Miroku a raison techniquement. Pour le reste, il est dans le jugement de valeur.
Il est dommage que les autorités consulaires soient régulièrement clouées au pilori par nos amis du forum.
On ignore d'ailleurs trop souvent que généralement, en
Inde, les Français accordent plus facilement des visas que leurs collègues d'autres pays.
Il me parait donc nécessaire de rappeler quelques réalités.
Chaque pays est souverain en matière d'accueil des étrangers sur son territoire et aucun n'a obligation de motiver le refus de visas, de même que nous sommes tous libres d'ouvrir notre porte ou non à une personne qui se présente devant notre domicile.
Cependant, les critères de délivrance des visas ne sont ni subjectifs, ni arbitraires. Ils se fondent sur l'expérience en matière d'immigration, sinon illégale, en tout cas frauduleuse.
Rappelons donc qu'un étranger qui demeure sur la zone Schengen au delà de la validité de son visa est en fraude.
Les règles d'attribution ou de refus d'un visa obéissent non seulement à quelques critères incontournables (identité, état-civil, raison sociale, revenus, train de vie, ressources des accueillants en
France...) mais aussi sur le simple bon sens.
Par exemple, un étranger réputé disposer d'un revenu annuel de dix fois inférieur aux dépenses qu'il aura à supporter pour son voyage aura beaucoup moins de chances qu'un autre étranger justifiant de revenus lui permettant de les assumer.
Les autorités consulaires doivent aussi tenir compte d'autres facteurs à risques (détournement de l'objet du visa : tourisme invoqué alors que l'objet est d'aller travailler en
France), adoption frauduleuse d'enfants, trafic d'êtres humains... L'on a vu récemment des filières indiennes de mariages blancs qui tentaient d'introduire des jeunes gens et des jeunes femmes en
France à des fins fort peu touristiques...
Tout cela nous donne une équation relativement complexe. L'interprétation de certains documents par les
officiers visas des consulats peut varier, mais seulement sur des points de détail, sauf exception scandaleuse, ou malheureuse erreur, qui comme on le sait, est humaine.
On compare la générosité des pays pauvres et des pays émergents en matière de visas, à notre mesquine parcimonie. Il est pourtant évident que ces Etats ont intérêts à accueillir des étrangers porteurs de devises. Ces pays ont aussi, on l'ignore trop souvent, une liberté absolue de se séparer d'un étranger indésirable sans avoir à motiver quoi que ce soit.
Pour ne parler que de l'
Inde, l'on sait qu'elle se réserve le droit d'expulser tout étranger qui lui déplait dans un délai de 24h, avec une interdiction de séjour de 2 ans.
Si elle laisse passer les touristes lucratifs, elle n'accorde pas aussi facilement certains visas extratouristiques. Un certain nombre d'Occidentaux qui y travaillent illégalement ont d'ailleurs trouvé la parade en renouvelant leur visa touristiques tous les 6 mois dans un pays voisin de l'
Inde...
Les pays de la zone Schengen illustrent un tout autre cas de figure: les clandestins, qui y jouissent de droits, perçoivent des aides d'Etat (comme en
France), bénéficient de fillères de fabrication de faux papiers, et reçoivent le soutien d'asssociations de défense, ont une gamme étendue de recours pour demeurer sur place frauduleusement en attendant une éventuelle régularisation.
Comme on ne peut pas expulser un clandestin facilement, il est naturel que l'on y regarde à deux fois avant de laisser entrer qui que ce soit.
Et évidemment, il arrive que l'on soupçonne des touristes de bonne foi, qui ne demandaient qu'à nous rendre une courte visite.