C'est sûr, on n'est pas loin de temps en temps de l'irrationnel en ce qui concerne les accidents d'avion et les médias entretiennent habilement ce climat car le public est demandeur et le sujet est vendeur... Le gouvernement aussi y va de sa "compassion" : dans les 5 jours qui ont suivi le crash de Charm el-Cheikh, on a compté jusqu'à 25 communiqués ou réactions officielles (cortège de déclarations solennelles, formules creuses, platitudes, mines bouleversées, gerbes déposées...) des membres du gouvernement. Et toujours au bon moment, pour être cités dans les journaux télévisés. Mais ce matraquage cesse un jour ou l'autre tout de même. L'amnésie frappe et on passe à autre chose: la sécurité sur les voies ferrées par exemple...
Les statistiques, elles, sont impérissables: elles montrent (et on le dit suffisamment) que l'avion est le moyen de transport le plus sûr et que les accidents sont exceptionnels. Voilà pour apporter du vin à ton moulin. Mais...
Les statistiques, toujours elles, montrent que les charters sont deux fois plus risqués que les vols réguliers. Et même 15 fois plus, si on fait le calcul non pas par nombre d'atterrisages et de décollages, mais par kilomètre parcouru (estimation du Bureau d'archives des accidents aéronautiques, un organisme indépendant basé à
Genève).
Pour revenir à la "paranoïa" du voyageur, elle n'est pas entièrement injustifiée: les manquements à la sécurité constatés par les responsables de l'aviation civile restent malheureusement confidentiels. Ils sont parfois au mieux communiqués à une Banque de données européenne. Ni les compagnies aériennes, ni les voyagistes ni les
clients n' y ont accès. Ainsi, la
Suisse, qui avait fermé ses aéroports en 2002 à Flash Airlines, n'a jamais révélé (ou alors négligemment) avant l'accident de Charm el-Cheikh que les 2 boeings égyptiens qu'elle avait contrôlés présentaient des anomalies, dont certaines très graves. Ces informations (réellement alarmantes) auraient découragé n'importe quel voyagiste, y compris Fram, affréteur de l'avion. Dans ces conditions, la "paranoïa" aura du bon si elle débouche du côté des décideurs sur une plus grande transparence et une meilleure répartition des informations. Le voyageur a quand même le droit de savoir...
Khaldoun