If I may put in my two cents worth on this issue....
quitte à répéter parfois ce qui a déjà été dit....
je m’en excuse
Pour la plupart d’entre nous en tant que visiteur (touriste ou professionnel) l’essentiel est évidemment de se faire bien comprendre et d’être bien compris et çà demande déjà beaucoup.
Arrive un temps oû vient le besoin d’une plus grande aisance socialement et /ou professionnellement et oû s’exprimer en mettant son fort accent français de côté devient un objectif sans que cet objectif touche en quoi que ce soit à sa propre identité culturelle
Les questions relatives à l’accent peuvent d’ailleurs aussi se poser à l’intérieur d’un langage commun. En
France on en parle encore de temps en temps. Aux
Etats Unis dans le monde du cinéma la maîtrise d’un accent américain peut constituer un obstacle pour des Australiens, des Nouveaux Zélandais, certains Britanniques ou Irlandais etc.... Des personnes comme Meryl Streep qui jouent, ou plutôt qui travaillent, avec des accents différents dans leur langue maternelle font appel à des coach(s) ce qui n’est évidemment pas à portée de nous tous
Par contre est à la portée de tous la conversation téléphonique internet (skype....) qu’utilise Aquilegia pour améliorer sa conversation en espagnol en offrant à son correspondant l’opportunité d’améliorer la sienne en américain. C’ est probablement ce qui se rapproche le plus du coaching
Dans ma jeunesse scolaire et même étudiante nous n’avions au quotidien que la BBC sur ondes courtes (que l’on captait avec un récepteur à vernier), des films en VO au ciné-club, rarement à la TV et le magnétophone portable pour enregistrer les dits films et les ré-écouter !
Comme toi à l’écrit je me débrouillais plutôt bien, j’étais capable, une fois arrivé en
Amérique du Nord anglophone avec l’aide de dictionnaires de rédiger des memos ou des rapports simples mais corrects..mais en réunion pilotée par des anglophones j’aurais parfois bien voulu que mon accent français se fasse un peu plus discret... ! Et en colloque scientifique j’aurais bien voulu tout saisir des propos du conférencier sans passer pour un
keskydee (voir plus bas) !
Ce qui fait que lors de mon premier poste au
Nouveau Mexique le consultant américain avec qui je venais de faire connaissance me dit en lisant mon memo et avec le sourire :
‘’
vous les Français vous connaissez les paroles mais pas la musique !’’
car en effet, comme plusieurs l’on dit, l’accent tonique et le rythme sont essentiels. Un francophone peut prononcer correctement et séparément chacune des syllabes d’un mot mais s’il ne l’accentue pas au bon endroit dans la phrase il risque d’avoir a répéter plusieurs fois
....
j’ai encore le souvenir de plusieurs discussions, notamment d’une dans laquelle je m’obstinais à vouloir parler de la
Floride et mon interlocuteur à refuser ma version hispanisante du mot..... prononcé à l’espagnol ‘’
florida’’ il m’a fallu répéter au moins trois fois avant qu’il dise
‘’ aah ! You mean florida ‘’
à l’époque je ne savais même pas ce qu’était la prosodie.. maintenant on s’y intéresse de plus en plus. Des enseignants utilisent de la musique, des chanson pour inculquer le rythme de la langue.
Travailler la prosodie de la langue à l'aide d'une chanson
On même rapporté le cas d’une enseignante qui se sert de son piano pour enseigner la prosodie anglaise
quoiqu’il en soit je vais y aller moi aussi de mon petit conseil : la phrase dont tu veux retenir l’intonation... non seulement tu la répètes à voix haute et
bis repetita... mais tu te la chantonnes sur un air qui te plaît en n’ayant pas peur d’exagérer les intonations
une petite digression.....
nous, Français, ne sommes pas collectivement très doués pour les langues et en particulier pour l’anglais
Même le général de Gaulle qui avait cependant passé plusieurs années à
Londres n’était pas vraiment parvenu à maîtriser l’accent tonique à défaut de l’accent tout court
Après lui il a fallu attendre notre actuel Président pour écouter un Chef de l’État qui ne ramène pas les Anciens aux toutes premières années d’anglais scolaire !
Ce peu d’appétence pour la langue anglaise...... çà n’est pas d’aujourd’hui qu’on en parle.......déjà lors des premières grosses arrivées de Français dans l’Amérique anglophone, c’est à dire par milliers du temps de la ruée vers l’or de
Californie (1848-1858) les observateurs américains ou français avaient noté le trait. Certains l’attribuaient au fait que les Français n’avaient, pour la plupart, qu’une idée en tête : vite faire fortune en creusant le sol et le sous-sol et vite rentrer au Pays de la Douce
France dont ils se languissaient
Quelle qu’en fut la raison voici, un exemple parmi d’autres, ce que Charles de Saint-Amant missionné d’abord par la République puis par Napoléon III écrivait à ce sujet vers 1852:
‘’
dût l’étude des langues mortes en souffrir dans notre éducation publique’’ il n’a pas du se faire que des amis en un temps oû
faire ses humanités
était un passage obligé dans un sens... qu’il n’a plus
Et en effet dans les rencontres entre chercheurs d’or ou mineurs, français et américains sous une tente, dans une taverne.... autour d’une table ou ailleurs pour régler les contentieux qui ne manquaient pas de surgir on entendait souvent des chercheurs d’or français se tourner vers leur voisin en disant ‘’
qu’est-ce qu’il disent ?’’
de sorte que les Américains de
Californie ont rapidement baptisé les Français du nom de ‘’
keskydees’’’
terme qui est passé dans l’histoire, de sorte qu’on a pu organiser il y a quelques années de çà une exposition à
La Rochelle sur le thème
Des Keskydees... quel expatrié français des décennies passées n’en a pas connu au moins un. Le mien était basé au Siège parisien, sa position l’amenait à faire, une fois l’an, une visite à l’une des représentations du Groupe réparties littéralement aux quatre coins des
Etats Unis. Lors des réunions il prenait soin de s’asseoir à côté d’un participant français, vers qui il se tournait souvent en lui murmurant comme les Anciens de 1849 ‘’
qu’est ce qu’il dit’’. Comme par ailleurs il maniait un certain terme de trois lettres commençant par c.. avec une grande libéralité on aurait pu le surnommer ‘
’ Keskydee SKONLA’’
Il prenait des cours particuliers au Siège parisien mais n’était pas vraiment doué pour la langue.
Chaque année il visitait ainsi un bureau au travers des
Etats Unis, du
Washington au
Texas, du
Michigan aux Appalaches du Sud
Un jour qu’un jeune collègue lui demandait dans un bureau régional ‘’
alors Monsieur comment va l’anglais ‘’
il répondit :
‘’
ne m’en parlez pas... je crois que je vais laisser tomber. Ces c... ils changent d’accent toutes les années !‘’