Bonjour.
Il y a une trentaine d'années, on ne parlait pas d'humanitaire, ce n'était pas encore à la mode, dans ma boite j'ai connu la "coopération"... et parmi les gens qui y allaient on trouvait toutes les motivations plus ou moins louables..
la curiosité, le tourisme tout en travaillant la soif d'aventure se faire de l'argent et avoir des boys (c'était bien payé) participer au développement de pays défavorisés.. se saouler au whysky tous les soirs avec d'autres expats, pour fuire leurs problèmes.
Dans mon travail j'ai eu également l'occasion de rencontrer des ingénieurs envoyés par leur société pour installer des choses à l'autre bout du monde, et qui ont risqué leur peau parfois..
C'est bien de dire que la
France (ou autre) doit participer au développement d'autres pays, mais il faut bien que des gens qualifiés aillent réaliser les contrats et que d'autres aillent former les gens sur place..
Le problème est d'y rester lorsque les conditions sont difficiles, voire dangereuses, pénibles et d'avoir les compétences multipliées par deux car on envoie pas dans la brousse quelqu'un qui va crier au secours au moindre problème : "chef comment on fait ?" Il faut de réelles capacités d'adaptation, aimer les gens.
Beaucoup de déçus au retour et seuls les vrais passionnés restent, deviennent accros et continuent jusquà leur retraite..
La charité c'est bien mais elle a aussi ses limites, les compétences ça se paye et les gens qui n' y vont que pour l'argent ou en croyant faire du tourisme ne tiennent pas longtemps.
En
Thaïlande l'année dernière dans un villle qui n'a rien, mais alors rien de touristique, à l'hotel j'ai rencontré deux ingénieurs allemands en mission de très longue durée.. Les deux seuls européens d'ailleurs, qui me rappellaient ces contacts professionnels, mais parfaitement intégrés dans la population locale..
Ils ont redistribué pas mal d'argent, sans aller marchander 100 baths dans le commerce local.. De quoi vous faire oublier au passage tous ces mauvais clichés sur les allemands en vacances en
Thaïlande... C'est de l'aide directe, sans faire perdre la dignité des gens, parce que lorsque vous connaissez un peu les conditions de vie de la population locale, et celle des employés de l'hotel..
Rien ne m'énerve plus que ces gogos qui pour se donner bonne conscience vont cotiser à une ONG dans leur pays et marchandent sur place juste pour dire au retour qu'ils ont fait une super affaire en
Thaïlande pour s'acheter des babioles inutiles, surtout lorsque ce sont des enfants qui tiennent un stand sur le marché.. pinailler pour 50 baths alors que c'est le prix d'un repas dans la rue.. Ca me révolte..
Certes le sujet de "ujung" est provocateur, mais je ne peux pas le condamner parce que dans certains domaines il n'y a pas de place pour l'amateurisme fut il empreint de générosité et de de bénévolat..
Certes il n'est pas envoyé par un gouvernement dans le cadre d'une aide au dévelopemment, ni par un entreprise suite à un appel d'offres international.. Mais son salaire ne me choque pas vu les difficultés de ses missions en
Indonésie.
Dans certaines ONG on préfère exploiter des jeunes bénévoles naïfs et plein de générosité, qu'on a culpabilisé de ne rien faire, pendant que d'autres ici se font coincer sur l'autoroute à 200km/h dans une voiture de sport dont la carte grise est au nom d'une ONG.. (véridique ! je ne dirais pas qui, les gendarmes qui l'ont verbalisé parce qu'ils étaient outrés, ont eu assez de problèmes).
Il y a longtemps déjà, j'ai rencontré quelqu'un qui gagnait le double de mon salaire dans une grosse ONG (mais ça ne s'appellait pas ainsi) pour les mêmes compétences, pour le même boulot, en restant à
Paris, pendant que les gens sur le terrain se plaignaient de ne pas avoir assez de moyens pour aider la population.
C'est scandaleux lorsque c'est Coca Cola ou Vivendi qui sponsorise des acrtion s humanitaires, alors qu'ils ne sont même pas obligés, mais lorsque c'est une secte méconnue chez nous (j'ai découvert ça hier soir) qui fait du prosélytisme, sur le dos de bénévoles en exploitant la misère du monde, ça s'appelle de la charité. Mais eux sont disculpés par le bénévolat de leurs intervenants..
La
Thaïlande est sortie plus vite (en apparence) des dégats du tsunami, pour des intérets commerciaux, mais pourquoi donc le
Sri Lanka est resté à la traîne, alors que nos ONG non capitalistes, ne savaient plus quoi faire des dons..
Pourquoi cette dame d'une grande ONG française, retraitée comme moi, partie à ses frais sur place dans ce pays qu'elle aimait et qu'elle connaissait bien n'a jamais pu faire débloquer l'argent de son ONG pour engager des travaux alors que des ONG d'autres pays reconstruisaient des routes, des villages et des écoles avec les mêmes difficultés administratives et foncières..
Je n'ai rien donné à nos ONG pour le tsunami, j'y suis allée en touriste et sur place, je n'ai eu aucun mal à trouver comment aider telle ou telle association locale, et dans la plus grande discrétion, au moins j'étais sûre que l'argent n'était pas dépensé à
Paris ou pour payer des voyages en classe affaire et des séjours dans des hotels luxueux à des pontes des ONG françaises en mal de ceci ou de celà...
Après bien sûr tout le monde veut faire sa BA, l'urne à la main, essayant de nous culpabiliser... Par provoc, je répond que j'y vais en vacances ! Mais on peut faire du tourisme intelligent, sans compassion exagérée, sans faire perdre la dignité des gens et sans rien attendre d'autre qu'un sourire et je n'ai pas la prétention de les avoir sortis d'affaire... Je ne peux pas aider toute la planète non plus..
Non je n'ai pas construit de puits.. je n'ai pas donné 10 euros à une collecte d'association dans la rue pour qu'on me remercie de ma générosité et avoir la conscience tranquille.
Chacun sa conscience..
Léa