Observation des loups, ours, caribous au Québec Didine34000 · 18 décembre 2011 à 11:02 · 5 photos 51 messages · 14 participants · 14 678 affichages | | | | À: Natisa · 22 décembre 2011 à 1:52 Re: Observation des loups, ours, caribous au Québec Message 41 de 51 · Page 3 de 3 · 1 660 affichages · Partager Merci, c'est un plaisir partagé que de te lire toi aussi, ainsi que Kashtin   ... La Basse Côte est définitivement l'endroit que j'ai préféré de tous le pays hiver comme été! Son côté sauvage et authentique en fait pour moi un endroit extraordinaire à explorer C'st donc tjrs un plaisir que de l'évoquer, de partager où de lire sur le sujet...
Bien à toi | | | À: Kashtin · 22 décembre 2011 à 13:39 Re: Observation des loups, ours, caribous au Québec Message 42 de 51 · Page 3 de 3 · 1 638 affichages · Partager bonjour Pascale et Alain,
ici, dans la basse vallée du Rhône l'hiver nous a jusqu'ici épargné mais la cheminée flambe malgré tout.....
la scie à chaîne a bien travaillé pendant l'été...
pour en revenir (indirectement) aux caribous j'ai repensé à une anecdote que je pensais avoir postée à la suite de '' pisté par les loups du Labrador '' que tu connais et que j'ai rapportée en 2009 dans : Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"
Mais je me suis aperçu qu'elle était restée dans l'ordi... et comme elle concerne indirectement les caribous du sujet la voilà. Qui sait.... elle pourra peut être servir à un voyageur parti observer les troupeaux et maintenant égaré et affamé  !!
Trucs de survie au pays du caribou et gastronomie Innu
La pessière à lichens nordique c'est le domaine de '' la mousse à caribou'' ce lichen blanc géant le Cladonia des botanistes (Cladonia - Wikipedia, the free encyclopedia ) qui ne poussant généralement pas sur la roche mais sur le sol, arrive à monter jusqu'à une bonne douzaine, voire quinzaine de centimètres et confère à la forêt cet aspect blanchâtre si caractéristique vu de l'avion, ou même au sol oû il constitue un confortable tapis pour y marcher ou y dormir. Pays de grands troupeaux de caribous comme celui de la rivière George. Quelques milliers de têtes dans les années 50.... plus de trois quarts de million 40 ans plus tard (alors le plus grand troupeau du continent, comparable en nombre aux grands troupeaux Africains). Leur nombre même, une surpopulation locale, aurait contribué à leur déclin par la destruction massive, par consommation et par piétinement de ce lichen en été. Il semble que (dixit les biologistes) ces animaux n'aient pas beaucoup d'imagination et soient peu enclins à sortir des sentiers battus au sens propre du terme car de la mousse à caribous il y en a toujours eu en dehors de leur trajet migratoire habituel. Troupeau actuellement donc en décroissance, probablement pour plusieurs raisons (redixit les biologistes) mais encore impressionnant avec 300 à 400 000 têtes.
Bref....
Ce jour là au nord de Schéferville en direction de Kuujjuak (alors encore connu sous le nom de Fort Chimo) sur la rivière.. c'est la poisse
Trop de confiance, la perspective d'un pénible portage, une photo aérienne indécise et une reconnaissance à pied insuffisante nous ont amené, Thomas le guide Montagnais- qui m'accompagne depuis des semaines- et moi-même à choisir de sauter le rapide que l'on entend un plus en aval.
Un quart d'heure plus tard nous réalisons notre erreur d'appréciation.... nous débattant dans l'eau, portés par nos gilets de flottaison, doublés par notre canoe freighter de 18 pieds qui continue son voyage seul et file maintenant allègrement devant nous la coque en l'air, notre équipement au fond de la rivière ou bien dérivant.
Dans un tel cas on pense d'abord à regagner la rive sans se préoccuper trop du reste mais, la rive atteinte, la précarité de la situation vous apparaît dans toute sa simplicité...
C' est simple en effet. Nous avons été déposés, dix jours plus tôt par le Beaver en amont et notre prochain rendez vous n'est prévu en aval, sur un lac, qu'à quelques jours de canoe plus tard. Ce qui veut dire qu'entre temps il va falloir se débrouiller. Documents et 10 jours de travail ont coulé ou dérivent... Ce point étant fait il ne nous reste plus qu'à nous mettre en marche vers l'aval en suivant la rive. L'équipement sauvé des eaux est vite inventorié : un marteau pic, une boussole ''scientifique'' Brunton, nos deux couteaux à lame fixe dans leur fourreau, une hachette dans son étui, un podomètre manuel, le tout accroché à la ceinture, une boussole '' de marche'' Sylva et un étui à photos aériennes au cou, nos deux tubes étanches d'allumettes tous-temps, un stylo lance-fusées et quelques fusées. Mais aussi un petit rouleau d'un fin fil métallique, suffisamment souple pour qu'une extrémité constitue un noeud coulant mais suffisamment rigide pour que le dit noeud puisse rester ouvert de lui même. Autrement dit un collet. Il ne quitte jamais la poche de Thomas. Par contre la petite boite métallique de tabac à rouler Players dans laquelle il garde son matériel halieutique, du fil, des hameçons et un peu de plomb, est restée dans la rivière. Çà c'est embêtant... je sais par expérience qu'avec ces accessoires on aura toujours à manger. Le soir ou même le matin, à la sortie du sac de couchage, il arrivait que des truites de rivière passent directement de l'eau dans la poêle à frire; lors de la traversée de certains lacs il arrivait que le repas du soir se prépara tout seul, il suffisait de laisser trainer derrière le canot une ligne plombée et pendant que nous pagayions la grosse truite grise de fond se prenait au piège. Excellente chair blanche et une seule prise d'une bonne vingtaine de livres suffisait pour plusieurs personnes. Mais sans hameçon..comment pêcher ?
J'ai bien une certaine maitrise de la pêche '' à la main'' remontant à ma tendre adolescence quand le garde-champêtre et la maréchaussée avaient le dos tourné... mais compter là dessus pour manger surtout sur ces grosses rivières.. hum !
Bref !
Il faut maintenant faire du feu, se sécher puis remis de ses émotions et réchauffé, commencer à marcher vers l'aval... et nous marchons donc en collant à la rivière.
A la sortie du rapide celle- ci reprend sa course normale, dans son lit aux rives assez rectilignes. Pas le moindre méandre sableux sur lequel notre canoe pourrait s'échouer, où diable allons nous le retrouver et dans quel état. La poisse disais-je. Mais la chance va bientôt tourner... nous apercevons un banc de roche siliceuse émergé, dur et résistant, formant un haut fond et barrant la rivière sur une bonne largeur. Notre canoe qui paraît intact s'y est drossé et y est maintenu plaqué par le courant.
C'est donc un jeu d'enfant de le récupérer et avec lui les quatre sacs étanches solidement amarrés aux barres transversales. L'un contient les documents de travail du voyage, un autre les échantillons de roche collectés, un autre un peu de nourriture dont du pain en tranches, des barres de céréales, des sachets de smoked meat épicée qu'il suffit de tremper dans l'eau bouillante pendant un court instant pour préparer de délicieux sandwiches une boite de thé en vrac et un petit récipient à tout faire. Un dernier renferme nos couvertures de survie en feuille d'alu, la trousse à pharmacie, une trousse de secours pour '' patcher'' les trous du canoe bien que Thomas ait ses propres recettes à base de gomme (résine) d'épinettes et....le grand carré de vinyl fluo rouge destiné, comme le lance-fusées stylo, à nous faire repérer plus facilement depuis les airs en cas de besoin. C'est fou ce que l'on peut faire avec les résines de l'épinette : réparer un canot, préparer une décoction pour soulager les maux d'estomac, voire les ulcères, un emplâtre pour couvrir une blessure, du chewing- gum pour soigner ses gencives, une pâte pour élaborer une torche... entre autres.....
La situation s' est donc améliorée, la récupération des documents et cartes sauvent mon honneur celle du canoe sauve celui de Thomas.... Un géologue qui perd ses cartes, un guide qui perd son canoe... çà aurait fait désordre.
On peut donc sourire... mais il faut aussi penser aux nourritures terrestres. Celle du repas du soir et de la journée à venir est assurée et la présence de Thomas est réconfortante car avec tous les trucs qu'il connait et distille au fur et à mesure des semaines, au fil des ''traverses'' dans le bois, et le soir sous la tente, j'ai l'impression de suivre des travaux pratiques de choses naturelles ou des cours de survie comme celles que pendant un temps certaines corporations feront plus tard subir à leurs cadres, histoire de créer un esprit de corps, prétendra-t-on. Il m'a montré un jour comment localiser une ancienne cache à nourriture enterrée qui n'était plus en service depuis longtemps et que je n'aurais jamais identifiée seul. Il va encore m'apprendre des choses sur la vie dans le bois, j'en suis sûr. Peut-être à préparer un sandwich à base de sous-écorce d'arbres et de racines !!... Thomas est en effet un vieux briscard qui à l'époque approche la soixantaine ; il a travaillé comme guide de chasse et de pêche pour d'innombrables ''parties'' en un temps où le ''guide'' était vraiment nécessaire, dans tous les sens du terme. Trappeur chasseur, pêcheur, cueilleur, coureur des bois et... buveur à l'occasion, lorsque vient le temps de prendre une brosse.
Coureur des bois... littéralement en effet, il me racontait un jour comment plus jeune de trois décennies il avait fait en trottinant, en partant avant l'aube, 20 km aller, autant au retour, sous le packsack pour rapporter à une partie de chasseurs américains les oeufs, le beurre, le bacon, les saucisses et d'autres ''nécessités'' qui leur manquaient.. pour le breakfast. Un autre jour c'est moi qu'il a ramené sur ses épaules sous la tente au bout de trois heures de marche, mon genou ayant, à la mi journée, subitement enflé comme une baudruche. Incapable de marcher, seul j'aurais probablement été bouffé vif par les mouches noires de la tourbière voisine... cet incident m'avait immobilisé sous la tente, 48 heures au régime de l'aspirine, de la pommade sortie de la trousse de secours et d'un emplâtre chaud à base d'aiguilles et de résine de pin concocté par Thomas.
Il est vrai que voyager sur les rivières du Nord du Québec pendant plusieurs mois de suite même en 'été çà ne se fait pas sans baigner dans l'humidité. On peut ''verser'' comme ce jour là, on peut avoir à pagayer sous la pluie et le vent pendant des heures, on peut avoir à remorquer derrière soi à l'aide d'une corde le canoe chargé d'équipement en marchant dans l'eau pendant des heures si la rivière n'est plus qu'un ruisseau insuffisamment profond, on peut avoir à descendre dans l'eau pour hisser son canoe par dessus le barrage que les castors ont monté en travers de la petite rivière, obstruant complètement le passage.
Pourquoi ne portions nous pas des bottes de caoutchouc, rubbers ou autres Welllington ? Tout dans le caoutchouc, ?... c'était évidemment impensable en terme de confort.
Notre botte préférée a une base de caoutchouc mais une tige de cuir montant à mi- mollet et fermant par lacets. La tige bien graissée, les lacets bien serrés on peut traverser une zone humide, une swamp, un ruisseau en restant au sec. Mais à la vérité, au bout de quelques jours on accepte l'idée que les pieds vont rester mouillés quasi en permanence ce qui permet de s'affranchir de contraintes à l'efficacité douteuse. Comme je le dirai plus tard dans les ''cercles urbains'' devant des paires d' yeux arrondis !! il m'est arrivé de rester trois mois sans me laver les pieds et cependant je ne les ai jamais eus aussi propres, roses et tendres comme ceux d'un bébé... Il y a une chose cependant qui m'est toujours restée insupportable: devoir le matin enfiler ses chaussettes froides et humides qui n'ont pas eu le temps de sécher pendant la nuit .
D'autres matins rachètent les moments difficiles. Par exemple la sérénité étrange d'un départ dans l'ouate épaisse de la brume, dans un petit canoe de 12 pieds, sur un chenal de méandre d'une grande tourbière, si étroit que de la cuillère de la pagaie peut quasi en toucher les bords. La visibilité est minimale, la progression est lente mais la pagaie totalement silencieuse sur l'eau calme qu'elle dérange à peine. Images de film... Seul l'appel d'un oiseau se fait entendre de temps en temps. Vous vous demandez sur quoi vous allez tomber au prochain méandre et soudain se dessine à quelques mètres la silhouette d'un orignal prenant son petit déjeuner de plantes aquatiques la tête sous l'eau.
La première nuit suivant le ''naufrage'' nous dormons directement sur la ''mousse à caribou'' autour d'un feu, un doux et confortable matelas. Cette mousse à caribou, fragile, car se régénérant très lentement, peut garder vos empreintes de bottes d'une années sur l'autre
Le lendemain nous reprenons la descente et retrouvons nos sacs de couchage échoués sur la rive ainsi qu'un bidon de un gallon à moitié plein de naphta qui ne nous servira pas à grand chose puisque nos Coleman, réchaud et lanterne, sont eux restés au fond de l'eau. Mais pour les sécher ces gros sacs kaki de toile de coton, modulables, aussi volumineux qu'un ''duffle bag'' de soldat, venant d'ailleurs probablement de surplus militaire, il va falloir entretenir le feu pendant longtemps et çà n'est pas ce soir que nous pourrons les utiliser. Cette seconde nuit sera donc passée encore autour du feu de camp.
La nourriture récupérée dans le sac étanche nous permet de manger à notre faim sans avoir recours aux trucs de survie de Thomas
Dans la matinée du troisième jour nous arrivons au lac, point de rendez vous avec l'hydravion. Il est prévu de n'en être ''sorti'' par l'hydravion que le sur lendemain matin
Un peu en retrait du rivage se trouve une rudimentaire cabane de pêche ou de chasse, en tous cas un refuge pour le voyageur qui a perdu sa tente. Un peu de confort assuré pour les deux derniers jours ! Peut-être aussi quelques boîtes de conserves... nous savons que c 'est ici l'usage : un jour on profite de quelques provisions laissées par le précédent occupant, un autre jour on en laisse à son tour pour l'occupant suivant. A voir les lieux ils ne doivent pas être occupés souvent.
Notre premier souci est donc de faire l'inventaire. La cabane contient deux bunk beds bricolés sur place, une table faite de deux feuilles jointes de contreplaqué clouées sur des 2x4 et des bancs, un évier muni d'un robinet connecté à un tuyau souple dont on verra qu' il va chercher l'eau, par gravité, à une source au pied de l'esker, un évier, quelques ustensiles de cuisine de base et un poêle à bois de tôle. Question matériel : des ustensiles de cuisine de base, une grande hache à fendre, une scie égoine, une boite de clous atteints par la rouille, une lanterne Coleman à double manchon et encore un petit bidon avec un fonds de naphta. Sur un rayon quelques livres, surtout en anglais dont des Selection du Readers Digest, des vieux magazines de chasse et ''outdoors'' ' et quelques antiques exemplaires de MAD, la célèbre revue humoristique. Autrement dit des classiques dans la situation !. On ne s'attendait pas non plus à trouver ''Ainsi parlait Zarathoustra''...Mais pas la moindre trace de matériel de pèche... un hameçon... mon salaire pour un hameçon !
Pas de conserves à première vue. Un bocal de verre d'un gallon renferme des traces de gros sel. Ce sel là n'a pas dû seulement servir à la cuisine mais peut-être à l'apprêt du gibier ou du poisson et probablement dans un temps plutôt ancien.. quelques cannes vides de Labatt. Un grand bidon contient lui quelques livres de pois secs. En faisant le tour du propriétaire nous découvrirons dans ce qui sert de vide-sanitaire sous la maison des centaines de bouteilles de bières et de ''cans'' vides ainsi qu'un nombre respectable de bouteilles de ''hard liquor'' whiskey et surtout gin..
Des petits pois secs.. l'aubaine pensons nous. Mais nous sommes tombés sur ce que je propose d'appeler dorénavant des pois- chevrotines. Chevrotines dont ils n'ont guère plus que la taille, celle de chevrotines à sanglier d'un calibre 12 et quasiment la consistance. Peut-être bien qu'ils sont là depuis dix ans ou plus ! En tous cas nous les faisons bouillir une première fois pendant peut-être une heure et ma foi ils sont toujours aussi durs.. nous les faisons re-bouillir encore et ils sont encore aptes à vous casser une dent. En fin de compte on ne pourra pas en manger vraiment.
Par contre pour le dessert c'est Las Vegas !! buffet à volonté ; derrière la cabane se trouve un ancien brûlé naturel entièrement colonisé par des baies sauvages, sortes de bleuets.. A en juger par les traces laissées, les ours en connaissent aussi l'adresse..
Thomas m'explique alors que l'on va devoir se rabattre sur la mousse à caribous. Voilà quelque chose à quoi je n'aurais jamais pensé seul, en effet je voyais assez bien ce truc ramifié classé dans les hallucinogènes et ne me serais pas risqué à halluciner seul le soir au fond du bois !!!
Il me parle aussi de la possibilité de manger la sous-écorce de certains arbres mais juge que dans l'environnement, pas de bouleau, épinettes noires rabougries, malades, la ''mousse à caribous'' c'est mieux.
Il m'explique encore que c'est très amer mais qu'il y a des moyens d'extraire cette amertume pour rendre la mousse comestible. Ouvrant le poêle à bois il y trouve des résidus de bois carbonisés, sorte de charbonaille et de la cendre.
Voilà ce que nous l'on va faire. On va cueillir la mousse en choisissant les jeunes pousses qui sont moins amères, remplir d'eau le grand fait-tout que l'on a trouvé dans la cabane, faire bouillir la mousse pendant un bon moment. Çà va extraire la partie la plus ''lessivable'' de l'amertume. On va jeter l'eau, bien rincer, re-remplir avec une nouvelle eau, y ajouter un peu de la charbonaille et refaire bouillir un moment. On obtiendra alors une sorte de gélatine, un jello très nourrissant. Dont on extraira tant bien que mal la charbonaille. Après çà on pourra y incorporer des oeufs de quelque oiseau pour faire une excellente omelette garnie. Bonne idée çà... des oeufs frais... je suis preneur...y'a plus qu'à trouver une poule compatissante. J'apprends aussi que les Anciens avaient l'habitude de prélever la mousse, partiellement digérée des caribous tués, directement dans l'estomac et de manger le tout tel quel. Sorte de ''haggis'' local.. bof.. je préfère la première recette... de toutes manières on n'a pas de caribou sous la main.
Soit dit en passant le truc du charbon (de bois) et son extra pouvoir adsorbant c'est le même principe qu'on utilise en ville quand on à une infection gastrique. Çà fixe, çà '' adsorbe '' littéralement les indésirables toxines qui traînent par là..
Quant aux usages de la mousse à caribous ils sont multiples, j'apprends ainsi qu'au début du siècle certaines femmes Innus s'en servaient encore comme couches à bébé et on peut deviner à quoi cela peut encore servir dans le bois....à défaut de pq !
Avant d'expérimenter la vieille recette de la gastronomie Innue de Thomas nous décidons de tenter d'améliorer le menu avec quelque chose de plus carné, par exemple un lièvre nordique. Même sans pruneaux çà pourrait faire notre affaire !!.
Nous voilà donc partis, Thomas devant, moi derrière, marchant d'un pas élastique comme c'est le cas lorsque la mousse à caribou est bien fournie et n' a pas été piétinée avant vous par l'homme ou par le caribou. La végétation d'épinettes noires est espacée et rabougrie, la visibilité étendue, on voit autour de soi. la marche est libre, dégagée à l'opposé de ce qu'elle est souvent dans la forêt pluviale la '' rain forest '' de la côte Ouest ou même la forêt boréale fermée plus au sud. En fait marcher là dessus est vraiment agréable. Thomas examine le terrain en quête d'un site favorable pour y poser son collet. Mais ce que nous découvrons bientôt est autre chose. Perchée à trois mètres au dessus du sol sur les branches tourmentées d'un pin rachitique une compagnie d'oiseaux, une sorte de grouses, s'est installée. C'est ben tentant tous ces volatiles... on se les verrait bien à la broche au-dessus du feu. Mais comment les attraper.. On en est si proche que je pense pouvoir en assommer un en lui lançant mon marteau à la tête tel un tomahawk, je le rate de peu, le souffle du coup aurait fait tomber son chapeau s'il en avait eu un comme aurait dit VH mais il le fait seulement changer de branche... pas plus que çà. Thomas me fait signe de ne pas en faire plus.. Nous reculons quelque peu, il choisit une jeune épinette bien droite du bon diamètre. De quelques coups de sa hachette de ceinture il la couche à terre. De quelques autres coups il l'élague et en fait une perche de 3 à 4 mètres. A son extrémité il fixe son fil métallique bien dans l'alignement, ajuste la boucle de manière à en faire un noeud coulant grand ouvert. Il retourne tout doucement vers les oiseaux, délicatement passe le collet autour de la tête d'un premier, sans le toucher, puis d'un coup sec tire en arrière. Le collet se referme décapitant le volatile qui tombe au sol en deux parties... Les autres ne réagissent pas... Stupides lagopèdes !.. A deux reprises Thomas répète l'opération avec le même résultat avant que le reste de la compagnie ne s'alarme et s'envole pour aller un peu plus loin. Nous repartons donc vers la cabane avec trois oiseaux sans têtes que finalement nous décidons de faire bouillir dans le fait-tout trouvé sur place, sur le poêle à bois. La poule au pot en somme. Et bien, en vérité je vous le dis, si un jour vous êtes amené à faire de même n'oubliez pas le sel et le poivre car c'est plutôt insipide...
pois-chevrotines bouillis, lagopèdes bouillis...mousse à caribous bouillie...c'est pas Byzance, vivement un bon T-bone et des patates à la sour- cream !
Enfin cette nuit là nous la passons dans nos sacs de couchage enfin secs sur les bunk beds et l'estomac garni et au retour de ce voyage je sais :
- comment attraper une grouse (cette variété en tous cas) avec un collet... pour une perdrix rouge, une bartavelle ou une bécasse pas sûr que çà marcherait aussi facilement... !
- comment préparer la ''mousse à caribous''
- mais je ne sais toujours pas comment rendre comestibles les pois-chevrotines
jean-paul Images attachées: Photo postée par le membre Cochize. Photo postée par le membre Cochize. Photo postée par le membre Cochize. | | | À: Cochize · 22 décembre 2011 à 14:14 Re: Observation des loups, ours, caribous au Québec Message 43 de 51 · Page 3 de 3 · 1 620 affichages · Partager Hello Jean-Paul! 
On va prendre le temps de déguster tranquillement ton histoire ce soir. Mais n'oublie pas de la mettre dans l'autre post, celui du conteur, tu sais... 
A bientôt peut-être, on descend à la mi-janvier en Lozère  ,
Pascale | | | À: Cochize · 22 décembre 2011 à 14:19 Re: Observation des loups, ours, caribous au Québec Message 44 de 51 · Page 3 de 3 · 1 618 affichages · Partager Merci pour ces super récits, qui donne tjrs. le goût de repartir...  
"Il y a une chose cependant qui m'est toujours restée insupportable: devoir le matin enfiler ses chaussettes froides et humides qui n'ont pas eu le temps de sécher pendant la nuit"
Un militaire avec qui je faisais un jour, l'ascension d'un piton dans l'hémisphère sud, me dit un jour: Si tes chaussettes sont mouillées, gardes les tjrs. aux pieds pour dormir avec... évidemment je faisais la moue devant un tel inconfort... mais force etait de constater qu'au matin elles etaient tjrs sèches | | | À: Travaway · 22 décembre 2011 à 14:32 Re: Observation des loups, ours, caribous au Québec Message 45 de 51 · Page 3 de 3 · 1 608 affichages · Partager Si tes chaussettes sont mouillées, gardes les tjrs. aux pieds pour dormir avec...
bonjour,
ce qui montre bien à ceux qui en doutaient que même les militaires ont parfois de bonnes idées  
blague mise à part.... je dois dire que je l'avais envisagé mais l' immédiat primant sur le lendemain je pense que c'est pour celà que je n'en avais pas le courage.... | | | À: Cochize · 22 décembre 2011 à 15:00 Re: Observation des loups, ours, caribous au Québec Message 46 de 51 · Page 3 de 3 · 1 595 affichages · Partager Bonjour,
Je me permets de te soumettre au passage, à toi le grand conteur, un pauvre petit "coq à l' âne". En parlant de chaussettes, un truc que j' ai appris ce matin chez mon coiffeur, mais pas encore expérimenté personnellement : quand on a la crève et qu' on est gêné par la toux la nuit, se frictionner la plante des pieds avec du Vicks Vaporub, enfiler des chaussettes (a priori sèches, comme l' archi-duchesse) et les garder toute la nuit. Succès garanti et nuit paisible assurée parait-il  . Comme quoi on peut aussi apprendre des trucs de première importance au coin de la rue, sans aller bivouaquer (sans sel  ) au bout du monde... | | | À: Cochize · 22 décembre 2011 à 15:14 Re: Observation des loups, ours, caribous au Québec Message 47 de 51 · Page 3 de 3 · 1 589 affichages · Partager Loll Les militaires ont souvent de bonnes idées ou de l'experience quand il s'agit de survie... bien moins quant il s'agit de faire la guerre... 
Cette année là j'avais été perdue en montagne... et comme c'etait un concours de circonstance qui m'avait projeté là, je n'avais avec moi ni eau, ni nourriture, aucun instruments d'orientation, pas de cartes, pas de feu, pas grand chose pour me couvrir et une flopée d'apareils electronique qui dans cette situation ne me servaient plus à rien! loll J'ai vu mon instinct prendre le dessus à une vitesse surprenante! je sentais où il ne fallait pas aller, je suçais les branches d'un arbre pour faire de l'eau car ça bruinait par endroit, je sentais comment je devais proteger mes extremités, mais pour la nourriture ça avait été une vrai galère loll A un moment (au debut) j'ai decouvert un endroit engoncé dans des arbres où il y avait plein d'enormes toiles d'araignée... j'aurais du oser, mais je ne l'ai pas fait! ensuite, je deterrais sans arrêt des grosses racines mais elles sentaient mauvais, je captais qu'elle n'etaient pas comestibles... il y avait bien des petits oiseaux gros comme des moineaux lol qui s'approchaient tout près en plus mais je ne trouvais pas le truc pour les pieger!  ... Un jour j'ai trouvé un vieux bout de civilisation, en un vieux papier de barre aux cereales avec quelques pauvres mietes dedans  ... ça me faisait rêver!...ainsi je dormais en pensant à des rayonnages de supermarché archi achalandés! Loll des grosses tartines qui dansaient dans l'air devant des bols de chocolat chaud gros comme des soupières!... Puis le lendemain ou le surlendemain, je ne peux pas expliquer, mais d'un coup ça sentait l'homme comme une certitude absolue!  une vingtaine de mn plus tard j'ai apperçu 3 ptites frontales dansant au loin sur le massif... 3hr après ils debalaient leurs sacs pour me faire un pain camenbert loll je crois que je n'aurais pas d'avantage jubilé si j'avais du gagner au loto... Le seul hic... c'est que je ne pouvais même plus avaler... | | | À: JeanMichel54 · 22 décembre 2011 à 15:16 Re: Observation des loups, ours, caribous au Québec Message 48 de 51 · Page 3 de 3 · 1 587 affichages · Partager   ...
Ah! les extremités!... loll | | | À: JeanMichel54 · 22 décembre 2011 à 16:11 Re: Observation des loups, ours, caribous au Québec Message 49 de 51 · Page 3 de 3 · 1 577 affichages · Partager bonjour,
je n'ai jamais essayé çà... mais à mon tour je vais te donner un tuyau. Si un jour, pour une raison quelconque (à vrai dire je ne vois guère laquelle  ) tu souhaites avoir une haleine bien parfumée à l'ail sans risquer des brûlures d'estomac... et bien frottes toi bien la plante des pieds avec une ou deux gousses et... mets éventuellement ta chaussette par dessus
y'a plein de petits vaisseaux sanguins à cet endroit.. c'est très vascularisé et..très sensible comme le sait bien un certain élu qui a fait la une de l'actualité en début d'année  .. | | | À: Travaway · 22 décembre 2011 à 16:14 Re: Observation des loups, ours, caribous au Québec Message 50 de 51 · Page 3 de 3 · 1 575 affichages · Partager Diable..... j'espère que cette mésaventure n'a pas duré plusieurs jours car on prend vite faim.... très faim et après coup coup on se rend compte de la vanité de certaines dépenses extravagantes relatives à l'assiette.. et de certaines chroniques gastronomiques. Je disais un jour à un couple argenté, quelque peu agaçant, capable de disserter une heure sur certains restaurants, oû un menu comporte toujours deux zeros....
....je leur disais '' il y a une autre solution pour vous surprendre : aller donc vous perdre dans les bois pendant deux ou trois jours sans nourriture et vous verrez la gastronomie d'un autre oeil..'' | | | À: Cochize · 22 décembre 2011 à 20:39 Re: Observation des loups, ours, caribous au Québec Message 51 de 51 · Page 3 de 3 · 1 528 affichages · Partager 64h, Oui c'est vrai, mais la faim s'amenuise avec la fatigue et le sommeil passé deux jours... en fait on sent tres bien le corps au bout d'un moment passer sur ses reserves... il y a un trou d'energie d'un coup et hop ça repart tranquillement mais d'une façon differente... Le plus dur etait de continuer à avancer et de lever les pattes dans les rochers, c'etait une vrai souffrance physique, mais si tu n'avances pas, tu perds vite espoir...alors ça te tient! 
Personnellement je ne crache pas sur la gastronomie car j'aime assez ça aussi  Sachant qu'on peut aussi en faire dans les bois lol
Mais effectivement je trouve tout autant insupportable tous ces gens qui s'imaginent être au sommet de l'orgasme gustatif juste parce qu'ils alignent des 0 sur un chèque avec un stylo qu'ils ont payé le prix de leur voiture  Mais que veux-tu le monde est ainsi fait. | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 10 383 visiteurs en ligne depuis une heure! |