Vendredi 5 août:
MA journée tant attendue
Cette journée a en fait commencé il y a des mois déjà, (en février), quand j’ai demandé à mon mari s’il était d’accord que je réserve chez les Dodson, ce qui impliquerait un lever très matinal... Dès qu’il a accepté, j’ai envoyé un mail aux Dodson, qui m’ont répondu le jour même. Ensuite...le 1er mai, j’étais devant l’ordinateur à 20h pour avoir un permis pour CBS. Il faut aller très vite car après 15 minutes, il n’y avait déjà plus de permis disponibles pour certaines dates. A 20h07 (

), j’ai reçu une confirmation... et là j’ai commencé à réaliser que j’avais peut-être vu « trop grand ». Je me demandais si ce genre d’excursion n’était pas réservé aux « vrais randonneurs », si je « méritais » d’aller dans cet endroit...J’ai recontacté les Dodson pour les prévenir que j’avais eu le permis. A nouveau, ils m’ont répondu très rapidement (j’insiste sur ce fait car j’ai lu dernièrement, que certains n’ont pas eu de réponse... je ne sais pas pourquoi; j’ai toujours eu des réponses à mes mails qui leur étaient adressé, y compris la veille quand nous avons confirmé notre visite).
Bref, revenons à la journée, « ma » journée, celle dont j’attendais tant...J’étais donc très stressée et j’ai mal dormi cette nuit-là. Je me suis même réveillée sans le réveil, vers 4h du matin. Nous avons rendez-vous au Paria Outpost à 7h. J’ai oublié de rappeler que comme les Dodson sont en
Utah et que nous logeons en
Arizona, il faut, en plus, tenir compte du décalage horaire. Nous grignotons un peu avec un café et partons vers 5h15. L’aube éclaire la route, donc nous n’avons aucun problème pour rejoindre l’endroit du rendez-vous. Nous y arrivons un peu avant 6h (donc 7h pour eux). Susan nous accueille très cordialement, nous fait signer une espèce de décharge, nous demande ce que nous préférons pour notre pique-nique (ham or
turkey; mayo ou mustard...).Elle nous annonce que Steve sera notre guide et nous le présente. Je le reconnais d’après les photos vues sur le forum, et je me souviens d’avoir lu quelque part qu’il était un peu « bourru ». Effectivement, c’est tout de suite l’impression que j’ai... mais, comme nous sommes un peu bourrus nous aussi, je me dis que ça devrait bien se passer. Il pense que nous allons à White Pocket; Susan lui explique que nous avons un permis pour CBS, donc il doit changer ses plans (peut-être que cela l’ennuie...). Elle accroche mon permis à mon sac et encaisse (350$). Elle nous explique qu’avec le gros orage de la veille, elle n’est pas certaine que Steve pourra passer le gué, et que si ça ne passe pas, elle nous remboursera. Depuis la veille, la Paria River a bien monté de niveau (nous l’avons constaté nous-mêmes en arrivant). Susan nous explique qu’un cours d’eau (je n’ai pas retenu lequel) a débordé la veille et donc que la piste ne sera pas simple. La CCR est déconseillée à tout véhicule. Bref, nous partons... sans trop savoir où nous allons. Et l’aventure commence...Steve nous fait monter dans une de ses voitures... qui me semble très vieille. 20 secondes après le départ, il nous dit que les freins font un bruit bizarre, nous demande de descendre et nous changeons de véhicule. Ça commence fort...On transporte tout d’un coffre à l’autre et on repart... Il est un peu plus de 6h, enfin 7h là-bas (vous suivez?). Je monte devant, et je m’accroche à la portière durant tout le trajet (j’en aurai mal à la main à la sortie). On arrive devant le cours d’eau et le gué en question (Buckskin Gulch Pass je pense, sans certitude). Steve voit que ça ne passera pas il prend un peu sur la gauche, et là il nous dit «I can do it» et effectivement il passe; il y a entre 60cm et 1m de dénivelé (je n’ai pas eu l’occasion de filmer ni de prendre des photos, tellement je m’accroche à la portière, mais au retour, j’ai tenté quelques photos... donc les voici). C’est impressionnant. Steve nous dit quand même qu’il ne sait pas si on pourra repasser au retour...
Après 30 minutes je demande à mon mari s’il a la crème solaire. Il me répond que non, il l’a oubliée dans le coffre de notre voiture. Je panique un peu et puis me dis : tant pis, trop tard, profite.
Nous avons donc roulé pendant 1h45 sur des pistes en sable, en cailloux, avec des passages très difficiles; ça secoue; et franchement, je suis contente d’avoir pris un guide (et mon mari aussi). Nous passons à un moment devant le parking de «
the Wave » et je ne peux m’empêcher d’avoir un petit pincement au cœur... mais Steve nous dit que nous allons à un endroit encore plus beau. Il nous parle parfois un peu, décrit quelques paysages, nous parle de politique, de Trump, des Mormons, du BLM... Il y a aussi de longs silences, mais ça ne me gêne pas, j’en profite pour contempler le paysage. Et ça vaut le coup !
Je ne suis quand même pas très à l’aise : nous sommes au milieu de nulle part (nous croiserons très peu d’autres véhicules), avec un gars peu bavard et... un peu étrange (heureusement que j’avais lu plein d’avis positifs sur le forum). A un moment, il ouvre sa vitre, jette de l’eau sur le pare-brise et veut enclencher les essuies glace... qui ne fonctionnent pas. Ils démarreront tout seuls un peu plus tard. Steve a aussi accroché quelque chose au rétroviseur intérieur de la voiture, et régulièrement, il le remet correctement. Mon mari me dira plus tard que c’est une balise... pour nous retrouver au cas où...
Nous arrivons finalement au parking de Cottonwood Cove.
C’est parti pour 4 heures de balade (4.7 km).
Rien ne laisse imaginer ce que nous allons découvrir...
Après un bout de chemin entre quelques arbres, et dans du sable, nous arrivons au site proprement dit et là...comment dire... je ne sais plus où regarder.
Premières roches : colorées
Torturées :
Le temps est magnifique : nuages blancs, soleil.
Et puis, après une petite montée, nous voyons les premières "flaques d'eau".
La diversité des couleurs est étonnante :
J’essaie des réflexions :
(La suite arrive...)