| Si on se faisait des films... Eversmile · 12 décembre 2007 à 0:43 32 messages · 12 participants · 7 738 affichages | | | | À: Eversmile · 5 mai 2008 à 16:17 · Modifié le 5 mai 2008 à 17:22 Re: Si on se faisait des films... Message 21 de 32 · Page 2 de 2 · 3 375 affichages · Partager j'arrive un peu après la bataille, mais j'avais envie de participer à cette discussion délicieusement débridée...
donc !
à la réalisation : iñarritu
musique : michael andrews
le décor : shibuya
albert dupontel élève des pierres dans un quartier cossu de tokyo. il s'ennuie ferme, forcément, et décide d'aller faire des courses. chemin faisant, il croise almodovar, qui lui dit "viens chez moi, j'habite chez ma mère". albert n'est plus à ça près, il dit okay. comme il est encore un peu tôt, ils décident de faire un karaoké. ils proposent à terry guilliam, nathalie portman et toni morrisson de se joindre à eux au "café courage". le no smoking orchestra y donne un showcase "hommage à django et deep purple" mais le succès n'est pas vraiment au rendez-vous. dans l'arrière-salle, yolande moreau, en tenue de télétubbie, livre pour le coup une séance de lap-dance plutôt torride. la tension monte. dans un coin, benicio del toro fait un sort à un verre de tropicana, tandis que darryl hannah lit évasivement un vieux vogue des années 80.
lassés des reprises de "étienne étienne étienne", nos larrons sortent du bouge et retrouvent avec délice la moiteur urbaine. ils achètent quelques churros brûlants et discutent tri des déchets, métempsycose et post-colonialisme à bâtons rompus. dans la rue, jean seberg propose le herald tribune et le sun. la jeune fille à la perle demande son chemin. des godzillas en peluche font une manif. le groupe parvient finalement chez la mère de pedro, incarnée par jeanne moreau. carrément libérale, elle vit avec deux hommes, ben & jerry, et milite pour la libération des spaghettis. une icône.
à table, on retrouve justement jeanne balibar, en allergologue revenue de tout, françois ozon, en pêcheur au gros, milla jovovich en oligarque slovène, louis garrel en savant fou spécialiste de duras, et aussi tony leung en fumeur de havanes. c'est bacri qui s'occupe de la bouffe. il avait pas le temps alors il a demandé à jeunet & caro. le résultat est douteux, mais les convives, trop absorbés qu'ils sont par la conversation sur l'avenir du saut à la perche en milieu semi-arride, n'y prêtent guère attention. nathalie portman profite d'une pause pour annoncer qu'elle se range des voitures pour aller faire de l'humanitaire en allemagne. un ange passe. toni en profite pour se déclarer en faveur de la peine de mort chez les baobabs. stupeur. louis garrel lâche qu'il vient d'inventer la bombe à chromosomes et qu'il cherche un donneur. gasp. ozon, qui parlait de son projet de documentaire - une variation personnelle autour du capitaine crochet, tournée en super 8, complètement muet, avec des peaux de bêtes et des règlements de compte - dit qu'il a perdu la foi et plaque tout pour aller regarder la mer. tremblements. bacri fait alors une micro-apparition pour lâcher qu'ils le font tous chier et qu'il n'a plus goût à rien depuis la mort de kennedy.
ça chauffe. lucchini débarque comme un cheveu sur la soupe pour livrer une honorable imitation de stevie wonder chantant "que reste-t-il de nos amours ?". plus grand chose, apparemment. la petite troupe finit par se séparer à regret, sans toutefois que pedro se soit un peu battu avec albert pour une question de cartes magic. plan final avec tony, seul à table, enfumant l'écran avec son cigare. regard caméra, façon leone : "j'ai toujours rêvé d'être un gangster". | | | À: Goave · 5 mai 2008 à 16:56 Re: Si on se faisait des films... Message 22 de 32 · Page 2 de 2 · 3 366 affichages · Partager Excellent! J'ai dû prendre quelques rides de sourires supplémentaires au coin des yeux! J'avais moi-même un peu oublié le sujet mais tu t'en empares avec brio... lançant une invitation à prolonger le délire que je pourrais prendre comme un défi personnel... A bientôt, alors... et au plaisir de te lire encore ! | | | À: Eversmile · 13 mai 2008 à 16:10 Re: Si on se faisait des films... Message 23 de 32 · Page 2 de 2 · 3 278 affichages · Partager et bien un autre alors... et je crois qu'un peu de légèreté ne ferait pas de mal...
derrière la caméra : larry clark
musique : joy division et aussi nusrat fateh ali khan
le décor : on n'est pas pressé, alors celui de "lumière silencieuse"
simon abkarian tient une droguerie/animalerie dans un hameau nord-mexicain. ça marche pas fort, il ne se passe pas grand chose, l'attraction principale étant les combats de papier PH du vendredi soir.
arrive woody allen sur un fringant destrier à pois. la suite révèlera qu'il est un foutu charlatan venu prêcher le néo-sionisme et l'amour libre. woody n'est pas venu seul. il est accompagné d'une créature sculpturale incarnée par danny de vito, qui souffre par ailleurs de troubles de la personnalité et de mycoses. en venant ici, danny espère recouvrer la santé et accessoirement faire des rencontres étonnantes.
il ne sera pas déçu car zhang ziyi fait son apparition. la jeune femme vend à la sauvette des livres de développement personnel et espère, avec l'argent récolté, se payer - s'offrir - un stage en ashram de luxe. pour le moment, elle galère sec. arrive rossy de palma en chasseur de primes. elle est à la recherche de georges clooney, dont la tête est mise à prix pour vol et recel de machines à café et vagabondage. l'occasion rêvée pour mettre tout ce petit monde en branle et mettre la main sur une somme pas répugnante (en gros et entre nous, l'équivalent du prix d'une demi-fresque de michel-ange).
s'ensuit un voyage forcément initiatique à travers des paysages âpres et beaux, crépuscules fantasmagoriques aux milles couleurs, contrées désertiques, personnages picaresques (lanceurs de couteaux en plastique, éleveurs de carla bruni, barmans manchos et taciturnes)... nos larrons gravissent des montagnes, traversent euh... des mers, franchissent des cols, des pics à glace, des péninsules, affrontent des duels au soleil, parcourent des vallées, sans toutefois parvenir à alpaguer ce bon vieux georgie.
par dépit, ils fondent une communauté, la communauté "what else", vous l'aurez deviné, un groupuscule basé sur la libre-circulation des pensées inutiles et la mise en bouteilles de sable bio du désert (SBD). une entreprise assurément lucrative, qui bénéficie des compétences de chacun : l'esprit de gestion et le jusqu'au-boutisme de rossy, les qualités d'analyse au sabre de zhang, la fantaisie désespérée de danny, le cynisme vengeur de woody et le pouvoir décisionnel et dictatorial de simon. leur production séduit rapidement les grands de ce monde. ils sont tour à tour sollicités par madonna (jamais en panne de must-have), gilles jacob, oprah winfrey ou encore christine boutin. en sus, ils livrent nature & découvertes et la chaîne hilton. ils sont partout.
l'issue ne saurait être un happy-end classique, alors notre petit groupe se sépare brutalement à la suite d'un différend concernant les prochains jeux olympiques de pyongyang. peut-on, éthiquement, être fournisseur officiel de sable pour l'épreuve de saut en longueur dans un pays qui représente AUTANT les intérêts de son peuple ? woody affirme que les allemands se sont posés moins de questions lors de la WW2, alors que rossy statue pour un commerce résolument apolotique. les autres se contentent de fuir.
de toute façon, comme disaient les monthy-python, "quand on s'attend au pire, on n'est jamais déçu". | | | À: Goave · 13 mai 2008 à 17:03 Re: Si on se faisait des films... Message 24 de 32 · Page 2 de 2 · 3 271 affichages · Partager J'ai adoré les "éleveurs de Carla Bruni" et le sable bio du désert!!! Bravo, bravo, bravo! L'inspiration et moi, on attend la suite... | | | À: Eversmile · 13 mai 2008 à 22:58 Re: Si on se faisait des films... Message 25 de 32 · Page 2 de 2 · 2 092 affichages · Partager salut tout le monde c pas mal votre delire Moi je suis pas douer pour ça mais j'aurai bien voulu faire un super film celui de ma vie | | | À: Eversmile · 17 mai 2008 à 22:21 Re: Si on se faisait des films... Message 26 de 32 · Page 2 de 2 · 2 076 affichages · Partager bonsoir à vous...les créatifs, Je suis vos films en tant que spectatrice et...je prends des rides aussi...j'avais pas besoin de cela! Désolée de ne pas savoir me joindre à votre création, mais je n'ai pas votre pointure...je reste derrière le rideau et je ne me gène pas pour applaudir! a très bientôt Encorelle | | | À: Goave · 13 août 2010 à 19:48 Re: Si on se faisait des films... Message 27 de 32 · Page 2 de 2 · 1 893 affichages · Partager Deux ans plus tard... je reviens aux manettes, pour une suite à ce petit délire ! Hahaha...
Lucky Luke est parti chercher des champignons en compagnie du Petit Poucet et du Petit Chaperon Rouge à qui il doit tenir la chandelle depuis qu'ils sont tombés amoureux pendant une rave party organisée aux alentours du chateau de la Belle au Bois Dormant. Comme celle-ci ne pouvait plus dormir à cause du tapage nocturne et qu'elle avait mal à la tête, elle a envoyé le prince charmant chercher des calmants sur son beau destrier blanc. Ce que le chevalier n'a pas dit à sa belle c'est qu'il a perdu son cheval au poker; il a donc quitté le palais à pied et il n'est pas près de revenir, d'autant plus qu'en chemin il a rencontré l'ogre, complètement déprimé; qui vient de découvrir qu'il était cocu à chacune de ses absences prolongées dans les bois; et qui a décidé de se tirer de chez lui pour mener une vie de mendiant.
Les deux compères devisent tristement quand un type apparaît, assis sur un tapis volant. Lui, a l'air parfaitement heureux. Il se présente, avant de demander son chemin: Aladdin. Au récit de leurs mésaventures respectives, il leur conseille une carrière de sadhu en Inde. Il essaye de leur vendre un tapis pour s'y rendre; en leur expliquant que ça lui permet de ne jamais être en retard à la maison, même en cas d'embouteillages aux heures de pointes, quand il a passé l'après-midi avec sa maîtresse. D'ailleurs, il a rencard c'est pourquoi il est si guilleret et naturellement, un peu pressé, mais il a quand même le temps de fumer un pétard avec les deux larrons.
Il leur raconte un peu. En fait, il a plusieurs maîtresses: l'une, Blanche-Neige, sous des dehors un peu sages, est une vraie garce au lit, une sorte de furie gothique; il y a Cendrillon, une adorable sauvageonne, qui se transforme en tigresse sur le coup de minuit (le coup de minuit est une posture du kamasutra qu'il leur expliquera plus tard) Peau d'Âne; qui n'a aucun tabou, est insatiable, et n"hésite pas à lui faire les trucs les plus cochons qui soient, et une autre nana dont il a oublié le nom et qu'il appelle simplement La Petite Sirène parce qu'elle a des cris de jouissances irrésistibles.
Ce qu' Aladdin ne sait pas ; c'est que pendant qu'il trompe Jasmine à tire larigot; elle, trompe son attente en jouant aux cartes et aux mots croisés. Il n'imagine pas qu'elle vient de gagner le premier prix d'un concours de sudoku : un tour du monde en bateau qui commence immédiatement. Elle a laissé un mot sur la table, disant simplement qu'il y a de la pizza au congélateur et a filé au port.
A l'heure qu'il est, Jasmine compte déjà les étoiles avec Peter Pan, qui, assumant enfin ses tendances éfféminées, et ayant fait récemment son coming-out, tire des plans sur la comète en claironnant que, plus tard; il deviendra un grand couturier; et lui confie à quel point il kiffe grave son amant, le Capitaine Crochet; d'ailleurs ils sont en route pour aller se marier à Las Vegas.
Mais à peine le voilier est-il en pleine mer qu'il est attaqué par une bande de pirates fines lames. Jasmine échappe au viol car elle était aux toilettes, en train de lire Pif magazine et n'a rien entendu de l'abordage car elle écoutait en même temps "Halo" de Beyoncé Knowles en boucle, à fond sur son walkman. Son apparition sur le pont, après la bataille, fait sensation ! Avec le capitaine du bateau adverse, un certain Sindbad, le coup de foudre est immédiat. Allez, hop tout le monde à Las Vegas!
C'est sans compter avec la terrible tempête qui se déclare et jette le bateau sur un rivage isolé où même le portable ne passe pas. Aucune vahiné en vue, seulement deux gugusses mal sapés voire carrément à poil: Robinson et Vendredi; que l'invasion de cette bande de marins complètement frappés met un peu mal à l'aise. L'un veut les habiller à la dernière mode, un autre leur promet de décrocher la lune ou dumoins un rôle dans un film à Hollywood, un troisième raconte des salades qu'il espère vendre comme scénario à l'industrie cinématographique, alors qu'une femme plume le reste de la troupe au black jack.
Un type joue de la flûte à l'écart, un air mélancolique; c'est le joueur de flûte de Hamelin qui a été exilé après une réforme du code de la nationalité et qui tente à présent d'exercer son art sur les crabes, pour les rameuter sur la plage. Car tout ce petit monde crève la dalle et une bouillabaisse serait bienvenue! Il pense aussi à sa bien aîmée restée au pays: Boucle d'Or. La mélodie est si poignante que les cocotiers, gagnés par son spleen, ne retiennent plus leur chagrin, et lâchent quelques noix de cocos comme si c'étaient des larmes. La complainte, emportée par le vent, arrive aux oreilles de Pinocchio dans le ventre de la baleine; lequel essaye désespéremment de reproduire la mélodie qu'il entend sur les fanons du cétacé, en feignant de croire qu'il s'agit du clavier d'un synthétiseur.
Pendant ce temps, à quelques encablures de là, dans une crique à l'abri des regards, Ali Baba et les 40 voleurs, qui se sont offerts une croisière de luxe avec les gains de leurs rapines, regardent un spectacle de danse du ventre sans se douter de rien. C'est Alice au Pays des Merveilles sur la piste, dans le simple appareil, un serre-tête avec des oreilles de lapin sur la tête. La foule est enthousiaste, les bravos fusent, et tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes, si un excité qui prétend s'appeler Sarkozy ou Paparazzi (on ne comprend pas bien dans le brouhaha), ne ruinait pas l'ambiance en essayant de prendre des photos au flash-ball.
FIN. Ou à suivre; qui sait?... | | | À: Eversmile · 15 août 2010 à 15:53 Re: Si on se faisait des films... Message 28 de 32 · Page 2 de 2 · 1 856 affichages · Partager oh-my-god, mais que lis-je ? la petite sirère, une vile nymphomane ? j'espère que tu as au moins conscience de briser menu les derniers idéaux, les derniers rêves d'innocence des quelques VFistes (les grands fous !) qui se seraient aventurés par là, avec ce relooking extrême des héros de notre enfance... aah, puissent-ils, puissions-nous, un jour, ressortir indemnes de cette relecture disons... progressiste, de walt disney (la paix sur lui). 
bon, où en étions-nous ?
ah, voilà. antoine de maximy, mécontent de ne pas avoir pu prendre son continental breakfast avec cet ingrat de will smith, à l'issue d'une équipée états-unienne ma foi forte en bouche, décide néanmoins de remettre le couvert aussi sec en se concentrant sur un sujet d'actualité (qui ne concerne toutefois pas michael jackson) et se lance dans un deuxième opus sobrement intitulé j'irai dormir chez vous : la france d'en haut. car oui, jamais à court de défis, toitoine ne se refuse rien et a choisi de s'incruster tout simplement chez l'irrésistible it-girl du moment. j'ai nommé liliane bettencourt, rien de moins.
la belle (??) est archi-médiatisée, harcelée et surveillée 24/24, désavouée par ses amis (son portraitiste, sa maquilleuse, sa comptable), sa famille lui veut du mal et elle n'a d'autre recours que de se perdre dans la poudre (matifiante). antoine arrive à point nommé. il veut à la fois pénétrer le temple méconnu (quoi, pas vous ?) de l'hyper-richesse (histoire de changer des plans bis chez l'habitant lambda au bhoutan, même pas foutu de lui servir une piquette convenable) et en même temps toucher à l'humain (le vrai, le vulnérable, celui que même l'argent ne rend plus heureux - car trop, c'est trop).
antoine enfile donc ses petites caméras, ses chaussures gore tex et sa petite gueule d'ange de vieux loup de mer et se rend en métro (prolo !) dans le XVIème, les beaux quartiers d'aragon, la cour de jeux des grands de ce monde, où l'on mange des macarons aux huîtres, de la soupe au thon rouge (le dernier au monde !), de la glace au foie gras. même le mcdo y est corrompu, puisqu'on y sert un big mac au magret de canard. bref. antoine sonne tout simplement chez liliane, probablement terrée derrière quatre ou cinq portes blindées, trois kevin costner (de la grande époque d'avant the postman, attention), un chien andalou, et trois perruches qui récitent du verlaine (la classe absolue). pour X raisons (la faiblesse, sans doute), liliane ouvre à antoine, qui à son tour s'ouvre à liliane de son projet fou. c'est parti.
mais voilà qu'on entend un grand tapage au-dehors. liliane, qui craint encore un peu pour son intégrité, envoie antoine en éclaireur. baroudeur dans l'âme, le maximy s'y colle. il constate effectivement un grand chambardement : avenue montaigne, des fans en furie d'obédience wayfarer attendent au tournant une limousine crème d'où émergent théodore monod et lady gaga, bras dessus, bras dessous, qui se rendent tous deux à une conférence inédite sur la mélancolie du chaos donnée par jean-paul rouve.
au même moment, mathieu almaric entre littéralement en collision avec notre ami maximy, et là, c'est le drame : une des caméras tombe à terre, anéantissant net des heures de prises exclusives (liliane raconte son enfance, liliane à la ferme, liliane se sent seule, liliane le vaut bien, liliane mange des raviolis en boîte ladurée, liliane regarde M6 comme tout le monde). pour se racheter, amalric négocie une nuit d'amour avec mimie le meaux, mais antoine est au-dessus de ça et puis il aime pas trop ses tatoos, à mimie. heureusement, voilà que débarque paz de la huerta, en grande forme après une nuit sous acide et un concert des animal collective, arrivée qui met tout le monde d'accord : ça pue l'embrouille, autant rentrer.
dans son petit salon de 300 m² (au passage, paz se demande où sont le colonel moutarde et le chandelier), liliane sert le thé, un thé spécial qu'elle importe du sikkim par hélico, avec des pâtisseries syriennes à se pâmer, le tout présenté dans de la vaisselle en baccarat sur mesure. aux murs, amalric dénombre discrètement, en amateur, un picasso, un degas, un damien hirst immonde, deux kahlo, trois matisse, un sempé original. côté photos, la dame a des goûts détonnants : diane arbus, david lachapelle, terry richardson ! ça frise l'ambiance boudoir, dites voir. mathieu ouvre un peu son col. il voit l'héritière d'un autre oeil.
pendant ce temps, l'homme de main de liliane, sam rockwell, veille au grain. il craint une nouvelle trahison et, se rappelant non sans nostalgie son passif de mercenaire tendance au coeur des ténèbres en sierra-leone, se déclare intérieurement prêt à remettre la main à la machette, au besoin.
loin de se douter de la menace qui pèse sur eux, les compères s'empiffrent comme il faut. mais voilà qu'on sonne à la porte. c'est jean dujardin qui revient des seychelles faire un petit coucou à sa grande tante. antoine les filme pendant qu'ils causent business, parce qu'il vient de se rappeler in extremis qu'il est avant tout dans une démarche sociologique - et non gastronomique, comme il a pu le penser jusqu'à présent. ça parle en K€, si bien qu'on ne sait plus combien coûte une baguette pas trop cuite, en ce bas monde. liliane reçoit un peu plus tard la visite de karl lagerfeld, venu lui présenter en exclu des modèles de robes dont le prix se rapproche approximativement du coût de lancement d'une fusée ariane depuis kourou. une bagatelle, donc. paz se sent un peu naze dans sa robe H&M fabriquée en malaisie, amalric se dit qu'il irait bien faire un saut en guyane, à l'occasion, quand antoine est sur le point de perdre les pédales quand il compare au propre budget de son film : minable. l'arrivée d'une nouvelle recrue remet tout ce petit monde à l'aise : ariane ascaride, la confidente et amie de liliane. la dernière fidèle. elle revient de dubaï où elle a été négocier le prix du lingot, en même temps qu'elle rachetait un groupe hôtelier en forme de phallus (une gageure pour l'endroit). une grande fille toute simple, quoi. qui trouve même le temps de lire katherine pancol quand elle n'est pas trop jetlaguée et qui a déjà mangé au buffalo grill en 1992, même que c'était pas dégueulasse.
il se fait tard, mais liliane a vraiment la pêche aujourd'hui, et elle leur propose une petite virée dans le paris upper-class by night. elle affrète donc son propre bateau mouche tout équipé (sauna, cinéma 3D, bar à soupes, studio d'enregistrement, magasin de lingerie, opticien) et les ballade sur la seine au son de l'orchestre philharmonique de berlin (au complet !), spécialement dépêché pour l'occasion. trop forts, ils jouent même du plastic bertrand si on leur demande ! pendant que paz et mathieu font semblant d'être des mélomanes, antoine fait ami-ami avec de curieux convives : une militante greenpeace désabusée, jodie foster ; un chirurgien esthétique au sourire carnassier, javier bardem ; un joueur d'échec prodige, jim carrey ; une bigote prosélyte, béatrice dalle, et même un as de la spéculation non-violente, mickey rourke !
antoine est sur le point de conclure avec une belle aventurière au CV mystérieux incarnée par (non, pas marion cotillard) cat power quand liliane rappelle qu'elle doit se lever tôt demain pour le procès et qu'il est temps de rentrer.
dernier plan : antoine filme longuement son lit à baldaquin et ses draps de soie, les dorures et la fresque hum... inquiétante (mais, ne serait-ce pas un tableau de marilyn manson ? décidément, cette liliane est rock'n'roll) qui lui fait face, en plus des miroirs multiples qui ornent globalement la chambre de 400 m² qu'il occupe. quoi d'autre ? six écrans plats, la bibliothèque complète de la pléiade (pour quoi faire, on se demande), trois canapés, un jardin d'hiver, une piste de danse, un chenil, un four à pizza, une machine à cocktails, une sculpture toute simple de henry moore (une petite, 3 mètres de haut), un dressing géant, un box à chevaux, une poste. "bienvenue chez les nantis", c'est la dernière phrase que se dit antoine, éteignant sa caméra, avant de s'endormir paisiblement, la tête sur un oreiller en hermine frappé des initiales LB. pfiou, ça change des guest-houses merdiques des précédentes émissions... | | | À: Eversmile · 2 septembre 2010 à 17:05 Re: Si on se faisait des films... Message 29 de 32 · Page 2 de 2 · 1 790 affichages · Partager bonjour, vraiment je ne comprend rien de ton film bonne chance | | | À: Goave · 2 septembre 2010 à 18:47 Re: Si on se faisait des films... Message 30 de 32 · Page 2 de 2 · 1 781 affichages · Partager Haha! Je vois que tu tiens bien la gageure...! De mon côté je te propose une suite rock'nroll...
Tout a commencé par une rave-party qui empêchait la Belle au Bois Dormant de dormir. Avant de finir en drame, en feuilleton à la française.
Résumer un conte de fées est anti-constitutionnel et quiconque s'y aventure s'expose à un rappel à la loi des genres. Mais il n'est pas interdit de manifester son étonnement, du moment qu'il n'y a pas d'affrontement avec la police de caractères.
Après avis favorable du comité de lecture; une reconstitution partielle a donc été décidée. Ainsi qu'un complément d'enquête aux frais de la Princesse au Petit Pois qui s'est constituée en partie civile dans cette affaire.
Un député, Georges Frêche, soutient qu'il vaut mieux sucrer les fraises sur les fesses d'une fée pour obtenir des infos fraîches, plutôt que de tirer les vers du nez à une sirène par une simulation de noyade du poisson. Un centriste déconcentré, dont la rumeur n'a pas révélé le nom, répète la formule, comme si elle était magique, en marchant de long en large dans les couloirs de l'assemblée nationale, en la déformant un peu plus à chaque pas : "Frêche ramène sa fraise à Fèz et fouette les fesses fraîches d'une fée aux cheveux défaits".
Mais cette grossière tentative de diversion ne saurait faire oublier aux lecteurs les derniers évènements de l'épisode 1. Que voici en bref:
Suite à l'attaque cardiaque d'Alice au Pays des Merveilles (ce n'est qu'un pseudo de scène, son vrai nom est Marianne) qui, à la demande d'un public de nantis interessés, dansait la danse du ventre et se trémoussait sur la piste d'un bateau de croisière prêté par Bolloré à Sarkozy Baba et ses 40 voleurs, lesquels croyaient être à l'abri de la justice dans la baie d'une île isolée appartenant à Bettencourt, une bagarre générale a éclaté.
C'est le moment qu'ont choisi les sept nains; qui se sont réunis en syndicat avec les trois petits cochons; pour faire grève et réclamer une augmentation de salaire. Ils ont convaincus la cigale et la fourmi de se joindre à eux, mais la chèvre de monsieur Seguin, qui désire s'associer au mouvement, a vu sa candidature refusée sous prétexte qu'être 13; ça porte malheur. Un individu non identifié caché dans la pénombre observe la scène d'un oeil flegmatique, une carotte à la main et un sourire sarcastique sur les lèvres. Bugs Bunny? Georges Clooney? Ah, non... C'est Carla Bruni; qui tient en fait un micro, et se demande s'il vaut mieux entonner "l'Internationale" ou interpréter un slow pour calmer les esprits. Une version remixée de la chanson de Claude François : "Les lundis au soleil", la tenterait bien mais est-ce bien sage? Elle se lance:
" Un quinquennat au soleil, c'est quelque chose qu'on oubliera jamais, Chaque fois c'est pareil, On est prêt à tout pour le prolonger, On espère que ça ne se terminera jamais et que ce ne sera pas le dernier Quinquennat au soleil"
Elle est brusquement interrompu par Brice Hortefeux qui lui demande ses papiers, à quoi elle rétorque qu'elle joue sans partition, mais que si c'est pour un autographe; il ferait mieux de s'adresser à quelqu'un d'autre. Elle ne signe pas n'importe quoi à n'importe qui, pas comme cette Bettencourt; qui signe des chèques aux montants astronomiques en fermant les yeux sur les bénéficiaires.
Pendant ce temps, Robin des Bois, profitant de la confusion générale, se glisse aux côtés d'Alice, enfin, Marianne, toujours dans les pommes, et, pensant la ranimer, lui verse un peu de sang contaminé que Fabius, à qui il en restait un peu sur les mains, lui a revendu à un prix d'ami. Le chat botté, qui passait par là par hasard, soupire que tout ça va mal finir. Hansel et Gretel se sont réfugiés dans les cuisines, et dévorent un gigot en papotant avec Astérix et Obélix, qui leur racontent entre deux bouchées, leur dernière chasse au sanglier en Corse sous le regard penaud du leader d'I Muvrini, bailloné sur un siège mitoyen, qui remplace le barde habituel, absent pour cause d'opération des amygdales.
La porte s'ouvre brusquement. C'est l'acteur Danny Boon qui cherche les toilettes pour un besoin urgent. Obélix, qui l'a confondu avec Jean-Marie Bigard qu'il ne peut pas sentir, l'expédie impulsivement dans les airs d'un coup de poing, lui, bien senti. Le pauvre gars s'envole, la poignée de la porte encore à la main, sous le regard admiratif d'un cuistot désoeuvré qui ressemble drôlement à Benoît Poelvoorde et qui siffle la lancée d'un air connaisseur. Comme celui-ci se précipite obséquieusement vers Obélix pour lui apporter une part de gigot supplémentaire, la porte s'ouvre à nouveau. C'est Carla Bruni qui marche à reculons, une baguette sous le bras tandis qu'un inconnu en bermuda lui roule une pelle, sous la caméra de Woody Allen. Après 40 prises, le pauvre acteur a la langue en compote et Obélix, qui se plaint des courants d'air, commence à voir rouge.
De l'autre côté de l'île, le Pape, en villégiature secrète dans un camp de naturistes, joue à la pétanque avec Mouammar Kadhafi, sous la clameur fébrile de leurs supporters respectifs. Le public, essentiellement composé de belles femmes et d'un ribambelle d'enfants désabusés (que le Saint-Père entend réconcilier avec la vie grâce à ce petit voyage sous les tropiques), ne se fait pas prier pour crier au scandale et s'en donne à coeur joie. C'est là, en plein milieu du terrain, sous une pluie de bravos et un tonnerre d'applaudissements, qu'atterit J.M Bigard qui devait bien retomber quelque part. Le pape croît qu'il s'agit d'un miracle; Kadhafi, plus circonspect, préfère filer un coup de pied au nouvel arrivant, pour s'assurer qu'il est bien vivant. Le bougre est mal en point et peine à articuler, mais on l'entend bien distinctement lorsqu'il murmure : "Maman! "
Un peu plus loin, dans les profondeurs de la jungle, dans un concert assourdissant de hurlements de singes et de piaillements déchirants d'oiseaux, on distingue un autre son plus suspect. Aucun journaliste sportif de renom ne se hasarderait à révéler ses sources, mais on reconnait tout de suite le cri de douleur macabre d'un lutin, à qui Raymond Domenech, l'entraîneur des Bleus, auquel il a été vivement conseillé de marcher à l'ombre pendant quelques temps, vient d'écraser le pied en passant. Un boa constrictor siffle le coup franc. Les fourmis se chargent de lui administrer un carton rouge.
Plus loin encore, au coeur d'une clairière, telle une calvitie dans l'abondante chevelure de la végétation, se trouve un petit village de maisons longues, peuplé d'adeptes de la langue de bois et de l'arnaque électorale, d'experts de la charia et du charabia, de pros du cirage de pompes et autres traîtres multirécidivistes repentis. On y trouve Ségolène Royal, allongée dans un hamac, le visage bouffi par les moustiques et les cernes profondes, creusées par des heures de sommeil à récupérer après avoir joué plusieurs nuits consécutives au 49-3 avec Rachida Dati; qui balaye d'un regard vide, sans désirs d'avenir, l'allée centrale où Bernard Tapi fait la sieste sur une caisse de déchets nucléaires. Pervez Musharraf lui masse les pieds avec sa moustache pour la faire sourire mais rien n'y fait. Ahmadinejad s'entraîne au jeu du scrutin truqué avec Kim Jong-il, Vladimir Poutine et Than Shwe; tandis que, près de la rivière en contrebas, Hugo Chavez s'est isolé pour pouvoir torturer Georges Bush en paix, sous la houlette de quelques talibans mélancoliques; qui, las de sa harangue populiste, l'étranglerait volontiers, s'ils n"étaient pas sous la surveillance d'un idéologue chinois qui les menace de purge et de lapidation par noyaux de pruneaux. Quelques dictateurs africains qui font bande à part, se sont lancés dans une partie de chasse à l'homme, au cours de laquelle ils croient être à la poursuite de Ben Laden, mais à leur grande surprise, le gibier qu'ils capturent n'est autre que Sarah Palin; qui révise sa thèse sur le créationnisme tout en faisant pipi derrière un buisson ardent. Ecoeurés, les poursuivants la laisse tomber dans une zone de sables mouvants où se débattent déjà Tzipi Livni et Frédéric Mitterand avant de passer à autre chose. Mitterand hurle qu'il ne veut pas finir dans les poubelles de l'histoire. Robert Mugabe et Paul Kagame s'en tapent les cuisses de rire avant de lui répliquer que d'autres, avant lui, y sont passés. Qui se souvient encore d'Edith Cresson? Laurent Gbagbo, qui s'impatiente, leur fait signe de se dépêcher en désignant la Rolex qu'il porte au poignet, cadeau embarrassant offert par Sarkozy à l'occasion du défilé du 14 juillet 2010. Il faut rejoindre le gros de la troupe, qui les attend pour chosir le prochain jeu: une partie de coup d'état ou un jeu des sept famines.
Mais soudain, un immense vacarme vient troubler ce petit havre de paix. C'est Tintin, armé d'un marteau-piqueur; qui tente de percer un secret. Le raffût est tel, que le volcan local ne s'entend plus péter. Corto Maltese, Baba Yaga, Mowgli, et Zorro, qui s'étaient donnés rendez-vous au sommet pour discuter du développement économique de l'île, doivent hurler pour se faire comprendre. Zorro parle de libérer les prix, Mowgli voudrait privilégier l'accès au logement, Baba Yaga propose un moratoire sur la culture du blé et de l'oseille; tandis que Corto Maltese insiste sur la liberté de la presse.
Quelques kilomètres en contrebas, dans une anse à l'abri des remous de la vie politique et de tous les beaux parleurs qui brassent du vent; l'équipe de France au complet qui n'a toujours pas été blanchie par les tribunaux, attend son extradition pour l'Antarctique, où une rencontre a été organisée avec leurs homologues: les manchots. Les joueurs, entassés et ligotés dans une cage de but comme un vulgaire panier de crabes sur la plage, prennent un coup de chaux sous la surveillance de Laurent Blanc qui veille à redorer le blason tricolore dans le soleil couchant. Tout le monde a la larme à l'oeil alors que l'heure des adieux approche, mais c'est surtout à cause du spectacle ô combien romantique qui s'offre à la vue à l'extrémité de la plage.
En effet, derrière une petite dune, dans le clapotis des vagues à l'âme, Jacques Majorelle s'évertue à repeindre les stroumpfs en un bleu de son cru. La scène se déroule sous le regard mi-tendre mi-acide de Viggo Mortensen ; qui fume un cigare en silence, assis sur un transat, avec pour toute compagnie celle de Barbe-Bleue; lequel attend son tour, car sa barbe a besoin d'un petit rafraîchissement. Ils se font cirer les pompes par l'homme invisible, tandis que, pieds-nus dans le sable, ils goûtent à la chaleur sensuelle de cette fin d'après-midi... | | | À: Eversmile · 3 septembre 2010 à 12:27 Re: Si on se faisait des films... Message 31 de 32 · Page 2 de 2 · 1 731 affichages · Partager bonjour, vraiment, je n'ai pas pu finir de lire et ce que j'ai commencé je n'ai pas pu comprendre aide moi à le comprendre bonne journée | | | À: Goave · 21 janvier 2012 à 8:33 Re: Si on se faisait des films... Message 32 de 32 · Page 2 de 2 · 1 455 affichages · Partager C'est reparti pour un petit délire fumeux... :
... BHL joue au frisbee avec Liliane Bettencourt dans un champ de pivoines et de chrysanthèmes radioactives sous le regard vide de Carla Bruni, mi-zombi, mi-vampire; qui mangera le vainqueur avant de succomber au baby blues et à l'oubli de l'Histoire dans un vagissement, redevenue nourrisson comme Benjamin Button. Derrière L a petite maison dans la prairie, Jamel Debbouze se dispute avec Rachida Dati à propos de la loi sur la relativité du talion. Dominique Pinon essaye de marcher sur l'eau car au milieu coule une rivière: la source des femmes. Dans de l'eau tiède sous un pont rouge, dansent des reflets, où s'embrassent deux femmes-araignées : Scarlett Johansson et Monicca Bellucci tandis qu'Uma Thurman et Keira Knightley transformées en naïades par un sale tour de Harry Potter (et non par la chirurgie esthétique, comme disent les mauvaises langues) leur tournent autour en cercles concentriques en récitant des mantras que leur a transmis leur guru Richard Gere. Jean-François Copé, le nez dans la vase et les algues vertes façon sanglier échoué sur une plage bretonne, mais avec palmes, masque et tuba; écoute Arnaud (de) Montebourg qui disserte sur la meilleure manière de produire de l'énergie en brassant du vent avec Nicolas Hulot. Emmanuelle Béart, assise sur la rive, compte les lucioles qui scintillent dans l'heure bleue et s'endort à 1. Céline Dion, allongée dans l'herbe artificielle entre un arum titan et une fleur de rafflesia aux arômes pestillentiels; rêve (ce sera la dernière fois) qu'elle a une extinction de voix tandis que Park-Chan Wook la découpe en morceaux avec un archet de violon. Les 2 Be 3 enregistrent le morceau dont ils espèrent faire un tube, en remixant les couinements de l'instrument avec la chanson de campagne du front national de 1997; qui, sur un air de zouk, fredonnait : "Avec Jean-Marie, je n'ai plus de peine". Laurent Blanc, à quatre pattes dans le gazon, tente de retrouver son honneur perdu, tandis que le Bon, la Brute et le Cinglé cherchent des trèfles à quatre feuilles pour le compte du chef de l'Etat, qui croît que le Bonheur est dans le pré carré de ses courtisans.
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