J7 (15/07/2017) Khama Rhino Sanctuary -> Sunday Pan (CKGR) :
Comme prévu il a fait très très froid cette nuit.
Nous nous réveillons à 7h sous notre baobab et le beau ciel bleu de l'hiver austral
Vous remarquerez que nous avons changé d'emplacement.Toujours se méfier de la routine ! 
Aujourd'hui est un grand jour !
Nous partons pour 3 jours de safari en totale autonomie dans le Central
Kalahari Game Réserve, une des plus grande réserve naturelle du monde.
400 kilomètres nous séparent de Sunday Pan, notre camp de ce soir, au beau milieu du
Kalahari.
Nous prenons une dernière douche chaude et levons le camp à 8h10.
Pas le temps de niaiser, nous quittons directement la réserve.
De toute façon nous avons bien compris que les rhinos n'étaient pas très matinaux.
Bilan Khama Rhino Sanctuary :Le sanctuaire fait 4300 hectares (10 fois plus petit que le Pilanesberg), ça peut paraitre petit mais c'est parfait pour une ou deux journées et les observations de rhinocéros sont magnifiques.Les pistes sont parfois deep sand, à travers un bush assez dense, un beau petit bout de Kalahari ! 
Nous avons adoré cette première expérience de safari tout terrain et au final, malgré un incident dont nous ne connaitrons jamais la finalité, nous avons passé une très belle journée.
Si je devais formuler un seul tout petit regret ce serait de ne pas avoir vu de black rhino.Une bonne raison de revenir ! 
Nous repassons à
Serowe pour faire le plein de course pour la semaine à venir.
En effet le prochain ravitaillement prévu sera à
Kasane, dans 8 jours.
Le GPS nous perd un peu en ville.
Je ne sais plus si nous sommes allés au Choppies ou au Spar mais le magasin était très bien achalandé et nous avons même trouvé du poisson.
Nous faisons ensuite le plein d'essence et remplissons le jerrycan, au 3/4 comme Christo nous l'a conseillé pour ne pas en renverser partout dans la canopy.
Nous sommes parés !
Il ne manque que le bois mais nous n'en trouvons nul part.
Nous prenons l'A14 en direction du nord.
C'est une tar road longue et monotone mais j'aime bien rouler sur ce genre de ligne droite.

Nous passons 3 barrières "vétérinaires", 2 investies par la police pour contrôle de permis de conduire et une dernière où il n'y a personne.
Je m’arrête à Mopipi pour réajuster le plein, de peur que les stations plus proches ne soit pas ravitaillées.
Enfin, nous passons à Rakops pour un dernier plein, en compagnie d'autres véhicules de Bushlore, chez qui j'avais hésité à louer notre 4x4.
Nous quittons Rakops et bifurquons sur la piste qui mène à Matswere Gate, l'entrée Nord-Est du parc.
La piste est géniale, je passe en H4 et je me fais plaisir.

Je m'éclate ! Ça fait du bien après 350km de bitume.
Les 45 meilleurs kilomètres de la journée !
Nous croisons des vaches, des chevaux, des ânes...
Un faucon,
et nous arrivons à Matswere Gate à 15h30.
Les formalités sont expédiés sans difficultés et nous achetons 3 tas de bois pour 75 pulas.
Rien à voir avec le firewood sud-africain bien emballé, ici le bois se vend sous forme de tas de grosses branches.
C'est moins pratique pour le rangement mais bien plus authentique.
Nous mettons, tant bien que mal, le bois dans la canopy,
et c'est partiiiiii ! A nous le CKGR !

C'est Alison qui prend le volant pour les 60kms de piste restants jusqu'à notre campement, soit environ 2 heures.
Ce parc, aussi grand qu'un pays (plus grand que le Costa Rica quand même) m'avait un peu stressé lors de la préparation. Pour cause il n'y a aucune structure dans la réserve (à part quelques lodges je crois), et nous sommes donc en totale autonomie.
En cas d'accident, de panne, d'ensablement, de crevaison, de maladie, morsure de serpent, piqure de scorpion... nous sommes livrés à nous même. Le nord est un petit peu plus fréquenté il me semble mais il y a très peu de camp et selon la saison on peut passer plusieurs heures/jours sans croiser personne.Tara de Botswana Footprints, par qui nous étions passé pour la réservation des camps, nous avait proposé une assistance avec rapatriement par hélicoptère en cas de problème mais nous n'avions pas souscris.
Nous avions juste loué un téléphone satellite avec les numéros utiles (celui de la gate, de l'ambassade, du loueur, de Botswana Footprints...)
Pour ce qui est du gazoil, nous avions environ 140L dans les réservoirs plus 15L dans le jerrycan.
Finalement je suis rassuré.
Certes nous ne croisons personne mais les pistes sont en assez bon état.

Pour l'instant...
Nous voyons quelques oryx mais nous ne nous arrêtons pas.
Nous voulons arriver au camp avant la nuit.
Contrairement au Khama Rhino, où il n'y a pas de prédateurs, le
Kalahari est réputé pour ses félins.
Pour une première nuit en pleine nature je trouvais donc raisonnable d'arriver sur notre campsite avant qu'un groupe de lion décide de le squatter pour la nuit et histoire de vérifier qu'il n'y a pas de léopard dans l'arbre, ou un black mamba... ce genre de petites choses insignifiantes.

Nous arrivons à Sunday Pan à 17h40.
Malgré le coté très free de cette réserve, pour des raisons de préservation et de sécurité, il est interdit de camper en dehors des quelques emplacements prévus à cette effet.
Les campsites sont très éloignés les uns des autres (parfois plusieurs kilomètres), la seule contrainte c'est qu'il y en a très peu et qu'il faut donc réserver très longtemps en avance.
Nous avons le campsite n°4.
Notre emplacement est génialissime, c'est un immense terrain plat (presque plus grand que le camping de Lower
Sabie !

) avec une magnifique vue dominante sur le pan.
Nous montons rapidement la tente et faisons aussitôt un feu !

Alors que je suis en train de prendre des photos un rugissement retenti dans le pan.
Un lion !!

Je me rapproche aussitôt du 4x4, il semblait vraiment très proche du camp.

Un peu plus loin lui répondent des hyènes (ou des wild dogs) et c'est parti pour un long dialogue...
La nuit tombe et nous restons (très) près du feu avec nos lampes torches, nos petzl et nos couteaux.

L'obscurité, les odeurs, les bruits... On se sent vraiment seuls au milieu de la savane.
Quelle sensation incroyable !
Soudain nous entendons bouger dans les hautes herbes, nous pointons nos lampes dans la direction du bruit. Plus aucun bruit.

Nous nous rapprochons, couteaux et bout de bois à la main... des souris !! Notre camp est envahit de souris. Plus de peur que de mal !

A peine nous rasseyons nous, j’aperçois l'ombre d'une énorme bête courir sur notre camp.
CETTE FOIS ON VA MOURIR !!!!
Je bondis et braque ma lampe vers le monstre qui fonce sur nous !
UN LIÈVRE SAUVAGE !!

C'est ainsi que ce termine ce carnet....
Une pensée pour Alison et Pierre attaqués par un lièvre affamé.
Qu'ils reposent en paix !
Ahah vous y avait cru !

Mon cri de guerre a effrayé l'animal et nous a sauvé la vie.
Nous faisons un bon braii de poisson et de légumes (ce qui n'a, en fait, rien d'un braii

)
Et je sors un peu le réflexe pour immortaliser les milliards d'étoiles qui brillent au dessus de nos têtes.
C'est magnifique !
Le lion continue de rugir dans le pan, il me fout les chocottes cet andouille !
Je ne m'attarde pas et nous nous couchons à 21h, à l'abri dans notre tente, emmitouflés dans nos pulls et nos 2 duvets chacun (ceux de Christo plus les nôtres).

Ce fut une journée de route assez ennuyante mais une soirée très riche en émotions.
Nous sommes déja sous le charme du
Kalahari !
->
J8