Hola

Je mets un "sourire" mais le cœur n'y est vraiment pas !!
Tout d'abord, comme toi Hannah, je tiens à remercier les gestionnaires du forum VF pour avoir laissé ce fil ouvert.
Franchement, quand j'ai posté le premier message je n'y croyais guère, mais les faits m'ont donné tort et j'en suis heureux.
Sans doute la mesure de chacun d'entre nous y est pour beaucoup.
Mesdames et Messieurs de VF... Merci ! Gracias !!
Un "petit" retour sur mon précédent message.
Lorsque je parle de ne plus connaître l'
Espagne de ces dernières quarante années, ce n'est pas aux changements multiples dus à l'évolution de notre société que je pense, mais bien aux conséquences directes de l'actualité catalane.
Je vais vous parler d'un temps que les moins de vingt (40) ans n'ont pas pu connaître...
lalalala !!!
Jusqu'à la fin du franquisme et la période de la transition, que l'on peut dater de l'adoption de la Constitution espagnole en 1978, il y avait deux
Espagne : l'
Espagne du nord et l'
Espagne du sud.
Les espagnols eux mêmes parlaient de l' España por el norte del Ebro y la por abajo !!
Les différences entre les deux parties d'un même pays se sont progressivement estompées avec le "boom" économique et touristique, les populations ont bougé à l'intérieur de l'
Espagne et donné lieu à une véritable émigration de gens du sud vers les provinces plus riches du nord (pas uniquement la
Catalogne).
Aujourd'hui, il suffit de consulter les pages d'un annuaire téléphonique catalan pour se rendre compte que prés de la moitié des noms qui y figurent sont à consonances hispaniques (Lopez, Garcia...) et même si cela peut surprendre, ce sont ces mêmes personnes, mais surtout leurs enfants, d'origines "sudistes", qui forment le gros des troupes nationalistes et indépendantistes.
Deux raisons essentielles à cette situation :
- depuis prés de trente ans, la responsabilité de l'éducation a été entièrement transférée à certaines autonomies, dont la
Catalogne. Depuis trente ans donc, les programmes sont établis en
Catalogne par des catalans, et l'enseignement public se fait essentiellement en langue catalane. La règle du bilinguisme à 50/50 n'est plus respectée depuis longtemps.
Il suffit de feuilleter les livres d'histoire qui sont utilisés par les enseignants pour se rendre compte de l'utilisation partisane des faits historiques, et quand ils ne sont pas en faveur de la
Catalogne, ils sont modifiés sans vergogne ou carrément passés sous silence.
C'est ainsi, par exemple, qu'on a fini par éduquer plusieurs générations dans le culte d'un pays catalan, alors que l'histoire est diamétralement différente!
Il n'a jamais existé de nation catalane, mais seulement un Comté de
Barcelone qui dépendait du royaume d'Aragon, lequel, par le jeu des alliances et des mariages allait devenir le royaume d'
Espagne.
Des exemples de déformation de l'histoire, comme celui là, sont nombreux, mais à force de répéter un mensonge, il finit par devenir vérité !!
Donc, ce sont plusieurs générations de "catalans", de toutes origines, qui ont été éduqués dans cet environnement.
- et puis, en
Catalogne, comme dans toutes les régions qui connaissent des poussées nationalistes, les "émigrés de l'intérieur" et leurs enfants, ont a cœur de prouver qu'ils sont autant catalans que quiconque, et de ce fait deviennent plus nationalistes que les nationalistes eux même.
Illustration la plus flagrante : le mouvement nationaliste-indépendantiste que l'on connaît aujourd'hui, est né sous la présidence de Jordi PUJOL, mais surtout celle de José MONTILLA, ce dernier étant aux "commandes" lorsque s'est produit, en 2009/2010, le schisme avec
Madrid.
Et José MONTILLA, Président de la Generalitat de Catalunya, "premier catalan" parmis les catalans est... de
CORDOUE !!!
Ce sont donc ces deux aspects d'un même peuple, selon qu'il soit du sud ou du nord, qui sont en train de ressortir à fleur de peau, et provoquent un phénomène de rejet réciproque, qui frise pour certains la xénophobie, les deux camps étant sur ce plan là à égalité !!
Ne pas oublier, que pendant plusieurs années, le slogan qui était le leit motiv de la démarche nationaliste ayant abouti à la situation actuelle, ce slogan donc était "Espanya ens roba" (l'
Espagne nous vole).
Traduction : nous catalans, riches et travailleurs ne voulons plus payer et participer au "pot commun" de l'
Espagne pour aider les pauvres et les fainéants du sud (Extremeños et Andaluces étant les cibles favorites).
En réaction on voit ressurgir des sympathisants de l'ancien régime franquiste, et plus largement, le même type de personnes que celles qui alimentent les mouvements populistes extrémistes partout dans le monde (dernier exemple l'
Allemagne, après l'
Autriche, le
Danemark, la
France...).
Et dans le camp "d'en face", on peut apprécier le soutien déclaré de l'ETA, des partis nationalistes extrémistes flamands, des néo-fa de la Ligue du Nord italienne, des mouvements anti-systèmes...
Pendant ce temps, les "politiques" (avec un p minuscule), de tous bords, au lieu de tenter de calmer le jeu et revenir à un peu de mesure sinon de raison, ce personnel politique donc, par ses déclarations provocatrices et ses décisions inappropriées, s'emploie à creuser le fossé désespérant ainsi la "majorité silencieuse".
Voilà ce que je voulais exprimer lorsque j'ai parlé de l'
Espagne de ces dernières quarante années.
Aucune nostalgie dans mes propos, surtout ayant connu les dernières années du franquisme et le virage à 180° du pays parfaitement illustré par ce que l'on a appelé "la movida".
Ce que je voulais exprimer, c'est surtout ma crainte pour l'avenir de voir revenir ces vieux démons que l'ont croyait enterrés !!
Agur arte ! Hasta luego !! Adeu !!! Adichatz !!!!