Bonjour !
[...] que veux dire "diabary" en francais svp? (1)
Je crains que vous ne vouliez pas apprendre le sens de
jabari plutôt celui de
jarabi, d’autant plus que
jabari n’existe pas en bambara, ni comme lexème (unité lexicale) ni comme mot dérivé (2) ou mot composé...
Quant à
jarabi, ce mot veut dire...
1. n "passion ; vif désir ; amour charnel" (synonymes :
nègèba,
nègèla)
2. vi "devenir amoureux, se passionner pour" (3)
Exemples :
Liwurukalanni jarabi b’a la. "Lire un livre est une passion pour lui/elle."
Jènèba jarabilen don Karimu la. "Jeneba est amoureuse de Karim."
Jènèba nègèba bè Karimu la. "Jeneba est très éprise de Karim."
On peut bien sûr utiliser
n jarabi comme surnom adressé à son "
ange", comme vous le dites, pour dire "mon amour/ma bien-aimée", et je vous assure qu’elle va être contente et se sent très flattée...
Avec des réserves, on peut utiliser
n baramuso (<
bara-muso 'préféré-femme') pour dire "ma préférée/ma bien-aimée", même s’il faut prendre conscience du fait que le sens primaire de
baramuso est "femme préférée" parmi les épouses (
furumusow ou, plus précisément,
sinamusow) (4) d’un polygame (
musocamantigi) (5). De plus,
baramuso veut dire aussi "amant (extra-conjugal)". Vous voyez, les deux termes sont bien différents :
jarabi exprime en particulier un sentiment, une forte affection pour qn, tandis que
baramuso accentue en premier lieu une hiérarchie... En tout cas, pour dire "mon darling/ma chérie/mon ange,...", je conseille d’utiliser en priorité
jarabi auprès de
baramuso.
Voir aussi l’entrée
baramuso dans
ce lexique
! (6)
Et comment peut on dire "je pense fort a toi mon ange"?
Tout simple, on dit d’habitude...
N hakili b’i la kosèbè ! ou
E bè n hakili la kosèbè ! ou aussi
Muso don de min ko ka di ne ye ! " (litt. :) Mes pensées sont bien à toi ! / Toi, tu es bien dans mes pensées ! / A toi, femme, je pense fort !"
Si cela vous intéresse :
Pour attester sa sympathie à une femme (ou à une personne quelconque), on dit habituellement :
I ko ka di n ye. "Tu m’es sympa."
La déclaration d’amour la plus simple et la plus directe est bien sûr :
N b’i fè [mbifè]. "Je t’aime." Idéale, vraie réponse :
Ne yèrè fana b’i fè. "Je t’aime, moi aussi."
Le compliment le plus courant pour une belle femme est :
I cè ka nyi kosèbè. "Tu es très belle. (litt. : Ton apparence est très bien/belle.)" (7)
Autres compliments, un peu plus originaux (ou pas ?), pour une femme sont :
Ala ye cènya d’i ma. "Dieu t’a fait cadeau de la beauté."
I yèlè cogo de ka di n ye kosèbè. "C’est ton sourire qui me plaît tant."
I nyin jèlen don. "Tes dents sont éclatants de blancheur."
I ka dulòki cènyi de b’i kan na dè. "Ce sont de très jolis habits que tu portes."
A la prochaine (
K’an bèn tuma wèrè), R.
(1) par ailleurs, la façon d’écrire (>
diabary) de laquelle vous vous servez ici n’a rien, absolument rien à voir avec la vraie orthographe bambara !!!
Ala ka yafa i ma ! "Que Dieu te pardonne !"
(2) certes, il existe
ja "image, photo ; ombre" ou aussi
jaba "oignon" mais ni
-bari ni
-ri ne sont des dérivatifs bambara.
(3) abréviations utilisées : n = nom (
tògò), vi = verbe intransitif (
waledafalen).
(4)
furumuso (<
furu-muso 'mariage-femme') veut dire " (propre) épouse, femme mariée",
sinamuso (<
sina-muso 'rivale-femme') veut dire "co-épouse, rivale".
(5)
musocamantigi est composé de
muso "femme",
caman "beaucoup, nombreux" et
tigi "maître, propriétaire", donc le "maître de plusieurs femmes" = "polygame".
(6) vous trouvez
baramuso sur la page 16, à gauche, en haut. Voilà,
baramuso est décrit par
muso mandi, min bè sanga la :
mandi veut dire "bien-aimé, chéri, estimé". La phrase
min bè sanga la veut dire " (femme) qui est en vogue, à la mode", donc celle qui est la préférée. Pour le préciser, on fait référence à l’entrée
bara (
lajè veut dire "regarder") sur la page 15, à droite, c’est le premier
bara : là, on peut lire
baramuso : muso min ma ka di a cè bolo ka tèmè a sinamusow kan, ce qu’est à traduire par "femme qui, parmi (toutes) les co-épouses, est la plus appréciée de l’époux".
(7) le phonème /ny/ se définit comme nasale palatale dont la prononciation ressemble au /gn/ du français (voir
baigner,
champagne,
ligne,
régner,
soigner).