-- Bonjour Aquilegia
tu n’a pas tort
l’apprentissage de la langue anglaise dès le plus jeune âge en Scandinavie et certainement pour beaucoup dans l’efficacité dont font preuve les Scandinaves dans l’usage de la langue. Personne ne peut le nier
mais je pense que ceci n’est pas en contradiction avec une prédisposition naturelle héritée du champ fréquentiel du langage des parents
d’abord.... pourquoi j’ai depuis longtemps été sensibilisé à cette question des fréquences
autour de la quarantaine un jour je faisais à
Denver une intervention orale devant un groupe de collègues, américains et français... soudain alors que je commentais une carte géologique tout ce monde se met à sourire ou à rire, me laissant interloqué ??
y’avait rien de drôle là dedans !
aurais-je été été victime d’une
mispronounciation équivoque... ?
genre : ‘’
have a close look at sheet number 2’’
ou : "
I want you to focus hard on this area’’.
Il m’a fallu plusieurs secondes pour comprendre... la montre Seiko qui m’avait coûté quelques 200 dollars une semaine plus tôt et dont je comptais me servir pour doubler le réveil automatique des hôtels (j’étais plutôt
belt and suspenders en déplacements professionnels) s’était mise à sonner ou plutôt à siffler et je n’entendais plus sa fréquence
dans le contexte d’un salle de réunion..
l’oto-rhino me fait un audiogramme et là.... me regarde, interrogatif...
vous avez un
vrai problème au dessus de 4000 hertz !
On en trouve la source...je me souviens que quelques mois auparavant, me trouvant sous une tente en nettoyant ma
Winchester que, Dieu soit loué je tenais de la bonne manière, canon bien vertical, pointé vers le haut, et en éjectant une à une les munitions du magasin tubulaire la dernière cartouche que je croyais éjectée avait percuté...................
dans un milieu confiné comme celui de la petite tente l’onde sonore avait été terrible (heureusement que c’était la
Winchester et pas la Marlin!!) cette maladresse, cette connerie, m’avait donc coûté plus de 20 ans de vieillissement prématuré de l’oreille
j’en reviens au sujet...
Le don des langues, c’est d’abord celui de les entendre. La voix ne peut reproduire que ce que l’oreille entend
.
Quand on regarde la
speech banana anglophone
qui est notamment utilisée pour suivre les enfants
on voit de suite que le point critique pour les anglophones eux-mêmes c’est le son à deux lettres (diagraph)
th autour de 5000 à 6000 hertz. Ensuite viennent les
fet le
s un peu plus bas
ce qui fait que les seniors anglophones ou les personnes, jeunes ou âgées, qui comme moi ont été victimes d’un traumatisme sonore peuvent avoir des difficultés à isoler et percevoir dans une conversation des mots tels que :
first, fast, nice, bath, things, thirsty, past, months, eighth, mouth etc....
c’est la raison pour laquelle les professionnels anglophones de l’audition donnent parmi les paramètres permettant de repérer une déficience justifiant consultation médicale :
‘’
when you have trouble telling high-pitched sounds (such as "s" or "th") from one another’’.
pour les francophones la banane de la parole est un peu différente
il n’y a pas de
th mais les fréquence les plus élevées sont aussi autour de celles du
z et du
s comme dans un classique français (
Jean Racine
):
‘’
pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes’’
mais les uns comme les autres, anglophones, francophones, jeunes ou vieux, à la suite d’un traumatisme sonore (musique trop forte en walkman ou en discothèque, accident industriel, coup de feu près de l’oreille etc...) peuvent souffrir de l’encoche des aigus (
high frequency notch) généralement à partir de 4000 hertz
et en anglophonie une perte de fréquences modéré peut se traduire par l’exclusion de
th de la
speech banana
ce qui peut évidemment lourdement pénaliser un non anglophone apprenant la langue alors qu’un anglophone pourra reproduire le son qu’il n’entend plus guère mais qu’il a mémorisé AVANT de perdre les 4000/ 5000 hertz
EF Education First
une entreprise spécialisée d’origine suédoise publie depuis quelques années, six ou sept ans seulement, un :
Indice de compétence en anglais EF - EF Education First
qui est un simple constat, un indice de
résultats et pas de moyens ni
d’aptitude (ici 2017)
quant aux raisons de ‘’ supériorité’’ des Scandinaves et Hollandais le cas de la
Belgique est plutôt intéressant à regarder (ici année 2016, peu différente)
si les Belges sont 11ème ou 12ème selon l’année c’est grâce aux Flamands qui remontent la moyenne : les francophones pris séparément seraient juste derrière les Français (autour de 30) et les Flamands pris séparément seraient juste derrière les Scandinaves (autour de 5)
heureusement pour nous:

Les Belges francophones plus mauvais en anglais que les Français
Extrait d’un autre article :
«Ces chiffres reflètent assez bien la réalité» dit Alain Braun, professeur en sciences de l’éducation à l’université de Mons, spécialisé dans la didactique des langues.
Pour lui, ce n’est pas anormal de voir les pays nordiques en tête de classement: ‘’
Qu’on soit Norvégien, Suédois ou Finlandais, on ne peut pas voyager bien loin avec la seule langue nationale. Donc, l’étude d’une 1re langue étrangère s’impose assez vite. Et comme la plupart de ces pays ne sont pas multilingues, c’est l’anglais qu’ils choisissent’’
Le problème wallon
Les Wallons sont plus bas que les Flamands dans le test. Peut-on dire qu’ils sont défavorisés parce qu’ils parlent une langue romane?
‘’
la langue A, que l’on appelait autrefois langue maternelle, peut influencer l’apprentissage des langues étrangère’’ confirme le professeur Braun.
‘’
Par exemple, les langues scandinaves ont des fréquences qui vont des plus basses aux plus hautes. Donc, un Scandinave peut percevoir tous les phonèmes, tandis qu’un francophone a des trous dans l’échelle des fréquences.’’
Il ajoute que ‘’
les Slaves et les Scandinaves sont souvent décrits comme étant favorisés pour l’apprentissage des langues, grâce à leur oreille qui est entraînée dès leur plus jeune âge à percevoir toutes les fréquences’’.
Note : c’est aussi le cas pour les Hollandais dont la plage est quasiment aussi recouvrante que celle des Russes
La différence en Flandres se situe également au niveau de leur méthode d’apprentissage. ’’
Ils axent leur apprentissage sur la capacité à communiquer. Chez nous, certaines écoles ont un apprentissage plus livresque des langues, comme c’était encore le cas il y a 20 ans.’’
Conclusions :
champ fréquentiel étendu + apprentissage précoce+ méthodes modernes =
easy english ou
english easily
et pour terminer sur une note d’humour à propos de
easy/easily...
adjective or adverb ?
j’aime bien aussi ce dessin :