Lundi 8 juin - Jour 2Pour ce premier réveil aux
USA, j'attaque tranquille puisque pour visiter
San Francisco j'ai mis le GSM à vibrer à 6h30. A peine levé, j'entends du bruit sur la rue. Je glisse un œil à l'extérieur, il y a un énorme camion qui ramasse les poubelles ! On dirait qu'ils ont fait exprès de le faire super long ! On devine qu'ils n'ont pas de contraintes de place ou de largeur de rues, ce qui est l'avantage des villes construites alors que les voitures existaient déjà. Côté météo, j'ai eu raison de me ruer hier soir pour faire les photos du
Golden Gate car ce matin le ciel est chargé de nuages ! Je m'aperçois d'un coup que je me suis tellement rué hier que j'en ai oublié de récupérer un plan de la ville... Pas question d'attendre que l'accueil de l'hôtel ouvre, je sais à peu près où se situe l'hôtel par rapport aux « choses à voir », je vais y aller à l'instinct !
Déjà il y a la fameuse
Lombard Street, sachant que la partie tortueuse ne peut pas être vers le
Golden Gate puisque je l'ai emprunté hier, c'est forcément de l'autre côté. Me voilà marchant sur la partie « large » de Lombard St d'un bon pas. C'est un bon entraînement pour la semaine prochaine et les randonnées dans les parcs nationaux car les rues de
SFO ne sont pas légèrement en pente, elles sont soit plates soit... en montée d'enfer !!
Après avoir gravi une des nombreuses « hill » j'arrive effectivement en haut de la partie sinueuse de Lombard St. Avec les maisons colorées et les hortensias au milieu des virages très serrés c'est trèèèès mignon... Tiens, par curiosité j'aimerais connaître les prix des maisons qui la bordent, juste pour rire !
De là, arriver au fameux Pier 39 n'est pas très dur : il suffit de suivre les trolleybus ! Je commence par passer un bon moment sur la jetée à regarder les gros tas de graisse... que sont les lions de mer vautrés sur les pontons flottants puis, je vais me balader dans le Pier 39... qui est en fait une galerie marchande ! Il y a tout un tas de restos et de boutiques « à thèmes », ici on vend des casquettes, là des confiseries, ailleurs des articles pour animaux (dont certaines assiettes peintes avec effigie de toutou font passer les boule à neige pour l'article le plus rock'n roll qui soit !) Marrant cette manie de faire des rues et des boutiques que l'on dirait sorties d'une bande dessinée. Ce serait donc habituel aux US ? Et vous savez quoi ? Le « pire » c'est que comme c'est quand même vachement bien fait, bien aménagé et joliment fleuri, au bout d'un petit moment, la sauce prend et on se prend à trouver l'endroit sympathique ! Et oui, l'entertainment et le cinéma, les Américains ils savent faire ! A tel point que, m'étant laissé convaincre que je devais ab-so-lu-ment manger au Bubba Gump Shrimps, j'y ai trouvé la déco est tellement « réaliste » que je me suis demandé pendant facilement 30 secondes si le film Forrest Gump n'avait pas été tiré de la vie d'un personnage réel tellement tout ça a l'air vrai ! Et une fois assis... WHAOOOO, quelle vue sur la baie ! Je commande un « Shrimper's Heaven », un tas de crevettes sous toutes les formes et avec un tas de sauces ! Bon, c'est fun, c'est même plutôt bon, mais on ne peut pas dire non plus que ça me laisse un souvenir ému et impérissable ! Je me laisse tenter par une pâtisserie, ce qui n'est pas la meilleure idée que j'aie eue parce que ça, c'est légèrement bourratif ! Et bien sûr, le tout arrosé de bière pression ! Le restau est sympa mais pas donné (42 $).
Comme je n'ai aucune intention d'aller dans les Outlets (Magasins d'Usine, qu'on appelle ça en
France) au cours du voyage, je profite des boutiques du Pier 39 pour acheter quelques trucs à la famille. C'est lors de cette innocente activité qu'on frôle la catastrophe puisque après être rentré dans le magasin appelé « Antiquities » je m'aperçois avec effroi qu'on n'y vend absolument pas des vieux meubles poussiéreux mais des affiches de films ou des guitares dédicacées, le tout datant des années 80 (Ce qui, reflexion faite, doit être plus ou moins « l'antiquité » pour les Américains !) L'affiche originale de Star Wars (le vrai bien sûr, celui de 1977 bien sur) signée par tous les acteurs ou une guitare avec la signature de Springsteen ça me tenterait bien... Heureusement les prix qui flirtent autour des 4000 $ me permettent de ressortir les mains dans les poches !
Avant de quitter le Pier je repasse voir les lions de mer et je crois halluciner car un type qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Wesley Snipes (y compris les lunettes de soleil !) nettoie depuis un bateau les pontons où sont vautrés les pinnipèdes. Ce qui explique que malgré le nombre important de lions de mer ça ne sentent pas trop mauvais ! Du coté des bestiaux, on semble n'apprécier que très moyennement le lavage à la lance à incendie et dés que le jet se pointe vers eux c'est panique à bord et tout le monde à l'eau ! Et l'inclinaison que prennent les pontons quand tout les gros sont sur le même coté, on croirait par moment « Le radeau de la Méduse » de Gericault ! (Oui je sais c'est osé comme comparaison !)
Lundi 8 juin - Jour 2 (suite) Le ciel c'est bien dégagé et je continue ma promenade en ville. Les transports en commun ? Pas envie ! On n'apprécie jamais mieux un lieu qu'à pied, alors direction la
Coit Tower ! Je ne sais pas vous, mais moi avant mon voyage, ce nom de « Coit » désignant une tour dressée m'a longtemps interpellé... Bien sûr ce n'est qu'en langue française que ce nom évoque quelque chose ; en anglais il faut rajouter « us » à la fin du nom pour que ça ait la même signification... Mais en fait c'est juste un nom de famille, celui de Lillie Hitchcock Coit (je laisse ceux qui déchiffrent l'argot anglais savourer, en espérant que le prénom du mari n'ait pas été Dick !). Cette dame, « Firebell Lil' Coit » comme on la surnommait, était une excentrique fumant le cigare et s'habillant comme un homme pour pouvoir aller jouer dans les clubs alors réservés aux hommes ! Elle était aussi connue pour sa fascination envers les pompiers, dont elle était devenue membre honoraire à une époque ou la plupart des femmes étaient de faibles choses effacées ! A sa mort, à 86 ans, elle légua un tiers de sa fortune à la ville de
San Francisco. Avec cet argent, on bâtit cette tour de 64 mètres de haut, inaugurée en 1933. Tout lien entre la forme de la tour et son nom n'est donc qu'une malheureuse association issue d'un esprit mal tourné... ce qui n'est bien évidement pas mon cas !
Encore une fois, lorsqu'on marche dans
San Francisco on a parfois plus l'impression de faire de l'escalade qu'une promenade ! A tel point que pour monter à la
Coit Tower les trottoirs sont doublés d'escaliers ! Une fois à la tour, pas moyen d'accéder au sommet, car l'ascenseur est en panne. Tant pis, je me contente de regarder les peintures qui décorent le rez-de-chaussée et qui illustrent les thèmes sociaux présents en
Californie lors de la Grande Dépression de 1928.
En repartant mon regard est accroché par plusieurs affichettes «Wanted »... Ca dit que le bureau du Maire a autorisé le versement d'une récompense de 100 000 $ pour des renseignements permettant l'arrestation des responsables de l'homicide d'un homme tué ici le 8 avril 2006... et juste en dessous les portraits robots des deux assassins présumés... On est pas si loin que ça des westerns finalement...
Je flâne encore en allant voir de plus près cet immeuble en forme de pyramide, le Transamerica Pyramid, qu'on voit de partout, et en passant au hasard des rues devant deux grandes églises qui se révèleront être celles de St François d'Assisse -avec les 2 tours carrés - et de St Pierre & St Paul - avec les deux clochers - (remerciements aux Vfiens qui m'ont permis de retrouver les noms de ces bâtiments qui m'étaient complètement sortis de l'esprit !) puis je reprends la direction de l'hôtel. C'est vrai que ce plan de rues qui se croisent à angle droit c'est très pratique pour se diriger ! Je ne sais toujours pas si le pire est de monter ou de descendre mais une chose est sûre, ça fatigue tout autant !
Ce soir je fais simple, je vais au premier resto que je trouve : «Barney's ». Je prends le hamburger classique et une Budweiser (hé ho, y'a des limites je ne vais quand même pas boire de l'eau !!) j'avale ça vite fait et je demande l'addition. Verdict : avec les taxes et un « tip » de 20% du montant hors taxes de l'addition et sachant que je ne vais pas m'amuser à calculer au cent près ça nous donne 16$... Je ne suis pas si sûr que ça que la nourriture soit tellement moins chère aux
Etats-Unis... En tout cas à
SFO, on verra ce que ça donne dans le reste du pays...
(
Il faut que je donne quelques explications sur la façon dont sont facturés les repas aux US. Le prix est d'abord indiqué hors taxes - c'est aussi ce prix HT qui figure sur les menus – et ensuite, sur l'addition est ajouté le montant des taxes, différentes dans chaque état. C'est ce chiffre TTC qui est le montant réel de l'addition. Sauf qu'il convient d'y ajouter un « tip », équivalent à notre pourboire mais là-bas, quasi obligatoire car le personnel n'est rémunéré pratiquement qu'avec ce que le client laisse. Ce tip est indexé sur le montant hors taxes de l'addition et les barèmes recommandés sont : 12% si le repas est correct, 15% si vous êtes très content et 20% si « c'est mieux que chez maman » !... Ben oui, moi aussi je me suis dit que c'était bien compliqué pour une malheureuse addition de restaurant !).