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Mékong (en ligne!)
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Fragments de voyage: de Lyon à Madras par la route

29 octobre 2007 à 14:34 · modifié par Mékong le 6 novembre 2009 à 17:07
  Répondre

 
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J'entreprends un périple de 3 mois et plus jusqu'aux portes de l'Asie. Je vous livrerai en vrac mes impressions sous forme de carnet de bord, d'anecdotes, d'émotions brutes et aussi des informations pratiques. J'essaierai autant que possible d'écrire sur le vif et de vous envoyer quelques photos.
fraternellement
Eric
mosquée de Soleyman le Magnifique







PARFUMS D'ORIENT ISTANBOULIOTES

19-20-21-22-23-24 octobre
Lyon-Strasbourg-Bâle-Istanbul
[Eh oui j'ai un petit peu triché dans le titreGêné j'ai pris l'avion à Bâle.]
Des rues bruyantes et bigarrées. Des gens partout qui s'affairent, un ballet continu ponctué de coups de klaxons et des sirenes des bateaux, rythmé par l'appel du Muezzin, répercuté tel un écho dans toutes les mosquées majestueuses de la cité.
Quel meilleur endroit pour commencer ce voyage si ce n'est Istanbul, carrefour et porte de l'Orient. C'est ma 4eme fois ici et je m'y sens bien, une ville attachante. Le soleil est de la partie. Je me balade dans le vieil Istanbul. A Eminonu, des gens qui pêchent, le pont de Galata est hérissé de cannes à pêche. Sur des bateaux amarrés le long des quais, des hommes font frire le poisson que l'on peut déguster dans des pains avec des oignons au bord de la Corne d'Or. Je me perds dans les ruelles qui remontent vers le grand bazar. Bain de foule. Des tas de drapeaux turcs pendent aux fenêtres, d'autres recouvrent des pans entiers de murs. Tout cela se passe dans tout le pays. Des manifs se déroulent un peu partout. Hommage aux soldats martyrs tombés au combat dans l'est. A la TV, des images passent en boucle, des généraux revanchards sont propulsés sur le devant de la scene. A qui profite cette inflation de violence ? une chose est sûre, pas à la population kurde de Turquie.
Pêcheurs sur les quais d'Eminonu au fond la mosquée de Suleiman le Magnifique

Infos pratiques
Arrivée à l'aéroport Ataturk
prendre le métro (jeton 1, 30 YTL) jusqu'à Aksaray, puis le Tramway (jeton 1, 30 YTL) direction Sultanahmet ou Taksim
Arrivée à l'aéroport de Sabiha Gocken
prendre la navette ( à droite en sortant 3 YTL) E10 jusqu'à l'embarcadère de Kadikoy, puis le ferry (jeton 1, 10 YTL) jusqu'à Eminonu. Ensuite prendre le Tramway, soit direction Taksim (de l'autre coté du pont de Galata) soit direction Aksaray/Sultanahmet
Pour se loger, pléthore d'hôtels bon marché du coté de Sultanahmet derriere la Mosquée Bleue.
Pour manger : Eviter le quartier de Sultanahmet
Pour le change : changer le strict minimum a l'aéroport, taux plus avantageux autour du Grand Bazar
Pour aller au bord de la Mer Noire
Prendre un bus (du coté d'Eminonu) direction Sariyer sur le Bosphore, ensuite prendre un Dolmus direction Kilyos



SUR LA ROUTE DE LA SOIE...QUELQUE PART ENTRE SIVAS ET TERCAN

Istanbul-Erzurum
24-25 octobre

Aujourd'hui, je trace sur Erzurum. Il pleut légerement. Je me rend à l'immense otogar au nord d'Istanbul et je prend le bus de 16h.
Cela m'arrange car j'ai ma demande de visa iranien à déposer au plus vite et ensuite, sachant qu'il faut 10 jours pour l'obtenir, je compte visiter l'est.
Bus de nuit. 1375 kms à parcourir. Mon voisin ne parle pas Anglais, nous communiquons par gestes et par bribes de mots turcs pris dans mon lexiqueSourire. La TV diffuse le match de foot Besiktas-Liverpool, les Turcs sont fondus de football, ca tombe bien moi aussi.Malin
A l'aube, en consultant ma carte, je réalise que nous empruntons la route de la Soie, route mythique pour bien des voyageurs, Nicolas Bouvier et Thierry Vernet étaient passés par ici en 1953. Nous roulons au milieu d'une vallée entourée de puissantes montagnes, la végétation est rare, quelques troupeaux de moutons paissent. Le climat doit être rude en hiver. Et premiere émotion : nous croisons l'Euphrate (en Turc : Firat). Depuis mon enfance, je suis fasciné par les grands fleuves, mon voyage qui s'annonce en sera parsemé. Et hopSourire une photo pour immortaliser l'instant.

Arrivée à Erzurum fin de matinée. Il fait beau, une chance car la température peut descendre très bas en cette période de l'année. Il y a une station de ski pas loin d'ici. Je me rend au consulat en marchantCool. Accueil austere mais correct, j'avais préparé les formulaires mais il n'en veut pas et je dois m'y coller une nouvelle fois. Puis il faut aller courir jusque dans le centre à la banque Oyak pour payer les frais de visa, heureusement un chauffeur de taxi qui m'avait vu poirauter devant le bureau, m'attend et m'amène sans hésiter à la banque puis fait le retour. Apparemment, il a l'habitude de la procédureClin d'oeil
Passage éclair dans cette ville, je prendrai plus de temps dans 10 jours pour la visiter. Maintenant, je file sur Malatya. Bus de nuit. Jamais bu autant de thé et autant les mains parfumées d'eau de cologneSourireSourire.
Otogar de Malatya à 2h du matin, je décide de finir la nuit ici, il y a des sièges confortablesClin d'oeil. J'irai chercher un hôtel le matin.
Mes 4 premieres nuits
1 à l'aéroport/1 à l'hôtel /1 dans le bus/1 dans l'otogar de Malatya, vive les voyagesCool



Infos pratiques
Trajet Istanbul-Erzurum 55 YTL par la compagnie Esadas
Trajet Erzurum-Malatya 40YTL par la compagnie Bingol
1 Bouteille d'eau 1l : 0, 50YTL
1 pide ou galette : 0, 30 YTL
Demande de visa iranien : 2 photos/2 formulaires remplis a la main/copies des pages importantes du passeport/60 euros ou 103 YTL payables a la banque Oyak
"Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier

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Aristomakos
Hauts de Seine, France



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Re: [Mékong] Fragments de voyage: de Lyon à Madras par la route (en réponse à...)

30 octobre 2007 à 12:30
  Répondre

 
Bonne chance pour cet audacieux voyage,

vu le résultat du match besiktats/liverpool, ton voisin turc a dû être content !

au fait, pourquoi ne pas avoir fait le trajet Lyon/Istanbul par la route ? pourquoi ce choix, le manque de temps l'explique t-il à lui seul ?

Ben

Sheytoon
Paris, France

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Re: [Mékong] Fragments de voyage: de Lyon à Madras par la route (en réponse à...)

30 octobre 2007 à 17:33
  Répondre

 
Bonsoir,

Très gentil à toi de m'avoir averti de ton départ. Je te suivrai désormais ici sur le carnet que sembles vouloir tenir sur le forum.

En demeurant ici, aussi triste et étrange que cela puisse paraître, les souvenirs de mon voyage demeurent un bloc compact d'où trop peu souvent ils montrent le bout de leur tête . Je te lis et les lignes des pécheurs sur le pont Galata, l'eau de cologne servi généreusement laissent réaffluer les images.

Merci,

Bon vent et à bientôt,

Sheytoon
www.tchamedoon.canalblog.com


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kesabe
genève, Suisse



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Re: [Mékong] Fragments de voyage: de Lyon à Madras par la route (en réponse à...)

31 octobre 2007 à 5:35
  Répondre

 
Salut Mékonq!
Me réjouit de te lire, je me souviens de mon arrivée à Istanbul, la différence de culture m'apprivoisa et j'ai adoré cet endroit, ainsi que mon voyage en Turquie jusqu'en Capados superbe endroit ! mon voyage c'est pratiquer en famille se qui nous a rendu la tache plus facile pays très accueillant au niveaux des enfants.
Enfin bref c'est pour cela que je me réjouit de lire tes périples, et d'en savoir plus .
meilleures salutations
Mymi


Mékong (en ligne!)
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Re: [Aristomakos] Fragments de voyage: de Lyon à Madras par la route (en réponse à...)

31 octobre 2007 à 14:35
  Répondre

 
salut Aristomakos
c'était juste une question de budget, suis parti par easy jet pour 30 euros, eurolines c'était 94 euros jusqu'a Belgrade et 23 euros jusqu'a Istanbul

Eric

"Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier

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de Lyon à Madras par la route : (Turquie) Sur les routes d'Anatolie Orientale (en réponse à...)

31 octobre 2007 à 15:40 · modifié par Mékong le 25 septembre 2009 à 7:42
  Répondre

 
Merci pour vos messages

Sur les routes d'Anatolie Orientale
Malatya-Karadut
26-27 octobre

Ce matin en sortant de l'otogar, j'attrape un bus local. Le chauffeur ne pipe mot d'anglais. A l'aide d'un plan et de mon lexique, on arrive à se comprendre. Enfin c'est ce que je crois. En Turquie, les otogars sont éloignés des centres villes et celui de Malatya, en l'occurence se trouve distant de 6 kms. Quelques instants plus tard, le chauffeur s'adresse au bus bondé et tous les regards convergent vers moi. Il vient juste de demander si quelqu'un parle anglaisSurprisSourire. Une jeune fille se présente, s'assied à coté de moi et me questionne dans la langue de sheakspeare. Ainsi c'est comme ça que de fil en aiguille, plusieurs personnes se relayent, changement de bus compris pour m'amener jusqu'au centre. Plutôt sympa, mon dernier accompagnateur me sort ses cartes de visite, il travaille à la Railway et est entraineur de footSourire.
Ici, peu importe la barriere de la langue, les gens seront toujours prêts à vous aider et vous rendre service avec beaucoup de gentillesse.

Malatya donc, j'y reste une nuit, capitale de l'abricot (kayasi), vendu à tous les coins de rue de cette ville. Pas étonnant, sur la route d'Adiyaman, c'est une succession d'arbres fruitiers, de champs et de villages, contraste avec la rudesse des montagnes imposantes, rocailleuses, de couleur brune, dépourvues de végétation qui nous entourent, on entre dans le pays du Nemrut Dagi.

12h30, dans le dolmus, un cd de musique orientale tourne. Il fait 28 degrés dehors, temps propice à la sieste et à la farnienteCool. Parfois, il s'arrête pour prendre une personne sur le bord de la route et repart.
Arrivée à Adiyaman, autre dolmus direction Kahta, nous sommes entassés mais comme par enchantement une place me tend les brasSourire. A Kahta, je rencontre le type qui tient la Karadut Pensiyon, ça tombe bien c'est là que je vaisTire la langue. Faut dire que lorsque j'ai demandé au chauffeur, Dolmouche Karadut ? il m'a amené direct à lui, tout le monde se connait ici. Mehmet m'invite à attendre dans l'épicerie qu'il tient, on boit un thé (cay), la TV diffuse un match de foot... le dolmus arrive et j'embarque. Je vais bientôt toucher au but, le Nemrut Dagi n'est plus tres loin. Ici, nous sommes en pays kurde.
Dans le dolmus, je m'asseois derriere, sur la banquette devant moi, 2 femmes et un bambin, dans les bras de sa mère, il me regarde d'un air amusé, je lui fais des grimacesMalin, il me fixe de ses yeux malicieux ce qui fait rire les 2 femmes. Sa petite soeur, une fillette adorable avec de grands yeux profonds est assise sur la même banquette que la mienne. Regard intimidé. La route entre Kahta et Karadut s'élève, je ne me lasse pas de contempler le paysage mais je n'ai encore rien vu. La fillette est désormais assise à coté de moi, plutôt rassurée et tranquille. Le dolmus stoppe à Narince, un petit village, devant une échoppe ressemblant à une boulangerie, le chauffeur descend et achète plusieurs galettes (pide) tout juste sorties du four, les femmes en prennent aussi:). On se remet en routeSourire.

Paysages d'Anatolie Orientale
Arrivée à Karadut, minuscule village en plein coeur des montagnes, l'auberge est parfaite. Je dois être le seul pensionnaire, c'est la fin de saison touristique mais elle est ouverte toute l'année. Les chambres sont hyper clean, il y a même un jardin où l'on peut planter la tente et des tables dehors pour déjeuner. On peut y manger midi et soir. Le personnel est très sympa, kurde, il y a Osman (fondu de football et de Galatasaray) et Dadu qui sont permanents, ce sont des enfants du pays. Le soir, des jeunes et vieux du village viennent pour prendre un thé, discuter ou regarder la TV. C'est vraiment un endroit reposant et accueillant pour y passer du temps. Même si le patron essaye de vendre son excursion pour le NemrutClin d'oeil.
Demain, une grosse journée m'attend.


Infos pratiques
Malatya
Ticket de bus : 0, 75 YTL
si vous êtes à l'otogar, sortir et traverser le boulevard, arrêt de bus en face. Demander au chauffeur "Vilayet" qui se trouve au centre de Malatya.
Pour aller à Karadut depuis Malatya
otogar de Malatya, prendre un dolmus pour Adiyaman 9YTL. Ensuite à Adiyaman, sortir de l'otogar, prendre à droite et suivre la route sur 300 m, arrêt dolmus pour Kahta devant une épicerie 1 YTL. A Kahta, arrêt dolmus pour Karadut devant l'otogar 3, 5 YTL. Il suffit de demander.
Karadut Pensiyon : 20 YTL la nuit avec petit déjeuner
"Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier

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de Lyon à Madras par la route :(Turquie)A l'assaut du Nemrut Dagi à pied...et en tracteur (en réponse à...)

1 novembre 2007 à 16:53 · modifié par Mékong le 25 septembre 2009 à 7:43
  Répondre

 
A l'assaut du Nemrut Dagi à pied...et en tracteurCool
le 28 oct

Levé très tôt, je prend vite le petit déjeuner. J'ai prévu de consacrer la journée au Nemrut Dagi. A la Table d'à coté, déjeunent des Turcs qui reviennent du sommet, ils sont allés assister au lever du soleil.
Le lever et coucher de soleil, c'est la marque de fabrique de toutes les excursions. En saison, c'est l'usine à gaz, des minibus remplis de touristes en provenance de Kahta et Malatya convergent vers le Nemrut sans musarder en chemin. En 1h l'affaire est pliée. J'ai rien contre mais c'est pas mon truc. J'aime être libre de mes mouvements et prendre mon temps, en outre, j'adore la marcheTire la langue. Je sens que le patron de la pension me tire la gueule et sûr que ce ne sont pas des types comme moi qui feraient tourner son business. Hier, Osman me disait que la clientèle était constituée principalement de Russes, Américains, Australiens, Italiens, peu de Français.

Et c'est parti pour 8kms d'ascension. Sortie de Karadut sous un ciel bleu éclatant. Un gamin garde un troupeau de chèvres, "Hello", je lui fais signe de la main, "Money"Fou, il me suit sur quelques mètres puis retourne à ses bêtes. Il fait chaud, je tombe la chemise.
Ce silence...je monte tranquillement. Pause photo, me désaltère tout en contemplant les alentours. Arrivée devant l'entrée du parc national (depuis 1987 et classé au patrimoine humanité Unesco). C'est désert. La route atteint des pourcentages de 11% par endroits.
Hier soir, à l'auberge, je lisais l'histoire de ce géant. Il culmine à 2150m. Quand Antiochos eut l'idée d'y faire construire un temple et une chambre funéraire (?), il a bien senti les choses le bougre! Ici, la nature dégage une telle impression de puissance, pffft! Le temple qu'il a fait bâtir, consistait en un tumulus, 3 terrasses dont 2 bordées de statues colossales et de bas reliefs. Les blocs de pierres pour chaque statue pesaient des tonnes, la réalisation était monumentale......Je distingue un bruit de moteur qui progresse...un tracteur...bientôt il me rejoint et me dépasse. Le chauffeur m'invite à monter en marche, je m'exécute aussitôt. "Tesekkür"Sourire..."Nerelisiniz"...."Fransizim"..."Ah! Jacques Chirac!"Malin. Et à chaque voyage, force est de constater le degré de popularité de Chirac par le fait qu'il se soit opposé à Bush et sa bande, cela a marqué les esprits.
Sortie d'un virage, mon hôte pointe sa main sur la droite "Nemrut", en effet, on l'aperçoit au loin avec sa forme bien typique, surmonté d'un tumulus. Fin du voyage motorisé. Remerciement, échanges de regards complices et signes de la main. Il bifurque sur la gauche. Une pancarte indique 5 kms.
De nouveau seul. Silence total à peine interrompu par le léger bruissement de rares arbustes et quelques chants d'oiseaux. Entouré de montagnes, je poursuis ma route. Je croise un troupeau de moutons et de chèvres. Au fur et à mesure que la route s'élève, au fond se dessinent les contours du bassin mésopotamien délimités par le Tigre et l'Euphrate. Le paysage est stupéfiant de beauté, ouf! Je me pose 5 mn. PhotosSurprisCool.

Je suis sur mon petit nuage et gagné par l'émotion. Suis presque arrivé...

Cette plaine bordée de grands fleuves fut le théâtre des affrontements des grandes civilisations antiques, la civilisation assyrienne, perse, grecque, romaine, hittite...sous l'oeil du Nemrut. Les derniers mètres se font par deux chemins en forme d'escaliers et c'est la récompense. Que de pierres gigantesques ! les têtes sont tombées des socles. Elles sont impressionnantes. Regards sévères.Bouches légèrement ouvertes comme si elles parlaient. Il y a là, un aigle et un lion. L'ensemble n'est certes pas en bon état mais dégage une telle force, les bas reliefs représentent des divinités.



Zeus Oromasdes


Au premier plan Antiochos 1er à droite Commagene

Tout autour, c'est une succession et enchevêtrement de montagnes de couleur brune de différents tons. Plus loin, on distingue nettement le début du bassin mésopotamien et les grandes étendues d'eaux de l'Euphrate transformé en lacs artificiels à cause du barrage Ataturk. Je suis sur le c...Toute ma pelloche y passe et le numérique n'est pas en resteCool. Je me trouve un coin à l'abri du vent sur un rocher et je me pose. Pour profiter de ses instants, regarder, contempler, penser, réfléchir et écrire.

Pur moment de bonheurCoolSourire. Quelle chance de pouvoir voyager ! J'entend des voix, ça parle Italien. Un groupe passe furtivement sur le chemin processionnel. Les heures passent...

Antiochos a fait construire des statues représentant 3 grandes civilisations antiques. Il y a sa statue, celle de Tychée du royaume de Commagene, celle de Zeus-Orasmades, celle d'Apollon-Methras, celle d'Heracles-artagnes-Ares.
Voulait t-il que le temple soit le témoin de la rencontre et le mélange des cultures perses, helléniques et anatoliennes ?.....Le soleil commence à décliner et des groupes de touristes affluent. C'est vrai que ça vaut le détour quand il se couche derriere les montagnes. La nuit tombe et je redescend sur Karadut. Sur le chemin, je croise un Tchèque bardé d'un énorme sac à dosSurpris, il me demande si le Nemrud est encore loin et combien de temps, il compte planter sa tente sur place. Je descend d'un pas rapide sous une belle nuit étoilée. A mi-chemin, un camion de l'armée s'arrête et me propose de m'emmener à Karadut. Je préfère continuer ma marche jusqu'au bout. J'ai de très bonnes sensations, la nuit est belle, je suis heureuxSourire. En 2 heures, suis à l'auberge et je fais la connaissance de 2 nouveaux pensionnaires, l'une est Coréenne, See Mii qui voyage depuis 8 mois. En vrac elle a traversé la Chine/Tibet/Pakistan/Iran/Arménie/Georgie/Turquie. L'autre est Russe, Macha qui vit en Inde depuis 8 ans, elle se balade en attendant son mari rentré a Moscou. Suis content de retrouver des voyageurs, on mange ensemble, on discute. See Mii est motivée le lendemain pour la marche, j'en connais unTire la langue.
Demain, je met le cap sur Sanli Urfa proche de la Syrie mais quelle journée merveilleuse.Cool

"Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier

Mékong (en ligne!)
Sur la route, Chine

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de Lyon à Madras par la route :(Turquie)Les carpes sacrées de l'Ayn-I-Zaleyda (en réponse à...)

3 novembre 2007 à 13:04 · modifié par Mékong le 25 septembre 2009 à 7:44
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LES CARPES SACREES DE L'AYN I ZALEYDA
Sanli Urfa du 29 oct au 02 nov

Le matin à Karadut, réveil avec vue sur les montagnes:)). L'endroit est vraiment exceptionnelCool. Tout compte fait, une des plus chouettes pensions depuis que je voyage. Je me promet de revenir avec des amis français. See Mii, la Coréenne est déjà partie sur la route du Nemrut.
Macha part avec moi à Sanli Urfa, on va faire un bout de chemin ensemble. Ensuite, elle envisage d'aller en Syrie, elle n'a pas encore son visa. Osman nous emmène jusqu'à Kahta pour prendre un dolmus.
En route dernière vision du Nemrut. Il nous donne l'adresse d'un copain, Mustapha. Il tient l'hôtel Ugur à Sanli Urfa.

Sanli Urfa, j'accroche tout de suiteSourire:)). Une ville située au sud est, proche de la frontiere syrienne. Architecture arabe. De vieilles mosquées, l'une date du 12eme siecle. Des rues débordantes d'activité, des odeurs, du bruit. Ici, on arbore fièrement le keffieh rouge ou noire, enroulé sur la tête ou autour du couSourire.
On trouve aisément l'hôtel. Confort sommaire mais vraiment pas cher et c'est en plein centre.

Je découvre que c'est une ville biblique, un lieu de pélérinage. La ville des Prophètes. Ville natale d'Abraham, Adam et Eve y auraient séjourné et elle a un lien avec l'Arche de Noe. Le parc où se pressent chaque jour une foule de touristes venus pricipalement d'Iran et de Syrie est magnifique; noyé sous de grands arbres, jalonné de bassins et de fontaines, entouré de mosquées couleur miel et surmonté d'une citadelle qui surplombe la ville. Je suis frappé par le nombre d'enfants, vendeurs a la sauvette, cireurs de chaussures ou travaillant au bazar. Dans les bassins, une multitude de poissons, si nombreux qu'ils se montent dessus quand on leur lance de quoi manger. J'apprend que ce sont des carpes sacrées (et bien grasses)Clin d'oeil. On dit que c'est à cet endroit que le roi d'Assyrie Nemrod jeta Abraham dans la fournaise qui se changea aussitôten eau poissonneuseTire la langue.
Je passe mes journées à me balader à travers la vieille ville. Bruits de rabots, de ponceuses, bruit de marteaux qui tapent sur le fer rougeoyant, forgerons, ébénistes, vendeurs de tissus, de casseroles, de café et d'épices. Je suis dans le bazar. Je m'asseois sur un banc pour observer le spectacle de ce ballet. Les vendeurs de thé passent devant les échoppes en tenant leur plateau garni de petits verres. Des vieux discutent sur les bancs d'à coté.
Un jour, je croise Ridwan au parc où l'on se fait souvent accoster et ça se termine direction le magasinFou.
Il parle anglais et quelques mots de français. Kurde comme 80% d'habitants de cette ville. Je lui parle de mon voyage et pas question de m'encombrer d'un tapis. Finalement je l'accompagne et nous débouchons sur une petite ruelle couverte où sont regroupés tous les vendeurs de tapis, les échoppes sont minuscules mais débordent de couleur. On s'asseoit, il y a aussi un vieil homme, on discute, ils me demandent mon travail en France et si ça gagne bien. Puis sans trop d'hésitation car je me dis qu'il faut aussi parfois lâcher du lest, je leur achète quelque chose, un dessus de coussin. C'est léger. Il me servira durant le voyage. Ils m'offent le thé avant de nous séparer et nouveau passage dans le bazar au milieu du concert de coups de marteaux, rabots, ponçeuses et le défilé des vendeurs de thé, de café. J'adore !!!SourireMalin

Le Bazar de Sanli Urfa
Macha ne sort pas beaucoup de l'hôtel. Gentille et exubérante, elle est dans son monde. Shanti Shanti !Sourire. Elle trimballe son Pc avec elle. Amoureuse de l'Inde, elle n'est pas trop à l'aise pour voyager seule en Turquie excepté Karadut. Un jour, elle me montre toutes ses photos et celle du Népal, on se les passe en écoutant de la musique indienne avec thé et raki:). Je comprend mieux son attachement pour ce pays.

4 jours que je suis à Sanli Urfa. Une chose qui frappe ici lorsque on arrive de l'ouest est la pauvreté, bien visible de l'autre coté de la citadelle. A flanc de colline, des maisons construites les unes sur les autres, toutes avec leur réservoir d'eau sur les toits en forme de terrasses. Maisons parfois séparées par des escaliers montant jusqu'au sommet qui rappellent les favellas de Rio. Quelques routes sillonnent ce quartier, parcourues par des vendeurs ambulants de fruits légumes et quincaillerie. Des gamins jouent au foot, des fillettes sautent a la corde, les femmes étendent le linge sur les toits ou surveillent les plus jeunes des bambins. Des piments sèchent sur une terrasse.
Le soir, après 20h près de l'hôtel, le quartier est sous tension. Gyrophares, flics en civil, même dans le cybercafé, deux ont fait irruptionFou. On est dans le quartier de la préfecture (vilayet) et en ce moment ils sont sur les dents.
Je me sens bien dans cette ville mais ma route continue plus vers l'est.
Demain départ pour Mardin


Infos pratiques
Dolmus de Kahta a Sanli Urfa : 8, 5 YTL
Hôtel Ugur (a coté de l'hôtel Harran) : 15 YTL
Ticket de bus urbain : 0, 85 YTL
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de Lyon à Madras par la route :(Turquie)Mardin Diyarbakir Hasankeyf...au coeur du pays kurde (en réponse à...)

6 novembre 2007 à 10:57 · modifié par Mékong le 25 septembre 2009 à 7:44
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Mardin Diyarbakir Hasankeyf...au coeur du pays kurde

Sanli Urfa-Mardin-Diyarbakir-Batman-Hasankeyf-Diyarbakir
du 02 nov au 05 nov

Ce matin, départ pour Mardin. Je réveille Macha pour lui dire au revoir et lui souhaiter bon voyage. Elle continue sur Gaziantep pour l'obtention de son visa syrien. Dernier thé avec Mustapha. A la une du quotidien Zaman, manif de 15000 personnes à Hakkari, le slogan est clair: unité entre Kurdes et Turcs. Le message est significatif, Hakkari a toujours été un bastion de la rebellion, l'Irak est toute proche. Il y a une inquiétude parmi la population ici car ils ont peur d'être les boucs émissaires de la situation.
Sur la route, non loin de Sanli Urfa, des villages au milieu de nulle part, un dénuement totalDubitatif. Juste de la terre aride et des cailloux. A Kirlik, checkpoint militaire. Ils prennent les papiers de tout le monde pour vérification. Agacements dans le bus. 15 mn plus tard, on repart. A la TV, apparaît la gueule de Miss Condoléances (Condo Rice)Incertain, les mâchoires se crispent. Les 2 stewards ont remarqué la photo sur mon passeport, ça les fait marrerMalin. Barrière de la langue oblige, on communique par petits dessins. Ils me servent thé sur thé et partagent une pomme avec moi. Dehors le paysage a évolué. Ce sont des champs de blé et de coton sur des kms. Nous traversons Kiziltepe, des files de camions, des silos. Ici la vie s'est organisée autour de ces précieuses denrées. Je repense aux villages 100 kms plus bas. Nous quittons la plaine, la route s'élève. Mardin est perchée sur une montagne à 1325m d'altitude. Je pars explorer la ville à pied. Très plaisant de se balader au milieu de ces vieilles maisons en pierre taillée couleur miel, arpenter de petites rues étroites et de jouir d'un beau panorama sur la plaine avec au fond la Syrie qui s'annonceSourire. Par contre, les hôtels sont chers. Je passerai la nuit à Diyarbakir. Dans une boulangerie, ça s'active, un gros tas de bois est entassé sur le toit...on me fait signe et m'invite à entrer. On m'offre une galette et du thé. Dans une joyeuse ambianceSourire, 6 personnes bossent à un rythme soutenu et répêté : 2 préparent la pâte a l'étage, 2 autres en font des pides (galettes) et 2 les enfournent. Les passants tendent la main à la fenêtre pour acheter ce pain tout chaud. Personne ne comprend l'Anglais, pas grave on se parle à force de grands gestes et d'éclats de riresMalin, je leur montre quelques photos de France et de Jérusalem, ils apprécient.

Enfants de Mardin
La nuit tombe, je redescend vite pour attraper un dolmus pour Diyarbakir.
Je loge à l'hôtel Aslan Palace. Diyarbakir est une grosse ville. 1, 2 millions d'habitants. Il y la ville fortifiée, la nouvelle ville et les quartiers pauvres constitués de gens ayant fui leurs villages au plus fort de la répression de l'armée turque. Armée qui est toujours bien présente dans la ville. Une garnison stationne à l'extrémité de la ville. Les remparts de basalte noire qui entourent la vieille ville dateraient de l'époque byzantine et seraient une des plus grandes enceintes du monde.

Marché à Diyarbakir

Lorsque je reviens de dîner (certainement le meilleur restaurant de mon passage en Turquie, Safak avec un Firin Güvec délicieux : pour info c'est un mélange d'aubergines, de tomates, d'onions avec huile d'olive et mouton accompagné de riz blanc), le réceptionniste m'invite à rester dans le hall où sont disposés fauteuils, canapés et tv pour boire un thé. On fait connaissance. Il se prénomme Mehmet, Kurde, marié, des enfants. Il se révélera être durant mes 3 jours ici un interlocuteur chaleureux et prévenantSourire. Chaque soir, c'est le même rituel, on s'installe devant un thé, on discute. pas facile, il a quelques mots d'anglais et moi quelques mots de turc. Frustrant car ça limite la conversation. L' endroit est convivial car il y a toujours d'autres pensionnaires de l'hôtel. Je suis l'un des rares touristes, ils ne viennent pas à Diyarbakir. La ville souffre de sa mauvaise réputation. En 2006, des émeutes ont éclaté. Des bandes de gamins des quartiers pauvres sont descendus et ont pillé des magasins du centre. Le chômage est important. A chaque coin de rue, on peut voir des gens devant des étals de fortune, essayant de gagner péniblement leur vie, des bandes d'enfants vont et viennentDubitatif.
Je fais le tour des remparts, entrecoupés par 7 portes. On peut monter et se balader sur le chemin de ronde. Tout le long, c'est aménagé en parcs et en jardinsSourire. Des gamins jouent au foot, les fillettes font de la balançoire, parfois quelques uns m'accostent par des "Hello" et aussi "Para". Quelle vitalité Sourire! Mehmet m'apprend que la vieille ville compte 27 mosquées et 7 églises. Il aime sa ville, ça se sent et aimerait que je reste plus longtemps.
Dimanche, je prends un dolmus pour me rendre a Hasankeyf, vraiment sympa les dolmus, ils vont partout et où que l'on soit, on tend le bras et ils s'arrêtentClin d'oeil. Le temps est ensoleillé. On passe par Batman, autre grosse ville. Je remarque une raffinerie et des usines. Puis la route s'engouffre dans des gorges où coule sa Majesté le Tigre.


J'aperçois des maisons troglodytes. On arrive. L'endroit est magnifique, je suis agréablement surpris. Partout des maisons troglodytes, des escaliers taillés dans la roche, le tout surmonté d'une citadelle en ruine, en bas le nouveau village qui ne sera bientôt plus qu'un souvenir (a cause du projet de barrage) et le Tigre qui serpente.



Du haut de la citadelle, la vue est imprenable et je photographie le fleuve sous tous les anglesCool. Quand je descend, je vois 2 chiens attachés devant une maison troglodyte, ils aboyent, je passe. Quelqu'un habiterait t-il encore ici ?



Retour à Diyarbakir et je retrouve Mehmet autour d"un thé pour lui raconter cette belle journée.
Demain je pars très tôt pour Van, lever à 6h. Mehmet est un peu déçu que je parte mais je reviendrai à Diyarbakir.
Je revois le regard des gens lorsque j'arpentais les quartiers pauvres, mélange d'étonnement et de curiosité à la vue de cet étranger qu'ils n'ont pas l'habitude de rencontrer par ici, je revois tous ces enfants, ce petit bout de fillette qui vendait des mouchoirs dans la rue, ces gamins jouant au foot sur des petits espaces....
Diyarbakir, la mal aimée, écorchée vive et si sensible qui m'a touché.


Infos pratiques
Bus Sanli Urfa-Mardin : 15 YTL
Dolmus Mardin-Diyarbakir 5 YTL
Ticket bus urbain Diyarbakir 0, 75 YTL
Dolmus Diyarbakir-Batman 5 YTL
Dolmus Batman-Hasankeyf 3 YTL
Hôtel Aslan Palace (simple avec sdb) 20 YTL
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Lyon à Madras par la route :(Turquie)Retour à Erzurum (en réponse à...)

7 novembre 2007 à 14:35 · modifié par Mékong le 25 septembre 2009 à 7:45
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RETOUR A ERZURUM

Diyarbakir - Tatvan- Lac de Van - Van - Erzurum
Le 5-6-7 novembre

De nouveau sur la route, petit pincement au coeur en quittant Diyarbakir. Mehmet est à la réception, on se salue très chaleureusement.
7h à l'otogar. Je pars pour Batman dans un premier temps pour récupérer un bus qui doit m'amener jusqu'àTatvan au bord du lac de Van. Ensuite j'envisage de prendre le ferry jusqu'à Van et plus je pars tôt, mieux je pourrai profiter du paysage depuis le bâteau. Faut pas traîner, ma correspondance à Batman est à 8h30. Ça tombe bien, le chauffeur roule à tombeau ouvert et il rejoint un collègue. Une course de dolmus s'engageSourire, à l'intérieur, ça n'émeut pas grand monde, la plupart des gens ont piqué un roupillon.
En Turquie, les bus sont toujours bien remplis et quand il reste des places, le chauffeur prend des gens qui marchent sur la route, j'ai testé a HasankeyfTire la langue. Je suis maintenant dans le bus pour Tatvan. On traverse des paysages de basse montagne. La route remonte le cours d'une rivière jusqu'à Baykan et surprise...un checkpointFou. Contrôle des papiers des hommes, les femmes en sont dispensées. Ca dure 10 mn et nous repartons. Après Bitlis, bis répétita, mais ils nous font signe de passer. Soupirs de soulagement dans le bus.
Arrivée à Tatvan et au lac de Van, il est à peine midi. Je me dirige à pied vers le ferry en suivant la promenade au bord du lac très agréable. Ce lac de montagne est le plus grand de Turquie.


Lorsque j'arrive, tout paraît désert, les bâteaux amarrés atteints par la rouille, attendent une hypothétique traversée. Je remarque une voie de chemin de fer. Ça sent le sapin....Un type marche dans ma direction, je lui demande le ferry pour Van, il me dit que c'est ok mais vers 18h-19h, la traversée dure 4h. Raté pour mes plans Fou. Il est 13h, 5 heures à tuer. Il m'indique un endroit à coté de l'embarcadère où je serai au chaud.
En effet, l'endroit fait office de café. 6 tables disposées dans une salle, une TV qui marche et une autre petite pièce où chauffe le thé. Des hommes jouent aux cartes par groupes de quatre. lls ne prêtent guère d'attention à ma présence car ils sont concentrés sur le jeu. A coté, la bouilloire chauffe constamment. Régulièrement durant l'après midi, des groupes sortent car ils travaillent sur le site. D'autres les remplacent et rentrent au chaud, se posent devant la TV, discutent et avalent un thé chaud. Parfois un vieux vient de loin, va s'asseoir sans mot dire dans un coin pour boire un thé et repars sans faire de bruit.
Le site comprend l'embarcadère des ferries et un terminal de chemin de fer. Je m'apercevrai que le ferry sert surtout pour les wagons de marchandises, des passagers : nous ne serons que 4. Les gens préfèrent le bus plus rapide.
Dans le café, ça tourne toujours autant. Ce sont des étudiants qui s'occupent de servir le thé. Ils me bardent de questions, si je suis marié, mon âge, mon job, si j'ai fait l'université, combien je gagne, combien coûte les vêtements en France etc...et mes réponses ils les retransmettent aux anciens qui sont assis a coté et qui n'arrêtent pas de les chambrerMalin. Je leur montre quelques photos de France et de Jerusalem, ils apprécient. Puis chacun reprend son job. Les petits verres de thé brûlant, la TV qui diffuse une série.
Le ferry est arrivé. Les wagons sont poussés à l'intérieur par une locomative. Il fait nuit. Dans le café, Des tables se sont reconstituées et les tours de cartes reprennent, un des étudiants s'initie au jeu flanqué des conseils d'un ancien. Je prend mon sac sur l'épaule et jette un dernier regard sur ce lieu qui sent bon la simplicitéSourireSourire.
Arrivée à Van en pleine nuit. Galère pour trouver un bus car l'embarcadère se trouve à 10kms du centreFou. Je marche et finalement je trouve un bus qui m'emmène jusqu'au centre désert à cette heure. J'ai une adresse d'hôtel. Accueil froid.
Van, je n'ai pas trop accroché. Question de feeling. Grosse ville de 300000 habitants, bordée par le lac. J'en profite pour visiter le château qui vaut vraiment le coup pour le superbe panorama sur le lac, la ville et les montagnes derrière. Je téléphone au consulat d'Iran, on me dit de passer demain.
Direction Erzurum à 7h00, j'appréhende. Au tél, il ne m'a rien dit de plus, je suis dans le flouDubitatif. Sur la route, on n'a pas le temps de s'endormir car c'est checkpoint sur checkpointDubitatif. Une fois c'est un contrôle de papiers; 10 kms plus loin bis répétita; puis ce sont les papiers et les bagages; après ce sont les papiers/bagages en présence des hommes en bas du bus; ensuite on nous fait signe de passer; ensuite nouveau contrôle des papiersFou Les passagers râlent et je les comprend car ça ressemble à du harcèlement...
Finalement, nous arrivons à Erzurum avec beaucoup de retard. Il fait 4 degrés. Sous la pluie. Les montagnes sont couvertes de neige. Erzurum est en altitude. Le dernier bus pour Dogubayazit est parti. Suis bloqué ici pour la nuitFou. Je file rapidement au consulat. C'est la même personne qui me reçoit et je dois patienter durant 40 mn sans savoir si j'ai le feu vert. Entre temps, un Français Xavier accompagné d'une Turque Ceylan sont arrivés, on papoteSourire. Ils font du stop depuis Ankara et envisagent de faire de même en Iran. Ceylan parle Français. Après l'Iran, elle retourne en Turquie pour poursuivre ses études. Xavier continuera jusqu'en Inde. Ils attendent un fax de confirmation d'Istanbul pour obtenir le visa ici. Quant à moi, il m'appelle et me donne le précieux sésameCoolMalin. Visa d'un mois. C'est ce que j'avais demandé. Un grand soulagement doublé d'une grande joie intérieure:)))Sourire. J'ai l'impression de voler.
Demain je met le cap sur Dogubayazit et le mont AraratSourireClin d'oeil.


Infos pratiques
Dolmus Diyarbakir-Batman 5 YTL
Bus Batman-Tatvan 13 YTL
Ferry Tatvan-Van 5 YTL (pars à 18h00- 4h de traversée)
Ticket de bus urbain Van 0, 75 YTL
Bus Van-Erzurum 30 YTL
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Lyon à Madras par la route :(Turquie)A dogabayizit au pied du Mont Ararat (en réponse à...)

9 novembre 2007 à 15:27 · modifié par Mékong le 25 septembre 2009 à 7:45
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A dogubayizit au pied du mont Ararat

Erzurum-Agri-Dogubayazit
le 08/09/10/11/12/13 novembre

J'ai donc passé la nuit à Erzurum à l'hôtel Emre. Je l'ai trouvé dans une petite rue derrière l'artère principale de la ville, en face d'un cybercafé. Erzurum ne manque pas d'hôtels petit budget.
Le matin, je pars pour Dogubayazit. La compagnie de bus, je ne la sens pas du tout. Ils m'ont embrouillé sur les correspondances, à Agri pour DogabayizitFou. Du coup, je modifie mon billet et je trouverai moi même un dolmus à Agri. Pour ajouter au mécontentement, on a du retard. Les gens s'énervent et pas besoin de comprendre le Turc quand ils descendent du bus pour protesterDubitatif. Durant le voyage, je fais équipe avec un Turc qui part en Iran, on regarde la carte, il va à Tabriz et Orumieh pour une semaine. Il a quelques rials en poche. On discute du taux de change que je trouve anormalement bas. Un type très sympaSourire.
Toute la région est sous la neige. Quelques checkpoints plus tard, Agri se présente. Je trouve un dolmus dans les 15mn qui suivent, aidé par une personne qui m'a guidé jusqu'au petit otogar.
A 16h30 on est à Dogubayizit. La frontière iranienne est à 20 kms. Il fait nuit. C'est une ville de 80000 habitants, population kurde, située dans une vaste vallée au pied du massif mont Ararat. Je loge à l'hôtel Tahran.
Le soir, dans un cybercafé je revois le Tchèque que j'avais croisé en pleine nuit sur la route du Nemrut Dagi, il part aussi en Iran. Rendez vous pris à Tabriz hôtel Maschad ou après car nous avons le même itinéraireSourire.

Lendemain, je prend un dolmus pour me rendre au palais d'Ishak Pacha, à 7 kms de la ville sur une montagne. Ce palais est une petite merveille entouré d'un panorama sublimeCool.


Il a été érigé en 1685 par un chef kurde nommé Ishak et mélange plusieurs styles architecturaux de la région. L'intérieur est bien conservé. On aperçoit la ville et le mont Ararat dont le sommet est sous les nuages. Dommage, on ne peut pas toujours être chanceuxClin d'oeil. Tout juste à coté, il y a une mosquée du nom d'Hani Baba, un philosophe et poète kurde. Le week-end, c'est un lieu de pélérinage et beaucoup de familles s'y rendent.



Dogubayazit : ici la population essentiellement composée de Kurde est pauvre. En descendant à pied d'Ishak Pacha, je croise un Kurde Mecit devant un camping. Il m'invite à rentrer boire un thé. Il y a là, Bertil un Hollandais qui vient dans la région depuis 20 ans. Lui et Mecit se sont associés pour ouvrir ce camping aux abords de la ville. Mecit me dit que Dogubayazit compte 95% de chômageDubitatif. La région ne reçoit pas d'aide du gouvernement. Tout part dans l'ouest. Les gens se débrouillent, vivent de petits boulots, un peu de ce qu'ils cultivent et du tourisme mais guère en ce moment. Beaucoup d'enfants trainent dans les rues dont certains ont leur père en prison pour raisons politiques. Dans la ville, des femmes kurdes ont ouvert un restaurant associatif pour venir en aide à leurs maris emprisonnés qui font partie du PKK. Ce sont elles qui servent, c'est rare en Turquie, on y mange plutôt bien et je m'y rend souvent. Le samedi, elles sont habillées en robes traditionnelles.
Le soir, à l'hôtel, il y a de fréquentes coupures d'électricité car le systeme n'a pas été remis à niveau alors que la population a tripléFou. Cela fait 4 jours que je suis ici et j'aime beaucoup cet endroit.
Je rencontre des gens intéressants comme Bilar le gérant de l'hôtel Tahran, un type formidable. Kurde, marié, 4 enfants, passionné de voyage, il collectionne les guidesSourire. De plus, il a une analyse très fine de la situation politique de son pays, je l'écoute avec beaucoup d'attention et j'apprends.
Il y aussi les voyageurs qui transitent depuis et vers l'Iran ou des types comme Bastien, un Français d'AubagneSourire. Venu en stop avec une bande de copains en traversant les Balkans, il voyage maintenant seul. Il repart en France, les autres continuent jusqu'en Inde. Auparavant, il a séjourné dans la région une semaine, louant un âne à un paysan en passant par une agence de trekking. Parti se balader dans les montagnes de villages en villages, il me raconte l'hospitalité et l'attention qu'il a rencontré. Des gens extrêmement pauvres, qui l'ont invité à manger et partager le peu qu'ils avaient. Et aussi d'autres anecdotes moins drôles lorsque il s'est fait harcelé, jeté des pierres et pour finir voler des affaires par une bande de gamins alors qu'il courait après l'un deux qui lui avait pris son appareil photoFou. Ensuite il a pu les recupérer grâce à l'imam du village avoisinant qui a lancé un appel et à l'instituteur.
Il y aussi Jade une jolie Chinoise de ShanghaiSourire. Dynamique et volubile, elle est arrivée à l'hôtel hier. Après avoir quitté son boulot, elle voyage depuis 1 mois, pris le train jusqu'à Kashgar en Chine et rejoint la Karakoram Highway pour entrer au Pakistan, puis l'Iran en transit 7 jours et la Turquie. Ensuite elle envisage d'aller en Syrie pour noel et l'Egypte. On partage beaucoup de temps ensemble, à discuter voyages, se promener en ville et dans les environs. Je m'entend bien avec cette femme et je sens que c'est réciproque. Demain, je serai encore ici. J'ai la musique kurde qui trotte dans ma têteSourire.

Enfants de Dogubayizit


Infos Pratiques
Bus de Erzurum a Agri 15 YTL
Dolmus de Agri a Dogabayazit 6 YTL
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Re: [Mékong] Lyon à Madras par la route :(Turquie)A dogabayizit au pied du Mont Ararat (en réponse à...)

10 novembre 2007 à 7:10
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Hey ! Je viens de m'inscrire sur voyage forum et je tombe sur ta balade Clin d'oeil ! Ouah ! L'idée que j'ai est Téhéran - Rajasthan via afghanistan (j'en rêve !!) mais là je crois que ça coince... Incertain. Et seule je flippe un peu !
J'ai toujours voyagé en 4x4 ou moto. Mais pour ce voyage, seule, bus et marche sont peut-être préférable. Je ne sais pas.
Anyway, je "surveille" Tire la langue ton voyage de ... paris et je réfléchis sur le mien Sourire.
Bon vent à toi ! Et merci...
Myriam


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Lyon à Madras par la route :(Turquie)A dogabayizit avec Jade au pied du Mont Ararat (en réponse à...)

13 novembre 2007 à 14:59 · modifié par Mékong le 25 septembre 2009 à 7:45
  Répondre

 
Dogubayizit avec Jade au pied du mont Ararat (2)
14/15 novembre


Toujours à Dogabayizit. Cela fait 2 jours que je repousse mon départ. Après tout j'ai mon temps. C'est une bien belle région. Les gens sont sympas. Hier, deux Basques de Pampelune sont arrivés de l'ouest en vélo, Turquie et Syrie. Le soir, nous avons eu droit à du rock engagé basque lorsque Carlos s'est connecté sur son blogMalin mais joie ephémère à cause d'une ènième coupure de courant. Ce matin, ils sont partis en Iran avant l'Inde car ils n'ont pas eu de visa pour le Pakistan. On va se revoir quelque part sur la routeSourire. Durant ces deux jours, j'ai pu faire des photos du mont Ararat en bénéficiant d'une vue dégagée.

Mont Ararat et petit Ararat

Mont Ararat

Jade est encore ici. Elle n'est pas pressée de partir. Nous sommes devenus inséparables. Je l'emmène au restaurant tenu par les femmes du PKK. Nous allons deux fois jusqu'à Ishak Pacha. Le premier jour, ce n'était pas prévu car je voulais lui présenter Mecit et Berdil au camping mais après avoir bu le thé et discuter avec nos hôtes, nous avons continué sur notre lancée, à pied et en stop mais à quelques minutes de la fermeture. En redescendant, un jeune couple de touristes d'Istanbul s'arrêtent pour nous ramener en ville. Le deuxième jour, nous sommes montés en stop. Froid de canard là haut. Visite du chateau. On n'a pas trainé. Stop pour rentrer.

Aujourd'hui elle m'a montré des photos du Tibet d'un précédent voyage auquel elle semble très attachée. Elle est bouddhiste. Elle a quelques photos du Pakistan, la partie nord, de la KKH, elles sont magnifiques.

C'est Jade que me donne l'idée d'aller en Afghanistan. A Peshawar, elle a rencontré trois gars qui sont partis à Kaboul par la Khyber-Pass. Elle me donne l'adresse de Seb un Suedois qui faisait partie du voyage. Je le contacte. Jade me fait écouter son répertoire de chansons françaises (celles qui sont populaires en Chine) comme Edith Piaf, Cabrel et d'autres que je ne connaissais pas comme Magic BoulevardFou.
Nous passons du temps à discuter de nos pays respectifs, de nos voyages présents, futurs, boire le thé. parfois, lorsque il est à l'hôtel, Bilar s'associe à la conversation et nous apporte tout son savoir sur l'histoire de cette région.
Je les aime bien. C'est aussi pourquoi je n'arrive pas à décollerClin d'oeil. Je me laisse transporter par ces belles rencontres et j'ai envie d'en profiter pleinement.
Bilar est un type chaleureux, passionné de voyage.

Jade ferait une bonne compagne de voyage. Je lui propose de me rejoindre en Inde. Ca la fait sourire. Le courant passe bien, je me suis attachée à elle. Dommage qu'elle fasse le chemin inverse du mien. J'essaye de ne pas trop gamberger en me disant que je la reverrai quelque part sur la route une autre fois...
Entre temps, Seb le Suedois m'a répondu. Il se trouve à Mashad au nord de l'Iran et me donne toutes sortes d'indications précises pour un itinéraire depuis Herat jusqu'à Peshawar en passant par Kaboul. Il me conseille vivement de prendre l'avion à Herat pour rejoindre Kaboul puis la route via la khyber-pass jusqu'à Peshawar au Pakistan. Je commence à me projeter. L'Afghanistan fait partie de ces pays dont je rêve secrètement. J'ai besoin de réfléchir avant de prendre une décision hâtive. J'en discute avec Jade et elle aurait bien aimée m'accompagner mais elle n'a plus de visa iranien et zut encore loupéTriste. Quand même j'aimerais trouver quelqu'un pour m'accompagner car je ne me sens pas d'y aller seul. J'aviserai en cours de route entre Tabriz et Yazd. De là, deux possibilités s'offriront à moi : La route via Zahedan juqu'à Quetta au Balouchistan ou Mashad en bus et l'Afghanistan par Herat.


Région de Dogubayizit au fond la vallée

Demain je pars probablement pour rejoindre la frontière. Changement d'heure (+1h30), changement de monnaie (tomans/rials), changement de langue (farsi et j'ai mon petit lexique). <b

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Re: [Mékong] Lyon à Madras par la route :(Turquie)A dogabayizit au pied du Mont Ararat(2) (en réponse à...)

20 novembre 2007 à 13:21
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B'jour Mékong :)
Rentrée au plat et froid pays, je prends le temps de te lire, bien sympa ta route! Sourire
Je te la souhaite encore bien belle!
Sourire

Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)

Jai Ganesh!

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Lyon à Madras par la route :(Iran)Premiers pas en Iran (en réponse à...)

22 novembre 2007 à 11:36 · modifié par Mékong le 17 octobre 2009 à 7:28
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Premiers pas en Iran

Maku-Tabriz-Kaleybar-Tabriz
15-16-17 novembre

De nouveau seul sur la route et c'est sur un air de musique kurde que le dolmus file à travers la vallée, le mont Ararat est derrière nous. Quelques bergers avec leurs troupeaux. Il fait beau. 11h30 mais sitôt passé la frontière :+1h30. Au fond, blotti sur les contreforts d`une montagne, un rare village. L`endroit n`est guère peuplé. On s`approche de Gurbulak en doublant la file de camions en attente. Sur la gauche, quelques blindés turcs font le gué. C`est une région sensible où 4 pays se font face ou presque : Turquie, Arménie, Iran, Azerbajian. Je laisse ce pays kurde que j`ai tant aimé. Des gens : Bilar, Mehmet. Des lieux : Karadut, Sanli Urfa, Dogubayazit, Diyarbakir. Un peu de blues dans l`âme de quitter Jade, cette femme intrépide. Nous étions comme 2 complices. Pour elle, la route passe par la Syrie et l`Egypte. Sa présence me manque. En ces circonstances, voyager seul devient d`un coup plus lourd à porter, plus dur à accepter aussi.


Frontière Turquie-Iran

Pas le temps de ressasser que l`Iran se profile. L`aventure continue avec son lot d`émotions. Je suis très étonné par la rapidité des formalités. Un seul guichet à franchir. Un type me prend mon passeport pour le vérifier et je le récupère 15mn plus tard. Me voici dans le hall, je descends les escaliers. Je suis en Iran.
Premiers pas hésitants: difficile de comprendre et de se faire comprendre. Tout est écrit en Persan. A Bazargan, ville frontière, je dois me frotter à la roublardise des taxis. En manque de repères et d`échelles de prix, malgré avoir âprement marchandé, je me fais enflé sur le prix de la courseFou. De plus, le chauffeur qui m`emmène à Maku, m`assure qu`il n`y a plus de bus pour Tabriz. En traversant la ville, il me désigne un hôtel et propose de stopper, je ne marche pas dans sa combine et lui demande de continuer. Au terminal, bein entendu je trouve un bus pour Tabriz. Celui qui relie Maku à Téhéran passe à Tabriz. Départ à 17h00. A l'intérieur du bus, les quatre jeunes filles en face de ma banquette, m'observent comme une bête curieuse en chuchotant et en pouffant de rire. lorsque nous arrivons à Tabriz, il fait nuit. Taxi pour l'hôtel Mashad.


Voilà maintenant une semaine que je suis en Iran. Quelques impressions en vrac
*Voyager en Iran est très bon marché pour les détenteurs de l`euro
*ce pays dit de 'l`axe du mal' est plutôt tranquille, on ne ressent pas de tension. Loin des idées reçues véhiculées chez nous. En france, les visages pâles virent au blème dès que l`on évoque ce paysFou.
*Les gens que je rencontre sont accueillants, serviables et gentils. Toujours quelqu`un pour vous guider si vous êtes en panne d`orientation, pour vous aider à trouver le bon taxi collectif.Sourire Il suffit de demander.
Un exemple : Parti tôt visiter la forteresse de Babak à 110 kms de Tabriz, lorsque je me pointe pour acheter mon billet de retour, plus de place et pour cause, c`est la fin du week-end ( en Iran le vendredi) et les étudiants repartent à la fac. Après discussion (entre étudiants, le guichetier et d`autres personnes qui arrivent) on me trouve une place dans le bus et malgré mon insistance, impossible de payer mon billet. C`est aussi cela l`hospitalité iranienne.Sourire
*Les gens sont curieux et n`hésitent pas a parler politique dans la rue. Encore des idées reçues qui volent en éclat. On me questionne sur Sarkozy et Kouchner. Ils sont amers car la France ne les avait pas habituée à une telle agressivitéDubitatif. Dans le bus qui me ramène de Kaleybar à Tabriz, entouré d`étudiants qui me bardent de questions durant les 2h30 de trajet, je suis assis à coté d`un ingénieur en transport, on discute. Pour lui la France a vendu son indépendance aux Usa. On évoque d`autres sujets dans le domaine international . Une personne très bien informée et un fin limier politique.
Les questions qui reviennent régulièrement car ils savent ce qui se raconte sur leur compte en Occident :
Quelles sont les raisons d`une telle diabolisation?
Quelle image avais je de l`Iran avant de venir?
Que vais je raconter à mon retour?
*La circulation est infernale et la pollution qui va avec. Pour la piétaille, traverser une rue exige de la dextérité pour slalomer entre voitures, bus et motos et de la vitesse pour piquer un sprint si cela est nécessaire.Malin

Rues de Tabriz

*Les femmes portent le chador, mais un chador à l`iranienne, un ample voile noir qui couvre la tête sans cacher le visage et qui descend jusqu`à la taille. D`autres portent un Hejab de différentes couleurs. Elles sont coquettes et élégantes, portent des jeans. Certaines me lancent des regards qui me font tourner la tête...dans les deux sens. J`en ai même vu une avec des mèches violettesTire la langue. Seules les religieuses sont couvertes jusqu`aux pieds. Les femmes sont actives, conduisent et siègent en politique. Loin de l`intégrisme pur et dur et de l`image de la femme soumise que les médias nous vendent.






*Depuis la Turquie, je continue mon exploration culinaire : je fais une cure de jus de fruits frais et milshakes, vraiment delicieux en Iran. Des difficultés pour trouver de bons restaurants mais hier, j`ai testé le khoresht, sorte de ragout avec du riz. Simple mais j'ai bien aimé. Et du thé bien sur.Malin
L`Iran en quelques chiffres
70 millions d`habitants. 63% de la population a moins de 30 ans. 16% d`inflation. Pour exemple, le prix du carburant a triplé en quelques mois. 70% d`Iraniens mécontents du gouvernement.
Tabriz
Ma 1ère étape. Ville importante. 2 millions d`habitants. Je loge dans un hôtel austère mais le type qui le tient (il est tout seul) est serviable rien à voir avec l'hôtel Mashad où je suis parti au bout de la première nuit.
A Tabriz, je rencontre Nasser Khan à l`office du tourisme. Personnage incontournable et guide officiel de la ville. Il parle 8 langues dont le Francais. Outre les conseils précieux qu`il prodigue sur la région et le pays, c`est aussi un type jovial, serviable et chaleureux. Marié depuis 3 ans, il a une petite fille de 14 mois. Durant 3 jours, je passerai lui rendre visite à l'office pour discuter et boire le thé. Ensuite à la fermeture du bureau, nous partons au cybercafe, il surfe une heure et rentre retrouver sa famille. Nasser est certainement le meilleur guide que l`on puisse trouver en cours de voyage.Sourire
Le bazar de Tabriz est fantastique. Le plus vieux bazar du monde. Un labyrinthe de ruelles couvertes, long de 35 kms, réparti en secteurs : bijouterie, tapis, épices etc...Quel contraste avec nos grandes surfaces fadasses et aseptisées. Des centres commerciaux font leur apparition mais la population préfère se rendre dans ces endroits pleins de vie, de
couleurs et de senteurs.

J`y passe les 3 jours à me balader, faire des emplettes et prendre des photosCool. J'y rencontre un Francais en week-end. Il bosse à l`institut de Téhéran et maitrise le Persan. Son job : trouver des contrats pour des sociétés françaises dans le secteur gazier. Il fait la grimace en m`apprenant que la France s`est opposée au rapport de Mohamed el Baradei sur le nucléaire à l`OnuDubitatif. Lorsque je lui fais part de mon intention de traverser le Balouchistan, il manque de s'étrangler. "ah vous les voyageurs, vous n'en faites qu'à votre tête !", "quand il y a des enlèvements, les emmerdes c'est pour nous !". Tiens encore un type qui bosse pour le renseignementFou.
Un soir, en partant du bureau, Nasser me présente Hassan qui tient une boutique d`articles pour femmes dans le petit centre commercial en face du bazar. Un type raffiné qui parle très bien Francais. Avant la révolution, il avait fait ses études à la Sorbone à Paris. Traducteur assermenté, il ne trouve pas de travail. Le Francais n`est pas à la mode du coté de Téhéran. De plus, il est connu pour être opposant au pouvoir actuel.
Entretemps, je suis allé visiter la forteresse de Babak (rappel ci dessus : l`histoire du bus complet, des étudiants...Clin d'oeil), un héros national azeri et chef révolutionnaire. C`est un véritable nid d`aigle, seul accès : des escaliers abrupts. Pas eu le temps de grimper jusqu`au bout mais la randonnée en pleine nature et la vue etaient très plaisantes.

Je quitte Tabriz ce soir. Taxi collectif (No Bardast et annoncez la destination au chauffeur sinon vous payez la totalité de la course) jusqu`au terminal et bus de nuit direction Qazvin. Etape sur le chemin du chateau de Hassan SabbahSourire.
de la fameuse secte des Assassins (Lire Samarcande d'Amin Maalouf)

Info pratiques
Taxi Bazargan-Maku : la course tourne autour de 10000 rials. Marchander ferme car les chauffeurs ont tendance à x5 ou x6
Bus Maku-Tabriz : fréquents sur la ligne de Téhéran. Bus au moins jusqu`à 17h00
Taxis collectifs à Tabriz : 2000 rials la course
Bus urbain Tabriz : achat d`une carte electronique disponible aux guichets dans la rue 10000 rials
valable si l`on reste 1 semaine
Bus volvo Tabriz-Qazvin : 60000 rials
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Re: [Mékong] Lyon à Madras par la route :(Iran)Premiers pas en Iran (en réponse à...)

24 novembre 2007 à 16:03
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Merci, un vrai régal ce récit servi "tout chaud "...heu... non, froid mais en direct .

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Lyon à Madras par la route :(Iran)Gazor khan, au pied du chateau d`Hassan Sabbah (en réponse à...)

25 novembre 2007 à 12:35 · modifié par Mékong le 17 octobre 2009 à 7:29
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Gazor khan, au pied du château d`Hassan Sabbah

Qazvin-Gazor khan château des Assassins-Qazvin
18-19-20 novembre

Après quelques péripéties, me voici enfin arrivé à destination. Enfin dis je, car entre un guide peu scrupuleux qui voulait me pigeonner en multipliant son prix x10Fou sitôt monté dans sa voiture, entre un bus fantôme pour Gazor Khan et entre la roublardise d`un savari, ajouter à cela le bus de nuit de Tabriz qui m`a amené direct à Téhéran sans passer par Qazvin, ce fut laborieux et ce hors d`oeuvre m`a passablement mis de mauvaise humeurDubitatif.
Heureusement, la seconde partie est plus agréable. La récompense est au bout. Une route qui monte et qui descend en lacets. Plus nous progressons au coeur de la chaine de l`Alborz, plus la nature déploie des trésors de paysages spectaculaires.


Gazor Khan est un petit village, à 2000m d`altitude, au pied du château des Assassins. La fameuse secte des Ismaéliens dont l`histoire est contée dans le livre d`Amin Maalouf 'Samarcande'. Le château qu`il a fait édifier est un veritable nid d`aigle. C'est le pays qui veut ça ? et le relief s'y prête merveilleusement. Babak, Alamut, Lamiasar... Nous franchissons un pont. Une rivière coule dans un profond canyon. Tout autour de nous, des vergers. Pour loger, je dispose d`une adresse. Une pension tenue par une famille au coeur du village.

Mr Sami me reçoit. Il parle quelques mots d`Anglais. La maison est sur 2 étages. La famille et leurs 3 filles vivent au rez de chaussée, le 2ème étage est réservé aux pensionnaires. On y accède par des escaliers pentus qui donnent sur une terrasse avec juste en dessous, la place du village.

Une grande pièce fait office de chambre. Le sol est recouvert de tapis. Devant l`entrée, une grande table en bois avec deux bancs de chaque coté. Dessus, une nappe et une boite à sucre pour le thé. A gauche, un vieux poêle. Au fond, empilés, des couvertures, couettes et coussins en nombre suffisant pour se confectionner des lits douillets. C`est simple mais convivialSourire. Mr Sami me montre son livre d`honneur et me le laisse. Je le feuillette. Les gens de passage y écrivent des messages mais il contient aussi un tas d`infos sur la région. Cartes, Parcours pour balades et randonnées avec croquis detaillés.
Ici, on est loin de l`agitation urbaine et médiatique. Le sentiment que peu de choses ont changé. La vie est paisible. Les femmes portent le foulard. Le soir, les gens se rassemblent sur la place pour palabrer tard dans la soirée. L`imam, personnage central, parle durant 1 heure au haut parleur, parfois plus, tout dépend de la quantite de nouvelles qu`il a sous le coude. Le matin aussi, on l`entend avec le chant du coq. C`est sur cette même place que l`on fête les mariages ou les enterrements comme c`est le cas durant mon séjour. C`est un hâvre de tranquilité.Sourire
Mr Sami est l`instituteur du village voisin. Chaque jour, à 8h, il part sur sa moto, dispenser ses cours. Avant, il m`apporte le petit déjeuner. Le soir, c`est lui qui m`apporte le diner. Et à chaque fois, le plaisir de découvrir sur le plateau repas, les bonnes choses que sa femme a cuisinéTire la langue. Du pain fait maison et des produits locaux, le tout arrosé de thé bien surMalin. Il me donne des conseils sur la région et les justes prix pratiqués pour les transports par bus et savaris. C`est là que je réalise que je me suis fait toisé par le chauffeur de savari qui m`a amené jusqu`iciFou. Madame, la maitresse de maison s`enquiert de savoir si j`ai bien dormi. Elle parle quelques mot d`Anglais. Et comment! emmitouflé sous une couette et des coussins moelleux, je suis dans un coconTire la langue.
Le 1er jour, comme j`arrive en début d`après midi, je fais la visite du château ou plutôt des ruines. Pour l`atteindre, il faut emprunter des escaliers en pierre. En haut, des ouvriers procèdent à des fouilles. Ils vivent sur place dans une cabane qu`ils ont amenagé. Tout le long, ils ont installé des échafaudages. Le château d`Alamut est entouré de falaises vertigineuses mais avec suffisamment d`espace pour y vivre. A long terme, selon le chef de chantier, le projet est d`en faire un haut lieu touristique, avec l`ouverture d`un musée, la contruction d`une route pour drainer les cars de touristes. La vue est sompteuse. J`ai une chance inouïe car il fait très beau.Cool

Le 2ème jour, après un petit déjeuner copieux : pain maison ( comme de grosses crêpes épaisses) confiture de prune, beurre et fromage de la région. Je pars à 9h. Mme Sami me donne de petits morceaux de fromage et il me restait du pain, ajouter à cela des dattes et des figues iraniennes, voici mon casse croute de midi. Randonnée de 8h00 à travers les montagnes.

Je suis les chemins utilisés par les bergers. Toute la journée, sous le soleil, j`escalade et dévale les montagnes balayées par le vent, traverse les nombreux vergers, franchit des sources et rivièresSourireCool. Le silence...parfois entrecoupé par les sifflements d`un berger qui guide son troupeau. En toile de fond, les sommets enneigés de l`Alborz culminant à 4800m. Je suis sous le charme de cette région. La nature offre ce qu`elle a de mieux. Un panel de paysages magnifiques. Lacs, sources, cascades, canyons, couleursSourire. Une végétation insolite comme ces immenses roseaux jaunes verts entourant un lac. Elle est généreuse car les vergers sont partout. Oups! dans un excès d`enthousiasme, j`ai failli oublier l`heureSurpris. Le soleil commence à décliner et je suis éloigné du village. J`arrive à la tombée de la nuit, fatigué mais très heureux de cette journée. Mr Sami m`accueille et c`est avec délice que je prend possession du plateau repasClin d'oeil. Je prend soin de remplir le livre et Mr Ali écrit mon nom en Persan. Dernières recommandations pour le bus de demain à 7h00. Le matin, à l`aube, avant de partir, Mme Sami m`apporte du thé et récupère le livre d'honneur. En voyant mon message, je vois son visage qui s`éclaireSourire. Ils y tiennent à ce livre et je les comprend. Elle me demande si j`ai des cachets pour la tête, je lui donne de quoi se soulager. Elle aussi y va de ses recommandations concernant les bus et les justes prix. Je quitte la petite maison avec déjà l`envie de revenir. En espérant que le projet d`aménagement touristique même si ce n`est pas pour demain, ne défigurera pas cet endroit magique, point de depart de superbes balades. Et aussi que cette petite pension sera encore là avec ces gens adorables, Mr et Mme Sami et leurs filles. Ce séjour restera peut être comme mon meilleur souvenir en Iran.SourireSourireSourire










Infos pratiques :
D`après mes renseignements, il n`y a pas de bus direct pour Gazor Khan
Depuis le terminal de Qazvin : devant la gare des minibus, prendre le bus pour Mo`allem. Demander à une personne dans le hall (guichets) plutôt qu'à l'extérieur où vous risquez de tomber sur des guides ou des personnes qui voudront vous emmener au point de départ des savaris.
Prix du bus Qazvin-Mo`allem : 15000 rials. De Mo`allem, demander un bus pour Gazor Khan. Distance 21 kms.
Prix du bus Mo`allem-Gazor Khan : 5000 rials Si il n`y a pas de bus, prendre un savari sachant que la course Qazvin-Gazor Khan coûte 40000 rials ou faire du stop.
Gazor Khan-Mo`allem : départ du bus à 7h00 tous les matins. 5000 rials
Mo`allem-Qazvin : le bus attend celui de Gazor Khan : 15000 rials
Qazvin-Teheran : bus mercedes 7500 rials
Téhéran-Isfahan : bus volvo 40000 rials
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Re: [Mékong] Lyon à Madras par la route :(Iran)Gazor khan, au pied du chateau d`Hassan Sabbah (en réponse à...)

1 décembre 2007 à 9:25
  Répondre

 
Rire, Juste un petit coucou pour que le file ne tombe pas au fond du forum et m'éviter d'avoir à la chercher partout .

Alors ? Et l'Iran ? Il doit vraiment faire froid du coté de Kashan, je me souviens des panneaux au bord de la route prévenant des risques de chute de neige....Tire la langue un rêve alors qu'on crevait de chaleur ...

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Re: [catherineGil] Lyon à Madras par la route :(Iran)Gazor khan, au pied du chateau d`Hassan Sabbah (en réponse à...)

3 décembre 2007 à 2:48
  Répondre

 
salut Catherine
merci de to n message
il commence a faire froid et j`ai attrape une angine. je suis a Yazd et il y a un beau soleil. je me retape tranquille avant de passer au Pakistan
Eric

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de Lyon à Madras par la route :(Iran)Splendeurs persannes d`Isfahan (en réponse à...)

3 décembre 2007 à 4:23 · modifié par Mékong le 17 octobre 2009 à 7:30
  Répondre

 
Splendeurs persannes d`Isfahan

Qazvin-Téhéran-Isfahan
21-22-23-24-25-26-27 novembre



Un bus m`emmène à Téhéran. Arrêt au Terminal ouest. Il y en a 4, celui qui m`intéresse pour rallier Isfahan, se trouve au sud. Pas moyen de trouver un taxi collectif et avec mon sac, ceux qui s`arrêtent, veulent m`emmener en solo. Je refuse, 'No Bardast', pas envie de me taper la totalité de la course et l`expérience de Qazvin m`est un peu resté en travers de la gorge. Du coup, je fais le trajet à pied, ça me permet de voir un peu Téhéran...sous la pluieFou. Au terminal sud, je trouve un bus dans la demie heure qui suit. Impeccable Cool! Le réseau de bus en Iran est excellent et permet d`aller partout et à n`importe quelle heure. Je voyagerai de nuit. Distribution de biscuits, pistaches et boisson fraiche dans ce bus confortable et un service parfait. Une constante depuis la Turquie.

Isfahan au petit matin. Je descend à l`Amir Kabir Hôtel. Connu pour accueillir beaucoup d`étrangers, il y a aussi des Iraniens et quelques couples. Chambres simples, doubles et dortoirs mixtes sur 2 étages avec un jardin intérieur; au centre une fontaine, un endroit agréable pour prendre le petit déjeuner. L`ensemble est tenu par 2 frères, les Laurel et Hardy iraniensClin d'oeil. Durant les 7 jours de mon séjour, c`est la première fois que je croise autant de voyageurs. Le matin de mon arrivée, je fais connaissance avec Peter un Suisse-Allemand. Lui aussi débarque. C`est un vieux loup de mer qui a roulé sa bosse dans un tas de pays, expérience qu`il me fait partager en me donnant un plan pour aller dans un village tibétain en Inde du Nord avec tous les détails jusqu`à la couleur du train. Un mec sympaSourire. Je rencontre Minjone un étudiant coréen qui part pour Shiraz, il reviendra 4 jours plus tard en compagnie d`une amie coréenne. Il voyage depuis quelques mois, traversant la Chine, le Pakistan, l`Iran et ensuite Istanbul, l`Egypte, Syrie et retour en Corée par la Russie. Un beau programme en perspective. Il y a aussi cette Japonaise qui partage mon dortoir. Elle voyage seule pour une durée de 9 mois. Elle arrive du Pakistan par la route. Celle que je risque d'emprunter. Elle me donne des informations récentes sur la traversée du Balouchistan et aussi une bonne adresse d`hôtel à Shiraz. Je croise deux Francais, l`un Nicolas de Valence qui arrive d`Ouzbékistan en vélo. Sur la route depuis février 2007 pour un tour du monde. Et des retrouvailles avec les 2 basques vus à Dogubayazit et évidemment Marek le TchèqueMalin que j`avais croisé en pleine nuit sur les pentes du Nemrut Dagi, c`est la 4ème fois qu`on se voit. Entre tout ce petit monde qui forme la communauté du voyage, on parle le même language. Il y a échange d`infos, on discute visas, coûts de la vie, bons plans de logement et endroits à ne pas manquer.Sourire



Isfahan ou Ispahan, en Persan Esfahan est à 1500m d`altitude sur le plateau iranien. Passage de la route de la Soie et d`anciens caravanesérails pouvant contenir jusqu`à 600 chameaux. Ce qui fait le charme de cette ville est son architecture spéciale ; les maisons sont faites de briques et recouvertes de torchis, avec des cours intérieures dotées de fontaines et jardins et toits en terrasse. On voit cela tout autour du Bazar, de l`Imam Square et de la Mosquée Jameh. Malheureusement, le reste de la ville est rattrapée par des grands immeubles en beton et une circulation très intense, même les trottoirs sont investis par les motos. C`est une ville très touristique, les Iraniens viennent de tout le pays pour la visiter ainsi que quelques étrangers en groupes ou non organisés. Les mosquées sont fabuleuses; Il y un tel raffinement dans les mosaïques et motifs ornant les murs, les bas reliefs, les dômes et les pishtaks. Un régal pour les yeux. Ma préferée est la mosquée Jameh dont les 4 pishtaks reflètent 4 époques distinctesSourire.











Il y a Imam Square, une des plus grandes places du monde, une des plus belles aussi avec ses jardins, bassins avec jets d`eau, entourée par 2 des plus belles mosquées du monde, un palais et des batiments raffinés.




C`est ici que le premier jour, je croise Morteza et MajidMalin, ils travaillent dans un magasin de tapis persans sur la place. Ils m`offrent le thé. Morteza parle bien Francais, Majid "ça roule ma poule" apprend quelques mots. Ensuite, je croiserai, soit l`un soit l`autre tous les jours dans la ville, à Imam Square, dans un cybercafé, sur les berges de la Zayandeh. Ils m`invitent à boire le thé dans la boutique dès que je passe dans le coin. ils tâtent le terrain pour me vendre un tapis, normal, faut bien que leur business tourne mais sans insister devant mon refus. Trop cher et je voyage léger. Les affaires marchent mal. La propagande occidentale leur fait beaucoup de tort. Outre le Francais, Morteza parle aussi l`Anglais et l`Espagnol. Toujours habillé comme un cador, il n`est pas encore marié et pas pressé de l'être. Majid est plus jeune. Je le rencontre le dernier jour quand il va chercher un billet de bus pour sa mère qui va à Bassorah en Irak.

Un endroit d`Isfahan où j`aime flâner sont les berges de la rivière Zayandeh. C`est mon coin préféré. La rivière serpente dans la ville sur une dizaine de kms. 11 ponts . 5 sont très anciens, dotés d`arches et de 3 niveaux. On les traverse à pied.

Les 2 berges ont été aménagées après la Révolution en parcs, espaces verts, aires de jeux, jardins d`enfants, terrains de sports. Endroit idéal pour la balade et pour la rencontre. Le week end (vendredi), c`est le lieu de RDV des familles d`Isfahan pour pique-niquer.



En me promenant ce vendredi, je ne passe pas inaperçu avec ma tête blonde. Une jeune Iranienne m`offre une fleurSourire Quatre jeunes veulent que je les prenne en photo. En discutant avec eux, je comprend que ce sont de jeunes Afghans.

Enfants afghans

Une famille qui pique nique, m`invite à boire le thé. Il y a là au moins vingt personnes, assises dans l`herbe en cercle autour d`un grand tapis. Mon hôte me présente. Grand mère, Grand père, Papa, maman, oncles, tantes, enfants et il en manque, me dit t-ilMalin. On m`offre thé, fruits et pistaches. Les plus jeunes et mon hôte parlent Anglais. Je leur montre quelques photos de France. La conversation tourne autour des difficultés de la vie et du mécontentement de la politique gouvernementale. Mon hôte me récite un poème de Saadi.


Le pont Si-O-Seh est l`endroit rêvé pour prendre le pouls de la ville. Carrefour stratégique, reliant la Chahar Bagh, nord et sud, l`artère principale. Des milliers de gens y passent chaque jour. Un condensé de la sociéte urbaine iranienne. Tous les jours, je m`asseois et j'observeSourire. Au pied du pont, on peut prendre le thé sur fond de musique traditionnelle avec des poèmes de Hafez et Saadi. Photos des gens qui vont et viennent. Autour du pont, des groupes de jeunes zonent.



Des touristes iraniens comme Hadi et sa femme, en visite à Isfahan, ils habitent à Kermanshah dans l'est coté Irak. Hadi aime la France et le portrait élogieux qu`il en dresse est plutôt flatteur par les temps qui courent, j`essaye de tempérer.

Hadi et sa femme

Je croise aussi un représentant de la communauté gay de la ville qui me rappelle les déclarations d`Ahmadinejab à NYC. Pour preuve, Reza me montre une vidéo sur son portable. On peut y voir une gay party qui s`est deroulée le mois dernier de l`autre coté des berges. 80 personnes à faire la teufMalin. Les flics ont fait une descente.
J`aime me rendre dans le quartier arménien Joulffa, faire halte dans un café et prendre un capuccino. Les Arméniens sont arrivés au moment du génocide turc. Cette communauté chrétienne est autonome et prospère d'un point de vue économique. Le quartier dispose d'une dizaine d'églises.




Quelques impressions : Du fait de leur isolement, du manque de liberté et de perspectives, certains jeunes que je rencontre, ont une image angélique de l`Occident qui serait un remède à tous leurs soucisDubitatif. Sous la pression de cette population jeune (près de 70% des Iraniens), le mur se lézarde. Les antennes satellites et les cafés internets avec ADSL fleurissent de partout. Coté cour, il y a les paroles et les affaires qui continuent : Pour exemple, Les multinationales US Coca Pepsi Del Monte (bananes) sont omniprésentes sur le marché iranien Dans les grandes villes, il y a prolifération de fast foods et pizzerias à tel point qu`il est difficile de trouver un restaurant où manger un plat de riz et boire un théFou. Je ne retrouve pas la tradition culinaire de la Turquie.

J'ai des nouvelles de Jade. Elle n'a pas bougé de Dogubayazit car elle espérait trouver un voyageur (euse) pour l'accompagner à travers la Turquie. Demain, elle se remet en route seule en direction du sud-est. Je n'ai pas rencontré Seb le Suedois. Personne désireux d'aller en Afghanistan. Et les informations en provenance de Kaboul ne sont pas bonnes. Une bombe a explosé dans la ville, la route jusqu'à la Kyber Pass n'est pas sûre. La raison reprend le dessus, seul je ne me sens pas de m'aventurer. Je caressais l'espoir de cotoyer cette population que je connais à travers les films de Christophe de Ponfilly.
Ce soir, je quitte Isfahan pour Shiraz.



Infos pratiques Bus Isfahan-Shiraz : 45000 YTL
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Re: [Mékong] Lyon à Madras par la route :(Iran)Gazor khan, au pied du chateau d`Hassan Sabbah (en réponse à...)

3 décembre 2007 à 8:07
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Bonjour,

Soignes toi bien surtout, une angine ce n'est pas si anodin .

Ah..... Yazd, j'avais bien aimé . On avait bien discuté avec un restaurateur qui nous avait ouvert les portes de son jardin pour la nuit et montré les cahiers et les livres en anglais, sur lesquels il enseignait à sa petite fille autre chose que l'école coranique et aussi une espèce de jeu de quilles bizarre .

Les amis avec lesquels on voyageait, au retour, ont dû retraverser le Balouchistan en car, de nuit, pour revenir de la frontière vers Quetta....Pas un bon souvenir .....
Par contre je suppose que la route qui à l'époque était en construction est maintenant terminée. Le paysage est magnifique, je me souviens notamment à peu près à mi chemin entre la frontière et Quetta d'une petite oasis très verte adossée à une colline très noire, magnifique .

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De Lyon à Madras par la route :(Iran)Le berceau de la poésie/Persépolis/Shiraz (en réponse à...)

4 décembre 2007 à 8:58 · modifié par Mékong le 17 octobre 2009 à 7:31
  Répondre

 
Le berceau de la poésie/ Persepolis/Shiraz

Isfahan-Shiraz-Persépolis
Le 28-29-30 novembre

Mausolée de Hafez

Depuis mon arrivée en Iran, j`ai pu constaté la place importante que les Iraniens accordent à leur poésie.
Elle se chante dans les parcs, sur un bout de trottoir ou dans des chansons sur les berges d`Isfahan.
De grands poètes comme Hafez, Saadi, Ferdousi, Khayyam et tant d`autres sont très populaires. La visite de la tombe d`Hafez à Shiraz illustre bien cet attachement des Iraniens pour leur poésie.

Toute la journée, des gens de tout age défilent, se prosternent tout en récitant quelques vers du défunt poète, la gestuelle marque un profond respect. Des groupes de scolaires s`asseoient dans l`herbe à l`ombre des citronniers et lisent avec attention. A Isfahan, mon hôte qui m`avait présenté sa grande famille au cours d`un pique-nique, m`avait récité quelques vers du poète Saadi. C`est courant ici. Je repense aux yeux apeurés de certains en France lorsque l`on parle de l`IranDubitatif. Les idées reçues sont tenaces, vehiculées et martelées par le rouleau compresseur de nos médias-poubelleDubitatif. Ce peuple à l`âme de poète ne mérite pas la mauvaise image qu`on lui fait en France.Dubitatif


Mausolée de Hafez

Shiraz, étape importante pour visiter Persépolis, le coeur de la civilisation perse, la capitale que Darius fit bâtir du temps de la grandeur de cet empire. Sur un plan personnel, beaucoup d`émotion, un retour en enfanceSourire. Je me revois, lisant avec passion l'histoire des grandes civilisations antiques, celle de Perse était ma préférée.
Donc c`est parti pour la visite grandeur nature. Sur les bas-reliefs ornant les pans de murs des ruines, on voit la montée des marches sur un immense escalier de toutes les grandes civilisations de l`époque, venues rendre hommage à Darius, les Egyptiens, les Grecs, les Assyriens, les Indiens, les Ethiopiens etc...chaque délégation est respectée, même les vaincus se présentent avec dignité. Tellement plongé dans cette contemplation que j`entend le son des trompettes et le roulement des tambours. Voyage dans le tempsSourire.

Persépolis

La visite des tombeaux de Nasgh-e-Rostam est l`autre temps fort de la journée. Ils sont distants de quelques kilometres de Persepolis. 4 tombeaux gigantesques taillés dans la roche en plein coeur d`une montagne, Celui de Darius I, Darius II, Xerces et Antaxerces. Impressionnant et magnifique !

Nasgh-e-Rostam
La ville de Shiraz, je ne m`éternise pas d`autant que j`attrape un vilain coup de froidDubitatif. Une ville poussièreuse noyée sous une circulation intense. Une rivière qui n`est plus qu`un mince filet d`eau saumâtre, des rues remplies de fast-food et pizzeriasFou. Celle qui fut jadis la ville des poètes et du bon vin a bien changé. Impression mitigée jusqu`aux gens que je rencontre : un type se disant travailler au ministère des affaires étrangères qui parle un peu Francais et qui me trimballe de magasin en magasin comme pour m`exhiber tel un trophée ou un autre qui me pose questions sur questions alors que j`ai une extinction de voix. Je commence à verser dans la paranoïa en pensant que je suis suivi dans mes faits et gestes. Il est temps de prendre la tangente.

Les nouvelles de Kaboul ne sont guère réjouissantes et un chef tribal a été enlevé près de Herat. Personne en vue pour partager mon aventure. Je me rend à l'évidence et je renonce à mon projet pour l'instant. Pour le prochain voyage.

Direction Yazd pour me poser et me refaire la santé.


Informations pratiques
Bus Shiraz - Yazd : 50000 rials
"Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier

nacera67
France

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Re: [Mékong] De Lyon à Madras par la route :(Iran)Le berceau de la poesie/Persepolis/Shiraz (en réponse à...)

4 décembre 2007 à 12:38
  Répondre

 
Salut Eric,

Contente de te lire et de voir que tu te laisses aller et glisser vers la poésie. J'espère que le petit bonnet te protége bien; continue ta route et fais nous rêver... je t'avoue que j'aurais aimé être avec toi
je t'embrasse
Nacéra


Mékong (en ligne!)
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Re: [nacera67] De Lyon à Madras par la route :(Iran)Le berceau de la poesie/Persepolis/Shiraz (en réponse à...)

6 décembre 2007 à 10:05
  Répondre

 
merci Nace de ton message
en ce moment cause sante defaillante ton petit bonnet m`est tres precieux
samedi si tout se passe bien, je suis a Quetta au Pakistan
bizzz
Eric

"Voyager c'est s'attacher et s'arracher. On n'arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route" Nicolas Bouvier

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