Le changement, c'est maintenant ?
Je ne sais pas duquel vous parlez mais si c'est celui de région à l'intérieur du
Monténégro, oui !
Aujourd'hui, nous partons en effet pour Žabljak, village touristique des Alpes Dinariques situé à proximité du
parc de Durmitor.
Nous devrions y retrouver une certaine fraîcheur (altitude 1465 mètres), fraîcheur bienvenue après ces derniers jours plutôt caniculaires.
On n'a rien oublié dans le cabanon ?
C'est parti.
160 kilomètres nous séparent de notre but par l'itinéraire le plus rapide.
Mais c'est sans compter le léger détour prévu pour visiter le
Monastère d'Ostrog !
D'ailleurs, n'est-il pas maintenant l'heure de quitter la grande route ?
Des pancartes signalent bientôt le monastère puis le chemin menant au parking.
Ça grimpe sec à flanc de montagne, heureusement que nous ne devons pas y aller à pied !
Mais pourquoi y-a-t-il donc tant de piétons ? Pourquoi certains marchent-ils même en chaussettes ???
Le parking supérieur serait-il complet ?
Tous auraient chaussé des escarpins qui leur donnent des ampoules ???
Nous arrivons enfin au niveau du parking, il y a largement de la place pour se garer.
Un sentier mène alors au monastère situé à un bon quart d'heure de là.
Mais c'est quoi cette foule ???
Le sur-tourisme aurait-il aussi frappé par ici ?
Sont bizarres quand même ces touristes...
De nombreuses femmes portent un voile, tous sont légèrement endimanchés.
Le parvis est jonché de matelas sur lesquels s'étalent hommes, femmes et enfants qui semblent avoir passé la nuit ici.
Certains donnent des cadeaux aux moines, d'autres filent à la boutique de bondieuseries.
N'y aurait-il pas un pèlerinage ?
Ce n'est pourtant pas la saint Basile, le saint patron des lieux, fête qui draine des dizaines de milliers de croyants sur son tombeau, fête que j'ai bien pris soin d'éviter.
Non, mais c'est la saint Irénée et il semble aussi avoir la côte chez les orthodoxes du secteur...
Bon, on fait quoi ?
La queue pour entrer dans l'église ou on rebrousse chemin ?
Il est à peine onze heures, nous avons un peu de temps à perdre !
Glissons nous parmi les pratiquants !
Mon conjoint enfile son pantalon, je réajuste mon chemisier, nous prenons place dans la file.
Des parasols ont été soigneusement disposés protégeant les pèlerins et autres visiteurs.
Heureusement car ça cogne dur.
10 minutes passent puis 20.
Notre progression est lente, d'autant plus que certains semblent posséder des passe-droits...
Les bébés, les femmes enceintes, les enfants qui savent à peine marcher et les handicapés, je veux bien mais ces jeunes assez bourgeois, je ne vois pas !
Une offrande conséquente assurerait-elle un accès plus rapide au paradis ?
Nous passons maintenant sous un porche. Les dévotions commencent.
Le Covid a dû faire des ravages par ici, tous embrassent pierres, croix, icônes aux mêmes endroits...
Beurk !
Nous longeons alors le bâtiment jusqu'à une minuscule chapelle troglodyte.
Il nous a fallu une heure pour parvenir jusque là mais ça valait le coup !
Non seulement pour les fresques (photos interdites) mais aussi pour l'ambiance !
Tout du long de la visite, le spectacle s'avérera autant sur les murs que dans les manifestations de foi.
La vue n'est pas mal non plus...
Nous esquiverons cependant tous les nids à microbes, toutes les bénédictions de prêtres, faut pas trop m'en demander !