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Mékong
Lyon, France

29 octobre 2007 à 14:34

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Fragments de voyage: de Lyon à Madras par la route Répondre

J'entreprends un périple de 3 mois et plus jusqu'aux portes de l'Asie. Je vous livrerai en vrac mes impressions sous forme de carnet de bord, d'anecdotes, d'émotions brutes et aussi des informations pratiques. J'essaierai autant que possible d'écrire sur le vif et de vous envoyer quelques photos.
fraternellement
Eric



PARFUMS D'ORIENT ISTANBOULIOTES

19-20-21-22-23-24 octobre
Lyon-Strasbourg-Bâle-Istanbul
[Eh oui j'ai un petit peu triché dans le titre j'ai pris l'avion à Bâle.]
Des rues bruyantes et bigarrées. Des gens partout qui s'affairent, un ballet continu ponctué de coups de klaxons et des sirenes des bateaux, rythmé par l'appel du Muezzin, répercuté tel un écho dans toutes les mosquées majestueuses de la cité.
Quel meilleur endroit pour commencer ce voyage si ce n'est Istanbul, carrefour et porte de l'Orient. C'est ma 4eme fois ici et je m'y sens bien, une ville attachante. Le soleil est de la partie. Je me balade dans le vieil Istanbul. A Eminonu, des gens qui pêchent, le pont de Galata est hérissé de cannes à pêche. Sur des bateaux amarrés le long des quais, des hommes font frire le poisson que l'on peut déguster dans des pains avec des oignons au bord de la Corne d'Or. Je me perds dans les ruelles qui remontent vers le grand bazar. Bain de foule. Des tas de drapeaux turcs pendent aux fenêtres, d'autres recouvrent des pans entiers de murs. Tout cela se passe dans tout le pays. Des manifs se déroulent un peu partout. Hommage aux soldats martyrs tombés au combat dans l'est. A la TV, des images passent en boucle, des généraux revanchards sont propulsés sur le devant de la scene. A qui profite cette inflation de violence ? une chose est sûre, pas à la population kurde de Turquie.
Pêcheurs sur les quais d'Eminonu au fond la mosquée de Suleiman le Magnifique

Infos pratiques
Arrivée à l'aéroport Ataturk
prendre le métro (jeton 1,30 YTL) jusqu'à Aksaray, puis le Tramway (jeton 1,30 YTL) direction Sultanahmet ou Taksim
Arrivée à l'aéroport de Sabiha Gocken
prendre la navette ( à droite en sortant 3 YTL) E10 jusqu'à l'embarcadère de Kadikoy, puis le ferry (jeton 1,10 YTL) jusqu'à Eminonu. Ensuite prendre le Tramway, soit direction Taksim (de l'autre coté du pont de Galata) soit direction Aksaray/Sultanahmet
Pour se loger, pléthore d'hôtels bon marché du coté de Sultanahmet derriere la Mosquée Bleue.
Pour manger : Eviter le quartier de Sultanahmet
Pour le change : changer le strict minimum a l'aéroport, taux plus avantageux autour du Grand Bazar
Pour aller au bord de la Mer Noire
Prendre un bus (du coté d'Eminonu) direction Sariyer sur le Bosphore, ensuite prendre un Dolmus direction Kilyos



SUR LA ROUTE DE LA SOIE...QUELQUE PART ENTRE SIVAS ET TERCAN

Istanbul-Erzurum
24-25 octobre

Aujourd'hui, je trace sur Erzurum. Il pleut légerement. Je me rend à l'immense otogar au nord d'Istanbul et je prend le bus de 16h.
Cela m'arrange car j'ai ma demande de visa iranien à déposer au plus vite et ensuite, sachant qu'il faut 10 jours pour l'obtenir, je compte visiter l'est.
Bus de nuit. 1375 kms à parcourir. Mon voisin ne parle pas Anglais, nous communiquons par gestes et par bribes de mots turcs pris dans mon lexiqueSourire. La TV diffuse le match de foot Besiktas-Liverpool, les Turcs sont fondus de football, ca tombe bien moi aussi.Malin
A l'aube, en consultant ma carte, je réalise que nous empruntons la route de la Soie, route mythique pour bien des voyageurs, Nicolas Bouvier et Thierry Vernet étaient passés par ici en 1953. Nous roulons au milieu d'une vallée entourée de puissantes montagnes, la végétation est rare, quelques troupeaux de moutons paissent. Le climat doit être rude en hiver. Et premiere émotion : nous croisons l'Euphrate (en Turc : Firat). Depuis mon enfance, je suis fasciné par les grands fleuves, mon voyage qui s'annonce en sera parsemé. Et hopSourire une photo pour immortaliser l'instant.

Arrivée a Erzurum fin de matinée. Il fait beau, une chance car la température peut descendre très bas en cette période de l'année. Il y a une station de ski pas loin d'ici. Je me rend au consulat en marchantCool. Accueil austere mais correct, j'avais préparé les formulaires mais il n'en veut pas et je dois m'y coller une nouvelle fois. Puis il faut aller courrir jusque dans le centre à la banque Oyak pour payer les frais de visa, heureusement un chauffeur de taxi qui m'avait vu poirauter devant le bureau, m'attend et m'amène sans hésiter à la banque puis fait le retour. Apparemment, il a l'habitude de la procédureClin d'oeil
Passage éclair dans cette ville, je prendrai plus de temps dans 10 jours pour la visiter. Maintenant, je file sur Malatya. Bus de nuit. Jamais bu autant de thé et autant les mains parfumées d'eau de cologneSourireSourire.
Otogar de Malatya à 2h du matin, je décide de finir la nuit ici, il y a des sièges confortablesClin d'oeil. J'irai chercher un hôtel le matin.
Mes 4 premieres nuits
1 à l'aéroport/1 à l'hôtel /1 dans le bus/1 dans l'otogar de Malatya, vive les voyagesCool



Infos pratiques
Trajet Istanbul-Erzurum 55 YTL par la compagnie Esadas
Trajet Erzurum-Malatya 40YTL par la compagnie Bingol
1 Bouteille d'eau 1l : 0,50YTL
1 pide ou galette : 0,30 YTL
Demande de visa iranien : 2 photos/2 formulaires remplis a la main/copies des pages importantes du passeport/60 euros ou 103 YTL payables a la banque Oyak

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 18 mars 2008 à 16:38.)

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Aristomakos
Meudon la bourgeoise, France



30 octobre 2007 à 12:30

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Re: [Mékong] Fragments de voyage: de Lyon à Madras par la route [En réponse à] Répondre

Bonne chance pour cet audacieux voyage,

vu le résultat du match besiktats/liverpool, ton voisin turc a dû être content !

au fait, pourquoi ne pas avoir fait le trajet Lyon/Istanbul par la route ? pourquoi ce choix, le manque de temps l'explique t-il à lui seul ?

Ben


Sheytoon
France

30 octobre 2007 à 17:33

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Re: [Mékong] Fragments de voyage: de Lyon à Madras par la route [En réponse à] Répondre

Bonsoir,

Très gentil à toi de m'avoir averti de ton départ. Je te suivrai désormais ici sur le carnet que sembles vouloir tenir sur le forum.

En demeurant ici, aussi triste et étrange que cela puisse paraître, les souvenirs de mon voyage demeurent un bloc compact d'où trop peu souvent ils montrent le bout de leur tête . Je te lis et les lignes des pécheurs sur le pont Galata, l'eau de cologne servi généreusement laissent réaffluer les images.

Merci,

Bon vent et à bientôt,

Sheytoon
www.tchamedoon.canalblog.com


kesabe
genève, Suisse



31 octobre 2007 à 5:35

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Re: [Mékong] Fragments de voyage: de Lyon à Madras par la route [En réponse à] Répondre

Salut Mékonq!
Me réjouit de te lire, je me souviens de mon arrivée à Istanbul, la différence de culture m'apprivoisa et j'ai adoré cet endroit, ainsi que mon voyage en Turquie jusqu'en Capados superbe endroit ! mon voyage c'est pratiquer en famille se qui nous a rendu la tache plus facile pays très accueillant au niveaux des enfants.
Enfin bref c'est pour cela que je me réjouit de lire tes périples , et d'en savoir plus .
meilleures salutations
Mymi



Mékong
Lyon, France

31 octobre 2007 à 14:35

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Re: [Aristomakos] Fragments de voyage: de Lyon à Madras par la route [En réponse à] Répondre

salut Aristomakos
c'était juste une question de budget, suis parti par easy jet pour 30 euros, eurolines c'était 94 euros jusqu'a Belgrade et 23 euros jusqu'a Istanbul

Eric

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier


Mékong
Lyon, France

31 octobre 2007 à 15:40

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de Lyon à Madras par la route : (Turquie) Sur les routes d'Anatolie Orientale [En réponse à] Répondre

Merci pour vos messages

Sur les routes d'Anatolie Orientale
Malatya-Karadut
26-27 octobre

Ce matin en sortant de l'otogar, j'attrape un bus local. Le chauffeur ne pipe mot d'anglais. A l'aide d'un plan et de mon lexique, on arrive à se comprendre. Enfin c'est ce que je crois. En Turquie, les otogars sont éloignés des centres villes et celui de Malatya, en l'occurence se trouve distant de 6 kms. Quelques instants plus tard, le chauffeur s'adresse au bus bondé et tous les regards convergent vers moi. Il vient juste de lancer pour un interprête parlant anglaisSourire. Une jeune fille se présente, s'assied à coté de moi et me questionne en Anglais. Ainsi c'est comme ça que plusieurs personnes se relayent, changement de bus compris pour m'amener jusqu'au centre. Plutôt sympa, mon dernier accompagnateur me sort ses cartes, il travaille à la Railway et est entraineur de footSourire.
Ici, peu importe la barriere de la langue, les gens seront toujours prêts à vous aider et vous rendre service avec beaucoup de gentillesse.

Malatya donc, j'y reste une nuit, capitale de l'abricot (kayasi), vendu à tous les coins de rue de cette ville. Pas étonnant, sur la route d'Adiyaman, c'est une succession d'arbres fruitiers, de champs et de villages, contraste avec la rudesse des montagnes imposantes, rocailleuses, de couleur brune, dépourvues de végétation qui nous entourent, on entre dans le pays du Nemrut Dagi.

12h30, dans le dolmus, un cd de musique orientale tourne. Il fait 28 degrés dehors, temps propice à la sieste et à la farnienteCool. Parfois, il s'arrête pour prendre une personne sur le bord de la route et repart.
Arrivée à Adiyaman, autre dolmus direction Kahta, nous sommes entassés mais comme par enchantement une place me tend les brasSourire. A Kahta, je rencontre le type qui tient la Karadut Pensiyon, ça tombe bien c'est là que je vaisTire la langue. Faut dire que lorsque j'ai demandé au chauffeur, Dolmouche Karadut ? il m'a amené direct à lui, tout le monde se connait ici. Mehmet m'invite à attendre dans l'épicerie qu'il tient, on boit un thé (cay), la TV diffuse un match de foot... le dolmus arrive et j'embarque. Je vais bientôt toucher au but, le Nemrut Dagi n'est plus tres loin. Ici, nous sommes en pays kurde.
Dans le dolmus, je m'asseois derriere, sur la banquette devant moi, 2 femmes et un bambin, dans les bras de sa mère, il me regarde d'un air amusé, je lui fais des grimacesMalin, il me fixe de ses yeux malicieux ce qui fait rire les 2 femmes. Sa petite soeur, une fillette adorable avec de grands yeux profonds est assise sur la même banquette que la mienne. Regard intimidé. La route entre Kahta et Karadut s'élève, je ne me lasse pas de contempler le paysage mais je n'ai encore rien vu. La fillette est désormais assise à coté de moi, plutôt rassurée et tranquille. Le dolmus stoppe à Narince, un petit village, devant une échoppe ressemblant à une boulangerie, le chauffeur descend et achète plusieurs galettes (pide) tout juste sorties du four, les femmes en prennent aussi:). On se remet en routeSourire.

Paysages d'Anatolie Orientale
Arrivée à Karadut, minuscule village en plein coeur des montagnes, l'auberge est parfaite. Je dois être le seul pensionnaire, c'est la fin de saison touristique mais elle est ouverte toute l'année. Les chambres sont hyper clean, il y a même un jardin où l'on peut planter la tente et des tables dehors pour déjeuner. On peut y manger midi et soir. Le personnel est très sympa, kurde, il y a Osman (fondu de football et de Galatasaray) et Dadu qui sont permanents, ce sont des enfants du pays. Le soir, des jeunes et vieux du village viennent pour prendre un thé, discuter ou regarder la TV. C'est vraiment un endroit reposant et accueillant pour y passer du temps. Même si le patron essaye de vendre son excursion pour le NemrutClin d'oeil.
Demain, une grosse journée m'attend.


Infos pratiques
Malatya
Ticket de bus : 0,75 YTL
si vous êtes à l'otogar, sortir et traverser le boulevard, arrêt de bus en face. Demander au chauffeur "Vilayet" qui se trouve au centre de Malatya.
Pour aller à Karadut depuis Malatya
otogar de Malatya, prendre un dolmus pour Adiyaman 9YTL. Ensuite à Adiyaman, sortir de l'otogar, prendre à droite et suivre la route sur 300 m, arrêt dolmus pour Kahta devant une épicerie 1 YTL. A Kahta, arrêt dolmus pour Karadut devant l'otogar 3,5 YTL. Il suffit de demander.
Karadut Pensiyon : 20 YTL la nuit avec petit déjeuner

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 18 mars 2008 à 17:10.)


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Mékong
Lyon, France

1 novembre 2007 à 16:53

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de Lyon à Madras par la route :(Turquie)A l'assaut du Nemrut Dagi à pied...et en tracteur [En réponse à] Répondre

A l'assaut du Nemrut Dagi à pied...et en tracteurCool
le 28 oct

Levé très tôt, je prend vite le petit déjeuner. J'ai prévu de consacrer la journée au Nemrut Dagi. A la Table d'à coté, déjeunent des Turcs qui reviennent du sommet, ils sont allés assister au lever du soleil.
Le lever et coucher de soleil, c'est la marque de fabrique de toutes les excursions. En saison, c'est l'usine à gaz, des minibus remplis de touristes en provenance de Kahta et Malatya convergent vers le Nemrut sans musarder en chemin. En 1h l'affaire est pliée. J'ai rien contre mais c'est pas mon truc. J'aime être libre des mes mouvements et prendre mon temps, en outre, j'adore la marcheTire la langue. Je sens que le patron de la pension me tire la gueule et sûr que ce ne sont pas des types comme moi qui feraient tourner son business. Hier, Osman me disait que la clientèle était constituée principalement de Russes, Américains, Australiens, Italiens, peu de Français.

Et c'est parti pour 8kms d'ascension. Sortie de Karadut sous un ciel bleu éclatant. Un gamin garde un troupeau de chèvres, "Hello", je lui fais signe de la main, "Money"Fou, il me suit sur quelques mètres puis retourne à ses bêtes. Il fait chaud, je tombe la chemise.
Ce silence...je monte tranquillement. Pause photo, me désaltère tout en contemplant les alentours. Arrivée devant l'entrée du parc national (depuis 1987 et classé au patrimoine humanité Unesco). C'est désert. La route atteint des pourcentages de 11% par endroits.
Hier soir, à l'auberge, je lisais l'histoire de ce géant. Il culmine à 2150m. Quand Antiochos eut l'idée d'y faire construire un temple et une chambre funéraire (?), il a bien senti les choses le bougre! Ici, la nature dégage une telle impression de puissance, pffft! Le temple qu'il a fait bâtir, consistait en un tumulus, 3 terrasses dont 2 bordées de statues colossales et de bas reliefs. Les blocs de pierres pour chaque statue pesaient des tonnes, la réalisation était monumentale......Je distingue un bruit de moteur qui progresse...un tracteur...bientôt il me rejoint et me dépasse. Le chauffeur m'invite à monter en marche, je m'exécute aussitôt. "Tesekkür"Sourire..."Nerelisiniz"...."Fransizim"..."Ah! Jacques Chirac!"Malin. Et à chaque voyage, force est de constater le degré de popularité de Chirac par le fait qu'il se soit opposé à Bush et sa bande, cela a marqué les esprits.
Sortie d'un virage, mon hôte pointe sa main sur la droite "Nemrut", en effet, on l'aperçoit au loin avec sa forme bien typique, surmonté d'un tumulus. Fin du voyage motorisé. Remerciement, échanges de regards complices et signes de la main. Il bifurque sur la gauche. Une pancarte indique 5 kms.
De nouveau seul. Silence total à peine interrompu par le léger bruissement de rares arbustes et quelques chants d'oiseaux. Entouré de montagnes, je poursuis ma route. Je croise un troupeau de moutons et de chèvres. Au fur et à mesure que la route s'élève, au fond se dessinent les contours du bassin mésopotamien délimités par le Tigre et l'Euphrate. Le paysage est stupéfiant de beauté, ouf! Je me pose 5 mn. PhotosCool.

Je suis sur mon petit nuage et gagné par l'émotion. Suis presque arrivé...

Cette plaine bordée de grands fleuves fut le théâtre des affrontements des grandes civilisations antiques, la civilisation assyrienne, perse, grecque, romaine, hittite...sous l'oeil du Nemrut. Les derniers mètres se font par deux chemins en forme d'escaliers et c'est la récompense. Que de pierres gigantesques ! les têtes sont tombées des socles. Elles sont impressionnantes. Regards sévères.Bouches légèrement ouvertes comme si elles parlaient. Il y a là, un aigle et un lion. L'ensemble n'est certes pas en bon état mais dégage une telle force, les bas reliefs représentent des divinités.



Zeus Oromasdes


Au premier plan Antiochos 1er à droite Commagene

Tout autour, c'est une succession et enchevêtrement de montagnes de couleur brune de différents tons. Plus loin, on distingue nettement le début du bassin mésopotamien et les grandes étendues d'eaux de l'Euphrate transformé en lacs artificiels a cause du barrage Ataturk. Je suis sur le c...Toute ma pelloche y passe et le numérique n'est pas en resteCool. Je me trouve un coin à l'abri du vent sur un rocher et je me pose. Pour profiter de ses instants, regarder, contempler, penser,réfléchir et écrire.

Pur moment de bonheurCoolSourire. Quelle chance de pouvoir voyager ! J'entend des voix, ça parle Italien. Un groupe passe furtivement sur le chemin processionnel. Les heures passent...

Antiochos a fait construire des statues représentant 3 grandes civilisations antiques. Il y a sa statue, celle de Tychée du royaume de Commagene, celle de Zeus-Orasmades, celle d'Apollon-Methras, celle d'Heracles-artagnes-Ares.
Voulait t-il que le temple soit le témoin de la rencontre et le mélange des cultures perses, helléniques et anatoliennes ?.....Le soleil commence à décliner et des groupes de touristes affluent. C'est vrai que ça vaut le détour quand il se couche derriere les montagnes. La nuit tombe et je redescend sur Karadut. Sur le chemin, je croise un Tchèque bardé d'un énorme sac à dos, il me demande si le Nemrud est encore loin et combien de temps, il compte planter sa tente sur place. Je descend d'un pas rapide sous une belle nuit étoilée. A mi-chemin, un camion de l'armée s'arrête et me propose de m'emmener à Karadut. Je préfère continuer ma marche jusqu'au bout. J'ai de très bonnes sensations, la nuit est belle, je suis heureuxSourire. En 2 heures,suis à l'auberge et je fais la connaissance de 2 nouveaux pensionnaires, l'une est Coréenne, See Mii qui voyage depuis 8 mois. En vrac elle a traversé la Chine/Tibet/Pakistan/Iran/Arménie/Georgie/Turquie. L'autre est Russe, Macha qui vit en Inde depuis 8 ans, elle se balade en attendant son mari rentré a Moscou. Suis content de retrouver des voyageurs, on mange ensemble, on discute. See Mii est motivée le lendemain pour la marche, j'en connais unTire la langue.
Demain, je met le cap sur Sanli Urfa proche de la Syrie mais quelle journée merveilleuse.Cool

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 18 mars 2008 à 17:30.)


Mékong
Lyon, France

3 novembre 2007 à 13:04

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de Lyon à Madras par la route :(Turquie)Les carpes sacrées de l'Ayn-I-Zaleyda [En réponse à] Répondre

LES CARPES SACREES DE L'AYN I ZALEYDA
Sanli Urfa du 29 oct au 02 nov

Le matin à Karadut, réveil avec vue sur les montagnes:)). L'endroit est vraiment exceptionnelCool. Tout compte fait, une des plus chouettes pensions depuis que je voyage. Je me promet de revenir avec des amis français. See Mii, la Coréenne est déjà partie sur la route du Nemrut.
Macha part avec moi à Sanli Urfa, on va faire un bout de chemin ensemble. Ensuite, elle envisage d'aller en Syrie, elle n'a pas encore son visa. Osman nous emmène jusqu'à Kahta pour prendre un dolmus.
En route dernière vision du Nemrut. Il nous donne l'adresse d'un copain, Mustapha. Il tient l'hôtel Ugur à Sanli Urfa.

Sanli Urfa, j'accroche tout de suiteSourire:)). Une ville située au sud est, proche de la frontiere syrienne. Architecture arabe. De vieilles mosquées, l'une date du 12eme siecle. Des rues débordantes d'activité, des odeurs, du bruit. Ici, on arbore fièrement le keffieh rouge ou noire, enroulé sur la tête ou autour du couSourire.
On trouve aisément l'hôtel. Confort sommaire mais vraiment pas cher et c'est en plein centre.

Je découvre que c'est une ville biblique, un lieu de pélérinage. La ville des Prophètes. Ville natale d'Abraham, Adam et Eve y auraient séjourné et elle a un lien avec l'Arche de Noe. Le parc où se pressent chaque jour une foule de touristes venus pricipalement d'Iran et de Syrie est magnifique; noyé sous de grands arbres, jalonné de bassins et de fontaines, entouré de mosquées couleur miel et surmonté d'une citadelle qui surplombe la ville. Je suis frappé par le nombre d'enfants, vendeurs a la sauvette, cireurs de chaussures ou travaillant au bazar. Dans les bassins, une multitude de poissons, si nombreux qu'ils se montent dessus quand on leur lance de quoi manger. J'apprend que ce sont des carpes sacrées (et bien grasses)Clin d'oeil. On dit que c'est à cet endroit que le roi d'Assyrie Nemrod jeta Abraham dans la fournaise qui se changea aussitôten eau poissonneuseTire la langue.
Je passe mes journées à me balader à travers la vieille ville. Bruits de rabots, de ponceuses, bruit de marteaux qui tapent sur le fer rougeoyant, forgerons, ébénistes, vendeurs de tissus, de casseroles, de café et d'épices. Je suis dans le bazar. Je m'asseois sur un banc pour observer le spectacle de ce ballet. Les vendeurs de thé passent devant les échoppes en tenant leur plateau garni de petits verres. Des vieux discutent sur les bancs d'à coté.
Un jour, je croise Ridwan au parc où l'on se fait souvent accoster et ça se termine direction le magasinFou.
Il parle anglais et quelques mots de français. Kurde comme 80% d'habitants de cette ville. Je lui parle de mon voyage et pas question de m'encombrer d'un tapis. Finalement je l'accompagne et nous débouchons sur une petite ruelle couverte où sont regroupés tous les vendeurs de tapis, les échoppes sont minuscules mais débordent de couleur. On s'asseoit, il y a aussi un vieil homme, on discute, ils me demandent mon travail en France et si ça gagne bien. Puis sans trop d'hésitation car je me dis qu'il faut aussi parfois lâcher du lest, je leur achète quelque chose, un dessus de coussin. C'est léger. Il me servira durant le voyage. Ils m'offent le thé avant de nous séparer et nouveau passage dans le bazar au milieu du concert de coups de marteaux, rabots, ponçeuses et le défilé des vendeurs de thé, de café. J'adore !!!SourireMalin

Le Bazar de Sanli Urfa
Macha ne sort pas beaucoup de l'hôtel. Gentille et exubérante, elle est dans son monde. Shanti Shanti !Sourire. Elle trimballe son Pc avec elle. Amoureuse de l'Inde, elle n'est pas trop à l'aise pour voyager seule en Turquie excepté Karadut. Un jour, elle me montre toutes ses photos et celle du Népal, on se les passe en écoutant de la musique indienne avec thé et raki:). Je comprend mieux son attachement pour ce pays.

4 jours que je suis à Sanli Urfa. Une chose qui frappe ici lorsque on arrive de l'ouest est la pauvreté, bien visible de l'autre coté de la citadelle. A flanc de colline, des maisons construites les unes sur les autres, toutes avec leur réservoir d'eau sur les toits en forme de terrasses. Maisons parfois séparées par des escaliers montant jusqu'au sommet qui rappellent les favellas de Rio. Quelques routes sillonnent ce quartier, parcourues par des vendeurs ambulants de fruits légumes et quincaillerie. Des gamins jouent au foot, des fillettes sautent a la corde, les femmes étendent le linge sur les toits ou surveillent les plus jeunes des bambins. Des piments sèchent sur une terrasse.
Le soir, après 20h près de l'hôtel, le quartier est sous tension. Gyrophares, flics en civil, même dans le cybercafé, deux ont fait irruptionFou. On est dans le quartier de la préfecture (vilayet) et en ce moment ils sont sur les dents.
Je me sens bien dans cette ville mais ma route continue plus vers l'est.
Demain départ pour Mardin

Infos pratiques
Dolmus de Kahta a Sanli Urfa : 8,5 YTL
Hôtel Ugur (a coté de l'hôtel Harran) : 15 YTL
Ticket de bus urbain : 0,85 YTL

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 18 mars 2008 à 17:35.)


Mékong
Lyon, France

6 novembre 2007 à 10:57

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de Lyon à Madras par la route :(Turquie)Mardin Diyarbakir Hasankeyf...au coeur du pays kurde [En réponse à] Répondre

Mardin Diyarbakir Hasankeyf...au coeur du pays kurde

Sanli Urfa-Mardin-Diyarbakir-Batman-Hasankeyf-Diyarbakir
du 02 nov au 05 nov

Ce matin, départ pour Mardin. Je réveille Macha pour lui dire au revoir et lui souhaiter bon voyage. Elle continue sur Gaziantep pour l'obtention de son visa syrien. Dernier thé avec Mustapha. A la une du quotidien Zaman, manif de 15000 personnes à Hakkari, le slogan est clair: unité entre Kurdes et Turcs. Le message est significatif, Hakkari a toujours été un bastion de la rebellion, l'Irak est toute proche. Il y a une inquiétude parmi la population ici car ils ont peur d'être les boucs émissaires de la situation.
Sur la route, non loin de Sanli Urfa, des villages au milieu de nulle part, un dénuement totalDubitatif. Juste de la terre aride et des cailloux. A Kirlik, checkpoint militaire. Ils prennent les papiers de tout le monde pour vérification. Agacements dans le bus. 15 mn plus tard, on repart. A la TV, apparaît la gueule de Miss Condoléances (Condo Rice)Incertain, les mâchoires se crispent. Les 2 stewards ont remarqué la photo sur mon passeport, ça les fait marrerMalin. Barrière de la langue oblige, on communique par petits dessins. Ils me servent thé sur thé et partagent une pomme avec moi. Dehors le paysage a évolué. Ce sont des champs de blé et de coton sur des kms. Nous traversons Kiziltepe, des files de camions, des silos. Ici la vie s'est organisée autour de ces précieuses denrées. Je repense aux villages 100 kms plus bas. Nous quittons la plaine, la route s'élève. Mardin est perchée sur une montagne à 1325m d'altitude. Je pars explorer la ville à pied. Très plaisant de se balader au milieu de ces vieilles maisons en pierre taillée couleur miel, arpenter de petites rues étroites et de jouir d'un beau panorama sur la plaine avec au fond la Syrie qui s'annonceSourire. Par contre, les hôtels sont chers. Je passerai la nuit à Diyarbakir. Dans une boulangerie, ça s'active, un gros tas de bois est entassé sur le toit...on me fait signe et m'invite à entrer. On m'offre une galette et du thé. Dans une joyeuse ambianceSourire, 6 personnes bossent à un rythme soutenu et répêté : 2 préparent la pâte a l'étage, 2 autres en font des pides (galettes) et 2 les enfournent. Les passants tendent la main à la fenêtre pour acheter ce pain tout chaud. Personne ne comprend l'Anglais, pas grave on se parle à force de grands gestes et d'éclats de riresMalin, je leur montre quelques photos de France et de Jérusalem, ils apprécient.

Enfants de Mardin

La nuit tombe, je redescend vite pour attraper un dolmus pour Diyarbakir.
Je loge à l'hôtel Aslan Palace. Diyarbakir est une grosse ville. 1,2 millions d'habitants. Il y la ville fortifiée, la nouvelle ville et les quartiers pauvres constitués de gens ayant fui leurs villages au plus fort de la répression de l'armée turque. Armée qui est toujours bien présente dans la ville. Une garnison stationne à l'extrémité de la ville. Les remparts de basalte noire qui entourent la vieille ville dateraient de l'époque byzantine et seraient une des plus grande enceinte du monde.

Marché à Diyarbakir

Lorsque je reviens de dîner (certainement le meilleur restaurant de mon passage en Turquie, Safak avec un Firin Güvec délicieux : pour info c'est un mélange d'aubergines, de tomates, d'onions avec huile d'olive et mouton accompagné de riz blanc), le réceptionniste m'invite à rester dans le hall où sont disposés fauteuils, canapés et tv pour boire un thé. On fait connaissance. Il se prénomme Mehmet, Kurde, marié, des enfants. Il se révélera être durant mes 3 jours ici un interlocuteur chaleureux et prévenantSourire. Chaque soir, c'est le même rituel, on s'installe devant un thé, on discute. pas facile, il a quelques mots d'anglais et moi quelques mots de turc. Frustrant car ça limite la conversation. L' endroit est convivial car il y a toujours d'autres pensionnaires de l'hôtel. Je suis l'un des rares touristes, ils ne viennent pas à Diyarbakir. La ville souffre de sa mauvaise réputation. En 2006, des émeutes ont éclaté. Des bandes de gamins des quartiers pauvres sont descendus et ont pillé des magasins du centre. Le chômage est important. A chaque coin de rue, on peut voir des gens devant des étals de fortune, essayant de gagner péniblement leur vie, des bandes d'enfants vont et viennentDubitatif.
Je fais le tour des remparts, entrecoupés par 7 portes. On peut monter et se balader sur le chemin de ronde. Tout le long, c'est aménagé en parcs et en jardinsSourire. Des gamins jouent au foot, les fillettes font de la balançoire, parfois quelques uns m'accostent par des "Hello" et aussi "Para". Quelle vitalité Sourire! Mehmet m'apprend que la vieille ville compte 27 mosquées et 7 églises. Il aime sa ville, ça se sent et aimerait que je reste plus longtemps.
Dimanche, je prends un dolmus pour me rendre a Hasankeyf, vraiment sympa les dolmus, ils vont partout et où que l'on soit, on tend le bras et ils s'arrêtentClin d'oeil. Le temps est ensoleillé. On passe par Batman, autre grosse ville. Je remarque une raffinerie et des usines. Puis la route s'engouffre dans des gorges où coule sa Majesté le Tigre.


J'aperçois des maisons troglodytes. On arrive. L'endroit est magnifique, je suis agréablement surpris. Partout des maisons troglodytes, des escaliers taillés dans la roche, le tout surmonté d'une citadelle en ruine, en bas le nouveau village qui ne sera bientôt plus qu'un souvenir (a cause du projet de barrage) et le Tigre qui serpente.



Du haut de la citadelle, la vue est imprenable et je photographie le fleuve sous tous les anglesCool. Quand je descend, je vois 2 chiens attachés devant une maison troglodyte, ils aboyent, je passe. Quelqu'un habiterait t-il encore ici ?



Retour à Diyarbakir et je retrouve Mehmet autour d"un thé pour lui raconter cette belle journée.
Demain je pars très tôt pour Van, lever à 6h. Mehmet est un peu déçu que je parte mais je reviendrai à Diyarbakir.
Je revois le regard des gens lorsque j'arpentais les quartiers pauvres, mélange d'étonnement et de curiosité à la vue de cet étranger qu'ils n'ont pas l'habitude de rencontrer par ici, je revois tous ces enfants, ce petit bout de fillette qui vendait des mouchoirs dans la rue, ces gamins jouant au foot sur des petits espaces....
Diyarbakir, la mal aimée, écorchée vive et si sensible qui m'a touché.

Infos pratiques
Bus Sanli Urfa-Mardin : 15 YTL
Dolmus Mardin-Diyarbakir 5 YTL
Ticket bus urbain Diyarbakir 0,75 YTL
Dolmus Diyarbakir-Batman 5 YTL
Dolmus Batman-Hasankeyf 3 YTL
Hôtel Aslan Palace (simple avec sdb) 20 YTL

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 18 mars 2008 à 17:45.)


Mékong
Lyon, France

7 novembre 2007 à 14:35

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Lyon à Madras par la route :(Turquie)Retour à Erzurum [En réponse à] Répondre

RETOUR A ERZURUM

Diyarbakir - Tatvan- Lac de Van - Van - Erzurum
Le 5-6-7 novembre

De nouveau sur la route, petit pincement au coeur en quittant Diyarbakir. Mehmet est à la réception, on se salue très chaleureusement.
7h à l'otogar. Je pars pour Batman dans un premier temps pour récupérer un bus qui doit m'amener jusqu'àTatvan au bord du lac de Van. Ensuite j'envisage de prendre le ferry jusqu'à Van et plus je pars tôt, mieux je pourrai profiter du paysage depuis le bâteau. Faut pas traîner, ma correspondance à Batman est à 8h30. Ça tombe bien, le chauffeur roule à tombeau ouvert et il rejoint un collègue. Une course de dolmus s'engageSourire, à l'intérieur, ça n'émeut pas grand monde, la plupart des gens ont piqué un roupillon.
En Turquie, les bus sont toujours bien remplis et quand il reste des places, le chauffeur prend des gens qui marchent sur la route, j'ai testé a HasankeyfTire la langue. Je suis maintenant dans le bus pour Tatvan. On traverse des paysages de basse montagne. La route remonte le cours d'une rivière jusqu'à Baykan et surprise...un checkpointFou. Contrôle des papiers des hommes, les femmes en sont dispensées. Ca dure 10 mn et nous repartons. Après Bitlis, bis répétita, mais ils nous font signe de passer. Soupirs de soulagement dans le bus.
Arrivée à Tatvan et au lac de Van, il est à peine midi. Je me dirige à pied vers le ferry en suivant la promenade au bord du lac très agréable. Ce lac de montagne est le plus grand de Turquie.


Lorsque j'arrive, tout paraît désert, les bâteaux amarrés atteints par la rouille, attendent une hypothétique traversée. Je remarque une voie de chemin de fer. Ça sent le sapin....Un type marche dans ma direction, je lui demande le ferry pour Van, il me dit que c'est ok mais vers 18h-19h, la traversée dure 4h. Raté pour mes plans Fou. Il est 13h, 5 heures à tuer. Il m'indique un endroit à coté de l'embarcadère où je serai au chaud.
En effet, l'endroit fait office de café. 6 tables disposées dans une salle, une TV qui marche et une autre petite pièce où chauffe le thé. Des hommes jouent aux cartes par groupes de quatre. ls ne prêtent guère d'attention à ma présence car ils sont concentrés sur le jeu. A coté, la bouilloire chauffe constamment. Régulièrement durant l'après midi, des groupes sortent car ils travaillent sur le site. D'autres les remplacent et rentrent au chaud, se posent devant la TV, discutent et avalent un thé chaud. Parfois un vieux vient de loin, va s'asseoir sans mot dire dans un coin pour boire un thé et repars sans faire de bruit.
Le site comprend l'embarcadère des ferries et un terminal de chemin de fer. Je m'apercevrai que le ferry sert surtout pour les wagons de marchandises, des passagers : nous ne serons que 4. Les gens préfèrent le bus plus rapide.
Dans le café, ça tourne toujours autant. Ce sont des étudiants qui s'occupent de servir le thé. Ils me bardent de questions, si je suis marié, mon âge, mon job, si j'ai fait l'université, combien je gagne, combien coûte les vêtements en France etc...et mes réponses ils les retransmettent aux anciens qui sont assis a coté et qui n'arrêtent pas de les chambrerMalin. Je leur montre quelques photos de France et de Jerusalem, ils apprécient. Puis chacun reprend son job. Les petits verres de thé brûlant , la TV qui diffuse une série.
Le ferry est arrivé. Les wagons sont poussés à l'intérieur par une locomative. Il fait nuit. Dans le café, Des tables se sont reconstituées et les tours de cartes reprennent, un des étudiants s'initie au jeu avec les conseils d'un ancien. Je prend mon sac sur l'épaule et jette un dernier regard sur ce lieu qui sent bon la simplicitéSourireSourire.
Arrivée à Van en pleine nuit. Galère pour trouver un bus car l'embarcadère se trouve à 10kms du centreFou. Je marche et finalement je trouve un bus qui m'emmène jusqu'au centre désert à cette heure. J'ai une adresse d'hôtel. Accueil froid.
Van, je n'ai pas trop accroché. Question de feeling. Grosse ville de 300000 habitants, bordée par le lac. J'en profite pour visiter le château qui vaut vraiment le coup pour le superbe panorama sur le lac, la ville et les montagnes derrière. Je téléphone au consulat d'Iran, on me dit de passer demain.
Direction Erzurum à 7h00, j'appréhende. Au tél, il ne m'a rien dit de plus, je suis dans le flouDubitatif. Sur la route, on n'a pas le temps de s'endormir car c'est checkpoint sur checkpointDubitatif. Une fois c'est un contrôle de papiers; 10 kms plus loin bis répétita; puis ce sont les papiers et les bagages; après ce sont les papiers/bagages en présence des hommes en bas du bus; ensuite on nous fait signe de passer; ensuite nouveau contrôle des papiersFou Les passagers râlent et je les comprend car ça ressemble à du harcèlement...
Finalement, nous arrivons à Erzurum avec beaucoup de retard. Il fait 4 degrés. Sous la pluie. Les montagnes sont couvertes de neige. Erzurum est en altitude. Le dernier bus pour Dogubayazit est parti. Suis bloqué ici pour la nuitFou. Je file rapidement au consulat. C'est la même personne qui me reçoit et je dois patienter durant 40 mn sans savoir si j'ai le feu vert. Entre temps, un Français Xavier accompagné d'une Turque Ceylan sont arrivés, on papoteSourire. Ils font du stop depuis Ankara et envisagent de faire de même en Iran. Ceylan parle Français. Après l'Iran, elle retourne en Turquie pour poursuivre ses études. Xavier continuera jusqu'en Inde. Ils attendent un fax de confirmation d'Istanbul pour obtenir le visa ici. Quant à moi, il m'appelle et me donne le précieux sésameCoolMalin. Visa d'un mois. C'est ce que j'avais demandé. Un grand soulagement doublé d'une grande joie intérieure:)))Sourire. J'ai l'impression de voler.
Demain je met le cap sur Dogubayazit et le mont AraratSourireClin d'oeil.

Infos pratiques
Dolmus Diyarbakir-Batman 5 YTL
Bus Batman-Tatvan 13 YTL
Ferry Tatvan-Van 5 YTL (pars à 18h00- 4h de traversée)
Ticket de bus urbain Van 0,75 YTL
Bus Van-Erzurum 30 YTL

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 18 mars 2008 à 17:49.)


Mékong
Lyon, France

9 novembre 2007 à 15:27

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Lyon à Madras par la route :(Turquie)A dogabayizit au pied du Mont Ararat [En réponse à] Répondre

A dogubayizit au pied du mont Ararat

Erzurum-Agri-Dogubayazit
le 08/09/10/11/12/13 novembre

J'ai donc passé la nuit à Erzurum à l'hôtel Emre. Je l'ai trouvé dans une petite rue derrière l'artère principale de la ville, en face d'un cybercafé. Erzurum ne manque pas d'hôtels petit budget.
Le matin, je pars pour Dogubayazit. La compagnie de bus, je ne la sens pas du tout. Ils m'ont embrouillé sur les correspondances, à Agri pour DogabayizitFou. Du coup, je modifie mon billet et je trouverai moi même un dolmus à Agri. Pour ajouter au mécontentement, on a du retard. Les gens s'énervent et pas besoin de comprendre le Turc quand ils descendent du bus pour protesterDubitatif. Durant le voyage, je fais équipe avec un Turc qui part en Iran, on regarde la carte, il va à Tabriz et Orumieh pour une semaine. Il a quelques rials en poche. On discute du taux de change que je trouve anormalement bas. Un type très sympaSourire.
Toute la région est sous la neige. Quelques checkpoints plus tard, Agri se présente. Je trouve un dolmus dans les 15mn qui suivent, aidé par une personne qui m'a guidé jusqu'au petit otogar.
A 16h30 on est à Dogubayizit. La frontière iranienne est à 20 kms. Il fait nuit. C'est une ville de 80000 habitants, population kurde, située dans une vaste vallée au pied du massif mont Ararat. Je lôge a l'hôtel Tahran.
Le soir, dans un cybercafé je revois le Tchèque que j'avais croisé en pleine nuit sur la route du Nemrut Dagi, il part aussi en Iran. Rendez vous pris à Tabriz hôtel Maschad ou après car nous avons le même itinéraireSourire.

Lendemain, je prend un dolmus pour me rendre au palais d'Ishak Pacha, à 7 kms de la ville sur une montagne. Ce palais est une petite merveille entouré d'un panorama sublimeCool.


Il a été érigé en 1685 par un chef kurde nommé Ishak et mélange plusieurs styles architecturaux de la région. L'intérieur est bien conservé. On aperçoit la ville et le mont Ararat dont le sommet est sous les nuages. Dommage, on ne peut pas toujours être chanceuxClin d'oeil. Tout juste à coté, il y a une mosquée du nom d'Hani Baba, un philosophe et poète kurde. Le week-end, c'est un lieu de pélérinage et beaucoup de familles s'y rendent.



Dogubayazit : ici la population essentiellement composée de Kurde est pauvre. En descendant à pied d'Ishak Pacha, je croise un Kurde Mecit devant un camping. Mecit m'invite à rentrer boire un thé. Il y a là, Bertil un Hollandais qui vient dans la région depuis 20 ans. Lui et Mecit se sont associés pour ouvrir ce camping aux abords de la ville. Mecit me dit que Dogubayazit compte 95% de chômageDubitatif. La région ne reçoit pas d'aide du gouvernement. Tout part dans l'ouest. Les gens se débrouillent, vivent de petits boulots, un peu de ce qu'ils cultivent et du tourisme mais guère en ce moment. Beaucoup d'enfants trainent dans les rues dont certains ont leur père en prison pour raisons politiques. Dans la ville, des femmes kurdes ont ouvert un restaurant associatif pour venir en aide à leurs maris emprisonnés qui font partie du PKK. Ce sont elles qui servent, c'est rare en Turquie, on y mange plutôt bien et je m'y rend souvent. Le samedi, elles sont habillées en robes traditionnelles.
Le soir, à l'hôtel, il y a de fréquentes coupures d'électricité car le systeme n'a pas été remis à niveau alors que la population a tripléFou. Cela fait 4 jours que je suis ici et j'aime beaucoup cet endroit.
Je rencontre des gens intéressants comme Bilar le gérant de l'hôtel Tahran, un type formidable. Kurde, marié, 4 enfants, passionné de voyage, il collectionne les guidesSourire. De plus, il a une analyse très fine de la situation politique de son pays, je l'écoute avec beaucoup d'attention et j'apprends.
Il y aussi les voyageurs qui transitent depuis et vers l'Iran ou des types comme Bastien, un Français d'AubagneSourire. Venu en stop avec une bande de copains en traversant les Balkans, il voyage maintenant seul. Il repart en France, les autres continuent jusqu'en Inde. Auparavant, il a séjourné dans la région une semaine, louant un âne à un paysan en passant par une agence de trekking. Parti se balader dans les montagnes de villages en villages, il me raconte l'hospitalité et l'attention qu'il a rencontré. Des gens extrêmement pauvres, qui l'ont invité à manger et partager le peu qu'ils avaient. Et aussi d'autres anecdotes moins drôles lorsque il s'est fait harcelé, jeté des pierres et pour finir voler des affaires par une bande de gamins alors qu'il courrait après l'un deux qui lui avait pris son appareil photoFou. Ensuite il a pu les recupérer grâce à l'imam du village avoisinant qui a lancé un appel et à l'instituteur.
Il y aussi Jade une jolie Chinoise de ShanghaiSourire. Dynamique et volubile, elle est arrivée à l'hôtel hier. Après avoir quitté son boulot, elle voyage depuis 1 mois, pris le train jusqu'à Kashgar en Chine et rejoint la Karakoram Highway pour entrer au Pakistan, puis l'Iran en transit 7 jours et la Turquie. Ensuite elle envisage d'aller en Syrie pour noel et l'Egypte. On partage beaucoup de temps ensemble, à discuter voyages, se promener en ville et dans les environs. Je m'entend bien avec cette femme et je sens que c'est réciproque. Demain, je serai encore ici. J'ai la musique kurde qui trotte dans ma têteSourire.

Enfants de Dogubayizit

Infos Pratiques
Bus de Erzurum a Agri 15 YTL
Dolmus de Agri a Dogabayazit 6 YTL

La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir
Nicolas Bouvier
(Ce message a été modifié par Mékong le 18 mars 2008 à 17:56.)


MYRALL
PARIS, France

10 novembre 2007 à 7:10

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Re: [Mékong] Lyon à Madras par la route :(Turquie)A dogabayizit au pied du Mont Ararat [En réponse à] Répondre

Hey ! Je viens de m'inscrire sur voyage forum et je tombe sur ta balade Clin d'oeil ! Ouah ! L'idée que j'ai est Téhéran - Rajasthan via afghanistan (j'en rêve !!) mais là je crois que ça coince... Incertain. Et seule je flippe un peu !
J'ai toujours voyagé en 4x4 ou moto. Mais pour ce voyage, seule, bus et marche sont peut-être préférable. Je ne sais pas.
Anyway, je "surveille" Tire la langue ton voyage de ... paris et je réfléchis sur le mien Sourire.
Bon vent à toi ! Et merci...
Myriam


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Mékong
Lyon, France

13 novembre 2007 à 14:59

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Lyon à Madras par la route :(Turquie)A dogabayizit avec Jade au pied du Mont Ararat [En réponse à] Répondre

Dogubayizit avec Jade au pied du mont Ararat (2)
14/15 novembre


Toujours à Dogabayizit. Cela fait 2 jours que je repousse mon départ. Après tout j'ai mon temps. C'est une bien belle région. Les gens sont sympas. Hier, deux Basques de Pampelune sont arrivés de l'ouest en vélo, Turquie et Syrie. Le soir, nous avons eu droit à du rock engagé basque lorsque Carlos s'est connecté sur son blogMalin mais joie ephémère à cause d'une ènième coupure de courant. Ce matin, ils sont partis en Iran avant l'Inde car ils n'ont pas eu de visa pour le Pakistan. On va se revoir quelque part sur la routeSourire. Durant ces deux jours, j'ai pu faire des photos du mont Ararat en bénéficiant d'une vue dégagée.

Mont Ararat et petit Ararat

Mont Ararat

Jade est encore ici. Elle n'est pas pressée de partir. Nous sommes devenus inséparables. Je l'emmène au restaurant tenu par les femmes du PKK. Nous allons deux fois jusqu'à Ishak Pacha. Le premier jour, ce n'était pas prévu car je voulais lui présenter Mecit et Berdil au camping mais après avoir bu le thé et discuter avec nos hôtes, nous avons continué sur notre lancée, à pied et en stop mais à quelques minutes de la fermeture. En redescendant, un jeune couple de touristes d'Istanbul s'arrêtent pour nous ramener en ville. Le deuxième jour, nous sommes montés en stop. Froid de canard là haut. Visite du chateau. On n'a pas trainé. Stop pour rentrer.

Aujourd'hui elle m'a montré des photos du Tibet d'un précédent voyage auquel elle semble très attachée. Elle est bouddhiste. Elle a quelques photos du Pakistan, la partie nord, de la KKH, elles sont magnifiques.

C'est Jade que me donne l'idée d'aller en Afghanistan. A Peshawar, elle a rencontré trois gars qui sont partis à Kaboul par la Khyber-Pass. Elle me donne l'adresse de Seb un Suedois qui faisait partie du voyage. Je le contacte. Jade me fait écouter son répertoire de chansons françaises (celles qui sont populaires en Chine) comme Edith Piaf, Cabrel et d'autres que je ne connaissais pas comme Magic BoulevardFou.
Nous passons du temps à discuter de nos pays respectifs, de nos voyages présents, futurs, b