Pont-des charettes, (lieu inoubliable d'une enfance pieds nues dans le jardin)
J'avais quatre ou cinq ans peut être quand je découvris le plus bel endroit au monde : un endroit à nul autre pareil.
J'entrai la première fois dans ce lieu onirique par un passage secret, jalousement gardé par les herbes folles et les buissons.A vrai dire, seul un mince filet de lumière s'échappait de l'antre...Je m'y faufilais sans trop de difficultés ayant la taille d'un farfadet à cette époque.Une fois ce petit obstacle franchi, un monde de féerie, fleurant le bonheur, s'ouvrait à moi.
J'arrivais sur un terrain aménagé pour la pétanque, et oh! quelle joie, dans le prolongement de ce petit boulodrome, une balançoire était là,.. qui m'attendait près d'un vieux chêne.
Je continuai donc mon excursion allant de ravissements en ravissements, et optais pour une petite allée, dallée.
Celle-ci aboutissait à une terrasse ombragée, attenante à une agréable bâtisse en pierre, que le lierre enlaçait avec passion.Par terre, des petits points lumineux dansaient avec les fourmis; il s'agissait des rayons du soleil qui perçaient les feuilles de figuier de la tonnelle.
Un peu plus loin sur la gauche, il y avait un jardin de liliputiens, dont l'entrée était marquée par un arc en fer forgé.A l'ouest, entremêlés avec les ronces se trouvaient les framboisiers, et à l'est, une dizaine d'arbrisseaux abritaient de minuscules boules rouges-pareilles au décoration de noêl- : des groseilles.
Au milieu,.. des dalles, disposées en une ligne sinueuse, s'acheminaient vers un joli bassin, qui servait d'abreuvoir à tous les insectes du verger.
Vers le nord, on s'engouffrait dans des pins et des oliviers, qui préservaient du regard des intrus :
le potager.
Un potager, où les tomates rougissantes fleurtaient avec la salade ; où les pommes de terre discutaient avec les radis, et où les haricots, les poireaux, les fraises et les abricots rivalisaient d'astuces pour attirer le jet d'eau bienfaiteur du jardinier.
Je le revois encore : sa silhouette dessinée par le soleil, son chapeau enfoncé sur la tête, le dos courbé, prodiguant amour et soin à ses fruits et légumes....Et lorsque venait l'heure du goûter, une voix chantante et rieuse nous appelait. Nous nous hâtions, sachant qu'une tarte à la rhubarbe, un clafoutis aux cerises ainsi qu'une orangeade nous attendaient.
Nous parcourions le potager latéralement pour ne pas manquer les coquelicots, pâquerettes, et coccinnelles qui peuplaient le champ. Nous traversions ensuite l'allée des cerisiers, où les perles écarlates faisaient le bonheur des piafs ; puis nous contemplions le figuier majestueux, alourdis par ses fruits mûrs, et enfin arrivions à l'angle de la maison où les lilas blancs et mauves parfumaient d'une odeur estivale la bâtisse et l'embellissai de couleurs pastels.
Cet endroit merveilleux,... était le jardin de mes voisins... (à toi Louis)
Et pourtant maintenant, ayant grandit cet endroit, intacte dans ma mémoire....à subit le offenses du temps et la vie s'en échappe....gardons nos ptits coins de l'enfance dans le coeur!...