les Vénézuéliens nous ont aidé. Maintenant, c’est à notre tour de les aider ». 
Le soir, nous mangeons dans un restaurant de standing un poil plus élevé que d’habitude : la Cosecha Parrillada, dans la calle 4 à 2 pas du parc Caldas. Et là, mes amis, nous nous en mettons plein la lampe ! Je me commande un churrasco argentino. A, quant à lui, reste abonné à la bandeja paisa et s’en fait servir une superbe (photo). Si on enlève la moitié d’avocat et l’arepa (dont franchement je ne raffole pas, même grillée comme ici), il reste une dose massive de protéines et de graisses animales. J’aime ça aussi, mais pas tous les jours ! Avec nos bières, notre note s’élève à 71,000 COP. Grands seigneurs malgré nos fringues fatiguées (je ne suis pas sûr que A ait lavé une seule fois son unique pantalon depuis notre arrivée en Colombie), nous laissons un pourboire royal de 6000 COP  . En tout, nous en sommes à moins de 10 euros par personne !
A 7 heures le lendemain matin, nous prenons le bus pour Silvia (7,000 COP pp et 1 heure 30 de route). La route est bonne. Silvia est une bonne surprise. C’est jour de marché et il y a foule d’indiens Guambianos. Les gens sont décontractés et souriants, ils rient assez facilement. Ils sont tout petits et ils ont des traits fins. Le menton un peu en galoche donne à certaines femmes un petit air de gentilles et mignonnes sorcières, comme ces deux vieilles femmes vendant des bottes de je ne sais trop quelle verdure.
Mais pour les photos, là il y a problème.  Dans une rue où on vend des animaux, je prends de loin la photo de deux d’hommes occupés à poser le bât sur une mule. Les deux hommes sur la gauche se sentent visés et viennent à nous pour se plaindre, pas méchamment mais avec insistance, nous regardant droit dans les yeux. Il est un peu difficile de comprendre leur Espagnol, mais en gros ils veulent une compensation monétaire. Impossible de les secouer, il va bien falloir leur donner une « cosita » (le seul mot clair que je comprends dans leur bredouillement) : allez, 2,000 pesos chaque, soi-disant pour aller boire un café, et bon débarras ! Sur quoi qqn d’autre vient nous expliquer, dans un Espagnol également un peu bancal, que ces deux hommes ne voulaient qu’aller se payer un peu de gnole – ou qqc dans le genre.
Donc, les photos, je ne peux les prendre que d’assez loin. N’ayant en plus qu’un portable pour les prendre, vous comprendrez qu’elles ne peuvent pas être d’une très grande qualité. Je prends quelques vues d’ensemble de cette rue où se trouve un groupe important de femmes vendant toutes les mêmes « verdures ». C’est plein de couleurs ! Les femmes et les hommes portent presque tous une sorte de chapeaux melons un peu plus hauts sur l’avant. J’ai l’impression que ceux qui portent des chapeaux style « cowboy » sont des métis ou des blancs, comme cet homme au coin de la rue qui porte un grand poncho rejeté par-dessus l’épaule. Les ponchos, ça se comprend, il faut dire que nous sommes ici à 2800 mètres d’altitude, il doit faire bien frais dès que le soleil disparaît.
Nous revenons sur la place centrale. Plein de photos à faire.... de loin, ou de derrière : comment résister à photographier ces femmes de derrière, avec leurs cheveux magnifiques. Les jeunes filles les portent très longs, lâches ou en une seule natte. Quant aux femmes plus âgées, elles ont plutôt tendance à les porter courts et parfois on voit ces cheveux jaillir tout dru de dessous leurs chapeaux, ce qui accentue le look « sorcière ». Sur cette photo, d’ailleurs, on remarque bien les bottines que presque toutes les femmes portent par ici. C’est mignon, ça rappelle la poupée de porcelaine du film « Le Magicien », celle à laquelle le héros recolle ses pieds brisés.
Sur un côté de la place, une belle église bien nette. Mes excuses pour la distorsion, mais vous comprendrez que je ne suis pas là pour prendre des photos professionnelles (je laisse ça à A). Par contre, je suis satisfait d’avoir pris l’église par-dessus ce chapeau blanc en premier plan, ça fait vraiment très « Colombie », vous ne trouvez pas ? Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 29 août 2020 à 13:26 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 178 de 194 · Page 9 de 10 · 643 affichages · Partager Popayán – Silvia 2
Nous allons au coin de la place attendre le prochain minibus pour retourner à Popayán. Trois indiennes attendent elles-aussi. Visez leurs petites bottines noires ou marron, bien proprettes. Et visez aussi la différence de taille par rapport aux deux blancs sur la droite de la photo. Bon, d’accord, je le reconnais, c’est une photo presque truquée (malgré moi) : les deux blancs se tiennent une marche plus haut que les femmes. Mais tout de même, c’est une différence de 3 têtes au moins !
Toujours à l’attente du minibus, un autre groupe attire mon attention. Un homme, une femme et une jeune fille. J’espère que vous aimerez cette autre photo qui montre bien comment ces gens semblent être gais et heureux. La jeune fille porte un chapeau très plat qui ressemble à des galettes superposées. On nous a expliqué que c’est le chapeau traditionnel des Guambianos et que ce n’est que depuis le milieu du 20-ème siècle que la mode du chapeau melon a pris le dessus. On voit souvent les filles ou les femmes (maintenant que j’y pense, plutôt les jeunes filles d’ailleurs) porter cette « galette » dans le dos, retenu au cou par un cordon. Je crois bien avoir aussi vu 2 ou 3 hommes porter ça.
Nous étions partis tôt ce matin, et nous voici de retour en milieu de journée à Popayán. Je me rends tout seul au centre-ville. A un coin du Parque Caldas, là où se croisent la calle 4 et la carrera 6, le café-restaurant Cuaresnor offre des repas corrects à prix modiques (7,200 COP le plat !). Mais soyez avertis, il faut payer 1,000 COP pour aller pisser !
A Silvia, A a accroché un Guambiano sur la place – ou c’est l’inverse, je ne sais – et a convenu d’une visite « guidée » dans l’une des vallées au-dessus de Silvia. Nous y retournons donc le lendemain.... Et nous retrouvons à poireauter un bon moment au milieu de la place. C’est calme aujourd’hui, ce n’est pas jour de marché. Si hier on pouvait voir quelques touristes, aujourd’hui pas un seul. A finit par appeler le « Señor Mario », qui probablement ne nous attendait pas. Enfin, il vient nous chercher. Nous faisons quelques kms en colectivo pour arriver chez lui. Ce qu’il voulait nous montrer s’avère être sa pisciculture. Sa ferme se trouve dans un vallon agréable traversé par une jolie petite rivière. L’endroit idéal pour construire une demi-douzaine de grands bassins pour élever des truites.
Ça fait un bout de temps que nous croisons les « truchas » sur les menus en Colombie. Et je dois dire que les quelques fois que nous en avons mangé, elles étaient effectivement délicieuses. De même chez « el Señor Mario », car nous voici à table dans la maison (propre mais assez sommaire). Les truites qu’on nous sert sont extras. Mais moi qui espérais apprendre des choses sur le peuple Guambiano, je reste un peu sur ma faim. La discussion avec Señor Mario s’arrête plutôt rapidement. Quelques bribes d’information, malgré tout. Pour commencer, leur vrai nom est Misak ou Mintzak. Ils sont quelques 20,000 en tout. Leur enseignement scolaire se fait dans leur propre langue et l’espagnol semble être une seconde langue pour eux (j’avais déjà l’impression qu’ils s’ils le parlent assez bien, cela reste pour eux une langue étrangère). Les slogans affichés au mur donnent une idée de la langue. Je ne retiens que « nachak » pour la cuisine.
Nous ne passons que 2 ou 3 heures chez Señor Mario. En toute franchise, nous finissons par nous ennuyer un tantinet. Et il faut bien payer 24,000 COP pour nos truites plus qqc à Señor Mario « por guía», comme il dit. Dis-donc, ces indiens, ils ont une façon subtile de se faire payer. Nous avions déjà l’expérience des 2 zoulous, pardon, Guambianos que j’avais eu la mauvaise idée de cadrer dans une photo hier....
De retour à Silvia, il faut attendre quelques heures avant de pouvoir attraper un minibus pour redescendre à Popayán. Nous nous réfugions dans un café au bord de la place. Je ne peux résister à prendre la photo du crucifix amusant fait de cuillères et de fourchettes. Avant de partir, je fais l’achat de 3 ponchos dans une petite boutique sur la carrera 2, à quelques pas de la place. Des ponchos, ce n’est pas une mauvaise idée comme souvenirs, non ? Et ici, ils semblent assez authentiques. A 170,000 COP, ça me revient à 12-13 euros pièce, sans doute un prix gonflé pour touriste mais ce n’est pas la ruine non plus.
Je termine ces pages sur Silvia par cette photo prise par la fenêtre du minibus qui montre bien la beauté de ces montagnes Colombiennes.
Sur la route principale, des centaines de gens se dirigent à pied vers Popayán. Cette fois, ce ne sont pas des Vénézuéliens, ce sont..... des Guambianos! C'est une démonstration réclamant plus de droits et de respect pour les peuples indigènes de Colombie. Nous n'avons pas eu l'impression que ces gens soient malheureux, bien au contraire, mais par principe nous sympathisons bien sûr avec eux. Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 31 août 2020 à 16:04 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 179 de 194 · Page 9 de 10 · 618 affichages · Partager Passer de Colombie en Equateur : géographie
Comme je crois déjà l’avoir mentionné, nous sommes en train de descendre vers le sud de la Colombie pour passer en Equateur, d’où nous prendrons nos vols de retour en Europe. Mais depuis que nous sommes à Popayán, l’exode des Vénézuéliens ce n’est plus de l’ouï-dire, nous les voyons ! Notre idée initiale était d’aller plein sud et de faire Pasto - Ipiales – Ibarra – Quito, mais nous nous inquiétons des conditions de passage à la frontière. On entend de plus en plus parler de queues de plusieurs milliers de personnes. Même si paraît-il une file spéciale a été ouverte récemment pour les non-Vénézuéliens, c’est franchement inquiétant. Le risque de rester coincés quelques jours à la frontière est peut-être minime, mais existe.
Il y a deux autres points de passage de Colombie en Equateur. Par la côte Pacifique : très déconseillé pour des raisons sécuritaires. Ou par San Miguel de l’autre côté des cordillères, dans le département Putumayo. Personne ne parle de foules de Vénézuéliens par là-bas, et personne n’en dit du mal. En fait, personne ne semble en dire beaucoup de choses !
En cherchant bien, on arrive à trouver des opinions plutôt que des informations. Voici un exemple de ce qu’on peut lire (j’ai mis en gras les mots qui accrochent):
andestransit.com/...ombia-ecuador-border
“Tulcán/Ipiales isn't your only option, but with these others that I will cover below, you need to be much more alert to your personal surroundings and be the type who doesn't mind risking a bit more danger. You may be more scrutinized by border control officials, but in exchange, you will take the road less traveled and gain some really cool adventure.”
Traduction : “Tulcán / Ipiales n'est pas votre seule option, mais avec ces autres que je vais couvrir ci-dessous, vous devez être beaucoup plus attentif à votre environnement personnel et être du genre à ne pas craindre de risquer un peu plus de danger. Vous serez peut-être plus scruté par les agents de contrôle aux frontières, mais en échange, vous emprunterez la route la moins fréquentée et gagnerez une aventure vraiment cool. »
Ces mots me rappellent la chanson Camarillo Brillo de Frank Zappa sur son album Over-Nite Sensation (1973) :
“Well, I was born To have adventure” = “Bon, les aventures, je suis né pour ça ».
Alors, la décision est prise, nous allons faire un détour vers l’est et passer par San Miguel. Et en route, nous en profiterons pour visiter San Agustín.
Ce n’est pas une décision prise à la légère. Ce n’est pas tellement une question de kilométrage : Popayán – Quito par la voie directe (Ipiales), c’est 600 kms par San Miguel, ça nous fera dans les 800 kms. Mais plutôt, c'est qu'il faudra traverser 3 cordillères andines.
Un peu de géographie sera peut-être bienvenu pour certains (et parfaitement rasoir pour d’autres, je sais, je sais....). Notons pour commencer que la Colombie est essentiellement traversée du nord au sud par 3 cordillères montagneuses principales (les lignes jaunes épaisses sur la carte ci-jointe). Allant d’ouest en est, ce sont les cordillères occidentale, centrale et orientale. Ces cordillères découpent la Colombie en ses domaines hydrographiques principaux : d’ouest en est, ce sont la côte Pacifique, la vallée de la Cauca, la vallée de la Magdalena, et enfin le bassin de l’Orénoque (au nord) et celui de l’ Amazone (au sud). J’ai indiqué les deux rivières principales du pays, la Cauca et la Magdalena en tiretés bleus. Il y a des chaînes montagneuses secondaires qui s’embranchent sur ce schéma de départ (lignes jaunes plus minces).
La route principale pour Quito ( Cali – Popayán – Pasto – Ipiales – Ibarra – Quito) passe entre les cordillères occidentale et centrale. La croix verte sur cette route représente le passage de frontière.
C’est entre Popayán et la frontière que la cordillère orientale se détache de la cordillère centrale, et le détour que nous allons faire consiste à passer ces deux cordillères. Puis une fois en Equateur, il faudra repasser la cordillère orientale, d’est en ouest cette fois, pour remonter vers Quito.
Puisque j’y suis, j’attire l’attention des lecteurs particulièrement chevronnés au fait que la délimitation entre les bassins de l’Orénoque et de l’ Amazone n’est pas due à un accident topographique aussi "violent" que les cordillères Andines. Ça saute aux yeux sur la carte (pas de gros « bourrelet » brunâtre montagneux de ce côté-là). Sait-on qu’initialement, il y a très, très longtemps (vers la fin du Crétacé), l’ Amazone n’existait pas et que toutes ces rivières à l’est des Andes faisaient partie d’un seul bassin, celui de l’Orénoque ? L’accentuation de la tectonique Andine au Tertiaire a causé des basculements topographiques qui ont fini par séparer les deux systèmes.
D’accord, d’accord, j’exagère ! Je vous le promets, moins de géographie et plus d’aventure dans les pages prochaines ! Image attachée: | | | À: GeorgesOZ · 31 août 2020 à 18:41 Re: Cinq semaines en bus en Colombie Message 180 de 194 · Page 9 de 10 · 607 affichages · Partager pour moi pas de probleme j adore la géographie et ta façon de nous faire partager ton voyage j attends avec impatience la prochaine étape san agustin | Carnets similaires sur la Colombie: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 22 734 visiteurs en ligne depuis une heure! |