Mercredi 24 juin - Jour 17 (suite)Le trajet se fait à bonne allure et je récupère une heure pour cause de changement de Time Zone. L'arrivée sur
Vegas se fait facilement grâce au GPS. Sans cet accessoire si pratique, je n'ose imaginer l'enfer que ce doit être pour se repérer entre les différentes sorties, surtout quand on est seul dans la voiture. La circulation est chargée, il y a des travaux, je n'ai pas vraiment le temps de regarder le paysage, tout juste un coup d'œil à la tour du Stratosphère puis je sors de la voie rapide et je débouche sur
le Strip. Arrêté au feu rouge mes yeux se portent sur l'immense affiche posée sur la façade du Pink
Flamingo : un couple souriant mais la femme a un sourire si carnassier qu'elle fait presque peur !!! Mon hôtel, le Bill's Gamblin, est juste à côté, il est à taille humaine - ce qui signifie tout petit par rapport aux hôtels usines de
Vegas – et je l'ai choisi pour ses tarifs attractifs et sa position centrale sur
le Strip. Je suis un panneau « Self parking » mais c'est celui du Pink
Flamingo, pas grave, il suffit de suivre le panneau « Exit », de refaire un tour gratuit autour de l'hôtel, de repérer ou est l'entrée du self parking du Bill's Gamblin et de s'y engouffrer ! Trop facile ! Il est 10h45 et je suis garé. Un petit coup d'ascenseur et je débouche dans le casino. Une nouvelle fois, on se croirait dans un film, il n'est même pas 11 heures du matin et un tas de gens sont avachi devant les machines à sous ! Comme dans tous les autres hôtels de mon trip, aucun problème avec le fait que je sois en avance sur l'heure théorique du check-in qui était en théorie à 14h00. En découvrant ma chambre je pense qu'a 56$ la nuit c'est un des hôtels qui me coûtent le moins cher et que c'est ici que la chambre est la plus grande !
Avant de partir à la découverte de celle qu'on surnomme « Sin City », la cité du péché, je passe un coup de téléphone chez moi, ma fille me demande si je vais jouer et comme je lui répond qu'évidemment non puisque je n'ai pas une once de gène de joueur elle s'étonne : « Mais alors que vas-tu faire jusqu'à ce soir ? » et effectivement lorsqu'on est jamais allé à
Vegas, pas toujours évident de comprendre que chaque hôtel se visite et que chacun est un univers à lui seul : le Caesar Palace est un fac-similé de la
Rome Antique, le
Bellagio est inspiré du luxe Italien et du lac de Côme, le
Paris est – bien sûr – inspiré de la « plus belle ville du monde », le
Louxor de l'
Egypte Antique, le Venetian de
Venise, etc, etc. ! On pourrait continuer longtemps cette liste puisque rien que sur
le Strip, le boulevard principal qui traverse la ville, on trouve une trentaine d'hôtels et que
Vegas offre plus de 155 000 chambres !
Je passe mon après-midi à arpenter quelques-uns des hôtels qui bordent
le Strip. Je commence sous un ciel bleu et une chaleur étouffante par le déjà ancien Caesar Palace, je poursuis par le
Bellagio, le
Paris, le
New York New York, l'
Excalibur et le
Louxor. Accessoirement, alors qu'on entend et lit dans les médias et sur le net que
Vegas est à l'agonie, que les hôtels sont vide et que tous les travaux sont arrêtés, je peux constater que les travaux du Aria Resort & Casino et ses milliers de chambres vont bon train jour... et nuit !
Encore une fois la météo a changé du tout au tout et en fin d'après-midi je me fais tremper sous le déluge de pluies d'orage ! Les réseaux d'évacuation des eaux pluviales sont très moyennement efficaces et d'immenses flaques d'eau se forment le long des trottoirs, flaques dans lesquelles se font un plaisir de rouler les voitures, aspergeant joyeusement quelques pouffettes style
Paris Hilton qui se sont fait coincer à une intersection et qui, comme dans une série américaine, se mettent à hurler en faisant de petits bonds sur place ! Esthétiquement, les trottoirs luisants sont très jolis, mais à l'utilisation ils sont extrêmement glissants et dangereux. Devant moi, une jeune femme qui porte les tongs de rigueur se prend un terrible valdingue, ses pieds quittent le sol, son corps part en arrière et sa tête heurte le sol, il lui faudra plusieurs minutes pour se relever. Décidément,
Vegas n'est vraiment pas faite pour la pluie !
Le Monte Carlo
Vegas après la pluie

En plus, après la pluie la chaleur est encore plus difficile à supporter car il fait toujours aussi chaud avec l'humidité moite en plus ! La seule échappatoire à cette moiteur : l'intérieur climatisé des casinos, ça tombe bien, non ?!
Je reviendrai un peu plus tard sur mon impression de la ville mais une chose est sûre, le spectacle est autant dans la rue avec la dégaine des gens que dans les casinos !
Après être repassé par mon hôtel, je me rends au rendez - vous avec 6 ème Sens, etttttt oui, encore une connaissance de VF ! Le rendez vous est au Miracle Mile, la galerie marchande du
Planet Hollywood, ce qui me permet de voir quelques pépites qui m'auraient échappé, tel ce restaurant « Hawaiian Tropic » où le personnel est exclusivement féminin et où l'uniforme de travail est le bikini et les tongs (rappelons que la clim' est réglée comme partout ailleurs sur moins 12° !!!).
Autre surprise, lorsqu'après avoir traversé une galerie marchande relativement classique, on arrive dans ce qui pourrait être une place de village Marocain ou Tunisien et où, malgré que nous ne soyons qu'en fin d'après midi et qu'a l'extérieur le ciel soit encore bien bleu, ici, un faux ciel et un faux soleil imitent à la perfection le crépuscule. C'est 6èmeSens qui me fournira l'explication, cette partie est en fait ce qui a été conservé de l'ancien casino, le
Sahara, d'où le style vaguement mauresque.
La reception du
paris
L'interieur du Miracle Miles le shopping mall du
Planet Hollywood
Après avoir passé mon voyage à n'en faire qu'a ma tête puisque j'étais seul, pour
Vegas j'ai décidé de me laisser guider par Nico (6emeSens) histoire de voir comment une autre façons de faire.
Première étape : direction le Bill's Gamblin pour choper des coupons de réduction pour manger moins cher au self-service du
Paris... Oui, je sais, ça paraît embrouillé, c'est bien pour ça que je laisse Nico et son époouse mener la manœuvre. Je vous explique : à partir d'une certaine heure, certains casinos servent de point de vente pour des billets à tarif réduit pour des spectacles (ça c'est compréhensible, il vaut mieux vendre moitié prix des billets plutôt que d'avoir des sièges vides qui rapportent zéro) mais aussi pour certains buffets d'autres casinos. Cool hein ? Oui, sauf que bien sûr, le nombre de billets à tarif réduit est limité, donc il faut être dans les premiers, donc il faut faire la queue. Au Gamblin elle c'est à l'extérieur, et comme par hasard en plein soleil... Super ! Là, on achète des coupons de réduction pour le buffet du
Paris. La réduction n'est pas monstrueuse puisqu'elle n'est que de quelques dollars, à chacun d'estimer si c'est intéressant ou pas. En ce qui me concerne, c'est super interessant (financièrement au moins !) puisque c'est M. et Mme 6èmeSens qui m'offre le repas !
Seconde étape : une fois les tickets en poche, direction le
Paris où nous refaisons la queue pour accéder aux salles du buffet. Quand c'est notre tour, nous présentons nos coupons et nous sommes placés dans la salle Bourgogne. Quelques précisions sur le
Paris : si les serveuses qui œuvrent dans le casino ont un uniforme assez sexy constitué d'un body bleu et de collants, les uniformes du personnel qui œuvre dans les salles du self sont des costumes « régionaux » probablement issus de l'imagination d'un type sous acide qui n'a pas la moindre idée d'où se trouve la
France car ça ne ressemble à rien de connu... tout au moins dans notre espace-temps habituel !Les sodas sont inclus dans le prix du repas et comme promis je fais comme tout le monde, prends un Pepsi (un vrai, avec de la caféine et du sucre !) et renonce à mes bières quotidiennes. Ce qui me permet de goûter à une spécialité US que j'avais évitée jusque là (car Thank God ils ne mettent pas – encore – de glaçons dans la bière !) les glaçons au Pepsi ! Côté buffet, le choix est bien sûr énorme et même en ne prenant qu'une petite part du maximum de plats, on ne peut goûter qu'une infime partie de ce qui est proposé... Les plats sont à peu près corrects mais la plupart des desserts sont franchement bizarres... Le pire étant lorsque ça ressemble à un plat connu, un millefeuille par exemple, mais qu'a la première bouchée on s'aperçoit qu' en fait c'est quelque chose de totalement différent !
Nico propose d'aller voir le show des pirates qui a lieu devant le
Treasure Island. Je suis. Au passage on regarde le magnifique show des Jets d'Eau du
Bellagio. L'effet est différent de ce qu'on peut voir la journée mais c'est encore plus épatant. Une fois devant le
Treasure Island, je m'aperçois rapidement qu'il y a un petit problème : je n'avais pas pensé qu'il faudrait arriver en avance, qu'il faudrait donc encore une fois poireauter debout sur le trottoir, qu'il y aurait beaucoup de monde, que tout ce monde serait entassé car une partie du trottoir est bloquée et qu'il ferait aussi chaud. J'essaye de tenir mais... c'est impossible ! Trop chaud, beaucoup trop chaud et trop de monde, beaucoup trop de monde pour moi. Je m'excuse auprès de Mr et Mme 6emeSens, nous nous fixons rendez - vous pour le lendemain matin et je les quitte, ils restent pour le show et je vais voir et photographier «
Vegas by night » en retournant jusqu'au NY NY. A pied bien sûr, c'est encore ce qu'on a fait de mieux pour visiter !
Au passage je rajoute à mon tableau de chasse le Venetian et la galerie marchande du Caesar Palace. Bien sûr, oubliez toute ressemblance entre CETTE galerie marchande et ce que vous connaissez des galeries marchandes. Ici la déco est celle d'un palais romain avec au milieu un escalator en spirale alors qu'il n'en existe que cinq ou six au monde ! Je m'arrête devant le Mirage pour assister (de loin parce qu'ici aussi il y a pas mal de monde) à l'éruption d'un volcan, lumières, bruits, effets pyrotechniques... Un show en extérieur, donc gratuit...
Plusieurs heures plus tard, je suis de retour dans ma chambre d'hôtel. Je suis plus que fourbu, je n'ai tout simplement plus de pieds à force de piétiner et plus d'épaules à force de porter le sac photo. Mais, alors que cette ville est théoriquement l'archétype de ce que j'abhorre, mon sentiment sur
Vegas a évolué, il est devenu plus complexe. Bien sûr, le fric, le tape-à-l'œil, le mauvais goût, les excès sont omniprésents. Bien sûr, lorsqu'on se balade sur
le Strip on a l'impression de se balader dans un zoo tellement les énergumènes qu'on croise sont exotiques. Mais, après y avoir passé quelques heures, après avoir regardé plusieurs fois le show des jets d'eau du
Bellagio (ceux qui me connaissent comprendront pourquoi ce spectacle m'interpelle), après avoir aperçu l'éruption du volcan du Mirage, après avoir regardé un peu plus en détail les hôtels et leurs lumières nocturnes, il m'est venu une autre impression, plus admirative celle-ci, car derrière le faux et l'entertainement on ne peut nier qu'il y ait une maîtrise technique indéniable.
Jeudi 25 juin - Jour 18Je suis réveillé à 5h40 encore une fois sans réveil...
Quelques dizaines de minutes plus tard, je traverse le casino où il y a encore (ou déjà) du monde avachi devant les machines à sous et je sors sur
le Strip pour voir s'il y a quelques choses à voir ! Mais le ciel est gris et même si
Las Vegas est la ville qui ne dort jamais, il est quand même 6h du mat', ce qui veut dire qu'il n'y a que les fêtards qui errent sur les trottoirs et après une nuit de beuverie, que ce soit à
Vegas ou à Triffouilly les Oies, ils sont dans le même sale état...
Je remonte dans ma chambre et pour la première fois depuis que je suis aux
Etats-Unis, j'allume la télévision ! Je tombe rapidement sur un épisode d'Angel que j'ai vu depuis longtemps mais bon, le but est de passer le temps alors...
A 8h30 je quitte ma chambre, prends la voiture et roule jusqu'au parking du MGM Grand. Dans l'immense hall je retrouve les 6èmeSens. On s'entasse tous dans la Sebring, on passe faire le plein et quelques minutes plus tard on arrive au parking de l'aéroport. Rendre la voiture qui a 5400 kilomètres (3355 miles) de plus au compteur que lorsque je l'ai prise à
San Francisco il y a 18 jours, est une simple formalité. Jusqu'à ce qu'un des gars, attiré par le fait qu'on soit 3 dans la voiture avec nos bagages entassés un peu partout, vienne me prendre la tête parce qu'on a mis des sacs dans le coffre sur le « bouclier de protection » de la capote et que ça a soi-disant cassé un des axes. Sauf qu'il tombe mal parce que je viens de passer 18 jours à remettre ce maudit axe pour la bonne raison qu'il était cassé dès que j'ai pris la voiture !! Marrant comme, où que ce soit dans le monde, les gens qui s'occupent des bagnoles sont plus regardants au retour qu'à l'aller. Et marrant aussi comment mon anglais, qui a du mal à sortir dans des conditions normales devient « very easy » quand je suis un peu énervé !
Il ne reste qu'à prendre la navette, à dépenser mes derniers dollars pour acheter un bouquin et un dernier Frappucino au Starbucks de l'aéroport, à constater qu'il y a des machines à sous jusque dans l'aéroport et à attendre l'embarquement. Sans le faire exprès les 6 ème sens et moi nous avions réservé le même trajet (
Las Vegas –
Salt Lake City –
Paris) sur le même avion (Delta Airlines) à la même date, étonnant comme coïncidence, n'est ce pas ? Nous passons donc le vol retour à discuter de choses et d'autres tandis que l'hôtesse nous harcèle pour que nous fermions le volet du hublot... sauf que nous n'en avons pas envie et que si personne n'empêche le type du siège devant moi de me baisser le dossier de son siège dans la tronche, je ne vois pas pourquoi nous fermerions le hublot...
Un peu avant de l'atterrissage, on nous distribue un questionnaire estampillé « République française », rédigé EN ANGLAIS, où nous devons indiquer le numéro du vol ainsi que nos noms, prénoms, ville de départ et la place que nous occupons dans l'avion. La finalité de ce questionnaire ? Savoir qui était assis où afin qu'en cas de cas de grippe A sur un passager, les services de santé puissent soigner également les personnes qui étaient proches du malade... Mis à part le fait qu'on croirait que le gouvernement français n'a pas accès aux listings de vols où figurent la totalité des renseignements qu'on nous demande, les vacances sont bien finies...
NB : Etant persuadé que VF n'est pas prévu pour les carnets de voyages illustrés de nombreuses photos, je n'ai mis ici qu'un échantillonage de celles-ci, pour les retrouver en intégralité, il ne reste qu'a se rendre sur mon site perso !