A chaque fois que je me dis " laisse béton ce truc ça sert à rien, tout le monde s'en tape " il y a un qqun qui me tient à coeur qui vient me dire que ce n'est pas complètement vrai... alors...
Dimanche 21 juin - Jour 14 (suite)Je roule sur la route 24 à la vitesse limite de 65 miles, ce qui fait un bon 100 km/heure. Encore une surprise, globalement on roule réglementairement plus vite qu'en
France. D'un autre côté les routes sont plus larges et plus droites ! Autre différence notable, les conducteurs respectent un espace de sécurité plus grand et si on roule à la française, on donnera l'impression de coller à la voiture qui précède. Je traverse Hanksville et... je fais demi-tour, j'ai déjà vu des trucs bizarres mais des morceaux d'engins agricoles transformés en squelettes de dinosaures jamais ! Je serais curieux de voir à quoi ressemble le loustic qui a fait ces sculptures !!
Je continue la 24 et après le bled suivant, Caineville, je traverse une zone troublante de plusieurs kilomètres... D'immenses montagnes grises sans le moindre végétal, sans le moindre signe de vie à part des traces de roues de motos qui grimpent les parois abruptes puis semblent disparaître... Le ciel est gris, le paysage est gris... Drôle d'ambiance... Je n'aimerais pas tomber en panne dans le coin alors que le jour tombe... Ici, les films où un groupe de jeunes tombe en panne de voiture dans l'aire d'action d'une famille de psycho-killers-fin-de-race-dégénérés-amoureux des tronçonneuses prennent tout de suite plus de consistance !
Ne cherchez pas il n'y a quasiment pas de photos, je n'ai pas osé m'arrêter des fois qu'un de ces cinglés soit dans le coin !
Mais non, il n'y a tout simplement pas de photo parce qu'entre l'immensité et le ciel gris ça ne rend absolument rien !
Peu à peu les rochers reprennent des couleurs. Encore quelques virages et la végétation réapparaît. Après le panneau indiquant l'entrée dans
Capitol Reef National Park la route passe devant une belle cabane construite en pierres. C'était l'habitation de la famille Behunin, ils faisaient partie des premiers pionniers Mormons qui arrivèrent dans la région en 1882 et, dans cette petite cabane de quelques mètres carrés ils vivaient à 10 !
Quelques virages plus loin, une autre cabane, un peu plus grande et en bois cette fois : l'ancienne école de Fruita, le village Mormons où je ne devrais pas tarder à arriver. Cette salle de classe tout droit sortie de « La Petite Maison dans la Prairie » fut ouverte en 1896, accueillie jusqu'a 26 élève s et servie jusqu'en 1941 !
Je reprends la route et effectivement, j'arrive dans une véritable oasis de verdure où s'est établi une colonie de Mormons au XIXème siècle : Fruita. C'est saisissant comme le paysage a changé en quelques kilomètres, et si la phrase qui revient le plus souvent dans les récits de voyageurs qui passent par cet endroit est que ça ressemble à un bout de paradis c'est... parce que c'est le cas ! Sur une paroi rocheuse j'observe quelques pétroglyphes indiens promis à une disparition certaine au fur et à mesure que la paroi s'érode puis je m'arrête au Visitor Center pour prendre des docs sur le parc : il y a même une version Frenchie !
Je roule tranquillement vers la scenic road quand je passe devant une espèce de toute petite prairie où sont couchées, le plus naturellement du monde, à quelques mètres de la route, des biches !!!
Une fois sortit de cette oasis, les montagnes offrent une superbe palette de couleurs, cette scenic road mérite bien son nom, j'ai vu pas mal de rochers depuis le début du trip mais là c'est... éblouissant ! Au bout de la route, partent deux « unpaved roads ». L'une d'entre elles est fermée à cause des orages de la veille qui ont provoqué des flashs floods et l'ont endommagée. Je me dis qu'une fois de plus j'ai encore relativement de la chance car je peux parcourir la scenic road décapoté et sous le soleil alors qu'hier ça devait être le déluge.
Le reste de la Hwy 24 jusqu'à Torrey est un peu moins éblouissant puisqu'elle n'est « que » superbe ! Je passe au Panorama Point qui offre une belle vue sur les « Goosenecks » de la Sulphur Creek mais une fois encore, tout comme les autres goosenecks que j'ai vu, ça ne vaut pas le Horseshoe Bend de Page !
Dimanche 21 juin - Jour 14
A Torrey, j'ai reservé à l'
Austin ChuckWagon, le « General Store » qui remplit également le rôle d'épicerie générale, de boulangerie, de laverie, de restaurant... enfin qui fait tout quoi ! Après en avoir discuté sur VF j'ai booké pour 47$ la nuit une des anciennes chambres situées au-dessus de l'épicerie et une fois encore le forum a été de bon conseil car elle est très bien ! Je « visite » Torrey mais c'est vite fait, une petite ville tranquille de l'
ouest américain comme il y en a tant, deux rues principales « Main Street » et « Central Street » et pis.. c'est tout !
Vers 18h00 étant donné qu'on ne peut pas dire qu'il y ait un choix monstrueux côté resto, j'atterris tout naturellement au « fameux » Café Diablo. Comme toujours, je suis accueilli avec le sourire et une phrase sympathique, on me demande où je veux être placé (inside ou outside) et on me sert un grand verre d'eau... ou plus exactement un grand verre de glaçons avec un peu d'eau ! Je regarde la carte, la serveuse me prévient en riant : quoique je prenne, je serai surpris ! Et c'est vrai qu'il y a une recherche incontestable dans la présentation des plats et dans la façon de cuisiner, ce qui est d'autant plus surprenant qu'on est chez les cow-boys ! Je prends une salade « variée et de saison » puis un bon et joli plat, le tout accompagné de deux bonnes bières pression locale. A ce stade, je n'ai plus faim mais là où ils sont géniaux c'est qu'au lieu de me demander si je veux un dessert, ce à quoi j'aurais répondu « No, thank you » la demoiselle me PRESENTE les desserts : un grand plateau de pâtisseries maison. Et comme je suis un gourmand je ne résiste pas et je prends une part de gâteau... qui se révèlera excellent ! Ce n'était pas raisonnable mais c'était vachement bon !!
Je me sens obligé d'insister sur le fait que, comme ailleurs, la notion de service est bien présente, on a rempli mon verre d'eau – et de glaçons ! – dès que j'en ai bu, on m'a demandé si tout allait bien, si c'était bon, si je voulais autre chose et le tout avec le sourire. Quant aux plats, ils se sont enchaînés parfaitement, sans devoir attendre des heures entre chaque. Bien sûr, c'est peut être dû au fait que le personnel soit rémunéré uniquement par le pourboire qu'on laisse avec son addition mais c'est bien plaisant d'être traité comme un client et non comme un emmerdeur...
Par contre, ce resto hors normes est un peu cher puisque la moyenne de mes repas tourne à 34 $ alors que ce soir j'en ai eu pour 64 $. D'un autre côté j'en garde un bon souvenir et je crois que si je repasse un jour par ici... j'y retournerais !
Je file voir le sunset depuis le Panorama Point, mais si on gagne de superbes couleurs dues à la belle lumière, on hérite aussi de grandes zones d'ombre et il est bien difficile de sortir de belles photos, alors retour au ChuckWagon. Avant de rejoindre ma chambre je m'offre un truc auquel je suis devenu accro depuis que j'y ai goûté quelques jours auparavant : le « Frappucino Coffee » de Starbucks ! Ceux qui connaissent Torrey sont déjà en train de rigoler parce qu'il va se passer quelques siècles avant qu'il y ait un Starbucks, mais ce dont je vous parle est vendu en bouteille dans les frigos qu'on trouve partout aux US et... It's ssooooooooooooooooooo gooooooooooooooooooooood !!!