J'ai lu avec grande attention cet article sur la longueur des fleuves.. elle m'a procuré diverses réflexions :
- "parfois, les idées les plus ancrées doivent être revues car elles peuvent tout simplement être fausses”.. oh ! combien cette phrase pourrait être répétée ! et retenue.
Tentons une application immédiate, car sur le cours chahuté et dérapant de nos vies l'érosion des certitudes ne devrait pas s'arrêter de sitôt :
- 95 % des sédiments déversés par le fleuve sud-américain dans l’océan Atlantique proviennent des Andes péruviennes : il eut été surprenant que ces sédiments fusent issus d'
Alaska ! ou comment persuader son auditoire que la sphère est ronde.
- à l'aide d’un programme informatique, ils ont calculé leur longueur de la source jusqu’à l’embouchure : ah bon ? pas à l'aide d'un mètre à ruban ? et quel est donc ce programme informatique génial ? on ne le saura pas. Sans doute celui qui consiste à utiliser l'échelle et à la multiplier par la longueur mesurée sur la carte (règle de trois) ! formidable.. en revanche, on ne nous dira pas non plus si on a pris la berge gauche, la droite, ou le milieu équidistant des deux rives.. dommage. Mais il s'agit d'un programme informatique, alors.. respect ! (c'est de la Science, de la Wiki-science)
- l'Amazone a pour source la rivière Apurimac : je l'apprends, merci. Mais parmi trois affluents, lequel choisir, le plus gros (débit) ? le plus long ? celui dont le tracé est le plus en axe avec le segment aval ? on aimerait en apprendre plus sur la méthodologie. Idem pour la branche mère du Nil, la rivière Kagera (merci de l'information).
- la “Feuille de
São Paulo” a fait, au début des années 1980, une cure de jouvence ayant pour maîtres mots : objectivité, modernité, ouverture : on observera que l'état social et économique du
Brésil contemporain en est la preuve vivante. Pangloss disait, je crois me souvenir, "tout va au mieux dans le meilleur des mondes".
Concluons : si la culture, avec ou sans majuscule, est un des piliers de la qualité de la vie, il convient de la mesurer à l'aune de ce qu'elle nous apprend vraiment. Enfoncer des portes largement ouvertes est une chose, instruire réellement et adroitement en est une autre : quels sont la pente, le débit, leur saisonnalité comparés de ces deux fleuves, Amazone et Nil ? comment leurs alluvions sont-ils déposés et à quoi les utilise t'on (irrigation comparée, détournement du cours), quels obstacles rencontrés sur la route, sinuosités ou pas ? autant d'éléments qui permettraient de se sentir plus instruits.
- "Mesurer la longueur" provient d'un esprit souvent très masculin, alors que la forme, l'ondulation, la rigidité, l'élasticité et la nervosité de la chose, sont le fruit d'observations plus fines et émanant par bonheur d'esprits plus féminins.. aux neurones mieux imbriqués.
INONDATION. L'Amazone pourrait connaître sa plus grande crue depuis cinquante ans : dans ce petit encart placé sous l'article, en peu de mots, on nous en dit bien plus sur notre monde qu'on pourrait le faire en mesurant toutes les choses, horizontalement ou verticalement : entre sécheresses et inondations, notre monde pourrait bientôt nous être adverse et hostile..
Je suis désolé par avance si mon texte vous a paru trop "long", sans doute pourrez-vous y trouver matière à réflexion.. pensons pour terminer que l'eau de l'embouchure doit bien s'évaporer et aboutir quelque part un peu plus tard. Alors, la longueur serait-elle infinie ? et le cycle des répétitions accéléré !
Nous laisserons-nous porter par le courant, de plus en plus rapide, de la surface des flots ?
Puisse le concours de ce mois nous apporter une rivière de perles !