H1N1
Selon l’OMS et les médias, la pandémie menace.
Nous venons de passer une semaine à
Hong-Kong et
Macao. Avant de partir, nous nous sommes demandé dans quelle mesure les contrôles sanitaires seraient stricts, si cela poserait problème, etc.
Le vol passait par
Londres. Au départ de
Paris, le passage au scanner s’est effectué sans histoires. La routine. À
Heathrow, c’était une autre affaire. Les préposés aux scanners braillaient des consignes à l’intention des passagers : retirer tous les objets métalliques des poches, retirer ses chaussures, retirer sa ceinture, jeter les éventuels liquides si on en avait dans les bagages à main, sortir l’ordinateur portable de sa housse... On se serait cru à la criée. Tout juste si on ne s’attendait pas à voir à la sortie un grand type portant uniforme noir et casquette à visière disant « links... rechts... links... ». En revanche, rien sur la grippe porcine.
À l’arrivée à
Hong-Kong, tout le personnel de l’aéroport portait un masque. Nous nous attendions à voir les rues et les couloirs du métro pleins de gens masqués. Il n’en était rien. On en croisait un ici ou là, sans plus. Il s’agissait vraisemblablement d’employés travaillant au contact avec un public et obligés de porter un masque.
Ce n’est que le surlendemain, lorsque nous avons pris l'aéroglisseur pour
Macao qu’on nous a fait remplir un formulaire d’enquête sanitaire. Il fallait indiquer si on avait ressenti un certain nombre de symptômes classiques de la grippe, où on pouvait être contacté, les pays visités au cours des sept derniers jours, etc.
À
Macao et à Taïpa, nous avons vu encore moins de masques qu’à
Hong-Kong.
Deux jours plus tard, même formulaire à remplir en retournant à HK, mais aucune formalité particulière par ailleurs. L’ambiance n’était pas à la parano.
Finalement, c’est au retour que j’ai été le plus surpris. Dans l’avion de
Hong-Kong à
Londres, les Chinois assis sur les sièges voisins portaient tous des masques. À l’arrivée à
Heathrow, je m’attendais à un contrôle encore plus serré qu’au départ, grippe porcine oblige. Eh bien, j’ai été déçu. S’ils étaient toujours aussi tatillons au scanner, il n’y avait aucun contrôle sanitaire. Pas même un ch’tit bout de formulaire à remplir.
Tout cela suscite un certain nombre d’interrogations quant au bien-fondé de tout le battage médiatique autour du H1N1. À peine 150 décès avérés dans le monde depuis qu’on a découvert le virus. Au cours de cette même période, combien sont morts du paludisme ? Un bon million dans le meilleur des cas : le paludisme ne touche que les plus pauvres et les pays les plus pauvres. (Selon les sources, il fait entre 1, 5 et 3 millions de morts dans le monde chaque année.) Circulez, y a rien à voir.
Surtout, comment se fait-il qu’on enquiquine les passagers à retirer leur ceinture et leurs chaussures au scanner sans se préoccuper de savoir s’ils ont séjourné à proximité d’un foyer d’infection ?
Idem pour la sacro-sainte sécurité. Comment se fait-il qu’on n’ait pas le droit d’avoir un coupe-ongles dans son bagage à main ? Vous avez souvent entendu parler d’agressions commises avec un coupe-ongles, vous ? Personnellement, si on me menaçait avec ça, j’aurais du mal à ne pas éclater de rire. Au fait, comment se fait-il qu’on en vende dans les boutiques de la zone d’embarquement (notamment à Roissy Charles-de-Gaulle), donc après avoir passé ses bagages au scanner ? De même, comment se fait-il qu’on n’ait pas le droit d’embarquer une bouteille d’eau en plastique alors qu’on a toute latitude pour emporter une bouteille achetée au duty-free ? Je ne comprends pas très bien cette logique : un individu mal intentionné peut très bien fracasser la bouteille une fois à bord et agresser le personnel navigant, non ? Mieux : il peut même le faire avec les couverts métalliques fournis par certaines compagnies ou avec la bouteille de vin du plateau repas. Même pas besoin de dépenser de l’argent. Personnellement, j’aurais plus peur d’un type me menaçant avec une bouteille cassée qu'avec un coupe-ongles...
En revanche, j’ai pris à de nombreuses reprises le monopod de mon caméscope en bagage à main. C’est un objet métallique de deux kilos, d'un bon mètre de long, avec des angles vifs aux extrémités. Jamais on ne m’a opposé la moindre objection. Pourtant, ça pourrait faire une arme redoutable.
Depuis notre retour, nous avons vu un truc encore plus stupéfiant sur Internet. Il faut maintenant mettre un cadenas spécial sur les bagages à main quand on veut aller aux
États-Unis. Enfin, si ce n’est pas obligatoire, il semble que ce soit recommandé. « Pour votre sécurité... » comme ils disent. Pour notre sécurité ? Ces cadenas spéciaux ont un voyant qui indique si le bagage a été fouillé par les douanes. Pour notre sécurité... Qui me dit que les préposés chargés de fouiller lesdits bagages ne font pas partie d’une mafia quelconque et ne vont pas y planquer de la drogue ou des armes ? Un peu partout, les opérations de ce genre sont assurées par le personnel de sociétés privées, pas par des fonctionnaires intègres. Pour votre sécurité...
Heureusement, depuis que les États-uniens ont imposés ces contrôles idiots, les douaniers se sont fatigués un peu partout en dehors des pays anglo-saxons. Il ne m’arrive plus que très rarement de sortir l’ordinateur portable de son sac, j’ai vu maintes fois des gens embarquer avec une bouteille d’eau – sans parler du biberon de bébé – en Asie et, comme tout le monde, j’ai oublié à une ou deux reprises (en toute bonne foi) mon dangereux coupe-ongles de 6 cm de long dans la trousse de toilette au fond de mon bagage à main. Maintenant, je le laisse à la maison et j’en achète un chez le marchand d’armes de la zone d’embarquement...
Et si on revenait à un peu de bon sens ?