Bonjour,
Sapalote m’a devancé en ce qui concerne
karan ou
maï than tha khaat. Je dois dire que je suis autodidacte en Thaï, donc je ne peux prétendre tout savoir. Quand j’ai un problème ou qqc à chercher en Thaï et que je n’ai pas mes méthodes sous la main, j’utilise thai-language.com (
www.thai-language.com/
) que je trouve assez extraordinaire de richesse et de rigueur. Je tire mon chapeau très, très bas à celui/celle/ceux qui ont développé ce site (je crois que ce sont des américains). Malheureusement pour certains francophones pas trop « sortis » de la belle langue de Molière, ce site est en anglais.... Mais, c’est là que j’ai trouvé l’appellation «
maï than tha khaat ». Il faut dire que nous (toi-même, moi-même + certains autres sur ce forum) savons très bien de quoi nous parlons mais il nous manque parfois le mot juste pour décrire. C’est un peu l’histoire de Mr Jourdain (le bourgeois) qui disait des voyelles sans le savoir !

Est-ce que la consonne finale est totalement muette ? Bonne question. D’après ce que j’ai compris, si on utilise ce signe diacritique, elle devrait effectivement être muette, complètement. Mais il se peut bien que certains locuteurs prononcent légèrement la consonne qui est théoriquement occultée. Cela doit dépendre du niveau d’éducation, social etc. On écrit le mot « sa-tèm (p) » avec ce signe sur le « p », mais les Thaïs qui savent un minimum d’anglais et entendent les farang dirent « stamp » et non « stam’ » sont conscient de la prononciation du « p » final et ont peut-être tendance à le prononcer (légèrement). J’en profite pour dire que même si la consonne n’est pas occultée par ce signe diacritique, il y a un trait de prononciation du Thaï qu’il faut bien savoir reconnaître, c’est que les consonnes finales sourdes « p », « t », « k » ont tendance à ne pas être totalement prononcées. On les escamote un peu. Pour dire « fini, terminé », « mot » en Thaï (ton bas), on ne prononce pas comme le mot français « motte » où on entend très distinctement le « t » final, on dit plutôt « mot’ » où le « t » est à peine prononcé. C’est d’ailleurs particulièrement vrai dans le bien connu « mot laeo ! » (« il n’y en a plus, c’est fini ! », c’est ce que je dis parfois à Y pour lui faire savoir où en sont mes finances, hahaha !) où le « t » disparaît presque complètement devant le « l ».
Cette façon d’escamoter les consonnes sourdes finales se retrouve dans d’autres langues asiatiques. C’est très vrai par exemple pour les mots qui se terminent par un « k » en Bahasa Indonesia / Melayu. On ne prononce pas « bapak » ou « tidak » (« monsieur », « ne pas ») « bapaque » ou « tidaque », mais « bapak’ » et « tidak’ » où le « k » ne s’entend presque plus. Même phénomène en Vietnamien, je crois, à en juger à l’oreille (mais je ne connais strictement rien à cette langue).
Les Français se reconnaissent immédiatement à leur façon de prononcer lourdement ces finales.

Il y a d’ailleurs beaucoup à dire sur les consonnes sourdes et sonores en fin de mots en Thaï. Tous ceux qui écoutent bien les chansons thaïes (et qui ont de l’oreille) peuvent remarquer que les phrases, ou les vers, se terminent le plus souvent par des syllabes « vivantes » (et non « mortes »). À tel point que quand c’est le mot « rak » (ou « hak » si c’est en dialecte Isaan ou en Lao ; = « amour, aimer ») qui clôt une phrase / un vers, le chanteur/la chanteuse a tendance à le prononcer « ra (k)n » ou « ha (k)n » pour pouvoir laisser vibrer la voix sur une consonne sonore (et donc en faire une syllabe vivante) au lieu d’avoir à rester « sec » sur une syllabe « morte ».
Tu as tout à fait raison de recommander de demander à plusieurs Thaïs, car ils n’entendront pas tous de la même façon un nom étranger aussi bizarre que « Raphael ». De plus, ils ne trouveront pas tous le même intérêt à se pencher sur un problème de farang (transcrire son nom en lettres thaïes) et certains se contenteront de donner des solutions assez approximatives. Mais avec tout ce que nous en avons dit, et entériné par la copine Thaïe de Sapalote (c’est un fruit ????

), je crois que Raphael devrait maintenant savoir comment faire écrire son nom.
Ah, je voudrais aussi dire que si la copine de Sapalote a tout à fait raison en remarquant que le « a » court mènera à une prononciation un peu hachée du nom, c’est peut-être une remarque assez puriste. Le « a » court est celui qu’on utilise pour écrire « arai » (« quoi ? ») et en principe on devrait prononcer « a’ rai » avec un petit arrêt après le « a » - c’est ce qu’on entend dans une bonne méthode de Thaï et c’est peut-être ainsi que prononcent les gens les plus éduqués à la télé etc. Mais je n’ai jamais entendu qui que ce soit dans la vie courante prononcer ainsi. On entend plutôt « arai » (ou « alai » !). Il y a d’autres exemples mais ils ne me viennent pas immédiatement à l’esprit. C’est une remarque que je voudrais renvoyer à Sapalote, ou à sa copine en fait. Je me demande si ce n’est pas un peu exagéré de rejeter l’écriture avec un « a » court à cause de ça.
En fin de compte, il n’y aura jamais une écriture en lettres thaïes qui passera exactement la prononciation française.
Amicalement