Au debut, il y avait meme des camps diriges par les KR!" kao y dang" etait lui gere par l'ONU, l'un des moins durs.. Pour ceux qui aiment l'Histoire...
Cambodge : nous sourions le jour, nous pleurons la nuit (P.Horovitz 1991) « Il y a de quoi devenir fou »
Les camps sont divisés en secteurs, avec des chefs, ces chefs sauf exception sont nommés par la faction qui administre le camp, l’administration elle-même n’étant pas élue, mais auto-proclamée. Le contrôle sur les populations des réfugiés à des fins partisanes est de la volonté politique des
USA qui ont rejeté un projet de camps neutres qui avait été avancé par la
Thaïlande. C’est dans ce contexte qu’une aide internationale massive a été apportée aux réfugiés par l’intermédiaire de l’UNBRO et de dizaines d’organisations humanitaires. Mais récemment, plusieurs pays ayant réduits leurs contributions, les rations de riz ont été diminuées. La nourriture est tout juste suffisante mais elle est garantie, les soins médicaux et chirurgicaux sont assurés, un enseignement est dispensé. Tant et si bien que l’on vit moins mal dans les camps de
Thaïlande qu’à l’intérieur du
Cambodge.
Mais les réfugiés portent en eux une blessure morale. Après toutes ces années passées dans les camps sans réelle perspective, ils ressentent une grande lassitude. Ils mènent une vie d’assistés pleine d’incertitudes pour l’avenir. « Il y a de quoi devenir fou » dit un vieil homme, 6 ans de vie dans les camps. Alors l’éclatement des familles à la faveur des circonstances atteint les réfugiés au plus profond d’eux-mêmes. Au quotidien, l’insécurité peut provoquer un sentiment d’angoisse. En fin d’après-midi, lorsque les véhicules des associations d’aide humanitaires quittent les camps, l’atmosphère devient pesante. Le soir, c’est l’obscurité dans les rues et il n’y a a pas de téléphone. Comment se protéger ? Les maisons de bambous ne sont guère résistantes et les armes pénètrent dans les camps par différents canaux incontrôlables. Le confinement d’une population sur une surface limitée exacerbe les tensions et il arrive que les conflits familiaux ou politiques se règlent à coups de hache ou à la grenade. La veille de ma visite à site 2 une bombe a explosé, tuant une femme et faisant 7 blessés. Une mère de famille qui m’invite à partager son repas me confie : « Ici c’est la loi de la jungle, j’ai peur pour mes enfants et pour moi. Nous sourions le jour, nous pleurons la nuit ».
Le passé, ce sont les bombardements américains, les atrocités des Khmers Rouges, puis l’occupation du pays par l’armée vietnamienne pendant 10 ans, et la guerre civile qui n’est pas encore terminée aujourd’hui. La campagne cambodgienne est truffée de mines anti-personnelles, tous les jours il se produit des accidents. Alors ils ont voulu fuir leur pays. certains ont quitté le
Cambodge il y a une dizaine d’années et beaucoup d’enfants sont nés dans ces camps. Ils ne connaissent pour tout horizon que les clôtures qui les entourent ou les environs immédiats ; ils n’ont jamais vu de rizières ou de buffles qui constituent le paysage de la campagne cambodgienne. « Où habites-tu ? » - « Section 49 » me répond une petite fille de 4 ans. « Ce que j’aimerais, c’est devenir un touriste » déclare un garçon de 18 ans, dont 10 passés à l’intérieur des camps. « Quand connaîtrons-nous la paix ? », « Qu’allons-nous devenir ? » me demandent plusieurs réfugiés qui imaginent le visiteur mieux informé qu’eux. Leur espoir fou, c’est le « 3ème pays », expression qui revient comme une litanie. Ce 3ème pays, ce serait un pays d’accueil définitif après le passage par les camps en
Thaïlande, le 2ème pays. Mais un peu partout les portes se ferment. Personne ne veut accueillir ce flot de réfugiés qui ne tarit pas. Officiellement, sauf pour le camp de Khao I Dang administré directement par l’ONU, les réfugiés ne sont pas des réfugiés, mais des « personnes déplacées », ce qui leur enlève le droit de s’installer définitivement sur une terre d’accueil. La seule solution envisagée actuellement, c’est le rapatriement. La technologie la plus moderne est mise à contribution : la
France finance un projet de photos satellite pour déterminer les emplacements propices à une éventuelle ré-implantation au
Cambodge