La
vie culturelle occidentale n'est pas totalement indigente à
Pondichéry.
Evidemment, ce n'est pas la corne d'abondance parisienne. On est plus proche de l'ambiance d'une préfecture de province, mais il y a régulièrement des projections de films français et indiens sous-titrés en français à l'Alliance Française, de films occidentaux à
Auroville.
Il y a des conférences données par des visiteurs de marque français.
On peut assister à des concerts de musique classique à
Auroville. Cette dernière est dotée d'une impressionnante proportion d'artistes en tous genres.
Mais il est vrai qu'il est parfois bon d'être armé d'une bonne bibliothèque et d'une vidéothèque conséquente. L'ennui n'est pas une nouveauté à
Pondy. Il touchait déjà nos ancêtres coloniaux.
Si l'on s'ennuie un peu trop, on peut aller faire un saut à Madras, dont la vie culturelle est plus active. La ville dispose d'ailleurs de l'un des meilleurs orchestres de musique classique occidentale de toute l'
Inde.
(Madras est loin. Les routes indiennes sont dangereuses la nuit. Une sortie là-bas implique de préférence une nuit à l'hôtel ou chez des amis.)
Et puis, on a tous les sites que des milliers de personnes viennent visiter au prix d'un voyage de milliers de km en avion. Ca aussi c'est de la culture.
Je finirais en disant qu'il ne faut pas espérer trouver en
Inde la même chose que chez nous, sinon c'est la déprime assurée, fatalement accentuée par le climat.
Car il y a la vie culturelle tamoule et sud-indienne, que l'on ne saurait mépriser, des multiples fêtes religieuses au cinéma kollywood, en passant par le bharata natyam et la musique carnatique. Beaucoup trop de Blancs que j'ai rencontrés à
Pondy et
Auroville semblent malheureusement évoluer dans un monde d'où l'
Inde est absente, y compris dans les conversations.
La meilleure façon de ne pas s'ennuyer, comme dans beaucoup de pays tropicaux, c'est pourtant de cultiver les relations humaines avec les gens de la contrée (Ca tombe bien: les Tamouls sont très accueillants).
Peu de pays ont été autant marqués par la présence et l'activité humaine que l'
Inde. On ne peut envisager sainement l'
Inde sans fréquenter les Indiens, et pas seulement l'élite francophile cultivée qui peuple tous les dîners en ville et les vernissages pondichériens.
L'on entrera alors dans un autre monde pour lequel il n'est pas interdit de se passionner, avec respect.