La tout de suite comme ça il y en a 2:
La première fois que j'ai décidé de graver quelque chose dans ma mémoire j'avais 14 ans, j'étais sur un barque entre la grande ile de
Madagascar et l'ile de Sainte-Marie, dans une barque. On suivait une baleine à bosse et son baleineau. Mon père se battait pour essayer de prendre la queue en photo ce qui s'averait être impossible.
Je me souviens m'être dit que, photo ou pas, ce moment était trop fabuleux et qu'il ne pouvait pas disparaître. QUe je devais enregistrer chaque détail.
Ce que j'ai fait. Aujourd'hui je peux fermer les yeux et revoir l'eau qui scintille, la petite barque, les plages blanches et sauvages de Sainte Marie derrière, les mouvements totalement synchronisés de la maman immense et du bébé. L'emerveillement dans les yeux de mon petit frère, le fameux plongeon du couple avec la queue de la baleine qui nargue mon père qui encore une fois n'avait pas préparé l'appareil

Ca a vraiment été une décision. SInon je pense que le souvenir de ce moment, comme tous les autres se serait estompé avec le temps.
La dernière fois que j'ai pris cette décision de graver un moment dans ma mémoire c'était en
Inde. Tous les matins, j'allais travailler vers 6h30. En hiver, il faisait très très froid. Je m'enveloppais donc dans mes shawls, j'enfilais mes gants et je sortais. Dehors tout était désert. Au bout de la rue, dans la brume je voyais la silhouette du rickshaw qui m'amenait au boulot tous les matins. Un gosse d'une quinzaine d'année.
Un sourire et nous voilà parti. Sur le chemin on passait devant un temple. Il avait les coupoles typiques, les petites fenêtres en arc, légèrement illuminées par une faible lumière. Les étoiles brillaient au dessus, tout était silencieux (pour ceux qui connaissent l'
Inde c'est en soi un moment unique) j'avais l'impression de voler cet instant à un conte des mille et une nuits. Que tout pouvait arriver, que ce temple était le mien, que la magie n'était pas loin. Que cette journée m'appartenait.
Tous les matins. C'était un concentré d'émotion.