"Ainsi, comme toutes les autres, le Français parlé au
Québec ne peut donc pas être "une langue à part"... mais un langage à particularismes...
La volonté de certains courants Montréalais à vouloir en faire "une langue à part" démontre simplement le fait de vouloir à tout prix se distancier de l'épineux problème
qui est à l'origine de la naissance de l'enclave Française au
Canada... soit l'abandon de la Nvelle
France au profit des Anglais... mais ce n'est pas tellement dans la langue que ce pblème trouvera sa résolution de toutes façons... sans doute plus sûrement du côté de la psychanalyse...le reste n'en est qu'une projection."
Permettez-moi de vous féliciter pour l'à propos de cette analyse. J'ignore où et comment vous avez approfondi votre connaissance de la situation linguistique au
Québec mais, selon moi, vous frappez dans le mille. Une partie importante des particularités de l'âme québécoise, y compris les dérives de sa langue, découle plus ou moins directement de la Conquête et du Traîté de
Paris de 1760, alors que Vaudreuil cédait le
Canada à la force d'invasion britanique.
Cet aspect de la question nécessiterait toutefois un chapître entier; pour ne pas dire un rayon bien garni.
Il est tout à fait normal que le Québécois comprenne aisément le "français de
France" alors que l'inverse ne se fait pas aussi aisément. Nous avons été exposés à "l'accent français" depuis l'invention du cinéma parlant et du gramophone. Hormis la culture américaine qui nous engloutissait de façon aussi insidieuse que quotidienne, l'enfance des gens de mon âge, et même celle de nos parents, ont été bercées par la chansonnette française; nos sorties au cinéma nous emmenaient souvent savourer le jeu des Fernandel, Gabin, Bourville, Montand, Ventura et autres Bardots. Alors que la culture québécoise ne fait que commencer à s'exporter, et les oreilles de la vieille
France commencent à peine à apprivoiser ce drôle d'accent. "Cet accent débandant" comme le soulignait si aimablement Ardisson.
Il est évident, selon moi, que la langue du
Québec est en danger. Non seulement parce qu'elle est encerclée par l'anglais tout puissant, mais aussi parce que l'importance de l'expression orale, si fondamentale pour tout groupe culturel et a fortiori pour notre petit peuple, est mal comprise ici. Et que nos politiques refusent de prendre les moyens pour contre-balancer la précarité de notre langue nationale par des mesures qui en promouvraient la qualité et l'indiscutable nécessité pour TOUS les Québécois.
Il est beaucoup question ici de parler et de comprendre; mais je remarque, au fil des interventions, une faiblesse dans la capacité de bien lire ce qui est bel et bien écrit plutôt que d'interpréter à la hâte ce qu'on perçoit via le prisme de nos préjugés. Je ne nommerai personne.