Bonjour à tous
Voici quelques remarques à propos du livre de Pierre Baptiste et de Thierry Zéphir :
"L'Art khmer dans les collections du musée Guimet"
Le Musée National des arts asiatiques -Guimet : ce musée s'est constitué à l'initiative d'Emile Guimet (1836-1918), industriel et érudit lyonnais. Il réunit d'importantes collections d'objets d'art qu'il présenta à
Lyon à partir de 1879.
En 1889, Emile Guimet transfère ses collections dans le musée qu'il fait construire à
Paris. A l'origine ce musée s'appelait "Musée des religions" puis "Musée Guimet" et maintenant "Musée des arts asiatique – Guimet"
La collection khmère du musée Guimet, telle qu'elle apparaît aujourd'hui est la plus complète au monde en dehors du
Cambodge.
Le Musée Indochinois du Trocadéro : entre 1878 et 1925, un
musée indochinois, conséquence des découvertes de l'explorateur Louis Delaporte, occupe un tiers de l'aile Passy du Palais du Trocadéeo. Il faut cependant attendre 1882 pour qu'une aile du Trocadéro soit consacrée officiellement à un
musée de l'Art Khmer.
Louis Delaporte est nommé conservateur des collections khmères (poste qu'il occupera jusqu'à sa retraite en 1924). Grâce à lui, des pièces majeures entrent dans les collections nationales. En 1889, le musée Khmer devient
"Le musée Indochinois" et s'ouvre largement sur l'ensemble des arts de l'
Asie du Sud-Est.
Louis Delaporte meurt en 1925 à l'âge de 83 ans
Par la suite les collections iront enrichir le Musée national des arts asiatiques - Guimet.
L'EFEO : l'École française d’Extrême-Orient est fondée en
1898 à
Saigon, sous la dénomination originelle de Mission Archéologique d'Indo-
Chine. (Arrêté 15/12/1898 signé Paul DOUMER Gouverneur général de l'Indochine de 1897 à 1902).
En 1900 la dénomination de l'institution est changée : elle porte désormais le nom d'
École Française d’Extrême-Orient. (Arrêté du 20/01/1900 également signé par Paul DOUMER).
Pour plus de détails voir le site de l'EFEO
www.efeo.fr/
dans la partie "Statuts" puis "Arrêtés fondateurs 1898-1902"
Le livre
"L'Art khmer dans les collections du musée Guimet" présente 300 objets, 132 d'entre eux sont décrits avec beaucoup de détails.
Pour chaque objet il est mentionné ceci : origine "géographique" de la découverte (province et le temple dans lequel a été trouvé cet objet) – la désignation de l'œuvre – sa datation – son style – sa matière (en général le grès) – la personne (ou "l'organisme" ou la mission) qui a découvert l'objet.
Provenance des objets déposés au Musée :
Mission Louis Delaporte 1873-1874 : 88 objets
Mission Etienne AYMONIER 1882-1883 : 39 objets
Mission Lucien FOURNEREAU 1887-1888 : 3 objets
Mission Urbain BASSET 1896-1897 : 2 objets
Musée Indochinois du Trocadéro : 24 objets
EFEO : 56 objets (1922 : 7 – 1931 : 15 – 1936 : 34)
Don Adhémard LECLERE en 1897 : 8 objets
Don de Mme Georges GROSLIER et Bernard-Philippe GROSLIER, en 1974 : 4 objets
Dons et legs divers, entre 1886 et 2006 : 37 objets.
Musée de l'Outre-Mer : 4 objets
Dépôt de la faculté de
Marseille 1 objet
Acquisitions par la Musée Guimet : 33 objets
Mon avis ce livre : je recommande ce livre aux passionnés d'art khmer. Les photographies sont très belles. La description des pièces présentées (132) est très détaillée.
La période du "style d'
Angkor Vat" (1080-1175) correspond aux règnes des rois suivants : Jayavarman VI, Suriavarman II (constructeurs d'
Angkor Vat) et Yaçovarman II. Ces rois pratiquaient l'hindouisme, or durant cette période différents objets bouddhistes ont été découverts, ce qui confirme que le syncrétisme entre l'hindouisme et le bouddhisme existait et cela dès le début de la période préangkorienne : voir le livre de
Maurice Glaize – chapitre "Religions" –
"Les monuments du groupe d'Angkor".Quelques pièces de la période post-angkorienne (du XVème eu XIXème siècles) sont présentées, elles sont toutes bouddhistes
Ce livre est disponible au Musée Guimet et sur internet pour un montant d'environ 82 €.
Quelques détails sur les personnes citées :
Louis DELAPORTE : 1842-1925
La première mission de Louis Delaporte en Indochine est "La mission Doudart de Lagrée – Garnier" (1866-1868). Dite "Expédition française du
Mekong". Le but principal de cette mission était de reconnaitre les voies navigables pour rejoindre la
Chine.
Le chef de cette mission était le Capitaine de Frégate Ernest Marie Louis de GONZAGUE DOUDART deLAGREE (1823-1868). Il était accompagné des personnes suivantes : le Lieutenant de Vaisseau Francis GARNIER (1839-1873) qui sera son adjoint – Clovis THOREL (1833-1911), médecin et botaniste – Louis de CARNE (1844-1870) participa en tant qu'attaché au Ministère des Affaires étrangères – Lucien JOUBERT anthropologue – Emile GSELL (1838-1879) photographe et Louis DELAPORTE qui avait été recruté en raison de ses talents de dessinateur.
Emile GSELL a effectué nombreux clichés du temple d'
Angkor en 1866. Contrairement à ce que pensent certaines personnes GSELL n'était pas le premier à prendre des photos des temples d'
Angkor mais un écossais John THOMSON (1837-1921) : en 1865, il se rend à
Bangkok où il photographie la vie de cour, les temples, les scènes de rue, avant de visiter
Angkor et ses monuments
(Sources "Angkor naissance d'un mythe").
Lors de cette mission Delaporte découvre le site d'
Angkor. Ce fut un choc émotionnel. Devant les ruines envahies par la végétation luxuriante de ces régions tropicales, il s'écrie, enthousiaste :
"La réalité surpasse le plus beau rêve." Et d'expliquer plus tard dans ses écrits :
"je n'admirais pas moins la conception hardie et grandiose de ces
monuments que l'harmonie parfaite de toutes leurs parties"...
La seconde mission de Louis DELAPORTE :1873-1874
Après une interruption due à la guerre de 1870, il peut repartir en 1873, avec l'appui de la Société de Géographie. Il obtient des ministères de la Marine, des Affaires étrangères et de l'Instruction publique, une double mission : vérifier la navigabilité du fleuve rouge de son delta jusqu'au
Yunnan
et constituer la première collection officielle d'art khmer en
France.
Son livre
"Voyage au Cambodge. L'architecture khmère" relate cette mission.
La troisième mission de Louis DELAPORTE : 1881-1882.
Au fur et à mesure qu'il avance dans son travail, ses documents se révèlent insuffisants. Il lui faut retourner au
Cambodge, pour y
"achever l'étude artistique et archéologique des anciens monuments khmers et y recueillir des œuvres de sculpture et d'architecture destinées à compléter le musée". Mission obtenue, il repart pour quelques mois – d'octobre 1881 à février 1882. Cette fois encore, comme en 1873, la moisson archéologique est très riche, mais Delaporte manque de mourir. Terrassé par la fièvre, il est rapatrié d'urgence. Cette expédition permet d'enrichir encore le fonds du musée.
Après ce dernier séjour au
Cambodge en 1882, Louis Delaporte pour des raisons de santé ne pouvait plus retourner dans ce pays il a alors organisé diverses missions pour compléter ses collections (une dizaine de mission environ), la dernière en 1896-1897.
Voir l'article d'
Elisabeth Grillo-Nicolini :
emmanuel.guyetand.free.fr/.../Laporte/Celebre.htm
Pour plus de détails sur Louis DELAPORTE voir le livre
"Angkor naissance d'un mythe".
Etienne AYMONIER (1844-1929) : il était officier et administrateur colonial français, spécialiste des cultures khmère et
cham. Il est l'auteur d'une étude en trois volumes sur le
Cambodge qui donne pour la première fois les traductions des inscriptions trouvées sur le site épigraphie
Pour plus de détails voir sa bibliographie par George Coedès, "
Étienne-François Aymonier". BEFEO, 1929, XXIX.
Lucien FOURNEREAU : il étaitarchitecte. Lucien Fournereau est le premier à partir en mission pour Delaporte. Il était chargé de faire des photographies, il était accompagné de Sylvain RAFFEGEAUD (sculpteur) qui chargé de faire des moulages.
Delaporte avait laissé à Fournereau et à Raffegeaud un carnet de 31 pages avec des instructions, croquis et plans.
(Voir "
Angkor naissance d'un mythe). Sylvain RAFFEGEAUD a effectué en 1890-1891 l'avant dernière mission organisée par Delaporte.
Pour Lucien Fournereau voir "Photographes d'Asie (1840-1944)" :
photographesenoutremerasie.blogspot.fr/...uis-l...
Urbain BASSET (1842-1924) a effectué la dernière mission organisée par Delaporte en 1896-1897. Il a également fait des moulages.
Adhémard LECLERE : administrateur colonial. En mai 1886, il est nommé résident de
France au
Cambodge. Il occupe plusieurs postes dont celui de résident-maire de
Phnom Penh de 1899 à 1903. En 1908, il est nommé inspecteur et conseiller à la résidence supérieure, poste qu'il occupe jusqu’en 1911.
Georges GROSLIER et Bernard-Philippe GROSLIER :
George GROSLIER (1887-1945) est artiste peintre, scientifique, archéologue, ethnologue et photographe. Il laisse une œuvre écrite dense et variée composée de nombreux ouvrages sur l'archéologie et l'art du pays khmer. Il n’était pas membre de l'EFEO
Bernard-Philippe GROSLIER (1926-1986) : Membre de l'EFEO de 1951 à 1953, puis détaché du CNRS de 1958 à 1975. Il a consacré l'essentiel de sa vie à
Angkor, comme archéologue, restaurateur et comme chercheur.
Voir le site de l'EFEO dans "Chercheurs d'Asie" '
Cambodge"
www.efeo.fr/...hies/cadrecambod.htm
Voir également "La cité perdue des rois khmers" :
angkor.wat.online.fr/
dans "Les découvreurs" puis "Les pionniers de l'archéologie khmère"
angkor.wat.online.fr/dec-george_groslier.htm
Jacques