Bonjour,
On ne peut pas dire que cela passione l'Italien de la rue et je n'en entends guère parler.
Les médias audiovisuels y font de temps en temps allusion.
Soit de manière directe : portrait, à l'automne, de Ségolène Royal, 1° femme susceptible de remporter des élections présidentielles en
France, portrait de Bayrou lors de sa percée dans les sondages. Ces reportages sont plus axés sur la personnalité et le parcours des candidats que sur leurs programmes
Soit de manière indirecte : il a été signalé lors de l'arrestation de Cesare Battisti en
Amérique du Sud que les services français savaient depuis longtemps où il se trouvait mais que son arrestation a été différée jusqu'à la campagne présidentielle parce que cela servait les visées électorale de Monsieur le Ministre de l'Intérieur.
Dans la presse écrite, des brèves signalant les différents "événements" de la campagne (soutien tardif de Chirac à son ministre par exemple).
Mais ces élections sont aussi prétexte à des réflexions plus approfondies...
A citer par exemple le livre, publié ce mois-ci, de Cesare Martinetti (directeur pour le quotidien "la Stampa" de la rubrique "Monde"). Il s'intitule "
l'Automne français" avec pour sous-titre "
la fin de la différence d'une grande nation".
4° de couverture (traduction rapide):
Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy s'affrontent au printemps aux élections présidentielles françaises. Deux cinquantenaires pour la course à l'Elysée : la fin de la génération Chirac et de tous les lieux communs français, en politique extérieure, mais surtout en politique intérieure. Le slogan de Sarkozy est "la rupture". Auquel Ségolène répond : la rupture c'est moi. Rupture par rapport au "modèle français" : à ce point critique se rencontrent une droit sociale et une gauche éloignée de Blair et de la social-démocratie. Rupture de générations et de personnes : Ségolène Royal est la première femme candidate à l'Elysée qui peut remporter les élections alors que Sarkozy, fils d'un immigré hongrois, est lui aussi une exception aux conventions élitistes du parti qui fut celui de De Gaulle.
Aussi bien Ségolène ("Ségo"), socialiste, que Sarkozy ("Sarko"), gaulliste, proposent des recettes qui ne semblent pas tellement éloignées et présentent plus d'un point commun : responsabilité, libéralisation, répression des déviances. Une série de mesures qui changeront le visage de la
France tel que nous le connaissons : liberté, oui, égalité, beaucoup moins, fraternité, on verra.
En arrière-plan l'histoire de ces cinq dernières années. Les banlieues en flamme ont montré aux Français un visage du pays qu'ils s'étaient caché à eux-même : un peuple furieux, fils d'immigrés qui vivent dans des cités ghetto aux marges d'une des plus grandes et plus scintillantes capitales du monde, chomeurs, marginalisés, surgis de rien pour une lutte sans leader ni idéologie, sans programme, sans espoir et sans conclusion. Immigrés de deuxième génération et donc "français", mais encore arabes et africains, musulmans, mais pas seulement, qui demandent seulement à la République de respecter ses fondements : liberté, égalité, fraternité. Et puis la révolte des étudiants qui a révélé un Soixante-huit inversé, sur les mêmes lieux et les mêmes mythes qu'il y a quarante ans. En 2006 une jeunesse intellectuelle précaire est descendue dans la rue, en lutte contre la précarité symbolisée par le contrat première embauche que le gouvernement avait concocté justement en réponse au problème des banlieues.
Deux révoltes qui ont ouvert le débat : la
France est-elle la grande malade de l'Europe ? Pendant ce temps Le Pen continue a être l'alternative écartée mais pas imprévisible, tous les sondages affirment que le Front est désormais le premier parti de la classe ouvrière et peut de nouveau se retrouver au second tour.