Escalante, Zebra Slot, les « jours moins » s'enchaînent...
La version avec photos et cartes se trouve ici:
www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst...
J14 – 27 mai
Au Circle D (très bien, dans la partie rénovée), à Escalante, qui voit-on ?... Matthieu ! Il a réussi à déplacer son vol en payant un supplément, et ne nous a rien dit pour nous faire la surprise ! :-) Nous sommes contents de le retrouver après sept années, c'était en 2007, ici même, à Escalante, chez Katherine Barbey (Rainbow Country B&B). On l'avait mis en garde contre les charges d'ours, car lui et sa compagne allaient camper à
Grand Teton. Et puis plus tard on avait su qu'il s'était fait charger par une femelle grizzly en courant à l'aube au bord du lac et avait failli sauter dedans! C'est un arbre, sur la berge, derrière lequel il s'était caché, qui l'en avait empêché...
En attendant Gérard et Françoise, que nous sommes heureux aussi de retrouver (mais que nous voyons régulièrement depuis des années, ici et là, à
Paris, en province et ailleurs, par exemple à Ushuaia où nous avions passé la semaine de Noël 2010) et qui en fait sont déjà là, mais dans la partie réservée aux camping-cars, Matthieu nous charge à partir de son PC (nous, nous avons un Mac) une flopée de tracés, d'itinéraires et de waypoints, tant nord-américains que sud-américains, sur notre GPS Garmin.
Le soir, nous nous retrouvons tous les cinq au restaurant du Circle D, autour d'une bonne bouteille de vin. Je mange un délicieux hamburger, sans doute le premier depuis que nous venons aux
Etats-Unis, c'est-à-dire depuis quinze ans.
J15 – 28 mai
Départ à 8 h 30 pour Zebra Slot, bien que Gérard craigne qu’il ne soit inondé. Le chemin pour y arriver, d'environ 3,5 km, est très joli, agréable et facile.
Il passe en partie dans un wash qui est un véritable catalogue de traces d'animaux.
Malheureusement, les craintes de Gérard étaient fondées, le canyon est inondé, l'eau est très vite profonde, on s'en aperçoit car un jeune Américain nous a devancés et progresse dans le canyon.
Lorsqu’il ressort, à deux mètres de nous, il a de l'eau jusqu'à la taille. Il récupère son sac à dos et grimpe sur le grès pour se faire sécher, comme un cormoran. ;-)
Encore une fois nous repartons sans avoir pu faire ce que nous avions décidé... Mais la balade était belle.
Demain, pour aller sur la Burr Trail Road avec Gérard et Françoise – mais sans Matthieu qui cette fois va prendre son avion à
Las Vegas pour le
Pérou et une nouvelle année de crapahutage en
Amérique du Sud –, espérons qu'il fera meilleur...
Burr Trail Rd, Notom-Bullfrog Rd, The Tanks
J16 – 29 mai
Temps gris de gris ce matin encore... On a rendez-vous avec Françoise et Gérard à 8 h 30 à
Boulder pour aller sur la Burr Trail Road puis la Notom-Bullfrog et rejoindre Torrey.
Un éclair de lumière passe à travers les dents de ce nuage en peigne mais ne réussit pas à raviver le paysage habituellement si beau de la Route 24.
Nous précédons l’Iveco de Gérard, la piste défile, mais la lumière reste terne et triste et n’incite que rarement à s’arrêter.
On devait passer par Strike Valley Overlook, or emportés par notre élan nous nous sommes réveillés 40 km plus loin, et Françoise et Gérard, derrière nous, n'ont rien vu non plus.
Heureusement, malgré les pluies, la piste est bien roulante, comme la Notom-Bullfrog que nous avons maintenant rejointe.
Une fois sur la Route 24, nous partons pour Torrey chercher un hébergement (ce sera le Chuckwagoon Motel, très bien, où nous n’avons encore jamais été) tandis que Françoise et Gérard iront s'installer au camping.
Nous nous donnons rendez-vous à 14 heures, pour aller sur la Scenic Drive (notre dernier passage sur cette route remonte à près de quinze ans).
Nous nous garons au bout sur le petit parking puis partons pour The Tanks, dans le canyon.
Un sentier escalade la roche et mène au-dessus de deux trous séparés par une arche. L'érosion, en creusant le grès, y a ménagé deux petites piscines, en cette saison remplies d'eau de pluie. Elles sont difficiles à photographier car il faut s’avancer sur le grès très pentu et ne pas avoir peur de prendre éventuellement un bain.
Je reste donc prudemment sur le plat...
En fin de journée, alors que nous prenons l'apéritif au camping du visitor center avec Françoise & Gérard, ils aperçoivent un Américain en scooter qu'ils croisent ici et là sur leur parcours. Walter, longue barbe blanche, petit foulard sur la tête et petit chien dans les bras. Il en a deux, paraît-il.
Il vient s'asseoir et commence à parler. Puis la conversation, le monologue plutôt, dévie sur Obama, et sur Reagan, le Seul, l'Unique. Je lui demande pourquoi il préfère l'un à l'autre et il répond qu'Obama est musulman et qu'il n'aime pas les musulmans, qu'il n'est pas né aux
Etats-Unis et qu'il ferait mieux d'être président au
Maroc (??), qu'il n'a rien à faire ici.
Puis il passe aux armes, il a trois « guns » (moi : Pourquoi ? Réponse : Because there are bad people), dont un sur lui, et il nous montre la poche arrière de son jean où on devine la forme du revolver... Hum... En tout cas, cette histoire d'armes a l'air de l'obséder, puisque, d'après Gérard, il en parle à chaque fois qu'ils se retrouvent.
Ensuite, tirade sur ce qu'on apprend à l'école concernant la version officielle de la guerre de Sécession : la suppression de l'esclavage pour les Etats du Nord et son maintien pour les Etats du Sud. « Or c'était une lutte pour la liberté », c'est-à-dire « une lutte des Etats sudistes contre l'imposition d'un Etat centralisateur ». Bref, bel exemple de l'extrême droite américaine.
Après cette envolée, l'atmosphère s'est soudain considérablement rafraîchie et il l'a immédiatement senti. Il nous a donc quittés, très aimablement, mais est revenu environ un quart d'heure plus tard avec son second petit chien offrir à Gérard, son « brother », une bouteille de rhum du
Nicaragua, « le meilleur qu'on puisse trouver »...
(Suite à venir...)