Vous avez raison, je me force à rester optimiste sur l'avenir de
Madagascar malgré la situation actuelle. Mais vous m'imaginez tenir un autre discours, plus critique, probablement même plus objectif quant à la situation actuelle sous prétexte que si rien n'a vraiment changé depuis la décolonisation, rien ne changera ? Nous sommes une famille franco-gasy ! J'essaye du mieux que je peux de pointer les défauts de fonctionnement à
Madagascar auprès de ma famille pour changer quelques mentalités, mais jamais au point de se résigner sur un avenir meilleur pour Mada. C'est ça qui me gêne dans les discours critiques lus ici, la résignation et le manque d'optimisme! C'est typiquement français d'ailleurs : esprit critique fort et pessimisme. Accessoirement au sujet, on verra ce que ça donnera en 2017.
Pour revenir à la conversation initiale, je maintiens qu'il y a un avenir à
Madagascar mais probablement plus à 10-15 ans que dans 6 mois.
1/ Les pays occidentaux en faillite ne pourront pas maintenir sous perfusion le pays à coups de subventions, surtout si celles-ci sont captées par un pouvoir corrompu. Une fois touché le fond, le pays ne pourra qu'avoir un sursaut salutaire. L'isolement "culturel et politique" dû à l'insularité tend à se réduire avec internet. Le lien entre la
France et Mada ne se fait plus uniquement par une diaspora décrite avec beaucoup de cynisme par Gignac, il se fait justement par la génération suivante, celle constituée des enfants des fameux chauffeurs-livreurs... totalement diplômés, exempt des querelles d'ethniques, et peut-être comme tout le monde le dit, sans travail et candidats futurs à l'émigration!
2/ Dans ces mêmes pays occidentaux, la crise économique et sociétale étant ce qu'elle est, on assistera à une émigration massive de la classe moyenne fuyant le déclassement probable dans leur pays d'origine. (comme au 19ième siècle vers les Amériques, d'abord "colonisées" par les populations pauvres de la vielle Europe). Où se tournera alors cette nouvelle vague d'émigration ? Mon avis : vers les pays où tout est à faire, (ou à refaire).
Madagascar fait partie des ces pays là. (D'ailleurs, politiquement, je serais même pour une circulation complète des malgaches en
France sous condition d'ouverture similaire d'installation de français à
Madagascar avec un respect équivalent de la propriété privée notamment -cela permettrait peut-être de ralentir l'envahissement du pays par des intérêts asiatiques...-).
Je sais bien qu'on va me dire que je suis rêveur et qu'on est encore loin de ces éventualités. En attendant le pays s'enfonce. Même si je n'ai plus le même enthousiasme qu'à mes débuts sur le forum à partir dès maintenant sur
Madagascar, j'y partirai à la retraite. Et d'ici là, j'ai l'intime conviction que
Madagascar deviendra un pays d'avenir pour mes enfants.
Madagascar n'est pas un pays fini, à condition de ne pas se cantonner aux vestiges du passé colonial et des affres du présent.
Céder au découragement c'est cumuler le fatalisme malgache au pessimisme français.
PS : savez vous qu'il y a déjà plus de portugais en Angola que d'angolais au
Portugal ?