Istanbul
Dans ma précipitation et mon enthousiasme, il y a un lieu que j'ai oublié de décrire. Ce lieu, c'est
Istanbul, autour de laquelle j'ai beaucoup tourné jusque là mais sans vraiment essayer de saisir son essence.
Sommes-nous tous des enfants d'
Istanbul? En ce qui me concerne, certainement, puisque c'est dans cette ville que mes parents se sont rencontrés quelques années avant ma naissance. Mais au-delà de cette considération toute personnelle, cette ville fait partie de notre patrimoine culturel et historique commun. L'histoire du continent européen s'y est jouée à de nombreuses reprises tandis que la Sublime Porte fut également le centre de l'Orient compliqué pendant de nombreuses années. Aujourd'hui,
Istanbul reste pour beaucoup d'intéressés la plus belle et la plus ouverte des métropoles du Moyen Orient ainsi que sa vitrine audacieuse, tandis que son existence-même interpelle les européens qui s'interrogent sur leur identité et leur avenir. Comme
Rome,
Athènes ou
Jérusalem,
Istanbul fait donc partie de ces rares villes qui peuvent prétendre au titre de berceau du monde occidental (un terme qui inclut bien entendu aussi bien ce que nous appelons Occident et Orient, intimement et inextricablement liés).
Pour le voyageur que je suis,
Istanbul aura réussi l'exploit jusque là inégalé de me retenir six jours pleins sans que je ne songe sérieusement à m'en évader. Moi qui ai l'habitude de dévorer les kilomètres aussi rapidement que les assiettes de ratatouille et qui ne m'épanouis en voyage qu'en changeant de lieu tous les deux jours, j'ai dû m'avouer vaincu devant cette ville aux mille facettes. Inutile d'aller voir Edirne, Bursa ou
Ankara, inutile d'aller explorer les iles de la mer de Marmara ou les stations de ski situées au sud-est de la ville, il y a tant à voir et à vivre à
Istanbul qu'il semblerait presqu'inutile d'aller voir ailleurs. Bref,
Istanbul a certainement un turc, pardon, un truc, pour retenir son monde.
Et si
Istanbul est un condensé de monde, c'est bien plus que l'addition de quelques quartiers, influences ou cultures. C'est en soi un monde à part, au caractère très affirmé et à l'identité insaisissable.
C'est un appel à la prière qui hurle au-dessus de deux ou trois pères noel vendant des patisseries turques,
C'est une fille en mini-jupe qui tient le bras de sa copine voilée,
C'est une librairie où l'on vient boire un café en lisant des auteurs traduits de toutes les langues,
C'est un vendeur de kebab pour qui la
France évoque désormais Carla Bruni,
C'est un restaurateur turc avec qui on ne peut plaisanter qu'en russe,
C'est une mosquée gigantesque mais vide,
Ce sont des dizaines ou des centaines de navires qui attendent pour passer le Bosphore,
A moins que ce ne soit tout simplement cette frénésie au moment d'embarquer sur un vapur aux heures de pointe.
En ce qui me concerne, c'est surtout une ville où il fait sûrement bon vivre et où j'aurai plaisir à retourner car c'est sur le chemin entre l'Asie et l'Europe. Non, il ne s'agit pas là de brandir une tarte à la crème ou de répéter un poncif mille et une fois évoqué. Mais quand on veut régulièrement se rendre de
Shanghai à
Nice et qu'
Istanbul dispose de vols directs vers ces deux villes, la correspondance de quelques jours est plus que tentante!
Avant de conclure, il y a encore une région, un pays, que je n'ai pas évoqué dans ce récit. C'est la
Turquie. Mais que pourrais-je en dire? L'ai-je même seulement vue excepté au travers de mon hublot? Je ne me risquerais certainement pas à en parler. Certes, j'aurais pu pousser le vice jusqu'à visiter le parc de Miniaturk (sic) où sont reproduits en miniature les principaux monuments et sites du pays. Une sorte de mini-monde dans le mini-monde. Ce quasi tour du monde d'une semaine aurait ainsi été encore plus complet, mais non, je n'ai pas osé. Peut-être irai-je me promener dans certaines portions du Miniaturk géant disséminé tout autour d'
Istanbul la prochaine fois.
Images attachées:pain: la preuve par l'image qu'
Istanbul ne nourrit pas le monde entier que par sa culture.
navires: je n'aimerais pas être le dernier dans la queue.
perenoel: il y a des barbus à
Istanbul!
panorama: pas besoin de satellite pour voir une partie du monde d'en haut.
FIN Images attachées: