Mardi 9 juin - Jour 3 - Direction MontereyMême pas besoin du réveil, comme je me couche tôt je suis réveillé super tôt : 5h45 aujourd'hui !
Je range mes affaires, ce qui ne me prend que quelques minutes, et j'entasse le tout dans le coffre de la Sebring. J'ai prévu d'aller voir encore quelques trucs à
SFO avant d'en partir. J'emprunte tout d'abord en voiture la partie sinueuse de
Lombard Street où je suis passé hier à pied (pour info, c'est quand même bien moins fatigant en voiture qu'à pied !) et je vais à Alamo Square voir les « maisons Victoriennes » qui sont effectivement très sympa, c'est juste dommage que la lumière matinale ne soit pas terrible.
Sans réelles raisons, je change mes plans et abandonne l'idée d'aller à Chinatown, je préfère retourner voir le
Golden Gate.
Je traverse les jolies rues encore endormies de
SFO (qui a dit que
SFO n'était pas une ville pour les voitures ? C'est pas vrai, le matin à l'aube et sans chercher à s'y garer c'est très agréable !) et en une dizaine de minutes me voilà devant le
Golden Gate. Je vais à pied jusqu'à la première arche, c'est impressionnant comment tout bouge lorsque les camions passent. En dessous 2 types surfent les vagues. Je descends sur la petite plage et fais quelques photos, d'ici aussi la vue est belle...
Mais il faut quitter
San Francisco pour se diriger vers
Monterey.
Je refuse l'autoroute que me propose le GPS, je préfère passer par la
California 1 qui longe le Pacifique.
J'arrive sur le Fisherman Wharf de
Monterey à 11h30. Je vide ma menue monnaie dans le parcmètre et je vais manger. Je ne saisis pas pourquoi un resto se nomme «
London Bridge Pub » sur le port de
Monterey, mais en tout cas la bière est bonne et le Shrimp Wrap aussi (25 $) ! Tant qu'à être là, autant regarder où se trouve le bureau de « Go Whales » avec qui je sortirai en mer demain pour voir - ou au moins tenter de voir - quelques baleines.
Il fait toujours beau et avant de rejoindre mon hôtel je décide : premièrement de faire l'impasse sur la « 17-Mile Drive » qui ne me tentait de toute façon pas plus que ça et deuxièmement d'aller à Point Lobos State Park (10 $). Ce qui est une excellente décision car ce parc est une perle : c'est calme, on peut s'y promener sur des sentiers clairement indiqués et les paysages de côtes déchirées par les assauts de l'océan et surmontées de collines boisées de pins sont absolument splendides. Dans l'eau ou se reposant sur les rochers à fleur d'eau, des phoques et les lions de mer qui ont donné son nom espagnol à l'endroit (Punta de los Lobos Marinos)... Pour rester dans les mammifères si on est attentif et chanceux, on pourra aussi voir les loutres de mer évoluer au milieu des algues géantes (les kelps) et aussi des cormorans... Hier je me promenais à
San Francisco et aujourd'hui je suis en pleine nature... Même si je reconnais bien volontiers qu'il y a une ambiance fort sympathique à
SFO je suis incomparablement mieux à Point Lobos. Quant à se balader en décapotable sur les petites routes de Point Lobos SP c'est TRES agréable !
Je rejoins ensuite mon motel, le « Bide-A-Wee » à Pacific Grove, motel charmant dans un quartier qu'on sent aisé (197, 80 $ pour 2 nuits).
Pour dîner, je vais dans le centre de Pacific Grove et je décide de manger dans un restaurant... thaïlandais ! Disons que c'est pour faire un lien avec le voyage précédent ! Mais comme en
France, les plats ne sont pas assez épicés et il faut demander de la «
chili sauce » pour revigorer un peu les plats. Et comme en
France également, le prix est très occidental : 33 $.
Je vais voir le soleil se coucher sur la mer et je remonte tranquillement par les petites rues de Pacific Grove. Les maisons impeccables sont superbes et noooon... Je le crois pas... Je freine doucement mais je n'ai pas la berlue, il est 21h, la nuit commence à tomber mais là, broutant tranquillement à quelques mètres de la route : des daims ! Si je vous dis que j'aimerais bien habiter Pacific Grove, vous me croyez ?
Mercredi 10 juin - Jour 3Bien que j'aie déjà fait des sorties en bateau pour approcher les dauphins (à Ténérife et à Tarifa), aujourd'hui je vais - enfin - faire une chose dont j'ai envie depuis des années : une vraie sortie « baleines » ! Je retourne sur le port de
Monterey, je me gare au parking – payant bien entendu : 2 $/heure – et je rejoins le bureau de
Monterey Bay Whale Watch où je sors ce qui va devenir un gimmick : « Hi, I have a reservation ». Je donne ma carte de crédit (45 $), je signe le reçu (le code à quatre chiffres n'est quasiment pas encore arrivé aux
USA) et... je signe le formulaire attestant que « je suis parfaitement conscient qu'un tour de bateau peut être dangereux », sous-entendu s'il arrive quoi que ce soit, je ne pourrai pas les attaquer en justice en plaidant le fameux « Je savais paaaas, on m'avait rien diiiiiit » !!
Il y a pas mal de monde sur le bateau et les bonnes places assises sont immédiatement prises. Tant pis je resterai debout... On longe les côtes de
Monterey et ses belles maisons qui doivent couter l'équivalent de quelques vies de travail puis on navigue quelques dizaines de minutes vers le large.
On croise d'abord un groupe de Dauphins de Risso qui nagent tranquillement puis quelques miles plus loin, on repère un souffle de cétacé. Nous restons à bonne distance, comme tout prestataire de whale watching responsable est censé le faire, et le pilote s'évertue à nous présenter la baleine sur la droite du bateau... Mis à part le fait que je sois positionné sur le côté gauche (!) cela a en plus le désavantage de nous mettre juste en face du soleil donc pas vraiment dans des conditions optimales photographiquement parlant ! Quant à ramener de belles photos de cétacés depuis un bateau « grand public », c'est un sacré challenge dans lequel la chance entre pour une bonne part car on ne sait jamais où l'animal va surgir et une fois qu'on a vu le souffle de l'évent il faut cadrer rapidement en composant avec les autres passagers et... les mouvements du bateau sur la mer !
Les gens regardent tranquillement le spectacle, sans cris ni exclamations... Un jet de gouttelettes qui s'élève verticalement lorsque la baleine remonte à la surface pour respirer, puis un bout de dos qui effleure la surface de l'océan, suivi d'une minuscule nageoire dorsale, puis la queue se relève avant de s'enfoncer dans l'eau... Difficile d'imaginer que sous cette petite nageoire il y a un des plus gros animaux de la planète, une baleine à bosse (
Megaptera novaeanglia ), qui mesure une quinzaine de mètres de longueur pour un poids de 36 tonnes ! Nous naviguons en réalité au milieu de plusieurs baleines à bosse, on les différencie à l'aide des taches qu'elles ont sur la nageoire caudale, chaque baleine ayant un dessin différent. Le manège se répète à l'identique pendant un bon moment, jusqu'à ce que les animaux s'enfoncent dans l'océan sans réapparaître. Nous attendons un peu mais comme elles ne remontent pas, le pilote décide d'aller un peu plus loin, sur un autre spot. Là, nous apercevons pendant quelques minutes une baleine de Minke (
Balaenoptera acutorostrata ).
Nancy Black, la biologiste marine spécialiste de la baie de
Monterey qui fait partie des sorties de Go Whales (je crois même qu'elle est la patronne de Go Whales) nous confiera que c'est la première fois qu'ils peuvent la voir aussi longuement... Pour être très honnête ces sorties sont à la fois très intéressantes et très excitantes, mais aussi très très frustrantes car concrètement, on ne voit pas grand-chose et sauf coup de chance extraordinaire où le cétacé se met à sauter hors de l'eau, il faut énormément intellectualiser la rencontre...