Bonjour et merci pour ce retour d'expérience fort intéressant.
Pour notre part, nous avons voyagé 1 an à vélo avec nos 3 filles qui avaient au moment du départ 5 ans (grande section de maternelle), 7 ans (CE1) et 9 ans (CM1). Avant le départ, nous nous étions renseignés auprès du CNED mais que nous avons très vite écarté du fait du poids des manuels scolaires et des contraintes d’un tel système notamment vis-à-vis des connections internet qui sont parfois très lentes (en
Bolivie, dans les coins très reculés, nous ne pouvions même pas ouvrir noter boîte mail). Nous avons donc décidé de faire l’école nous-mêmes.
Pour le niveau CM1, les versions numériques ont bien fonctionné.
Pour le niveau CE1, c’était plus compliqué (d’autant plus que nous devions partager l’écran en deux avec un côté pour le CM1 et l’autre pour le CE1), en particulier pour le français car c’est le moment où les enfants se mettent à plus écrire et lire. Nous avons donc demandé à ce qu’on nous fasse envoyer le manuel de français. Cela a beaucoup facilité le travail. Cependant, nous aurions dû aussi emporter le manuel complémentaire « Mes outils pour écrire » dans la même collection pour avoir plus d’exemples et d’exercices pour chaque notion.
Pour le niveau grande section de maternelle (matériel élaboré et plastifié par la maitresse d’Olwéane – merci !) : résumé des apprentissages en Français et Maths, lettres découpées et en frise dans les trois écritures (capitale, scripte, cursive), lettres et prénom en cursif avec le sens d’écriture, frise des sons des lettres, frise numérique jusqu’à 22, tangrams et modèles. Nous sommes assez vite venus à bout de notre imagination... ce qui a commencé à ennuyer Olwéane. Nous avons demandé aux personnes qui nous ont rendu visite de nous apporter des cahiers de vacances (MS-GS et GS-CP), ce qui a rendu les apprentissages beaucoup plus ludiques.
Au Pérou, au début du voyage, nous avons commencé en faisant une heure d’école après la pause de midi. Cela avait l’avantage de faire une grande pause lorsque le soleil tapait le plus fort et de nous « libérer » le soir alors que la nuit tombait très vite. Cependant, après un ou deux mois, nous nous sommes mis à faire l’école après le vélo en fin d’après-midi. C’est sûr que ce n’est pas l’idéal pour apprendre, mais notre installation était plus facile (nous pouvions la faire dans la tente en cas de vent, de froid etc.) et nous essayions d’arriver plus tôt au campement. Nous avions l’idée de faire l’heure d’école tous les jours, en réalité, nous l’avons faite environ 2 jours sur 3. C’est sans compter les longues pauses où nous ne faisions pas école.
Comment s’est passé ce temps d’école ? Comme pour beaucoup de chose, nous avons établi un savant roulement entre les parents et les enfants. Pascal enseignait les maths et Gwenaël le français. Après l’enthousiasme créé par la nouveauté de faire l’école avec les parents, nous avons réalisé que nous allions souvent trop vite. Cela créait parfois des tensions et des refus des enfants de se mettre au travail. Quand nous avons compris que ce refus n’était pas une opposition nette à l’école mais un appel du pied sur les complexités de l’apprentissage, nous avons mieux adapté la progression en fonction de chaque enfant et cherché différentes méthodes d’apprentissage. Au final, les enfants ont parcouru quasiment tout le programme. Le temps d’école a aussi été l’occasion d’écrire sur les carnets de voyage, d’inventer des histoires, de faire des BD et d’écrire des poèmes. Nous avons beaucoup apprécié ce temps plutôt calme de relation privilégiée avec les enfants. Pour se défouler après une séance de travail, il nous arrivait souvent de nous lancer dans une partie de « guilis » après l’école.
Au bout de 6 mois de voyage, nous avons senti que les filles étaient prêtes pour aller à l'école. En
Argentine, dès que nous restions plus de 2 jours, les filles allaient parfois à l'école une matinée ou un après-midi très ponctuellement. Les débuts étaient durs mais très vite, elles se sont adaptées et y allaient avec plaisir. Elles comprennent et parlent bien espagnol maintenant.
Nous avons entretenu quelques relations avec les classes des enfants et d’autres classes dont des collégiens d’un IME en fonction des possibilités et des sollicitations : conversation avec l’application Whatsapp, envois de télégrammes numériques réalisés par une classe, échanges par mail sur le mode questions-réponses, envois de cartes postales de notre part. Les enfants et les parents ont beaucoup apprécié ces échanges qui nous permettaient de nous rendre compte des questions que se posaient les jeunes en
France. Au retour, nous avons présenté le voyage dans plusieurs classes, les filles dans leur classe respective. Elles ont été très actives pour faire les présentations.
Le retour en classe en France fin avril 2019 s’est fait sans problème. Les enfants ont une telle capacité à être dans le présent qu’elles ont repris le rythme en un rien de temps, toutes contentes de retrouver leurs copains. L’ambiance était aussi plus détendue en avril qu’en septembre, grâce aux nombreuses sorties et fêtes de fin d’année scolaire.
Tout notre retour d’expérience sur notre blog :
envourchonsnosvelos.wordpress.com/...ntissages-...
A bientôt et bons préparatifs pour celles et ceux qui sont en partance !
La famille Envourchons