En 2009 à Esfahan un homme, la cinquantaine, m'aborde,
- " Pourquoi la télévision américaine et française dit du mal du peuple iranien ".
je lui réponds :
- " La télévision américaine je ne la regarde pas, mais cela m'etonne qu'elle dise du mal du peuple, et la télévision française n'a jamais dit du mal du peuple, mais plutôt du régime ".
J'ai eu une expérience du même type que sagonne à
Yazd avec un guide de groupe du Silk Road Hotel qui se plaignait des positions négatives des media occidentaux sur l'
Iran : désinformation, malhonneté... Il est vrai que c'est un frein fort à l'arrivée des touristes.
Je lui ai expliqué que les media, quel que soit le pays (
Iran compris), rendent compte généralement des problèmes, très rarement des bonnes nouvelles : les trains en retard, pas les trains à l'heure. D'ailleurs, cet été 2010, la télévision iranienne ne montrait de la
France que les voyageurs souffrant des grêves SNCF. Et c'est "normal", de même qu'il est nominal que les medias occidentaux véhiculent une image négative de l'
Iran, car il s'agit là des relations diplomatiques entre gouvernements, clairement mauvaises entre l'
Iran et les Occidentaux.
Nombre d'iraniens sont frustrés par cette image négative, la ressentant même comme une injustice. Ainsi en 2007, après m'avoir demandé mon nom et ma nationalité, les iraniens me questionnaient systématiquement sur l'image de l'
Iran : "What do you think about
Iran?". D'une certaine manière, ils ont un peu raison, car trop de gens dans nos pays ne savent pas distinguer le Peuple du Régime. Je me contentais de leur confirmer que l'
Iran en tant que Régime avait une très mauvaise réputation en Occident, mais que le peuple iranien avait une réputation d'accueil extraordinaire auprès de ses visiteurs (et de leurs proches), sans doute "champion du monde" dans ce domaine. Que d'ailleurs, ils pouvaient le vérifier par eux-mêmes en consultant les sites de voyageurs.
Après cette explication, ils avaient généralement un très grand sourire.

Cet été 2010, j'ai même eu la témérité d'aborder la question du nucléaire, en attirant leur attention sur le fait que la grande puissance européenne, celle qui peut dire non, c'est l'
Allemagne, alors qu'elle ne détient pas l'arme nucléaire. Les dépenses pour acquérir le statut de puissance nucléaire sont-elles bien investies ? Je conserve toutefois le sentiment que mes interlocuteurs iraniens, bien que généralements opposé au régime en place, étaient plutôt favorables au développement du nucléaire. Cela flatte l'immense fierté que chaque iranien a de son pays. Une forme de restauration des grands empires iraniens du passé.
Par contre, je n'ai jamais pris l'initiative de discuter de la situation politique en
Iran, ni même sollicité des avis. Je me suis borné à écouter ce que l'on me disait sans affirmer ma propre position. En mentionnant toutefois que c'est le seul pays visité où j'ai rencontré des difficultés pour accéder à mon compte Picasa. Une anomalie significative. Libre à chacun de comprendre...
Bonne réflexion à tous nos candidats à découvrir l'
Iran
Fabrice