
... Et bien voilà : je sors du concert du grand Paco de Lucía : transporté, explosé, ravi... !
Le génie de ce géant du flamenco andalou, c'est d'avoir ouvert cet art séculaire à des influences venues du blues, du jazz, du rock, de l'afro... mais sans rien trahir.
D'une technique instrumentale étourdissante, il tire de sa guitare des sons incroyables : c'est le tonnerre, le déluge, le feu de l'enfer, puis c'est le matin du monde, le murmure de la rivière, le chant de l'oiseau... Ses rythmiques m'ont emporté dans des tourbillons ou se mèlent des sonorités de tous les âges et de tous les mondes : c'est un musée sonore !
Et malgré tout ça, pas de doute c'est du flamenco, celui des origines, qui m'a fait vibrer et frissonner d'émotion. Paco, il est sur scène depuis l'âge de 12 ans (il en a 60), et il dit modestement "Je joue le même flamenco que mon père, mais avec plus de mots.."
Tour à tour en solo ou avec sa formation (un percu, une basse, une rythmique, un harmonica et deux chanteuses), il passe en revue toutes les facettes de son talent. Le chant n'est présent que sur quelques morceaux mais quand il apparaît, c'est du "cante jondo" pur et dur, sans concession. On a la chair de poule lorsque jaillit ce cri primal venu du fond de l'âme. Derrière l'énorme accent andalou, les hispanophones (dont je suis) reconnaissent la souffrance, l'amour déchiré, la mort, l'enfantement, la vie... C'est géant !

Bref : vous avez compris : j'ai aimé... ! C'est normal, je pense, car dans mes veines coule une forte proportion de sang andalou et, comme Paco de Lucía, je crois aux mélanges... en musique comme ailleurs.
Chris.
(Excusez l'emballement mais ce post a été écrit "à chaud", alors que les notes de Paco résonnent encore dans ma tête, ça se sent peut-être un peu trop, non ?) N'est-ce pas Phil ? Que tal, hombre ?