Pour développer sur l'idée de n'acheter en e-commerce que ce qu'il est vraiment impossible de trouver ailleurs, il faut bien saisir que la recherche constante et absolue qu'ont les clients (donc les entreprises de vente à distance) pour des prix bas, boostée par l'existence des comparateurs de tout et n'importe quoi, a détruit les entreprises locales mais aussi les compétences humaines.
Le technicien cycles qui sait (savait) à la fois vendre, conseiller mais aussi installer, régler, réparer et même fabriquer (les vélocistes soudaient eux-mêmes les cadres) coûte plus cher en salaire, en formation, en cotisations sociales que l'employé sous-payé et non formé, voire non salarié, à qui on ne demande que de conduire un camion de livraison et scanner une étiquette codée.
On a donc le commerce qu'on a cherché, des structures les moins sûres possible faisant travailler des personnes sans compétences qui étant mal payées n'ont pas à développer de conscience professionnelle. Ceci permet de faire du chiffre en abaissant le coût du travail humain, et d'acheminer le plus grand nombre possible de colis pour rafler le marché sans l'investissement humain (salaires, formation, sérieux) que demande une structure de vrais professionnels.
C'est pareil dans tous les domaines, tout professionnel qui a un vrai métier demandant de réelles compétences se voit mis en concurrence avec une organisation numérique ou autre dont le seul but est d'abaisser la part du coût humain dans le prix du produit ou du service. Autres exemples dans le cycle : on a abandonné le triple plateau qui imposait un travail de réglage par un professionnel, les roulements à paliers coniques très performants et bien adaptés aux roues de vélo (efforts axiaux) mais demandant un réglage de jeu deviennent rares, on vend des vélos en seulement 3 tailles dotés d'une potence réglable pour éviter le travail de fabrication et de tri, mais aussi la prise de mesure chez le vendeur, etc.
Durant le confinement, on a testé l'entreprise sans locaux ni rencontre des collègues (le télétravail), l'apprentissage sans enseignant (par écran) pour les gamins, on a déjà la médecine sans médecin (télémédecine), la restauration sans restaurant (delivroo et autres), le taxi sans taxi (uber), les locations sans contrat de location (airBnB), les emplois sans employeurs (auto-entreprenariat), etc.
Bref, ne pas s'étonner de la vente par correspondance sans livraison, c'est le monde de demain !